LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52021IP0337
Initiative législative52021IP0337

Initiative législative — 52021IP0337

CELEX52021IP0337
TypeInitiative législative
Datemercredi 7 juillet 2021

Texte intégral

1.3.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 99/73


P9_TA(2021)0337

Protection des intérêts financiers de l’UE — Lutte contre la fraude — rapport annuel 2019

Résolution du Parlement européen du 7 juillet 2021 sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne — Lutte contre la fraude — Rapport annuel 2019 (2020/2246(INI))

(2022/C 99/09)

Le Parlement européen,

—

vu l’article 310, paragraphe 6, et l’article 325, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

—

vu ses résolutions sur les rapports annuels antérieurs de la Commission et de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF),

—

vu le rapport de la Commission du 3 septembre 2020 intitulé «31e rapport annuel sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude (2019)» (COM(2020)0363) et les documents de travail qui l’accompagnent (SWD(2020)0156, SWD(2020)0157, SWD(2020)0158, SWD(2020)0159 et SWD(2020)0160),

—

vu le rapport 2019 de l’OLAF et le rapport d’activité du comité de surveillance de l’OLAF pour 2019,

—

vu le rapport annuel de la Cour des comptes européenne sur l’exécution du budget relatif à l’exercice 2019, accompagné des réponses des institutions (1),

—

vu le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 septembre 2013 relatif aux enquêtes effectuées par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et abrogeant le règlement (CE) no 1073/1999 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (Euratom) no 1074/1999 du Conseil (2) (ci-après «le règlement OLAF»),

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2223 du Parlement européen et du Conseil du 23 décembre 2020 modifiant le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude (3),

—

vu l’arrêt du Tribunal du 26 juin 2019 dans l’affaire Vialto Consulting Kft. c. Commission européenne (4) (T-617/17),

—

vu l’arrêt du Tribunal (sixième chambre) du 6 juin 2019 dans l’affaire John Dalli c. Commission européenne (5) (T-399/17) et l’arrêt du Tribunal (première chambre) du 25 février 2021 dans l’affaire John Dalli c. Commission européenne (C-615/19 P),

—

vu l’arrêt du Tribunal du 13 mai 2020 dans l’affaire Agmin Italy SpA c. Commission européenne (6) (T-290/18),

—

vu la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (7),

—

vu le rapport spécial no 01/2019 de la Cour des comptes européenne du 10 janvier 2019 intitulé «Dépenses financées par l’UE: des mesures s’imposent pour lutter contre la fraude»,

—

vu le rapport spécial no 06/2019 de la Cour des comptes européenne du 16 mai 2019 intitulé «La lutte contre la fraude au détriment des dépenses de cohésion de l’UE: les autorités de gestion doivent renforcer la détection, la réaction et la coordination»,

—

vu le document de la Cour des comptes européenne du 9 octobre 2018 intitulé ««L’audit de l’UE en bref. Présentation des rapports annuels de la Cour des comptes européenne relatifs à l’exercice 2017»,

—

vu le rapport d’expertise du 10 septembre 2020 commandé par la Commission et intitulé «Study and Reports on the VAT Gap in the EU-28 Member States: Final Report» (Étude et rapports sur l’écart de TVA dans les États membres de l’UE-28: rapport final),

—

vu la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal (8) (directive PIF),

—

vu le règlement (UE) 2017/1939 du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (9),

—

vu la décision (UE) 2019/1798 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 portant nomination du chef du Parquet européen (10),

—

vu la communication de la Commission du 14 décembre 2020 relative à l’examen de l’Union européenne prévu par le mécanisme d’examen de l’application de la convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) (COM(2020)0793),

—

vu sa résolution du 14 février 2017 sur le rôle des lanceurs d’alerte dans la protection des intérêts financiers de l’Union européenne (11),

—

vu la décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil du 14 décembre 2020 relative au système des ressources propres de l’Union européenne et abrogeant la décision 2014/335/UE, Euratom (12),

—

vu le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union (13),

—

vu la communication de la Commission du 29 avril 2019 intitulée «Stratégie antifraude de la Commission: action renforcée pour protéger le budget de l’Union européenne» (COM(2019)0196),

—

vu la poursuite de la mise en œuvre du programme Hercule III,

—

vu le règlement (UE) 2021/785 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme de l’Union en matière de lutte contre la fraude et abrogeant le règlement (UE) no 250/2014 (14),

—

vu la communication de la Commission du 14 avril 2021 relative à la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée 2021-2025 (COM(2021)0170),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0209/2021),

A.

considérant que, de droit, les États membres et la Commission partagent la responsabilité de protéger les intérêts financiers de l’Union et de lutter contre la fraude et la corruption et doivent coopérer étroitement à cette fin; que, de fait, les autorités des États membres ont géré approximativement 74 % des dépenses de l’Union et perçu les ressources propres traditionnelles (RPT) de l’Union en ce qui concerne le budget de l’Union pour 2019;

B.

considérant que, si la Commission doit assumer ses responsabilités dans le cadre de la gestion partagée en matière de surveillance, de contrôle et d’audit, elle n’est en mesure de contrôler qu’environ 10 % du total des dépenses;

C.

considérant que l’article 310, paragraphe 6, du traité FUE dispose que «[l]’Union et les États membres, conformément à l’article 325, combattent la fraude et toute autre activité illégale portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union»; que l’article 325, paragraphe 2, du traité FUE dispose que les «États membres prennent les mêmes mesures pour combattre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union que celles qu’ils prennent pour combattre la fraude portant atteinte à leurs propres intérêts financiers»; considérant qu’aux termes de l’article 325, paragraphe 3, du traité FUE, «les États membres coordonnent leur action visant à protéger les intérêts financiers de l’Union contre la fraude» et qu’«à cette fin, ils organisent, avec la Commission, une collaboration étroite et régulière entre les autorités compétentes»; que, conformément à l’article 325, paragraphe 4, du traité FUE, la Cour des comptes européenne doit être consultée sur les mesures nécessaires dans les domaines de la prévention de la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union;

D.

considérant que, conformément à l’article 83 du traité FUE, la corruption figure parmi les formes de criminalité particulièrement graves revêtant une dimension transfrontière;

E.

considérant que la diversité des systèmes juridiques et administratifs des États membres nécessite une action adéquate pour créer des systèmes administratifs et déclaratifs plus unifiés au sein de l’Union et pour prévenir et combattre efficacement les irrégularités, la fraude et la corruption avec des résultats plus tangibles et plus satisfaisants;

F.

considérant que la taxe sur la valeur ajoutée est une source importance de recettes pour les budgets nationaux et que les ressources propres basées sur la TVA constituaient 11,97 % des recettes totales de l’Union en 2019;

G.

considérant que des cas systématiques, institutionnalisés et à haut niveau de corruption ainsi que des tentatives délibérées d’affaiblir l’équilibre des pouvoirs et l’indépendance des institutions responsables du suivi et du contrôle des finances dans certains États membres portent gravement atteinte aux intérêts financiers de l’Union et constituent également une menace pour la démocratie, les droits fondamentaux et l’état de droit; rappelle l’effet délétère de la corruption sur la confiance des citoyens européens dans les institutions;

H.

considérant que, d’après la Cour des comptes européenne, les informations dont dispose la Commission concernant l’ampleur, la nature et les causes de la fraude sont insuffisantes et que tous les cas de fraude potentiels ne sont pas signalés comme tels dans le système de gestion des irrégularités;

I.

considérant que la corruption frappe tous les États membres à des degrés divers et pèse non seulement sur l’économie européenne, mais aussi sur la démocratie et l’état de droit dans l’ensemble de l’Europe;

Généralités

1.

salue la publication du 31e rapport annuel de la Commission sur la protection des intérêts financiers de l’Union européenne et la lutte contre la fraude (ci-après «rapport PIF»), qui souligne les réalisations de 2019 en ce qui concerne la consolidation du cadre institutionnel de lutte contre la fraude et les irrégularités au niveau de l’Union, à savoir la transposition en droit national par 18 États membres des mesures prévues par la directive PIF avant la fin de l’année, quatre États membres de plus l’ayant fait avant juin 2020; appelle tous les États membres restants à prendre toutes les mesures nécessaires et à assurer la transposition complète et correcte de la directive dans les plus brefs délais; demande à la Commission de suivre de près le processus de transposition dans tous les États membres, ainsi que de faire usage de ses prérogatives pour lancer des procédures d’infraction lorsque les États membres ne respectent pas le processus de transposition;

2.

regrette que la Commission ait dû adresser des avis motivés à l’Irlande et à la Roumanie le 3 décembre 2020 en raison de leur échec à transposer la directive PIF dans le droit national; constate que la Roumanie a transposé la directive PIF dans son droit national le 15 décembre 2020;

3.

souligne que le respect de l’état de droit est une condition préalable à la bonne gestion financière, y compris à l’affectation et à la gestion efficaces et performantes des fonds européens et à la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion; se félicite vivement, à cet égard, de l’adoption du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union;

4.

salue le fait que la Commission ait immédiatement commencé son travail sur une méthode claire et l’analyse des cas potentiels; prend acte du fait que la Commission a clairement indiqué, à plusieurs reprises, qu’elle remplira son rôle de gardienne des traités et appliquera le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 à compter de sa date d’entrée en vigueur sans délai inutile, de sorte qu’aucun cas ne soit laissé de côté lors des travaux préparatoires nécessaires au premier semestre 2021; rappelle que le règlement (UE, Euratom) 2020/2092 s’applique à tous les engagements et paiements à compter du 1er janvier 2021, tout en prévoyant des garanties pour les bénéficiaires et destinataires finaux;

Irrégularités frauduleuses et non frauduleuses détectées

5.

relève que le nombre total d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses signalées en 2019 s’élevait à 11 726 au total (soit 2 % de moins qu’en 2018) pour une valeur d’environ 1,6 milliard EUR, soit une baisse de 34 % par rapport à 2018; note, à cet égard, que les données relatives au nombre de cas et à la valeur concernée pour chaque exercice sont en permanence évaluées et mises à jour et devraient être examinées dans la perspective du long terme;

6.

fait observer que le nombre d’irrégularités détectées signalées comme frauduleuses donne une indication du niveau de détection et de la capacité d’interception des fraudes potentielles par les États membres et les organes de l’Union, mais n’est pas un indicateur direct du degré de fraude frappant le budget de l’Union ou d’un État membre en particulier; remarque que le nombre d’irrégularités frauduleuses non signalées chaque année est inconnu, ce qui rend très difficile l’évaluation de l’efficacité des mesures de lutte contre la fraude; rappelle qu’en 2019, la Cour des comptes de l’Union européenne a publié deux rapports spéciaux dans lesquels elle soulignait les lacunes de la Commission en ce qui concerne les informations recueillies sur l’échelle, la nature et les causes de la fraude ainsi que les faiblesses mises en évidence dans l’approche stratégique de la Commission quant à la gestion des risques de fraude, et invitait cette dernière à prendre davantage de mesures de son propre chef pour résoudre ces problèmes; invite donc la Commission à élaborer une méthodologie pour améliorer la fiabilité et fournir des estimations plus précises de l’ampleur de la fraude dans l’Union; indique que la détection et le signalement d’une irrégularité impliquent que des mesures correctrices ont été prises afin de protéger les intérêts financiers de l’Union et que, le cas échéant, une procédure pénale a été ouverte;

7.

constate que le nombre d’irrégularités frauduleuses signalées en 2019 (939 cas — 8 % du total des irrégularités) et les montants financiers correspondants (environ 461,4 millions EUR — 28 % du total des montants financiers entachés d’irrégularités) ont considérablement diminué par rapport à 2018; relève qu’en 2019, le nombre d’irrégularités frauduleuses signalées était inférieur de 40 % par rapport à 2015 et de 25 % par rapport à la moyenne sur cinq ans pour la période 2015-2019; relève qu’en 2019, 514 irrégularités signalées comme frauduleuses concernant les dépenses représentaient 0,3 % des paiements de 2019 et que 425 irrégularités signalées comme frauduleuses concernant les recettes correspondaient à 0,3 % du montant brut des RPT perçues en 2019;

8.

tient compte du fait que le nombre d’irrégularités non frauduleuses relevées en 2019 (10 787 cas) est resté stable par rapport à 2018, tandis que les montants financiers concernés ont diminué de 8 % pour s’établir à environ 1,2 milliard EUR; relève qu’en 2019, 6 550 irrégularités signalées comme non frauduleuses concernant les dépenses représentaient 0,5 % des paiements de 2019 et que 4 237 irrégularités signalées comme non frauduleuses concernant les recettes correspondaient à 1,5 % du montant brut des RPT perçues en 2019;

9.

souligne que la variation du nombre total d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses détectées correspond à un instantané qui doit être examiné dans le contexte d’autres facteurs pertinents; souligne également que la baisse constatée du nombre total d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses peut indiquer soit une évolution positive — une baisse globale du nombre des activités frauduleuses — ou une évolution négative — une réduction du niveau de détection des activités frauduleuses;

10.

insiste sur le fait que dans le cas particulier des irrégularités frauduleuses, les détections se sont concentrées dans un petit nombre d’États membres, ce qui suggère des approches différentes du recours au droit pénal pour protéger le budget de l’Union; souligne et regrette le fait que de nombreux États membres ne disposent pas de lois spécifiques de lutte contre la criminalité organisée de type mafieux, dont l’implication dans les activités transfrontalières et les secteurs portant préjudice aux intérêts financiers de l’Union est pourtant croissante; exhorte la Commission à remédier à ces disparités entre les États membres et à envisager de nouvelles mesures d’harmonisation;

11.

rappelle que le manque de validité et de comparabilité des données et des technologies de notification, ainsi que le degré de numérisation variable selon les États membres, continuent d’entraver fortement la qualité et la fiabilité des informations à la disposition de la Commission dans le système de gestion des irrégularités et le système OWNRES; regrette que, la plupart du temps, la détection de l’utilisation abusive, de la fraude et du détournement de fonds de l’Union se limite à des découvertes fortuites de la Commission et de la Cour des comptes au cours d’audits réalisés à partir d’échantillons ou d’enquêtes de l’OLAF; est préoccupé par les constatations répétées de la Cour des comptes selon lesquelles les travaux de certaines autorités nationales sont considérés comme trop sujets aux erreurs et donc peu fiables; insiste sur le fait que ces défaillances ont une incidence sur la qualité des données communiquées par les États membres à la Commission quant au nombre d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses détectées; note que trois États membres n’ont signalé aucune irrégularité frauduleuse (15) en 2019; est particulièrement inquiet du manque de personnel adéquatement formé et de qualification de certaines autorités nationales ainsi que du manque d’audits internes;

12.

souligne que la crise de la COVID-19 a amené avec elle des risques accrus pour l’exécution du budget de l’Union; relève avec inquiétude que plus de la moitié des irrégularités frauduleuses ont été signalées par deux États membres et qu’il arrive régulièrement que certains États membres ne signalent aucun cas de fraude; invite la Commission à prêter une attention particulière à ces cas en procédant à un suivi et en prenant des mesures pour garantir l’entière protection du budget de l’Union, ainsi qu’à procéder à des contrôles aléatoires sur place, en particulier dans des circonstances exceptionnelles et de crise; partage l’avis de la Commission selon lequel la lutte contre la fraude et les irrégularités est de première importance en période de crise (16);

13.

presse les États membres et la Commission de coopérer plus étroitement en ce qui concerne l’échange d’informations, l’amélioration de la collecte des données et le renforcement de l’efficacité des contrôles; invite les États membres, à cet égard, à publier des données relatives aux bénéficiaires finaux dans un format harmonisé et exploitable par machine et à garantir l’interopérabilité avec les outils de suivi de la Commission; prie instamment la Commission de procéder à une analyse approfondie des raisons sous-jacentes et des éventuels problèmes structurels qui sont à l’origine des faiblesses systémiques persistantes en ce qui concerne la fiabilité des travaux de certaines autorités nationales et à accorder une attention particulière aux éventuelles divergences entre les systèmes des différents pays; invite la Commission à adresser des recommandations par pays claires aux autorités nationales. demande à la Commission d’établir un dialogue structuré avec les autorités nationales et la Cour des comptes pour œuvrer de façon continue en faveur du renforcement des capacités et de l’échange des bonnes pratiques, afin d’accroître la fiabilité des travaux menés par les autorités nationales, et de tenir le Parlement informé des progrès réalisés; invite la Commission à apporter un plus grand soutien à la coopération dans le cadre du réseau Eurofisc;

14.

demande une nouvelle fois à la Commission, à cet égard, de mettre en place un système uniforme de collecte de données comparables relatives aux irrégularités et aux cas de fraude relevés dans les États membres afin d’harmoniser le processus de signalement et de garantir la qualité et la comparabilité des données fournies;

Recettes — Fraude aux ressources propres

15.

indique que 425 irrégularités ont été signalées en tant que fraude liée aux recettes en 2019, soit 21 % de moins que la moyenne sur cinq ans de 541 irrégularités par an pour la période 2015-2019; relève, par ailleurs, que le montant des ressources propres traditionnelles concerné par la fraude estimé et établi en 2019 (80 millions EUR) est inférieur de 19 % à la moyenne sur 5 ans de 98 millions EUR; note que l’inspection par des services antifraude a été la méthode la plus efficace pour détecter les cas de fraude;

16.

relève que 4 237 irrégularités ont été détectées et signalées comme non frauduleuses pour 2019, soit 6 % de moins que la moyenne sur cinq ans, et que le montant concerné des ressources propres traditionnelles estimé et établi était de 397 millions EUR en 2019, donc inférieur de 3 % à la moyenne sur cinq ans; relève en outre que les irrégularités non frauduleuses ont principalement été détectées au moyen de contrôles a posteriori;

17.

souligne la gravité de la situation actuelle en matière de fraude résultant du non-paiement de la TVA, en particulier la fraude de type «carrousel»; invite tous les États membres à participer à Eurofisc dans tous ses domaines d’activités afin de faciliter l’échange d’informations de sorte à contribuer à la lutte contre la fraude;

18.

constate dans le rapport relatif à l’écart de TVA de 2020 qu’en 2018, l’écart de TVA s’était réduit pour s’établir à 140 milliards EUR et était susceptible de tomber sous la barre des 130 milliards EUR en 2019; s’inquiète, cependant, du fait que l’écart de TVA pourrait atteindre 164 milliards EUR en 2020 et demande à la Commission des explications détaillées pour savoir si cette hausse était liée d’une manière ou d’une autre à la pandémie de COVID-19;

19.

s’inquiète vivement de la forte incidence de la fraude à la TVA sur le budget de l’Union ainsi que sur les budgets nationaux; estime qu’il est essentiel de renforcer la lutte contre la fraude à la TVA la plus massive, à savoir la fraude intracommunautaire à l’opérateur défaillant (MTIC), qui coûte annuellement entre 40 et 60 milliards EUR; invite la Commission à évaluer les forces et les faiblesses des différentes solutions envisageables pour mettre fin à la fraude MTIC, notamment la mise en place d’un système de déclaration en temps réel, numérique et fondé sur les transactions développé par les chercheurs (le TX++), ou la combinaison du système définitif de TVA avec une déclaration numérique en temps réel fondée sur les transactions;

20.

fait observer que seize mesures de lutte contre la fraude aux recettes ont été signalées par les États membres en 2019: huit dans le domaine de la fraude douanière, cinq dans le domaine de la fraude fiscale et trois concernant à la fois la fraude douanière et la fraude fiscale; note que la Commission a lancé en 2019 un processus d’évaluation afin d’évaluer dans quelle mesure le règlement (CE) no 515/97 a été utile pour prévenir la fraude douanière (17);

21.

note qu’entre 2017 et 2019, la Commission a effectué des inspections sur place de la stratégie de contrôle en matière de valeur en douane dans tous les États membres et en a conclu que les intérêts financiers de l’Union n’étaient pas efficacement protégés, ce qui a entraîné des pertes importantes de ressources propres traditionnelles pour le budget de l’Union; fait remarquer que l’OLAF a publié des rapports d’enquête contenant des recommandations à l’intention de six États membres qui n’ont pas pleinement mis en œuvre les mesures nécessaires pour lutter de manière cohérente contre la fraude par sous-évaluation; demande à la Commission de présenter un rapport au Parlement indiquant quels États membres pourraient donner un exemple de bonnes pratiques à adopter et lesquels continuent de présenter des difficultés majeures;

22.

note que les panneaux solaires étaient les produits les plus touchés par la fraude et les irrégularités sur le plan financier en 2019, comme cela avait déjà été le cas en 2018 et 2017; invite la Commission à prendre acte du caractère systémique de cette fraude et exhorte fermement le Conseil et les États membres à prendre des mesures fortes à cet égard;

23.

indique qu’il existe de sérieux doutes quant à l’exactitude des montants des ressources propres traditionnelles (droits de douane) transférés au budget de l’Union par le Royaume-Uni à la suite d’enquêtes menées par l’OLAF sur la fraude à la sous-évaluation concernant les textiles et les chaussures importés de Chine via le Royaume-Uni et d’enquêtes réalisées par la Commission dans le cadre de la gestion des ressources propres; critique vertement le fait que le Royaume-Uni refuse toujours de mettre à disposition du budget de l’Union les montants de RPT manquants au cours de la période 2011-2017, qui s’élèvent à 2,679 milliards EUR (bruts); salue le fait qu’en mars 2019, la Commission a porté devant la Cour de justice une procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni concernant les pertes de RPT dues à des importations sous-évaluées; invite la Commission à rendre compte de toute évolution à ce sujet;

24.

est vivement préoccupé par la réserve non quantifiable maintenue par la direction générale du budget de la Commission (DG BUDG) pour l’année 2019, qui indique que la fraude par sous-évaluation s’est en partie déplacée vers d’autres États membres, ce qui influe dans une certaine mesure sur la perception des RPT en attendant la quantification finale; relève que la Commission a effectué des contrôles concernant la sous-évaluation dans tous les États membres et vérifié la manière dont ceux-ci s’organisent pour résoudre les problèmes de sous-évaluation, en particulier en ce qui concerne les textiles et les chaussures en provenance de Chine; relève que la sous-évaluation des marchandises importées dans l’Union est et restera une menace importante pour les recettes, à laquelle il faudra remédier dans les années à venir; relève que la Commission assurera un suivi auprès des États membres et les tiendra financièrement responsables de toute perte de RPT potentiellement subie; s’inquiète du fait que, selon les calculs provisoires, les pertes de RPT en 2019 s’élèveraient à 1 % de l’ensemble des RPT de cette année; demande à la Commission d’informer rapidement le Parlement des conclusions et conséquences de ses contrôles et calculs de quantification dès qu’ils auront été finalisés;

25.

rappelle que la combinaison de plusieurs méthodes de détection (contrôles au moment du dédouanement, contrôles a posteriori, inspections par les services antifraude et autres) est le moyen le plus efficace de détecter les fraudes, et que l’efficacité de chaque méthode dépend de l’État membre concerné, de l’efficacité de la coordination de son administration et de la capacité des services compétents des États membres à communiquer entre eux; demande à la Commission d’informer le Conseil en indiquant quels États membres pourraient donner un exemple de bonnes pratiques à adopter et lesquels continuent de présenter des difficultés majeures;

26.

relève que, ces cinq dernières années, le taux annuel de recouvrement des RPT a varié entre 52 % et 66 % et que le taux de recouvrement pour les cas signalés en 2019 est actuellement d’environ 57 %; note que les divergences entre les résultats du recouvrement selon les États membres peuvent résulter de facteurs tels que le type de fraude ou d’irrégularité ou le type de débiteur concerné; note également qu’en mars 2020, le taux global de recouvrement pour l’ensemble de la période 1989-2019 était de 61 %; demande une nouvelle fois à la Commission de rendre compte annuellement du montant des ressources propres de l’Union recouvrées à la suite des recommandations formulées par l’OLAF et d’informer l’autorité de décharge des montants restant à récupérer;

Fraude aux dépenses

27.

prend acte du nombre d’irrégularités concernant les dépenses signalées comme frauduleuses en 2019, à savoir 514, ainsi que du montant correspondant de 381,4 millions EUR (soit 0,3 % des paiements de 2019);

28.

relève qu’en 2019, 6 550 irrégularités concernant les dépenses ont été signalées comme non frauduleuses, ce qui représente 0,5 % des paiements de la même année;

29.

note qu’en ce qui concerne la politique agricole commune (PAC), les irrégularités détectées, en particulier les irrégularités à caractère frauduleux, se concentraient dans quelques États membres, ce qui suggère que des approches divergentes du recours au droit pénal pour protéger le budget de l’Union ou des pratiques de signalement des soupçons de fraude pourraient constituer un facteur majeur dans les différences relevées entre les États membres; observe qu’en 2019, le total des montants financiers était relativement stable, mais que les montants relatifs aux aides directes se sont accrus, alors que ceux liés au développement rural ont décru; relève, en particulier, que dans le domaine des aides directes, la plupart des irrégularités détectées faisaient état du recours à des documents ou à des demandes d’aides falsifiés, et que dans le domaine du développement rural, de nombreuses irrégularités se rapportaient à la mise en œuvre; s’inquiète du fait que la création de toutes pièces de conditions permettant de recevoir un soutien financier est un type de fraude classique dans le domaine des aides directes, ce qui indique un mode opératoire concernant les irrégularités frauduleuses qui touche à l’éthique et à l’intégrité; fait observer la forte diminution des irrégularités frauduleuses dans le domaine du développement rural due à la baisse des détections liées à la période 2007-2013, conformément au cycle de programmation, et à un démarrage lent des détections liées à la période de programmation 2014-2020, et indique que davantage d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses ont continué d’être détectées tant dans le domaine du développement rural que dans le domaine des aides directes; ajoute toutefois que les mesures de marché présentaient le taux de détection de la fraude (TDF) le plus élevé, à 0,87 %, soit plus de quatre fois le taux relevé pour le développement rural en ce qui concerne les irrégularités frauduleuses, et que les irrégularités non frauduleuses représentaient près du double du taux de détection d’irrégularités (TDI) dans le domaine du développement rural; relève par ailleurs que, dans le rapport annuel 2017 de la Cour des comptes (18), les modalités de déboursement des dépenses influent sur le risque d’erreur et, en particulier, que les erreurs se limitaient principalement aux remboursements de frais, tandis que le taux d’erreur pour les paiements fondés sur des droits restait en dessous du seuil de signification de 2 %;

30.

demande à nouveau la définition de montants maximaux pour les paiements accordés à une personne physique au titre du premier et du deuxième pilier de la PAC ainsi que des Fonds de cohésion; estime que les montants maximaux définis pour les personnes physiques sont beaucoup plus difficiles à contourner; rappelle que les bénéficiaires peuvent scinder artificiellement leurs entreprises ou créer de nouvelles entreprises qui peuvent toutes percevoir le montant maximal de financement et ainsi éviter les plafonds fixés pour les personnes morales; se félicite des intentions de la proposition de considérer, dans le cadre de la PAC, toutes les entreprises appartenant au même groupe comme un seul bénéficiaire; estime toutefois que ces mesures sont insuffisantes car l’opacité et la grande complexité des structures des entreprises, qui comprennent souvent des entités dans plusieurs États membres et/ou pays tiers, rendent très difficile de s’assurer que l’ensemble des entreprises appartenant à un même groupe sont recensées comme telles et réellement traitées comme un seul bénéficiaire, et favorisent le contournement de ces restrictions; demande à la Commission d’inclure des propositions de plafonds par personne physique pour la PAC et les Fonds de cohésion dans sa proposition de révision du règlement financier (19);

31.

réitère sa préoccupation quant au fait que les subventions de la PAC continuent d’inciter à l’accaparement des terres par des structures criminelles et oligarchiques; prie à nouveau instamment la Commission de mettre en place un mécanisme de plainte afin de permettre aux agriculteurs et aux PME confrontés à des pratiques d’accaparement des terres, à de graves abus de la part des autorités nationales, à un traitement irrégulier ou partial dans le cadre d’appels d’offres ou de la distribution de subventions, à des pressions ou à des intimidations de la part de structures criminelles, de la criminalité organisée ou de structures oligarchiques ou à d’autres violations majeures de leurs droits fondamentaux de déposer plainte directement auprès de la Commission; salue le fait qu’un tel mécanisme de plainte ait été proposé pour le nouveau règlement sur la PAC;

32.

prend acte de la complexité de l’analyse des données relatives à la politique de cohésion et des différentes phases de la période de programmation 2007-2013; note que les montants financiers communiqués étaient nettement inférieurs à ceux de l’année 2018, mais connaissent une tendance à la hausse pour les Fonds de cohésion; souligne l’importance de la coopération avec les autorités judiciaires et la nécessité de prêter une plus grande attention à la baisse inattendue des montants financiers liés aux irrégularités frauduleuses et non frauduleuses et, à l’exception de cas particuliers, pour la période de programmation 2014-2020, des montants financiers impliqués dans des irrégularités frauduleuses pour l’ensemble des fonds en 2019, et en particulier le FEDER; souligne qu’il est urgent pour la Commission, l’OLAF et le Parquet européen d’examiner si les habitudes de signalement différentes selon les États membres en ce qui concerne la tendance à détecter des irrégularités frauduleuses impliquant des montants financiers élevés sont liées d’une manière ou d’une autre à d’éventuels conflits d’intérêts avec des parties prenantes au sein des États membres, voire à une activité criminelle;

33.

est vivement préoccupé par les informations diffusées dans les médias concernant des investissements dans des infrastructures cofinancés par l’Union et ayant changé d’affectation après la période minimale requise de trois ou de cinq ans; déplore les allégations de fraude et d’enrichissement personnel liés à ces changements d’affectation; regrette que la Commission n’ait pas été en mesure de fournir des informations supplémentaires pour dissiper les doutes qui subsistent; salue l’intention de la Commission de procéder au suivi approprié de ces allégations et lui demande de rendre compte de ses constatations au Parlement; prie instamment la Commission de mener, pour chaque État membre, une enquête sur l’existence de graves problèmes concernant la reconversion de projets d’infrastructure cofinancés par l’Union;

34.

estime que l’exigence minimale légale de durabilité de trois à cinq ans est insuffisante au regard des montants considérables en cofinancement et de la longévité de ces projets; déplore que les colégislateurs n’aient pas décidé d’introduire une extension des exigences de durabilité lors de la révision du règlement portant dispositions communes (20); relève que des divergences significatives existent d’un État membre à l’autre concernant les règles nationales relatives à la durabilité des investissements en faveur d’infrastructures et le changement précoce d’affectation;

35.

demande à la Commission de procéder à une analyse approfondie des différentes règles nationales en matière de durabilité des exigences d’appropriation des investissements cofinancés et de changement précoce d’affectation, tant pour les infrastructures que pour les équipements, en déterminant en particulier si les règles nationales vont au-delà des exigences minimales européennes; demande à la Commission de lui présenter ses conclusions;

36.

rappelle les exigences en matière de transparence pour la PAC et la politique de cohésion, qui obligent les autorités compétentes des États membres à tenir à jour une liste publique des bénéficiaires finaux; invite instamment les États membres à publier ces données sur un support uniforme exploitable par machine et à garantir l’interopérabilité des informations; exige que la Commission collecte et agrège les données, et publie les listes des principaux bénéficiaires de chaque financement dans chaque État membre;

37.

relève que parmi les irrégularités frauduleuses détectées en 2019, les actions liées aux infrastructures de santé ont été entachées d’infractions aux règles en matière de marchés publics, les problèmes les plus fréquemment détectés concernant les pièces justificatives: 15 États membres ont signalé des irrégularités dans des actions liées aux infrastructures de santé et sept d’entre eux ont également détecté des fraudes; rappelle que la non-notification des irrégularités dans ce domaine par d’autres États membres ne signifie pas qu’ils n’ont pas été concernés par de tels risques et demande à la Commission, à l’OLAF et au Parquet européen de faire en sorte que les activités frauduleuses, notamment celles liées à la lutte contre la pandémie de COVID-19, ne demeurent pas sans suite;

38.

est préoccupé par les rapports incessants de la Cour des comptes et de la Commission faisant apparaître les lacunes persistantes en matière de marchés publics dans plusieurs États membres; demande à la Commission de réaliser une analyse approfondie des causes sous-jacentes des lacunes majeures relevées dans certains États membres et de spécifier précisément dans quelle mesure ces lacunes sont dues à des erreurs formelles et à la fraude et à la corruption systémiques; est d’avis que les erreurs formelles mineures doivent être traitées différemment et que la Commission devrait se concentrer davantage sur les problèmes plus graves, tels que les manipulations intentionnelles des critères d’attribution des marchés afin de privilégier la candidature de certains ou d’un seul soumissionnaire, la corruption liée à la sélection des soumissionnaires, les conflits d’intérêts et les autres abus frauduleux;

39.

rappelle qu’une transparence complète dans la notification des dépenses est essentielle, en particulier en ce qui concerne les travaux d’infrastructure financés directement au moyen de fonds ou d’instruments financiers de l’Union; invite la Commission à prévoir l’accès intégral pour les citoyens européens aux informations relatives aux projets cofinancés;

40.

souligne la nécessité d’une transparence complète dans la notification des transferts et des prêts prévus dans la cadre de la facilité pour la reprise et la résilience et invite la Commission à donner au Parlement un accès intégral à ces informations;

41.

invite la Commission à intensifier son travail de prévention et de détection des fraudes afin de garantir que les fonds de l’Union continuent à parvenir aux bénéficiaires prévus et à produire des retombées effectives et des effets mesurables sur la vie des citoyens;

La numérisation comme moyen de protéger les intérêts financiers de l’Union

42.

souligne que le renforcement de la numérisation, de l’interopérabilité et de l’harmonisation de la communication d’informations, du suivi et de l’audit au niveau européen n’a que trop tardé et est indispensable compte tenu de la nature transfrontalière des abus de biens, fraudes, détournements de fonds, conflits d’intérêts, doubles financements et autres problèmes systémiques; s’inquiète, par ailleurs, des contrôles portant sur les instruments financiers gérés par des intermédiaires et des faiblesses constatées dans les contrôles portant sur les sièges sociaux des bénéficiaires; rappelle la nécessité de subordonner le versement des fonds directs et indirects à la fourniture de données en matière de propriété effective par les bénéficiaires et les intermédiaires financiers;

43.

déplore que, selon les règles actuelles, le manque d’informations sur les structures de propriété et les bénéficiaires effectifs des sociétés et des groupes de sociétés contribue de manière significative à l’opacité de la distribution actuelle des fonds et entrave la détection plus efficace des irrégularités; met à nouveau l’accent sur l’importance cruciale de données complètes, fiables et comparables pour un contrôle efficace, effectif et opportun des dépenses européennes et la protection de l’argent des contribuables européens;

44.

réitère l’appel urgent lancé à la Commission l’exhortant à proposer une base juridique dans le règlement financier pour la création d’un système numérique interopérable de communication d’informations et de suivi afin de permettre la communication d’informations en temps utile, uniforme et standardisée par les autorités des États membres dans le domaine de la gestion partagée; encourage l’utilisation obligatoire des outils existants d’extraction de données et d’évaluation des risques, tels que la base de données ARACHNE, en tant qu’élément du système envisagé de communication d’informations et de suivi; rappelle que ce type de système interopérable de communication d’informations et de suivi permettrait non seulement de détecter plus précocement et plus efficacement les abus, les fraudes, les détournements, les conflits d’intérêts, le double financement et d’autres problèmes systémiques, mais aussi d’avoir une vue d’ensemble de la répartition réelle des fonds de l’Union ainsi que des concentrations potentiellement involontaires entre les mains de quelques bénéficiaires finaux oligarchiques, voire criminels;

45.

rappelle que ce système ne doit pas aboutir à une surcharge administrative des autorités nationales, ni à des embouteillages de données; invite la Commission à définir les indicateurs et les données réellement pertinents, nécessaires et proportionnés à des fins d’audit et de contrôle, ainsi que pour atteindre les objectifs de programmation prévus, et à réduire le nombre d’indicateurs et de jalons à renseigner dans le système;

46.

note que le système de détection rapide et d’exclusion (EDES), établi par l’article 135 du règlement financier devrait garantir des sanctions efficaces à l’encontre des personnes ou entités non fiables, qui doivent être exclues des procédures de passation de marchés financées par le budget de l’Union et se voir imposer des sanctions financières; regrette que la base de données ne répertorie que très peu d’opérateurs économiques (six au mois de mai 2021); invite la Commission à revoir les critères en vue de réduire la complexité et d’accroître l’applicabilité du système EDES dans la pratique;

47.

demande à la Commission d’envisager l’extension du système EDES pour qu’il s’applique aux fonds en gestion partagée, dans le respect des principes de proportionnalité et d’adéquation, lorsqu’elle proposera la révision du règlement financier; exhorte les États membres et la Commission à garantir une meilleure interopérabilité des bases de données et des outils d’extraction de données européens et nationaux existants; prend acte du fait que le Contrôleur européen de la protection des données ne voit aucun problème d’ordre général en matière de protection des données dans la mise en place d’une telle interopérabilité, tant qu’elle est fondée sur une base juridique claire;

48.

se félicite des règles en vigueur en matière de passation de marchés publics en ligne, qui stipulent que les appels d’offres doivent être publiés sur «Tenders Electronic Daily» (TED), que les documents relatifs aux marchés doivent être accessibles par voie électronique et qu’un hyperlien doit être inclus dans les avis sur TED, que les opérateurs économiques doivent soumettre leurs offres par voie électronique et que les pouvoirs adjudicateurs doivent accepter les factures électroniques;

49.

constate que les marchés publics subissent une transformation numérique; salue le processus de redéfinition des marchés publics tenant compte des technologies numériques; est d’avis que cette réforme devrait aller au-delà du simple passage à des outils électroniques et devrait inclure diverses phases préalables et postérieures à l’attribution; soutient que ces réformes devraient également permettre l’intégration d’approches fondées sur les données à différents stades du mécanisme de passation de marchés; demande à la Commission d’accorder une attention particulière aux accords-cadres attribués par l’intermédiaire de procédures de marchés publics, étant donné que la fraude et la corruption qui y sont liées présentent un risque accru pour les intérêts financiers de l’Union;

50.

constate que la dématérialisation croissante des services publics et le renforcement des règles de transparence ont pour conséquence la mise à disposition dans des formats électroniques d’un plus grand nombre d’informations relatives aux finances publiques de l’Union; remarque, en outre, que la puissance de calcul et les logiciels actuellement disponibles permettent de traiter de grandes quantités de données complexes en un temps relativement court, ce qui offre de nouvelles possibilités de détection de la fraude à partir de données ouvertes à l’aide de techniques spécialisées d’analyse de données telles que les mégadonnées, l’exploration de données et les technologies d’IA; estime que la profusion de données ouvertes représente une occasion de soutenir la création de «systèmes de réputation» fiables, qui peuvent contribuer à prévenir les activités criminelles; demande à la Commission de procéder à une analyse systémique afin d’étudier la manière dont les nouvelles technologies sont utilisées dans les domaines de la détection et de la prévention des fraudes, d’évaluer leurs limites et de proposer des moyens d’améliorer leur utilisation;

La nouvelle stratégie antifraude de la Commission

51.

salue l’adoption de la nouvelle stratégie antifraude de la Commission le 29 avril 2019; se félicite de la politique de tolérance zéro à l’égard de la fraude; se félicite également de la réintroduction du contrôle institutionnel des questions de fraude par la Commission, qui donne à l’OLAF un rôle de conseil et de surveillance renforcé; rappelle que la stratégie envisage un plan d’action contraignant pour les services de la Commission et les agences exécutives uniquement, bien que la plupart des responsabilités incombent aux États membres; appelle des ses vœux une approche unifiée qui inclue également les États membres;

52.

invite la Commission à envisager de réviser sa nouvelle stratégie antifraude afin d’y refléter pleinement la mise en fonctionnement du Parquet européen et son rôle dans la lutte contre la fraude;

53.

souligne qu’il importe de donner la priorité à l’élaboration et à l’adoption de stratégies nationales de lutte contre la fraude (NAFS) par tous les États membres, notamment dans le contexte des nouveaux défis présentés par la pandémie de COVID-19 et des plans pour la reprise et la résilience; est très inquiet que, d’après le suivi pour l’année 2018, seuls dix États membres aient déclaré avoir adopté ou mis à jour une stratégie nationale de lutte contre la fraude et l’avoir communiquée à l’OLAF, tandis que 17 États membres n’en ont toujours pas adopté (21) et que seuls quatre d’entre eux envisagent d’en adopter une ou de préparer une nouvelle stratégie (22), invite les États membres qui n’ont pas encore adopté de NAFS à le faire sans autre retard injustifié; invite la Commission à évaluer les NAFS adoptés, à déterminer pourquoi certains États membres ont pris du retard dans leur adoption et à pousser les États membres restants à procéder à cette adoption;

Office européen de lutte antifraude (OLAF)

54.

salue l’ouverture, en 2019, de négociations sur la révision du règlement OLAF en ce qui concerne la coopération avec le Parquet européen et l’efficacité des enquêtes de l’OLAF; salue l’entrée en vigueur, en janvier 2021, du règlement révisé (UE, Euratom) 2020/2223, qui renforce considérablement le rôle de l’OLAF et ouvre la voie à une collaboration harmonieuse avec le Parquet européen; observe que les nouvelles règles incluent une définition claire des rôles complémentaires des deux entités, des règles précises relatives aux modalités de signalement des cas et améliorent les moyens d’enquête de l’OLAF; confirme que le nouveau cadre juridique accroît l’efficacité de l’OLAF en rationalisant les règles relatives aux contrôles et vérifications sur le terrain, en permettant à l’OLAF d’accéder aux informations sur les comptes bancaires par l’intermédiaire des autorités nationales compétentes, en renforçant les règles régissant le travail des services de coordination antifraude dans les États membres et en offrant de meilleures garanties aux personnes concernées par les enquêtes de l’OLAF grâce à la nomination d’un contrôleur;

55.

estime que le renforcement des pouvoirs de l’OLAF, le lancement du Parquet européen et la coordination des travaux sur l’ensemble du dispositif antifraude de l’Union pour recenser, examiner et poursuivre les fraudeurs constituent une avancée majeure dans la protection des intérêts financiers de l’Union; se félicite, à cet égard, de la conclusion d’accords de travail entre le Parquet européen, Eurojust et Europol, qui établissent les règles de coopération et déterminent comment les organes de l’Union doivent unir leurs efforts dans la lutte contre les crimes portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union européenne;

56.

rappelle son appréciation sur l’importance des enquêtes de l’OLAF et le rôle de coordination que ce dernier joue dans la coordination des efforts visant à protéger les intérêts financiers de l’Union et à combattre la fraude;

57.

rappelle que l’OLAF a non seulement été créé pour les enquêtes internes, mais également pour soutenir les États membres dans le cadre des enquêtes externes; souligne qu’après la création du Parquet européen, l’OLAF restera l’unique organe chargé de protéger les intérêts financiers de l’Union dans les États membres qui ont choisi de ne pas rejoindre le Parquet européen; rappelle que, si le principe de subsidiarité empêche l’OLAF de procéder à des enquêtes lorsque les États membres sont mieux placés pour agir, cela ne prive pas l’OLAF de la possibilité d’analyser les affaires, tendances et schémas récurrents et qu’au contraire, sa capacité à détecter ces phénomènes a permis de renforcer la coopération et de mener à bien des actions;

58.

est fermement convaincu qu’il est nécessaire de renforcer les moyens budgétaires et d’augmenter le nombre de postes de l’OLAF afin qu’il soit pleinement capable de remplir ses fonctions en matière de prévention et d’enquête, notamment dans les États membres qui ne participent pas au Parquet européen; insiste sur l’importance de veiller à ce que l’OLAF demeure un partenaire robuste et pleinement opérationnel du Parquet européen; souligne que la coopération future entre l’OLAF et le Parquet européen devra reposer sur une collaboration étroite, l’échange efficace d’informations et la complémentarité, toute duplication ou tout conflit de compétences devant être évité;

59.

réaffirme que la mission de l’OLAF est de contribuer à concevoir et à développer des méthodes de prévention et de lutte contre la fraude, contre la corruption et contre toute autre activité illégale portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union; rappelle que l’une des composantes principales du mandat de l’OLAF est de promouvoir et de coordonner, avec les États membres et au sein de ces derniers, le partage des expériences opérationnelles et des meilleures pratiques procédurales dans le domaine de la protection des intérêts financiers de l’Union; regrette par conséquent qu’aucune analyse des résultats de l’enquête de l’OLAF sur les dépenses ne soit explicitement fournie dans le rapport PIF; invite l’OLAF à fournir des lignes directrices et des conseils tangibles aux États membres et à la Commission, fondés sur l’analyse de son expérience en matière d’investigation;

60.

prend note de l’accord administratif relatif à l’échange d’informations et à la coopération entre l’OLAF et la Cour des comptes européenne, signé en 2019, et se félicite de la mise en place d’un cadre plus structuré de coopération entre ces deux entités;

61.

se félicite de l’accord conclu entre l’OLAF et les colégislateurs, en étroite collaboration avec les services de la Commission, visant à inclure des dispositions standard sur la protection des intérêts financiers de l’Union dans toutes les législations relatives aux programmes de dépenses post-2020, harmonisées par domaine;

Parquet européen

62.

salue la nomination de Laura Codruța Kövesi au poste de cheffe du Parquet européen en 2019 et le lancement des activités du Parquet européen le 1er juin 2021; regrette que la date de démarrage des activités du Parquet européen ait dû être reportée à plusieurs reprises, en raison du manque de ressources financières et humaines et de retards importants dans la nomination des procureurs européens et délégués au sein de quelques États membres; demande à la Commission d’accroître les ressources financières et en personnel du Parquet européen afin qu’il soit en mesure de relever les défis qui résulteront des dépenses du Fonds européen pour la relance, qui est exceptionnellement important;

63.

note que la procédure de nomination des procureurs européens délégués a été lancée en 2019 et achevée en 2020, 22 procureurs européens ayant prêté serment devant la Cour de justice de l’Union européenne le 28 septembre 2020; regrette l’absence de nominations de procureurs européens délégués notamment par la Slovénie, qui a annulé le processus de nomination, ainsi que les retards considérables de nombreux autres États membres; note que la procureure en chef Laura Codruța Kövesi est profondément préoccupée par le «manque manifeste de coopération sincère» de la part de la Slovénie, à la suite de retards dans le recrutement des procureurs délégués; demande instamment à la Commission de contrôler strictement les États membres qui n’ont pas encore nommé leurs procureurs européens délégués ou qui n’ont pas adapté leur législation nationale pour la mise en œuvre du Parquet européen, le cas échéant, en procédant à la suspension de leur financement sur la base de l’article 63, paragraphes 2 et 8 du règlement financier et des règles propres au secteur, et/ou en lançant des procédures d’infraction; observe par ailleurs qu’à la fin 2019, 18 États membres avaient informé la Commission de la transposition de la directive PIF dans leur droit national; invite la Commission à faire tout son possible pour encourager tous les États membres à participer au Parquet européen et exhorte les cinq États membres qui ne participent pas encore au Parquet européen à le faire dans les meilleurs délais;

64.

rappelle que, en vertu de la décision d’exécution (UE) 2018/1696 du Conseil, le comité de sélection des procureurs européens évalue les candidats et fournit au Conseil un classement dont il doit tenir compte, mais qui, en vertu de la décision d’exécution, n’est pas contraignant; rappelle qu’en ce qui concerne les candidats désignés par la Belgique, la Bulgarie et le Portugal, le Conseil n’a pas suivi l’ordre de préférence du comité de sélection; relève que le 27 juillet 2020, l’Autriche, l’Estonie, le Luxembourg et les Pays-Bas ont publié une déclaration affirmant qu’«il faut éviter une mise en concurrence d’ordres de préférence entre des comités de sélection nationaux et le comité de sélection européen, sous peine de vider de sa substance la composante européenne de la procédure de nomination»;

65.

souligne avec une grande inquiétude que Malte n’a pas été en mesure de désigner trois candidats qualifiés pour le collège des procureurs européens, ce qui a entraîné un retard dans la finalisation de ce dernier; est particulièrement préoccupé, en outre, par les rapports médiatiques selon lesquels le gouvernement portugais a fourni au Conseil des informations erronées sur le titre et l’expérience du candidat qui a été classé en deuxième position par le comité européen de sélection, puis nommé au poste de procureur européen portugais; est également préoccupé par le fait que l’un des candidats belges non retenus a déposé une plainte devant la Cour de justice de l’Union européenne concernant la procédure de sélection; déplore le fait que ces questions aient rejeté à l’arrière-plan la constitution du collège des procureurs européens et invite les États membres concernés à fournir au Parlement toutes les informations et tous les documents nécessaires pour évaluer pleinement la validité de la procédure de sélection;

66.

rappelle que les procureurs européens et délégués doivent être indépendants et que toute intervention présumée d’un gouvernement national en faveur d’un candidat contre la recommandation du comité européen de sélection aurait des répercussions négatives graves sur la réputation, l’intégrité et l’indépendance du Parquet européen en tant qu’institution;

La lutte contre la corruption

67.

salue l’adoption de la directive (UE) 2019/1937 (la «directive sur la protection des lanceurs d’alerte») en notant que le délai de transposition a été fixé au 17 décembre 2021; demande à la Commission de suivre de près et d’assister les États membres, pour assurer la transposition complète, correcte et en temps utile de la directive, et de commencer à évaluer la mise en œuvre par les États membres dès l’expiration du délai;

68.

souligne l’importance des médias indépendants et des journalistes d’investigation et rappelle la nécessité de les protéger; invite la Commission à prévoir des protections juridiques importantes, assimilables à celles prévues pour les lanceurs d’alerte, et à mettre au point des mesures globales de protection et de financement du journalisme indépendant d’investigation, y compris un mécanisme de réaction rapide pour les journalistes en détresse et une législation efficace contre les poursuites stratégiques contre la mobilisation publique;

69.

insiste sur l’importance des progrès accomplis en ce qui concerne les initiatives législatives et politiques de la Commission destinées à prévenir et à combattre la corruption, ainsi que du suivi et de l’évaluation réguliers des cadres juridiques des États membres par l’intermédiaire du nouveau rapport sur l’état de droit; rappelle toutefois, tout en réitérant ses regrets que la Commission ne juge plus nécessaire de publier un rapport spécifique sur la lutte contre la corruption, que le nouveau rapport sur l’état de droit est hautement descriptif; invite la Commission à renforcer ces rapports en émettant des recommandations lorsque des lacunes sont recensées;

70.

est très préoccupé par les conclusions du rapport 2020 sur l’état de droit, qui met en lumière des préoccupations quant à l’efficacité des enquêtes, des poursuites et des jugements dans les affaires de corruption, y compris les affaires de corruption de haut niveau, dans plusieurs États membres, par exemple en Bulgarie, en Croatie, en Tchéquie, en Hongrie, à Malte et en Slovaquie; insiste sur la nécessité de poursuivre systématiquement la corruption de haut niveau au moyen d’actions cohérentes et résolues, afin de lancer des enquêtes criminelles et de juger les affaires de corruption impliquant des fonctionnaires de haut niveau ou leur entourage immédiat lorsque de graves allégations sont soulevées;

71.

souligne que les institutions chargées de l’application du droit pénal doivent fonctionner de manière efficace et impartiale, et que, pour pouvoir remplir leurs missions, elles doivent bénéficier d’un financement, de ressources humaines, de moyens techniques et d’une expertise spécialisée adéquats;

72.

souligne que le lien entre corruption et fraude dans l’Union peut avoir une incidence négative sur le budget de l’Union; invite la Commission à envisager la création d’un réseau d’autorités chargées de la prévention de la corruption dans l’Union européenne;

73.

se félicite du rôle d’observateur joué par l’Union auprès du Groupe d’États contre la corruption (GRECO), tout en réitérant sa recommandation selon laquelle l’Union devrait devenir membre du GRECO; apporte son soutien plein et entier à la déclaration de Stockholm de décembre 2019, appelant les décideurs européens à renforcer la lutte contre la corruption;

74.

note que la base juridique appropriée pour que l’Union européenne devienne un membre à part entière du GRECO est l’article 83 du traité FUE, lu conjointement avec l’article 218 du traité FUE; remarque que la qualité de membre à part entière du GRECO pour l’Union européenne nécessiterait une invitation du comité des Ministres du Conseil de l’Europe et la conclusion d’un accord entre le Conseil de l’Europe et l’Union sur les modalités d’adhésion; note que la procédure décisionnelle applicable pour la conclusion d’accords internationaux est définie à l’article 218 du traité FUE, procédure au titre de laquelle le Conseil, agissant sur recommandation de la Commission, devrait autoriser cette dernière à négocier les modalités d’une adhésion au GRECO avec le Conseil de l’Europe et demander l’approbation du Parlement européen, après quoi le Conseil peut adopter une décision portant conclusion de l’accord;

75.

note qu’au cas où l’Union deviendrait membre à part entière du GRECO, les institutions européennes pourraient être surveillées et évaluées par le groupe d’États; souligne que le système d’évaluation du GRECO devrait tenir compte de la nature spécifique de l’Union européenne, en tant qu’union fondée sur le principe d’attribution des compétences, de ses institutions et des particularités du droit de l’Union; souligne que les droits et obligations de l’Union au sein du GRECO et les modalités pratiques de son adhésion en tant qu’entité juridique distincte, outre l’ensemble de ses États membres, devraient être clarifiés en amont dans l’accord sur les modalités d’adhésion;

76.

constate qu’en matière de renforcement de la transparence, de lutte contre la corruption et de prévention des conflits d’intérêts dans les marchés publics, huit mesures de nature législative, organisationnelle et administrative ont été déclarées par les États membres en 2019;

77.

invite de nouveau la Commission à mettre en place un mécanisme d’évaluation interne de la corruption pour les institutions de l’Union;

78.

est préoccupé par le fait que le Procureur général en chef tchèque cite la pression permanente exercée par le ministre de la Justice comme raison de sa récente démission; demande à la Commission d’étudier les vulnérabilités du système judiciaire tchèque et d’examiner attentivement l’éventuel abandon ou la clôture prématurée d’autres affaires impliquant des membres du gouvernement tchèque, potentiellement à la suite de pressions ou d’ingérences injustifiées; demande à la Commission de procéder également à cette analyse pour tous les autres États membres et de tenir le Parlement informé de ses résultats et conclusions;

Recommandations

79.

invite de nouveau la Commission à mettre en place un système numérique et interopérable uniforme de collecte de données comparables sur les irrégularités et les cas de fraude relevés dans les États membres, en vue de normaliser le processus de signalement et de garantir la qualité et la comparabilité des données fournies; insiste sur l’importance d’harmoniser les définitions pour obtenir des données comparatives à l’échelle de l’Union;

80.

invite la Commission à s’assurer de la pleine transparence et de la bonne qualité des données communiquées par les États membres par l’intermédiaire du système de gestion des irrégularités; invite instamment les États membres à communiquer des données complètes en temps utile; invite la Commission et les États membres à relier le système de gestion des irrégularités au système EDES et à la base de données Arachne et à en fournir l’accès à tous les États membres et à la Commission;

81.

souligne la nécessité d’une coopération plus étroite entre les États membres en ce qui concerne l’échange d’informations, afin d’améliorer la collecte des données et de renforcer l’efficacité des contrôles; (AM 2 ne concerne pas la version FR);

82.

rappelle que le système EDES, en tant que liste noire de l’Union, offre d’énormes possibilités en matière de signalement des personnes et des sociétés qui utilisent les fonds de l’Union à mauvais escient; relève, en outre, l’arrêt du Tribunal du 13 mai 2020 dans l’affaire T-290/18 (Agmin Italy SpA contre Commission), dans lequel la Cour de justice a confirmé la validité des rôles respectifs du panel et des ordonnateurs, et que la procédure contradictoire menée par le panel avait pleinement respecté le droit d’être entendu de l’entité concernée; invite la Commission à inclure l’extension du système EDES aux fonds en gestion partagée dans sa proposition de révision du règlement financier; demande à la Commission de doter ce système des ressources financières et humaines nécessaires pour lui permettre de fonctionner à temps plein;

83.

déplore le fait qu’il existe plus de 290 systèmes de suivi et d’élaboration de rapports pour la PAC et les fonds de cohésion, ce qui ne permet pas de vérifier les bénéficiaires finaux de ces fonds, ni de prévenir et d’enquêter efficacement sur la fraude et la corruption; invite la Commission et les États membres à mettre en place un système d’élaboration de rapports harmonisé ou unifié avec des données actualisées et précises, afin de remédier à la situation;

84.

rappelle la nécessité d’une réaction et d’une coordination bien plus incisives et efficaces, tant au niveau national que de l’Union, dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, y compris de type mafieux, axées en particulier sur les aspects transnationaux et transfrontaliers, afin de contrer la capacité des fraudeurs à s’adapter constamment aux nouvelles technologies et aux nouveaux scénarios; souligne que cela pourrait être réalisé en ayant recours aux outils de l’IA, de l’extraction de données et à d’autres outils dématérialisés, tout en respectant la protection des données à caractère personnel;

85.

souligne l’importance particulière des institutions et organes antifraude de l’Union et nationaux dans le cadre de l’augmentation des ressources de l’Union au moyen de la facilité pour la reprise et la résilience; rappelle l’importance de soutenir et de renforcer la coopération entre les institutions de l’Union, le Parquet européen, l’OLAF, les agences de l’Union — notamment Europol et Eurojust — et les autorités nationales, afin de pouvoir détecter et réprimer plus efficacement la fraude et la corruption, tout en évitant les chevauchements de rôles et en favorisant l’échange d’informations; rappelle la nécessité de garantir que des ressources plus importantes et plus appropriées soient fournies au Parquet européen, à l’OLAF et aux agences compétentes de l’Union dans les futurs budgets; demande de nouveau que le Parquet européen puisse utiliser les ressources financières du budget 2021 pour recruter du personnel supplémentaire, notamment compte tenu de l’augmentation de la charge de travail résultant de l’adoption du nouveau budget à long terme de l’Union, de Next Generation EU et d’autres projets inducteurs de coûts;

86.

insiste sur l’importance d’un échange structuré d’informations entre les autorités compétentes aux fins de la vérification croisée des registres comptables répertoriant les transactions entre deux ou plusieurs États membres, afin de prévenir la fraude transfrontalière visant les fonds structurels et d’investissement; renouvelle sa demande à la Commission d’inclure dans son programme de travail une proposition législative de règlement transversal relatif à l’assistance administrative mutuelle dans le domaine des dépenses de l’Union; souligne que cet échange d’informations devrait avoir lieu dans un format numérique et être mené au moyen de systèmes et d’outils informatiques interopérables ou partagés afin d’encourager une coopération plus rapide et plus efficace;

87.

déplore que seuls 13 États membres aient eu recours à la base de données Arachne à l’occasion de leurs analyses des risques; rappelle l’importance de cet outil et de l’interopérabilité des systèmes informatiques et des bases de données pour l’analyse du risque de fraude et la détection de celle-ci; demande de nouveau à la Commission et aux États membres au sein du Conseil, notamment, de se rapprocher de la position du Parlement consistant à rendre obligatoire l’utilisation de la base de données Arachne; invite les États membres à veiller à ce que le système soit alimenté par des données fiables et disponibles en temps utile; est d’avis que la Commission, la Cour des comptes, le Parquet européen et l’OLAF doivent avoir accès à ces données;

88.

constate que 16 États membres ont renforcé leur analyse des risques afin de détecter les fraudes et les irrégularités grâce à l’utilisation d’outils informatiques; invite la Commission à faciliter les échanges de bonnes pratiques entre ces pays et les États membres non expérimentés;

89.

relève avec inquiétude qu’aucune information n’est fournie dans le rapport PIF sur l’analyse des cas de conflits d’intérêts, malgré la pertinence de la nouvelle disposition adoptée en 2018 dans le règlement financier et de l’importance ainsi que de l’incidence bien connues de ce phénomène; demande par conséquent à la Commission d’y remédier dans le prochain rapport PIF et de porter une attention toute particulière aux fraudes liées aux marchés publics;

90.

souligne que, pour lutter efficacement contre la corruption et afin de protéger les intérêts financiers de l’Union, la Commission devrait adopter une approche globale, cohérente et systématique, en élaborant de meilleures règles sur la transparence, les incompatibilités et les conflits d’intérêts, les mécanismes de contrôle interne, le lobbying illégitime et le pantouflage, qui peuvent nuire aux relations entre les institutions et les représentants d’intérêts;

91.

invite la Commission à explorer de nouvelles pistes quant au partage et à l’analyse du rapport PIF parallèlement à d’autres sources d’information et rapports annuels, tels que le rapport sur l’état de droit, y compris au moyen d’un dialogue renforcé entre Europol, Eurojust et le Parquet européen, de façon à contribuer à la détection des tendances en matière d’irrégularités frauduleuses et non frauduleuses, à la mise au jour des faiblesses du système et au partage d’enseignements utiles afin d’améliorer l’adoption de mesures de protection contre la fraude par toutes les parties prenantes;

92.

salue les événements organisés par l’OLAF en 2019, consacrés spécifiquement au soutien des pays non membres de l’Union; encourage vivement la Commission, l’OLAF et l’ensemble des autres institutions et organismes de l’Union chargés de la protection des intérêts financiers de celle-ci à dialoguer et à collaborer activement avec les autorités partenaires dans les pays candidats, les pays candidats potentiels et les pays du Partenariat oriental, en promouvant des mesures visant à traiter efficacement les éventuels cas de fraude; invite la Commission à élaborer des mécanismes spécifiques et réguliers pour prévenir et combattre efficacement la fraude concernant les fonds de l’Union dans ces États;

93.

déplore le fait que le Parlement doive adresser à maintes reprises plusieurs recommandations sans recevoir de réponse claire de la part de la Commission; note avec regret que s’agissant de certaines observations et recommandations, la Commission n’a malheureusement pris aucune action ou mesure tangible; demande à la Commission de fournir une explication claire au Parlement lorsqu’elle décide de ne pas suivre l’une de ses recommandations;

o

o o

94.

charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO C 377 du 9.11.2020, p. 13.

(2) JO L 248 du 18.9.2013, p. 1.

(3) JO L 437 du 28.12.2020, p. 49.

(4) JO C 295 du 2.9.2019, p. 24.

(5) JO C 255 du 29.7.2019, p. 31.

(6) JO C 215 du 29.6.2020, p. 29.

(7) JO L 305 du 26.11.2019, p. 17.

(8) JO L 198 du 28.7.2017, p. 29.

(9) JO L 283 du 31.10.2017, p. 1.

(10) JO L 274 du 28.10.2019, p. 1.

(11) JO C 252 du 18.7.2018, p. 56.

(12) JO L 424 du 15.12.2020, p. 1.

(13) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 1.

(14) JO L 172 du 17.5.2021, p. 110.

(15) Chypre, Luxembourg et Malte.

(16) Rapport PIF, chapitre 10.2, p. 31.

(17) Règlement (CE) no 515/97 du Conseil du 13 mars 1997 relatif à l’assistance mutuelle entre les autorités administratives des États membres et à la collaboration entre celles-ci et la Commission en vue d’assurer la bonne application des réglementations douanière et agricole (JO L 82 du 22.3.1997, p. 1).

(18) Cour des comptes de l’Union européenne, «L’audit de l’UE en bref. Présentation des rapports annuels de la Cour des comptes européenne relatifs à l’exercice 2017», p. 11.

(19) JO L 193 du 30.7.2018, p. 1.

(20) JO L 347 du 20.12.2013, p. 320.

(21) Allemagne, Belgique, Croatie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Irlande, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie et Suède.

(22) Belgique, Espagne, Pays-Bas et Roumanie.


Documents similaires

Initiative législative52021IP0508

Initiative législative — 52021IP0508

16/12/2021

Initiative législative52021IP0509

Initiative législative — 52021IP0509

16/12/2021

Initiative législative52021IP0511

Initiative législative — 52021IP0511

16/12/2021

Initiative législative52021IP0512

Initiative législative — 52021IP0512

16/12/2021

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →