| CELEX | 52021IP0096 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 25 mars 2021 |
| 8.12.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 494/14 |
P9_TA(2021)0096
Les effets des déchets marins sur la pêche
Résolution du Parlement européen du 25 mars 2021 sur les effets des déchets marins sur la pêche (2019/2160(INI))
(2021/C 494/02)
Le Parlement européen,
| — | vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640), |
| — | vu la communication de la Commission du 11 mars 2020 intitulée «Nouveau plan d’action pour une économie circulaire: Pour une Europe plus propre et plus compétitive» (COM(2020)0098), |
| — | vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 — Ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380), |
| — | vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Une stratégie “De la ferme à la table” — pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381), |
| — | vu le rapport de la Commission du 23 mars 2020 relatif à la mise en œuvre de la communication de la Commission intitulée «Un partenariat stratégique renouvelé et renforcé avec les régions ultrapériphériques de l’Union européenne» (COM(2020)0104), |
| — | vu l’article 191 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu la directive 2004/35/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 avril 2004 sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux (1) (directive européenne sur la responsabilité environnementale), |
| — | vu la directive 91/271/CEE du Conseil du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (2), |
| — | vu la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (3), |
| — | vu la directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (4), |
| — | vu la directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «Stratégie pour le milieu marin») (5), |
| — | vu le règlement (CE) no 1224/2009 du Conseil du 20 novembre 2009 instituant un régime communautaire de contrôle afin d’assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche (6) (règlement relatif au contrôle des pêches), |
| — | vu la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages (7), |
| — | vu le règlement (UE) no 1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche (8), |
| — | vu le règlement (UE) no 508/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relatif au Fonds européen pour les affaires maritimes (9) (FEAMP), |
| — | vu la directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime (10) (directive sur la planification de l’espace maritime), |
| — | vu la directive (UE) 2015/720 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 modifiant la directive 94/62/CE en ce qui concerne la réduction de la consommation de sacs en plastique légers (11), |
| — | vu la directive (UE) 2018/850 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive 1999/31/CE concernant la mise en décharge des déchets (12), |
| — | vu la directive (UE) 2018/851 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive 2008/98/CE relative aux déchets (13), |
| — | vu la directive (UE) 2018/852 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive 94/62/CE relative aux emballages et aux déchets d’emballages (14), |
| — | vu la directive (UE) 2019/883 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relative aux installations de réception portuaires pour le dépôt des déchets des navires (15), |
| — | vu la directive (UE) 2019/904 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement (16), |
| — | vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations unies et ses objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 14: «Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable», |
| — | vu le rapport du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) de 2005 intitulé «Marine Litter — An analytical overview» (Déchets marins — bilan analytique), |
| — | vu la convention internationale pour la prévention de la pollution marine par les navires (MARPOL) de 1973, élaborée par l’Organisation maritime internationale (OMI), notamment son annexe V entrée en vigueur le 31 décembre 1988, |
| — | vu le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) d’octobre 2020 intitulé «State of nature in the EU — Results from reporting under the nature directives 2013-2018» (L’état de la nature dans l’UE — résultats des rapports établis en vertu des directives relatives à la nature pour la période 2013-2018), |
| — | vu les résultats du projet de lutte contre les déchets marins dans l’espace atlantique (CleanAtlantic), financé par le programme de l’Union «Interreg Espace Atlantique», |
| — | vu les directives volontaires sur le marquage des engins de pêche de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), adoptées par le comité des pêches de la FAO en juillet 2018, |
| — | vu le plan d’action de l’OMI visant à traiter le problème des déchets plastiques rejetés dans le milieu marin par les navires, |
| — | vu les conclusions du Conseil de l’Union européenne 19 novembre 2019 sur les océans et les mers concernant la formulation d’un accord international visant à lutter contre la pollution par les plastiques, |
| — | vu la convention sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (convention de Barcelone), la convention sur la protection de la mer Noire contre la pollution (convention de Bucarest), la convention sur la protection de l’environnement marin de la zone de la mer Baltique (convention d’Helsinki), et la convention pour la protection de l’environnement marin de l’Atlantique du Nord-Est (convention OSPAR), |
| — | vu le plan régional contre les déchets marins en Méditerranée, |
| — | vu la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), son protocole de Kyoto et l’accord de Paris, |
| — | vu la convention des Nations unies sur la diversité biologique (convention sur la diversité biologique), |
| — | vu la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) adoptée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies du 16 novembre 1973, |
| — | vu le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques publié le 31 mai 2019 par la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), |
| — | vu la déclaration ministérielle du 28 septembre 2020 intitulée «Déclaration des ministres de l’environnement, de l’économie maritime, de l’agriculture et de la pêche des États membres de la mer Baltique et du commissaire chargé de l’environnement, des océans et de la pêche», |
| — | vu le rapport publié le 22 septembre 2020 et intitulé «Mission Starfish 2030: Restore our Ocean and Waters» (Mission étoile de mer 2030: restaurer notre océan et notre milieu aquatique) de la mission Santé des océans, des mers et des eaux côtières et intérieures, |
| — | vu le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) intitulé «Réchauffement planétaire de 1,5o C», le cinquième rapport d’évaluation du GIEC et son rapport de synthèse, le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres émergées et le rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique, |
| — | vu la convention des Nations unies de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets, |
| — | vu sa résolution du 26 octobre 2017 sur l’application de la directive européenne sur la responsabilité (17), |
| — | vu sa résolution du 13 septembre 2018 sur une stratégie européenne sur les matériels plastiques dans une économie circulaire (18), |
| — | vu la position du Parlement européen du 4 avril 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche et abrogeant le règlement (UE) no 508/2014 du Parlement européen et du Conseil (19), |
| — | vu sa résolution du 28 novembre 2019 sur l’urgence climatique et environnementale (20), |
| — | vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe (21), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission de la pêche (A9-0030/2021), |
| A. | considérant que les déchets marins visibles sur les plages, les côtes, les littoraux et à la surface masquent en réalité un phénomène de contamination bien plus étendu au travers de la colonne d’eau, mais également sur les fonds marins; qu’ils proviennent principalement des activités sur terre (80 %), mais également des activités en mer en raison d’une augmentation notable du transport de grands navires non destinés à la pêche; |
| B. | considérant que par «déchets marins», il faut entendre des déchets qui se retrouvent, sciemment ou non, dans l’environnement marin et qui sont identifiés selon leur taille (nanodéchets, microdéchets ou mégadéchets) et leur nature (conteneurs, encombrants gisant au fond des océans ou des mers, matières plastiques, engins de pêche, épaves de navires partiellement immergées, des déchets très dangereux, tels que des explosifs et d’autres débris de guerre et d’autres des fibres textiles, microplastiques, etc.); |
| C. | considérant que 70 % des déchets jetés à la mer se retrouvent dans les fonds marins et qu’à la surface, la masse cumulée des déchets flottants ne représente que 1 % des plastiques déversés dans l’océan; que les dernières recherches scientifiques montrent que le niveau de pollution plastique dans l’océan a été largement sous-estimé et qu’il existe encore aujourd’hui des lacunes majeures dans les connaissances océanographiques; que la recherche sur la dispersion des déchets marins dans l’océan est cruciale pour mieux comprendre l’étendue de la pollution marine; |
| D. | considérant que l’océan mondial est une masse d’eau continue dont le bon état écologique est vital pour garantir sa résilience et sa capacité à fournir des services écosystémiques, tel que l’absorption du CO2 et la production d’oxygène, et qu’une altération des écosystèmes marins et côtiers pourrait affaiblir son rôle de régulateur climatique; considérant que les déchets marins constituent globalement une menace pour l’avenir du secteur de la pêche, car seul un environnement côtier et marin propre, sain, productif et biologiquement diversifié permet de répondre aux besoins à long terme des personnes en général, et plus particulièrement des pêcheurs, des ramasseurs de coquillages et des communautés de pêcheurs; |
| E. | considérant que les déchets marins présentent un défi mondial, car ils ne connaissent pas de frontières et parcourent de grandes distances entraînés par les courants et les vents autour du globe, ce qui a des répercussions négatives sur des zones et des secteurs qui se trouvent loin de leur point d’origine et qui ne sont pas responsables de la production de ces déchets; qu’aux quatre coins du monde de nombreux déchets sont encore déversés directement dans la mer; et qu’il faut défendre une approche systémique de la pollution marine, à travers le soutien des actions à tous les niveaux, du local à l’international; |
| F. | considérant que la pollution des océans et des mers par les déchets marins en plastique, et notamment les microplastiques, est accentuée par des phénomènes météorologiques qui permettent une propagation des microplastiques dans l’air, la pluie et la neige et favorisent la pollution d’environnements autrefois considérés vierges comme les hauts sommets ou l’Antarctique, voire au-delà du cercle polaire; |
| G. | considérant que 730 tonnes de déchets sont déversées quotidiennement en mer Méditerranée; que selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) de juin 2019, 11 200 tonnes de plastique déversées chaque dans la nature se retrouvent en mer Méditerranée; que l’équivalent de 66 000 bennes à ordure de plastiques sont déversées dans la Méditerranée tous les ans; qu’en Méditerranée les microplastiques atteignent des niveaux record de concentration avec 1,25 million de fragments par km2; que les particules de petite taille représentent environ 90 % du nombre total de plastiques flottant en Méditerranée, soit environ 280 milliards de microplastiques flottants; qu’un consommateur moyen de coquillages méditerranéens ingère en moyenne 11 000 morceaux de plastique par an; que, de ce fait, la mer Méditerranée est l’une des mers les plus polluées de la planète; |
| H. | considérant que le meilleur moyen de réduire la quantité de déchets plastiques marins est de diminuer ou d’éviter la production de plastique et de s’orienter vers des matériaux et produits recyclables et réutilisables; |
| I. | considérant que les déchets marins offrent une surface sur laquelle de nombreux organismes et bactéries peuvent s’accrocher, ce qui facilite l’introduction d’espèces invasives pouvant altérer l’équilibre des écosystèmes marins, et que ces bactéries présentes sur les déchets marins peuvent également être ingérées par la faune marine lorsqu’elle prend les déchets pour de la nourriture; |
| J. | considérant les effets négatifs des déchets marins du point de vue morphologique, notamment en ce qui concerne les îles; |
| K. | considérant que les déchets marins s’accumulent particulièrement dans les petites îles isolées et les zones côtières; que les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer abritent 80 % de la biodiversité marine européenne; que leurs économies reposent en grande partie sur les activités de pêche et de tourisme; |
| L. | considérant que la dissémination des déchets marins à travers le globe touche des pays tiers en voie de développement, notamment des communautés côtières qui vivent de la pêche et qui n’ont pas nécessairement les capacités ni les moyens de s’en protéger efficacement; |
| M. | considérant que la problématique des déchets en mer est en grande partie liée à la mauvaise gestion des déchets sur terre, comme dans les cours d’eau et des fleuves, à la mauvaise gestion des eaux usées, aux décharges à ciel ouvert illégales ou situées près de cours d’eau, aux dépôts sauvages, aux phénomènes de ruissellement comme les orages et les pluies, et aux déversements de neige récoltée dans les rues et sur les trottoirs directement dans la mer; |
| N. | considérant que les pollutions diffuses telles que les eaux usées, traitées ou non, qui peuvent contenir des produits chimiques ou des déchets pharmaceutiques, les eaux de ruissellement ou de lessivage du milieu urbain ou agricole, comme les rejets d’azote et de phosphore, menacent l’environnement marin d’un phénomène d’eutrophisation en raison de la forte concentration de nutriments, pouvant à terme entraîner une hypoxie des fonds marins avec la multiplication de «zones mortes», dont le nombre a décuplé depuis 1950, augmenter de manière excessive la présence des cyanobactéries, contribuer au phénomène d’algues vertes et d’algues rouges, et contaminer plus largement la faune et la flore aquatique; |
| O. | considérant qu’une mauvaise gestion des réseaux d’assainissement des eaux fait courir des risques aux aquaculteurs et ostréiculteurs qui voient la qualité de leurs produits menacée par la présence de virus et des bactéries comme les norovirus, et peut entraîner des interdictions temporaires de vente et de distribution, car les produits sont impropres à la consommation; |
| P. | considérant que la crise de la COVID-19 a démontré combien la mauvaise gestion des déchets à terre pouvait rapidement créer de nouvelles vagues de pollution marine, notamment dues à l’utilisation de produits à usage unique comme les masques chirurgicaux et les gants jetables; |
| Q. | considérant qu’une part notable des matières plastiques et microplastiques présentes en mer sont d’origine terrestre; |
| R. | considérant que le volume de matières plastiques présent en mer a également une forte incidence sur la pêche, et son ampleur et les coûts y afférents pèsent d’autant plus sur la pêche artisanale; |
| S. | considérant que selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les déchets du tabac sont le type de déchet le plus répandu dans le monde; que selon l’ONG américaine Ocean Conservancy les mégots de cigarette arrivent en tête des dix éléments les plus ramassés lors des opérations internationales de nettoyage des plages; considérant qu’un seul mégot met douze ans à disparaître et contient près de 4 000 substances chimiques; que pour chaque mégot qui finit dans les océans et les rivières ce sont 500 litres d’eau qui sont pollués; |
| T. | considérant que la présence de déchets marins nuit gravement à la résilience et à la productivité des écosystèmes marins, notamment les plus fragiles, déjà soumis à de nombreuses pressions cumulées, comme le changement climatique, la pollution et la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et un accroissement des activités telles que le transport maritime et le tourisme; |
| U. | considérant que ces pressions croissantes sur les écosystèmes marins entraînent une perte de biodiversité et un phénomène d’étouffement benthique, et des risques accrus de maladies dues à la présence de pathogènes en raison de l’accumulation de déchets dans les fonds marins; |
| V. | considérant que l’Union a accordé une attention croissante au problème des engins de pêche perdus ou abandonnés en mer continuent à être des pièges durant des mois, voire des années, comme le montre le phénomène des filets fantômes et ont indistinctement une incidence sur toute la faune marine dont les stocks halieutiques; que l’INN est reconnue comme l’une des principales sources d’équipements fantômes; |
| W. | considérant que les déchets marins représentent une grave menace pour la faune marine, à savoir des risques de strangulation, de suffocation, d’ingestion, de blessure et de contamination, mais aussi de nombreuses autres espèces animales telles que les oiseaux, dont certaines sont déjà menacées ou en danger critique d’extinction; |
| X. | considérant que les pêcheurs, notamment artisanaux, et aquaculteurs sont en première ligne des effets des déchets marins, qui menacent gravement leurs activités à travers les risques de croche, l’enchevêtrement des déchets dans les engins de pêche, la dégradation et la perte d’engins abîmés, et le blocage des moteurs des navires ou des systèmes de refroidissement, représentent un danger pour la sécurité des marins à bord, requièrent des gens de mer qu’ils redoublent d’efforts pour éliminer les engins, et entraînent, dès lors, des pertes économiques notables; |
| Y. | considérant que l’incidence des déchets marins sur le secteur de la pêche affecte plus fortement le segment de la petite pêche artisanale que celui de la pêche industrielle, étant donné que les petits navires sont plus exposés aux dommages à leurs hélices, moteurs ou engins de pêche causés par les déchets et, étant donné que la concentration de déchets marins est plus élevée dans les zones marines peu profondes, où la flotte artisanale exerce principalement son activité; considérant que les déchets marins ont également des effets sur la qualité des prises des pêcheurs, qui peuvent éventuellement être contaminées par ces déchets et non commercialisables, entraînant de nouvelles pertes économiques pour les entreprises de pêche et d’aquaculture; |
| Z. | considérant que le secteur de la pêche joue depuis longtemps déjà un rôle de premier plan dans la lutte contre la pollution par les déchets marins, alors que sa contribution au problème à l’échelle mondiale est faible et que les pêcheurs et les aquaculteurs occupent depuis longtemps un rôle actif et proactif dans le nettoyage des mers; |
| AA. | considérant que l’impact économique des déchets marins sur les pêcheries a été évalué à un montant représentant entre 1 et 5 % des profits du secteur (22); |
| AB. | considérant que seul 1,5 % (23) des engins de pêche sont recyclés et qu’il est urgent d’apporter un soutien économique approprié en vue de collecter, de recycler et de réparer l’ensemble des engins de pêche; que le secteur pourrait bénéficier de nouvelles opportunités économiques en s’engageant dans une économie circulaire basée sur le design intelligent, la recherche et l’innovation; |
| AC. | considérant que les pêcheurs qui ramènent des déchets attrapés accidentellement pendant les activités de pêche et les campagnes de récupération des déchets marins contribuent à réduire le problème des déchets en mer et servent les intérêts de la communauté tout entière; |
| AD. | considérant que, très souvent, les coûts directs liés à l’élimination des déchets marins sont couverts, tandis que les coûts liés à la main-d’œuvre, au manque de place sur les navires et aux dommages causés aux engins de pêche et aux moteurs ne le sont pas; |
| AE. | considérant qu’on ne peut pas attendre des pêcheurs et des aquaculteurs qu’ils collectent les déchets marins sans mécanisme de compensation ajusté pour leurs efforts; que, selon des estimations, jusqu’à 80 % des pêcheurs seraient prêts à participer à des programmes de collecte de déchets marins si des mécanismes étaient mis en place pour faciliter ce travail (24); |
| AF. | considérant qu’il existe déjà des actions de collecte menées par des pêcheurs et des associations de pêcheurs, et des solutions de valorisation des déchets marins, notamment ceux issus de la pêche; |
| AG. | considérant que l’économie bleue, censée doubler d’ici 2030, représente une réelle opportunité pour le développement durable des activités maritimes et côtières, en s’appuyant notamment sur le développement des infrastructures à impacts positifs, comme les récifs artificiels et autres innovations favorisant l’effet récif et l’effet réserve, permettant de contribuer à la restauration des écosystèmes; |
| AH. | considérant que l’Union s’efforce de promouvoir une approche intégrée des activités marines et que la lutte contre les déchets marins suppose de mieux prendre en compte la dimension spatiale des activités maritimes et côtières et d’associer les communautés côtières et les pêcheurs, étant donné que l’activité de pêche se déroule en grande partie dans les zones côtières, dans le cadre de la lutte contre les déchets marins pour prendre en compte les spécificités des communautés locales; |
| AI. | considérant que la dégradation des écosystèmes marins et côtiers, également attribuable aux déchets marins, fait peser un risque à l’ensemble des acteurs économiques opérant dans les zones côtières et menace donc la pérennité, la durabilité et l’attractivité des communautés côtières; |
Améliorer et rendre plus efficace le cadre législatif et la gouvernance en matière de déchets marins
| 1. | rappelle que la bonne santé des écosystèmes marins et la lutte contre les déchets marins sont une problématique à l’interface de nombreuses législations existantes, et que seule une approche intégrée et cohérente des objectifs européens permettra d’améliorer le cadre législatif existant et de mieux appréhender l’étendue des pressions cumulées; souligne la nécessité de revoir la politique maritime intégrée afin de créer un cadre plus stratégique, y compris sur les déchets marins englobant l’ensemble de la législation sur les déchets et le milieu marin; |
| 2. | souligne la nécessité de renforcer la communication et la coordination entre les États membres et entre les bassins maritimes afin de garantir une approche intégrée permettant aux navires de pêche de débarquer des déchets marins dans n’importe quel port de l’Union; invite à cet égard instamment les États membres à mettre en œuvre, rapidement et sans tarder, la directive (UE) 2019/883 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relative aux installations de réception portuaires pour le dépôt des déchets des navires (25); engage, dans ce contexte, la Commission à présenter des actes d’exécution stipulant les critères d’éligibilité à une redevance réduite pour «les navires verts» et à concevoir des mesures incitatives appropriées pour déposer les déchets à terre, y compris un mécanisme de compensation ajusté aux efforts des pêcheurs et des critères de méthodologie pour calculer le volume et la quantité de déchets récupérés passivement afin de mettre en œuvre rapidement les objectifs de réduction des déchets marins tels que portés par la directive; |
| 3. | souligne la nécessité d’améliorer le cadre législatif européen en cherchant à réduire les charges financières pour les pêcheurs qui attrapent accidentellement des déchets marins lors de leur activité de pêche, sans pour autant leur créer une charge administrative excessive; souligne en outre que la législation relative aux déchets marins doit accorder une plus grande attention à la dimension sociale du problème; |
| 4. | rappelle qu’il est urgent de renforcer la vision maritime dans les nouvelles stratégies de l’Union européenne, notamment le pacte vert pour l’Europe, la stratégie pour la biodiversité ou encore la stratégie de la ferme à l’assiette; |
| 5. | recommande de renforcer les dispositions prévues par la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» grâce à une harmonisation des indicateurs de bon état écologique, notamment ceux liés au descripteur 10 «déchets marins»; |
| 6. | engage la Commission d’étendre la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» aux régions ultrapériphériques; |
| 7. | préconise de renforcer le cadre de la Directive sur la planification de l’espace maritime afin de prendre en compte la dimension spatiale de la lutte contre les déchets marins; |
| 8. | rappelle que le problème des déchets marins ne peut être résolu uniquement au niveau national et qu’une coopération est nécessaire à tous les niveaux, y compris mondial, européen et régional; invite la Commission à défendre un modèle de gouvernance ambitieux au sein des négociations internationales des Nations unies sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales et à reconnaître l’ensemble des océans et des mers comme un bien commun, afin d’adopter une nouvelle vision qui place les responsabilités individuelles et collectives au-dessus des principes de liberté ou de droits souverains énoncés par le droit de la mer, et ainsi garantir sa préservation notamment contre les effets néfastes des déchets marins; |
| 9. | invite l’Union à renforcer les initiatives internationales comme l’initiative mondiale contre les déchets en mer, lancée par le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) permettant d’atteindre les objectifs de développement durable, notamment l’ODD 14 «Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable» et l’ODD 12 «Établir des modes de consommation et de production durables»; |
| 10. | invite la Commission et les États membres à coordonner les efforts en vue de l’adoption d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant sur la pollution par les plastiques lors de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, lequel couvrirait l’ensemble du cycle de vie des plastiques et inclurait des objectifs mondiaux communs pour la réduction de la pollution plastique en mer ainsi qu’une vision pour une transition vers une économie circulaire sûre en matière de plastiques, ainsi qu’une véritable gouvernance mondiale des engins de pêche perdus ou d’engins fantômes, qui représentent une menace pour l’ensemble des activités et écosystèmes marins dans le monde entier; |
| 11. | souligne qu’il est nécessaire que la Commission et les États membres renforcent la lutte contre la pêche INN, qui est une activité intrinsèquement polluante et qui contribue aux déchets marins et à la dégradation du milieu marin, notamment en raison du rejet illégal des engins de pêche; |
| 12. | souligne que l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, du programme des Nations unies pour l’environnement, a estimé, dans la résolution no 2/11 adoptée le 26 mai 2016, que la présence de déchets plastiques et de microplastiques dans le milieu marin augmente rapidement et constitue une sérieuse préoccupation de dimension planétaire, à laquelle il faut répondre d’urgence à l’échelle mondiale en adoptant une approche fondée sur le cycle de vie des produits; |
| 13. | demande à la Commission et aux États membres de coordonner selon un même calendrier les différentes législations comme la directive-cadre «Stratégie pour le milieu marin», la directive relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement, la directive sur les réceptions portuaires ou encore la directive pour la planification maritime, afin d’améliorer la cohérence législative; |
| 14. | invite la Commission à accroître la collecte des données relatives aux quantités et aux types de déchets présents dans les eaux européennes et à leur incidence sur les activités de pêche, et de renforcer la collecte des données relatives aux quantités de déchets débarqués, éliminés et insérés dans la chaîne de recyclage, notamment grâce au programme «Pêche aux déchets marins» comprenant le volume, les matériaux et le type d’objet récupérés; demande que les données récoltées par les États membres sur la perte, la mise sur le marché et la collecte des engins de pêche et de déchets marins soient stockées dans une base de données nationale ou de bassin et harmonisées dans un rapport annuel unique au niveau européen pour faciliter l’identification et la lutte contre les déchets marins et assurer une meilleure surveillance et évaluation; |
| 15. | souligne la nécessité d’établir une cartographie annuelle des quantités de déchets marins collectées dans le cadre du programme «Pêche aux déchets marins» pour les différents bassins hydrographiques, afin d’obtenir des informations sur l’origine des déchets marins recueillis et de renforcer les campagnes de collecte; souligne que cela devrait être allié aux efforts de cartographie existants; exhorte la Commission à établir un rapport annuel sur la quantité de déchets marins débarqués dans les ports dans le cadre du programme «Pêche aux déchets marins» comprenant le volume, les matériaux et le type d’objet recueillis; |
| 16. | encourage la mise en place de réseaux de collaboration entre gouvernements des États membres, associations de pêcheurs, organisations de travailleurs, organismes de traitement des eaux, acteurs côtiers, ports, ONG et conventions régionales, afin de renforcer une approche ascendante fondée sur le dialogue et l’intégration et de promouvoir des solutions concrètes destinées aux travailleurs du secteur de la pêche dans l’optique de garantir une mise en œuvre efficace des règles et de mettre à disposition des ressources suffisantes dans des domaines, tels que la collecte, l’élimination et le recyclage de déchets; |
| 17. | souligne qu’il est nécessaire que les parties prenantes, y compris les citoyens touchés par le problème des déchets marins, partagent les meilleures pratiques de manière à encourager le secteur de la pêche à protéger le milieu marin, à s’attaquer au problème des déchets marins et donc de garantir l’utilisation durable de ses ressources; se félicite du lancement d’initiatives comme le «Plan Marlimpo» (plan «mer propre»), lancé par le ministère de la mer galicien (Espagne), dont l’objectif est de réduire la quantité de déchets dans les zones côtières; |
| 18. | souligne que, pour améliorer et renforcer l’efficacité du cadre législatif et de la gouvernance concernant la collecte, l’élimination et le recyclage des déchets marins, il est essentiel d’encourager une plus grande participation de tous les professionnels du secteur de la pêche et de renforcer les projets de sensibilisation, de prévention et de formation dans l’optique de garantir un échange d’informations permanent pour soutenir la préparation et l’actualisation des règles concernées; |
| 19. | invite toutes les autres parties prenantes concernées, à savoir les conseils consultatifs de la pêche, à soutenir la réduction des déchets marins grâce à des mesures efficaces et effectives; demande à la Commission et aux États membres d’adopter les directives volontaires de la FAO sur le marquage des engins de pêche afin de promouvoir une gestion responsable des engins de pêche, d’améliorer les efforts d’identification des engins perdus et de soutenir la durabilité de la pêche par la réduction des engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés, tout en respectant les dispositions du règlement sur le contrôle de la pêche; invite la Commission à soutenir les efforts visant à rendre opérationnels le marquage et la déclaration des engins de pêche perdus dans les eaux européennes et, grâce aux efforts déployés par l’Organisation maritime internationale, à renforcer la coopération internationale en vue de s’attaquer à cette source de pollution marine par les plastiques; |
| 20. | rappelle que les zones marines protégées peuvent servir d’excellents laboratoires à la mise en œuvre de solutions pour lutter contre les déchets marins, en facilitant la prise en compte des interactions entre les activités sur terre et en mer, et en soutenant la collaboration des différents acteurs de la mer et de la terre face aux défis des écosystèmes marins et côtiers; |
| 21. | met l’accent sur le manque d’efficacité de la directive européenne sur la responsabilité environnementale en matière de déchets marins, notamment son champ d’application restreint et les difficultés telles que l’identification du pollueur et l’attribution de la responsabilité; rappelle que le Parlement a recommandé une révision de la directive européenne sur la responsabilité environnementale qui tiendrait compte des limites de son efficacité; |
| 22. | invite la Commission et les États membres à mieux mettre en œuvre le principe du pollueur-payeur; |
Améliorer la recherche et la connaissance sur les déchets en mer
| 23. | exhorte la Commission à jouer un rôle majeur dans la décennie des Nations unies pour les sciences océaniques et à encourager la numérisation et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour mieux connaître les océans et les mers et les effets néfastes qu’il subit en raison des déchets marins; |
| 24. | souligne qu’en raison du peu de données et d’études encore disponibles, il est difficile de quantifier avec précision l’ampleur du problème des dommages causés par les déchets marins au secteur de la pêche et ses conséquences économiques négatives pour les pêcheurs; demande donc à la Commission et aux États membres de renforcer les financements en faveur de la recherche et la collecte de données sur les quantités et les différents types de déchets que l’on trouve dans les eaux européennes et leur incidence sur la pêche, l’aquaculture et les écosystèmes, ainsi que de proposer des mesures vigoureuses de prévention et de lutte contre l’impact des nanoplastiques et microplastiques tant sur la ressource halieutique que la santé humaine; |
| 25. | rappelle que la directive relative aux plastiques à usage unique porte sur les déchets communément trouvés sur les plages; exhorte la Commission à renforcer les mesures existantes sur les plastiques à usage unique en s’inspirant notamment des travaux attendus sur les déchets présents dans la colonne d’eau et sur les fonds marins au titre de la directive-cadre «Stratégie pour le milieu marin», et à envisager de supprimer certains déchets marins comme les emballages en polystyrène et autres emballages issus des produits de la pêche; |
| 26. | invite la Commission à suivre les recommandations formulées par la mission Starfish 2030 sur la lutte contre les déchets marins, et d’évaluer notamment la proposition sur le marquage des engins de pêche grâce aux nouvelles technologies de géolocalisation permettant d’aider à la localisation et la collecte des engins perdus, le cas échéant et dans la mesure du possible; met en avant, à cet égard, que la Commission devrait améliorer le marquage des engins de pêche selon les directives volontaires sur le marquage des engins de pêche de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et veiller à que les pêcheurs et les aquaculteurs soient accompagnés dans cette transition grâce à des programmes de financement appropriés; |
| 27. | préconise une meilleure notification de la perte des engins de pêche en mer et met l’accent sur le besoin d’inclure davantage d’informations, telles que le nom du navire, le type d’engin utilisé, la date et l’heure et la localisation au moment de la perte, et les mesures de récupération prises, pour permettre une exploitation plus efficace des données recueillies pour remédier à la pollution marine grâce à un échange de données transparent et amélioré et un échange des meilleures pratiques entre les États membres et les agences de l’Union; met l’accent sur la nécessité de développer de nouveaux outils d’identification et de traçabilité des engins de pêche perdus en mer et d’enregistrement des données sur les déchets marins, tels que des applications électroniques pour aider les pêcheurs à enregistrer les données et des systèmes d’enregistrement et de communication des données sur les débarquements de déchets marins, en utilisant, par exemple, un reçu du dépôt des déchets prévu par la directive (UE) 2019/883, reçu que l’exploitant portuaire doit délivrer au capitaine du navire; |
| 28. | salue le lancement de projets européens comme «CleanAtlantic», financé par le programme de l’Union «Interreg Espace Atlantique», dans le but d’améliorer les connaissances et les capacités en matière de contrôle, de prévention et de réduction des déchets marins, et de sensibiliser à leurs répercussions; invite les 19 partenaires du projet, provenant d’Espagne, de France, d’Irlande et du Portugal, et tout particulièrement l’organe de coordination, le Cetmar (Centro Tecnolóxico do Mar), à poursuivre leur travail et à diffuser les résultats du projet; |
| 29. | souligne qu’une logistique bien gérée s’impose en ce qui concerne la collecte des déchets et des engins de pêche hors d’usage afin d’aider les pêcheurs dans les efforts qu’ils déploient à titre volontaire; relève qu’il est souhaitable d’y intégrer une collecte unifiée à bord des navires, dans des sacs ou des conteneurs, ainsi que la mise à disposition d’installations adéquates dans les ports; |
Accélérer le développement de l’économie circulaire dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture
| 30. | souligne que la réduction des impacts des déchets marins passe par le renforcement de l’économie circulaire à terre, notamment en supprimant progressivement les plastiques et les emballages superflus et en transformant les déchets en ressources, mais également dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture par une approche basée sur le cycle de vie; souligne que le développement de l’économie circulaire dans le secteur de la pêche doit passer par un soutien renforcé à la recherche de solutions, au design intelligent des engins de pêche et à l’innovation dans les techniques de pêche et d’aquaculture permettant de limiter le rejet de déchets, de renforcer l’attractivité des opérations de collecte et le développement de circuits de recyclage efficaces; |
| 31. | demande de favoriser l’écoconception des engins de pêche, tout en s’assurant qu’ils sont utiles et sûrs et qu’ils permettent d’obtenir une rentabilité adaptée au secteur, au moyen de l’adoption rapide de lignes directrices sur l’élaboration de normes harmonisées relatives à l’économie circulaire des engins de pêche; encourage le marquage des matériels employés dans les engins de pêche à travers des passeports de produits; encourage à promouvoir la recherche et l’innovation dans l’optique de trouver des matériaux de substitution et respectueux de l’environnement à utiliser dans les engins de pêche, y compris les polymères; met, à cet égard, l’accent sur des projets pilotes qui pourraient être mis en place pour faciliter la transition et menés dans l’optique d’une réduction des matériaux, d’un démontage plus facile et plus rapide et de tests sur la fonctionnalité des engins; |
| 32. | souligne qu’il est important, dans le contexte des engins de pêche dans une économie circulaire, d’associer pleinement les pêcheurs, les secteurs de la pêche et de l’aquaculture dans leur ensemble, les jeunes pousses, les initiatives privées et les entreprises, y compris les fabricants de cordes et de filets des pays tiers, afin de mettre en avant les nouveaux matériaux, l’écoconception, la conception de nouveaux engins de pêche et leur recyclage; souligne, en outre, qu’il est nécessaire de renforcer un modèle de synergie entre le secteur de la pêche et celui de la recherche; exhorte à cette fin la Commission à organiser les futurs projets liés à l’économie circulaire des engins de pêche avec les programmes de financement existants de l’Union européenne dans le domaine de la recherche et de l’innovation; |
| 33. | souligne que pour accélérer le développement de l’économie circulaire dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, il est nécessaire de mettre en place les futures solutions législatives au problème de la collecte et de l’élimination des déchets marins avec le pacte vert pour l’Europe; invite à cet égard instamment les États membres à rapidement donner suite à la fixation d’un taux national minimum de collecte applicable aux engins de pêche contenant du plastique comme arrêté dans la directive sur les plastiques à usage unique; invite la Commission à assurer le suivi de ces plans nationaux de manière à déterminer s’ils se traduisent par une augmentation de la collecte et du recyclage des engins de pêche par rapport aux niveaux actuels, et, à cet égard, à établir un plan approprié et ambitieux pour soutenir le développement d’une économie circulaire dans le secteur de la pêche; fait valoir qu’il existe un marché pour les engins de pêche recyclés, ce qui ouvre des perspectives quant à une obligation légale d’utilisation de matériaux recyclables, parallèlement aux dispositions de programmation d’une gestion partagée du FEAMPA, qui représenterait une incitation importante pour les pêcheurs et un moyen de mettre en lumière la valeur de leur contribution au recyclage; |
| 34. | demande d’utiliser le FEAMP pour soutenir le secteur de la pêche et de l’aquaculture dans la transition vers des matériaux plus durables, y compris pour l’acquisition par les petites flottes artisanales de nouveaux navires plus efficaces d’un point de vue technique et moins polluants, en particulier dans les régions ultrapériphériques; |
| 35. | exhorte la Commission à promouvoir l’économie circulaire tout au long de la chaîne de production d’équipements de pêche et d’aquaculture, en soutenant la recherche et les entreprises qui recyclent et réutilisent les engins; invite à cet effet la Commission à créer un fonds spécifique pour soutenir les États membres qui créent des filières de production d’équipements recyclés et durables à partir de ressources telles que celles prévues dans le cadre de Next Generation EU et celles résultant des sanctions fiscales infligées à la suite des procédures d’infraction contre les États membres; |
| 36. | attire l’attention sur le fait que, à l’heure actuelle, malgré les avancées significatives réalisées grâce à l’entrée en vigueur de la directive (UE) 2019/883, de nombreuses difficultés subsistent, ainsi que des différences entre les États membres en ce qui concerne les installations de réception portuaires; souligne que dans de nombreux ports de l’Union, l’identification par les pêcheurs de ces installations, lorsqu’elles existent, reste encore très difficile, de même que leur accessibilité; relève que cela constitue un obstacle et dissuade les professionnels du secteur de la pêche de contribuer au nettoyage des mers; |
| 37. | soutient le développement et la création de circuits de recyclage efficaces en modernisant les infrastructures de réception portuaires dans l’ensemble des ports européens afin d’améliorer le tri sélectif des déchets; souligne qu’il est dès lors nécessaire de redoubler d’efforts afin de moderniser les structures logistiques portuaires grâce à une logistique bien gérée en ce qui concerne la collecte des déchets et des engins de pêche hors d’usage, la collecte unifiée à bord des navires, dans des sacs ou des conteneurs, ainsi que la mise à disposition d’installations adéquates dans les ports pour garantir des structures de réception et de stockage appropriées destinées aux engins de pêche perdus et aux déchets marins collectés, un espace suffisant au stockage séparé des différents types de déchets marins, des effectifs suffisants pour traiter correctement et en toute sécurité les déchets débarqués et la fourniture à tous les navires de conteneurs de collecte de déchets marins; préconise de renforcer l’attractivité des opérations de collecte par des mesures de récompense et des mesures incitatives, telles que des incitations économiques, visant à soutenir les pêcheurs et aquaculteurs dans leur activité de récolte, d’élimination et de recyclage des déchets recueillis en mer et de dépôt de leurs engins de pêche ou d’aquaculture en fin de vie dans les ports; |
Programmes de gestion et de collecte des déchets marins
| 38. | demande à la Commission d’élaborer un plan d’action contre les déchets marins au sein de l’hydrosphère de l’Union en réduisant les déchets à la source et l’utilisation et la consommation de plastiques, et de remédier à la pollution des fleuves, des cours d’eau et des côtes due aux déchets, qu’il est possible de réduire notablement et de manière coordonnée; et de limiter au maximum le déversement de neige collectée dans les rues et les trottoirs directement dans l’océan, notamment en soutenant des méthodes de collecte alternatives lors de chutes de neige exceptionnellement fortes; |
| 39. | souligne que la mise à niveau des stations d’épuration et des réseaux d’assainissement est impérieuse pour réduire les impacts sur l’aquaculture et l’environnement marin et côtier en général, et les risques de contamination des produits issus de l’aquaculture en particulier; |
| 40. | souligne qu’il est crucial de résoudre le problème de la gestion inadéquate des déchets sur terre, et particulièrement des décharges dans les villes situées le long du littoral et des cours d’eau, ainsi que sur les îles; |
| 41. | demande à la Commission de renforcer la sensibilisation des pratiquants de la mer dans toutes les interactions qu’ils peuvent avoir avec le milieu marin, notamment lors de la vente ou la location de navires; |
| 42. | exhorte les États membres et les régions à collecter des données de suivi, à prendre des mesures pour remédier au problème de mauvaise gestion des déchets sur terre, afin de dégager les zones critiques d’accumulation des déchets marins dans les fleuves et les estuaires et à mettre en place des mesures visant à empêcher, tout d’abord que les déchets marins se retrouvent dans la nature; demande instamment de consacrer des ressources suffisantes au nettoyage de tous les types de matériaux polluants dérivés du plastique; |
| 43. | rappelle que les programmes relatifs à la collecte des déchets marins peuvent couvrir différentes activités, telles que la collecte de déchets marins dans les rivières, les estuaires, les baies ou les ports, les opérations de recherche, et la mise en évidence de zones d’accumulation en mer, et peuvent être réalisées par les pêcheurs, la société civile et les collectivités locales; met en avant que les programmes de collecte devraient être durables, utiliser des équipements appropriés pour la collecte de déchets, éviter, dans toute la mesure du possible, de produire de nouvelles émissions, prévoir la collaboration d’acteurs ayant une bonne connaissance des écosystèmes marins et imposer un recensement stratégique des déchets avant l’adoption de mesures; souligne que ces programmes de collecte ne sont pas seulement réalisables au titre des programmes de financement de l’Union, mais aussi aux niveaux local, régional et national dans les États membres; |
| 44. | met l’accent sur le fait que seuls sept États membres ont utilisé des fonds dans le cadre du FEAMP pour financer des programmes de collecte de déchets marins comme le programme «Pêche aux déchets marins», et que la plupart des mesures permettant d’identifier, de collecter et de recycler les déchets marins consistent en initiatives et programmes volontaires menés par les pêcheurs, la société civile et les collectivités locales; |
| 45. | souligne que pour réduire les déchets issus des navires de pêche, il convient d’inciter les pêcheurs à apporter les déchets aux installations de recyclage, notamment des mesures financières incitatives et des systèmes de récompense pour encourager les bonnes pratiques; relève, par conséquent, que les pêcheurs devraient être indemnisés pour la collecte d’engins de pêche perdus et d’autres déchets marins ou, au moins, avoir accès à l’élimination gratuite des déchets dans les installations portuaires; |
| 46. | souligne que pour réduire au minimum les risques pour la santé et la sécurité les pêcheurs devraient recevoir une formation adéquate sur la manière de traiter correctement les déchets marins lors de la collecte, du débarquement, de l’élimination et de l’introduction dans la chaîne de recyclage; |
| 47. | souligne qu’un renforcement et une expansion des bonnes pratiques existantes passent également par une simplification et un allègement des processus administratifs pour tous les navires engagés dans des campagnes «Pêche aux déchets marins», quel que soit leur port d’origine ou leur taille; souligne donc la nécessité d’une harmonisation et d’une approche plus complémentaire des règles relatives au débarquement des déchets marins collectés par des actions «Pêche aux déchets marins» dans les ports des États membres; |
| 48. | engage donc la Commission et les États membres à soutenir la collecte en mer par les pêcheurs d’engins de pêche perdus ou d’autres déchets marins, notamment les plastiques; il s’agit de mettre en avant les meilleures pratiques, de promouvoir la participation volontaire à des initiatives de collecte des déchets marins et de soutenir l’adoption de programmes «Pêche aux déchets marins»; exhorte à cet effet les États membres à créer un «Fonds spécial pour le nettoyage des mers», géré par l’intermédiaire du FEAMP ou d’autres lignes de budgétaires pertinentes afin de financer les mesures suivantes: 1) la collecte en mer par les pêcheurs de déchets marins; 2) la fourniture d’installations appropriées de stockage des déchets à bord et le contrôle des déchets pêchés passivement; 3) une meilleure formation destinée aux opérateurs; 4) le financement du traitement des déchets et du personnel nécessaire au fonctionnement de ces programmes pour éviter l’augmentation des coûts des pêcheurs qui y participent à titre volontaire; et 5) les investissements dans les ports afin qu’ils puissent disposer d’installations de réception et de stockage adéquates pour les engins de pêche perdus et les déchets marins collectés; |
| 49. | exhorte la Commission à procéder à une évaluation de la contribution sociale et économique apportée par les pêcheurs à travers des projets «Pêche aux déchets marins», afin de quantifier plus précisément la contribution du secteur de la pêche à l’action de nettoyage des mers; |
| 50. | exhorte la Commission à dépasser les objectifs de la directive (UE) 2019/883/UE, en étudiant et en quantifiant en termes économiques les dommages environnementaux que les déchets d’origine marine produisent, et en créant un «Fonds des déchets marins» pour lutter contre le déversement de déchets en mer, atténuer les dommages causés à la pêche et protéger les mers et les océans; |
| 51. | demande à la Commission d’inviter les États membres à veiller à la bonne gestion et à l’élimination adéquate des déchets accidentellement pêchés ou trouvés au cours de campagnes de collecte volontaire afin que la responsabilité et les coûts engndrés par le dépôt, la gestion et l’élimination de ces déchets ne soient pas à la charge des pêcheurs et ne causent pas de nouveaux dommages à l’environnement; souligne, à cette fin, la nécessité de mettre en place des systèmes efficaces de collecte et d’élimination des déchets et de veiller à la mise en place d’installations portuaires adéquates de collecte des déchets; |
| 52. | rappelle le caractère transfrontière du problème des déchets marins et que, dans un souci de plus grande efficacité, la lutte contre les déchets marins doit se faire de manière coordonnée avec les pays du voisinage européen; prie instamment la Commission et les États membres de lancer un plan de dépollution de la Méditerranée avec l’ensemble des États riverains; demande à la Commission de mettre fin, dès que possible, à la pratique consistant à exporter des déchets vers des pays tiers; |
| 53. | demande à la Commission de créer un mécanisme de soutien pour la collecte des déchets marins dans les régions ultrapériphériques, en raison de leur vulnérabilité naturelle, en les dotant d’infrastructures pour le recyclage des déchets collectés; |
| 54. | invite la Commission à exiger, dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union, la pleine transposition de la législation relative à la gestion des déchets dans les pays candidats, ainsi que le déploiement d’infrastructures permettant une gestion intégrée des déchets; |
Mieux comprendre et limiter la pollution par les microplastiques et les nanoplastiques
| 55. | souligne qu’il est nécessaire de renforcer les connaissances et de sensibiliser le public à la question de la pollution des nanoplastiques et microplastiques et à ses effets sur l’environnement, le fondement de la chaîne alimentaire marine, et finalement sur la santé humaine, et que davantage de travaux de recherche devraient être menés afin de mieux appréhender ce phénomène de contamination; rappelle que le déficit de connaissances et le manque de sensibilisation risquent d’entamer la confiance des consommateurs quant à la qualité des produits issus de la pêche et de l’aquaculture; |
| 56. | invite la Commission et les États membres à promouvoir des campagnes de sensibilisation au problème de la pollution marine d’origine plastique et microplastique, en soulignant que les pêcheurs aussi sont souvent victimes de ce phénomène, en particulier des microplastiques; |
| 57. | accueille favorablement le travail préparatoire mené par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sur la restriction des microplastiques ajoutés de manière intentionnelle dans les produits; demande à la Commission de faire preuve d’ambition dans le suivi de cette proposition grâce à l’adoption de mesures concrètes et, le cas échéant, de mesure légales, y compris en s’attelant au problème de la dissémination des microplastiques et nanoplastiques dans le cycle de l’eau, notamment ceux rejetés de manière non intentionnelle dans l’environnement, et de proposer des mesures visant à leur élimination progressive; |
| 58. | demande à la Commission de s’atteler au problème de la perte et de la dispersion de microplastiques comme les granules de plastique dans l’environnement tout au long de la chaîne d’approvisionnement, notamment lors du transport, terrestre et maritime, et des risques de déversement associés; |
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| 59. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO L 143 du 30.4.2004, p. 56.
(2) JO L 135 du 30.5.1991, p. 40.
(3) JO L 206 du 22.7.1992, p. 7.
(4) JO L 327 du 22.12.2000, p. 1.
(5) JO L 164 du 25.6.2008, p. 19.
(6) JO L 343 du 22.12.2009, p. 1
(7) JO L 20 du 26.1.2010, p. 7.
(8) JO L 354 du 28.12.2013, p. 22.
(9) JO L 149 du 20.05.2014, p. 1.
(10) JO L 257 du 28.8.2014, p. 135.
(11) JO L 115 du 6.5.2015, p. 11.
(12) JO L 150 du 14.6.2018, p. 100.
(13) JO L 150 du 14.6.2018, p. 109.
(14) JO L 150 du 14.6.2018, p. 141.
(15) JO L 151 du 7.6.2019, p. 116.
(16) JO L 155 du 12.6.2019, p. 1.
(17) JO C 346 du 27.9.2018, p. 184.
(18) JO C 433 du 23.12.2019, p. 136.
(19) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2019)0343.
(20) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2019)0078.
(21) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0005.
(22) «Lost fishing gear — a trap for our ocean» (Engins de pêche perdus — un piège pour l’océan), Commission européenne.
(23) «Lost fishing gear — a trap for our ocean» (Engins de pêche perdus — un piège pour l’océan), Commission européenne.
(24) https://cetmar.org/resultados-cleanatlantic/
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021