| CELEX | 52021IR1903 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 1 juillet 2021 |
| 29.10.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 440/42 |
Avis du Comité européen des régions: Bâtir une Europe résiliente — la nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’adaptation au changement climatique
(2021/C 440/08)
|
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Principales observations générales
| 1. | se félicite de l’appel lancé par la Commission européenne dans le cadre de la nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’adaptation au changement climatique afin que les villes et les régions ouvrent la voie, avec le Comité, à une plus grande ambition en matière de résilience climatique et s’engagent à mieux intégrer les mesures de l’Union dans la législation et les actions menées aux niveaux national, régional et local; |
| 2. | s’inquiète de constater que les pertes économiques dues aux conditions météorologiques extrêmes se sont élevées à plus de 436 milliards d’EUR entre 1980 et 2016, et qu’elles augmenteront jusqu’à représenter au moins 170 milliards d’EUR chaque année si le réchauffement planétaire atteint 3 oC par rapport aux niveaux préindustriels; |
| 3. | réaffirme que l’urgence de la lutte contre le changement climatique conformément à l’accord de Paris exige un engagement politique fort à tous les niveaux de gouvernance, afin de faire progresser la transition vers une Europe neutre pour le climat de manière pragmatique et bien définie, dans un mouvement qui émane de la base et intègre suffisamment l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets; |
| 4. | souligne que le rôle des villes et des régions a évolué: l’approche centrée sur l’autorité et l’administration a fait place à une démarche axée sur les services et la coopération, qui inclut les citoyens, le monde universitaire, les entreprises et le tiers secteur. Le Comité invite instamment les villes et les régions à examiner et à redéfinir leur rôle, leurs collaborations et leurs politiques d’innovation, afin de promouvoir des innovations sociétales à grande échelle, assistées par la technologie. Cet ajustement leur permettra de relever les grands défis de société et de garantir les conditions propices à des sociétés où il fait bon vivre; |
| 5. | demande que l’empreinte carbone (carbon footprint), les actions positives menées pour la réduire (carbon handprint) et le fait que les politiques soient axées sur la demande servent de critères pour des marchés publics durables, en vue de stimuler la transformation de notre économie en économie circulaire et d’accroître la demande de nouveaux produits et services durables et respectueux du climat; |
| 6. | fait valoir l’importance cruciale de la prise de conscience et de la volonté d’agir au niveau local; pour accélérer ce processus, il convient de disposer de nouveaux moyens innovants pour apporter un soutien de qualité aux mesures prises à l’échelon local. Le Comité coopérera avec la Commission européenne afin d’élaborer, à l’intention des communes et en tenant compte de la diversité de leurs tailles et de leurs stades de développement, des modèles de programmes opérationnels sur le thème du «Pacte vert — Investir l’échelon local» qui soient adaptés à leurs conditions locales; |
| 7. | note l’importance cruciale, pour les objectifs fixés, de veiller à ce que les connaissances issues des recherches les plus récentes soient exploitées, modifiées et appliquées aux besoins opérationnels potentiels beaucoup plus rapidement que ce n’a été le cas jusqu’à présent; invite dès lors instamment la Commission européenne à mettre en place des pôles de l’espace européen de la recherche (EER) afin qu’ils se concentrent sur la promotion des innovations nécessaires au niveau local et régional du point de vue de la société et qu’ils œuvrent au développement d’écosystèmes pour les universités, les entreprises, la société et les individus; |
| 8. | illustre, avec sa campagne de communication au niveau politique intitulée «Pacte vert — Investir l’échelon local», la manière dont les villes et les régions peuvent accélérer la transition juste et durable grâce à des financements privés et publics locaux, régionaux, nationaux et européens, ainsi qu’à d’autres initiatives de soutien. Le Comité est déterminé à coopérer avec la Commission européenne, les missions de l’Union, le Conseil européen de l’innovation, le réseau des pôles régionaux de l’EER et d’autres initiatives de parties concernées, afin de parvenir ensemble à des solutions novatrices; |
| 9. | souligne qu’au sein de l’Union, environ 40 % des métropoles de plus de 150 000 habitants ont adopté des plans d’adaptation au changement climatique (1); encourage toutes les villes à s’associer à cette démarche et à mettre régulièrement à jour les connaissances et les bonnes pratiques en matière de recherche, de développement et d’innovation (RDI). Le Comité invite les villes et les régions à conjuguer leurs efforts avec ceux des entreprises locales et internationales, en nouant des partenariats pour s’adapter au changement climatique et pour l’atténuer; le Comité demande par ailleurs à la Commission de faire connaître les résultats positifs obtenus en la matière; |
| 10. | soutient expressément la démarche de la stratégie lorsqu’elle entend atteindre la résilience d’une manière juste et équitable. Le changement climatique devient de plus en plus problématique, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité, les personnes âgées, malades et à faible revenu. La stratégie devra accorder une attention particulière à ces groupes de population; |
| 11. | signale qu’il est disposé et déterminé à élaborer conjointement avec les villes et les régions un système d’adaptation à l’échelle européenne, ainsi qu’une structure performante de gouvernance à plusieurs niveaux où les responsabilités sont clairement définies. L’objectif est de pouvoir agir et de créer des mécanismes régionaux et locaux d’adaptation et d’atténuation efficaces, sur la base d’une collaboration entre les secteurs public, privé et tiers, mais aussi d’améliorer les connaissances, les capacités et l’utilisation des ressources financières; |
La stratégie d’adaptation dans le cadre du pacte vert pour l’Europe
| 12. | considère que, dans un délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur du règlement à l’examen, la Commission devrait adopter des orientations établissant des pratiques et principes communs afin de recenser, de classifier et de gérer convenablement les risques climatiques physiques et matériels lors de la planification, de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi des plans, programmes et projets; |
| 13. | suggère de créer des synergies entre les orientations en matière d’adaptation et les directives relatives à l’évaluation environnementale; |
| 14. | note que les collectivités locales et régionales mettent en œuvre plus de 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique et jusqu’à 90 % des actions d’adaptation au changement climatique; par conséquent, aucune politique d’adaptation ne pourra aboutir sans qu’il soit tenu compte des besoins, des points de vue et de l’expertise des régions et des villes; |
| 15. | exhorte les villes et les régions à s’engager résolument dans la préparation de leurs feuilles de route pour le climat et de leurs plans d’action pour l’initiative «Pacte vert — Investir l’échelon local», afin d’asseoir sur une base solide les efforts de lutte contre le changement climatique, dans la perspective de prévenir les changements auxquels on ne pourrait s’adapter et de s’adapter aux changements que l’on ne pourrait prévenir; |
| 16. | demande le renforcement de la coopération régionale entre les parties en ce qui concerne les plans et mesures d’adaptation au changement climatique sur le terrain. C’est à l’échelon local et régional que les mesures doivent être mises en œuvre, en collaboration avec les citoyens et les entreprises; |
| 17. | reconnaît que les régions ultrapériphériques de l’Union sont confrontées à des défis considérables en matière d’adaptation au changement climatique, en raison des facteurs de vulnérabilité qui leurs sont propres et qui les rendent particulièrement sensibles aux répercussions de ce changement; se félicite de tous les efforts déployés pour atténuer ces effets, tels que l’échange de bonnes pratiques et les solutions d’adaptation mondiales et régionales, que la Commission et les États membres se doivent de promouvoir et de soutenir; |
| 18. | souligne l’importance d’élaborer conjointement des méthodes et des instruments d’adaptation appropriés, afin de soutenir la cocréation d’innovations sociétales, la coopération transfrontière, les échanges d’expériences et les capacités de résilience. Dans ce domaine, des mesures prises au titre de l’objectif spécifique 2 du programme Interreg 2021-2027 peuvent apporter une contribution appréciable; |
| 19. | souligne qu’il existe des données probantes de plus en plus solides montrant que, dans certains États membres, les femmes sont exagérément vulnérables au changement climatique en raison de normes sociales et de structures socio-économiques bien ancrées qui entravent leur accès aux ressources, à la prise de décision, à l’information, à l’éducation, à l’emploi, etc.; estime par conséquent que les politiques de l’Union, et notamment le pacte vert pour l’Europe, sont essentielles pour surmonter ces obstacles et renforcer pleinement le potentiel des compétences, des connaissances et des qualifications des femmes et des jeunes filles, afin de garantir l’efficacité et la durabilité de l’adaptation au changement climatique et de la réduction des risques de catastrophe; |
| 20. | met en exergue l’importance d’un accès rapide aux conseils d’experts sur l’utilisation des connaissances et des instruments de financement de l’Union; |
| 21. | souligne la nécessité que les forêts et les exploitations sylvicoles s’adaptent au changement climatique sur un mode respectueux de la nature. Les surfaces boisées et leurs propriétaires jouent un rôle d’une importance exceptionnelle pour préserver le climat, mais sont également eux-mêmes très touchés par le changement climatique; le Comité escompte que la stratégie forestière que l’Union européenne a annoncée prendra en compte les caractéristiques des forêts des différentes régions d’Europe, qu’elle sera étroitement imbriquée avec les stratégies de l’Union en matière d’adaptation au changement climatique et de protection de la biodiversité, et qu’elle inclura des mesures en faveur des forêts semi-naturelles, afin de soutenir leur adaptation au changement climatique et de renforcer leur fonction de puits de carbone; |
| 22. | réclame une mise en œuvre diligente et ambitieuse des mesures qui ont été annoncées dans la stratégie pour soutenir des pistes d’adaptation qui s’inspirent de la nature, dont des approches et produits de financement nouveaux et novateurs. Cette demande s’applique en particulier à la protection et à la restauration des zones humides et des tourbières, ainsi qu’à la végétalisation des villes. De telles solutions contribuent à la fois à accroître la résilience face au changement climatique, à développer un cadre de vie sain et à atteindre d’autres objectifs du pacte vert; |
| 23. | considère qu’il est indispensable de réaliser, grâce à une collaboration entre le secteur public et le secteur privé, de vastes investissements pour développer et mettre en œuvre des démarches nouvelles et novatrices. On citera à titre d’exemple des connaissances existantes le rapport intitulé «Net Zero by 2050: A Roadmap for the Global Energy Sector» («Zéro émission nette pour 2050: feuille de route pour le secteur énergétique mondial») que l’Agence internationale de l’énergie a publié en mai 2021 et qui montre comment il sera possible, grâce à plus de 400 jalons, d’atteindre la neutralité climatique pour 2050. Il convient de remarquer que ces investissements ont également pour effet de stimuler la croissance économique et d’éviter des décès prématurés; |
| 24. | souligne l’effort de collaboration avec le Centre commun de recherche (JRC) et d’autres directions générales de la Commission pour mettre au point le concept de plateformes scientifiques locales consacrées au changement climatique (des structures déjà existantes et jouant un rôle de «GIEC locaux»), dans l’optique d’encourager la coopération avec les scientifiques et d’étayer la prise de décision des élus locaux; |
L’action positive en matière d’empreinte carbone, une nouvelle approche du calcul des effets sur le climat
| 25. | se félicite de l’intention de la Commission de coordonner les différents domaines d’intervention, de manière à exploiter les synergies qui existent entre eux; |
| 26. | recommande de diminuer l’empreinte carbone en réduisant autant que possible l’incidence négative des produits, des déchets générés, des services et des organisations; demande également de mettre l’accent sur l’action positive en matière d’empreinte carbone, en montrant, sur la base des objectifs de développement durable des Nations unies, les retombées positives que des produits et services respectueux du climat offrent en matière de durabilité; |
| 27. | se félicite de l’intention d’établir un lien entre l’adaptation au changement climatique et la directive sur la performance énergétique des bâtiments, le règlement sur les produits de construction et la directive sur l’écoconception; |
| 28. | invite l’industrie européenne à se lancer et à investir dans le développement économique de l’action positive en matière d’empreinte carbone, notamment dans l’amélioration de l’efficacité énergétique, la réduction de la consommation de matériaux, l’introduction de matières premières respectueuses du climat, la réduction de la quantité de déchets, l’allongement de la durée de vie des produits et l’optimisation de leur ergonomie; |
| 29. | demande instamment au secteur public d’user de son rôle et de ses atouts afin d’aider les entreprises à accélérer le processus de création de nouvelles solutions en matière d’action positive pour une empreinte carbone neutre, et l’incite à intervenir de multiples façons: utilisation repensée des marchés publics pour stimuler la demande et le développement de nouveaux produits et services durables, données ouvertes pour analyser les problèmes et concevoir des solutions respectueuses du climat, externalisation ouverte pour créer des plateformes de start-up et d’innovation, et travail en réseau pour élaborer et diffuser des solutions et des concepts nouveaux afin d’accroître la durabilité; |
La tarification du carbone, partie intégrante de la transition écologique
| 30. | estime que, dans leur politique d’achats, le secteur public comme le secteur privé devraient évaluer plus précisément leurs besoins afin d’éviter tout surplus, et que leurs besoins réels devraient ensuite être couverts par des produits et services durables; |
| 31. | invite instamment la Commission à accorder une attention particulière à la mise en place d’un système efficace de tarification du CO2, puisqu’elle constitue l’une des mesures les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique. Pour attirer les investissements nécessaires, le prix du CO2 devrait être prévisible et fixé à un niveau approprié, qui tienne compte du coût réel des dommages causés par les émissions de ce gaz, pour encourager les entreprises du secteur de l’énergie et d’autres branches à investir dans des solutions respectueuses du climat; |
| 32. | souligne que le système de tarification du CO2 inclura vraisemblablement un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, en vue d’instaurer des conditions de concurrence équitables à l’échelle internationale et d’assurer leur transparence pour prévenir tout resquillage; |
| 33. | préconise des mesures d’incitation solides et fondées sur le marché, afin de favoriser le développement de nouveaux puits de carbone et les substitutions durables de matériaux à forte empreinte carbone par des matériaux à faible empreinte carbone. Le secteur de la recherche, du développement et de l’innovation devrait bénéficier d’un soutien pour mettre au point de nouvelles technologies de réduction des émissions de CO2 et affiner les méthodes de mesure; |
| 34. | demande la mise en place d’une combinaison de mécanismes de marché adéquats, de taxes, de mesures de financement, de dispositions légales et d’engagements volontaires des pouvoirs publics afin d’attirer les investissements liés au changement climatique vers le secteur non couvert par le système d’échange de quotas d’émission de l’Union (SEQE), en vue de réduire les émissions à coûts maîtrisés; |
| 35. | préconise d’apporter de nouvelles améliorations au SEQE, notamment en ce qui concerne le chauffage, le refroidissement, les transports, ainsi que l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie (UTCATF). Les mesures systémiques adoptées pour développer le SEQE devraient permettre d’intégrer la taxation nationale sur l’énergie et le climat dans le SEQE mondial; |
| 36. | est convaincu que l’accélération de mesures efficaces visant à supprimer progressivement les subventions directes et indirectes allouées aux combustibles fossiles (telles que les exonérations fiscales dont bénéficie actuellement le carburant d’aviation) s’impose dès que possible en vue de créer des conditions de concurrence équitables pour les énergies renouvelables. Ces mesures permettront en outre d’encourager un changement des comportements et de dégager les ressources nécessaires pour soutenir une transition juste; |
| 37. | demande à l’Union de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale pour développer les systèmes nécessaires de tarification et de budgétisation du CO2 d’ici à 2030 au plus tard et de négocier des éléments similaires avec ses partenaires commerciaux mondiaux; |
Financer la lutte contre le changement climatique
| 38. | reconnaît les besoins considérables en investissements initiaux, notamment en investissements liés à l’énergie: d’après la Commission européenne, ces derniers devraient, à eux seuls, augmenter annuellement de 350 milliards d’EUR au cours de la décennie 2021-2030 par rapport à la précédente (2). Le CdR insiste sur l’importance capitale des partenariats, au sein desquels les fonds publics devraient surtout servir à accélérer le processus; |
| 39. | demande que les villes et les régions soient soutenues dans leur recherche, auprès des sources de financement internationales, européennes, nationales et locales, de la juste combinaison de fonds publics et privés permettant de financer les mesures d’adaptation; préconise de réduire la charge administrative et de simplifier l’accès aux financements européens; |
| 40. | invite l’Union européenne et les autres acteurs à mettre au point des méthodes pour mesurer l’incidence potentielle des risques liés au climat sur les finances publiques, à élaborer des outils et des modèles de tests de résistance climatique et à mieux tenir compte du changement climatique dans les dispositifs d’établissement de rapport et les cadres budgétaires; |
| 41. | insiste sur l’urgence d’actualiser les bouquets énergétiques nationaux à l’aide de nouvelles technologies de pointe, pour contribuer au mieux à la réalisation des objectifs de la stratégie de décarbonation de l’Union, et pour tenir pleinement compte et tirer parti des contributions des «prosommateurs», des communautés énergétiques locales et des nouvelles technologies; insiste sur l’importance d’un réseau électrique à basse et moyenne tension fiable et sur la nécessité d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la charge de base, grâce, en particulier, au développement des technologies de stockage et de pilotage ainsi qu’à l’extension des réseaux énergétiques afin de mieux connecter les nouveaux petits producteurs aux réseaux basse et moyenne tension; invite la Commission à mieux représenter les projets de réseaux intelligents dans la liste des projets d’intérêt commun (PIC) du nouveau cadre proposé pour le RTE-E; |
| 42. | souligne que le déficit de protection contre les aléas climatiques ne pourra être comblé qu’en renforçant le dialogue entre les décideurs politiques et leurs interlocuteurs, en particulier les secteurs concernés et les investisseurs, notamment les assureurs et les fonds de pension; |
| 43. | se félicite du nouveau niveau d’engagement dont la Banque européenne d’investissement (BEI) fait preuve pour augmenter la part des financements consacrés à l’action en faveur du climat d’ici à 2025, ainsi qu’en ce qui concerne l’élaboration de sa «feuille de route de la banque du climat» (3); salue la mise en place de son système d’évaluation des risques climatiques, grâce auquel elle évalue systématiquement les risques physiques liés au climat; |
L’observatoire européen du climat et de la santé, pour intégrer la santé aux objectifs climatiques
| 44. | se félicite de la création d’un observatoire européen du climat et de la santé, qui relève de la plateforme européenne d’adaptation au changement climatique (Climate-ADAPT). Cet observatoire permettra une mise en commun et un rapprochement des données, des outils et des compétences, afin de communiquer, de surveiller, d’analyser et de prévenir les effets du changement climatique sur la santé humaine, dans le cadre du concept «Une seule santé»; estime toutefois qu’il serait souhaitable d’élargir le champ d’action de cet observatoire pour y inclure l’analyse des effets de l’urbanisation et du vieillissement de la population; |
| 45. | insiste sur la nécessité de continuer à collecter des exemples de bonnes pratiques ayant fait leurs preuves sur le terrain et de les inventorier dans un registre accessible au public et facile à consulter, sur le portail de la plateforme Climate-ADAPT et/ou dans le catalogue des critères de référence proposé sur le site internet de la Convention des maires; souligne que le transfert de connaissances devrait également être facilité par la coopération entre les villes et qu’il convient de recenser, de promouvoir et de financer les échanges entre pairs et les activités de parrainage qui présentent un intérêt; |
Numérisation, données et espace
| 46. | insiste sur l’importance des technologies numériques innovantes, de la technologie 5G, de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données, qui favorisent la transition numérique et écologique des villes et des régions; souligne en outre qu’il est particulièrement important pour les zones rurales de disposer d’un approvisionnement suffisant en fibre de verre; |
| 47. | souligne que, pour porter ses fruits, toute action dans le domaine du climat, y compris l’adaptation à son changement, doit s’appuyer sur l’innovation et les meilleures connaissances disponibles, et qu’elle est entièrement tributaire de l’adhésion des citoyens; |
| 48. | signale l’importance de recourir à des systèmes d’information préventifs complets et intégrés, tels que Galileo et Copernicus, pour évaluer les dangers et les risques au niveau des collectivités locales, en s’appuyant sur des dispositifs régionaux et locaux d’exploration des données et sur l’exploitation de satellites et de capteurs, au moyen d’outils assistés par le système d’information géographique (SIG), pour cartographier les vulnérabilités en rapport avec différents risques liés au climat; encourage les collectivités locales et régionales à utiliser le service Copernicus concernant le changement climatique (C3S); |
| 49. | escompte que pour éliminer le plus rapidement possible, par des mesures nationales, européennes et internationales, les fuites de méthane et autres gaz nocifs pour le climat, il sera fait usage des relevés obtenus concernant ces émissions au moyen des systèmes de surveillance satellitaire tels que Galileo et Copernicus; |
| 50. | demande une refonte régionale de la stratégie d’adaptation au changement climatique et rejoint le comité de mission «Adaptation au changement climatique» quant à la nécessité de disposer de services de pointe en matière de données climatiques, fournis par Copernicus, Climate-ADAPT, le centre de connaissance en matière de gestion des risques de catastrophe et d’autres instruments et sources, tels que des satellites d’observation de la Terre et des capteurs in situ (notamment des stations terrestres et des capteurs aériens ou marins); |
| 51. | met l’accent sur la nécessité d’investir davantage dans les technologies spatiales, afin de fournir des informations pertinentes quant aux risques climatiques et aux mesures d’adaptation afférentes; souligne le besoin de coopérer avec la Commission, le Centre commun de recherche et l’Agence européenne pour l’environnement, afin que les collectivités locales et régionales bénéficient d’un meilleur accès à ces technologies; |
Les missions Horizon Europe
| 52. | demande un ajustement et une mise en œuvre plus rapides de la mission Horizon Europe prévue sur l’adaptation au changement climatique, ainsi que des autres missions en lien avec cette adaptation, notamment celles sur la santé des sols, les océans et les villes neutres pour le climat, une fois ces missions approuvées; |
| 53. | met en avant l’importance cruciale des deux missions axées sur le climat, à savoir «une Europe résiliente face au changement climatique» et «100 villes neutres pour le climat d’ici à 2030»; exhorte les villes et les régions représentant toute la diversité géographique, sociale et économique des territoires européens à coopérer pour réaliser l’objectif de l’Union en matière de neutralité climatique; |
| 54. | suggère que le Centre commun de recherche (JRC) de l’Union européenne développe et organise des activités de recherche et d’enseignement en coopération avec le Comité sur le thème de «La science à la rencontre des régions», en soutien aux missions pionnières de l’Union, de manière que leur efficacité s’en trouve accrue et que leurs résultats puissent être diffusés rapidement dans toute l’Europe afin d’y être exploités; |
| 55. | réaffirme son engagement de mettre en œuvre les missions de l’Union européenne de concert avec la direction générale de la recherche et de l’innovation, conformément au plan d’action conjoint signé par la commissaire Mariya Gabriel. Le Comité souligne que, pour atteindre leurs objectifs, les missions de l’Union requièrent un système efficace de gouvernance à plusieurs niveaux, des écosystèmes régionaux d’innovation territorialisés et des stratégies de spécialisation intelligente; |
| 56. | contribue aux missions de l’Union par un engagement actif au niveau local et apporte son soutien à l’établissement de pôles de l’EER en contribuant activement aux expériences, au prototypage rapide, aux essais, à la démonstration et à la transposition à grande échelle des résultats des missions en matière de recherche et d’innovation; |
| 57. | insiste sur l’importance d’intégrer le programme Horizon Europe, les instruments communs de démonstration et de mise en œuvre, les initiatives en faveur de l’innovation en matière de partenariats public-privé au niveau local et les instruments de financement de la gouvernance à plusieurs niveaux dans les stratégies régionales de spécialisation intelligente; |
| 58. | souligne l’importance cruciale des contrats de partenariat entre l’Union européenne et les villes et régions servant de modèle dans le cadre des missions «Villes intelligentes» et «Adaptation au changement climatique» pour parvenir à exercer une influence à l’échelle européenne, à réaliser les objectifs visant à faire de l’Union un précurseur en matière de climat et à obtenir des résultats à grande échelle; |
| 59. | suggère, pour les missions en lien avec le climat, une approche en trois étapes: 1) engager un processus interactif ouvert pour associer les villes et les régions de différentes manières à la mission; 2) enrôler le nombre requis de communautés pionnières afin de tester les solutions innovantes de la mission en conditions réelles et 3) convenir du rôle des communautés chargées de la démonstration dans le déploiement à grande échelle des solutions innovantes et dans l’essaimage des meilleures solutions à l’échelle européenne; |
| 60. | propose une coopération entre la mission «Adaptation au changement climatique» et la Convention des maires afin de mobiliser autant de villes et de régions que possible, dans le but d’acquérir une bonne compréhension des risques climatiques, de s’y préparer et de les gérer; les ambassadeurs du CdR pour la Convention peuvent jouer un rôle actif dans ce processus; |
| 61. | appuie fermement la création d’un mécanisme de soutien aux politiques destiné à fournir une assistance technique directe pour aider à élaborer et à mettre en œuvre les stratégies et plans d’adaptation correspondants; estime que cet instrument devrait comprendre un service d’assistance à l’adaptation au changement climatique, des ateliers pratiques et d’autres instruments à créer en synergie avec la Convention des maires, et se tient prêt à soutenir la conception et la mise en œuvre de ce mécanisme; |
Partenariats clés et COP 26
| 62. | signale que la 26e conférence des parties signataires (COP 26) de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) représente une étape cruciale pour consolider la position de l’Union européenne à l’avant-garde de l’action mondiale pour le climat et souligne que les activités en cours et les engagements pris dans les régions et les villes devraient jouer un rôle fort et visible lors de la COP 26; |
| 63. | demande à la CCNUCC de renforcer la visibilité et la reconnaissance des pouvoirs publics infranationaux dans le cadre de la diplomatie et des actions mondiales en matière de climat, en s’appuyant sur les communautés et organisations en réseau internationales telles que l’ICLEI, la coalition Under2, le réseau Regions4, l’Alliance pour le climat et l’organisation «Cités et gouvernements locaux unis» (CGLU); |
| 64. | recommande d’étendre le rôle des villes et des régions au sein de la plateforme Climate-ADAPT (4) et souhaite un approfondissement de la coopération, en particulier avec l’Agence européenne pour l’environnement, la communauté de la connaissance (CCI) «Climat» de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) et le Centre commun de recherche (JRC); recommande que ces acteurs fournissent régulièrement des mises à jour concernant les connaissances scientifiques et les projets liés au changement climatique, à ses incidences et à la vulnérabilité dans les principales régions biogéographiques d’Europe; |
| 65. | invite la Commission à recommander vivement aux États membres d’associer les pouvoirs publics infranationaux à leur démarche quand ils élaborent leurs stratégies d’adaptation et encouragent le développement de stratégies régionales et locales, ainsi que la transposition au niveau régional de stratégies nationales; est prêt à organiser à cette fin des dialogues à niveaux multiples sur l’énergie et le climat. |
Bruxelles, le 1er juillet 2021.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) Rapport sur la mise en œuvre de la stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique, COM(2018) 738 final.
(2) Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030, COM(2020) 562 final.
(3) https://www.eib.org/fr/about/partners/cso/consultations/item/cb-roadmap-stakeholder-engagement.htm.
(4) https://climate-adapt.eea.europa.eu/.
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021