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Initiative législative — 52021IP0331

CELEX52021IP0331
TypeInitiative législative
Datemercredi 7 juillet 2021

Texte intégral

1.3.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 99/21


P9_TA(2021)0331

Activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2020

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur les activités financières de la Banque européenne d’investissement — rapport annuel 2020 (2020/2124(INI))

(2022/C 99/03)

Le Parlement européen,

—

vu les articles 15, 126, 174, 175, 177, 208, 209, 271, 308 et 309 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et son protocole (no 5) sur les statuts de la Banque européenne d’investissement (BEI),

—

vu la stratégie climatique et la nouvelle politique de prêt dans le secteur de l’énergie adoptées par la BEI en novembre 2019,

—

vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 sur «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640),

—

vu la communication de la Commission du 14 janvier 2020 intitulée «plan d’investissement pour une Europe durable — plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe» (COM(2020)0021),

—

vu la proposition de règlement de la Commission du 14 janvier 2020 établissant le Fonds pour une transition juste (COM(2020)0022),

—

vu sa résolution du 15 janvier 2020 sur le pacte vert pour l’Europe (1),

—

vu le rapport financier 2019 de la BEI, publié le 5 mai 2020,

—

vu le rapport d’activité 2019 de la BEI intitulé «Le fil vert», publié le 7 mai 2020,

—

vu l’adoption de la Feuille de route de la banque du climat par le conseil d’administration de la BEI le 11 novembre 2020 et la nouvelle stratégie climatique de la BEI de novembre 2020,

—

vu le rapport 2019 sur les opérations de la BEI à l’intérieur de l’Union européenne, publié le 3 septembre 2019,

—

vu le rapport 2019 sur les projets soutenus par la BEI en dehors de l’Union européenne intitulé «Global reach: the impact of the EIB beyond the European Union» («Portée mondiale: l’impact de la BEI au-delà de l’Union européenne»), publié le 10 décembre 2020,

—

vu le rapport financier et le rapport statistique 2019 de la BEI, publiés les 5 et 7 mai 2020,

—

vu les rapports annuels du comité de vérification de la BEI, le rapport d’activité sur les enquêtes antifraude et le rapport sur le mécanisme de traitement des plaintes pour 2019,

—

vu le rapport d’information sur la gestion des risques du Groupe BEI, publié le 6 juillet 2020,

—

vu l’approbation par la BEI de la ratification de l’accord de Paris par l’Union européenne le 7 octobre 2016,

—

vu les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies,

—

vu la communication de la Commission du 13 mars 2020 sur une réponse économique coordonnée face à l’épidémie de COVID-19 (COM(2020)0112),

—

vu le règlement (UE) 2020/460 du Parlement européen et du Conseil du 30 mars 2020 modifiant les règlements (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013 et (UE) no 508/2014 en ce qui concerne des mesures spécifiques visant à mobiliser des investissements dans les systèmes de soins de santé des États membres et dans d’autres secteurs de leur économie en réaction à la propagation du COVID-19 (initiative d’investissement en réaction au coronavirus) (2),

—

vu sa résolution du 17 avril 2020 sur une action coordonnée de l’Union pour combattre la pandémie de COVID-19 et ses conséquences (3),

—

vu sa résolution du 13 novembre 2020 sur le plan d’investissement pour une Europe durable — comment financer le pacte vert (4),

—

vu les conclusions du Conseil européen du 11 décembre 2020 sur le cadre financier pluriannuel (CFP) et Next Generation EU, la COVID-19, le changement climatique, la sécurité et les relations extérieures,

—

vu le rapport spécial no 03/2019 de la Cour des comptes européenne intitulé ««Fonds européen pour les investissements stratégiques: des mesures s’imposent pour en faire un véritable succès», publié le 29 janvier 2019,

—

vu le rapport d’activité 2020 de la BEI intitulé «Crisis Solutions» («Solutions de crise»), publié le 20 janvier 2021,

—

vu le rapport spécial no 12/2020 de la Cour des comptes européenne intitulé «Plateforme européenne de conseil en investissement: lancée pour stimuler l’investissement dans l’UE, elle n’a pas eu l’impact voulu», publié le 12 mai 2020,

—

vu sa résolution du 16 janvier 2020 sur les institutions et organes de l’Union économique et monétaire: éviter les conflits d’intérêts dans l’après-mandat (5),

—

vu la lettre de la Médiatrice européenne au président de la BEI datée du 22 juillet 2016 sur les questions de conflits d’intérêts ainsi que la réponse du président de la BEI datée du 31 janvier 2017,

—

vu la décision de la Médiatrice dans l’affaire 2168/2019/KR portant sur la décision de l’Autorité bancaire européenne d’approuver la demande de son directeur exécutif relative à son transfert au poste de président-directeur général d’un groupe de lobbying financier,

—

vu le rapport de Counter Balance de 2019 intitulé «Is the EIB up to the task in tackling fraud and corruption? Challenges for the EU Bank’s governance framework»,

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu les avis de la commission du développement et de la commission des budgets,

—

vu le rapport de la commission des affaires économiques et monétaires (A9-0200/2021),

A.

considérant qu’en vertu de l’article 309 du traité FUE et conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la BEI est chargée de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, y compris par différents instruments d’investissement tels que des prêts, des fonds, des garanties, des mécanismes de partage des risques et des services de conseil;

B.

considérant qu’en vertu de l’article 18 de ses statuts, la BEI doit veiller à ce que ses fonds soient employés aussi rationnellement que possible dans l’intérêt de l’Union;

C.

considérant que la BEI est l’institution de financement public de l’Union européenne et l’une des plus grandes institutions financières multilatérales au monde; qu’en conséquence, la BEI est le partenaire naturel de l’Union pour la mise en œuvre d’instruments financiers, en coopération étroite avec les institutions financières nationales et multilatérales;

D.

considérant que la BEI a joué un rôle important dans la mobilisation de financements en faveur de l’économie, et en particulier des PME, à la suite des répercussions économiques engendrées par la pandémie de COVID-19 qui s’est déclarée en 2020;

E.

considérant que la BEI joue un rôle important dans la stratégie de l’Union européenne pour relever les défis liés au climat et à l’environnement, tels que décrits par la Commission, avec 350 milliards d’euros d’investissements supplémentaires nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs actualisés en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030;

F.

considérant qu’en 2019, la BEI s’est engagée à soutenir les objectifs du pacte vert pour l’Europe, à aligner toutes ses activités de financement sur les objectifs de l’accord de Paris et à devenir la «Banque européenne du climat»;

G.

considérant que le conseil d’administration de la BEI a approuvé la feuille de route de la banque du climat pour la période 2021-2025;

H.

considérant que la BEI a entamé le processus de révision de sa politique de prêt de 2011 dans le secteur des transports, avec pour objectif de soutenir des transports accessibles, efficaces, écologiques et sûrs;

I.

considérant que le soutien aux PME et aux entreprises à moyenne capitalisation est un objectif fondamental de la politique publique de la BEI; que, pour 2020 uniquement, le Groupe BEI a soutenu plus de 425 000 PME et entreprises à moyenne capitalisation grâce à de nouveaux financements; que le soutien aux PME a représenté 40 % du volume total de signatures de la BEI;

J.

considérant que les investissements de la BEI ont la capacité de soutenir le secteur social, notamment la santé, l’éducation et le logement;

K.

considérant qu’en 2020, la BEI a approuvé des prêts pour un montant de 10,23 milliards d’euros en faveur de projets menés en dehors de l’Union, dont 2,3 milliard d’euros dans les pays les moins avancés (PMA);

L.

considérant que le groupe de sages de haut niveau sur l’architecture financière européenne pour le développement a publié son rapport final le 7 octobre 2019, qui propose les trois possibilités suivantes pour la mise en place de la banque européenne pour le climat et le développement durable: a) se servir de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et des activités de financement extérieur de la BEI comme socle; b) rassembler les activités de financement extérieur des institutions financières existantes de l’Union sous l’égide d’une nouvelle institution financière à participation publique; c) transférer toutes les activités extérieures de la BEI vers une filiale de la BEI comprenant d’autres actionnaires principaux; considérant que les conclusions du Conseil de décembre 2019 indiquent que seules les options a) et c) devraient être envisagées; que les résultats des études de faisabilité relatives aux différentes options, censés être livrés à l’automne 2020, n’ont toujours pas été communiqués;

M.

considérant que le Groupe BEI travaille actuellement à l’élaboration de lignes directrices concernant l’alignement des contreparties sur des objectifs en matière d’environnement et de durabilité;

Considérations d’ordre général

1.

se dit très inquiet des graves déséquilibres macroéconomiques découlant de la crise de la COVID-19 et de leur incidence sur la croissance économique durable, l’investissement, la résilience, le taux d’emploi, l’enseignement et les inégalités socio-économiques; souligne que la crise économique et sociale provoquée par la pandémie de COVID-19 a considérablement nui à la croissance économique dans l’Union et que l’une des principales retombées est la baisse des investissements, qui sont actuellement insuffisants pour réaliser les objectifs de l’Union; souligne que la baisse des investissements publics et privés a atteint des niveaux alarmants;

2.

insiste sur le rôle fondamental de la BEI en tant que banque publique de l’Union — la seule institution financière internationale à être intégralement détenue par les États membres de l’Union et guidée par les politiques et les normes de celle-ci — dans le soutien à la reprise économique dans le contexte post-pandémique et dans le ciblage des investissements en vue de la concrétisation des priorités européennes;

3.

souligne le rôle crucial de la BEI pour ce qui est de soutenir la relance économique à court et moyen terme, en conjonction avec le pacte vert pour l’Europe, la loi européenne sur le climat, la stratégie industrielle européenne, l’instrument de relance Next Generation EU (NGEU), le budget à long terme de l’Union, InvestEU et d’autres instruments financiers européens; se félicite de l’engagement financier de la BEI dans InvestEU, qui contribue à combler le déficit d’investissement dans l’Union, dont les causes profondes doivent encore être traitées; se félicite, en outre, du rôle central joué par la BEI dans la fourniture d’un soutien consultatif dans le cadre de la plateforme de conseil InvestEU;

4.

soutient la conclusion du Conseil européen selon laquelle la BEI devrait disposer du capital nécessaire pour mettre en œuvre les politiques de l’Union ainsi que l’invitation faite au Conseil des gouverneurs de la BEI de réexaminer l’adéquation des fonds de la BEI compte tenu des instruments inclus dans le CFP et Next Generation EU, ainsi que la contribution de la Banque aux ambitions de l’Union en matière de lutte contre le changement climatique et de numérisation de l’économie européenne;

5.

estime qu’une augmentation de capital est justifiée afin de permettre à la Banque de fournir des financements à long terme, d’encourager une croissance inclusive et durable ainsi que la cohésion sociale et régionale, et de soutenir des investissements clés dans l’économie réelle qui, autrement, n’auraient pas eu lieu, tout en maintenant sa cotation «triple A» actuelle, qui est un atout de taille pour la Banque;

6.

constate que la BEI est une institution à fort effet de levier; invite les actionnaires de la BEI à réfléchir à la structure optimale du capital et à convenir d’une augmentation du capital, à la fois du capital versé et du capital exigible; souligne que toute augmentation de capital doit aller de pair avec une plus grande transparence, une plus grande responsabilité démocratique, une plus grande efficacité dans la structure de gestion et une plus grande durabilité environnementale;

7.

demande, dans ce contexte, à la Commission européenne d’étudier la possibilité d’une représentation au Conseil des gouverneurs de la BEI moyennant la participation au capital de la BEI en utilisant des fonds du budget de l’Union;

8.

constate que, selon le plan cible de la Commission en matière de climat à l’horizon 2030, l’Union devra investir chaque année, au cours de la période 2021-2030, 350 milliards d’euros de plus qu’au cours de la période 2011-2020; souligne que la BEI doit jouer un rôle encore plus important pour combler ce déficit d’investissements climatiques; invite le Conseil des gouverneurs à saisir l’occasion que représentent les conditions de prêt favorables pour la BEI afin d’augmenter les émissions et les échéances des obligations, tout en préservant sa position solide en capitaux propres;

9.

se félicite de la récente augmentation de capital du Fonds européen d’investissement (6) (FEI);

10.

demande à la BEI, en tant que banque publique de l’Union, de déployer le maximum d’efforts concertés pour mener à bien des activités de financement fortes et axées sur les politiques, conformément aux dispositions juridiques pertinentes, qui permettent de générer des efficiences économiques et de soutenir une croissance durable et n’empêchent pas l’accès à des services publics de qualité; demande à la BEI de donner la priorité aux projets d’utilité publique qui promeuvent les objectifs stratégiques de l’Union et une croissance économique durable, en particulier ceux qui, sans cela, ne pourraient pas mobiliser de soutien, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union, en vue de relever les défis mondiaux inédits des prochaines décennies, en particulier la lutte contre le changement climatique;

11.

invite la BEI à renforcer ses capacités en interne ainsi que son expertise afin de garantir un engagement sur le long terme et axé sur les missions dans ses partenariats, de promouvoir la coordination entre les acteurs nationaux et régionaux et de mettre en place les conditions d’une plus grande prise de risque dans l’innovation et les investissements porteurs de croissance;

12.

souligne l’importance du facteur d’additionnalité que la BEI fournit aux investissements dans l’ensemble de l’Union; souligne la nécessité de la coordination des stratégies avec les autres institutions européennes et les banques multilatérales et nationales de développement;

13.

salue les efforts déployés par la BEI pour fixer des objectifs et encourage la BEI à renforcer l’application sur le terrain de ses normes environnementales et sociales ainsi qu’à améliorer les évaluations de l’incidence économique, sociale et environnementale des projets soutenus, de leur additionnalité et de leur durabilité;

14.

souligne que la BEI doit s’efforcer d’éviter d’évincer les investissements privés par ses activités;

15.

souligne qu’il importe d’éviter de nouveaux déséquilibres géographiques dans l’activité de prêt de la BEI de façon à pouvoir garantir une répartition géographique et sectorielle plus large des investissements, réduire les disparités régionales — engendrées par des déficits d’investissement et des désavantages d’ordre géographique — et renforcer la convergence et la cohésion économiques et sociales;

16.

se félicite des efforts déjà consentis par la BEI à cet égard, mais souligne qu’il faut en faire davantage, de récents rapports faisant état d’une concentration géographique forte et persistante des projets;

17.

invite la BEI à contribuer à pallier les défauts systémiques qui empêchent certaines régions ou certains pays de tirer pleinement profit des possibilités de financement qu’elle propose, notamment en s’employant plus activement à développer ses activités de prêt grâce à une assistance technique et à un soutien consultatif, en particulier dans les régions attirant peu d’investissements et ne profitant pas de manière significative, en raison d’un manque de capacités financières ou de marge de manœuvre de l’État, de la dérogation aux règles relatives aux aides d’État accordée pendant la crise de la COVID-19;

Mobiliser des fonds pour lutter contre la pandémie de COVID-19

18.

se félicite de la mobilisation rapide par la BEI d’un financement d’urgence allant jusqu’à 40 milliards d’euros pour lutter contre la crise causée par la pandémie de COVID-19, au moyen de la mise en place de prêts, de suspensions d’échéance et de mesures visant à alléger les problèmes de liquidité des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises à moyenne capitalisation;

19.

se félicite, en outre, de la création ultérieure du Fonds européen de garantie, doté de 25 milliards d’euros, en réponse à la crise de la COVID-19, et notamment de son incidence positive sur l’octroi d’un soutien financier aux PME et au secteur de la santé; déplore, toutefois, la lenteur du déploiement du Fonds européen de garantie, les premiers financements n’ayant été approuvés qu’à la fin 2020 en raison de la présentation tardive par plusieurs États membres des demandes et des processus d’approbation des aides d’État; souligne que le Fonds est prévu pour être temporaire; suggère que le Fonds reste opérationnel au-delà de 2021 compte tenu de l’incidence prolongée de la crise de la COVID-19 et des confinements répétés dans de nombreux États membres;

20.

fait observer que le soutien garanti par le FEG aux intermédiaires financiers devrait être soumis à certains critères d’évaluation, notamment les politiques environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise;

21.

demande à la BEI d’envisager de proposer des incitations supplémentaires pour les projets et les lignes de crédit déjà approuvés afin de faire démarrer les projets le plus rapidement possible et de garantir une mise en œuvre rapide des fonds;

22.

se félicite de la création d’un instrument d’investissement de 6 milliards d’euros pour soutenir le financement du secteur de la santé, à savoir les infrastructures médicales, la recherche et le développement de vaccins; invite la BEI à donner la priorité au renforcement des systèmes de santé publique;

23.

constate que, dans le cadre de la réponse à la COVID-19 et au 30 septembre 2020, la BEI avait approuvé 84 opérations au sein de l’Union pour un investissement total de 23,5 milliards EUR; fait également remarquer que 88 % des opérations approuvées ont été allouées aux PME et aux entreprises à capitalisation moyenne ainsi qu’au secteur de la santé; insiste sur l’importance de soutenir les PME, car les effets de la pandémie de COVID-19 touchent particulièrement durement ces entreprises;

24.

se félicite de la création d’une initiative de financement ciblée d’un montant maximal de 5,2 milliards d’euros en réponse à la pandémie de COVID-19 afin de soutenir les pays en dehors de l’Union;

25.

se félicite de la participation de la BEI au mécanisme COVAX par un investissement de 400 millions EUR dans la facilité internationale de financement;

26.

souligne que, compte tenu des vagues successives et imprévisibles de COVID-19, ces instruments devront encore être renforcés, appliqués et étendus; demande à la BEI de se tenir prête à améliorer les instruments existants et à lancer de nouvelles initiatives de soutien financier, le cas échéant;

Devenir la Banque européenne du climat

27.

salue le fait qu’en 2020, la BEI a accordé 40 % de ses prêts pour le climat et l’environnement;

28.

se félicite du fait que la BEI soit le plus grand émetteur d’obligations vertes au monde, avec la levée de 34,6 milliards EUR d’obligations climatiquement responsables et d’obligations responsables en matière de durabilité ces 12 dernières années; invite la BEI à poursuivre et à accroître le rythme de l’émission d’obligations vertes afin de renforcer la liquidité de ce marché ainsi qu’à maintenir sa participation à l’élaboration d’une norme européenne en matière d’obligations vertes;

29.

se félicite du nouveau système d’évaluation des risques climatiques mis en place pour évaluer le risque climatique physique liés aux prêts directs et suggère que la BEI propose dans ses plans d’action des méthodes de contrôle harmonisées, en recourant si besoin au règlement sur la taxinomie (7),

30.

se félicite de l’engagement de la BEI à soutenir le plan d’action de la Commission sur la finance durable, notamment en s’alignant sur la taxinomie de l’Union pour le suivi des financements en faveur de l’action climatique et de la durabilité environnementale et en adoptant le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» comme base d’évaluation des projets;

31.

demande à la BEI de respecter son engagement d’aligner dès que possible toutes ses opérations sur les objectifs de l’accord de Paris, dans un délai compatible avec l’objectif de l’Union de parvenir à la neutralité climatique au plus tard en 2050; souligne que le développement de carburants avancés alternatifs et durables nécessitera des investissements importants afin de surmonter la frontière technologique actuelle; demande à la BEI de créer et de passer des contrats de transition écologique pour les secteurs à fortes émissions afin de s’assurer qu’ils aligneront leur modèle économique sur les objectifs de neutralité climatique;

32.

reconnaît la nécessité pour l’Union et ses États membres de réorienter les flux de capitaux vers l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, afin de rendre nos économies, nos entreprises et nos sociétés plus résistantes aux chocs et aux risques climatiques et environnementaux;

33.

se félicite de l’adoption par le conseil d’administration de la BEI de la feuille de route de la banque du climat de la BEI pour la période 2021-2025 ainsi que de l’inclusion du mécanisme de fixation du prix implicite du carbone en particulier, qui fournit un cadre essentiel pour soutenir la transition et la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe et marque une étape décisive pour faire de la BEI la Banque européenne du climat, promouvoir les investissements durables et protéger l’environnement au cours de la décennie critique à venir;

34.

se félicite du rôle prééminent que joue la BEI en matière de climat et de la décision d’augmenter le financement de la BEI en faveur de l’action pour le climat et de la durabilité environnementale, y compris des énergies renouvelables, pour le faire passer d’environ 30 % à au moins 50 % d’ici à 2025;

35.

note que la feuille de route prévoit l’introduction d’une période de transition jusqu’à la fin 2022, ce qui engendre un retard dans l’alignement sur les objectifs de l’accord de Paris; demande à la BEI de s’efforcer à respecter au maximum l’accord de Paris dans les procédures d’évaluation en cours, et de le respecter pleinement d’ici à 2023 au plus tard;

36.

fait remarquer que la BEI structurera ses travaux futurs sur la mise en œuvre de la feuille de route autour de dix nouveaux plans d’action, qui s’appuieront sur les cinq premières années de mise en œuvre de sa stratégie climatique de 2015; demande, dans ce contexte, d’être régulièrement et pleinement informé de la mise en œuvre de la feuille de route;

37.

invite la BEI à tenir compte des contributions des parties prenantes pertinentes, des autorités locales, des syndicats et des ONG dans sa stratégie d’investissement en tant que banque européenne du climat et dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route;

38.

salue la mise en place par la BEI d’évaluations des risques pour la biodiversité ainsi que l’adoption des orientations environnementales, climatiques et sociales pour le développement de l’énergie hydroélectrique; rappelle que la protection de la biodiversité est fondamentale pour la durabilité de l’Union, et qu’elle a des effets critiques sur les conditions économiques, sanitaires et alimentaires en Europe; encourage la BEI à poursuivre le développement des éléments d’évaluation de la biodiversité dans ses instruments financiers afin d’éviter des effets négatifs sur celle-ci;

39.

reconnaît les difficultés rencontrées et les progrès réalisés dans la mise en œuvre du mécanisme de financement du capital naturel (NCFF); demande à la BEI d’envisager la possibilité d’accorder des subventions dans le cadre du NCFF afin de soutenir le développement initial des projets locaux et de les aider à générer des revenus; estime que l’évaluation du NCFF devrait s’insérer dans une évaluation plus globale de la BEI sur la façon de financer la restauration des écosystèmes et de la biodiversité dans l’Union;

40.

constate avec satisfaction que la BEI a pris, dans la feuille de route de la banque du climat, l’engagement de centrer son aide sur l’industrie laitière et l’élevage durables et de prêter une attention particulière au bien-être animal;

41.

demande au groupe BEI d’utiliser ses nouvelles opérations pour appuyer les objectifs de la stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques, car elles pourraient permettre de stimuler l’innovation en faveur de substances chimiques, matériaux et produits sûrs et durables dès la conception, le plan d’action en faveur de l’économie circulaire s’appuyant sur des cycles de matériaux non toxiques et le prochain plan d’action «zéro pollution» concernant l’eau, l’air et les sols;

42.

se félicite du réexamen prochain de la politique de prêt de la BEI dans le secteur des transports ainsi que de l’engagement pris par la BEI de cesser de financer les agrandissements d’aéroports d’ici la fin 2022; souligne qu’il importe d’aligner dès que possible le portefeuille de la BEI dans le domaine des transports et des prêts à ce secteur sur l’accord de Paris;

43.

réclame l’adoption rapide d’une nouvelle stratégie politique de financement des transports visant à décarboner le secteur des transports de l’Union d’ici à 2050 au plus tard et à promouvoir des moyens de transport accessibles, efficaces, écologiques et sûrs; insiste sur le fait que, dans ce contexte, la BEI devrait maintenir son engagement en finançant l’innovation et les technologies vertes pour l’aviation; exige, à cet égard, que la nouvelle politique des transports prenne également en compte les caractéristiques géographiques des régions européennes, notamment pour les régions insulaires, enclavées et ultrapériphériques;

44.

invite la BEI à accroître son soutien aux transferts modaux vers des modes de transport à faibles émissions de carbone, tels que le vélo et les transports publics, en particulier pour les communautés et les localités mal desservies;

45.

souligne le rôle crucial de la BEI dans la réalisation des objectifs du mécanisme pour une transition juste et demande davantage d’engagement et d’action concrète à cet égard, notamment au moyen de prêts en faveur de programmes structurels et d’InvestEU et en tant que partenaire financier pour la facilité de prêt au secteur public; invite la BEI à utiliser son rôle de partenaire financier de la facilité de prêt au secteur public comme un outil de renforcement de sa capacité à financer des initiatives menées par les communautés et des projets de plus petite taille ainsi qu’à établir des partenariats avec les municipalités et d’autres entités publiques, de sorte que personne ne soit laissé de côté par la transition économique;

46.

souligne que les États membres et les régions partent de situations différentes; observe que la transition vers une économie neutre en carbone doit être inclusive et équitable, et ne doit laisser personne de côté; souligne qu’une attention particulière devrait être portée à la protection des citoyens et travailleurs qui seront les plus touchés par la transition; suggère que la BEI travaille de manière proactive avec les États membres en vue de soutenir les régions dans lesquelles les emplois dépendent grandement des industries à fortes émissions;

47.

se félicite de la nouvelle politique de prêt dans le secteur de l’énergie de la BEI ainsi que de son engagement à mettre fin aux investissements dans les combustibles fossiles d’ici à la fin de 2021; demande à la BEI d’évaluer la compatibilité des investissements réalisés en 2021 en faveur de projets à forte intensité de carbone avec les objectifs climatiques actualisés pour 2030; insiste pour que la BEI mette en œuvre le principe d’efficacité énergétique et se fixe comme objectif de lutter contre la pauvreté énergétique dans tous ses prêts dans le secteur de l’énergie;

48.

se félicite de l’initiative «Financement intelligent pour bâtiments intelligents», qui facilite les investissements dans les projets d’efficacité énergétique; demande un renforcement des investissements dans le logement afin de promouvoir l’efficacité énergétique et de lutter contre la pauvreté énergétique, et préconise d’investir davantage dans le logement social et abordable, afin de contribuer également à la stratégie de la vague de rénovations;

Soutien à l’innovation, aux PME, à l’industrie et à la numérisation

49.

considère qu’il ne faut pas répéter les erreurs du passé et que des investissements efficaces dans l’innovation, les infrastructures, l’éducation et les compétences sont des éléments essentiels pour sortir de la crise économique et sociale, assurer une croissance durable et inclusive et créer des emplois de qualité ainsi qu’une compétitivité à long terme; souligne, en outre, qu’un environnement réglementaire composé de règles prévisibles, de conditions de concurrence égales et d’une administration efficace contribue également à attirer l’investissement privé;

50.

se félicite du soutien apporté par la BEI en 2020 à l’innovation et aux compétences, à hauteur de 14,43 milliards d’euros; invite la BEI à renforcer encore son soutien à l’innovation et aux compétences;

51.

souligne l’importance du rôle de la BEI dans la réussite du programme InvestEU dans le cadre de la relance post-pandémie; souligne que la BEI restera le principal partenaire d’investissement pour la mise en œuvre du programme InvestEU;

52.

espère que le nouveau programme InvestEU permettra à la BEI de prendre davantage de risques dans des projets de l’économie réelle et de soutenir les PME en particulier, y compris par un soutien en capital;

53.

rappelle que les PME constituent l’épine dorsale de l’économie européenne, étant donné qu’elles représentent 99 % de toutes les entreprises de l’Union et qu’elles emploient environ 100 millions de personnes; salue le fait qu’en 2020, la BEI a accordé des financements aux PME et aux entreprises à capitalisation moyenne pour un investissement total de 30,56 milliards d’EUR, soutenant ainsi 425 000 entreprises;

54.

réaffirme que le soutien aux microentreprises, aux PME et aux entreprises à moyenne capitalisation doit rester un objectif essentiel de la BEI, et un objectif qu’il convient de renforcer encore pendant la crise économique actuelle, notamment pour leur apporter un appui sur le plan du financement, de l’internationalisation, de la décarbonation et de l’accès aux outils TIC; souligne que les PME disposent souvent de ressources administratives limitées et devraient donc bénéficier de canaux de financement facilement accessibles; salue les efforts déployés pour fournir une assistance et des conseils en ligne aux PME aux fins d’accéder aux prêts de la BEI et demande d’étendre cette fonction consultative;

55.

invite la BEI à compléter les efforts visant à construire une société fondée sur les données d’une manière transparente, fiable, interopérable et inclusive, en mettant particulièrement l’accent sur l’adaptation des PME afin de renforcer leur compétitivité;

56.

souligne, à cet égard, que les PME européennes accusent un retard en ce qui concerne l’adoption de technologies numériques, 66 % seulement des entreprises manufacturières de l’Union ayant adopté au moins une technologie numérique;

57.

souligne la nécessité d’accroître les prêts accordés aux PME dirigées par des femmes afin de promouvoir une relance plus équitable entre les hommes et les femmes;

58.

demande à la BEI de mobiliser un soutien suffisant pour les infrastructures permettant d’offrir un débit internet plus rapide à toutes les régions de l’Union et de réduire la fracture numérique existante, et demande également que la BEI poursuive son soutien à l’amélioration des compétences numériques, en particulier pour les employés des secteurs de l’économie nécessitant une reconversion et un perfectionnement;

59.

constate que l’épidémie de COVID-19 a révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement de l’Union et l’insuffisance des réseaux informatiques; invite la BEI à aligner sa stratégie d’investissement pour contribuer à assurer une plus grande résilience des chaînes de valeur du marché intérieur et à renforcer le secteur industriel européen, notamment dans les domaines stratégiques;

60.

invite la BEI à jouer un rôle dans le soutien et le financement de la création d’écosystèmes d’innovation et d’économies de la connaissance à travers l’UE, et dans la promotion d’une transformation industrielle territorialisée, où les universités, les entreprises, les PME et les jeunes pousses peuvent développer des partenariats durables pour le bien commun et apporter une contribution significative à la réalisation des objectifs du pacte vert et de la numérisation de l’économie;

61.

souligne la nécessité pour la BEI de mettre l’accent sur les projets destinés aux jeunes, en particulier les projets de création d’entreprise et les projets visant à lutter contre le problème de plus en plus important du chômage des jeunes et des jeunes occupant des emplois précaires;

Investissements dans les infrastructures sociales et la protection sociale

62.

fait remarquer qu’au cours de la crise actuelle de la COVID-19, les systèmes de protection sociale des États membres ont été soumis à des tensions sans précédent; invite la BEI à collaborer avec la Commission et les États membres afin d’accroître l’investissement dans le secteur social;

63.

constate que la crise de la COVID-19 a eu des répercussions disproportionnées sur certaines parties de la société; presse la BEI d’aider les États membres pour des projets qui s’attaquent aux inégalités, y compris aux inégalités entre les hommes et les femmes, et à celles qui touchent des communautés marginalisées;

64.

se félicite de l’engagement de la BEI à investir dans le secteur social, favorisant ainsi le bien-être, l’accès à l’éducation, à la santé et au logement, ainsi que l’acquisition des compétences requises par une économie moderne fondée sur la connaissance;

65.

invite la BEI à soutenir des projets dans les États membres qui poursuivent la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, des ODD et des réformes sociales recensées dans les recommandations par pays au titre du Semestre européen;

66.

relève que la pandémie de COVID-19 a eu des effets délétères sur l’éducation et le bien-être des enfants à travers le monde et que des millions d’entre eux n’ont toujours pas accès à l’enseignement en raison des mesures de confinement et risquent, par conséquent, de régresser et de souffrir, tout au long de leur vie, des conséquences de cette situation; se félicite de l’investissement de la BEI dans l’éducation, car il aide à lutter contre la pauvreté et les inégalités, stimule la croissance économique et améliore l’égalité entre les hommes et les femmes; invite la BEI à multiplier ses investissements dans l’éducation afin d’atténuer les graves conséquences de la crise de la COVID-19 sur les systèmes d’éducation du monde entier;

Soutenir le développement et la durabilité en dehors de l’Union

67.

se félicite que la BEI soit le plus grand prêteur multilatéral au monde, qui s’efforce de soutenir les politiques de coopération extérieure et de développement de l’Union; constate que la BEI est active en dehors de l’Union depuis plus de 50 ans, avec 150,1 milliards d’EUR de prêts accordés dans 150 pays différents fin 2020, dont 10,23 milliards d’EUR ont été signés en 2020;

68.

invite la BEI à suspendre ses prêts en cours, à évaluer soigneusement l’incidence de ses opérations futures sur la dette et à exprimer son soutien public en faveur de la création d’un mécanisme multilatéral de restructuration de la dette pour faire face aux effets de la crise et aux exigences de financement du programme de développement durable à l’horizon 2030, sachant que tous les actionnaires de la BEI ont souscrit à l'engagement du G20 de suspendre la dette de 77 pays à la suite de la crise de la dette liée à la pandémie de COVID-19;

69.

souligne la nécessité d’aligner pleinement les investissements de la BEI dans les pays tiers sur les priorités de l’action extérieure et du développement durable de l’Union;

70.

constate que la BEI renforcera davantage son soutien aux investissements verts en dehors de l’Union; insiste pour que la BEI applique les mêmes normes et critères pour apprécier et évaluer les projets à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union, y compris ceux récemment convenus dans le cadre de la feuille de route du Groupe BEI dans son rôle de banque du climat;

71.

estime, dans ce contexte, que la BEI devrait renforcer son suivi et ses rapports sur les projets réalisés en dehors de l’Union et devrait améliorer son analyse de leurs incidences économiques, sociales et environnementales et accroître l’efficacité du cadre de mesure des résultats, tout en renforçant l’obligation de vigilance en matière de droits de l’homme pour les projets menés dans des pays non membres de l’UE;

72.

estime que des indicateurs adaptés pour mesurer la réduction des inégalités, la génération de recettes fiscales pour les pays d’accueil ainsi que les répercussions sur l’équilibre entre hommes et femmes et les groupes marginalisés devraient également être envisagés;

73.

fait observer que les investissements du secteur privé seront essentiels pour combler le manque de financements en vue de la réalisation des ODD; rappelle le rôle crucial de la BEI dans l’atténuation des risques liés aux investissements privés, en particulier dans des contextes fragiles; s’inquiète toutefois de l’utilisation de fonds européens de développement pour atténuer les risques associés aux investissements privés étant donné que cette modalité de financement n’a pas démontré sa capacité à assurer l’additionnalité et la réalisation des objectifs de développement, comme l’ont récemment indiqué le réexamen final du FEDD et l’avis de la Cour des comptes européenne (rapport no 7/2020); souligne que les bailleurs de fonds doivent privilégier les financements adossés à des subventions en tant que solution par défaut, surtout pour les PMA, et qu’ils ne doivent pas privilégier les financements mixtes, les garanties ou les prêts par rapport aux subventions, car ces modalités ne remplissent pas les critères des ODD et pourraient accroître le poids de la dette des pays;

74.

se félicite de l’accord intervenu entre le Conseil européen et le Parlement sur un règlement établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale; relève en particulier le rôle que la BEI jouera dans le cadre du Fonds européen pour le développement durable;

75.

souligne que le changement climatique est un défi crucial à relever pour parvenir à un développement durable, car il menace de détériorer les conditions de vie et d’aggraver la pauvreté; invite donc la BEI à donner la priorité aux investissements dans des projets qui aident les pays tiers à réaliser les objectifs de développement durable des Nations unies et qui contribuent à améliorer la justice sociale et environnementale, la sécurité alimentaire et les services publics et à offrir des perspectives économiques équitables aux citoyens; salue le fait que la BEI renforcera davantage son soutien aux investissements verts en dehors de l’Union, ce qui contribuera à souligner le rôle de l’Union en tant que chef de file mondial en matière de climat et de durabilité environnementale;

76.

invite la BEI, dans le respect de son mandat extérieur, à accroître son engagement dans les pays les moins développés ou en proie à un conflit, à renforcer sa coopération avec les délégations de l'UE et à accroître sa présence sur le terrain avec des effectifs supplémentaires se concentrant sur les questions de développement;

Réaliser les objectifs en matière de gouvernance, de responsabilité, de transparence et d’intégrité

77.

demande une nouvelle fois qu’un accord interinstitutionnel soit conclu entre la BEI et le Parlement afin d’améliorer l’accès aux documents et aux données de la BEI, de renforcer la responsabilité démocratique, avec notamment la possibilité de soumettre des questions pour une réponse écrite à la BEI, et de préciser les droits du Parlement et de ses députés en matière d’accès aux documents et aux données, et d’organisation d’auditions et de dialogues économiques;

78.

propose, en outre, et dans l’intervalle, l’établissement d’un protocole intérimaire de coopération entre la BEI et le Parlement, à effet immédiat, afin d’améliorer le dialogue interinstitutionnel et de renforcer la transparence et la responsabilité de la BEI;

79.

invite la BEI à rendre davantage compte au Parlement de ses décisions, des progrès accomplis et de l’incidence de ses activités de prêt, notamment au moyen de dialogues structurés réguliers, et à appliquer les mêmes dispositions en matière d’établissement de rapports et de responsabilité que celles prévues par le règlement EFSI (8);

80.

invite la BEI à intensifier ses efforts en matière de communication; estime qu’il est essentiel qu’elle s’engage auprès des citoyens européens afin de mieux expliquer les objectifs de ses politiques et d’illustrer sa contribution à la vie quotidienne des citoyens;

81.

se félicite du lancement par la BEI, en décembre 2020, d’une consultation publique sur le réexamen de sa politique de transparence; constate toutefois que la proposition actuelle ne répond pas aux exigences du Parlement européen et des organisations de la société civile pour ce qui est de renforcer sa politique de transparence conformément aux bonnes pratiques et aux normes appliquées par d’autres institutions financières;

82.

demande à la BEI d'assurer la publication en temps utile de plus amples informations sur toutes ses activités de financement conformément aux meilleures pratiques internationales, y compris des évaluations environnementales et sociales, afin de les rendre accessibles aux bénéficiaires potentiels, aux groupes concernés et aux organisations de la société civile locales;

83.

réitère sa demande à la BEI de fonctionner sur la base du «principe de diffusion des informations», demande notamment la publication en temps utile des ordres du jour et des procès-verbaux des réunions du comité de direction et salue la publication des ordres du jour et des procès-verbaux des réunions du conseil d’administration; souligne que la future politique de transparence devrait renforcer les exigences de transparence pour toutes ses opérations et exiger des promoteurs de projets qu’ils rendent publiques les évaluations des incidences sur l’environnement, en incluant des obligations de transparence strictes, mais proportionnées, dans les clauses contractuelles spécifiques signées avec tous les clients de la BEI;

84.

réitère sa demande de divulgation des avis émis par la Commission dans le cadre de la procédure prévue à l’article 19 des statuts de la BEI sur les opérations de financement de la BEI, afin d’évaluer leur conformité avec la législation et les politiques pertinentes de l’Union; invite la Commission et la BEI à parvenir à un accord pour garantir une transparence totale sur ces avis ainsi que la logique qui les sous-tend;

85.

observe que la désignation de l'ancien vice-président de la BEI comme membre du conseil d'administration d'Iberdrola a soulevé de graves inquiétudes concernant les risques de conflits d'intérêts, en dépit du fait que cette démarche a été dûment notifiée au préalable et était conforme aux dispositions applicables aux anciens membres du comité de direction de la BEI; observe également qu’un avis contraignant du comité d'éthique et de conformité de la BEI produit avant la nomination n’a soulevé aucune objection en l’espèce et demande davantage d'explications à propos de cet avis; constate que l’occupation de ce poste à l’issue d’un mandat public sans période de restriction ou presque constitue un risque pour la réputation et l’indépendance de la BEI; rappelle que la Médiatrice européenne a estimé que la décision de l’Autorité bancaire européenne de ne pas interdire à son directeur exécutif de devenir le PDG d’un lobby de l’industrie financière était un cas de mauvaise administration et qu’interdire ce changement de poste aurait été une mesure nécessaire et proportionnée; demande à la BEI d'évaluer la nécessité d'une amélioration des règles et des pratiques en matière de conflits d'intérêts;

86.

se déclare préoccupé par le fait que les huit vice-présidents de la BEI, en plus de leurs responsabilités sectorielles, supervisent les propositions de projets de leur pays d’origine, parallèlement à d’autres responsabilités nationales; regrette que la BEI n’ait pas donné suite à la demande du Parlement d’inclure dans le code de conduite pour les membres du comité de direction une disposition excluant la possibilité que ses membres supervisent les prêts ou la mise en œuvre de projets dans leur pays d’origine;

87.

salue l’examen interne de la BEI et la révision de sa politique de lutte contre la fraude ainsi que son intention d’élever cette politique au niveau du groupe, en l’appliquant ainsi à la fois à la BEI et au FEI; presse la BEI d'adopter une approche large et ambitieuse de cette révision et d'aborder les failles existantes dans ses mécanismes de vigilance et de contrôle interne ainsi que de renforcer sa politique contre la fraude et la corruption, conformément aux demandes répétées du Parlement;

88.

souligne l’importance pour l’office de lutte antifraude de la BEI de disposer de compétences solides, de ressources suffisantes et d’indépendance; invite la BEI à renforcer sa coopération avec le Médiateur européen, l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF) et le Parquet européen le cas échéant, et de signaler les affaires pénales aux autorités nationales; prie instamment la BEI de renforcer l’autonomie et l’efficacité du bureau du mécanisme de traitement des plaintes et de la division d’enquête sur les fraudes;

89.

rappelle que la Commission a demandé à la BEI de lui communiquer davantage d’informations sur l’application effective des clauses contractuelles lui permettant de suspendre ou de retirer le financement (9) et s’attend à ce que le Parlement puisse accéder sans restriction à ces informations;

90.

salue les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la stratégie du Groupe BEI en matière d’égalité hommes-femmes et du plan d’action en matière d’égalité entre les sexes; prend note du rapport d’étape 2019 sur la diversité et l’inclusion; constate que les femmes représentent 51,4 % de l’effectif de la BEI;

91.

déplore que les femmes ne soient toujours pas suffisamment représentées aux postes d’encadrement et de direction; estime qu’il faut en faire plus à cet égard lors de la mise en œuvre de la deuxième phase du plan d’action en 2021 et invite par conséquent la BEI à encourager la participation des femmes et à promouvoir activement une représentation équilibrée entre les hommes et les femmes dans les postes de haut niveau; invite la BEI à renforcer encore la promotion de toutes les formes de diversité et d’inclusion en son sein et à définir des objectifs ambitieux en la matière;

92.

demande instamment à la BEI, lorsque c’est possible, de collecter des données ventilées par sexe et de mettre au point des outils et des méthodologies visant à effectuer une analyse des disparités liées au sexe et une évaluation de l’impact selon le sexe pour les projets et les opérations de la BEI à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne, ainsi que de consulter des experts indépendants à cette fin;

93.

exprime de graves inquiétudes quant aux allégations concernant le harcèlement et le milieu de travail à la BEI; reconnaît que la BEI a récemment fait des efforts pour s'attaquer à ces problèmes et à d'autres questions concernant le personnel; invite instamment la BEI à veiller à ce qu'une politique de tolérance zéro soit effectivement mise en œuvre à l'égard de tous les types de harcèlement, avec notamment des mesures de prévention et de protection ainsi que des mécanismes adéquats et fiables pour le traitement des plaintes et le soutien aux victimes; presse la hiérarchie de la BEI de s'engager réellement dans un dialogue avec les représentants du personnel pour répondre à leurs préoccupations;

94.

se félicite que la BEI ait décidé de réviser ses normes environnementales et sociales et demande la tenue d’une consultation publique inclusive et de grande ampleur sur ces questions; souligne la possibilité pour la BEI d’inclure des normes supplémentaires sur d’autres priorités politiques; invite la BEI à inclure des considérations sociales lors de l’évaluation des conséquences négatives des investissements potentiels;

95.

rappelle que la durabilité au sens du droit de l'Union européenne (10) est un vaste concept et que les investissements ne sont durables que s'ils tiennent compte du principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» par rapport aux objectifs de durabilité sociale ou environnementale; se félicite de l'engagement de la BEI à aligner totalement sa méthode de suivi pour l'action en faveur du climat et les objectifs de durabilité environnementale sur le cadre défini par la taxinomie de l'Union européenne, avec notamment l'incorporation du principe consistant à ne pas causer de préjudice important (11) dans toutes ses opérations;

96.

invite la BEI à saisir cette occasion pour renforcer sa politique en matière de droits de l’homme; attend notamment un renforcement des obligations de vigilance en matière de droits de l'homme et une plus grande présence de la dimension des droits de l’homme dans la planification de ses projets, en particulier pour les projets menés dans des pays extérieurs à l'Union européenne;

97.

attend de la BEI qu’elle effectue un suivi rigoureux tenant pleinement compte des préoccupations exprimées par les parties prenantes et par les intéressés, notamment celles qui ont trait aux violations des droits de l’homme;

98.

souligne que les entreprises bénéficiaires d’investissements de la BEI doivent respecter les principes de bonne gouvernance, y compris en matière budgétaire; se félicite du fait que la BEI ne s’engage pas dans des opérations nouvelles ou renouvelées avec des entités constituées ou établies dans des juridictions répertoriées à des fins fiscales et de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et du fait qu’une évaluation des risques ait lieu au cas pas cas lorsque des contreparties contractantes sont établies ou constituées dans des juridictions qui sont généralement coopératives mais qui n’ont pas encore résolu les problèmes de bonne gouvernance fiscale en suspens (juridictions figurant à l’annexe II de la liste de l’Union des pays et territoires non coopératifs);

99.

insiste sur le fait que des contrôles approfondis sont nécessaires pour s’assurer que les contreparties ne bénéficient pas d’autres liens juridiques avec ces juridictions; invite la BEI à mettre en œuvre des mesures de prévention et des évaluations régulières contre le recours à des juridictions fiscales non coopératives et à des pratiques fiscales dommageables par des partenaires;

100.

encourage le Groupe BEI à mettre à jour à l’avenir sa politique en matière de pays et territoires non coopératifs en fonction des évolutions futures en matière de bonne gouvernance fiscale dans l’Union ou à l’échelle internationale; rappelle que cette politique prévoit une interdiction générale de conclure des opérations avec des contreparties contractantes constituées ou établies dans des pays et territoires non coopératifs, sauf dans des conditions strictes;

101.

prend note du cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme de la BEI de décembre 2020; s’inquiète du fait que le cadre décrit ne détaille aucune procédure spécifique permettant d’aligner les activités de la Banque sur la législation de l’Union, notamment en ce qui concerne l’obligation de vigilance à l’égard des clients et, en particulier, le moment où l’obligation de vigilance renforcée est mise en œuvre;

102.

répète ses préoccupations exprimées précédemment concernant le manque de contrôle sur les fonds gérés par des intermédiaires financiers ainsi que la difficulté de contrôler les bénéficiaires finaux et le respect des critères d’éligibilité;

103.

se félicite que la BEI travaille actuellement à l’élaboration de lignes directrices concernant l’alignement des contreparties; invite la BEI à élaborer un plan d’action ambitieux pour un «cadre d’alignement des contreparties» et à veiller à ce que les lignes directrices assurent une plus grande transparence et une vigilance plus stricte en ce qui concerne ses partenaires et leur éligibilité à débourser des fonds garantis par la BEI sous une conditionnalité stricte, comprenant des critères éthiques, d’intégrité, sociaux et environnementaux; répète que ce cadre devrait également comprendre des exigences qui, à l’avenir, obligent tous les intermédiaires financiers et entreprises clientes à mettre en place un plan de décarbonation tourné vers l’avenir, aligné sur l’accord de Paris par le recours à des objectifs d’émissions fondés sur des données scientifiques, dans les meilleurs délais et au plus tard en 2025, sans préjudice de la capacité de la BEI à offrir une assistance technique pour l’élaboration de ces plans de décarbonation;

104.

demande à la BEI, tout en préservant les données commercialement sensibles, de publier des informations plus régulières, approfondies et complètes sur les intermédiaires financiers chargés de mobiliser ses fonds (198) et d’inclure des clauses contractuelles détaillant les informations que ces établissements doivent obligatoirement déclarer concernant les activités de prêt;

105.

souligne que la BEI devrait renforcer et pleinement exploiter les clauses contractuelles lui permettant de suspendre les décaissements ou d’autres mesures d’atténuation visant à protéger l’intégrité et la réputation de ses opérations en cas de non-respect, dans les projets, des normes en matière d’environnement, de droits sociaux, de droits de l'homme, de fiscalité et de transparence;

106.

demande une politique d’exclusion rigoureuse, afin d’exclure du financement de la BEI les entités reconnues coupables de fraude, de corruption, de blanchiment d’argent ou d’autres formes d’actes répréhensibles;

107.

se félicite des travaux de la Cour des comptes européenne concernant les fonds du budget de l’Union gérés par la BEI et invite les institutions à convenir d’un renforcement des droits de contrôle de la Cour dans les limites des traités de l’Union;

108.

prend note des critiques formulées par la Cour des comptes européenne dans son «rapport spécial no 12/2020: Plateforme européenne de conseil en investissement: lancée pour stimuler l’investissement dans l’UE, elle n’a pas eu l’impact voulu» et invite la BEI à tirer les conclusions nécessaires pour la suite de ses travaux;

109.

invite la Cour des comptes européenne à produire un rapport spécial contenant des recommandations sur la performance des activités de la BEI ainsi que leur alignement sur les politiques et objectifs de l’Union;

110.

prend acte du rapport spécial de la Cour des comptes européenne no 3/2019 intitulé «Fonds européen pour les investissements stratégiques: des mesures s’imposent pour en faire un véritable succès», en particulier de ses observations sur la nécessité d’indicateurs de performance et de suivi comparables pour tous les instruments financiers et garanties budgétaires de l’UE; invite la Commission à assurer un véritable suivi en collaboration avec la BEI, en tant qu’exécutant majeur dans le contexte d’InvestEU;

o

o o

111.

charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la Banque européenne d’investissement, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres.

(1) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0005.

(2) JO L 99 du 31.3.2020, p. 5.

(3) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0054.

(4) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0305.

(5) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0017.

(6) https://www.eib.org/fr/press/all/2021-060-capital-increase-for-eif-boosts-finance-for-covid-19-impacted-companies-and-strengthens-support-for-green-and-digital-transformation-of-the-eu-economy

(7) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088. JO L 198 du 22.6.2020, p. 13.

(8) Règlement (UE) 2015/1017 du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2015 sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, la plateforme européenne de conseil en investissement et le portail européen de projets d’investissement et modifiant le règlement (UE) no 1291/2013 et le règlement (UE) no 1316/2013 — le Fonds européen pour les investissements stratégiques. JO L 169 du 1.7.2015, p. 1.

(9) Synthèse de l’évaluation de la décision no 466/2014/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 accordant une garantie de l’Union européenne à la Banque européenne d’investissement en cas de pertes résultant d’opérations de financement en faveur de projets menés hors de l’Union (SWD(2019)0333), 13 septembre 2019.

(10) Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d'informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers, article 2. JO L 317 du 9.12.2019, p. 1.

(11) Feuille de route du Groupe BEI dans son rôle de banque du climat, p. 55.


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