COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.7.2021
SWD(2021) 701 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2021 sur l'état de droit
Chapitre consacré à la situation de l'état de droit en Autriche
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2021 sur l'état de droit
La situation de l'état de droit dans l'Union européenne
{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 710 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 714 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}
Résumé
Le système de justice autrichien continue de se caractériser par un niveau très élevé de perception de son indépendance et des discussions sont en cours au sujet de la réforme annoncée visant à instituer un ministère public indépendant. Il est important que cette réforme tienne compte des normes européennes relatives à l’indépendance du ministère public. Entre-temps, les changements visant à réduire les obligations d’information incombant aux procureurs ont été apportés. D’autres mesures ont été prises pour les systèmes de gestion de la conformité pour les juridictions et les procureurs et pour l’obligation qui incombe à ces derniers de donner leur avis aux collèges de magistrats en ce qui concerne les propositions de nomination des juges. Pour ce qui est des normes de recrutement applicables dans les juridictions administratives, en particulier la nomination des (vice-)présidents, certaines préoccupations subsistent. L’Autriche s’attache à améliorer encore la numérisation de la justice. Le système de justice continue de fonctionner de manière efficiente, des améliorations étant constatées dans le traitement des affaires administratives.
La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption est en cours, mais certains retards ont été signalés en raison de la pandémie de COVID-19. Les enquêtes sur la corruption politique à haut niveau se sont intensifiées à la suite de récents scandales politiques. Les procureurs chargés de ces affaires ont dû toutefois composer avec des propos négatifs de la part des responsables politiques. Les obligations d’information incombant au service du ministère public spécialisé dans la lutte contre la corruption sont lourdes, ce qui entraîne des retards nuisant à l’efficacité des enquêtes en matière de lutte contre la corruption. Des modifications récentes visent toutefois à réduire cette charge. De nouvelles mesures destinées à prévenir la corruption des fonctionnaires et des hautes fonctions de l’exécutif ont été mises en place, mais celles visant à prévenir efficacement les risques liés à l’intégrité des parlementaires restent limitées, sans que ces derniers soient tenus de déclarer leurs patrimoines, intérêts, dettes et passifs. Bien qu’un cadre juridique en matière de lobbying soit en place, son champ d’application et les informations accessibles au public restent limités. Le contrôle du financement des partis politiques reste un sujet de préoccupation.
Les médias continuent de bénéficier d’un cadre juridique solide et de conditions favorables. En outre, les autorités de régulation des médias continuent de fonctionner de manière indépendante. Des risques pèsent sur le pluralisme des médias, compte tenu de l’absence d’un cadre juridique complet et applicable relatif à l’accès aux documents et aux informations publiques. Pour y remédier, le gouvernement a proposé une nouvelle loi sur la liberté d’accès à l’information. Les médias continuent de percevoir des montants élevés en dépenses publicitaires publiques, mais des inquiétudes persistent quant à l’équité et à la transparence de leur allocation, à la possible influence politique dans le processus et à la prise en compte insuffisante des considérations relatives au pluralisme des médias. L’aide financière réservée spécifiquement au secteur des médias pendant la pandémie de COVID-19 a été généralement considérée comme efficace, mais des doutes ont été émis quant à sa distribution objective. Si certaines mesures ont été prises en vue d’améliorer la protection des journalistes lors des manifestations, la sécurité de ces derniers est de plus en plus menacée, notamment par le harcèlement et les intimidations en ligne.
En ce qui concerne l’équilibre des pouvoirs, des mesures sont actuellement prises afin d’améliorer la participation des parties prenantes et des citoyens à l’élaboration des politiques. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, l’exécutif a été habilité à agir par ordonnance en vertu d’une législation prévue à cet effet, qui prévoit un renforcement du contrôle parlementaire depuis l’automne 2020. La Cour constitutionnelle a joué un rôle important dans le contrôle de ces mesures, annulant plusieurs d’entre elles, faute de justification suffisante. Le médiateur, qui a également joué un rôle actif dans le contexte de la pandémie de COVID-19, élabore actuellement une nouvelle demande d’accréditation en tant qu’institution nationale de défense des droits de l’homme. Le gouvernement s’est efforcé de renforcer le dialogue avec les organisations de la société civile, en les consultant notamment au sujet de l’aide apportée à la société civile pendant la pandémie de COVID-19.
I.Système de justice
Le système de justice autrichien comporte deux branches distinctes. Les juridictions de droit commun se composent de 115 tribunaux cantonaux, de 20 tribunaux régionaux, de quatre tribunaux régionaux supérieurs et de la Cour suprême. Depuis 2014, l’Autriche dispose également d’un système distinct de juridictions administratives, qui compte 11 tribunaux administratifs de première instance (neuf tribunaux administratifs régionaux, un tribunal administratif fédéral et un tribunal des finances) et la Cour administrative suprême. La Cour constitutionnelle assure le contrôle de la constitutionnalité des lois fédérales et régionales. Les juges sont nommés par l’exécutif sur la base de propositions non contraignantes émanant de collèges de magistrats constitués de juges ou d’assemblées plénières d’une juridiction, qui dressent un classement de trois candidats pour chaque poste. Le ministère public est une autorité judiciaire, placée hiérarchiquement sous la supervision du ministre de la justice, qui peut donner à la fois des instructions générales et des instructions dans des affaires spécifiques. L’Autriche participe au Parquet européen. Les avocats sont inscrits à l’un des neuf barreaux locaux, qui sont des corporations de droit public et des entités autonomes organisées sous l’égide du Barreau fédéral autrichien.
Indépendance
Le niveau de perception de l’indépendance du système judiciaire reste toujours très élevé et s’est encore amélioré pour les entreprises. En 2021, l’indépendance des juridictions et des juges est perçue comme «plutôt bonne ou très bonne» par 83 % du grand public et par 78 % des entreprises. Dans l’ensemble, au cours des cinq dernières années, le niveau de perception de l’indépendance du système judiciaire par le grand public et les entreprises a connu une augmentation constante, à l’exception de l’année 2021, où il a légèrement diminué pour le grand public.
Une réforme visant à instituer un ministère public fédéral indépendant dirigé par un procureur général est en cours d’élaboration. À la suite de l’annonce du 24 février 2021 concernant la création d’un ministère public fédéral placé sous la direction d’un procureur général indépendant, le ministère de la justice a mis en place un groupe de travail composé d'experts ainsi que de parties prenantes issues du système judiciaire, lequel se réunit tous les mois depuis mai 2021 pour examiner différentes questions constitutionnelles et juridiques liées à la réforme. Le groupe devrait présenter ses résultats au cours du premier semestre de 2022, mais il n’a pas été chargé d’élaborer un projet concret de texte législatif. La réforme du service public est une demande formulée de longue date par les parties prenantes, car le système des obligations d’information (voir ci-dessous) et le droit du ministre de la justice de donner des instructions aux procureurs dans des affaires spécifiques, y compris des instructions de ne pas poursuivre, ont fait l’objet de critiques. Les parties prenantes ont insisté sur la nécessité de veiller à ce que la réforme envisagée prévoie des garanties structurelles concrètes pour assurer, dans la pratique, l’indépendance du nouveau procureur général de toute influence politique exercée par le pouvoir exécutif ou législatif. Il est important que la réforme soit élaborée en consultation avec toutes les parties prenantes concernées et qu’elle tienne compte des normes européennes relatives à l’indépendance du ministère public.
Des mesures visant à réduire les obligations d’information des procureurs à l’exécutif sont actuellement mises en œuvre. Conformément à l’intention inscrite dans le programme du gouvernement et déjà mentionnée dans le rapport 2020 sur l’état de droit, le gouvernement a pris des mesures pour réduire les obligations d’information du ministère public, que ce dernier et les parties prenantes considèrent actuellement comme lourdes et disproportionnées (voir également la section II). Dans un premier temps, un décret du bureau du procureur principal de Vienne sur les obligations d’information des parquets subordonnés (qui les obligeait à notifier les principaux actes de procédure trois jours avant leur exécution) a été abrogé en mars 2021 à la demande du ministère de la justice (voir également la section II). En outre, le 12 juin 2021, le ministère de la justice a publié une révision du décret sur les obligations d’information qui les circonscrirait plus étroitement dans certaines circonstances, comme la suppression de l’obligation de déposer des rapports d’information si les personnes d’intérêt public sont victimes d’une infraction pénale. Les parties prenantes ont fait toutefois remarquer que ce changement pourrait ne pas réduire de manière significative la charge pesant sur le service central du ministère public chargé de la lutte contre la criminalité économique et la corruption (Zentrale Staatsanwaltschaft zur Verfolgung von Wirtschaftsstrafsachen und Korruption – WKStA), étant donné qu’un grand nombre de ses affaires sont des affaires d’intérêt public pour lesquelles les obligations continueraient de s’appliquer. Le ministre de la justice a émis 22 instructions dans des affaires particulières en 2020 et huit en mai 2021, toutes dans le respect de l’avis du Conseil des instructions, un organe indépendant. Le prochain rapport sur les instructions devrait être soumis au Parlement à l’été 2021.
Une obligation de donner un avis aux collèges de magistrats en cas de divergence par rapport à leurs recommandations de nomination des juges a été introduite. Des modifications à la loi sur les juges et les procureurs sont entrées en vigueur en décembre 2020, codifiant une obligation pour le ministre de la justice de donner un avis écrit aux collèges de magistrats, qui sont principalement composés de juges choisis par leurs pairs, au cas où leurs recommandations en matière de nomination des juges ne seraient pas suivies. Les collèges de magistrats sont également habilités à remettre un avis écrit dans un délai de deux semaines. Un processus analogue a également été établi pour les procureurs. Cette évolution répond aux éléments d’une recommandation du GRECO de renforcer la participation des collèges de magistrats aux procédures de nomination. Le GRECO indique également que les collèges de magistrats ne participent pas toujours à la sélection des juges stagiaires et qu’il n’y a pas de contrôle judiciaire de la procédure de nomination. Les collèges de magistrats (ou autres organes représentant le pouvoir judiciaire) ne participent pas non plus à la sélection du président et du vice-président de la Cour suprême, ce qui a fait l’objet de critiques de la part de cette dernière.
Certaines préoccupations subsistent en ce qui concerne les recrutements dans les juridictions administratives, notamment par rapport à la nomination des présidents et vice-présidents. Les nominations des présidents et vice-présents des tribunaux administratifs régionaux restent généralement du ressort de l’exécutif, sans participation systématique du pouvoir judiciaire, comme déjà indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit. En mars 2021, le GRECO a recommandé à nouveau un renforcement de la participation des collèges de magistrats aux procédures de nomination des juges, y compris des (vice-)présidents des juridictions administratives. Les parties prenantes continuent de souligner que le manque de participation cohérente du pouvoir judiciaire à ces nominations, combiné aux larges pouvoirs et devoirs des présidents des tribunaux, suscite des inquiétudes quant au respect des normes européennes. Le gouvernement et la Conférence des présidents des juridictions administratives ont précisé que dans plusieurs États fédérés (Länder), des commissions spéciales sont instituées en droit ou dans la pratique pour élaborer des propositions de nominations, mais elles ne font pas nécessairement intervenir (une majorité de) juges. Il est également demandé d’harmoniser les conditions de recrutement des juges des juridictions administratives, qui sont réglementées séparément pour chaque tribunal administratif régional. Selon les recommandations du Conseil de l’Europe, si l’exécutif prend des décisions concernant la sélection des juges, une autorité indépendante et compétente, composée d’une part substantielle de membres issus du pouvoir judiciaire, devrait être habilitée à formuler des recommandations ou à émettre des avis que l’exécutif suit dans la pratique.
Des mesures sont actuellement prises pour améliorer le cadre régissant l’intégrité des juges et des procureurs. À la suite de l’adoption des lignes directrices en matière de conformité pour tous les employés du secteur judiciaire en 2019, les juridictions et le ministère public mettent actuellement en œuvre un système complet de gestion de la conformité, qui comprendra la mise en place de responsables régionaux de la conformité qui agiront en tant que points de contact uniques pour les questions de conformité soulevées par tous les employés du secteur judiciaire. Un programme de formation en ligne sur la conformité, axé sur les questions liées aux conflits d’intérêts, a été mis en place et a déjà été suivi par plus de 1 400 employés. Le GRECO s’est félicité de la mise en place des lignes directrices en matière de conformité et des responsables de la conformité, mais a souligné la nécessité de clarifier les modalités pratiques du fonctionnement des conseils confidentiels offerts aux juges et aux procureurs sur les questions d’éthique. En outre, les parties prenantes notent que les lignes directrices en matière de conformité ont été établies par l’exécutif, et non par le pouvoir judiciaire lui-même, et qu’un code de déontologie pour les juges administratifs n’a pas été élaboré. Le GRECO indique également que, jusqu’à présent, aucun système d’évaluation périodique n’a été mis en place en Autriche.
Qualité
Des ressources supplémentaires ont été attribuées aux juridictions et au ministère public, mais des difficultés subsistent à la Cour fédérale des finances. Après les postes supplémentaires attribués en 2020, le budget du pouvoir judiciaire a été revu à la hausse en 2021, prévoyant des fonds supplémentaires pour faire face aux conséquences de la pandémie COVID-19. En outre, les recrutements pour la plupart des postes supplémentaires créés ont été menés à bien. L’Autriche consacre environ 0,28 % de son PIB à son système de justice. Bien que cette augmentation du budget réponde aux inquiétudes soulevées par les parties prenantes et par une étude du ministère de la justice sur les réductions antérieures du budget alloué au système de justice, un audit publié par la Cour des comptes en janvier 2021 confirme que les problèmes de ressources persistent à la Cour fédérale des finances, notamment en ce qui concerne le très faible niveau de personnel par rapport aux autres juridictions (seulement environ 0,25 poste d’agent des services judiciaires par juge) et un certain nombre de postes de juges non pourvus, une situation qui a également entraîné un retard important dans le traitement des affaires. La Cour des comptes a formulé un certain nombre de recommandations à l’attention de la Cour fédérale des finances et au ministère des finances, parmi lesquelles la nécessité de réduire les charges administratives pesant sur les juges, afin de pouvoir réaliser des progrès dans la réduction des arriérés et des délais de traitement des affaires.
Des changements sont actuellement apportés afin de réduire les frais de justice dans des domaines spécifiques. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, les parties prenantes estiment que le montant élevé des frais de justice en Autriche constitue un obstacle potentiel à l’accès à la justice. Un certain nombre de mesures visant à faire baisser les frais de justice dans des domaines spécifiques ont été mises en œuvre, y compris pour les poursuites privées. Si, dans le cadre de la réforme globale des procédures d’exécution adoptée en avril 2021, les frais de justice ont été augmentés, les frais exigés pour certains actes de procédure ont parallèlement été réduits. Certaines autres mesures spécifiques liées aux frais de justice, par exemple pour les procédures civiles, sont en cours d’élaboration, mais à ce stade, aucune évaluation générale du régime des frais de justice n’est prévue. En 2020, les recettes tirées des frais de justice ont chuté en raison de la pandémie de COVID-19 et l’ajustement à l’inflation a été temporairement reporté à mai 2021, réduisant ainsi leur part au budget du système de justice, qui reste néanmoins élevée. Les parties prenantes soulignent en particulier que l’absence de plafonnement des frais de justice dans les affaires de grande valeur et les ajustements automatiques à l’inflation constituent autant d’obstacles potentiels à l’accès à la justice.
Des offres de formation initiale pour les juges des juridictions administratives ont été élaborées. Depuis 2020, l’Académie autrichienne de la magistrature administrative propose un programme de formation pour les juges des juridictions administratives nouvellement nommés, comprenant des modules sur la gestion des procédures, l’éthique professionnelle, la législation sur la fonction pour les juges et la justice numérique. Alors que les juges et les procureurs des juridictions de droit commun suivent une formation initiale complète de quatre ans, les juges des juridictions administratives sont recrutés après une expérience professionnelle préalable d’au moins cinq ans. La formation initiale des juges administratifs nouvellement nommés n’est toutefois pas exigée par la loi, ce qui a fait l’objet de critiques de la part des parties prenantes. Il a également été recommandé de mettre en place un programme annuel de formation continue pour tous les juges et procureurs, qui porterait en particulier sur les questions liées à l’intégrité.
Les efforts se poursuivent pour faire progresser la numérisation de la justice. Le niveau global de numérisation de la justice est élevé. Il se caractérise par une totale mise en place de règles de procédure pour l’utilisation des outils numériques dans les affaires civiles, pénales et administratives et une large utilisation des outils de communication numériques et électroniques par les juridictions et les parquets. Les solutions numériques permettant d’engager et de suivre des procédures sont dans une large mesure disponibles dans les procédures civiles, administratives et pénales. Comme déjà mentionné dans le rapport 2020 sur l’état de droit, l’Autriche poursuit la mise en œuvre du projet «Justice 3.0», qui vise à passer entièrement aux dossiers électroniques d’ici à 2025. Depuis juin 2021, les procédures dans 56 tribunaux, neuf parquets, ainsi qu’à la Cour suprême et au Bureau du procureur général, sont entièrement numérisées. Les prochaines étapes prévues sont l’utilisation exclusive des fichiers numériques dans tous les parquets d’ici à la mi-2022 et dans toutes les nouvelles procédures civiles d’ici à la mi-2023. Lancée en novembre 2020, la nouvelle plateforme «JustizOnline» offre un lieu consolidé où les citoyens peuvent accéder à des services, tels que le dépôt de demandes électroniques ou la consultation de dossiers d’affaires. En outre, elle fournit une assistance aux utilisateurs grâce à un outil d’agent conversationnel. Le gouvernement est également en train de mettre en place un nouveau système numérique complet de rapports sur les performances, avec des données sur les performances des juridictions et des parquets, qui seront rendues publiques sur JustizOnline. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, des mesures procédurales ont été prises pour permettre l’utilisation de systèmes de visioconférence, tant en matière civile que pénale, selon un système de «feux tricolores».
Efficience
Le système de justice continue de fonctionner de manière efficiente, des améliorations étant constatées dans le traitement des affaires administratives. Le délai moyen de résolution des litiges commerciaux s’est maintenu à un faible niveau (137 jours en 2019 contre 138 en 2018), avec un taux de variation du stock d’affaires pendantes stable à 100,4 % et un faible nombre d’affaires pendantes, signe que le système de justice gère de manière efficiente le nombre de dossiers à traiter. En ce qui concerne les affaires administratives, les indicateurs relatifs à l’efficience montrent de nouvelles améliorations, notamment en ce qui concerne le taux de variation du stock d’affaires pendantes (à 110,7 % en 2019 contre 89,7 % en 2018) et le nombre d’affaires pendantes qui, bien qu’ayant diminué, reste globalement élevé (à 0,8 affaire pour 100 habitants en 2019 contre 0,9 en 2018). Pourtant, le délai moyen de résolution des affaires administratives (440 jours) reste relativement long.
II.Cadre de la lutte contre la corruption
La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption et les actions prévues dans le plan d’action pour 2019-2020 sont en cours. Les autorités chargées de la lutte contre la corruption comprennent le ministère fédéral de la justice, le service central du ministère public chargé de la lutte contre la criminalité économique et la corruption (Wirtschafts- und Korruptionsstaatsanwaltschaft – WKStA), le ministère fédéral de l’intérieur ainsi que son Office fédéral de lutte contre la corruption (Bundesamt für Korruptionsprävention und -bekämpfung – BAK) et son Office fédéral de la police judiciaire (Bundeskriminalamt – BK). La Cour des comptes est chargée de contrôler et de faire rapport sur la gestion financière aux échelons national et local, y compris sur les questions liées à la lutte contre la corruption, ainsi que de surveiller les finances des partis politiques. Le cadre juridique comprend des dispositions pertinentes du code pénal et du code de procédure pénale, ainsi qu’une législation spécifique sur la corruption. Sont également couvertes les affaires impliquant des agents publics étrangers.
Les experts et les chefs d’entreprise estiment que le niveau de corruption reste relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption publié en 2020 par Transparency International, l’Autriche obtient un score de 76/100 et se classe au 5e rang dans l’Union européenne et au 15e rang mondial. Cette perception a été relativement stable au cours des cinq dernières années.
La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption est en cours, mais certains retards ont été enregistrés pendant la pandémie de COVID-19. La stratégie nationale de lutte contre la corruption a été adoptée en 2018. Elle est accompagnée d’un plan d’action, adopté le 16 janvier 2019, couvrant les années 2019-2020. L’objectif principal de la stratégie et du plan d’action pour le cycle 2019-2020 est d’accroître et de garantir l’intégrité et la transparence dans l’administration, la politique et le milieu des affaires. L’organe de coordination de la lutte contre la corruption a décidé de prolonger le cycle de mise en œuvre et de révision de la stratégie et de son plan d’action. Si les actions prévues pour 2019 semblent avoir été mises en œuvre, celles prévues pour 2020 ont subi des retards, car la plupart d’entre elles concernaient des conférences, des réunions et des formations qui n’ont pas pu être organisées pendant la pandémie de COVID-19. Néanmoins, de nouvelles activités ont été lancées à la place, telles que la fourniture de conseils personnalisés par courrier électronique et par téléphone sur les questions en matière de conformité et d’intégrité reçues des membres du réseau des responsables de l’intégrité (NIO). En outre, le réseau a enregistré une augmentation de 60 % des demandes d’adhésion parmi les fonctionnaires au cours de l’année 2020.
Les enquêtes sur la corruption à haut niveau se sont intensifiées, tandis que les procureurs ont fait l’objet de propos publics négatifs de la part de politiciens. Une grande majorité des enquêtes à grande échelle en Autriche sont menées par le service central du ministère public chargé de la lutte contre la criminalité économique et la corruption (WKStA). À la suite de scandales politiques très médiatisés, ledit service a intensifié ses enquêtes sur la corruption politique à haut niveau. Les procureurs chargés de certaines des affaires les plus médiatisées ont fait l’objet de propos publics négatifs de la part de représentants du gouvernement , ce qui a fait l’objet de critiques du président fédéral , ainsi que des associations de juges, qui ont indiqué que ces déclarations publiques nuisaient à la perception de l’indépendance du pouvoir judiciaire par l’opinion publique . Le Bureau fédéral de prévention et de lutte contre la corruption, qui mène des enquêtes policières et coopère avec l'Office central de lutte contre la délinquance économique et la corruption , a enregistré 32 nouvelles affaires de corruption présumée en 2020. Selon un projet de proposition législative soumis à consultation publique en mars 2021, les perquisitions menées dans les locaux des autorités publiques ne seraient plus autorisées, le WKStA devant déposer une demande d’«assistance administrative» pour obtenir des documents et des éléments de preuve. Le ministère public et les parties prenantes ont exprimé des inquiétudes quant aux conséquences négatives de cette disposition sur la capacité à collecter des éléments de preuve, ce qui pourrait avoir une incidence sur l’efficacité des enquêtes en matière de lutte contre la corruption. Après examen et analyse de toutes les réponses aux consultations publiques et une réunion d’experts avec les parties prenantes, un projet de loi révisé a été déposé.
Les obligations d’information contraignantes qui pèsent sur les procureurs entraînent des retards et nuisent à l’efficacité des enquêtes en matière de lutte contre la corruption. Les procureurs du WKStA doivent faire rapport au bureau du procureur principal de Vienne dans un délai de trois jours ouvrables avant d’engager des démarches procédurales, une obligation renforcée qui a été introduite en 2019. Le WKStA a signalé que ces obligations d’information supplémentaires étaient contraignantes et pouvaient entraîner des retards dans les enquêtes, environ 40 % de leurs procédures étant soumises à de lourdes obligations d’information. Le nombre de notifications a considérablement augmenté ces dernières années (de 1 100 en 2017, à 1 957 en 2018 et à 2 299 en 2019). Pour remédier à ces problèmes, le ministère de la justice a adopté un nouveau décret en mars 2021, qui a partiellement assoupli les obligations d’information, en précisant que les parquets n’ont pas besoin de rendre compte des démarches procédures importantes avant le début de leur exécution. À ce titre, des modifications à la loi sur les procureurs sont prévues pour 2021 (voir également la section I). Une révision du décret sur les obligations d’information a récemment été publiée.
Des réformes des règles relatives au financement des partis politiques, y compris en ce qui concerne le rôle de la Cour des comptes, sont en cours. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la Cour des comptes autrichienne a des pouvoirs limités en matière d’audit et le seul pouvoir d’enquête dont elle dispose est de vérifier l’exactitude des comptes des partis politiques. Dans un rapport récent, la Cour des comptes a émis des critiques à l’encontre du régime des subventions accordées aux institutions de formation des partis politiques représentés au Parlement, recommandant que la Cour dispose de pleins droits d’audit et de sanction. Bien que dans le programme du gouvernement pour la période 2020-2024 le gouvernement se soit engagé à entreprendre des réformes afin de renforcer le contrôle du financement des partis politiques, aucune mesure concrète n’a été prise à ce jour à cet égard. Les parties prenantes et la Cour des comptes estiment que les réformes devraient prévoir des pouvoirs de contrôle et d’enquête supplémentaires pour la Cour des comptes chargée de surveiller le financement des partis, ainsi qu’un renforcement de la transparence et de l’obligation de rendre compte dans le processus d’information et une révision du régime de sanctions.
Les mesures visant à prévenir efficacement les risques liés à l’intégrité des parlementaires restent limitées. Les parlementaires ne sont pas tenus de déclarer publiquement leurs patrimoines, intérêts, dettes et passifs ou tout autre intérêt économique, y compris les investissements dans des sociétés. En outre, il n’existe aucun mécanisme de contrôle et de sanction pour vérifier l’exactitude des déclarations lorsqu’elles sont publiées librement. En outre, il n’est pas interdit aux parlementaires d’exercer une activité complémentaire ou de siéger dans des conseils de direction ou d’administration Le Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO) a souligné le faible niveau de conformité de l’Autriche avec les recommandations formulées en matière de prévention de la corruption parmi les parlementaires, les juges et les procureurs.
De nouvelles mesures visant à prévenir la corruption des fonctionnaires et des hautes fonctions de l’exécutif ont été mises en place. Le 18 novembre 2020, le Conseil des ministres a adopté un nouveau code de conduite pour la prévention de la corruption dans la fonction publique. Ce code fournit des instructions aux agents et responsables de la fonction publique sur la manière de traiter les tentatives de corruption, les cadeaux et les invitations, les dénonciations et le lobbying. Il donne également des exemples de comportements conformes et non conformes. En outre, le code fournit des informations sur le traitement des obligations de déclaration des activités complémentaires et associatives et explique les obligations en matière de protection des données et de confidentialité. Une nouvelle autorité disciplinaire fédérale, qui est officiellement entrée en service le 1er octobre 2020, ou, dans certains cas, une commission disciplinaire mixte créée auprès de l’administration parlementaire, est compétente pour prendre des décisions disciplinaires et décider de la suspension des fonctionnaires fédéraux. Les mesures disciplinaires prévues par le code disciplinaire applicable aux fonctionnaires fédéraux sont les réprimandes, les amendes légères ou importantes et le licenciement. En ce qui concerne les agents fédéraux contractuels, l’autorité du personnel est compétente pour prononcer des mesures disciplinaires telles que les réprimandes, la résiliation du contrat et le licenciement. En ce qui concerne les règles relatives à l’après-mandat des membres du gouvernement, une proposition ministérielle a été présentée le 22 février 2021. Elle vise à introduire une période d’attente de trois ans avant que les membres du gouvernement puissent devenir membres ou membres suppléants de la Cour constitutionnelle pendant une durée de trois ans.
La législation sur le lobbying est en cours d’examen. Comme l’indique le rapport 2020 sur l’état de droit, bien qu’un cadre juridique en matière de lobbying soit en place, tant son champ d’application que les informations rendues publiques dans le registre des groupes d’intérêt sont limités. La Cour des comptes recommande une évaluation de la loi sur le lobbying afin d’examiner comment les normes internationales en matière de lobbying pourraient être prises en considération de manière plus complète. Elle préconise également l’introduction d’une empreinte législative. À l’automne 2020, le ministère fédéral de la justice a mis en place un groupe de travail chargé d’examiner les améliorations possibles du cadre juridique.
L’outil destiné aux lanceurs d’alerte est de plus en plus utilisé. En 2013, l’Autriche a mis en place un outil destiné aux lanceurs d’alerte et géré par le WKStA. Les données du 31 décembre 2020 montrent que plus de 10 945 infractions pénales potentielles ont été signalées dans le système. Seule une très faible proportion a été signalée sans justification (moins de 5 %). Environ 40 % des signalements ont été transmis à d’autres autorités compétentes, principalement fiscales, pour un suivi.
La pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur les activités de prévention et a augmenté les risques de corruption dans certains secteurs. Les actions prévues par la stratégie nationale de lutte contre la corruption n’ont pu être mises en œuvre qu’en partie. Par exemple, les activités de l’Office fédéral de lutte contre la corruption menées par l’intermédiaire de son NIO n’ont pas pu être pleinement mises en œuvre, car toutes les formes traditionnelles de formation en présentiel ont dû être suspendues. Néanmoins, le transfert de connaissances a été organisé par des canaux alternatifs (site web du NIO, courriers électroniques, contacts bilatéraux avec les membres du NIO, etc.). La Cour des comptes a organisé des audits publics sur la pandémie de COVID-19, axés sur les principaux domaines de risques, ainsi que sur la structure et la portée financière des mesures d’aide. Le ministère public a souligné que l’acquisition d’équipements et de matériel de soins de santé constituait un domaine de risques spécifique. Les parties prenantes ont souligné que des montants importants pouvaient être dépensés dans le cadre de procédures de passation de marchés d’urgence, assorties d’exigences de transparence limitées.
III.Pluralisme et liberté des médias
La liberté d’expression et le devoir qui incombe aux pouvoirs publics de donner accès à l’information sont consacrés par la Constitution. Le droit dérivé garantit le droit des journalistes de protéger la confidentialité de leurs sources et réglemente l’obligation qui incombe aux autorités de divulguer des informations au public. Les autorités de régulation des services de médias audiovisuels, à savoir l’Autorité autrichienne chargée des communications (KommAustria) et l’Autorité autrichienne de régulation de la radiodiffusion et des télécommunications (RTR), ont été instituées en 2001 conformément à la loi portant création de la KommAustria. Cette loi a été récemment modifiée afin de transposer la directive sur les services de médias audiovisuels (directive SMA).
Les autorités de régulation des médias continuent de fonctionner de manière indépendante et disposent de ressources suffisantes. Les autorités de régulation des services de médias audiovisuels, à savoir l’Autorité autrichienne chargée des communications et l’Autorité autrichienne de régulation de la radiodiffusion et des télécommunications, sont totalement indépendantes du gouvernement. Les modifications apportées à la loi portant création de la KommAustria en vue de transposer la directive SMA sont entrées en vigueur le 1er janvier 2021. Ces modifications prévoient, entre autres, de nouvelles tâches pour la KommAustria, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’accessibilité aux médias. Les nouvelles ressources attribuées à l’Autorité ont été jugées suffisantes au regard des nouvelles tâches. Le Media Pluralism Monitor 2021 fait état d’un risque très faible en ce qui concerne l’indépendance et l’efficacité des autorités autrichiennes de régulation des médias.
Des règles spécifiques en matière de transparence concernant la propriété des médias sont en place, mais il n’est pas toujours facile dans la pratique d’identifier le propriétaire final. La loi autrichienne sur les médias contient des dispositions détaillées relatives à l’obligation de divulgation de l’identité des propriétaires dans le secteur des médias d’information. Le Media Pluralism Monitor 2021 fait toutefois état d’un risque moyen pour l’indicateur relatif à la transparence de la propriété des médias, indiquant que les informations sur les structures des propriétaires finaux ne sont pas généralement disponibles, ce qui est en partie dû au libellé juridique appliqué qui pourrait être interprété comme limitant les exigences en matière de divulgation aux participations de 100 % dans les médias. Les parties prenantes ont également signalé l’existence de problèmes en ce qui concerne la transparence des structures de propriété complexes des groupes de médias. La concentration des médias d’information serait élevée en Autriche, en raison notamment d’une forte concentration dans différents sous-secteurs des médias.
Des montants élevés en publicités publiques sont alloués aux médias dans un contexte de préoccupations constantes quant à la transparence et à l’équité de cette attribution. L’attribution des publicités publiques est régie par la loi constitutionnelle fédérale sur la coopération avec les médias et le financement des médias, ainsi que par la loi sur la transparence dans les domaines de la coopération avec les médias et du financement des médias. Des inquiétudes ont été exprimées quant aux montants élevés (223 millions d’EUR) dépensés par l’Autriche pour les publicités publiques, qui semblent augmenter. Les publicités sont attribuées selon des critères fondés sur la couverture et la diffusion médiatiques, à partir des données de l’année précédente. La loi sur la transparence des médias de 2012 prévoit que le gouvernement, les organismes publics et les entreprises publiques divulguent toute collaboration avec un propriétaire de médias spécifique qui s’élève à plus de 5 000 EUR par trimestre. Selon les conclusions d’un rapport de la Cour des comptes, au moins un tiers des contrats relatifs à des publicités publiques ne sont pas rendus publics en raison de ce seuil. Plusieurs parties prenantes et une étude ont exprimé des inquiétudes quant à la transparence et à l’équité de cette attribution des publicités, soulignant l’écart important entre les subventions officielles et les montants distribués et le risque que ces derniers soient utilisés pour exercer une influence politique. Les préoccupations concernant les garanties en matière d’indépendance éditoriale persistent, et les parties prenantes ont également souligné que les critères d’attribution basés sur la couverture et la diffusion ne tenaient pas suffisamment compte du pluralisme des médias. Le Media Pluralism Monitor 2021 a fait état d’un risque moyen pour la régulation par l’État des ressources et de l’aide au secteur des médias.
L’aide publique financière dédiée au secteur des médias a été considérée comme efficace pour compenser la baisse des revenus due à la pandémie. Des inquiétudes subsistent toutefois quant à la distribution équitable. En 2020, les subventions publiques régulières en faveur du secteur des médias se sont élevées à près de 49 millions d’EUR, et les subventions extraordinaires dues à la pandémie de COVID-19 à près de 35 millions d’EUR. Les règles relatives à la distribution des subventions directes et indirectes semblent transparentes. Toutefois, selon le Media Pluralism Monitor 2021, la presse à sensation à grand tirage semble continuer à bénéficier de manière disproportionnée des subventions publiques, y compris des subventions spéciales accordées au secteur des médias en raison de la pandémie de COVID-19.
Le gouvernement a proposé une réforme de la législation sur la liberté d’accès à l’information. Comme déjà indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, le devoir d’information est consacré par la Constitution et prévu en droit fédéral et dans les législations, mais il n’existe pas de droit général d’accès aux documents en Autriche. En outre, l’accès à l’information est limité dans la pratique en raison de l’obligation de secret prévue par la Constitution, du délai de six mois dont disposent les organismes publics pour rejeter officiellement les demandes (après les avoir rejetées de manière informelle dans un délai de huit semaines) et de la longueur des procédures judiciaires dans les affaires d’accès à l’information. En février 2021, le gouvernement a proposé une loi sur la «liberté d’information», dans le cadre d’un paquet de mesures plus large sur la transparence, qui comprendrait une réforme du système et accorderait le droit constitutionnel de recevoir des informations à tous les citoyens. La proposition a été publiée aux fins de la consultation publique jusqu’en avril 2021. Tout en reconnaissant certaines améliorations en ce qui concerne la garantie d’accès aux documents dans des délais plus courts, les médias et les parties prenantes de la société civile ont souligné les lacunes du projet de loi, notamment en ce qui concerne l’absence d’un organe de contrôle indépendant et les questions liées à l’application pratique de la loi.
L’Autriche a pris des mesures visant à améliorer la protection des journalistes lors des manifestations, mais les menaces et le harcèlement en ligne restent des obstacles pour la profession. Le droit autrichien ne prévoit aucune disposition spécifique relative à la sécurité des journalistes. Depuis octobre 2020, une nouvelle alerte a été créée sur la plateforme du Conseil de l’Europe pour promouvoir la protection du journalisme et la sécurité des journalistes au sujet d’agressions commises contre des journalistes lors de manifestations. Le Media Pluralism Monitor 2021 fait état d’un risque faible pour l’indicateur relatif à la profession, aux normes et à la protection des journalistes. Toutefois, comme l’indiquent le Media Pluralism Monitor 2021 et les parties prenantes nationales, si les normes générales relatives à la profession journalistique restent bonnes, la sécurité des journalistes est de plus en plus menacée, notamment par le harcèlement et l’intimidation en ligne. Les parties prenantes ont fait état d’un recours croissant aux menaces juridiques à l’encontre des journalistes, le recours aux litiges visant prétendument à intimider les journalistes étant signalé comme un problème particulier pour les journalistes indépendants. Les plaintes concernant des agressions contre des journalistes lors de manifestations «anti-corona» ont conduit à la création de forces de police spéciales chargées de la protection des journalistes lors des manifestations.
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
L’Autriche est une République fédérale dotée d’un régime parlementaire national bicaméral, composé du Conseil national (Nationalrat) et du Conseil fédéral (Bundesrat). Les propositions législatives peuvent être présentées par le gouvernement, par les membres des deux chambres du Parlement ou par initiative populaire. La Cour constitutionnelle effectue un contrôle de constitutionnalité ex post des lois, ce qui est possible à la fois dans des cas concrets et dans le cadre de l’examen abstrait d’une loi, à la suite de recours introduits par le gouvernement fédéral ou par un gouvernement régional, ou encore par des tiers de membres de l’une ou l’autre des deux chambres parlementaires. Plusieurs médiateurs différents veillent au respect des droits fondamentaux dans différents domaines.
Des mesures sont en train d'être mises en œuvre pour améliorer la participation des citoyens et des parties prenantes à l’élaboration des politiques. En décembre 2020, le ministère des arts, de la culture, de la fonction publique et des sports a présenté un livre vert sur la participation des citoyens à l’ère numérique, qui a été rédigé dans le cadre d’un processus participatif mobilisant des experts de différents secteurs et de la société civile. Il définit une approche globale et de nouvelles normes pour une participation intégrative du public, à la fois par les citoyens et les parties prenantes, aux processus d’élaboration des politiques dans un contexte numérique. Il s’agit de la première phase d’un projet qui prévoit la création d’un nouveau guide sur la participation des citoyens à l’ère numérique ainsi que d’un site web connexe d’ici à 2023. En ce qui concerne la consultation des parties prenantes sur les propositions législatives, un accord de tous les partis politiques au Conseil national, adopté le 26 mars 2021, prévoit que toutes les initiatives législatives, y compris celles présentées par les membres du Parlement et par le Conseil fédéral, sont ouvertes à la consultation publique pour autant que la proposition soit débattue au Parlement. Il reste toutefois à établir un cadre juridique général relatif aux consultations publiques, avec des délais précis avant que la proposition ne soit examinée par le Parlement, ce qui signifie qu’en pratique, les périodes de consultation peuvent être plus courtes que celles recommandées, selon les parties prenantes. L’absence actuelle d’une législation complète sur l’accès à l’information (voir section III) est également soulignée comme un obstacle à la transparence du processus législatif par les parties prenantes.
Le cadre régissant l’adoption des mesures liées à la pandémie de COVID-19 a été modifié à plusieurs reprises, le rôle du Parlement étant renforcé depuis l’automne 2020. Les mesures liées à la pandémie de COVID-19 ont été prises au titre d’une «loi sur les mesures COVID-19» adoptée en mars 2020, puis modifiée à plusieurs reprises, généralement selon une procédure accélérée. Cette loi confère au ministre de la santé le pouvoir d’adopter des ordonnances en relation avec la pandémie de COVID-19. En septembre 2020, des modifications ont été apportées afin de renforcer le contrôle parlementaire sur les ordonnances, avec l’obligation pour les ordonnances plus restrictives d’être validées par la commission principale du Conseil national avant d’entrer en vigueur et d’être limitées dans le temps. La loi a également introduit l’obligation de consulter la «commission Corona» nouvellement créée (composée de représentants des ministères, des Länder et d’experts en santé publique) sur les ordonnances. Dans l’ensemble, le Parlement a continué à fonctionner selon les procédures habituelles, sans dispositions spéciales dans le contexte de la pandémie de COVID-19, mais il a souvent agi de manière accélérée, les propositions législatives étant soumises par les membres du Parlement de façon à pouvoir sauter une procédure de consultation.
La Cour constitutionnelle joue un rôle important dans l’équilibre des pouvoirs et dans l’examen des mesures COVID-19. Après plusieurs arrêts importants rendus en juillet 2020, la Cour constitutionnelle a continué à statuer sur les mesures COVID-19, considérant un certain nombre d’ordonnances gouvernementales comme illégales. En particulier, la Cour constitutionnelle a constaté dans plusieurs cas que les justifications de la nécessité des mesures n’étaient pas suffisamment documentées par le ministère responsable. En réponse à cette jurisprudence, le gouvernement a inséré des justifications écrites dans les ordonnances elles-mêmes, y compris sur leur base scientifique et le raisonnement juridique. La Cour constitutionnelle a également joué un rôle important dans le maintien du droit des commissions d’enquête parlementaires à accéder aux documents. En mai 2021, elle a demandé l’exécution par le président fédéral d’une ordonnance dans une affaire où le ministre responsable n’avait pas fourni d’informations pertinentes à la commission d’enquête malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle l’obligeant à les partager.
Le Collège des médiateurs, qui élabore actuellement une nouvelle demande d’accréditation, a joué un rôle important dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Le Collège des médiateurs, qui opère en tant qu’institution nationale des droits de l’homme, s’est vu accorder en 2011 une accréditation sous le statut B par l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI). Il prévoit à présent de soumettre une nouvelle demande d’accréditation à l’automne 2021 ou au printemps 2022, en vue d’obtenir le statut A, compte tenu d’un certain nombre de renforcements de son mandat depuis la dernière accréditation. Le Collège des médiateurs a joué un rôle actif dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et a consacré une troisième partie supplémentaire de son rapport annuel aux conséquences de la COVID-19 sur la bonne administration et les droits de l’homme, publié le 12 mai 2021. Le rapport souligne en particulier que de nombreuses mesures liées à la COVID-19 ont été prises dans des délais très courts, manquant de prévisibilité et de critères, notamment en ce qui concerne les mesures qui restreignent les droits fondamentaux.
Le gouvernement s’est efforcé de renforcer le dialogue avec les organisations de la société civile, en les associant notamment à l’élaboration des mesures d’aide en faveur de la société civile dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Le gouvernement a pris plusieurs mesures afin de mieux faire participer la société civile, notamment en ce qui concerne le fonds de soutien aux organisations à but non lucratif d’un montant de 700 millions d’EUR créé pour aider le secteur à faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19. Ce fonds a été mis en place en consultation avec les organisations concernées, qui estiment que ce processus peut servir d’exemple pour une future coopération entre le gouvernement et la société civile. L’espace dévolu à la société civile est à nouveau considéré comme ouvert. Les parties prenantes ont toutefois critiqué le projet de législation antiterroriste soumis au Parlement en mai 2021 quant à ses conséquences possibles sur la liberté d’association. Les organisations de la société civile continuent également de considérer que les règles relatives au statut d’exonération fiscale des dons représentent un obstacle pour certains acteurs de la société civile. Le gouvernement s’est engagé à mettre en place un groupe de travail spécialement chargé d’examiner le cadre fiscal des organisations à but non lucratif, bien que ce processus ait été bloqué en raison de la pandémie de COVID-19.
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation .
Académie autrichienne de la magistrature administrative, Phase d’entrée pour les juges nouvellement nommés, 2021 ( https://www.jku.at/fileadmin/gruppen/326/Einstiegsphase_2020_A4_FIN_2.pdf ).
Association des juges et Union des juges et des procureurs, Ressources pour l’état de droit.
Association des procureurs, Procureur général – Exigences pour un chef d’instructions indépendant, 2021 ( https://staatsanwaelte.at/wp-content/uploads/2021/02/Positionspapier-Generalstaatsanwalt.pdf ).
Association des procureurs, Procureur général uniquement dans le respect de la séparation des pouvoirs, 2021 ( https://staatsanwaelte.at/generalstaatsanwalt-nur-unter-einhaltung-der-gewaltentrennung/ ).
Barreau autrichien, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
CCJE, Avis nº 19 sur le rôle des présidents des tribunaux, 2016.
CCJE, Avis nº 4 sur la formation initiale et continue appropriée des juges aux niveaux national et européen, 2003.
CCJE, Magna Carta des juges.
CEPEJ, Étude sur le fonctionnement des systèmes judiciaires dans les États membres de l’Union européenne, 2021.
CJUE, Arrêt du 20 avril 2021, affaire C-896/19, Repubblika c. Il-Prim Ministru, ECLI:EU:C:2021:311.
Commission européenne, Eurobaromètre Flash 482 sur les entreprises et la corruption dans l’UE, 2019.
Commission européenne, Eurobaromètre spécial 502 sur la corruption, 2020.
Commission européenne, Rapport 2020 sur l’état de droit – Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Autriche, 2020.
Commission européenne, Tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE, 2021
Conseil de l’Europe: Comité des Ministres, Recommandation CM/Rec(2000)19 du Comité des Ministres aux États membres sur le rôle du ministère public dans le système de justice pénale, 2000.
Conseil de l’Europe: Comité des Ministres, Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des Ministres aux États membres sur les juges: indépendance, efficacité et responsabilités, 2010.
Conseil de l’Europe: Commission de Venise, Rapport sur les normes européennes relatives à l’indépendance du système judiciaire: Partie II – Le service public, CDL-AD(2010)040-e, 2010.
Cour constitutionnelle, Unterlagen BKA U-Ausschuss – Der Österreichische Verfassungsgerichtshof, 2021 ( https://www.vfgh.gv.at/medien/Unterlagen_Ibiza_U-Ausschuss.php ).
Cour constitutionnelle, VfGH beantragt beim Bundespräsidenten Exekution einer Entscheidung betreffend Dateien des BMF, 2021 ( https://www.vfgh.gv.at/medien/Exekution_BMF.php ).
Cour des comptes, Cour fédérale des finances (Bundesfinanzgericht), 2021 ( https://www.rechnungshof.gv.at/rh/home/home/Bund_2021_1_Bundesfinanzgericht.pdf ).
Cour des comptes, Rapport sur les institutions de formation des partis politiques (Bildungseinrichtungen der politischen Parteien), 2019 ( https://www.rechnungshof.gv.at/rh/home/home/All_Teil_Parteienakademien.pdf ).
Cour des comptes, Sonderaufgaben des RH nach den Medientransparenzgesetzen, 2015 ( https://www.rechnungshof.gv.at/rh/home/home_1/Sonderaufgaben_nach_Medientransparenzgesetz.pdf ).
Cour suprême, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Der Standard, Le secteur public a dépensé 58 millions d’EUR dans «Krone», «Österreich»/«Oe24», «Heute» (Öffentliche Hand warb 2020 um 58 Millionen in «Krone», «Österreich»/«Oe24», «Heute»), 2020 (https://www.derstandard.de/story/2000125181965/oeffentliche-hand-inserierte-2020um-58-millionen-in-krone-oesterreichoe24-heute).
Der Standard, Lettre du Chancelier fédéral au WKStA, 2021 ( https://images.derstandard.at/2021/02/21/Schreiben-des-Bundeskanzlers-als-PDF-Datei.pdf ).
Der Standard, Outrage dans le système judiciaire à la suite des attaques du Chancelier contre les procureurs chargés de la lutte contre la corruption (Empörung in der Justiz über Angriffe des Kanzlers auf Korruptionsankläger), 2021 ( https://www.derstandard.at/story/2000124214218/empoerung-in-der-justiz-ueber-angriffe-des-kanzlers-auf-korruptionsanklaeger ).
Der Standard, Président Matejka de l’Association des juges: les attaques contre le pouvoir judiciaire dépassent souvent les frontières (Richterpräsidentin Matejka- Angriffe of Justiz sehr often grenzüberschreitened), 2021 ( https://www.derstandard.at/story/2000126684223/richterpraesidentin-matejka-angriffe-auf-justiz-sehr-oft-grenzueberschreitend ).
Dokustelle Austria, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Fédération autrichienne des juges administratifs, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Fédération autrichienne des juges administratifs, Priorités pour le pouvoir judiciaire administratif pour 2022.
Forum Informationsfreiheit, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Gouvernement autrichien, Communiqué de presse du 13 avril 2021, Konstruktiver Austausch zu Amtshilfe und Korruptionsermittlung ( https://www.bmj.gv.at/ministerium/presse/pressmitteilungen-2021/Konstruktiver-Austausch-zu-Amtshilfe-und-Korruptionsermittlung.html ).
Gouvernement autrichien, Contribution de l’Autriche au rapport 2021 sur l’état de droit, 2020.
Gouvernement autrichien, Contribution de l’Autriche au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Gouvernement autrichien, Programme du gouvernement pour la période 2020-2024 ( https://www.bundeskanzleramt.gv.at/en/federal-chancellery/the-austrian-federal-government/government-documents.html ).
Gouvernement autrichien, Stratégie nationale de lutte contre la corruption, 2018 ( https://www.bak.gv.at/301/praevention_edukation/anti_korruptionsstrategie/files/NAKS_Web.pdf ).
GRECO, Quatrième cycle d’évaluation – Rapport intérimaire de conformité – Autriche – Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs, 2020.
HCDH, Questionnaire «L’impact de la pandémie COVID-19 sur l’administration de la justice et l’exercice libre et indépendant de la profession d’avocat», 2021.
IGO, Déclaration, 2020 ( https://buendnis-gemeinnuetzigkeit.at/wp-content/uploads/2020/08/PA-2020-07-02-final.pdf ).
Kaltenbrunner, A., Scheinbar transparent: Analyse der Medienkooperationen der österreichischen Bundesministerien mit österreichischen Tageszeitungen 2018/2019, 2020 ( http://www.mhw.at/cgi-bin/file.pl?id=529 ).
Kurier, «Déficits» parmi les procureurs chargés de la lutte contre la corruption – Kurz appelle à l’organisation d’une table ronde («Defizite» bei Korruptionsbekämpfern: Kurz ruft zu Rundem Tisch), 2020 ( https://kurier.at/politik/inland/defizite-bei-korruptionsbekaempfern-kurz-ruft-zu-rundem-tisch/400746720 ).
Ministère de l’intérieur, La police met en place un agent de contact avec les médias, (Nehammer: Polizei implementiert «Medienkontaktbeamte» bei Demos), ( https://www.bmi.gv.at/news.aspx?id=4E46696F4950636869674D3D ).
Ministère des arts, de la culture, de la fonction publique et des sports, Livre vert sur la participation à l’ère numérique (Grünbuch: Partizipation im digitalen Zeitalter), ( https://www.oeffentlicherdienst.gv.at/verwaltungsinnovation/oeffentlichkeitsbeteiligung/201103_Partizipation_Gruenbuch_A4_BF.pdf?7vj62a ).
Ministère des arts, de la culture, de la fonction publique et des sports, Participation des citoyens (Öffentlichkeitsbeteiligung) ( https://www.oeffentlicherdienst.gv.at/verwaltungsinnovation/oeffentlichkeitsbeteiligung/index.html ).
Nationalrat, Nationalrat beschließt umfassende Reform des Exekutionsrechts, 2021 ( https://www.parlament.gv.at/PAKT/PR/JAHR_2021/PK0480/index.shtml ).
Parlement autrichien, Bericht des Rechnungshofes betreffend Lobbying- und Interessenvertretungs-Register – Reihe BUND 2019/45 (III-65 d.B.) ( https://www.parlament.gv.at/PAKT/VHG/XXVII/III/III_00065/index.shtml ).
Parlement autrichien, Justizministerin Zadić kündigt Evaluierung des Lobbying-Gesetzes an, nº 997, 6 octobre 2020 ( https://www.parlament.gv.at/PAKT/PR/JAHR_2020/PK0997/index.shtml ).
Président fédéral autrichien, Déclaration à l’occasion d’une communication de la Cour constitutionnelle (Stellungnahme anlässlich einer Mitteilung des VfGH), 2021 ( https://www.bundespraesident.at/aktuelles/detail/stellungnahme-anlaesslich-einer-mitteilung-des-vfgh ).
Press Club Concordia, Avis sur la politique relative aux médias, Stellungnahmen & Positionen, ( https://concordia.at/stellungnahmen-und-positionen/ ).
Press Club Concordia, Concordia-Stellungnahme zu 210 Millionen Medialeistungen ( https://concordia.at/concordia-stellungnahme-zu-210-millionen-medialeistungen/ ).
Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme, Contribution au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021.
Transparency International, Indice de perception de la corruption 2020, 2021 ( https://www.transparency.org/en/cpi/2020/index/nzl# ).
UNDOC, Rapport final de la visite en Autriche, 2014 ( https://www.unodc.org/documents/treaties/UNCAC/CountryVisitFinalReports/2014_08_26_Austria_Final_Country_Report.pdf ).
Annexe II: visite en Autriche
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril 2021 avec les institutions/organisations suivantes:
·Fédération autrichienne des juges administratifs
·Association des juges
·Association des procureurs
·Barreau autrichien
·Cour constitutionnelle
·Conseil des instructions (Weisungsrat)
·Cour des comptes
·Bureau fédéral de lutte contre la corruption
·Chancellerie fédérale
·Forum Informationsfreiheit
·Interessensvertretung Gemeinnütziger Organisationen
·Autorité de régulation des médias
·Ministère de la justice
·Bureau du médiateur
·Administration parlementaire
·Press Club Concordia
·Conseil de la presse
·Bureau du procureur principal de Vienne
·Parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption et la criminalité économique
·Cour administrative suprême
·Cour suprême
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty international
·Center for Reproductive Rights
·CIVICUS
·Civil Liberties Union for Europe
·Civil Society Europe
·Conférence des Églises européennes
·EuroCommerce
·European Center for Not-for-Profit Law
·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·Forum civique européen
·Fédération européenne des journalistes
·European Partnership for Democracy
·Forum européen de la jeunesse
·Front Line Defenders
·Human Rights House Foundation
·Human Rights Watch
·ILGA-Europe
·Commission internationale de juristes
·Fédération internationale des ligues des droits de l’homme
·International Planned Parenthood Federation European Network (IPPF EN)
·Institut international de la presse
·Netherlands Helsinki Committee
·Open Society European Policy Institute
·Philanthropy Advocacy
·Protection International
·Reporters sans frontières
·Transparency International UE