Initiative législative — 52021IP0472
| CELEX | 52021IP0472 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 25 novembre 2021 |
Texte intégral
| 8.6.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 224/69 |
P9_TA(2021)0472
Politique et législation en matière de migration légale
Résolution du Parlement européen du 25 novembre 2021 contenant des recommandations à la Commission sur la politique et la législation en matière de migration légale (2020/2255(INL))
(2022/C 224/06)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 225 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu l’article 3, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne, |
| — | vu l’article 79 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et notamment son article 45, |
| — | vu le socle européen des droits sociaux, et en particulier ses principes 5, 10, 12 et 16, |
| — | vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et notamment l’article 2 de son protocole no 4, |
| — | vu l’acquis de l’Union en matière de migration légale qui s’est constitué entre 2003 et 2021 et qui réglemente les conditions d’entrée et de séjour ainsi que les droits des ressortissants de pays tiers travaillant au sein de l’Union, comprenant: |
| — | la directive (UE) 2021/1883 du Parlement européen et du Conseil du 20 octobre 2021 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié, et abrogeant la directive 2009/50/CE du Conseil (1), |
| — | la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 relative aux conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers à des fins de recherche, d’études, de formation, de volontariat et de programmes d’échange d’élèves ou de projets éducatifs et de travail au pair (2), |
| — | la directive 2014/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi en tant que travailleur saisonnier (3), |
| — | la directive 2014/66/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers dans le cadre d’un transfert temporaire intragroupe (4), |
| — | la directive 2011/98/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État membre (5), |
| — | la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (6), |
| — | la directive 2003/109/CE du Conseil, du 25 novembre 2003, sur le statut de résident longue durée en faveur des ressortissants de pays tiers (7), |
| — | la directive 2003/86/CE du Conseil du 22 septembre 2003 relative au droit au regroupement familial (8), |
| — | vu la directive 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d’une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection (9), |
| — | vu le règlement (UE) 2016/589 du Parlement européen et du Conseil du 13 avril 2016 relatif à un réseau européen des services de l’emploi (EURES), à l’accès des travailleurs aux services de mobilité et à la poursuite de l’intégration des marchés du travail, et modifiant les règlements (UE) no 492/2011 et (UE) no 1296/2013 (10), |
| — | vu le règlement (UE) 2019/1149 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 instituant l’Autorité européenne du travail, modifiant les règlements (CE) no 883/2004, (UE) no 492/2011 et (UE) 2016/589, et abrogeant la décision (UE) 2016/344 (11), |
| — | vu les conclusions du Conseil européen du 24 juin 2021 sur la COVID-19 et les migrations, et notamment le point 12, |
| — | vu le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union européenne, |
| — | vu le document de travail des services de la Commission du 29 mars 2019 intitulé «Fitness Check on EU Legislation on legal migration» (bilan de qualité de la législation de l’UE relative à la migration régulière, ci-après dénommé «bilan de qualité»), |
| — | vu la communication de la Commission du 13 mai 2015 intitulée «Un agenda européen en matière de migration», |
| — | vu la communication de la Commission du 24 novembre 2020 intitulée «Plan d’action en faveur de l’intégration et de l’inclusion pour la période 2021-2027», |
| — | vu la communication de la Commission du 6 avril 2016 intitulée «Vers une réforme du régime d’asile européen commun et une amélioration des voies d’entrée légale en Europe», |
| — | vu la communication de la Commission du 12 septembre 2018 intitulée «Développer les voies d’entrée légales en Europe: un volet indispensable pour une politique migratoire équilibrée et globale», |
| — | vu la communication de la Commission du 23 septembre 2020 sur un nouveau pacte sur la migration et l’asile, |
| — | vu le plan d’action et la déclaration politique adoptés lors du sommet Union européenne-Afrique sur la migration, qui s’est tenu à La Valette les 11 et 12 novembre 2015, et en particulier leurs parties respectives sur la migration légale et la mobilité, |
| — | vu le communiqué de presse de la Commission du 11 juin 2021 intitulée «Partenariats destinés à attirer les talents: la Commission lance une nouvelle initiative pour remédier aux pénuries de compétences dans l’UE et améliorer la coopération en matière de migration avec les pays partenaires», |
| — | vu l’étude du Centre commun de recherche de la Commission du 23 avril 2020 intitulée «Immigrant key workers: Their contribution to Europe’s COVID-19 response» (Travailleurs migrants pivots: leur contribution à la réponse de l’Europe face à la COVID-19) et le rapport technique du Centre commun de recherche de la Commission du 19 mai 2020 intitulé «A vulnerable workforce: Migrant workers in the COVID-19 pandemic» (Une main-d’œuvre vulnérable: les travailleurs migrants face à la pandémie de COVID-19), |
| — | vu sa résolution du 12 avril 2016 sur la situation en Méditerranée et sur la nécessité d’une approche globale de la question des migrations de la part de l’Union européenne (12), |
| — | vu sa résolution du 19 juin 2020 sur la protection des travailleurs transfrontières et saisonniers dans l’Union dans le contexte de la crise de la COVID-19 (13), |
| — | vu sa résolution du 20 mai 2021 sur de nouvelles voies pour une migration économique légale, sur la base d’un rapport d’initiative de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (14), |
| — | vu l’étude du département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles de sa direction générale des politiques internes de septembre 2015 intitulée «Explorer de nouvelles voies pour la législation en matière de migration économique vers l’Union européenne», |
| — | vu l’étude du département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles de sa direction générale des politiques internes d’octobre 2015 intitulée «La coopération de l’Union européenne avec des pays tiers dans le domaine de la migration», |
| — | vu l’étude du service de recherche du Parlement européen de mars 2019 intitulée «The cost of non-Europe in the area of legal migration» (Le coût de la non-Europe dans le domaine de la migration légale), |
| — | vu l’étudedu service de recherche du Parlement européen de septembre 2021 intitulée «Legal migration policy and law — European added value assessment» (Politique et législation de l’Union en matière de migration légale — Évaluation de la valeur ajoutée européenne), |
| — | vu les études du réseau européen des migrations, |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme, et notamment son article 13, |
| — | vu le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières du 19 décembre 2018, |
| — | vu les normes internationales du travail relatives aux migrations de main-d’œuvre, adoptées par la Conférence internationale du travail de l’Organisation internationale du travail, |
| — | vu la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990, |
| — | vu les études de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur la migration légale, |
| — | vu les travaux et les rapports du rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme des migrants, |
| — | vu l’étude du Centre pour le développement mondial du 15 juillet 2019 intitulée «Maximising the Shared Benefits of Legal Migration Pathways: Lessons from Germany’s Skills Partnerships» (Maximiser les avantages mutuels des voies de migration légale: enseignements tirés des partenariats en matière de compétences allemands), |
| — | vu le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations du 20 octobre intitulé «Rapport sur la migration en Afrique: Remettre en question le récit», |
| — | vu l’étude du service de recherche du Parlement européen d’août 2021 intitulée «The European Commission’s New Pact on Migration and Asylum — Horizontal substitute impact assessment» (Le nouveau pacte de la Commission européenne sur la migration et l’asile — Analyse d’impact de substitution horizontale), |
| — | vu les articles 47 et 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission du développement, |
| — | vu le rapport de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (A9-0314/2021), |
| A. | considérant qu’il est aussi important de mettre en œuvre de manière appropriée les actes juridiques existants en matière de migration de main-d’œuvre que d’en proposer de nouveaux; |
| B. | considérant qu’aux termes de l’article 79, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, «l’Union développe une politique commune de l’immigration visant à assurer, à tous les stades, une gestion efficace des flux migratoires, un traitement équitable des ressortissants de pays tiers en séjour régulier dans les États membres, ainsi qu’une prévention de l’immigration clandestine et de la traite des êtres humains et une lutte renforcée contre celles-ci»; |
| C. | considérant que l’Union figure au premier rang des investisseurs pour développer le capital humain dans les pays voisins; |
| D. | considérant que la création de voies d’entrée légales supplémentaires à l’échelle de l’Union pourrait contribuer à doter les États membres d’un instrument pour faire convenablement face à aux enjeux démographiques de demain, répondre aux besoins des marchés du travail qui ne peuvent être satisfaits par la main-d’œuvre nationale et améliorer l’adéquation des compétences sur lesdits marchés; |
| E. | considérant qu’en 2020, 23 millions de ressortissants de pays tiers résidaient légalement dans les États membres de l’Union, soit environ 5,1 % de la population totale de l’Union (15); |
| F. | considérant que le faible taux de délivrance des permis de séjour de longue durée indique qu’il est peut-être nécessaire de les rendre plus attractifs en révisant éventuellement la directive 2003/109/CE afin de clarifier les avantages de détenir un permis de séjour de longue durée — UE et de rapprocher les dispositifs législatifs nationaux; |
| G. | considérant que, selon le rapport de la Commission sur les conséquences de l’évolution démographique, adopté le 17 juin 2020 (16), l’âge médian de la population de l’Union est aujourd’hui de 44 ans, qu’il augmente depuis plusieurs années et continuera à augmenter pendant au moins deux décennies encore; |
| H. | considérant que cette tendance signifie qu’au cours des prochaines décennies, l’Union sera confrontée à une part croissante de la population composée de personnes de 65 ans et plus, tandis que la part de la population en âge de travailler devrait diminuer au cours de la même période; |
| I. | considérant que le bilan de qualité montre que les règles actuelles de l’Union en matière de migration légale n’ont contribué que de manière limitée à attirer les compétences et les talents dont le marché du travail et l’économie de l’Union ont besoin et que le cadre juridique en vigueur est «fragmenté et présente un certain nombre de lacunes ainsi que des problèmes de mis en œuvre»; |
| J. | considérant que les principales conclusions du bilan de qualité mettent en évidence que des politiques efficaces en matière de migration légale sont essentielles à la gestion des flux migratoires; |
| K. | considérant que la commissaire Ylva Johansson a indiqué, à l’occasion du lancement du partenariat destiné à attirer les talents du 11 juin 2021, que remplacer la migration irrégulière par des voies d’entrée légales est l’objectif stratégique de la Commission (17); |
| L. | considérant que les mesures liées aux visas peuvent constituer une incitation positive en faveur du dialogue avec les pays tiers; que la pleine mise en œuvre du code des visas récemment révisé (18) et des efforts supplémentaires pour assouplir le régime des visas avec les pays tiers font partie intégrante d’une approche globale de la politique migratoire décrite dans le nouveau pacte sur la migration et l’asile; qu’un renforcement de la coopération et de l’échange d’informations contribuerait à détecter les abus en matière de visas; |
| M. | considérant que les cadres de partenariat entre les États membres et les pays tiers peuvent servir d’outil essentiel pour accélérer la reconnaissance mutuelle des compétences et des qualifications des travailleurs migrants en situation régulière; |
| N. | considérant que plusieurs États membres ont déjà noué des partenariats fructueux avec des pays tiers afin de créer une voie d’entrée légale pour les travailleurs migrants et de répondre aux besoins du marché du travail à plus petite échelle à la faveur de projets pilotes; que les partenariats destinés à attirer les talents devraient reposer sur les enseignements positifs tirés de ces projets; |
| O. | considérant que le partenariat européen renouvelé pour l’intégration avec les partenaires sociaux et économiques examine les possibilités d’étendre la coopération future dans le domaine de la migration de main-d’œuvre; |
| P. | considérant que l’inadéquation des compétences sur le marché du travail des États membres s’est révélée très coûteuse pour l’Union, en ceci que son économie a perdu 2 % de productivité par an d’après une étude du Comité économique et social européen menée en 2018 (19); que cette étude indique également que l’inadéquation intervient à tous les niveaux de qualification, des cuisiniers aux conducteurs de camions, en passant par les docteurs en médecine et les enseignants; qu’elle affirme que les dispositifs législatifs actuels sont insuffisants pour garantir que l’Union reste économiquement compétitive à court, moyen et long termes, et pour répondre à la demande des marchés du travail des États membres; |
| Q. | considérant qu’en 2017, quelque 3,1 millions de ressortissants de pays tiers étaient titulaires d’un permis de séjour de longue durée — UE contre environ 7,1 millions de ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis de séjour de longue durée national (20); |
| R. | considérant que les deux principaux objectifs de la directive 2011/98/UE sont de faciliter les procédures de demande d’un permis unique de séjour et de travail et de garantir l’égalité de traitement; que l’évaluation de cette directive dans le cadre du bilan de qualité et le rapport sur sa mise en œuvre ont mis en évidence un certain nombre d’insuffisances en ce qui concerne la réalisation de ces objectifs; que dans le nouveau pacte sur la migration et l’asile, la Commission a annoncé plusieurs nouvelles initiatives, y compris une révision de ladite directive, afin de remédier à ces insuffisances; |
| S. | considérant que l’évolution technologique a transformé le monde du travail et a engendré une situation dans laquelle de nombreux salariés et indépendants de l’Union télétravaillent; que les travailleurs à distance se trouvent actuellement dans une zone juridique grise, car ils ne peuvent pas demander de permis de travail classique dans un État membre (21); |
| T. | considérant que plusieurs États membres ont lancé les «visas pour nomades numériques», dont l’objectif est de faciliter le séjour des télétravailleurs ou des télétravailleurs indépendants dans un État membre et de leur permettre de travailler (22); |
| U. | considérant que l’Union traverse une phase de reprise économique au lendemain de la pandémie; que des dispositifs législatifs améliorés en matière de migration de main d’œuvre légale constituent un facteur déterminant pour la reprise économique de l’Union; |
| V. | considérant que, selon une étude du Centre commun de recherche de la Commission du 23 avril 2020 intitulée «Immigrant key workers: Their contribution to Europe’s COVID-19 response» (Travailleurs migrants pivots: leur contribution à la réponse de l’Europe face à la COVID-19), une moyenne de 13 % de travailleurs essentiels pour la société sont des immigrants de l’Union, ce qui montre qu’ils ont joué un rôle capital dans la capacité de l’Union à faire face à la pandémie de COVID-19; |
| W. | considérant que le lien direct entre le droit de séjour des ressortissants de pays tiers en séjour régulier et leur employeur les expose potentiellement à une situation d’exploitation au travail; que des voix se sont élevées pour demander que ces types de permis soient progressivement supprimés et de permettre plutôt aux ressortissants de pays tiers en séjour régulier de changer d’employeur sans perdre leur permis de travail (23); |
| X. | considérant que la directive 2009/52/CE prévoit des sanctions et des mesures qui peuvent être prises à l’encontre des employeurs qui exploitent illégalement des travailleurs ressortissants de pays tiers; que les ressortissants de pays tiers qui sont entrés légalement dans l’Union peuvent également être exploités et devraient bénéficier du même niveau de protection; |
| Y. | considérant que l’autorité européenne du travail a renforcé ses capacités opérationnelles transfrontières pour soutenir et renforcer l’inspection et les autorités nationales du travail, ainsi que les partenaires sociaux, afin de favoriser la mobilité équitable de la main-d’œuvre et de combattre la fraude et les abus transfrontières; |
| 1. | estime que, pour faire face aux défis démographiques de demain dans les États membres au vu des statistiques indiquant que la part de la population âgée de 65 ans ou plus devrait représenter environ un tiers de la population de l’Union d’ici à 2050 (24), ce qui entraînera des pénuries de main-d’œuvre notables à tous les niveaux de compétences (25), l’Union doit présenter de nouvelles voies pour une migration de main d’œuvre légale vers l’Union, tout en tenant compte que les marchés du travail des États membres sont différents et ne font pas face aux mêmes types de pénuries et de problèmes en matière de main-d’œuvre; est d’avis que ces nouvelles voies se révéleront incontournables pour accroître la compétitivité économique de l’Union et son influence dans le monde en tant que porte-drapeau de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme et du libre-échange des biens et des services, et en tant que chef de file de la lutte contre le changement climatique; fait observer que ces nouvelles voies devraient garantir des conditions de travail décentes et réduire l’exploitation des travailleurs issus pays tiers; relève en outre que, dans un scénario où les obstacles à la migration de main d’œuvre légale sont réduits et où la discrimination sur le marché du travail à l’encontre des travailleurs issus de pays tiers est plus faible, on estime qu’il pourrait en résulter des gains de PIB à long terme de l’ordre de 74 milliards d’euros par an dans l’Union (26); est préoccupé par les barrières élevées à la migration de main d’œuvre légale qui rendent l’Union moins attractive dans le contexte de la concurrence mondiale des travailleurs, quel que soit leur niveau de qualification; souligne que l’introduction de nouvelles possibilités légales permettant l’entrée de migrants sur le territoire de l’Union en vue d’y travailler pourraient générer jusqu’à 37,6 milliards d’euros en gains de PIB annuels (27); |
| 2. | demande à la Commission de soumettre, d’ici le 31 janvier 2022, sur la base de l’article 79, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, notamment ses points a) et b), une proposition d’acte comportant un ensemble de propositions visant à faciliter et à promouvoir l’entrée et la mobilité dans l’Union de ressortissants de pays tiers qui migrent légalement et qui postulent à un emploi ou sont déjà titulaires d’un permis de travail, et qui, en alignant les dispositions de toutes les directives existantes en matière de migration légale, pourrait contribuer à réduire la bureaucratie, à favoriser l’harmonisation, à promouvoir les droits fondamentaux, tels que l’égalité de traitement, et à empêcher l’exploitation au travail, en suivant les recommandations figurant à l’annexe du présent rapport; fait observer qu’un nouvel acte destiné à soutenir la migration de main d’œuvre légale en provenance de pays tiers et une plus grande mobilité reste l’une des principales réponses à l’inadéquation actuelle entre l’offre et la demande de main-d’œuvre; |
| 3. | estime que la création d’un réservoir de talents de l’Union pour les ressortissants de pays tiers qui souhaitent postuler à un emploi en vue d’une migration légale vers un État membre, ainsi que pour permettre aux employeurs établis dans l’Union de rechercher des travailleurs potentiels dans des pays tiers, serait un outil essentiel pour atteindre l’objectif de l’acte proposé et invite la Commission à inclure la création d’un tel réservoir de talents dans sa proposition; propose que la Commission inclue, dans le réservoir de talents, un réseau à distance de talents de l’Union qui permettrait aux ressortissants de pays tiers de travailler à distance dans un État membre autre que celui dans lequel ils résident et à la Commission et aux États membres de travailler ensemble afin de mieux comprendre les avantages et les inconvénients liés au recrutement à distance des talents que représentent des ressortissants de pays tiers, et de promouvoir un recrutement à distance équitable de talents internationaux; souligne que les États membres pourraient utiliser ce réseau à titre facultatif; |
| 4. | soutient la déclaration de la Commission dans sa communication du 23 septembre 2020 sur un nouveau pacte sur la migration et l’asile concernant le renforcement d’une mobilité à court terme de bonne foi en complément des voies légales, en particulier à des fins de recherche ou d’études, afin d’améliorer la coopération en amont avec les pays tiers et demande à la Commission d’explorer davantage cette voie; |
| 5. | demande à la Commission de tenir compte de l’article 15, paragraphe 1, de l’accord provisoire partiel du Parlement et du Conseil sur la refonte de la directive relative aux conditions d’accueil, ce qui réduirait l’incidence négative de l’inactivité forcée jusqu’à la finalisation de la procédure d’asile; |
| 6. | se félicite de la directive (UE) 2021/1883 (la directive «carte bleue» révisée), mais la juge insuffisante, car les marchés du travail de l’Union ont également besoin de travailleurs peu et moyennement qualifiés, même si ces besoins diffèrent; relève que l’Union est déjà fortement tributaire de ceux-ci dans des secteurs essentiels, tels que l’agriculture et les soins de santé (28); demande dès lors à la Commission de se fixer comme priorité de prévoir dans sa proposition un régime d’admission ambitieux pour les travailleurs étrangers peu ou moyennement qualifiés en consultation avec les partenaires sociaux et la société civile, tout en prenant en considération les besoins des États membres; invite la Commission à prévoir la création d’un cadre pour la validation et la reconnaissance des compétences et des qualifications des ressortissants de pays tiers, y compris dans le domaine de la formation professionnelle, qui s’appuie sur des critères objectifs et uniformes, afin de faciliter leur intégration précoce sur le marché du travail; demande que le cadre pour la validation et la reconnaissance des compétences et des qualifications garantisse aux ressortissants de pays tiers un traitement équitable pendant la procédure de validation et de reconnaissance, permette des régimes et des procédures efficaces et facilite l’obtention simple et efficace d’informations; encourage la Commission à insister pour que les autorités nationales continuent de partager des informations et les meilleures pratiques; invite en outre la Commission à promouvoir par tous les moyens possibles, y compris au moyen de campagnes ciblées, la directive «carte bleue» révisée, y compris dans les start-up et dans le secteur des technologies de l’information, où les compétences sont reconnues équivalentes aux qualifications conformément à l’article 26, lu conjointement avec l’annexe I, de ladite directive; rappelle néanmoins que, selon l’article 79, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ledit article «n’affecte pas le droit des États membres de fixer les volumes d’entrée des ressortissants de pays tiers, en provenance de pays tiers, sur leur territoire dans le but d’y rechercher un emploi salarié ou non salarié»; |
| 7. | estime que l’Union a besoin d’attirer davantage de travailleurs indépendants et d’entrepreneurs et doit renforcer l’innovation, par exemple au moyen de programmes de mobilité pour les jeunes et pour les nomades; demande à la Commission, pour permettre à l’Union de maintenir sa position et sa compétitivité sur le marché mondial, de renforcer la souplesse, la robustesse, la stabilité et la croissance de son économie, tout en créant de nouvelles perspectives d’activité économique et d’emploi; invite la Commission à inclure dans sa proposition un régime d’admission à l’échelle de l’Union pour l’entrée et le séjour de travailleurs indépendants et d’entrepreneurs, fondé sur des critères objectifs et uniformes, en particulier pour ceux qui s’efforcent de créer des petites et moyennes entreprises et des start-up, ainsi que pour l’entrée et le séjour de ressortissants de pays tiers indépendants hautement mobiles, tels que les artistes et les professionnels de la culture; insiste sur le fait que les régimes proposés doivent inclure des mesures qui renforcent les droits fondamentaux et favorisent l’égalité de traitement pour les travailleurs issus de pays tiers; estime que la Commission devrait introduire un visa à entrées multiples de cinq ans permettant à cette catégorie de ressortissants de pays tiers d’entrer dans l’Union pendant une durée maximale de 90 jours par an; |
| 8. | demande à la Commission de prévoir dans sa proposition un cadre pour les partenariats destinés à attirer les talents avec les pays tiers auxquels les États membres pourraient adhérer sur une base volontaire, adapté à la situation et dans l’intérêt tant des pays d’origine que des pays d’accueil concernés, qui comprenne des programmes de formation professionnelle fondés sur les compétences, notamment des tests d’aptitude, l’observation du lieu de travail et des simulations; demande à la Commission de veiller à ce que ce cadre permette au Parlement d’exercer pleinement sa fonction de contrôle et d’évaluation et à ce que la proposition prévoie des mécanismes appropriés pour éviter l’exploitation de la main-d’œuvre et garantir l’égalité de traitement; souligne que les partenariats destinés à attirer les talents peuvent s’inspirer des accords existants sur les compétences dans les États membres et que ces partenariats devraient être élaborés en concertation avec les organisations concernées tant dans les États membres que dans les pays tiers; |
| 9. | soutient qu’il est essentiel de suivre une approche différente et équilibrée des relations entre l’Union et les pays tiers dans le domaine de la migration; demande à l’Union de s’efforcer de conclure des accords formels avec des pays partenaires sur la mobilité migratoire; |
| 10. | se félicite de l’intention de la Commission de réexaminer la directive 2011/98/UE; relève qu’un des objectifs de cette directive est de simplifier et d’harmoniser les règles relatives aux permis actuellement applicables dans les États membres et à favoriser l’égalité de traitement, des objectifs qui n’ont été que partiellement atteints, puisqu’il y existe des différences dans la mise en œuvre de certaines de ses dispositions au sein de l’Union; estime en outre que la Commission devrait prendre les mesures qui s’imposent pour veiller, en premier lieu, à ce que les États membres mettent correctement en œuvre cette directive, en deuxième lieu, à ce qu’elle soit modifiée pour permettre l’introduction d’une demande de permis unique tant dans un État membre que dans un pays tiers et, en troisième lieu, dans l’optique de simplifier et d’harmoniser davantage les règles, que la procédure d’obtention d’un visa d’entrée soit clairement réglementée afin d’éviter que les demandeurs aient à présenter deux fois les documents nécessaires pour obtenir un permis unique, et de réduire la dépendance des travailleurs et les risques d’exploitation; souligne que l’introduction d’une demande dans un État membre ne devrait être possible que si le ressortissant d’un pays tiers est titulaire d’un titre de séjour au moment du dépôt de la demande; invite la Commission à inscrire ces modifications de la directive dans sa proposition; |
| 11. | demande à la Commission de prévoir dans sa proposition la création d’un réseau transnational de services consultatifs, géré par la Commission, pour les travailleurs issus de pays tiers qui migrent légalement, où chaque État membre désignerait une autorité compétente pour traiter les demandes et coordonner les conseils et les informations fournis aux ressortissants de pays tiers qui postulent à un emploi dans l’Union ou sont déjà titulaires d’un titre de séjour; insiste pour que les autorités compétentes soient responsables du partage entre les États membres des informations sur les travailleurs ressortissants de pays tiers, servent de points de contact pour les travailleurs et les employeurs par rapport au réservoir de talents, et fournissent les informations pertinentes aux ressortissants de pays tiers intéressés par une migration légale vers l’Union pour y travailler; souligne que ces informations pourraient être transmises soit virtuellement, soit par l’intermédiaire d’organismes compétents présents dans des pays tiers, tels que les ambassades des États membres ou les délégations de l’Union; demande que les autorités compétentes se coordonnent étroitement entre elles, et aient une responsabilité à cet égard, en ce qui concerne les demandes déposées pour un permis unique de séjour et de travail conformément à la directive 2011/98/UE afin d’éviter les doublons et d’encourager les employeurs à envisager la possibilité de demander ce permis et de les soutenir dans leurs démarches; souligne la nécessité de faciliter la collecte de données, de statistiques et de preuves, ainsi que de partager les informations entre les États membres afin d’améliorer l’efficacité de l’acquis en matière de migration légale; |
| 12. | invite la Commission à inclure dans sa proposition une modification de la directive 2014/36/UE afin d’accorder aux titulaires d’un permis de travail au titre de cette directive un délai de trois mois pour chercher un nouvel emploi après avoir quitté leur ancien employeur sans que leur permis de travail ne soit révoqué, ce qui leur permettrait de séjourner légalement dans l’État membre en question jusqu’à l’expiration de la durée de séjour autorisée, dans la limite de neuf mois, comme le prévoit ladite directive, pour autant qu’ils postulent à un emploi auprès d’un autre employeur pendant toute cette période; demande en outre à la Commission, afin d’éviter l’exploitation au travail, d’encourager les États membres à appliquer pleinement cette disposition, en dissociant ainsi les titres de séjour des employeurs et des emplois; invite la Commission à prévoir dans sa proposition une modification de ladite directive afin d’accorder aux États membres la possibilité de renouveler des permis de travail, à des fins de travail saisonnier, dans la limite de cinq années; |
| 13. | invite la Commission à inscrire dans sa proposition une modification de la directive 2009/52/CE afin d’adapter son champ d’application pour y inclure les ressortissants de pays tiers en séjour régulier exploités qui travaillent dans l’Union dans des conditions qui nuisent à leur santé et à leur sécurité et qui portent atteinte leur dignité humaine, et à améliorer l’exécution des dispositions relatives à un traitement équitable, au moyen notamment de mécanismes de réclamations effectifs et accessibles et en offrant l’accès à la justice à tous les travailleurs en cas d’exploitation et d’autres infractions pénales; |
| 14. | est d’avis que la directive 2003/109/CE, qui est actuellement sous-exploitée et n’offre pas un droit effectif à la mobilité au sein de l’Union, devrait être modifiée pour permettre aux ressortissants de pays tiers qui sont des résidents de longue durée d’un État membre de résider de manière permanente dans un autre État membre à compter du jour de la délivrance de leur permis à des conditions similaires à celles applicables aux citoyens de l’Union et pour réduire de cinq à trois ans le nombre d’années de résidence requis pour acquérir le statut de résident de longue durée — UE, et demande à la Commission de prévoir ces modifications dans le cadre de la prochaine révision de ladite directive; reconnaît que le séjour continu dans un État membre est l’un des aspects qui favorisent la bonne intégration d’une personne dans une communauté avant qu’elle ne décide de résider dans un autre État membre; invite la Commission à inclure ces modifications dans sa proposition; |
| 15. | est d’avis qu’un financement suffisant est nécessaire pour les propositions énoncées dans le présent rapport et estime que les incidences financières de la proposition demandée devraient être couvertes par la dotation budgétaire pertinente de l’Union; |
| 16. | charge son Président de transmettre la présente résolution ainsi que les recommandations figurant en annexe à la Commission et au Conseil ainsi qu’aux parlements nationaux. |
(1) JO L 382 du 28.10.2021, p. 1.
(2) JO L 132 du 21.5.2016, p. 21.
(3) JO L 94 du 28.3.2014, p. 375.
(4) JO L 157 du 27.5.2014, p. 1.
(5) JO L 343 du 23.12.2011, p. 1.
(6) JO L 168 du 30.6.2009, p. 24.
(7) JO L 16 du 23.1.2004, p. 44.
(8) JO L 251 du 3.10.2003, p. 12.
(9) JO L 337 du 20.12.2011, p. 9.
(10) JO L 107 du 22.4.2016, p. 1.
(11) JO L 186 du 11.7.2019, p. 21.
(12) JO C 58 du 15.2.2018, p. 9.
(13) JO C 362 du 8.9.2021, p. 82.
(14) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2021)0260.
(15) https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/products-eurostat-news/-/ddn-20210325-2
(16) https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/demography_report_2020_n.pdf
(17) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_21_2921
(18) Règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (code des visas) (JO L 243 du 15.9.2009, p. 1).
(19) https://www.eesc.europa.eu/fr/news-media/press-releases/inadequation-des-competences-les-entreprises-de-lue-perdent-des-millions-et-ce-nest-quun-debut
(20) https://ec.europa.eu/migrant-integration/librarydoc/report-on-the-implementation-of-directive-2003/109/ec-on-the-status-of-long-term-foreign-residents?lang=fr
(21) https://www.etiasvisa.com/etias-news/digital-nomad-visas-eu-countries
(22) Ibid.
(23) https://picum.org/wp-content/uploads/2021/03/Designing-labour-migration-policies-to-promote-decent-work-FR.pdf
(24) «Ageing Europe — looking at the lives of older people in the EU», édition 2020.
(25) https://www.eesc.europa.eu/fr/news-media/press-releases/inadequation-des-competences-les-entreprises-de-lue-perdent-des-millions-et-ce-nest-quun-debut
(26) Navarra, C. and Fernandes M., Legal migration policy and law - European Added Value Assessment - Service de recherche du Parlement européen, 2021, avec annexes I et II.
(27) Ibid.
(28) https://knowledge4policy.ec.europa.eu/publication/immigrant-key-workers-their-contribution-europes-covid-19-response_en
ANNEXE À LA RÉSOLUTION:
RECOMMANDATIONS CONCERNANT LE CONTENU DE LA PROPOSITION DEMANDÉE
Recommandation 1 (sur la création d’un réservoir de talents de l’UE pour les ressortissants de pays tiers qui migrent légalement)
| — | Le Parlement européen estime que l’acte législatif à adopter devrait créer un réservoir de talents de l’UE et une plateforme de mise en adéquation pour les ressortissants de pays tiers qui souhaitent postuler à un emploi dans un État membre et y migrer légalement, ainsi que pour les employeurs établis dans l’Union qui recherchent des travailleurs potentiels dans les pays tiers, et devrait faciliter l’accès au territoire et la libre circulation des travailleurs issus de pays tiers. Faire coïncider l’offre et la demande d’emplois grâce au réservoir de talents de l’UE devrait être une démarche facultative. Le Parlement européen estime qu’un tel réservoir de talents de l’UE devrait créer des synergies avec le cadre existant et que l’acte législatif devrait par conséquent modifier le règlement (UE) 2016/589 afin d’élargir le champ d’application actuel du portail EURES, établi par ledit règlement. |
| — | Le réservoir de talents de l’UE, tel qu’établi par l’acte législatif, devrait permettre aux ressortissants de pays tiers d’exprimer leur intérêt pour un emploi et de postuler à un emploi, tout en permettant aussi aux employeurs de rechercher des travailleurs potentiels. Les ressortissants de pays tiers devraient pouvoir postuler à un emploi en cas de pénuries sur les marchés du travail des États membres, après avoir suivi une procédure de candidature et d’examen préalable transparente et non discriminatoire, facilitée par l’Union. Le réservoir de talents de l’UE serait un outil facultatif que les États membres pourraient utiliser pour répondre aux besoins et aux pénuries sur les marchés du travail des États membres qui ne peuvent être satisfaits par la main-d’œuvre nationale. Le réservoir de talents de l’UE devrait être complété par une coordination accrue entre les autorités nationales participantes, avec la participation des services publics de l’emploi et des collectivités locales, et il devrait tenir compte des spécificités nationales et des différentes exigences des marchés du travail nationaux. La promotion du réservoir de talents de l’UE et son utilisation pourraient être améliorées par la diffusion d’informations ciblées mettant en avant le réservoir de talents de l’UE et la plateforme de mise en adéquation dans les pays tiers et les États membres participants. Dans cet esprit, le réseau transnational de services consultatifs à l’échelle de l’Union, visé dans la recommandation 6, devrait faciliter le fonctionnement du réservoir de talents de l’UE et servir de point de contact pour le réservoir de talents de l’UE dans les États membres. L’utilisation de ce réseau, fondée sur l’harmonisation des applications, contribuerait à réduire les démarches administratives au niveau des États membres. Il serait souhaitable d’intégrer au réservoir de talents de l’UE un réseau de talents de l’UE à distance afin de permettre aux ressortissants de pays tiers de travailler à distance dans un État membre autre que celui dans lequel ils résident, et ces travailleurs à distance devraient bénéficier de l’égalité de traitement. |
Recommandation 2 (sur un régime d’admission pour les travailleurs de pays tiers peu ou moyennement qualifiés)
| — | Face aux enjeux démographiques et à la course mondiale aux talents, de nombreux États membres doivent d’urgence améliorer leur attractivité et élaborer des régimes d’admission destinés à tous les travailleurs étrangers qualifiés et pas uniquement à ceux qui sont hautement qualifiés. Grâce au remplacement de la directive 2009/50/CE du Conseil par la directive (UE) 2021/1883 (la directive «carte bleue» révisée), l’Union a pris des mesures importantes pour atteindre l’objectif d’attirer des travailleurs étrangers hautement qualifiés. Il est également indispensable d’atteindre le même objectif en ce qui concerne les travailleurs de pays tiers considérés comme faiblement ou moyennement qualifiés afin de pourvoir les postes vacants et de mieux répondre aux différents besoins des marchés du travail des États membres, tels qu’ils sont déterminés par les États membres eux-mêmes, et d’être cohérent dans l’application des valeurs de l’Union. La compétitivité économique de l’Union s’en verra encore renforcée. |
| — | Afin de répondre à cette problématique, le Parlement européen invite la Commission à inclure, dans l’acte législatif à adopter, des dispositions établissant un régime d’admission assorti de conditions d’entrée et de séjour pour les travailleurs issus de pays tiers peu ou moyennement qualifiés. Ce régime devrait garantir une égalité de traitement conformément à l’acquis de l’Union en matière de migration de main-d’œuvre et prévoir la création d’un cadre permettant aux travailleurs issus de pays tiers de voir leurs compétences et leurs qualifications dûment reconnues et validées pour être utilisées sur les marchés du travail des États membres. Dans l’optique d’éviter tout abus de travailleurs issus de pays tiers et de veiller à ce qu’ils soient traités sur un pied d’égalité lorsqu’ils travaillent ou postulent pour un emploi dans l’Union, le Parlement européen, tout en insistant sur la bonne mise en œuvre de la directive 2009/52/CE et de ses mécanismes de contrôle, demande, comme indiqué dans la recommandation 8, que la directive soit modifiée de manière à inclure dans son champ d’application les travailleurs issus de pays tiers en séjour régulier .En outre, le Parlement européen demande que les États membres mettent correctement en œuvre le cadre juridique existant concerné sur la question de la migration de main-d’œuvre légale. |
Recommandation 3 (sur un régime d’admission pour les entrepreneurs et les travailleurs indépendants)
| — | En règle générale, les permis de travail sont délivrés dans l’État membre où le ressortissant d’un pays tiers dispose déjà d’une offre d’emploi. Toutefois, le Parlement européen estime que la base de la délivrance des permis de travail pourrait être améliorée et développée davantage. Dans le même ordre d’idées, la Commission a déclaré que son objectif est d’encourager un plus grand nombre de personnes à devenir entrepreneurs, améliorant ainsi l’innovation, la créativité et les performances économiques de l’Union (1). Les ressortissants de pays tiers qui travaillent comme indépendants ou comme entrepreneurs peuvent avoir l’impression que l’environnement de leur pays d’origine n’est pas propice à leur start-up ou à leur activité d’entrepreneur. Grâce à un régime d’admission à l’échelle de l’Union, ces ressortissants de pays tiers pourraient avoir la possibilité de migrer légalement vers l’Union et de s’y établir avec leur entreprise. L’action au niveau de l’Union devrait viser à mettre en place un environnement favorable à l’entrepreneuriat, y compris pour les ressortissants de pays tiers, et à établir des normes communes élevées en ce qui concerne les droits fondamentaux des entrepreneurs et des travailleurs indépendants. |
| — | À cette fin, le Parlement européen estime que l’acte législatif qui à adopter devrait comporter un régime d’admission assorti de conditions d’entrée et de séjour pour les indépendants et les entrepreneurs, en particulier pour les ressortissants de pays tiers qui créent des petites et moyennes entreprises et des start-up, et que ce régime d’admission devrait offrir des garanties solides, l’égalité de traitement et la protection des droits fondamentaux. En l’absence de définitions uniformes applicables à toute l’Union du «travailleur indépendant» et de l’«entrepreneur», chaque État membre devrait continuer de définir ces statuts conformément à ses traditions juridiques et à sa jurisprudence nationales. |
Recommandation 4 (sur la préparation d’un cadre pour les partenariats destinés à attirer les talents entre les États membres et les pays tiers)
| — | Le Parlement européen invite la Commission à mettre au point un cadre sur mesure pour les partenariats destinés à attirer les talents, auxquels les États membres peuvent participer volontairement, et à intégrer cet élément dans l’acte législatif à adopter. Ces partenariats destinés à attirer les talents devraient être ouverts aux travailleurs issus de pays tiers, quel que soit leur niveau de qualification, ainsi qu’aux étudiants et aux diplômés, et constitueraient un outil efficace permettant aux États membres de concilier les compétences des travailleurs issus de pays tiers avec les exigences des marchés du travail des États membres que la main-d’œuvre nationale ne peut satisfaire. L’objectif de ces partenariats destinés à attirer les talents est d’ajouter une autre voie légale comme option de mobilité pour les ressortissants de pays tiers qui souhaitent migrer vers l’Union pour y travailler et de s’attaquer aux problèmes de pénuries et d’inadéquation sur les marchés du travail dans l’Union, résultant en un quadruple avantage pour l’Union, les pays tiers, les employeurs et les travailleurs migrants. La mise en œuvre concrète des partenariats destinés à attirer les talents reposerait sur une coopération étroite avec les autorités nationales, les institutions du marché du travail, les acteurs de la société civile et les partenaires sociaux. La Commission devrait veiller à ce que le Parlement européen soit en mesure d’examiner et d’évaluer régulièrement le fonctionnement des partenariats destinés à attirer les talents, ainsi que de proposer des recommandations pour améliorer le fonctionnement général du cadre des partenariats destinés à attirer les talents. |
| — | Une approche renforcée et plus globale permettrait la coopération avec les pays partenaires et contribuerait à stimuler une mobilité internationale mutuellement avantageuse. Il est important que les États membres et les pays tiers disposent des mêmes possibilités en vue de mettre en place des partenariats destinés à attirer les talents et soient en mesure de créer une procédure transparente et accessible pour les candidats. Ces partenariats destinés à attirer les talents devraient être inclusifs et instaurer une coopération étroite entre les institutions concernées, par exemple les ministères nationaux du travail et de l’éducation, les employeurs, les partenaires sociaux et les prestataires d’enseignement et de formation. Il importe que les États membres s’engagent résolument dans ces partenariats destinés à attirer les talents, que le secteur privé, en particulier les entreprises, les partenaires sociaux et les acteurs de la société civile concernés de l’Union soient associés et qu’il soit donné aux pays partenaires le sentiment qu’ils sont réellement parties prenantes. |
Recommandation 5 (sur la simplification et l’amélioration de la directive 2011/98/UE)
| — | Le Parlement européen est d’avis que les procédures relatives à la directive 2011/98/UE devraient être davantage harmonisées pour que ladite directive, en particulier ses dispositions en matière d’égalité de traitement, soit pleinement efficace et correctement mise en œuvre. Le Parlement européen considère donc que l’acte législatif à adopter devrait modifier ladite directive afin de permettre l’introduction d’une demande de permis unique à la fois dans un État membre et dans un pays tiers, en associant à la fois les États membres et les pays tiers pour l’échange d’informations et la coordination des demandes introduites, dans le strict respect des normes de l’Union en matière de protection des données. Toutefois, pour être en mesure d’introduire une demande de permis unique sur le territoire d’un État membre, le ressortissant d’un pays tiers doit disposer d’un titre de séjour en cours de validité au moment du dépôt de la demande. Le Parlement européen demande en outre une réglementation claire et une rationalisation de la procédure de demande de visa d’entrée afin d’éviter toute situation qui obligerait les demandeurs à présenter deux fois les documents nécessaires à l’obtention d’un permis unique. Le Parlement européen demande en outre à la Commission d’analyser et de réduire les exigences administratives et les dysfonctionnements dans les procédures de demande de permis qui empêchent la migration par voie légale d’apporter une réponse aux besoins réels du marché du travail. Enfin, le Parlement européen estime que l’acte législatif à adopter devrait introduire des changements en vue d’alléger les difficultés rencontrées par les ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis de travail lorsqu’ils changent d’emploi, étant donné qu’ils sont actuellement trop dépendants de leur employeur et donc exposés à l’exploitation au travail. |
Recommandation 6 (sur la création d’un réseau transnational de services consultatifs à l’échelle de l’Union pour les travailleurs qui migrent légalement)
| — | Le Parlement européen estime que, pour améliorer les voies légales de migration de main-d’œuvre, une coopération et un dialogue systématiques entre les autorités des États membres et celles des pays tiers sont nécessaires. Pour atteindre cet objectif, le Parlement européen estime que l’acte législatif à adopter devrait mettre en place un réseau transnational de services consultatifs destinés aux travailleurs issus de pays tiers, géré par la Commission, au sein duquel chaque État membre désignerait une autorité compétente principale chargée de coordonner les conseils et les informations fournis aux ressortissants de pays tiers qui migrent légalement et postulent à un emploi dans l’Union. Le réseau transnational de services consultatifs devrait s’appuyer sur les réseaux et services existants et, si nécessaire, élargir la portée de ces réseaux et services. Les autorités de chaque État membre devraient également être chargées d’assurer une coordination étroite entre elles en ce qui concerne les demandes présentées en vue d’obtenir un permis unique de séjour et de travail dans l’Union conformément à la directive 2011/98/UE afin d’éviter les doublons. Le réseau transnational de services consultatifs devrait également tenir compte des spécificités nationales et des différentes exigences des marchés du travail nationaux. |
| — | En outre, chaque État membre devrait être chargé de demander aux employeurs des informations sur les travailleurs issus de pays tiers, dans le plein respect du droit de l’Union en matière de protection des données, afin de permettre aux travailleurs issus de pays tiers d’être en contact avec les autorités et les services de soutien compétents et de faciliter la protection des travailleurs issus de pays tiers et le renforcement de l’égalité de leurs droits et de leur traitement. De plus, l’acte législatif à adopter devrait veiller à ce que les employeurs fournissent des informations exactes en temps utile concernant leurs droits, les autorités compétentes et les services disponibles pour les travailleurs issus de pays tiers. Le réseau transnational de services consultatifs devrait faciliter le fonctionnement du réservoir de talents, comme indiqué dans la recommandation 1, et les organisations de la société civile concernées, y compris les communautés de la diaspora, devraient être consultées dans le cadre du développement du réseau transnational de services consultatifs. |
Recommandation 7 (sur la modification de la directive 2014/36/UE afin de permettre aux travailleurs saisonniers de changer d’employeur)
| — | Promouvoir la mobilité professionnelle des ressortissants de pays tiers en séjour régulier qui travaillent dans un État membre signifie également les protéger contre l’exploitation. De nombreux travailleurs issus de pays tiers, en particulier les travailleurs peu qualifiés, hésitent à quitter un employeur qui les exploite, car ils courent le risque de perdre leur permis de travail et leur droit de séjour dans l’Union. La situation désespérée de nombreux travailleurs employés dans différents secteurs dans toute l’Union, notamment dans la restauration, l’hôtellerie et le secteur du divertissement ainsi que dans le secteur des services à la personne, illustre actuellement ce phénomène (2). Les titulaires d’un permis de travail délivré en vertu de la directive 2014/36/UE sont, en particulier, exposés à l’exploitation, car ils ont souvent tendance à travailler dans des secteurs employant principalement des travailleurs peu qualifiés. |
| — | Par conséquent, le Parlement européen estime que l’acte législatif à adopter devrait modifier la directive 2014/36/UE afin d’accorder aux titulaires d’un permis de travail au titre de ladite directive un délai de trois mois pour chercher un nouvel emploi après avoir quitté leur ancien employeur, sans que leur permis de travail ne soit révoqué. Les titulaires d’un permis devraient être autorisés à résider dans l’Union jusqu’à l’expiration de la durée de séjour autorisée, dans la limite de neuf mois, comme le prévoit ladite directive. Le Parlement européen recommande à la Commission d’envisager, dans le même temps, d’autres modifications pertinentes de ladite directive afin de la mettre à jour et de l’aligner sur d’autres actes juridiques plus récents de l’Union qui portent sur la migration légale, notamment permettre l’introduction d’une demande sur le territoire d’un État membre, et de continuer à lutter contre l’exploitation au travail persistante des travailleurs saisonniers. |
Recommandation 8 (sur la modification de la directive 2009/52/CE afin d’y inclure les ressortissants de pays tiers en séjour régulier et de prévenir l’exploitation au travail)
| — | La directive 2009/52/CE comporte plusieurs outils qui peuvent être utilisés pour aider les ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier qui travaillent dans l’Union. Le fait qu’elle ne couvre que les travailleurs issus de pays tiers en séjour irrégulier constitue toutefois une lacune importante. Même si les travailleurs issus de pays tiers en séjour régulier bénéficient d’un niveau de protection plus élevé, principalement en vertu de leur droit légal de séjourner dans l’Union, mais aussi par d’autres moyens, ils sont eux aussi susceptibles d’être exploités et restent plus vulnérables que les citoyens de l’Union. Par conséquent, le Parlement européen estime qu’il est nécessaire de modifier la directive 2009/52/CE afin de faire appliquer une disposition horizontale renforçant l’accès effectif aux droits du travail et à des voies de recours effectives au moyen de mécanismes de plainte et de procédures juridiques, et de rendre ladite directive applicable à tous les ressortissants de pays tiers travaillant dans l’Union. |
Recommandation 9 (sur la nécessité de réviser la directive 2003/109/CE)
| — | Les titulaires d’un permis de séjour de longue durée — UE sont confrontés à un certain nombre d’obstacles dans l’exercice de leur droit de circuler et de séjourner dans d’autres États membres pour y travailler, y étudier ou pour d’autres raisons. En effet, les conditions de mobilité que les résidents de longue durée — UE doivent remplir dans de nombreux cas sont similaires aux conditions que d’autres ressortissants de pays tiers doivent remplir lors de la première demande en vue d’obtenir un permis de séjour de longue durée. En 2017, dans les 25 États membres liés par la directive 2003/109/CE, on comptait environ 3,1 millions de ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis de séjour de longue durée — UE contre environ 7,1 millions de ressortissants de pays tiers titulaires d’un permis de séjour de longue durée national. On peut donc en conclure que les ressortissants de pays tiers font un usage limité du permis de séjour de longue durée — UE, ce qui signifie qu’un grand nombre d’entre eux ne bénéficient pas des avantages attachés au statut de l’Union, alors qu’ils y auraient droit. Le rapport sur la mise en œuvre de ladite directive souligne le fait que la plupart des États membres n’ont pas encouragé activement l’utilisation des permis de séjour de longue durée — UE et que, par conséquent, il n’existe pas de «conditions équitables» entre le régime législatif de l’Union et l’équivalent national (3). |
| — | Par conséquent, le Parlement européen estime que l’acte législatif à adopter devrait modifier la directive 2003/109/CE afin de permettre aux ressortissants de pays tiers qui sont des résidents de longue durée d’un État membre de résider de manière permanente dans un autre État membre à compter du jour de la délivrance de leur permis, dans des conditions similaires à celles applicables aux citoyens de l’Union. Le Parlement européen recommande à la Commission d’envisager, dans le même temps, d’autres modifications pertinentes de ladite directive afin de la mettre à jour et de l’aligner sur d’autres actes juridiques plus récents de l’Union qui portent sur les ressortissants de pays tiers en séjour régulier dans l’Union. Le Parlement européen demande à la Commission d’inclure, au minimum, dans sa proposition, une réduction du nombre d’années nécessaires à l’obtention d’un permis de séjour de longue durée — UE de cinq à trois ans, en particulier en vue de renforcer la mobilité, et la simplification et l’harmonisation des procédures. Grâce à ces modifications, la directive 2003/109/CE devrait faciliter la mobilité à l’intérieur de l’Union ainsi que la mobilité internationale à destination et en provenance de l’Union et de pays tiers. Enfin, le Parlement européen encourage la Commission à réaliser une étude sur le problème des taux de rotation des ressortissants de pays tiers au sein de l’Union afin de mieux comprendre les raisons qui les poussent à quitter un État membre au cours des trois premières années suivant leur arrivée. |
(1) https://ec.europa.eu/growth/smes/sme-strategy/start-up-procedures_fr
(2) https://ec.europa.eu/home-affairs/minimum-standards-sanctions-and-measures-against-employers-illegally-staying-third-country_en
(3) https://ec.europa.eu/migrant-integration/librarydoc/report-on-the-implementation-of-directive-2003/109/ec-on-the-status-of-long-term-foreign-residents
Documents similaires
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021