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AccueilDroit européen52021IP0259
Initiative législative52021IP0259

Initiative législative — 52021IP0259

CELEX52021IP0259
TypeInitiative législative
Datejeudi 20 mai 2021

Texte intégral

12.1.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 15/186


P9_TA(2021)0259

Responsabilité des entreprises pour les dommages causés à l’environnement

Résolution du Parlement européen du 20 mai 2021 sur la responsabilité des entreprises dans les dommages causés à l’environnement (2020/2027(INI))

(2022/C 15/20)

Le Parlement européen,

—

vu la directive 2004/35/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 avril 2004 sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux (1) (la directive sur la responsabilité environnementale ou DRE),

—

vu la directive 2008/99/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative à la protection de l’environnement par le droit pénal (2) (la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal),

—

vu le rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 14 avril 2016, conformément à l’article 18, paragraphe 2, de la directive 2004/35/CE sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux (COM(2016)0204),

—

vu les articles 4 et 191 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

—

vu l’article 37 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la «Charte»),

—

vu la modification de la directive 2004/35/CE par la directive 2006/21/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 concernant la gestion des déchets de l’industrie extractive (3), la directive 2009/31/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 relative au stockage géologique du dioxyde de carbone (4), et la directive 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 relative à la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer (5),

—

vu le document de travail des services de la Commission du 14 avril 2016 intitulé «Évaluation REFIT de la directive sur la responsabilité environnementale» (SWD(2016)0121) accompagnant le rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil conformément à l’article 18, paragraphe 2 de la directive 2004/35/CE sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux,

—

vu la note du service de recherche du Parlement européen (EPRS) du 6 juin 2016 intitulée «The implementation of the Environmental Liability Directive: a survey of the assessment process carried out by the Commission» (Mise en œuvre de la directive sur la responsabilité environnementale: examen du processus d’évaluation réalisé par la Commission),

—

vu l’étude de son département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles du 15 mai 2020 intitulée «Environmental liability of companies» (Responsabilité environnementale des entreprises),

—

vu l’étude de mai 2020 préparée pour la Commission intitulée «Improving financial security in the context of the Environmental Liability Directive» (Améliorer la sécurité financière dans le contexte de la directive sur la responsabilité environnementale),

—

vu l’évaluation du Comité économique et social européen du 11 décembre 2019 concernant la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal,

—

vu la note de l’EPRS d’octobre 2020 intitulée «Environmental liability of companies: selected possible amendments of the ELD» (Responsabilité environnementale des entreprises: quelques modifications possibles de la DRE),

—

vu le document de travail des services de la Commission du 28 octobre 2020 sur l’évaluation de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal (SWD(2020)0259),

—

vu les conclusions et recommandations d’EFFACE (action de lutte contre les crimes environnementaux) de mars 2016,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu les avis de la commission du développement, de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire ainsi que de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures,

—

vu le rapport de la commission des affaires juridiques (A9-0112/2021),

A.

considérant que, conformément à l’article 191, paragraphe 1, du traité FUE, la politique de l’Union dans le domaine de l’environnement contribue à la poursuite d’objectifs tels que la protection de la santé des personnes, à la protection et l’amélioration de la qualité de l’environnement, à l’utilisation prudente et rationnelle des ressources naturelles, et à la promotion, sur le plan international, de mesures destinées à faire face aux problèmes régionaux ou planétaires de l’environnement;

B.

considérant que l’article 37 de la charte indique qu’un niveau élevé de protection de l’environnement et l’amélioration de sa qualité doivent être intégrés dans les politiques de l’Union et assurés conformément au principe du développement durable;

C.

considérant que la stratégie de l’environnement coordonnée de l’Union favorise la coopération et garantit la cohérence entre elles des politiques de l’Union; que le pacte vert pour l’Europe fixe une ambition «zéro pollution» qui doit être réalisée grâce à une stratégie transversale visant à protéger la santé des citoyens de l’Union contre la détérioration de l’environnement et la pollution, tout en plaidant également en faveur d’une transition juste ne laissant personne de côté;

D.

considérant que l’entrepreneuriat responsable implique que les entreprises tiennent dûment compte des préoccupations environnementales; que la garantie de la responsabilité pour les dommages causés à l’environnement est essentielle pour rendre les entreprises européennes plus durables à long terme; qu’une telle réalisation est étroitement liée à l’élaboration d’une législation connexe sur le devoir de diligence des entreprises, la responsabilité sociale des entreprises et la gouvernance d’entreprise durable; que la responsabilité doit être conforme au droit national;

E.

considérant que les dommages causés à l’environnement, les produits chimiques dangereux et nocifs et le changement climatique font peser des risques importants sur la santé humaine en raison de la pollution de l’air, des sols et de l’eau;

F.

considérant que la DRE coexiste avec d’autres instruments et dispositions en matière de responsabilité, à l’échelon européen comme national; que des incidents donnant lieu à des responsabilités au titre de la DRE peuvent également entraîner en parallèle des poursuites pénales, civiles ou administratives, en créant une incertitude et une insécurité juridique tant pour les entreprises que pour les personnes potentiellement lésées;

G.

considérant que le rapport de 2016 de la Commission sur la responsabilité environnementale montre que, bien que la mise en œuvre de la DRE ait bénéficié au processus d’amélioration de la cohérence juridique à l’échelle européenne, l’Union reste confrontée à une fragmentation réglementaire en la matière, parallèlement à un manque d’homogénéité juridique et pratique;

H.

considérant que les définitions de «dommage environnemental» et d’«exploitant» figurant dans la DRE ont donné lieu à différentes analyses qui ont mis en évidence des difficultés d’interprétation; que la notion de gravité des dommages environnementaux est diversement appréciée et appliquée et qu’il convient dès lors de la préciser;

I.

considérant qu’il existe un nombre croissant d’affaires dans lesquelles les victimes de la pollution causée par des filiales de sociétés européennes exerçant leurs activités en dehors de l’Union ont cherché à engager des actions en responsabilité environnementale devant les tribunaux de l’Union contre les sociétés mères respectives;

J.

considérant que les régimes de responsabilité en matière de pollution diffuse dans le droit de l’Union sont fragmentés;

K.

considérant que la DRE établit un cadre de responsabilité environnementale fondé sur le principe du «pollueur-payeur», en vue de prévenir et de réparer les dommages causés à l’environnement; que la DRE vient compléter d’importants actes législatifs de l’Union en matière d’environnement, auxquels elle est directement ou indirectement liée, notamment la directive «Habitats» (6), la directive «Oiseaux» (7), la directive-cadre sur l’eau (8), la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (9) et la directive relative à la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer (10);

L.

considérant que le rapport de 2016 de la Commission sur la responsabilité environnementale recommandait que tous les États membres s’engagent à «rassembler des données sur les incidents relevant de la DRE et publier des registres DRE s’ils ne l’ont pas encore fait» (11); que malgré cela, seuls sept États membres ont un registre DRE accessible au public, tandis que quatre autres États membres ont un registre qui n’est pas public; que divers États membres recueillent des informations couvertes par d’autres actes législatifs de l’Union, mais pas celles relevant spécifiquement par la DRE, ou disposent de registres d’une portée plus large ou différente, et que plusieurs États membres collectent des informations à l’échelon régional; que quatorze États membres n’ont pas de base de données sur les incidents environnementaux ou les incidents relevant de la DRE; que la mise en œuvre de la DRE se caractérise par la marge de manœuvre considérable dont bénéficient les États membres, eu égard à la fragmentation de la réglementation et au manque d’homogénéité sur le plan tant juridique que pratique;

M.

considérant qu’il semble que la majorité des États membres ne prévoient pas, dans leur législation, d’instruments de garantie financière obligatoires, mais que plusieurs pays le font (12); que, lorsqu’ils ont été mis en œuvre, ces instruments semblent avoir prouvé leur efficacité et démontré la nécessité d’évaluer la mise en place d’un système de garantie financière obligatoire;

N.

considérant que, bien qu’une couverture d’assurance suffisante soit disponible sur la plupart des marchés, y compris pour la réparation complémentaire et compensatoire, la demande est généralement faible en raison du faible nombre d’incidents signalés, d’une application non optimale et d’une évolution plus lente dans les marchés émergents (13); que cela ne constitue pas en soi un obstacle à l’introduction de garanties financières obligatoires;

O.

considérant que l’insolvabilité des opérateurs du fait d’accidents majeurs reste un problème dans l’Union; que la Commission européenne devrait analyser les cadres réglementaires au niveau national et traiter cette question d’un point de vue européen, harmonisé, de sorte que les conséquences de l’insolvabilité d’une entreprise ne soient pas répercutées sur les contribuables;

P.

considérant que la disponibilité des instruments de garantie financière a considérablement augmenté depuis l’adoption de la DRE;

Q.

considérant que la directive (UE) 2020/1828 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2020 relative aux actions représentatives visant à protéger les intérêts collectifs des consommateurs (14), qui abroge la directive 2009/22/CE, a été adoptée et qu’elle sera appliquée par les États membres à compter du 25 juin 2023;

R.

considérant que dans certains cas, les membres du conseil d’administration ont conscience du fait que certaines activités présentent un risque élevé de dommages environnementaux, mais que leur prise de décisions reste axée sur le profit, au détriment de la responsabilité sociale et de l’environnement;

S.

considérant qu’une révision de la DRE devrait nécessairement garantir un équilibre entre les intérêts environnementaux et les intérêts des entreprises;

T.

considérant que le Parlement européen s’est montré proactif ces dernières années dans la promotion d’un régime de responsabilité environnementale pour les dommages environnementaux et les violations des droits de l’homme dans les pays tiers, en particulier avec l’adoption de sa résolution du 25 octobre 2016 sur la responsabilité des entreprises dans les violations graves des droits de l’homme dans les pays tiers (15);

U.

considérant que le mandat confié à la Commission devrait garantir l’application des dispositions des accords commerciaux de l’Union relatives à la mise en place ou au maintien de conditions de concurrence équitables en matière environnementale, dès lors que ces accords contiennent de telles dispositions;

V.

considérant que l’Agence européenne pour l’environnement est en train d’examiner comment les risques et les avantages environnementaux sont répartis dans la société; que l’accord de Paris sur le climat de 2015 souligne l’importance de prendre en considération les droits des personnes vulnérables; que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a récemment publié les principes-cadres relatifs aux droits de l’homme et à l’environnement, qui précisent les obligations des États relatives aux droits de l’homme pour garantir un environnement propre, sain et durable; que, par ailleurs, des négociations sont en cours à l’ONU sur la mise en place d’un système de responsabilité des entreprises pour les atteintes aux droits de l’homme qu’elles commettent;

W.

considérant que les incidences des dommages causés à l’environnement et des crimes contre l’environnement se font sentir non seulement sur la biodiversité et le climat, mais aussi sur les droits de l’homme et sur la santé humaine; qu’il conviendrait d’examiner les risques liés à la nature transfrontière des dommages causés à l’environnement, de la grande criminalité organisée et de la corruption ainsi que les risques qui pèsent sur les droits de l’homme et l’environnement;

X.

considérant que le principe 21 de la déclaration de Stockholm et le principe 2 de la déclaration de Rio reconnaissent le droit souverain des États d’exploiter leurs propres ressources naturelles selon leur politique d’environnement et de développement, mais également le devoir qu’ils ont de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l’environnement dans d’autres États ou dans les régions ne relevant d’aucune juridiction nationale;

Observations générales

1.

se félicite des efforts déployés par la Commission afin d’évaluer et de combler les lacunes dans la mise en œuvre de la DRE et de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal dans l’ensemble des États membres;

2.

déplore que les pouvoirs discrétionnaires énoncés dans la DRE, le manque de sensibilisation et d’information concernant la DRE, le manque de ressources et de compétences ainsi que la faible efficacité des mécanismes visant à garantir le respect de la réglementation et une gouvernance efficace aux niveaux national, régional et local, aient entraîné des lacunes dans la mise en œuvre, d’importantes différences entre les différents États membres quant à l’application et au respect de la DRE et notamment au nombre de cas, ainsi que des conditions de concurrence inégales pour les opérateurs; déplore que de telles lacunes aient également un impact sur la mise en œuvre de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal; est dès lors d’avis que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer la normalisation réglementaire au sein de l’Union et renforcer la confiance du public dans l’efficacité de la législation de l’Union, afin de prévenir et réparer plus efficacement les dommages causés à l’environnement et garantir un équilibre adéquat entre les intérêts environnementaux et les intérêts des entreprises;

3.

se félicite de la création du forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, qui rassemble des professionnels ayant des responsabilités dans le domaine de l’assurance du respect de la législation environnementale, à la suite du plan d’action de la Commission de 2018 (16), et du programme de travail 2020-2022 visant à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, approuvée par le forum en février 2020 (17);

4.

regrette le fait que dans de nombreux États membres, les budgets des services d’inspection chargés de l’environnement ont stagné ou diminué en raison de la crise financière et que même des services importants et bien financés peuvent avoir des difficultés à développer de manière indépendante des connaissances sur les meilleurs moyens de garantir le respect des règles; est donc d’avis qu’un soutien accru au niveau de l’Union est nécessaire, par exemple au travers de portails d’information accessibles, de réseaux couramment utilisés (réseaux européens pour les praticiens), d’informations et d’orientations concernant les bonnes pratiques, de programmes de formation supplémentaires sur les particularités du droit de l’environnement et des infractions environnementales au niveau de l’Union et des États membres pour les juges et les praticiens, de supports de formation et d’orientations sur les compétences, en coordination avec les autorités nationales, car cela permettrait d’accroître la pression sur les «brebis galeuses», serait bénéfique pour les entreprises qui respectent la loi et permettrait aux parties prenantes, aux exploitants et au public de mieux connaître l’existence du régime prévu par la DRE et son application, contribuant ainsi à améliorer la prévention et la réparation des dommages causés à l’environnement;

5.

regrette que les infractions environnementales fassent partie des formes les plus lucratives de la criminalité transnationale; invite par conséquent la Commission et les États membres à allouer les ressources financières et humaines nécessaires à la prévention, aux enquêtes et aux poursuites en matière de crimes environnementaux, et à renforcer le niveau de spécialisation et d’expertise des autorités concernées, notamment les procureurs et les juges, afin de poursuivre et sanctionner plus efficacement les crimes contre l’environnement; invite les États membres à créer des unités spécialisées au sein de leurs services de police nationaux, ou à les renforcer, aux niveaux requis pour enquêter sur les infractions contre l’environnement; invite en outre la Commission et les États membres à veiller à ce que tous les États membres disposent, tant aux niveaux national que transnational, de procédures adaptées en matière de gestion des crises environnementales, et encourage les États membres à recourir aux équipes communes d’enquête et à l’échange d’informations dans les affaires de criminalité environnementale transnationale, ce qui facilite la coordination des enquêtes et des poursuites menées en parallèle dans plusieurs États membres;

6.

estime que la mauvaise harmonisation de la DRE est en partie due à l’incapacité d’anticiper une procédure administrative standard de signalement aux autorités compétentes des dommages environnementaux qui surviennent ou des menaces imminentes de tels dommages; regrette dès lors qu’il n’existe aucune obligation de publier ces signalements ou des informations sur le traitement des cas survenus; relève que certains États membres ont repéré cette lacune dans leur législation nationale et ont donc mis en place des bases de données pour les signalements, les incidents et les cas; fait néanmoins valoir que cette pratique varie fortement d’un État membre à l’autre et qu’elle est assez limitée;

7.

souligne qu’il convient de recueillir des données fiables sur les incidents environnementaux donnant lieu à l’application de la DRE ou d’autres instruments en matière administrative, civile ou pénale sous la supervision d’un groupe de travail sur la DRE de l’Union, en publiant les données pertinentes; invite à cet égard la Commission à dûment évaluer la situation afin de déterminer si la combinaison de différents instruments juridiques peut répondre de manière adéquate aux atteintes à l’environnement, ou s’il persiste des lacunes importantes qui doivent être comblées; insiste sur l’importance de la bonne mise en œuvre de la DRE, en encourageant les États membres à enregistrer les données concernant les incidents relevant de la DRE, à publier les registres relatifs à la directive et à recueillir les données nécessaires pour attester de l’application efficace et effective de la directive dans leur pays afin d’accroître la confiance à l’égard du système de la DRE et d’améliorer la mise en œuvre de la directive;

8.

souligne que dans presque tous les cas relevant de la DRE, les opérateurs coopèrent avec les autorités administratives pour œuvrer à la réparation; note toutefois que le coût des actions en réparation est en moyenne de 42 000 EUR (18), mais qu’il est bien plus élevé dans quelques cas importants; regrette donc que dans ces cas, le recouvrement des coûts ait été impossible en raison de l’insolvabilité de l’opérateur, et que les coûts aient donc dû être pris en charge par l’État, et indirectement par le contribuable, un phénomène qu’il convient d’éviter à l’avenir;

9.

constate que le taux de poursuites contre les entreprises dans les affaires portant sur l’environnement est faible dans les États membres, même si des actes constituant des infractions pénales au sens de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal ont manifestement lieu; souligne à cet égard que les causes de cette situation n’ont pas encore été pleinement analysées et clarifiées par la Commission et les États membres;

Recommandations

10.

invite à réviser la DRE dès que possible et à la transformer en une réglementation pleinement harmonisée; souligne qu’il convient dans l’intervalle d’actualiser la DRE et de l’aligner sur d’autres actes législatifs de l’Union destinés à protéger l’environnement, y compris la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal; insiste sur le fait que les différences en matière de mise en œuvre et d’application des règles de l’Union en matière de responsabilité des entreprises pour les dommages causés à l’environnement empêchent actuellement l’industrie de l’Union de bénéficier de conditions de concurrence équitables et que cela perturbe le bon fonctionnement du marché intérieur de l’Union; invite à déployer davantage d’efforts pour harmoniser la mise en œuvre de la DRE dans les États membres;

11.

demande que la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal soit mise à jour à la suite d’une évaluation d’impact approfondie, qui devrait apprécier, entre autres, la portée de la directive, tout en tenant compte des nouveaux types et modes de criminalité environnementale; souligne par ailleurs la nécessité d’assurer l’application effective de la législation existante;

12.

prend acte de l’engagement croissant des États membres à œuvrer en faveur de la reconnaissance de l’écocide aux niveaux national et international; demande à la Commission d’étudier la pertinence de la qualification d’écocide pour le droit de l’Union et sa diplomatie;

13.

invite la Commission à fournir davantage de précisions et d’orientations aux autorités compétentes nationales et aux procureurs en ce qui concerne les principaux termes juridiques de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal et à élaborer une classification harmonisée des infractions environnementales;

14.

souligne le rôle essentiel des instruments non contraignants, notamment les orientations sur l’interprétation des termes juridiques utilisés tant dans la DRE que dans la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal, l’évaluation des dommages ou l’échange d’informations au sujet des pratiques de sanctions appliquées dans les États membres et leur comparaison, pour renforcer l’efficacité de la mise en œuvre des directives; souligne la nécessité de mener une action réglementaire bien plus rapide et plus stricte dans les États membres;

15.

estime qu’il convient d’harmoniser l’application de la législation et qu’un groupe de travail sur la DRE de l’Union, composé d’experts hautement qualifiés et de fonctionnaires de la Commission, devrait être créé afin de soutenir les États membres, à leur demande, s’agissant de mettre en œuvre et de faire respecter la directive, ainsi que, d’autre part, de soutenir et de conseiller les victimes de dommages environnementaux en ce qui concerne les possibilités d’action en justice au niveau de l’Union (d’une manière comparable à SOLVIT);

16.

estime que le cadre révisé devrait prévoir une collecte de données améliorée à l’échelle de l’Union, l’échange d’informations, la transparence et le partage de bonnes pratiques entre les États membres, avec le soutien du groupe de travail sur la DRE de l’Union;

17.

recommande de charger le futur groupe de travail sur la DRE de l’Union de soutenir la mise en œuvre d’un système de suivi complet pour fournir aux autorités compétentes une boîte à outils efficace pour contrôler et faire respecter la législation environnementale;

18.

invite la Commission et les États membres, soutenus par le groupe de travail sur la DRE de l’Union, à mettre en place des régimes de protection et d’aide aux victimes de dommages causés à l’environnement, et à garantir leur plein accès à la justice, à l’information et à l’indemnisation; souligne le rôle des ONG environnementales en matière de sensibilisation et de recensement des violations potentielles des législations environnementales nationales et de l’Union;

19.

demande à la Commission d’évaluer l’efficacité de mécanismes de réclamation rapide afin d’assurer une indemnisation rapide des victimes dans les cas d’insolvabilité, qui peuvent mener à une aggravation des dommages;

20.

se félicite de l’adoption de la directive (UE) 2020/1828;

21.

est conscient de la révision en cours du règlement d’Aarhus (19); répète que le règlement d’Aarhus permet l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, et donc le contrôle public des actes de l’UE qui ont une incidence sur l’environnement; souligne que le règlement d’Aarhus inclut la DRE;

22.

souligne, en particulier, le rôle des défenseurs des droits de l’homme liés à l’environnement qui luttent en faveur des droits et des libertés fondamentales en rapport avec la jouissance d’un environnement sûr, sain et durable, et condamne fermement toute forme de violence, de menace, de harcèlement ou d’intimidation perpétrée à l’endroit de ces personnes, y compris lorsque le but est de saper de manière procédurale les efforts qu’elles déploient pour que ceux qui causent des dommages environnementaux doivent en répondre sur le plan légal; demande aux États membres de s’assurer que de tels actes font l’objet d’enquêtes et de poursuites efficaces et en bonne et due forme;

23.

approuve les exigences actuelles qui imposent de publier également des informations non financières; observe, cependant, que cette publication d’informations non financières n’est jusqu’à présent une obligation légale que pour les grandes entreprises; demande à la Commission de mettre l’accent sur des dispositions visant à faire respecter ces obligations de publication en cas d’inexécution lors de la prochaine révision de la directive sur la publication d’informations non financières (20);

24.

estime également qu’il convient de clarifier et d’élargir si nécessaire la plupart des définitions de la DRE, notamment les définitions de «dommage environnemental» et d’«exploitant», afin de rendre la directive équitable et claire pour toutes les parties prenantes concernées et de suivre le rythme de l’évolution rapide des polluants; se félicite dès lors des efforts actuels visant à élaborer un document de compréhension commune pour les définitions et concepts essentiels de la DRE; regrette toutefois que la Commission et les groupes d’experts gouvernementaux sur la DRE ne soient pas parvenus à un accord sur son format, ce qui signifie que ce document d’entente commune reste un document produit par le bureau de conseil engagé par la Commission pour soutenir la mise en œuvre du programme de travail pluriannuel 2017-2020 de la DRE;

25.

estime qu’il y a lieu d’aligner la révision de la DRE sur l’accord de Paris pour le climat afin de préserver aussi bien les intérêts des citoyens de l’UE que l’environnement; reconnaît la valeur intrinsèque de l’environnement et des écosystèmes et leur droit à une protection efficace;

26.

observe que les régimes de responsabilité en matière de pollution diffuse sont fragmentés dans le droit de l’Union; invite la Commission à effectuer une étude sur la façon dont les différents régimes de responsabilité de l’UE abordent la pollution diffuse;

27.

souligne qu’une application et des interprétations divergentes des critères de l’annexe 1 de la DRE, qui précisent la définition de «dommage environnemental» énoncée à l’article 2, paragraphe 1, de la DRE, sont l’une des raisons qui expliquent l’application incohérente de la directive; plaide donc pour une application plus cohérente ainsi que pour des éclaircissements et des orientations concernant les critères et donc ce qui constitue des «dommages significatifs» au titre de la DRE;

28.

demande à la Commission d’évaluer si l’extension du champ d’application de la DRE et des activités énumérées à son annexe III pourrait réduire les dommages à court et à long terme pour l’environnement, la santé humaine et la qualité de l’air; demande également à la Commission d’évaluer si l’approche fondée sur le principe de précaution présuppose correctement et effectivement l’existence de risques ou d’effets potentiellement dangereux;

29.

demande instamment à la Commission et au Conseil de se pencher en priorité sur la criminalité environnementale; invite la Commission à faire pleinement usage de l’article 83, paragraphe 2, du traité FUE, et à envisager l’adoption d’une directive-cadre générale relative aux infractions contre l’environnement et à des sanctions efficaces et proportionnées, qui définisse les comportements devant être punis, la nature des violations, les types d’infractions, les régimes de réparation, les mesures de restauration et les sanctions minimales, y compris la responsabilité globale des personnes physiques et morales; lui demande d’évaluer s’il est possible d’inclure les crimes contre l’environnement au nombre des catégories d’infractions visées à l’article 83, paragraphe 1, du traité FUE;

30.

estime que des mesures de prévention exhaustives et efficaces ainsi que des sanctions pénales dissuasives et proportionnées sont des outils essentiels pour prévenir les dommages environnementaux; déplore les faibles taux de détection, d’enquête, de poursuite et de condamnation pour les infractions environnementales; estime, en outre, que, conformément au principe du pollueur-payeur, les entreprises devraient supporter l’ensemble des coûts des dommages environnementaux qu’elles ont causés directement, afin de les inciter à internaliser les coûts environnementaux externes et à éviter d’externaliser les côuts;

31.

souligne que les dommages environnementaux devraient entraîner une responsabilité administrative, civile et pénale des entreprises qui les ont causés, dans le respect du principe ne bis in idem; observe que ces formes de responsabilité coexistent avec d’autres régimes de responsabilité en droit des affaires, tels que le droit de la consommation ou le droit de la concurrence;

32.

s’inquiète de la forte incidence de la criminalité environnementale, que les estimations combinées de l’OCDE, de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et d’Interpol sur la valeur monétaire de tous les crimes contre l’environnement présentent comme la quatrième catégorie de criminalité internationale par ordre d’importance; reconnaît le lien direct ou indirect entre les crimes contre l’environnement et la criminalité transnationale organisée et la corruption (21); demande à Europol de mettre à jour l’étude réalisée en 2015 (22) et de communiquer régulièrement des données actualisées; souligne que le gel et la confiscation des produits du crime, y compris de la criminalité environnementale, constituent des outils essentiels pour lutter contre la criminalité organisée, et souligne qu’il importe d’utiliser ces produits également à des fins sociales afin de réparer les dommages subis et d’améliorer l’environnement;

33.

invite la Commission à étudier la possibilité d’étendre le mandat du Parquet européen, une fois qu’il sera pleinement établi et opérationnel, aux infractions contre l’environnement;

34.

demande à Europol et Eurojust de développer la documentation et de renforcer les enquêtes et les poursuites relatives à la criminalité environnementale; invite la Commission, Europol et Eurojust à accroître leur soutien et à mettre en place une structure plus efficace et institutionnalisée pour les réseaux de praticiens existants, la répression transfrontière, les agences environnementales et les procureurs spécialisés comme le Réseau européen des procureurs pour l’environnement (REPE) et le Forum des juges de l’Union européenne pour l’environnement (UEFJE);

35.

souligne l’importance de la formation (en ligne) pour les agents des services répressifs en matière de criminalité environnementale, et demande au CEPOL d’intensifier ses formations dans ce domaine;

36.

souligne qu’il importe de renforcer le réseau européen de lutte contre la criminalité environnementale (EnviCrimeNet) au niveau national et européen afin de permettre des enquêtes indépendantes et efficaces pour lutter contre les infractions environnementales;

37.

souligne que le système de responsabilité environnementale de l’Union doit respecter la cohérence des politiques au service du développement et le principe de «ne pas nuire»;

38.

invite la Commission à évaluer l’introduction d’un système de responsabilité secondaire, créant des responsabilités pour la société mère et concernant la chaîne d’approvisionnement en cas de dommages causés à la santé humaine et à l’environnement (23), et à procéder à une évaluation de la situation actuelle en matière de responsabilité des filiales actives hors de l’UE, avec de possibles améliorations pour les cas de dommages environnementaux;

39.

se félicite de l’annonce, par la Commission, du fait que sa proposition sur le devoir de vigilance et la responsabilité des entreprises inclura un régime de responsabilité et estime que, en vue de permettre aux victimes d’obtenir un recours effectif, les entreprises devraient être tenues responsables, conformément au droit national, du préjudice que les entreprises sous leur contrôle ont causé ou contribué à causer par des actes ou des défauts d’agir, lorsque ces dernières ont commis des violations des droits de l’homme ou ont porté atteinte à l’environnement, à moins que l’entreprise ne puisse prouver avoir agi avec toutes les précautions nécessaires en conformité avec ses obligations de vigilance et avoir pris toutes les mesures raisonnables pour empêcher un tel préjudice;

40.

est d’avis que les possibilités d’exonération liée à la possession d’un permis et d’exonération pour risque de développement au titre de la DRE ne devraient être maintenues que si l’entreprise peut prouver qu’elle n’aurait pas pu avoir connaissance du danger de son activité (renversement de la charge de la preuve); demande donc que la révision du système de responsabilité environnementale limite le champ d’application de l’exonération liée à la possession d’un permis et de l’exonération pour risque de développement afin de rendre ce système plus efficace, conformément au principe du pollueur-payeur;

41.

demande à la Commission d’examiner la possibilité d’aligner la DRE sur la législation en matière de responsabilité civile des conseils d’administration pour les cas où un lien de causalité peut être établi entre l’action ou le défaut d’agir d’un conseil d’administration et l’apparition de dommages environnementaux tels que définis dans la DRE, y compris lorsque ces dommages sont le résultat d’activités polluantes menées afin de maximiser les bénéfices de l’entreprise et d’augmenter les primes pour ses membres (24);

42.

souligne que le recours à des instruments de garantie financière pourrait réduire considérablement le coût des dommages environnementaux pour les contribuables et les exploitants responsables; observe toutefois que la DRE ne prévoit pas de système de garantie financière obligatoire;

43.

demande à la Commission d’évaluer l’introduction d’un système de garantie financière obligatoire (couvrant les assurances, les garanties bancaires, les groupements d’entreprises, les titres et les obligations ou fonds) assorti d’un seuil maximal par cas, afin d’éviter que les contribuables n’aient à supporter les coûts résultant de la réparation de dommages environnementaux; demande également à la Commission d’élaborer une méthode harmonisée de l’Union pour le calcul du seuil maximal de responsabilité, qui tienne compte de l’activité et de l’incidence sur l’environnement; souligne qu’il est nécessaire de garantir la possibité d’obtenir une indemnisation financière, même en cas d’insolvabilité de l’exploitant responsable;

44.

demande à la Commission de réaliser une étude sur la mise en place d’un régime d’indemnisation financière au titre de la DRE au niveau de l’Union européenne ou au niveau national pour les cas où les recours disponibles ne sont pas suffisants, vu l’ampleur des dommages; souligne que les débats portant sur la question devraient aborder, entre autres, de possibles modalités de quantification des dommages environnementaux;

45.

estime, étant donné que l’objectif de la DRE est de prévenir et de réparer les dommages environnementaux, qu’un futur règlement (règlement sur la responsabilité environnementale) devrait s’appliquer à toutes les entreprises qui exercent leurs activités dans l’Union, quel que soit le lieu où elles ont été constituées ou sont établies, et qu’une approche globale et la réciprocité sont indispensables pour répondre aux besoins des entreprises dans une économie mondialisée; considère également que l’application du futur règlement devrait être étendue à toute entité qui perçoit des fonds européens, nationaux ou régionaux et qui cause ou est susceptible de causer des dommages à l’environnement dans le cadre de ses activités;

46.

se félicite du fait qu’un nombre croissant d’entreprises de l’Union poursuivent l’objectif de création de valeur durable et demande à toutes les entreprises de suivre une triple approche;

47.

reconnaît que le passage à des méthodes de production plus durables et plus respectueuses de l’environnement peut être long et coûteux, et souligne l’importance de la sécurité juridique et administrative pour les entreprises concernées;

48.

rappelle que l’Union doit promouvoir un niveau élevé de protection de l’environnement sur son propre territoire et faire tout son possible pour prévenir les dommages environnementaux causés dans des pays tiers par des entreprises ayant leur siège dans un État membre de l’Union; rappelle également qu’il n’existe pas d’instrument juridique de l’Union permettant de poursuivre à l’étranger les entreprises européennes qui se rendent coupables de crimes ou d’activités portant atteinte à l’environnement; appelle l’Union à encourager les sociétés mères à adopter des approches durables et responsables dans leur coopération avec les pays tiers, conformément aux normes internationales en matière de droits de l’homme et d’environnement, et à s’abstenir de suivre des stratégies d’investissement qui ont des effets dangereux pour conséquence directe; encourage la Commission à créer des incitations pour les entreprises dont les politiques en matière de durabilité vont volontairement au-delà des normes en matière d’environnement et de biodiversité fixées par la loi, afin d’évaluer ces politiques, de distiller les meilleures pratiques et de mettre les résultats à la disposition des autres entreprises à titre d’exemples à suivre;

49.

invite la Commission à garantir la mise en œuvre intégrale et le respect absolu des dispositions en matière de biodiversité figurant dans tous les accords commerciaux, notamment par l’intermédiaire de son responsable européen du respect des règles du commerce; estime que la Commission devrait mieux évaluer l’impact des accords commerciaux sur la biodiversité, avec notamment des mesures de suivi pour renforcer les dispositions en matière de biodiversité des accords existants et futurs, le cas échéant;

50.

demande à la Commission de garantir l’application des dispositions des accords commerciaux de l’Union relatives à la mise en place ou au maintien de conditions de concurrence égales en matière environnementale, dès lors que ces accords contiennent de telles dispositions;

51.

est d’avis que, dans des cas prédéfinis de pollution extrêmement étendue, il devrait être possible de remédier au problème en ayant recours non seulement aux instruments de responsabilité environnementale, mais à une multitude d’instruments, notamment des mesures administratives, des sanctions financières et, dans certains cas, des poursuites pénales;

52.

demande à la Commission d’assurer l’application des sanctions mises en place au titre de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal;

53.

invite, à cet égard, la Commission à veiller à ce que la responsabilité sociale des entreprises concernant la prévention et la réparation des dommages causés à l’environnement soit prise en compte dans le domaine des marchés publics et de l’octroi d’aides publiques;

54.

invite la Commission à présenter sans tarder une proposition pour des inspections environnementales au niveau de l’Union, conformément à la proposition faite par le forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale à la neuvième action de son programme de travail, mais est d’avis qu’une recommandation visant à établir des critères minimaux pour les inspections environnementales ne suffit pas;

55.

demande à la Commission de promouvoir les actions menées par l’UE, ses États membres et la communauté internationale pour intensifier les efforts en matière de lutte contre la criminalité environnementale; invite la Commission et les États membres à mieux faire connaître ce phénomène et à proposer des solutions dans les enceintes internationales;

56.

suggère que la recommandation du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 (25), qui contient une explication détaillée des modalités à suivre pour mener les inspections environnementales, soit actualisée, si nécessaire, et transposée en un document ou règlement contraignant;

57.

demande à la Médiatrice européenne de mettre davantage l’accent sur les questions liées à l’acquis environnemental;

58.

estime que les entreprises condamnées pour des infractions environnementales ne devraient avoir le droit de bénéficier des mesures envisagées pour les entités inscrites au registre de transparence pendant une période de temps appropriée mais limitée; suggère, à cette fin, de réviser la portée et le code de conduite du registre de transparence pour y intégrer des dispositions sur la radiation temporaire des entreprises condamnées pour des infractions environnementales;

59.

souligne que le traitement confidentiel des informations qui ont trait aux effets des activités industrielles, combiné aux difficultés que posent la surveillance et l’identification de pratiques telles que le déversement illicite de substances ou de déchets dans la mer, le dégazage des navires et le déversement d’huile, peut entraîner une augmentation du nombre d’infractions à la législation relative à la pollution de l’eau; souligne donc que les États membres doivent rendre publiques les informations concernées afin de faciliter l’évaluation d’un éventuel lien de causalité entre les opérations industrielles et les dommages environnementaux;

60.

soutient l’appel des Nations unies à une reconnaissance mondiale du droit à un environnement sûr, propre, sain et durable au niveau des Nations unies;

61.

rappelle que l’augmentation mondiale de la criminalité environnementale menace de plus en plus la réalisation du programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 et que la population des pays en développement dépend directement de l’environnement pour son alimentation, sa santé et sa sécurité économique; déplore que la dégradation de la biodiversité due à la criminalité environnementale et la perte de ressources qui en résulte aggravent sa vulnérabilité;

62.

demande d’apporter un soutien accru aux autorités locales et aux gouvernements des pays en développement pour qu’ils alignent leur législation et leurs politiques nationales sur les normes environnementales internationales; souligne la nécessité d’aider la société civile et les acteurs locaux dans les pays tiers et les pays en développement à tenir les autorités publiques responsables des dommages environnementaux commis par des entreprises privées et publiques et tolérés ou approuvés par l’État;

o

o o

63.

charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 143 du 30.4.2004, p. 56.

(2) JO L 328 du 6.12.2008, p. 28.

(3) JO L 102 du 11.4.2006, p. 15.

(4) JO L 140 du 5.6.2009, p. 114.

(5) JO L 178 du 28.6.2013, p. 66.

(6) Directive 92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (JO L 206 du 22.7.1992, p. 7).

(7) Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009, concernant la conservation des oiseaux sauvages (JO L 20 du 26.1.2010, p. 7).

(8) Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau (JO L 327 du 22.12.2000, p. 1).

(9) Directive 2008/56/CE du Parlement Européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (JO L 164 du 25.6.2008, p. 19).

(10) Directive 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 relative à la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer (JO L 178 du 28.6.2013, p. 66).

(11) COM(2016)0204, p. 10.

(12) Direction générale de l’environnement, «Outcome of the Specific Contract “Support for the REFIT actions for the ELD — phase 2”» (Issues du contrat spécifique «Soutien aux actions REFIT pour la DRE — phase 2»), Commission européenne, Bruxelles, 2019, p. 17.

(13) Évaluation REFIT de la directive sur la responsabilité environnementale, p. 47.

(14) JO L 409 du 4.12.2020, p. 1.

(15) JO C 215 du 19.6.2018, p. 125.

(16) Communication de la Commission du 18 janvier 2018 sur les actions de l’Union européenne destinées à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale (COM(2018)0010).

(17) Forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, «Endorsed work programme 2020-2022 to improve environmental compliance and governance» (Programme de travail 2020-2022 approuvé visant à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale), Commission européenne, Bruxelles, 2020.

(18) Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, «Environmental liability of companies» (Responsabilité environnementale des entreprises), Parlement européen, Bruxelles, 2020, p. 110.

(19) Proposition de la Commission du 14 octobre 2020 en vue d’un règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) no 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil du 6 septembre 2006 concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (COM(2020)0642).

(20) Directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes (JO L 330 du 15.11.2014, p. 1).

(21) Voir le rapport pour l’EFFACE intitulé «Organised Crime and Environmental Crime: Analysis of International Legal Instruments» (2015), ou l’étude «Transnational environmental crime threatens sustainable development» (2019).

(22) Europol, «Report on Environmental Crime in Europe», 5 juin 2015.

(23) Voir, par exemple, l’arrêt de la Cour de justice du 10 septembre 2009 dans l’affaire Akzo Nobel NV et autres contre Commission des Communautés européennes, C-97/08 B, ECLI:EU:C:2009:536.

(24) Par exemple, dans le scandale du «dieselgate» et le cas du PDG de Volkswagen.

(25) Recommandation du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 prévoyant des critères minimaux applicables aux inspections environnementales dans les États membres (JO L 118 du 27.4.2001, p. 41).


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