| CELEX | 52021IR0292 |
| Type | Initiative législative |
| Date | vendredi 7 mai 2021 |
| 27.7.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 300/36 |
Avis du Comité européen des régions sur le thème «Protection du milieu marin par les collectivités locales et régionales»
(2021/C 300/08)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
| 1. | se félicite que la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne lui ait demandé d’émettre un avis sur le rôle des collectivités locales et régionales dans la protection du milieu marin; |
| 2. | constate avec beaucoup d’inquiétude que l’Union européenne n’est pas parvenue à ce que ses milieux marins atteignent un bon état écologique à l’échéance de 2020, comme le prescrivait la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» et ainsi qu’elle en avait pris l’engagement à l’égard de la conférence des Nations unies sur les océans de 2017; |
| 3. | rappelle que la bonne santé des mers revêt une importance cruciale pour des fonctions aussi indispensables à la vie que la production d’oxygène, la régulation du climat, l’approvisionnement alimentaire et nombre d’autres services rendus par les écosystèmes; |
| 4. | note que les côtes constituent les zones les plus densément peuplées de l’Union européenne tout en abritant un large spectre d’organismes, et que pour assurer leur croissance et leur développement, les poissons doivent disposer, dans ces fragiles écosystèmes marins, de sites pour frayer et se nourrir; s’inquiète quant aux périls qui guettent les populations de ces espèces, y compris celles qui font l’objet d’une exploitation commerciale, face à la pression croissante que le développement urbain et le tourisme font peser sur les littoraux; |
| 5. | tient à relever que dans l’Union européenne, l’état des côtes et des mers est encore dégradé par les menaces du changement climatique et de l’acidification des océans, qui modifient les caractéristiques physico-chimiques du milieu marin et les rapprochent de valeurs-limites planétaires où les conditions écologiques de la vie sur Terre se trouveront bouleversées de manière irrémédiable; |
| 6. | soutient les buts et les cibles que le pacte vert pour l’Europe et la stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 fixent en matière de protection de la biodiversité; insiste sur la nécessité de mieux faire saisir et de souligner le rôle vital que les océans jouent pour l’Union européenne; presse la Commission d’inclure des objectifs clairs, mesurables et assortis de délais dans son plan d’action pour la conservation des ressources halieutiques et la protection des écosystèmes marins, conformément au cadre stratégique mondial en faveur de la biodiversité pour l’après-2020 de la quinzième conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, dont la publication doit intervenir en 2021 (1); rappelle qu’il convient de tenir dûment compte, dans les solutions proposées, du rôle essentiel que nos océans et nos côtes jouent dans les stratégies visant à atténuer le changement climatique et à s’y adapter (2); |
| 7. | met en exergue qu’aux yeux de 94 % des citoyens de l’Union européenne, la préservation de l’environnement représente un enjeu important (3), et que cet état de fait souligne la nécessité d’intégrer pleinement cette protection dans le processus de prise de décisions publiques à tous les niveaux, suivant une démarche systématique et transsectorielle; |
| 8. | estime que la pandémie et les restrictions qu’elle impose démontrent de manière encore plus éclatante toute l’importance que revêt la nature pour les loisirs, la santé et le bien-être psychologique, et souligne que la nature et la biodiversité doivent être prises en compte dans leur pleine mesure et à leur juste valeur lorsque nous entreprenons de reconstruire notre économie, grâce à des plans pour une reprise et une résilience écologiques; fait remarquer que les investissements dans le milieu marin peuvent procurer des effets socio-économiques positifs à court terme et s’avérer bénéfiques pour l’environnement à moyen et long terme, notamment grâce à une restauration active des écosystèmes marins, à un développement de la surveillance électronique à distance et à un tarissement à la source de la pollution par les matières plastiques (4); |
| 9. | fait observer que pour parvenir à restaurer la biodiversité et juguler la dégradation de l’environnement, il est capital de créer une véritable économie circulaire, fondée sur un mode de production responsable et assortie d’objectifs clairs concernant la réutilisation des biens, ainsi que la réduction de la consommation de matériaux et leur recyclage, de manière à déboucher sur une diminution sensible du recours à de nouvelles matières premières; a la ferme conviction qu’étant imbriquées, les crises du climat, de la biodiversité et de l’utilisation des ressources devraient être abordées de front; |
| 10. | fait valoir que l’approche fondée sur les écosystèmes, ainsi que le principe de précaution et celui du pollueur-payeur, constituent les fondements stratégiques essentiels sur lesquels asseoir la législation de l’Union européenne relative au milieu marin; |
| 11. | pense qu’il est temps d’agir en entreprenant, tout à la fois, de corriger les problèmes structurels touchant à la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» et en lançant des actions susceptibles de libérer les potentialités inexploitées que les collectivités locales et infranationales recèlent pour protéger les milieux marins de l’Union européenne; |
Améliorer la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» avec l’appui des collectivités locales et régionales
| 12. | fait remarquer que bon nombre des actions et décisions prises par les pouvoirs publics au niveau local et infranational, concernant l’aménagement et l’octroi d’autorisations pour des activités humaines telles que le développement urbain, les projets de transport, le traitement des eaux résiduaires, la gestion des déchets, la production industrielle, l’agriculture ou la production d’énergie, pour ne citer que ces quelques exemples, ont une incidence, directe ou indirecte, sur la qualité de l’eau, les mers et leur biodiversité, dans les zones littorales comme au large; affirme qu’il convient dès lors que la protection de l’environnement soit intégrée dans tous les modèles de prise de décisions publiques; observe que les marchés publics écologiques peuvent apporter une contribution essentielle lorsqu’il s’agit d’aider les collectivités et les régions à devenir efficaces dans l’utilisation des ressources et la durabilité environnementale; |
| 13. | félicite les nombreuses communes et régions qui coopèrent déjà entre elles avec succès pour diverses mesures destinées à améliorer le milieu marin et escompte que les États membres prendront pleinement leurs efforts en considération et les associeront à l’élaboration et à l’évaluation de leurs stratégies nationales relatives au milieu marin; rappelle que les pays de l’Union européenne ont la responsabilité d’assurer, dans ces stratégies nationales, une continuité, une coordination et une coopération qui renforceront et amélioreront la collaboration verticale entre les pouvoirs nationaux, infranationaux et locaux; |
| 14. | fait le constat qu’en ce qui concerne la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», beaucoup de communes et de régions n’ont conscience ni d’être habilitées à agir, ni d’avoir des obligations à assumer; exhorte chaque État membre à évaluer les procédures qu’il a mises en place pour atteindre les objectifs de ladite directive-cadre, ainsi qu’à clarifier la répartition des responsabilités entre les différentes instances de décision et à les en informer, afin que la stratégie soit efficace et opérante; |
| 15. | met l’accent sur la nécessité de reconnaître le rôle que les collectivités locales et infranationales jouent dans la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin»; incite la Commission à proposer aux États membres des règles sur la manière d’intégrer ces pouvoirs publics dans la procédure de consultation et dans le processus de détermination, d’élaboration et de programmation des mesures, en clarifiant les responsabilités en la matière et en encourageant les communes et les régions à s’investir davantage dans cette démarche et à se l’approprier; |
| 16. | constate que les entreprises sont désireuses de soutenir des projets concrets de restauration environnementale; insiste sur l’importance d’inscrire la stratégie pour le milieu marin dans la continuité et dans une vision à long terme, y compris au niveau local, et estime que lui donner un cap clair et net ouvre des possibilités d’investissement pour le monde de l’entreprise; |
| 17. | relève les efforts que la Commission déploie pour harmoniser, tant entre les États membres de l’Union européenne qu’avec les pays tiers situés dans son voisinage, les normes, processus, valeurs seuils et obligations de compte rendu concernant l’eau et la biodiversité qui doivent être respectés au titre des différents textes législatifs de l’Union; |
| 18. | est favorable à une coopération plus poussée avec les conventions maritimes régionales; fait valoir qu’au niveau des régions, il est capital de disposer d’une acception commune de la notion de bon état écologique; est fermement convaincu que l’harmonisation des approches et la synchronisation des rapports déboucheront finalement sur des synergies et des économies de ressources; appelle les États membres à apporter leur soutien à cet objectif de parvenir à un système solide et harmonisé de collecte de données et à s’engager en ce sens; |
| 19. | fait observer que les séries de données couvrant des périodes étendues sont d’une importance capitale pour détecter les changements environnementaux de rythme lent, assurer un suivi des facteurs de dégradation des écosystèmes et évaluer les actions et les mesures; |
| 20. | recommande aux États membres d’associer les communes et régions côtières, qui disposent de connaissances d’ordre local, à la collecte des données et à leur évaluation; préconise de faire preuve d’ouverture d’esprit vis-à-vis de la science citoyenne; |
| 21. | salue la Commission pour son portail internet WISE Marine (5), accessible au public, reprenant notamment des informations qui dressent le bilan de la situation pour chaque descripteur suivant les données fournies par les États membres, lesquels devraient améliorer sur-le-champ la transmission de tels comptes rendus par voie électronique; |
| 22. | conçoit que le premier cycle de mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» a constitué un exercice complexe et un défi mais souligne qu’en l’absence de valeurs seuils bien définies et d’objectifs clairs, ambitieux et mesurables, aucun progrès ne pourra jamais être accompli, et invite dès lors instamment à définir sans plus tarder de telles valeurs-cibles; |
| 23. | tient à noter que pour être menée à bonne fin, la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» est totalement tributaire de la mise en œuvre réussie de la directive-cadre sur l’eau et de la directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires; demande par conséquent à la Commission européenne d’étudier les moyens d’assurer une coordination et une cohérence plus poussées entre ces textes et de proposer aux États membres des orientations sur la manière de coordonner leur exécution; |
| 24. | perçoit qu’il est nécessaire d’assurer une gestion de l’espace maritime qui soit cohérente entre les différents acteurs concernés; souligne que la mise en œuvre de la directive relative à la planification de l’espace maritime doit avoir pour base une approche axée sur les écosystèmes, afin d’appliquer des décisions de gestion qui contribuent au bon état écologique; |
Exploiter le potentiel des collectivités locales et régionales
| 25. | préconise qu’en utilisant le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, le programme LIFE et d’autres fonds de l’Union européenne afin de lancer des mesures et des projets qui contribuent aux objectifs de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», les communautés et régions côtières s’attachent à stimuler leur économie locale et créer des emplois supplémentaires tout en améliorant l’état des eaux sur leur littoral; |
| 26. | fait valoir que les résultats des mesures mises en œuvre localement doivent être pris en compte dans l’évaluation des stratégies nationales relatives au milieu marin; souligne qu’il est préférable que ces actions s’inscrivent dans le long terme car il faut du temps pour que leurs effets se matérialisent, la restauration du milieu marin constituant un processus lent; note que des moyens financiers doivent être dégagés pour procéder à une évaluation appropriée à longue échéance; |
| 27. | fait observer que le tourisme représente l’un des secteurs économiques essentiels des régions côtières; relève que pour revêtir un caractère durable, il doit adopter une approche globale, y compris en prenant en considération le bien-être de la population locale et la vie présente sous la surface de l’eau; |
| 28. | signale que les déchets plastiques et la pollution sonore sous-marine résultant du tourisme peuvent avoir un énorme impact sur la faune des mers et met dès lors l’accent sur l’enjeu que constitue la protection de la nature et de la vie marine, qui représentent les principaux attraits du littoral; encourage les communautés côtières à promouvoir des concepts comme celui des «baies silencieuses», réservées à la pratique du kayak, ou des zones sans bateaux à moteur, où le bien-être de la population locale se combine avec celui de la vie subaquatique; |
| 29. | observe qu’une modulation des redevances portuaires en fonction de critères environnementaux peut offrir aux régions côtières un moyen efficace pour améliorer leur environnement et pour réduire les émissions dans leur atmosphère et dans leurs eaux, ainsi que les volumes de déchets et les nuisances sonores; |
| 30. | demande que les communes et régions côtières soient consultées sur les décisions concernant le trafic maritime; |
| 31. | a la conviction que des zones de protection mixtes, couvrant à la fois des étendues de terre et de mer, peuvent améliorer la préservation des fragiles espaces qui font la transition entre les milieux terrestres et marins, tout en augmentant l’attrait des aires côtières comme pôles de loisirs et de tourisme durable; |
| 32. | fait remarquer que les communes et régions situées à l’intérieur des terres sont elles aussi tributaires des océans pour assurer leurs besoins vitaux, ainsi que leur alimentation, leurs loisirs, leurs transports ou leur énergie, pour ne citer que ces domaines, et qu’elles sont également responsables de la pollution générée en amont; |
| 33. | incite les communes et les régions à lancer leurs propres initiatives et à coopérer entre elles, y compris par-delà les frontières, ainsi qu’avec les collectivités situées en amont, afin de déterminer et de concevoir des mesures destinées à affronter des problématiques spécifiques, comme la pollution par le plastique, les surplus de substances nutritives, les eaux de ruissellement polluées, le trafic maritime excessif ou tout autre problème nécessitant une intervention; rappelle que des fonds européens sont disponibles pour soutenir de telles initiatives; |
| 34. | est prêt à appuyer tout projet lancé pour créer des «villes de l’Union européenne pour des océans sains», soit une plate-forme de villes de l’Union européenne désireuses de s’attaquer ensemble aux causes qui sont à la base de la perte de biodiversité des mers et de la dégradation de l’environnement marin; |
| 35. | met en évidence que du point de vue de la préservation des zones marines, les interactions entre terre et mer et les imbrications entre les différents domaines d’intervention constituent des enjeux complexes, qui sont une gageure pour la plupart des collectivités locales et infranationales, dont les capacités, les ressources humaines, le temps disponible et les moyens financiers sont limités; |
| 36. | est tout à fait persuadé qu’en fournissant aux pouvoirs publics locaux et infranationaux une aide pour partager leurs connaissances, ainsi qu’une assistance technique et des ressources, il est possible de libérer tout un potentiel, resté dormant jusqu’ici, pour prendre au niveau des collectivités territoriales des initiatives et mesures plus ambitieuses visant à ce que la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» soit mise en œuvre d’une manière plus efficace; |
| 37. | prône le recours aux fonds ad hoc de l’Union européenne et la création d’une «académie océanique de l’Union européenne», laquelle serait constituée de jeunes universitaires qui seraient issus de tous les États membres et dotés de bonnes capacités en matière de communication et qui, en coopération avec les universités, susciteraient et diffuseraient en permanence de nouvelles connaissances et informations concernant l’importance de la bonne santé des océans, les liens entre l’environnement marin et les autres domaines d’action, les mesures qu’il serait envisageable de prendre, ainsi que les bonnes pratiques; |
| 38. | appelle la Commission à donner à la subsidiarité une traduction tangible et à créer une cellule spécifiquement consacrée à la biodiversité marine européenne à l’horizon 2030, qui consisterait en une équipe de gestionnaires exécutifs de projets environnementaux et se tiendrait à la disposition des collectivités territoriales pour qu’elles soient en mesure de lancer de leur propre chef des projets et actions afin d’affronter des problèmes spécifiques dans une zone marine précise ou un secteur terrestre déterminé; suggère que cette cellule spécialisée pourrait aider les régions cogestionnaires des initiatives concernées à acquérir les qualifications requises en recrutant des experts et en fournissant une assistance opérationnelle en matière de planification et d’organisation, ainsi que des conseils concernant des projets ou la manière de solliciter un financement par l’Union européenne; |
Domaines dans lesquels l’Union européenne doit assurer des conditions de concurrence équitable
| 39. | se félicite des objectifs de la stratégie «De la ferme à la table» visant à réduire l’usage des pesticides et les apports de nutriments et note que les engrais utilisés dans l’agriculture constituent l’une des principales sources d’eutrophisation des mers à l’échelle de l’Union européenne; estime que les nouveaux objectifs doivent garantir la durabilité environnementale, économique et sociale; |
| 40. | souligne qu’il est important pour le milieu marin que le plan d’action «zéro pollution pour l’eau, l’air et les sols» de l’Union, dont la publication est prévue en mai 2021, soit ambitieux et efficacement mis en œuvre; |
| 41. | a conscience que les nutriments que représentent l’azote et le phosphore forment des matières premières indispensables et que le second est repris sur la liste des matières premières critiques de l’Union européenne; a pris connaissance que les nutriments peuvent être récupérés efficacement par recyclage grâce au traitement des eaux usées et se substituer ainsi à leurs équivalents vierges produits par l’extraction minière; invite la Commission à proposer une réglementation de l’Union européenne qui impose que les engrais commercialisés sur son territoire comportent un taux minimum de nutriments recyclés; |
| 42. | soutient résolument la Commission quand elle propose de créer un réseau cohérent de zones marines protégées (ZMP), gérées de manière efficace, qui couvrirait 30 % des mers de l’Union européenne et inclurait des zones de reconstitution des stocks halieutiques, comme le prévoit la politique commune de la pêche (PCP), ainsi que des secteurs où les techniques de pêche et les activités économiques les plus destructrices seraient soumises à des restrictions; |
| 43. | marque son accord avec l’objectif que 10 % des eaux européennes devront bénéficier d’un niveau élevé de protection, en incluant des zones dans lesquelles les captures et les activités économiques seront totalement interdites, ou «zones d’interdiction de pêche»; fait observer que le réseau des zones marines protégées devra être représentatif de la diversité que présentent les écosystèmes marins de l’Union européenne; insiste sur la nécessité que chacune de ces zones dispose d’un organe qui l’administre et d’un plan de gestion qui soit clairement assorti d’objectifs, de mesures et d’un suivi approprié pour assurer sa protection; |
| 44. | s’alarme du faible niveau de protection et des lacunes de suivi et de contrôle qui affectent les zones marines protégées existant actuellement dans l’Union européenne; relève que selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) (6), moins de 1 % de ces zones marines protégées de l’Union européenne peuvent être considérées comme des réserves marines, bénéficiant d’une protection intégrale; observe qu’il est fréquent que dans les zones marines protégées, bon nombre d’activités humaines, comme l’extraction pétrolière en mer, le dragage, le trafic maritime, la pêche ou l’aquaculture, ne soient pas réglementées; formule la demande que dans les zones maritimes protégées, les activités les plus destructrices fassent l’objet d’une réglementation, à un niveau de réseau cohérent; |
| 45. | remarque qu’un rapport de la Cour des comptes (7) a jugé déficiente la mise en œuvre de vastes pans de la législation environnementale de l’Union européenne, comme la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» et les directives «nature», et qu’au vu de l’état du milieu marin, des mesures de conservation plus strictes sont nécessaires; incite de manière pressante la Commission et les États membres à intensifier les efforts qu’ils déploient pour mettre en œuvre leurs mesures respectives, afin d’ouvrir la voie à une protection plus efficace de l’environnement marin; |
| 46. | fait valoir que depuis 2013 et la réforme de la politique commune de la pêche, nous avons pris conscience, avec la plus grande intensité, de la manière dont les océans sont affectés par le changement climatique et l’acidification de leurs eaux, tout comme de la rapidité avec laquelle ces changements s’effectuent; considère que la gestion halieutique de l’Union européenne ne peut plus être axée sur le seul objectif de maximiser le rendement de la pêche; croit fermement que cette gestion doit viser à ce que les stocks de poissons puissent renouer avec des niveaux grâce auxquels ils pourront remplir la mission essentielle qu’ils jouent dans les écosystèmes marins, de manière à jouer un rôle d’amortisseur face à l’action de plus en plus forte des facteurs qui agressent l’environnement, comme le changement climatique et le déclin de la biodiversité, afin que ces milieux puissent continuer à fournir des services aussi primordiaux que la production d’oxygène, la régulation climatique, le stockage de carbone ou la fourniture d’aliments; |
| 47. | a la ferme conviction qu’il est impératif de mettre un terme à tous les types de subventions dommageables accordées à la pêche qui contribuent à la surcapacité en la matière, à la surpêche, au changement climatique et à l’acidification des océans; revendique l’octroi d’un soutien accru à la recherche et à l’innovation aux fins de contribuer à réduire l’empreinte environnementale de la flotte européenne de transport maritime, en particulier grâce à la mise au point de carburants de substitution utilisables pour la propulsion des navires existants, ainsi qu’à la suppression de l’exemption que la directive sur la taxation de l’énergie prévoit en ce qui concerne le carburant utilisé pour l’activité halieutique; |
| 48. | tient à indiquer que la restauration des écosystèmes vulnérables de haute mer constitue un processus lent et, par conséquent, met l’accent sur la nécessité de procéder à la mise en œuvre effective du règlement européen sur les eaux profondes; rappelle l’obligation de cesser toute pêche pratiquée à l’aide d’engins de fond à des profondeurs supérieures à 400 mètres dans des zones qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables; réclame instamment que soit cernée avec précision l’empreinte des pêcheries de fond dans les zones situées entre 400 et 800 mètres de profondeur et que soient fermées celles qui abritent ou sont susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables; |
| 49. | presse la Commission d’intensifier la mise en œuvre de l’approche écosystémique en matière de gestion des pêches, notamment en appliquant une approche de plus en plus multispécifique, afin de minimiser l’incidence négative des activités de pêche et d’autres facteurs, comme le changement climatique, sur les écosystèmes marins, les stocks halieutiques et la société, et de garantir la résilience des océans face au changement climatique; réaffirme que des pêches pleinement documentées et des données de qualité sont la clé d’une meilleure gestion halieutique; demande à la Commission et aux États membres de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la collecte de données sur la pêche récréative, en tenant compte de ses effets sur l’environnement et de sa valeur socio-économique; |
| 50. | salue la proposition de loi européenne sur le climat; met en avant le rôle essentiel que jouent les océans pour assurer la régulation du climat de notre planète et assumer des fonctions indispensables à notre existence; attire l’attention sur les fortes pressions qu’ils subissent et sur la détérioration rapide de leur état; exhorte en conséquence la Commission à proposer une loi sur l’océan, dans le même esprit que celle relative au climat; |
| 51. | est fermement convaincu que la réalisation des propositions énoncées dans le présent avis serait susceptible de déployer toutes les potentialités que les collectivités locales et régionales recèlent concernant la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», l’Union européenne devant témoigner d’une position en pointe dans les préparatifs du cadre mondial en matière de biodiversité pour l’après-2020 et dans sa mise en œuvre, mais aussi par rapport à l’objectif de développement durable des Nations unies no 14, «conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines»; |
| 52. | invite instamment la Commission à intensifier les efforts déployés pour instaurer un équilibre entre la capacité de la flotte de pêche et les stocks halieutiques, en exploitant de manière plus coordonnée et active les outils des règlements relatifs à la politique commune de la pêche et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (FEAMPA); |
| 53. | constate avec une vive préoccupation que pour respecter les seuils réduits d’émissions de soufre, les navires utilisent de plus en plus des épurateurs; signale que les eaux rejetées par ces équipements contiennent des substances hautement toxiques, qui ont un impact durable sur le milieu marin, provoquant bioaccumulation, acidification et eutrophisation, et demande à la Commission de proposer l’interdiction, dans l’Union européenne, du rejet en mer des eaux de lavage des épurateurs, ainsi que des mesures visant à encourager le recours à des solutions de substitution à l’utilisation des combustibles lourds dans le transport maritime; |
| 54. | émet la demande que la Commission crée un Fonds pour les océans, comme le Parlement européen l’a proposé dans son rapport sur le système mondial de collecte des données relatives à la consommation de fuel-oil des navires, modifiant le règlement (UE) 2015/757 du Parlement européen et du Conseil (8), afin d’améliorer l’efficacité énergétique des navires et de soutenir les investissements dans les technologies et les infrastructures innovantes qui ouvrent la possibilité de décarboner le secteur du transport maritime et d’y déployer des carburants de substitution durables, produits à partir de sources d’énergie renouvelables, ainsi que des technologies de propulsion à émissions nulles; exprime son soutien à la proposition que 20 % des recettes du Fonds soient utilisées pour contribuer à protéger, rétablir et mieux gérer les écosystèmes marins touchés par le réchauffement climatique, tels que les zones marines protégées; |
| 55. | demande à la Commission d’adopter, à l’occasion de son réexamen de la directive relative aux bateaux de plaisance et aux véhicules nautiques à moteur, des seuils ambitieux en matière d’émissions gazeuses et sonores, couvrant celles qui sont produites tant au-dessus qu’en dessous de la surface; encourage de manière pressante la Commission à inclure les moteurs à propulsion électrique dans le champ d’application de la directive; |
| 56. | s’inquiète vivement de ce que l’environnement soit pollué de manière irréversible par les microplastiques qui y sont rejetés; pointe du doigt que les coûts de l’extraction des microplastiques contenus dans l’eau sont supportés par les collectivités locales, les stations d’épuration des eaux et les compagnies de distribution d’eau; par conséquent, demande à la Commission d’adopter des mesures réglementaires strictes et contraignantes pour réduire à la source les rejets accidentels de tous les microplastiques et d’instaurer une interdiction progressive en ce qui concerne tous ceux qui sont ajoutés intentionnellement dans les produits, y compris les nanoplastiques et les polymères biodégradables et solubles; |
| 57. | met en évidence que les terrains de sport comptent parmi les principaux contributeurs au rejet dans l’environnement de microplastiques qui ont été ajoutés intentionnellement aux produits concernés, et que ce sont essentiellement les collectivités locales et les communes qui supportent les coûts des mesures visant à limiter ces fuites; fait remarquer qu’il existe plusieurs solutions naturelles pour remplacer les granules de caoutchouc et, partant, émet le souhait que la Commission interdise, à l’issue d’une période de transition de six ans, l’utilisation de tous les nouveaux matériaux de remplissage granulaires sur les terrains de sport; |
| 58. | reconnaît que les systèmes de consigne constituent des outils efficaces pour atteindre l’objectif obligatoire d’un taux de collecte des récipients pour boissons en plastique qui soit de 90 % d’ici 2029, tel que fixé dans la directive de l’Union relative aux plastiques à usage unique; engage les pays de l’Union européenne qui ne disposent pas encore d’un système de consigne pour ces récipients à en mettre un en place, et suggère qu’ils s’inspirent des expériences concluantes d’États membres voisins; souhaite que la Commission aiguille les États membres vers le recours à des systèmes nationaux de consigne qui soient compatibles, afin de progresser dans la direction d’un marché unique de l’emballage. |
Bruxelles, le 7 mai 2021.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) COM(2020) 380 final.
(2) Comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) l’a souligné dans son rapport spécial sur «L’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique».
(3) Commission européenne, 2017, rapport de l’AEE 17/2019: Marine messages II («Messages marins II»).
(4) Voir https://www.birdlife.org/sites/default/files/turning_the_tide_june2020_1.pdf
(5) https://water.europa.eu/marine
(6) Voir l’encadré 3.2 du rapport de l’AEE 17/2019: Marine messages II («Messages marins II»).
(7) Rapport spécial de la Cour des comptes 26/2020, «Milieu marin: l’UE offre une protection étendue, mais superficielle».
(8) https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2015/757/oj?locale=fr
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021