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AccueilDroit européen52021IP0244
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Initiative législative — 52021IP0244

CELEX52021IP0244
TypeInitiative législative
Datemercredi 19 mai 2021

Texte intégral

12.1.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 15/100


P9_TA(2021)0244

Rapports 2019-2020 de la Commission concernant le Monténégro

Résolution du Parlement européen du 19 mai 2021 sur les rapports 2019-2020 de la Commission concernant le Monténégro (2019/2173(INI))

(2022/C 15/09)

Le Parlement européen,

—

vu l’accord de stabilisation et d’association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République du Monténégro, d’autre part (1), entré en vigueur le 1er mai 2010,

—

vu la demande d’adhésion du Monténégro à l’Union européenne du 15 décembre 2008,

—

vu l’avis de la Commission du 9 novembre 2010 sur la demande d’adhésion du Monténégro à l’Union européenne (COM(2010)0670), la décision du Conseil européen des 16 et 17 décembre 2010 d’octroyer au Monténégro le statut de candidat à l’adhésion et la décision du Conseil européen du 29 juin 2012 d’ouvrir des négociations d’adhésion à l’Union européenne avec le Monténégro,

—

vu l’adhésion du Monténégro à l’OTAN le 5 juin 2017,

—

vu les conclusions de la présidence à l’issue de la réunion du Conseil européen des 19 et 20 juin 2003 qui s’est tenue à Thessalonique,

—

vu la déclaration de Sofia du sommet UE-Balkans occidentaux du 17 mai 2018 et le programme d’actions prioritaires de Sofia qui y est annexé,

—

vu le processus de Berlin lancé le 28 août 2014,

—

vu sa résolution du 29 novembre 2018 sur le rapport 2018 de la Commission sur le Monténégro (2),

—

vu la déclaration et les recommandations de la dix-huitième réunion de la commission parlementaire de stabilisation et d’association UE-Monténégro (CPSA) des 25 et 26 février 2020 à Podgorica,

—

vu la communication de la Commission du 5 février 2020 intitulée «Renforcer le processus d’adhésion — Une perspective européenne crédible pour les Balkans occidentaux» (COM(2020)0057),

—

vu la communication de la Commission du 29 mai 2019 intitulée «Communication de 2019 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2019)0260), accompagnée du document de travail des services de la Commission intitulé «Montenegro 2019 Report» (Rapport 2019 sur le Monténégro) (SWD(2019)0217),

—

vu la communication de la Commission du 6 octobre 2020 intitulée «Communication de 2020 sur la politique d’élargissement de l’UE» (COM(2020)0660), accompagnée du document de travail des services de la Commission intitulé «Montenegro 2020 Report» (Rapport 2020 sur le Monténégro) (SWD(2020)0353),

—

vu la communication de la Commission du 6 octobre 2020 intitulée «Un plan économique et d’investissement pour les Balkans occidentaux» (COM(2020)0641),

—

vu la communication conjointe du 8 avril 2020 de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité intitulée «Communication sur la réaction de l’UE au niveau mondial face à la pandémie de COVID-19» (JOIN(2020)0011),

—

vu l’évaluation du 21 avril 2020 de la Commission sur le programme de réforme économique 2020-2022 du Monténégro (SWD(2020)0066) et les conclusions conjointes du dialogue économique et financier entre l’UE, les pays des Balkans occidentaux et la Turquie, adoptées par le Conseil le 19 mai 2020,

—

vu la communication de la Commission du 29 avril 2020 intitulée «Soutien aux Balkans occidentaux dans la lutte contre la COVID-19 et la relance après la pandémie» (COM(2020)0315),

—

vu la cinquième réunion de la conférence d’adhésion avec le Monténégro au niveau des suppléants qui s’est tenue le 30 juin 2020 à Bruxelles, lors de laquelle les négociations sur le dernier chapitre examiné, le chapitre 8 (politique de la concurrence), ont été ouvertes,

—

vu ses résolutions antérieures sur le pays,

—

vu la déclaration de la mission internationale d’observation électorale du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE au sujet de ses constatations et conclusions préliminaires à la suite des élections législatives du 30 août 2020 au Monténégro, publiée le 11 décembre 2020,

—

vu sa recommandation du 19 juin 2020 au Conseil, à la Commission et au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant les Balkans occidentaux, à la suite du sommet de 2020 (3),

—

vu la déclaration commune du Parlement européen — Sommet des présidents des parlements des Balkans occidentaux du 28 janvier 2020, convoqué par le Président du Parlement européen avec les dirigeants des parlements des Balkans occidentaux,

—

vu la déclaration de Zagreb adoptée lors du sommet UE-Balkans occidentaux qui s’est tenu par vidéoconférence le 6 mai 2020,

—

vu les sommets UE-Balkans occidentaux qui se sont tenus dans le cadre du processus de Berlin le 5 juillet 2019 à Poznań et le 10 novembre 2020 à Sofia,

—

vu le deuxième rapport de monitoring par pays de la Commission européenne sur le Monténégro (cinquième cycle de suivi) contre le racisme et l’intolérance publié en septembre 2017 et les conclusions relatives au Monténégro en ce qui concerne la situation de la mise en œuvre des recommandations de 2017, publiées en juin 2020,

—

vu la déclaration des partenaires des Balkans occidentaux du 5 juillet 2019 sur l’intégration des Roms dans le cadre du processus d’élargissement et la stratégie 2016-2020 pour l’intégration sociale des Roms et des Égyptiens au Monténégro,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0131/2021),

A.

considérant que chaque pays de l’élargissement est évalué individuellement selon ses qualités propres et que le calendrier d’adhésion dépend de la diligence et de la qualité des réformes;

B.

considérant qu’en vertu de l’article 49 du traité sur l’Union européenne, tout État européen peut demander à devenir membre de l’Union à condition de se conformer à l’ensemble des critères de Copenhague, notamment le respect et la protection des minorités;

C.

considérant que la démocratie et l’état de droit sont des valeurs fondamentales sur lesquelles s’est construite l’Union et qu’elles sont au cœur du processus d’élargissement et du processus de stabilisation et d’association; que des réformes sont nécessaires pour venir à bout des problèmes qui persistent dans ces domaines;

D.

considérant que le Monténégro est actuellement le pays le plus avancé dans ses négociations, ayant ouvert l’ensemble des 33 chapitres examinés de l’acquis de l’Union, et qu’il a provisoirement clôturé les négociations sur trois d’entre eux;

E.

considérant que le Monténégro a continué à bien progresser dans la mise en œuvre des obligations découlant de l’accord de stabilisation et d’association;

F.

considérant que les élections législatives du 30 août 2020 ont abouti à la première transition du pouvoir dans un contexte démocratique dans le pays depuis l’introduction du pluripartisme; que cette transition s’est déroulée de manière ordonnée;

G.

considérant que le gouvernement précédent a reconnu les résultats des élections et la transition du pouvoir, ce qui confirme le niveau de maturité démocratique et les progrès accomplis au Monténégro;

H.

considérant que l’Union européenne est le premier partenaire commercial du Monténégro, avec 37 % du total des exportations et 47 % du total des importations de biens pour un volume d’échanges de 1,38 milliard d’EUR en 2019;

I.

considérant que l’Union européenne est le principal fournisseur d’aide financière au Monténégro et que le Monténégro a bénéficié, au titre de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP), d’une aide de préadhésion d’un total de 504,9 millions d’EUR entre 2007 et 2020;

J.

considérant que l’Union européenne a mobilisé 38 millions d’EUR pour apporter une aide immédiate aux Balkans occidentaux dans la lutte contre l’urgence sanitaire due à la COVID-19;

K.

considérant que l’Union européenne a accepté de réaffecter 374 millions d’EUR préalablement destinés à l’IAP pour contribuer à atténuer l’incidence socio-économique de la COVID-19 dans la région des Balkans occidentaux; qu’un montant de 53 millions d’EUR a été convenu entre la Commission et le Monténégro;

L.

considérant qu’un ensemble de mesures d’aide macrofinancière de 60 millions d’EUR a également été proposé au Monténégro et que 804 millions d’EUR ont été fournis via des prêts de la Banque européenne d’investissement depuis 1999;

M.

considérant que la Commission a adopté un ensemble de mesures de 70 millions d’EUR dans le cadre de l’IAP II pour contribuer à financer l’accès des pays des Balkans occidentaux aux vaccins contre la COVID-19 achetés par les États membres de l’Union; que le Monténégro a signé un accord en octobre 2020 dans le cadre de l’initiative COVAX afin de recevoir 248 800 doses de ces vaccins;

N.

considérant que les Roms et les Égyptiens ont été particulièrement touchés lors de la pandémie de COVID-19, car ils restent victimes de préjudices profondément ancrés dans les contextes sociaux et professionnels;

Engagement en faveur de l’élargissement

1.

se félicite de l’engagement constant du Monténégro dans le processus d’intégration à l’Union et des progrès qu’il a globalement accomplis;

2.

souligne qu’il importe de mettre en œuvre rapidement la méthodologie révisée en matière d’élargissement reposant sur des chapitres de négociation organisés en thématiques et sur l’introduction progressive des différents programmes et politiques de l’Union, afin d’accélérer le processus de négociation global et de fournir des incitations claires et tangibles présentant un intérêt direct pour les citoyens du Monténégro;

3.

se félicite de l’ouverture du chapitre 8 (politique de la concurrence) et de la décision du Monténégro d’accepter la méthodologie révisée en matière d’élargissement; invite en particulier le Monténégro à respecter les critères provisoires pour les chapitres 23 et 24, qui constitueront la prochaine étape, et se dit nettement favorable à la clôture des chapitres relatifs à l’adhésion car le Monténégro réalise et met en place des réformes sur les critères requis; rappelle que trois chapitres ont été provisoirement clôturés depuis l’ouverture du premier chapitre en décembre 2012 et engage le Monténégro à mettre clairement l’accent sur les travaux visant à satisfaire aux critères de clôture de tous les autres chapitres;

4.

salue le fait que les élections du 30 août 2020 aient abouti à la première transition du pouvoir depuis l’introduction du pluripartisme, dans le respect intégral des normes démocratiques et de la Constitution du Monténégro, ainsi que le fait que le BIDDH de l’OSCE ait conclu au bon déroulement des élections, à leur transparence et au respect de la concurrence; note avec satisfaction que les résultats des élections n’ont pas été contestés et que tous les députés élus ont effectivement pris leurs fonctions; se dit préoccupé par les informations faisant état d’une influence étrangère dans le processus électoral;

5.

salue le fait que, le premier jour de son investiture, le gouvernement monténégrin nouvellement constitué ait procédé à un échange de vues avec des députés européens et des fonctionnaires de l’Union européenne et que le nouveau gouvernement se soit expressément engagé à poursuivre l’intégration dans l’Union, à se conformer aux normes nécessaires pour que le pays avance dans le processus d’adhésion à l’Union et à consolider l’alliance transatlantique;

6.

souligne qu’il est essentiel de ne pas revenir sur les récentes réussites dans le processus de réforme et encourage le nouveau gouvernement à faire usage de son mandat pour accélérer les réformes liées à l’Union et les négociations d’adhésion; relève qu’un dialogue ouvert et constructif entre toutes les parties prenantes politiques et sociales ainsi qu’un accord sur les principales questions concernant les progrès globaux du pays sont nécessaires pour que le Monténégro avance dans le processus d’adhésion à l’Union;

7.

souligne la nécessité d’une cohabitation constructive et fondée sur la coopération entre le président, le nouveau gouvernement et le nouveau Parlement afin de poursuivre les progrès réalisés par le Monténégro sur la voie de l’adhésion à l’Union et de renforcer encore les progrès démocratiques du pays; invite toutes les parties à respecter les principes démocratiques et constitutionnels;

8.

se félicite des récentes enquêtes d’opinion, qui montrent que de plus en plus de citoyens monténégrins (76,6 %) soutiennent l’adhésion future du pays à l’Union et par lesquelles la population indique clairement au nouveau gouvernement qu’elle souhaite des réformes fondées sur les valeurs européennes; note qu’il s’agit de l’un des taux les plus élevés de soutien public en faveur de l’Union dans la région; se félicite, dans ce contexte, que la Commission ait donné un nouvel élan à l’élargissement en 2020 grâce à une nouvelle stratégie pour les Balkans occidentaux et au plan économique et d’investissement;

9.

salue les progrès réalisés par le Monténégro dans plusieurs domaines des négociations d’adhésion, dont la coopération policière internationale et la lutte contre la criminalité organisée (y compris en établissant un premier bilan dans les domaines de la traite des êtres humains et du trafic de drogue); invite les autorités à accélérer les réformes politiques et économiques, notamment en ce qui concerne l’état de droit et les droits fondamentaux, le pouvoir judiciaire, la liberté des médias et la lutte contre la corruption, domaines dans lesquels des progrès substantiels sont nécessaires;

10.

invite à un engagement actif et à une inclusion appropriée des pays des Balkans occidentaux, y compris de la société civile et des jeunes, dans la conférence sur l’avenir de l’Europe et demande que leur contribution soit prise en considération au vu de leur volonté de devenir membres de l’Union européenne à l’avenir;

11.

demande la création de nouvelles possibilités de dialogue politique et stratégique de haut niveau avec les pays des Balkans occidentaux grâce à l’instauration de sommets UE-Balkans occidentaux réguliers et à des relations ministérielles et parlementaires intensifiées afin de renforcer la crédibilité politique du processus d’élargissement et d’assurer un pilotage plus affirmé et un engagement de haut niveau, comme le demande également la méthodologie révisée en matière d’élargissement;

12.

rappelle qu’il est de l’intérêt du gouvernement de garantir une représentation appropriée à l’étranger; souligne, à cet égard, la nomination prochaine du chef de la mission du Monténégro auprès de l’Union européenne;

Démocratie et état de droit

13.

prend acte des constatations et conclusions des observateurs internationaux du BIDDH de l’OSCE et invite les autorités à donner pleinement suite à leurs recommandations en temps utile avant les prochaines élections nationales; salue l’adoption, par le gouvernement, d’une décision relative à la création du Conseil de contrôle du registre électoral; note qu’en décembre 2020, le Parlement du Monténégro a adopté une décision concernant la création d’une commission pour une réforme électorale complète et espère que cette commission débutera ses travaux sans plus attendre;

14.

encourage le Monténégro à organiser les élections locales simultanément dans l’ensemble du pays afin de stabiliser la démocratie, d’éviter les campagnes sans fin et d’alléger le climat de tension politique; exprime sa déception devant le fait que, malgré l’accord conclu entre les partis concernant l’organisation des élections locales le même jour, le cadre légal n’aborde pas suffisamment cette question; rappelle qu’une majorité des deux tiers est nécessaire pour modifier la loi sur l’élection des conseillers et députés, ce qui requiert un large consensus des groupes parlementaires;

15.

invite toutes les forces politiques du Parlement nouvellement élu à engager un dialogue constructif, sérieux et inclusif au sein du Parlement, lequel constitue la clé d’une véritable démocratie parlementaire; salue la décision de l’opposition de ne pas faire obstruction aux travaux du Parlement et rappelle qu’une démocratie parlementaire efficace repose sur la participation du gouvernement comme de l’opposition au processus décisionnel parlementaire; souligne qu’un large consensus de la majorité au pouvoir et de l’opposition est essentiel pour progresser vers l’adhésion à l’Union et sur la voie des réformes; demande des mesures destinées à améliorer le dialogue et la confiance dans l’ensemble du monde politique;

16.

se félicite des nominations récentes à la délégation monténégrine à la commission parlementaire de stabilisation et d’association UE-Monténégro (CPSA), dont les membres sont désormais tous nommés; demande la reprise, dans les meilleurs délais, des travaux de la CPSA et se félicite de la réunion à distance de la CPSA prévue en juin 2021; souligne l’importance des échanges parlementaires et de la reprise des réunions semestrielles;

17.

se félicite des mesures adoptées pour améliorer le rôle de contrôle exercé par le Parlement ainsi que sa transparence et son ouverture aux citoyens et à la société civile; demande au Parlement nouvellement élu de garantir un dialogue politique inclusif en son sein et de renforcer le rôle de la société civile;

18.

rappelle qu’il importe d’accélérer les travaux de mise en œuvre des plans d’action pour les chapitres 23 et 24 et d’autres documents stratégiques relatifs à l’état de droit et aux droits fondamentaux, en particulier par un dialogue efficace entre les partis destiné à faire en sorte que la majorité qualifiée requise soit réunie pour les nominations clés aux postes de juge et de procureur ainsi que par la consultation de la population et d’experts pour la modification de lois importantes; est préoccupé par le fait que le groupe de travail sur le chapitre 24 ne se soit pas réuni au cours de l’année passée;

19.

s’inquiète des évolutions récentes concernant le procureur spécial pour la criminalité organisée et la corruption ainsi que des projets de modification de la composition du Conseil de la magistrature; invite le gouvernement monténégrin à modifier des lois importantes, notamment en ce qui concerne les modifications proposées à la loi sur le parquet et à la loi sur le parquet spécialisé, dans le respect des normes démocratiques et de la pratique établie au niveau européen, ainsi qu’à se conformer à l’avis de la Commission de Venise sur la question; souligne que l’indépendance et l’intégrité du parquet spécialisé sont essentielles pour que le Monténégro puisse enregistrer des progrès dans le domaine de l’état de droit;

20.

déplore la faiblesse des progrès réalisés dans le domaine judiciaire et invite les autorités monténégrines à s’attaquer d’urgence aux problèmes qui subsistent en ce qui concerne l’indépendance, le professionnalisme, l’efficacité et la responsabilité du pouvoir judiciaire au moyen de la mise en œuvre de la législation existante et conformément aux recommandations formulées par le Groupe d’États contre la corruption (GRECO) et la Commission de Venise; insiste sur le fait que le Monténégro doit progresser davantage dans les réformes relatives à l’état de droit, notamment en faisant avancer et non en faisant reculer la mise en œuvre de la réforme du système judiciaire conformément aux normes et bonnes pratiques démocratiques; rappelle que, grâce aux réformes déjà menées, le Monténégro a mis en place les organismes et les mécanismes garantissant l’indépendance et la responsabilité des juges et des procureurs; encourage les autorités à utiliser systématiquement ces mécanismes et à poursuivre le travail déjà mené pour aboutir à plus de résultats et pour améliorer le bilan de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée;

21.

exprime sa profonde préoccupation face à l’interprétation de la Constitution faite par le Conseil judiciaire, qui tolère la reconduction illégale de présidents de tribunaux pour plus de deux mandats; prend acte de la démission du président de la Cour suprême et des présidents des tribunaux de première instance de Bar, de Kotor et de Plav après la demande de démission des juges titulaires de plusieurs mandats, ce qui est conforme aux normes démocratiques et aux bonnes pratiques européennes;

22.

se félicite des progrès accomplis dans la lutte contre la criminalité organisée, en particulier en ce qui concerne le renforcement des capacités et le professionnalisme de la police; encourage le Monténégro à poursuivre ses efforts dans ce domaine, en particulier en combattant les réseaux criminels actifs au niveau international, en accordant une attention particulière à la lutte contre le blanchiment de capitaux, à la traite des êtres humains, au trafic de drogues et d’armes, aux paris illégaux et à la contrebande de cigarettes, et en recherchant leurs éventuels liens avec des responsables politiques et des représentants des institutions de l’État;

23.

salue le succès récent du vice-premier ministre lié à l’arrestation de personnalités de premier plan impliquées dans la criminalité organisée; condamne fermement les menaces de mort proférées à son encontre; préconise de soutenir et de protéger tous les fonctionnaires qui luttent contre la corruption et la criminalité organisée, même au péril de leur vie, et exprime sa solidarité à leur égard;

24.

souligne que des défaillances systémiques subsistent dans le système de justice pénale et qu’elles doivent être éliminées en priorité; prie instamment les autorités de mettre en place des mesures concrètes pour limiter à certains cas exceptionnels l’utilisation de la comparution sur reconnaissance préalable de la culpabilité afin d’améliorer la transparence et la crédibilité de la réaction judiciaire à la criminalité organisée;

25.

est gravement préoccupé par les progrès limités accomplis dans la lutte contre la corruption et invite les institutions responsables à considérablement améliorer le bilan du pays en matière de confiscation des avoirs d’origine criminelle, de poursuites et de condamnations définitives, en particulier dans les affaires très médiatisées, en améliorant de façon sensible la qualité et l’indépendance des enquêtes pénales et le respect des lois;

26.

note certaines évolutions positives dans le fonctionnement de l’Agence pour la prévention de la corruption; souligne cependant qu’il subsiste des problèmes concernant son indépendance et la définition de ses priorités et invite l’Agence à agir de manière indépendante et à mettre en œuvre de manière systématique la loi sur la prévention de la corruption;

27.

rappelle qu’une réponse ferme de la justice pénale est nécessaire pour faire face à la corruption de haut niveau; rappelle qu’il est nécessaire d’apporter une réponse efficace à l’utilisation présumée abusive des ressources publiques en faveur des partis politiques et au financement illégal des partis politiques;

28.

salue les efforts déployés pour mettre en œuvre la réforme de l’administration publique ainsi que les résultats déjà obtenus; s’inquiète des observations selon lesquelles l’appartenance à un parti continue d’avoir une influence déterminante sur les perspectives d’emploi dans le secteur public monténégrin et appelle le nouveau gouvernement du Monténégro à éviter le licenciement et le recrutement de professionnels dans le service public pour des motifs politiques; invite les autorités monténégrines à poursuivre leurs efforts pour mettre en place une administration publique efficace et préserver leur expertise, en particulier en ce qui concerne le processus d’adhésion à l’Union, et se félicite, à cet égard, de la transparence des procédures de nomination; regrette que les capacités institutionnelles des agences chargées de la concurrence et de la lutte contre la corruption restent faibles;

29.

se dit préoccupé par les amendements à la loi sur les fonctionnaires et les agents de la fonction publique adoptés au Parlement, qui abaissent les critères pour pouvoir travailler dans l’administration publique et qui risquent de nuire aux progrès enregistrés dans la réforme de l’administration publique pour mettre en place un emploi fondé sur le mérite;

30.

salue les promesses faites par le nouveau gouvernement d’améliorer considérablement la transparence dans tous les domaines, y compris les finances publiques, et l’encourage à élaborer et à adopter d’urgence un acte législatif consolidé sur le libre accès à l’information;

31.

prend acte du prochain recensement de la population et des logements au Monténégro et invite les institutions responsables à veiller à ce que celui-ci se déroule conformément aux normes européennes et aux recommandations internationales; demande instamment d’éviter toute politisation du processus et demande une enquête sur toutes les accusations d’ingérence étrangère dans le recensement;

32.

invite les autorités monténégrines à accorder une attention particulière au blanchiment de capitaux, à la fraude fiscale et à toute autre activité criminelle dans le cadre du programme de citoyenneté par investissement, qui arrivera à échéance en 2021; se félicite de la décision prise récemment par le gouvernement monténégrin de le supprimer progressivement d’ici la fin de l’année;

Respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme

33.

déplore l’état de la liberté d’expression et de la liberté des médias, domaine dans lequel cinq rapports successifs de la Commission n’ont constaté «aucun progrès», notamment en ce qui concerne le travail du service public de radiotélévision RTCG; condamne fermement tous les types d’attaques contre les médias et les actes d’intimidation contre des journalistes et demande qu’une enquête efficace soit menée d’urgence à ce sujet, y compris sur les cas passés, afin de mettre un terme à l’impunité des crimes commis contre les journalistes; regrette que certains des cas de violences contre des journalistes demeurent non résolus; demande que des mesures supplémentaires soient prises pour garantir l’indépendance des médias et des journalistes; prie instamment le Monténégro de mettre en place des conditions propices à l’exercice effectif de la liberté d’expression, qui est l’une des valeurs fondamentales de l’Union et un élément essentiel du processus d’adhésion du Monténégro à l’Union;

34.

s’inquiète de la forte polarisation du paysage médiatique, et en particulier du développement de la désinformation, qui vise également à exacerber les tensions ethniques, à fausser les processus électoraux et à battre en brèche l’adhésion de la population à l’intégration euro-atlantique; souligne que l’éducation aux médias, la liberté et l’indépendance des médias sont essentielles pour lutter contre la désinformation; insiste sur la nécessité d’améliorer la coordination afin de lutter contre les campagnes régionales de désinformation;

35.

préconise de renforcer la coopération européenne avec le Monténégro dans la lutte contre la désinformation, les cybermenaces et les menaces hybrides qui visent à compromettre la perspective européenne de la région; est préoccupé par la vulnérabilité croissante du Monténégro du fait de l’augmentation de sa dette publique, notamment envers la Chine; invite, dans ce contexte, la Commission et le gouvernement monténégrin à coopérer pour trouver une solution par rapport au prêt contracté par le gouvernement précédent pour le projet chinois très controversé d’autoroute Bar-Boljare, afin d’éviter que le Monténégro ne se retrouve endetté par rapport à la Chine et ne doive céder des garanties aux créanciers chinois; insiste sur le fait que, parallèlement à cela, les autorités monténégrines doivent mener une enquête approfondie et transparente sur ce prêt et ses dépenses et demander des comptes aux responsables politiques; invite la Commission à trouver, en collaboration avec les institutions financières internationales, une solution raisonnable pour soutenir la viabilité budgétaire et les réformes du Monténégro, conformément à la perspective européenne du pays;

36.

invite le Monténégro, les États membres et la délégation de l’Union européenne au Monténégro à continuer de mener une politique de communication plus active et plus efficace sur la perspective européenne, à l’intention des citoyens monténégrins comme des citoyens de l’Union, et à continuer de coordonner leurs efforts pour faire mieux connaître les projets financés par des fonds européens; invite la Commission et le SEAE à soutenir la création d’un centre d’excellence en matière de désinformation axé sur les Balkans;

37.

invite les autorités monténégrines à prendre des mesures concrètes pour renforcer la résilience et la cybersécurité, à un moment où le Monténégro subit une pression croissante du fait des ingérences étrangères visant à compromettre son statut d’État et son orientation pro-occidentale, à surveiller plus étroitement le paysage médiatique afin de lutter contre les fausses informations et les autres activités de désinformation, notamment celles orchestrées par des influences étrangères délétères, et à garantir l’indépendance opérationnelle des autorités de régulation des médias et des radiodiffuseurs de service public au Monténégro, tout en assurant un juste équilibre entre la lutte contre la désinformation et une restriction disproportionnée de la liberté d’expression en ligne;

38.

condamne fermement les attaques verbales et physiques et les intimidations à l’encontre des minorités nationales, en particulier à Pljevlja, à la suite des élections législatives d’août 2020, et, récemment, à Berane et à Niksic; prie instamment les autorités monténégrines de mener une enquête approfondie sur tous ces incidents et d’en traduire les auteurs en justice;

39.

souligne la nécessité de protéger tous les droits des minorités nationales, notamment parce que certaines d’entre elles ne disposent plus de représentants politiques au sein de la Skupština; presse les autorités monténégrines d’accorder une attention particulière aux problèmes liés à l’affiliation nationale et ethnique des citoyens monténégrins; prend acte, à cet égard, de la récente proposition du gouvernement monténégrin visant à modifier la loi monténégrine sur la citoyenneté; souligne que toute modification de lois aussi sensibles doit faire l’objet d’un vaste processus de consultation et ne devrait être adoptée que conformément aux normes démocratiques et à la pratique établie au niveau européen, et dans l’optique de faire progresser la perspective européenne du Monténégro; appelle au respect de l’identité multiethnique du pays, et notamment des langues qui y sont parlées, du patrimoine culturel et des traditions des communautés locales; souligne que des progrès doivent encore être accomplis en ce qui concerne l’intégration de Roms et des Égyptiens sur le marché du travail et dans le système éducatif et la vie publique au Monténégro, et invite les autorités à veiller à ce que ceux-ci aient accès à des documents personnels afin de garantir leur statut juridique, ainsi qu’à prendre des mesures efficaces contre les discours haineux;

40.

prend acte de la loi sur la protection contre les violences domestiques ainsi que des modifications prévues, et demande instamment aux autorités du Monténégro de veiller à sa mise en œuvre effective, y compris en y affectant des ressources suffisantes, car les violences domestiques, les violences sexistes et les violences à l’égard des enfants restent très préoccupantes; appelle à plus de vigilance et à la mise en place de systèmes d’assistance aux victimes de violences domestiques dans le contexte de la pandémie de COVID-19;

41.

prie instamment les autorités de garantir la mise en œuvre effective des normes établies par la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (la convention d’Istanbul), d’augmenter le nombre d’agents de police et de juges correctement formés et sensibilisés aux questions de genre, pour ces crimes fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites en bonne et due forme, ainsi que de mettre en place des mesures efficaces contre le harcèlement sexuel, y compris sur le lieu de travail;

42.

s’inquiète des résultats limités obtenus dans le cadre des politiques et projets mis en œuvre pour encourager la participation des femmes au marché du travail, à l’élaboration des politiques et à la vie politique, ainsi que pour lutter contre les vulnérabilités dans les politiques de l’emploi et les politiques sociales; regrette à cet égard la diminution du nombre de députées et le déséquilibre entre hommes et femmes dans la représentation politique, dans le contexte des élections et au sein du nouveau parlement et du gouvernement; plaide pour l’adoption des mesures juridiques et politiques nécessaires pour promouvoir la participation des femmes à la vie politique;

43.

rappelle que, bien que le gouvernement monténégrin ait approuvé le plan d’action annuel au regard de la stratégie de protection des personnes handicapées contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité, la mise en œuvre de celle-ci reste l’objectif premier; déplore que les personnes handicapées soient toujours confrontées à la discrimination et aient des difficultés à accéder à la justice; souligne que l’accès aux services de santé doit être amélioré pour les personnes handicapées, les personnes déplacées dans leur propre pays et d’autres groupes vulnérables;

44.

se félicite des progrès réalisés en matière de protection des droits des personnes LGBTI ainsi que du fait que le Monténégro est le premier pays de la région à adopter une loi sur les partenariats entre personnes de même sexe; demande aux autorités de garantir toutes les conditions requises pour que cette loi soit dûment mise en œuvre; souligne que la situation des personnes transgenres et des personnes non binaires doit être améliorée; se félicite du déroulement pacifique de la marche des fiertés en 2019; invite les autorités monténégrines à continuer d’améliorer le climat de solidarité et de tolérance dans la société et de recueillir des données ventilées concernant les discours et les crimes de haine fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre;

45.

invite les autorités monténégrines à maintenir un véritable dialogue sur la liberté de religion avec les représentants des religions et les autres parties prenantes concernées, dans le respect de l’avis de la Commission de Venise du 24 juin 2019; invite les pays voisins à s’abstenir de toute ingérence au regard de cette question et d’autres affaires intérieures du Monténégro;

46.

note avec préoccupation que le nouveau gouvernement a adopté des amendements à la loi sur la liberté de religion ou de croyance et le statut juridique des communautés religieuses dans le cadre d’une procédure d’urgence, sans débat public, sans dialogue avec toutes les communautés religieuses et sans prise en considération de l’avis de la Commission de Venise; relève que le président a signé la loi;

Réconciliation, relations de bon voisinage et coopération internationale

47.

félicite le Monténégro pour son engagement en faveur d’une coopération régionale inclusive et le rôle constructif qu’il joue dans la région des Balkans occidentaux, et se félicite de sa participation active à de nombreuses initiatives régionales; souligne que la coopération régionale et les relations de bon voisinage sont liées à la perspective européenne du Monténégro;

48.

se félicite de la signature du protocole sur la détermination du point frontalier entre la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la République de Serbie en mai 2019 et encourage le Monténégro à poursuivre, dans un esprit constructif et aussi tôt que possible dans le processus d’adhésion, la résolution des problèmes bilatéraux qui l’opposent encore à ses voisins, y compris en ce qui concerne la question non résolue de ligne de démarcation entre la Serbie et la Croatie; rappelle que les accords frontaliers bilatéraux en vigueur doivent être respectés; réaffirme que les différends frontaliers devraient être traités dans un esprit de relations de bon voisinage, au niveau bilatéral, et dans le cadre des mécanismes internationaux existants; note que les relations bilatérales avec la Serbie ont été marquées par des tensions et insiste sur le fait que tout différend bilatéral doit être résolu par un dialogue inclusif et non conflictuel, tout en évitant toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures;

49.

condamne fermement le déni du génocide de Srebrenica et les doutes exprimés par le ministre de la justice, des droits de l’homme et des droits des minorités à propos des décisions et de la légitimité du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY); se félicite que d’autres membres du gouvernement aient rapidement réfuté ces allégations et que le limogeage du ministre en question ait été proposé;

50.

salue la création du marché commun régional, qui ouvrira la voie à l’adhésion pleine et entière du pays au marché unique européen; est fermement convaincu que ces initiatives peuvent être un outil important pour renforcer le potentiel, l’attractivité et la compétitivité de la région et, en particulier, aider les économies régionales dans leur processus de relance après la pandémie;

51.

condamne fermement toute tentative de la part de responsables politiques au Monténégro et ailleurs dans la région de nier le génocide de Srebrenica ou tout autre crime de guerre commis en ex-Yougoslavie; salue la signature d’un protocole de coopération pour la recherche de personnes disparues entre les gouvernements de la Bosnie-Herzégovine et du Monténégro, qu’il considère comme un bon exemple de coopération dans le cadre d’affaires de personnes disparues; est préoccupé par le manque de progrès dans le traitement des crimes de guerre commis au Monténégro et demande aux autorités de redoubler d’efforts pour punir les auteurs de ces crimes et élucider ce qu’il est advenu des personnes disparues, ainsi que de soutenir et de développer le centre de documentation et d’information;

52.

réaffirme son soutien à l’initiative visant à créer une commission régionale pour établir les faits sur les crimes de guerre et autres graves violations des droits de l’homme qui ont été commis en ex-Yougoslavie; félicite les gouvernements du Monténégro pour leur engagement et le respect de leurs obligations dans le cadre de l’adhésion à l’Office régional de coopération pour la jeunesse; souligne le rôle important joué par la présidence tournante monténégrine actuelle dans cette organisation;

53.

invite les autorités monténégrines à respecter pleinement les dispositions relatives à la succession de l’ancienne République fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY), notamment en ce qui concerne les ressources militaires;

54.

salue le parfait alignement du Monténégro sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union ainsi que sa participation active aux missions de l’Union menées dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune, notamment la Force navale de l’UE en Somalie (Opération ATALANTA) et la mission de formation de l’UE au Mali, ainsi que d’autres missions internationales, telles que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre, la mission Resolute Support (RSM) dirigée par l’OTAN en Afghanistan et la mission de l’OTAN au Kosovo (KFOR);

55.

s’inquiète des nominations au gouvernement dans le secteur de la sécurité et du renseignement militaire ainsi que du risque de remise en cause de l’alliance stratégique du Monténégro avec l’Union européenne et l’OTAN; souligne l’importance stratégique de l’adhésion du Monténégro à l’OTAN et encourage les autorités du Monténégro à coopérer à la fois avec l’Union européenne et l’OTAN en matière de résilience face à l’ingérence étrangère et de cybersécurité;

56.

souligne qu’il est nécessaire que l’Union et les États-Unis renforcent leur partenariat et leur coordination dans les Balkans occidentaux pour faire avancer les principales réformes, améliorer la gouvernance et parvenir à la réconciliation;

57.

se félicite des progrès réalisés par le Monténégro et de son engagement renouvelé en faveur de la coopération policière internationale et l’encourage à poursuivre ses efforts pour faire face à la migration irrégulière en continuant à développer sa coopération internationale en matière de protection des frontières et de réadmission et en renforçant sa capacité à poursuivre les réseaux de trafic de migrants;

58.

prend acte de l’entrée en vigueur de l’accord sur la coopération en matière de gestion des frontières conclu entre le Monténégro et l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), qui permettra à Frontex de prêter assistance au Monténégro au regard de la gestion des frontières, dans le cadre d’opérations conjointes, ainsi que de la lutte contre la criminalité transfrontalière à ses frontières maritimes, notamment le trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains, et le terrorisme;

59.

demande instamment aux autorités monténégrines de maintenir le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et du droit international au cœur de leurs politiques en matière de migration et de gestion des frontières; demande que les opérations de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) sur le territoire monténégrin respectent les mêmes exigences;

L’économie et la pandémie de COVID-19

60.

se félicite des progrès accomplis par le Monténégro concernant le renforcement de la stabilité de son secteur financier ainsi que la mise en œuvre de mesures concrètes pour l’amélioration des conditions sur le marché du travail; note cependant que le taux de chômage reste élevé, notamment chez les femmes, les jeunes, les Roms et les personnes peu qualifiées; encourage les autorités à accroître la participation des femmes au marché du travail et à se pencher sur les questions telles que l’écart entre hommes et femmes en matière d’emploi et de rémunération ainsi que la fourniture de services de garde d’enfants abordables;

61.

est préoccupé par le fait que la proposition de loi de finances pour 2021 n’a pas été présentée avant la fin 2020 et appelle de ses vœux un processus budgétaire national plus transparent et rapide;

62.

se félicite de la mise en œuvre par le Monténégro des réformes nécessaires pour respecter les principes de bonne gouvernance fiscale de l’Union et du retrait du pays de la liste des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales par le Conseil (le 18 février 2020);

63.

encourage le Monténégro à redoubler d’efforts afin de mieux aligner le système éducatif sur le marché du travail, de manière à lutter plus efficacement contre les phénomènes d’inadéquation des compétences et de fuite des cerveaux chez les jeunes; invite les autorités monténégrines à s’employer à mettre en place une politique de ressources humaines ouverte et transparente dans l’administration publique, en particulier dans le système national de santé, ainsi qu’à accroître les investissements publics en faveur d’un développement social et économique durable;

64.

relève avec inquiétude les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur l’économie du Monténégro, le produit intérieur brut du pays ayant baissé de 14,3 % en 2020; invite le gouvernement à mener une politique macroéconomique et budgétaire responsable compte tenu de la dette publique élevée; encourage les autorités à utiliser au mieux l’aide de l’Union afin d’atténuer les effets de la crise, et notamment d’adopter et de mettre en œuvre des mesures ciblées pour atténuer l’incidence de la pandémie sur les communautés marginalisées et les personnes vulnérables; souligne qu’il est important de développer les compétences entrepreneuriales chez les jeunes;

65.

invite la Commission à soutenir les efforts du Monténégro en vue de réduire le chômage, qui s’est sensiblement aggravé du fait de la pandémie de COVID-19, en particulier dans le secteur du tourisme, qui représente directement et indirectement plus de 20 % du PIB du Monténégro, compte tenu de la forte baisse du nombre de touristes;

66.

rappelle que l’Union a rapidement mobilisé un soutien financier et matériel immédiat en faveur des Balkans occidentaux pour faire face à l’urgence sanitaire causée par la pandémie de COVID-19 et accélérer la reprise socio-économique de la région; rappelle que 53 millions d’euros ont été octroyés au Monténégro pour l’achat d’équipement médical d’urgence et pour aider les secteurs les plus gravement touchés par la crise de la COVID-19; rappelle également la décision de fournir une assistance macrofinancière (AMF) à hauteur de 60 millions d’euros pour aider le Monténégro à limiter les conséquences socio-économiques négatives de la pandémie;

67.

souligne que la pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif sur la société dans son ensemble, et en particulier sur les femmes, les familles monoparentales et les groupes vulnérables, tels que les Roms, les Égyptiens, les personnes LGBTI, les personnes handicapées et d’autres minorités, en aggravant les inégalités et en exacerbant les problèmes existants; demande aux autorités monténégrines de tenir compte des besoins de ces groupes au regard de l’élaboration et de la mise en œuvre des mesures d’aide socio-économique liées à la COVID-19;

68.

salue le rôle joué par le mécanisme de protection civile de l’Union, qui a apporté un soutien opportun sous la forme d’équipement médical et d’équipement de protection individuelle dans la lutte contre le coronavirus au Monténégro;

69.

est préoccupé par le processus actuel de révocation de dirigeants d’établissements publics de santé à un moment où le Monténégro est gravement touché par la pandémie de COVID-19, ainsi que par le nouvel emprunt de 750 millions d’EUR contracté par le gouvernement sans consultation de la Skupština;

70.

demande à la Commission et au Conseil de faire preuve de solidarité envers les pays des Balkans occidentaux en les aidant à obtenir des vaccins contre la COVID-19 et en incluant le Monténégro dans les passations de marché conjointes de l’Union pour les vaccins; salue les mesures prises par la Commission et le Conseil pour aider le Monténégro à se procurer des vaccins contre la COVID-19 par l’intermédiaire du dispositif COVAX et par d’autres moyens, tels que la coordination des dons faits par les États membres; appelle de ses vœux une aide supplémentaire pour veiller à ce qu’une quantité suffisante de vaccins contre la COVID-19 soit mise à disposition des citoyens de tous les pays des Balkans occidentaux le plus rapidement possible, en tenant compte de la situation épidémiologique de chaque pays; est fermement convaincu que les politiques en matière de vaccins devraient relever de l’humanitaire et ne pas servir de quelconques intérêts géopolitiques;

71.

encourage le Monténégro à tirer le meilleur parti du plan économique et d’investissement de la Commission pour les Balkans occidentaux; reconnaît l’importance de ce plan pour soutenir la connectivité durable dans les transports et les infrastructures, le capital humain, la compétitivité et la croissance inclusive dans la région, et souligne que tout investissement doit être conforme aux objectifs de l’accord de Paris et aux objectifs de l’Union en matière de décarbonation;

72.

note l’égale importance de toutes les cibles d’investissement de l’IPA III; demande à la Commission, à cet égard, de consacrer une part suffisante des fonds de l’IPA III à la transition démocratique en cours au Monténégro, à la lumière notamment des problèmes persistants liés au climat d’investissement, à la capacité d’absorption et aux normes environnementales dans le pays;

Environnement, énergie et transport

73.

salue les progrès réalisés par le Monténégro en vue de diversifier sa production d’électricité pour y inclure des sources d’énergie renouvelables et le fait que le pays a dépassé son objectif total en matière d’énergie renouvelable pour 2020 et ses objectifs sectoriels pour l’électricité, le chauffage et le refroidissement, ainsi que sa participation active au programme de connectivité des Balkans occidentaux; invite le Monténégro à mettre en place des règles rationalisées et simplifiées pour faciliter le développement de nouveaux projets d’énergie renouvelable; souligne l’importance du soutien de l’Union pour la transition vers une énergie plus propre et durable; est préoccupé par les projets de forage pétrolier et gazier au large des côtes monténégrines, qui pourraient nuire à l’environnement, à la nature et au tourisme, principal secteur économique du pays;

74.

salue la décision du Monténégro d’arrêter de soutenir financièrement les petites centrales hydroélectriques qui ne respectent pas les normes environnementales appropriées; relève avec inquiétude la lente progression des travaux et le retard pris dans la fermeture de la centrale thermique de Pljevlja et invite le Monténégro à se conformer sans délai aux règles définies par la directive relative aux grandes installations de combustion (4);

75.

prend acte des mesures prises par le Monténégro en vue de créer un système électronique pour les garanties d’origine afin de garantir la compatibilité avec le système européen normalisé de certificats d’énergie; prend note de l’avancée des réformes dans le secteur de l’électricité et invite le Monténégro à transposer sans attendre le règlement REMIT (5) ainsi qu’à transposer les codes de réseau en codes de réseau nationaux; invite le Monténégro à augmenter le niveau actuellement faible des capacités d’échange entre zones à disposition des participants au marché de l’électricité, conformément aux bonnes pratiques de l’Union; félicite le Monténégro pour son rôle de chef de file dans la création d’un mécanisme de tarification du carbone et d’échange de droits d’émission dans la région; se félicite que la directive sur la qualité des carburants (6) soit pleinement respectée, et préconise de progresser encore sur la constitution de stocks de pétrole de sécurité;

76.

se félicite des progrès accomplis sur la voie de l’alignement sur l’acquis communautaire de la législation nationale du Monténégro en matière d’environnement et de changement climatique, et préconise de redoubler d’efforts pour parachever ce document dès que possible, conformément aux recommandations du Conseil ministériel de la Communauté de l’énergie; salue le fait que le Monténégro protège la rivière Zeta en la désignant comme parc naturel; invite les autorités à prendre d’urgence des mesures pour mieux préserver les zones protégées et les sites Natura 2000 potentiels, notamment la saline d’Ulcinj, le lac de Skadar et la rivière Tara, entre autres; invite le Monténégro à améliorer la gestion de ses déchets et à lutter contre l’élimination illégale de déchets; invite les autorités à inclure les communautés locales et la société civile dans la mise en œuvre des politiques environnementales, climatiques et énergétiques du pays;

77.

rappelle avec satisfaction que, conformément à l’article 1er de sa constitution, le Monténégro est un État écologique; rappelle que la création d’une zone d’entraînement militaire et d’essais d’armes à Sinjajevina et dans d’autres sites protégés par l’Unesco doit respecter les principes de durabilité socioculturelle et écologique de l’Unesco; note que le développement de capacités hydroélectriques et touristiques supplémentaires, en particulier dans ces zones protégées, doit prendre en considération les normes de l’Union en matière de protection de l’environnement; demande aux autorités d’évaluer les incidences environnementales de la construction de l’autoroute le long de la rivière Tara et de mieux protéger les zones les plus précieuses; réitère son appel à effectuer des analyses ex ante complètes et détaillées de l’incidence environnementale, économique et sociale des projets d’infrastructure, conformément aux normes européennes;

78.

salue le lancement du programme en matière d’environnement pour les Balkans occidentaux, qui pourrait favoriser la transition vers une économie durable et neutre en carbone; invite le Monténégro à continuer d’introduire et de mettre en œuvre la législation nécessaire pour atteindre les objectifs communs convenus en matière de transformation numérique et écologique;

79.

invite le Monténégro, le 4e pays d’Europe en termes de couverture forestière, à améliorer la gestion de ses forêts, notamment en leur allouant plus de ressources et en luttant activement contre l’abattage illégal; prend acte d’une récente étude qui souligne qu’environ cent mille mètres cubes de déchets de bois, qui pourraient facilement être réutilisés, sont produits chaque année au Monténégro; invite les autorités à réfléchir à des manières de promouvoir des modèles d’économie circulaire dans ce secteur et dans d’autres;

80.

invite les autorités monténégrines à garantir le droit d’accès aux informations environnementales concernant les projets d’infrastructure, conformément à sa Constitution et à la convention d’Aarhus, que le Monténégro a ratifié en 2009;

o

o o

81.

charge son Président de transmettre la présente résolution au président du Conseil européen, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, ainsi qu’au président, au gouvernement et au parlement du Monténégro.

(1) JO L 108 du 29.4.2010, p. 1.

(2) JO C 363 du 28.10.2020, p. 127.

(3) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0168.

(4) Directive 2001/80/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2001 relative à la limitation des émissions de certains polluants dans l’atmosphère en provenance des grandes installations de combustion (JO L 309 du 27.11.2001, p. 1).

(5) Règlement (UE) no 1227/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (JO L 326 du 8.12.2011, p. 1).

(6) Directive 2009/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 modifiant la directive 98/70/CE en ce qui concerne les spécifications relatives à l’essence, au carburant diesel et aux gazoles ainsi que l’introduction d’un mécanisme permettant de surveiller et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (JO L 140 du 5.6.2009, p. 88).


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