| En raison de l’appui constant apporté par l’UE aux négociations ayant mené à l’adoption de la convention en 2019 et de sa participation à ces négociations, ce qui a également permis de préserver les principaux intérêts de l’UE dans ce processus, l’option de ne pas adhérer à la convention a surtout servi de point de référence pour évaluer les différentes options stratégiques dans la perspective d’une adhésion. Ces options envisageaient une adhésion de l’UE à la convention sur les jugements, soit sans déclaration, soit en inscrivant une déclaration au titre de l’article 18 de la convention excluant son application à certains sujets (consommateurs, emploi ou assurance et/ou baux à loyer d’immeubles à usage commercial), soit en inscrivant une déclaration au titre de l’article 19 de la convention excluant les jugements en matière civile ou commerciale concernant des États ou des entités publiques. Une autre option encore a été envisagée, celle d’une adhésion assortie de deux déclarations au titre des articles 18 et 19. L’option privilégiée est d’adhérer à la convention avec une déclaration limitée et ciblée excluant la reconnaissance et l’exécution, par les juridictions dans l’UE, de décisions rendues dans des pays tiers concernant des baux à loyer d’immeubles à usage commercial situés dans l’UE. Il n’a pas été jugé nécessaire de retenir une déclaration qui exclurait les autres sujets considérés, car la convention prévoit une protection adéquate pour les parties les plus faibles, bien que sous une forme différente de celle prévue par l’acquis de l’UE, et, contrairement à l’option privilégiée, des déclarations d’une portée plus large, pourraient nuire à la pleine réalisation des objectifs de cette initiative. Si l’option privilégiée renforce l’accès à la justice et vise à promouvoir le commerce et les investissements internationaux, elle aura également pour effets de renforcer la sécurité juridique et la prévisibilité dans les procédures de contentieux international et de réduire les coûts et la durée des procédures, tout en étant pleinement compatible avec l’acquis de l’UE dans ce domaine, en l’occurrence le règlement Bruxelles I bis [règlement (UE) nº 1215/2012]. En application de ce règlement, les juridictions dans l’UE ont compétence exclusive pour statuer sur les litiges liés aux baux commerciaux d’immeubles situés dans l’UE. |
| L’adhésion à la convention sur les jugements avait l’appui à la fois des États membres et de l’écrasante majorité des parties prenantes (praticiens du droit, entreprises, ordres professionnels des avocats et des huissiers de justice, universitaires, etc.). Quant à la possibilité de faire des déclarations, les États membres se sont opposés à une déclaration fondée sur l’article 19 de la convention et ne se sont pas prononcés clairement sur des déclarations fondées sur l’article 18. Seul un petit nombre de parties prenantes ont plaidé en faveur d’une adhésion assortie d’une déclaration fondée sur l’article 19, tandis qu’aucune tendance nette ne s’est dégagée en ce qui concerne les déclarations fondées sur l’article 18. |
| Selon des estimations, les bénéfices directs pour les citoyens et les entreprises de l’UE désireux d’obtenir la reconnaissance et l’exécution, chez les grands partenaires commerciaux analysés (Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Japon et États-Unis d’Amérique), d’un jugement rendu dans l’UE seraient compris entre 1,1 et 2,6 millions d’EUR au cours de la période de référence (2022-2026). Cela tient à une baisse des coûts liés à la reconnaissance et à l’exécution des jugements de l’UE dans les pays tiers estimée entre 10 et 20 %. En outre, la durée moyenne des procédures devrait diminuer de trois à six mois en moyenne. Cette option aura également une incidence positive sur les systèmes juridiques nationaux de la plupart des États membres, ce qui, dans 22 États membres, devrait avoir pour effet d’élever le niveau d'acceptation des jugements rendus dans des pays tiers. Pour les quatre États membres restants [abstraction faite du Danemark, exclu], la situation après l’adhésion à la convention ne sera pas pire qu’elle ne l’est actuellement, mais elle ne devrait guère apporter d’améliorations, voire aucune, par rapport à la situation actuelle. En outre, cette option est pleinement compatible avec l’acquis de l’UE (règlement Bruxelles I bis) et, en conséquence, est celle présentant le niveau de cohérence le plus élevé à ce stade. |