Acte préparatoire52021SC0710

Acte préparatoire — 52021SC0710

CELEX52021SC0710
TypeActe préparatoire
Datemardi 20 juillet 2021

Texte intégral

Bruxelles, le 20.7.2021

SWD(2021) 710 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

Rapport 2021 sur l’état de droit


Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne



accompagnant le document:

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapport 2021 sur l'état de droit




La situation de l'état de droit dans l'Union européenne

{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 714 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}


Résumé

Le système de justice espagnol continue à faire face à certaines difficultés. En particulier, l’absence de renouvellement du Conseil du pouvoir judiciaire persiste en l’absence d’un accord au Parlement sur le renouvellement d’un certain nombre d’organes constitutionnels. Une évolution positive a été le retrait d’une proposition de réforme du système de sélection des juges-membres du Conseil, qui aurait renforcé la perception du Conseil comme étant vulnérable à la politisation. Dans ce contexte, des appels ont été lancés en faveur de la mise en place d’un système d’élection des juges-membres du Conseil par leurs pairs, conformément aux normes européennes. Il importe que les normes européennes soient prises en compte et que toutes les parties prenantes concernées soient consultées. Des inquiétudes ont également été exprimées en ce qui concerne la compétence de la Cour suprême pour ce qui est de la responsabilité pénale des postes de haut niveau, ainsi que le régime des incompatibilités pour les juges et les procureurs. Plusieurs mesures visant à améliorer la qualité de la justice ont été adoptées ou sont envisagées, telles que la révision du système d’assistance judiciaire et du code de procédure pénale, ainsi que trois projets de loi sur l’efficience procédurale, organisationnelle et numérique. La numérisation de la justice progresse. Des efforts ont été consentis pour résorber l’arriéré, comme la création de nouvelles juridictions, mais le faible nombre de juges par habitant constitue un défi. Les préoccupations relatives à l’autonomie du ministère public par rapport au gouvernement ont été réitérées.

L’Espagne continue d’améliorer le cadre institutionnel et juridique pour prévenir et combattre la corruption. Les mesures de lutte contre la corruption suivent une ligne d’action stratégique, mais il n’existe pas de stratégie spécifique de lutte contre la corruption qui guiderait les mesures préventives et répressives visant à lutter contre la corruption de manière globale. En ce qui concerne la répression de la corruption, la corruption est érigée en infraction pénale en vertu du code pénal et un certain nombre d’institutions spécialisées sont en place. Les autorités chargées des poursuites notent que le manque de ressources adéquates nuit à la rapidité des enquêtes et des poursuites dans les affaires de corruption, y compris dans les affaires de corruption à haut niveau. En ce qui concerne la prévention de la corruption, l’Espagne continue d’améliorer son cadre d’intégrité et s’est engagée à élaborer une législation dans des domaines clés tels que la transparence du lobbying, un code de déontologie pour les fonctionnaires et la protection des lanceurs d’alerte. Le nouveau code de conduite pour tous les membres du Congrès et du Sénat a été adopté en octobre 2020, et un nouveau Bureau parlementaire des conflits d’intérêts contrôle le respect des règles par les parlementaires.

En ce qui concerne la liberté et le pluralisme des médias, le gouvernement prend des mesures pour traiter les questions relatives à l’accès à l’information. Des défis subsistent en ce qui concerne la transparence de la propriété des médias. Des préoccupations concernant l’indépendance fonctionnelle et les ressources de l’autorité de régulation du secteur audiovisuel ont été soulevées lors de la transposition de la directive révisée «Services de médias audiovisuels». Le gouvernement a pris des mesures pour soutenir financièrement les médias dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Les journalistes ont continué de se heurter à des difficultés dans l’exercice de leurs activités professionnelles, mais des initiatives ont été adoptées pour faciliter leur travail.

En ce qui concerne l’équilibre des pouvoirs, le nouveau quatrième plan de transparence gouvernementale fixe de nouveaux engagements en matière de participation du public, de transparence, d’obligation de rendre des comptes et d’intégrité publique. Les communautés autonomes ont été désignées comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence liées à la pandémie de COVID-19. Le médiateur faisant fonction ad interim depuis 2017 a fait face à une augmentation exponentielle du nombre de plaintes concernant les mesures prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Des problèmes persistent en ce qui concerne l’espace dévolu à la société civile, et une révision de la loi sur la sécurité des citoyens est en cours, à la lumière des préoccupations exprimées. Plusieurs initiatives visant à développer une culture de l’état de droit, telles que des programmes d’éducation à la justice pour les étudiants, ont été lancées.

I.Système de justice

Le système judiciaire espagnol se compose de tribunaux de droit commun 1 et de juridictions spécialisées 2 , et est structuré selon l’organisation territoriale du pays. La Cour suprême est la juridiction de plus haut rang dans tous les domaines du droit. La Cour constitutionnelle est compétente pour connaître des questions constitutionnelles ainsi que des recours individuels concernant le respect des droits fondamentaux. Le Conseil général du pouvoir judiciaire, institué par la Constitution espagnole, est l’organe d’autogouvernance judiciaire et garantit l’indépendance des tribunaux et des juges 3 . Il ne fait donc pas partie du pouvoir judiciaire proprement dit. Il exerce une action disciplinaire, est compétent pour nommer les juges, les transférer et leur accorder un avancement, et est responsable de la formation et du recrutement des juges. Le ministère public est intégré au pouvoir judiciaire et jouit d’une autonomie fonctionnelle. Il a pour mission de promouvoir la justice pour défendre la loi, les droits des citoyens et l’intérêt général. Le procureur général est nommé par le chef de l’État, sur proposition du gouvernement, après consultation du Conseil général du pouvoir judiciaire 4 . L’Espagne participe au Parquet européen. Les barreaux locaux sont des organisations de droit public regroupant les professionnels; ils sont indépendants de l’administration publique, ne dépendent pas des budgets des pouvoirs publics, et leurs actifs ne sont pas non plus publics. Ils sont compétents pour l’organisation de la profession et la déontologie professionnelle, et approuvent leur propre code de déontologie.

Indépendance

Le niveau d’indépendance de la justice en Espagne est perçu comme faible aussi bien par l’opinion publique que par les entreprises. Au total, 38 % du grand public et 39 % des entreprises ont une perception «plutôt satisfaisante» ou «très satisfaisante» du degré d’indépendance des juridictions et des juges en 2021 5 . Ces deux chiffres ont diminué par rapport à 2020 (44 % pour le grand public et 42 % pour les entreprises), mais ils ont augmenté par rapport à 2016 (30 % pour le grand public et 33 % pour le grand public), ce qui ne permet pas de dégager une tendance nette au cours des cinq dernières années.

Des inquiétudes subsistent quant à l’absence de renouvellement du Conseil du pouvoir judiciaire, tandis que certains événements récents ont déclenché des appels à l’élection des juges-membres du Conseil par leurs pairs. Le Conseil du pouvoir judiciaire exerce ses fonctions ad interim depuis décembre 2018, ce qui entretient les craintes selon lesquelles il pourrait être perçu comme étant vulnérable à la politisation, comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit 6 . Le Parlement est chargé de nommer tous les membres du Conseil 7 , à une majorité qualifiée des trois cinquièmes. Depuis 2018, les négociations entre les grands partis politiques sont dans l’impasse 8 et aucun progrès significatif n’a été accompli pour parvenir à un accord, malgré de nombreux appels à procéder aux nominations 9 . Le 13 octobre 2020, deux groupes parlementaires ont déposé un projet de loi 10 visant à faire passer le système électoral des juges-membres du Conseil à la majorité absolue en cas de second vote 11 . À la suite des critiques formulées par les parties prenantes 12 , le processus d’élaboration de la loi a été suspendu et, en mai 2021, les groupes parlementaires qui ont parrainé le projet de loi l’ont officiellement retiré. Ce retrait a été accueilli favorablement 13 , étant donné que le projet de loi aurait accru la perception du Conseil comme étant vulnérable à la politisation. Le 25 mars 2021, le Parlement a adopté une loi établissant un régime ad interim pour le Conseil général du pouvoir judiciaire qui adapte les fonctions du Conseil lorsque celui-ci agit avec un mandat arrivé à expiration 14 . Cette loi est entrée en vigueur le 30 mars 2021 15 . La nouvelle loi empêche, entre autres, le Conseil faisant fonction de procéder à des nominations aux plus hautes fonctions judiciaires 16 . La Cour constitutionnelle a été saisie pour vérifier la constitutionnalité de la réforme 17 . Dans le cadre de la réforme retirée modifiant le système électoral, des appels ont été lancés en faveur de la mise en place d’un système d’élection des juges-membres par leurs pairs. Certaines associations de juges ont demandé que les 12 juges-membres du Conseil soient élus directement par leurs pairs conformément aux normes du Conseil de l’Europe 18 , et le Conseil de l’Europe a rappelé que les normes européennes prévoient qu’au moins la moitié des membres du Conseil sont des juges élus par leurs pairs à tous les niveaux du pouvoir judiciaire 19 . Il importe que ces normes européennes 20 soient prises en compte et que toutes les parties prenantes concernées soient consultées 21 .

Des inquiétudes ont été exprimées en ce qui concerne la compétence de la Cour suprême pour ce qui est de la responsabilité pénale des postes de haut niveau, ainsi que le régime des incompatibilités pour les juges et les procureurs. Il existe en Espagne des règles de compétence ratione personæ sur le privilège de juridiction en matière de responsabilité pénale des membres du gouvernement et des organes législatifs et judiciaires 22 (les «aforamientos»). Le Groupe d’États contre la corruption (GRECO) reconnaît l’indépendance et l’impartialité des juges et des procureurs 23 ; il a également souligné les termes très généraux du régime des aforamientos en Espagne et a invoqué la nécessité de réviser le système 24 . En outre, les parties prenantes ont critiqué le fait que le régime des incompatibilités des juges 25 ou des procureurs 26 ne prévoit pas de «période d’attente» pour les juges ou procureurs ayant été membres du pouvoir exécutif ou législatif 27 . Selon le GRECO, cette situation soulève des questions du point de vue de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance et de l’impartialité des juges, dans la pratique et telles que perçues 28 .

L’autonomie du ministère public continue de soulever des questions et de faire l’objet de discussions 29 . La procureure générale a publiquement invoqué la nécessité de réformer le statut du ministère public 30 afin de lui conférer une plus grande autonomie en matière d’organisation, de budget, de réglementation interne et de formation. Selon la procureure générale, un nouveau statut professionnel devrait également se pencher sur les relations entre le gouvernement et le procureur général, ainsi que sur la méthode de nomination de ce dernier, comme l’ont également exprimé de multiples parties prenantes 31 . Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la coïncidence entre le mandat du procureur général et celui du gouvernement peut altérer la perception de l’indépendance. En octobre 2020, le code de déontologie des procureurs a été approuvé 32 . Le code fixe des principes et des obligations éthiques pour les procureurs en ce qui concerne, entre autres, l’utilisation des médias sociaux et les interventions dans les médias, la formation, les conflits d’intérêts et les déclarations de patrimoine, ainsi que les relations internes. Les parties prenantes se sont félicitées de l’adoption du code, mais continuent de souligner la nécessité d’actualiser le régime disciplinaire des procureurs et des juges 33 .

Un nouveau statut des avocats mettant l’accent sur leur indépendance a été approuvé. Le nouveau statut a été adopté le 2 mars 2021. Le Conseil général des avocats espagnols a participé au processus législatif. Ce statut met l’accent sur l’indépendance des avocats et fixe de nouvelles dispositions en matière de secret professionnel. Le statut dispose que les cabinets d’avocats sont démocratiques, autonomes et transparents. En vertu du nouveau statut, les cabinets sont tenus de diffuser des informations sur leurs services en ligne. Le nouveau statut fixe également des dispositions relatives au droit à la formation et à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la profession d’avocat. Les dispositions du nouveau statut semblent conformes aux recommandations du Conseil de l’Europe 34 .

Qualité

Le Parlement a adopté une nouvelle loi renforçant le système d’assistance judiciaire. L’Espagne compte parmi les États membres où le nombre d’affaires pour lesquelles une assistance judiciaire est accordée est le plus élevé pour 100 000 habitants, mais son budget alloué par affaire figure parmi les plus faibles de l’UE 35 . Le 9 mars 2021, un décret royal relatif à l’assistance judiciaire gratuite a été approuvé 36 , renforçant ainsi le système préexistant. Le décret royal renforce les dispositions relatives à la protection des données, fixe la fréquence des paiements dans certaines communautés autonomes qui n’ont pas acquis de compétences en matière de gestion du système judiciaire 37 , et établit la création du Conseil national pour l’assistance judiciaire gratuite, dans le but de promouvoir la coordination de la mise en œuvre de l’assistance judiciaire au sein des autorités publiques dotées de compétences en matière de justice. La loi semble conforme aux lignes directrices du Conseil de l’Europe 38 en ce qui concerne les mécanismes de garantie de la qualité, l’organisation des systèmes d’assistance judiciaire, la disponibilité des fournisseurs d’assistance judiciaire et la collecte de données.

Une proposition de révision du code de procédure pénale, qui attribue la direction des enquêtes judiciaires aux procureurs, a été présentée. Le 24 novembre 2020, le gouvernement a déposé une loi réformant le code de procédure pénale 39 . Le projet de loi modifie le système d’enquête judiciaire, qui serait diligenté par des procureurs, et non plus par des juges d’instruction comme c’est le cas aujourd’hui 40 . Le projet de loi prévoit la mise en place d’un procureur et de juges d’instruction chargés des garanties procédurales. La victime reçoit un statut spécifique et des dispositions relatives à la protection des personnes mineures et des personnes en situation de handicap devraient être mises en place. Les parties prenantes ont accueilli favorablement la proposition, en faisant toutefois observer qu’une autonomie et des ressources supplémentaires seraient nécessaires pour que les procureurs puissent prendre en charge les tâches d’enquête judiciaire 41 .

Des tribunaux ont été créés pour faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19, mais le faible nombre de juges par habitant constitue un défi. À la suite de la déclaration de l’état d’alerte le 14 mars 2020, l’activité des tribunaux a été limitée pendant trois mois et les délais de procédure ont été suspendus. Pour faire face à l’augmentation de l’arriéré qui en résulte et à l’augmentation prévisible des litiges, 19 tribunaux ont été créés depuis décembre 2020 et 14 autres seront créés d’ici à la fin de 2021 42 . Les nouveaux tribunaux traiteront principalement des affaires sociales, commerciales et administratives. Toutefois, d’une manière générale, le nombre de juges par habitant reste l’un des plus faibles de l’UE 43 , ce qui pourrait également nuire à l’efficience du système judiciaire espagnol 44 . Le budget par habitant pour le système judiciaire et le budget en pourcentage du PIB n’ont pas changé depuis 2017 et les deux chiffres sont proches de la moyenne de l’UE 45 .

Des investissements et projets supplémentaires dans le domaine de la numérisation de la justice sont en cours 46 . Le recours aux outils de technologies de l’information et de la communication (TIC) est bien établi dans le système de justice et le processus de numérisation s’est encore accéléré en raison de la pandémie de COVID-19. Des outils de communication électronique sont intégralement déployés dans les tribunaux 47 , par exemple avec un outil informatique qui transcrit automatiquement les enregistrements de procès et d’audiences, des projets de justice axés sur les données, des dispositifs de sécurité juridique pour les visioconférences, et des procédures électroniques et automatiques telles que des notifications 48 . Toutefois, les parties prenantes ont continué de mettre en évidence des lacunes en ce qui concerne les problèmes d’interopérabilité entre les systèmes de gestion utilisés dans les différentes communautés autonomes 49 . L’Espagne bénéficie du soutien de l’UE dans le cadre du projet «Promouvoir la cyberjustice en Espagne, phase II actuelle et phase III»; ce programme comprendra notamment un volet exclusivement axé sur la qualité et une étude de faisabilité concernant la mise en œuvre d’un logiciel de gestion de la qualité.

Efficience

La justice espagnole a continué de faire face à des difficultés ayant trait à son efficience 50 . Le taux de variation du stock d’affaires pendantes pour les affaires civiles et commerciales contentieuses a augmenté en 2019 et se rapproche de 100 %. Toutefois, la durée estimée d’écoulement du stock d’affaires pendantes pour les affaires civiles, commerciales et administratives en première instance n’a pas consolidé la tendance positive et reste élevée 51 ; pour les affaires civiles et commerciales devant la Cour suprême, elle a sensiblement augmenté depuis 2018, atteignant 681 jours 52 . Le taux d’affaires administratives tranchées a diminué 53 . Le nombre d’affaires civiles, commerciales et administratives contentieuses pendantes est élevé et n’a cessé d’augmenter depuis 2016 54 .

Le gouvernement a continué de prendre un certain nombre d’initiatives juridiques visant à accroître l’efficience du système judiciaire 55 . Le 15 décembre 2020, le gouvernement a déposé une loi sur l’efficience procédurale du service public de la justice 56 . La loi prévoit des mesures visant à raccourcir la durée des procédures dans l’ensemble des quatre juridictions tout en préservant les garanties procédurales des citoyens ainsi que la mise en place de méthodes appropriées de règlement extrajudiciaire des litiges. En outre, le 20 avril 2021, une loi sur l’efficience organisationnelle du système judiciaire a été présentée 57 . Le projet de loi prévoit la transformation des tribunaux unipersonnels en 431 instances collégiales (Tribunales de Instancia), la mise en œuvre de l’Office judiciaire 58 dans l’ensemble de l’État et la création d’offices judiciaires dans les municipalités qui remplaceront les anciens tribunaux de paix (Juzgados de Paz). Le gouvernement travaille également à l’élaboration d’un projet de loi sur l’efficience numérique du système judiciaire, prévu pour l’été 2021, qui renforcerait les dispositions juridiques relatives à la gestion des données et permettrait l’interopérabilité des applications au sein du système judiciaire 59 .

II.Cadre de lutte contre la corruption

En Espagne, le parquet spécial pour la lutte contre la corruption 60 mène des enquêtes, détecte des cas de corruption et engage des poursuites pour corruption avec l’aide des unités de la police nationale 61 et de la Garde civile 62 attachées aux services répressifs et des unités de soutien de l’Agence nationale de l’administration fiscale et du Conseil général d’intervention de l’administration publique, qui contribuent tous au moyen de travaux d’analyse 63 . Le service national de coordination antifraude 64 supervise les mesures antifraude et mène des enquêtes au niveau national, tandis que plusieurs communautés autonomes disposent de leurs propres bureaux pour lutter contre la fraude sur leur territoire 65 . Le Bureau des conflits d’intérêts supervise les déclarations de patrimoine des fonctionnaires et des responsables politiques 66 . Les règles en matière de transparence, d’accès à l’information publique et de bonne gouvernance sont quant à elles contrôlées par le Conseil de transparence et de bonne gouvernance.

Les experts et les dirigeants d’entreprises estiment que le niveau de corruption reste relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, l’Espagne obtient un score de 62/100 et se classe au 9e rang dans l’Union européenne et au 32e rang dans le monde 67 . Cette perception s’est améliorée 68 au cours des cinq dernières années 69 .

Le gouvernement examine actuellement la possibilité de renforcer le système d’accès aux informations pénales et d’utilisation de celles-ci 70 . Plusieurs ministères se sont mis d’accord sur un avant-projet de loi organique fixant des règles facilitant l’utilisation d’informations financières et d’une autre nature aux fins de la prévention ou de la détection de certaines infractions pénales, dont la corruption, ou des enquêtes ou des poursuites en la matière 71 . En Espagne, la corruption est largement érigée en infraction pénale en vertu du code pénal de 1995 72 , qui a été modifié à cet égard en 2019 afin d’introduire de nouvelles infractions en matière de corruption 73 . Le code comprend des infractions telles que le trafic d’influence 74 , le détournement de fonds publics 75 , la corruption par des fonctionnaires étrangers et la corruption commerciale 76 . La réforme de 2019 a révisé la criminalisation des infractions économiques liées à la corruption, en mettant en œuvre les recommandations du GRECO par la même occasion 77 .

La lutte contre la corruption en Espagne suit une ligne d’action stratégique dépourvue de stratégie spécifique de lutte contre la corruption 78 . Bien que le gouvernement ait mis en place plusieurs initiatives visant à renforcer l’intégrité dans le secteur public 79 , il n’existe pas de politique globale visant à prévenir et à enrayer la corruption. Le GRECO a recommandé d’élaborer une stratégie qui associe des mesures préventives pour détecter et atténuer les risques de conflits d’intérêts, ainsi qu’un plan d’action pour sa mise en œuvre 80 . L’Espagne bénéficie d’un appui technique de la part de l’UE dans le cadre du projet d’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la fraude visant à assurer une protection efficace des intérêts financiers de l’UE 81 .

La mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la criminalité organisée est en cours et devrait être achevée dans le délai de quatre ans prévu par la stratégie (2019-2023). Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit 82 , la stratégie de lutte contre la criminalité organisée 2019 met l’accent sur l’importance de la lutte contre la corruption 83 . Dans le cadre de la stratégie, le plan spécial de sécurité 2020-2021 pour Campo de Gibraltar a été approuvé 84 . Le plan vise à améliorer la spécialisation, les capacités et la coordination des juges, des procureurs et de la police dans les secteurs les plus touchés, notamment la sécurité, les douanes et l’administration fiscale 85 . Ce plan a été étendu aux territoires particulièrement touchés près de Campo de Gibraltar, dont Malaga et Huelva 86 . Malgré ces évolutions, la mise en œuvre de la stratégie a subi certains retards en raison de la pandémie de COVID-19, et elle devrait être achevée dans le respect du calendrier actuel, jusqu’en 2023 87 .

L’insuffisance des ressources reste un obstacle à la gestion efficace des affaires de corruption à haut niveau. La corruption politique à haut niveau, la fraude impliquant des fonctionnaires et les crimes économiques constituent les principaux risques d’infractions graves en matière de corruption en Espagne 88 . Nombre de ces affaires sont pendantes au stade de l’instruction depuis plusieurs années, ce qui suscite des inquiétudes, y compris parmi les parties prenantes 89 . Les parties prenantes ont réaffirmé que le financement insuffisant continue d’entraver le traitement efficace des affaires de corruption à haut niveau 90 . En outre, comme l’a signalé le parquet spécial pour la lutte contre la corruption, le manque de personnel spécialisé constitue le principal obstacle à la bonne gestion des affaires complexes (les «macroaffaires»), qui impliquent souvent la corruption et d’autres crimes économiques 91 . Le rapport annuel 2019 du parquet spécial pour la lutte contre la corruption a reconnu la nécessité d’augmenter le nombre de procureurs, et neuf nouveaux postes ont été approuvés jusqu’à présent 92 , ce qui devrait atténuer le manque de personnel signalé les années précédentes 93 . Actuellement, le parquet spécial pour la lutte contre la corruption se compose de 29 procureurs et de 145 membres du personnel au total 94 . Selon les données publiées par le Conseil général du pouvoir judiciaire, sur toutes les affaires de corruption jugées en 2020, 53 affaires ont abouti à des condamnations, tandis que 21 affaires se sont terminées par des acquittements 95 .

La charge de travail du Conseil de transparence et de bonne gouvernance a augmenté au cours de l’année écoulée 96 , tandis que les ressources à sa disposition restent insuffisantes pour lui permettre de mener à bien toutes ses activités 97 . Les travaux du Conseil visant à garantir la transparence, l’accès du public à l’information et la bonne gouvernance ont été entravés par la pandémie de COVID-19 et le manque persistant de ressources humaines et financières 98 . Avec la nomination d’un nouveau président le 20 octobre 2020, le Conseil espère surmonter les difficultés rencontrées dans sa gouvernance et aborder la question des ressources 99 .

Le cadre d’intégrité fait l’objet d’une révision visant à consolider les règles relatives aux conflits d’intérêts et aux incompatibilités au sein de l’administration publique. Le quatrième plan de transparence gouvernementale 100 (voir également la section IV) envisage de modifier la loi sur les incompatibilités du personnel employé par les administrations publiques 101 afin d’étendre le régime des incompatibilités et de prévention des conflits d’intérêts aux conseillers et de délimiter plus efficacement le système de prévention des conflits d’intérêts et des incompatibilités des agents publics au sein de toutes les administrations 102 . En outre, le plan vise à renforcer les règles de déontologie et d’intégrité liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les activités de l’administration afin de maximiser la gestion des données tout en réduisant au minimum les risques pour l’intégrité 103 . Le Bureau des conflits d’intérêts continue de surveiller les incompatibilités et les conflits d’intérêts, et il contrôle les déclarations de patrimoine des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement 104 . Il a récemment mis en place un système de communication électronique afin de gérer les documents et les informations de manière plus efficiente 105 . Ce système est entré en vigueur le 20 octobre 2020 et exige des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement qu’ils communiquent exclusivement par voie électronique avec le Bureau des conflits d’intérêts 106 .

Un code de conduite unique et harmonisé est désormais applicable à tous les membres du Congrès et du Sénat. Conformément à la recommandation du GRECO 107 , le 1er octobre 2020, le Parlement a approuvé un code de conduite étendant les règles en matière d’éthique, de transparence et de responsabilité aux membres du Sénat 108 . Le code de conduite, qui s’applique déjà depuis 2019 aux membres du Congrès, contient des règles relatives à la déclaration des activités et du patrimoine afin d’éviter les incompatibilités dans l’exercice des fonctions de représentant public 109 . En outre, le nouveau code a introduit un système de déclaration des intérêts financiers et exige des membres du Congrès et des sénateurs qu’ils publient leurs ordres du jour institutionnels, y compris leurs réunions avec des lobbyistes 110 . Depuis octobre 2020, des mécanismes de contrôle sont en place pour veiller au respect du code, notamment avec le Bureau parlementaire des conflits d’intérêts récemment créé et dirigé par un conseiller juridique du Parlement 111 . Le Bureau parlementaire est chargé de lever les doutes quant à l’application de ce code 112 .

Des discussions sur la législation relative au lobbying sont en cours et la création d’un registre de transparence est prévue pour 2022. À ce jour, le lobbying n’est pas réglementé en Espagne au niveau national 113 . Toutefois, la définition du terme lobbyiste figure dans le code de conduite du Parlement 114 . En vertu des divers engagements pris dans le cadre du quatrième plan de transparence gouvernementale, la réglementation du lobbying, y compris la création d’un registre obligatoire des lobbyistes, figure parmi les priorités en matière de renforcement de l’intégrité publique 115 . Le projet de loi a été ouvert à la consultation publique du 28 avril au 28 mai 2021; il devrait fournir, entre autres, une définition des groupes d’intérêt, un registre obligatoire pour les représentants d’intérêts et les membres, ainsi qu’un code de conduite régissant les obligations des membres et des lobbyistes. En outre, un système de sanctions et de limitations du (rétro-)pantouflage entre les hauts fonctionnaires et les agents publics devrait être mis en place 116 . Le Bureau des conflits d’intérêts devrait être chargé de la gestion du registre de transparence. Le projet devrait être finalisé d’ici octobre 2021 et approuvé par le gouvernement au printemps 2022 avant d’être présenté au Parlement 117 .

La préparation d’un cadre de protection des lanceurs d’alerte est en cours. Comme indiqué l’an dernier, l’Espagne ne dispose pas d’un cadre général de protection des lanceurs d’alerte, malgré une certaine réglementation sectorielle 118 . En juin 2020, un groupe de travail de la Commission générale de codification pour la transposition de la directive (UE) 2019/1937 a été créé 119 . La consultation publique ouverte jusqu’au 27 janvier 2021 a recueilli plus de 40 points de vue de représentants de la société civile et de particuliers concernant plusieurs questions réglementaires 120 . Ces contributions sont prises en compte dans l’élaboration du premier projet de loi, qui fera également l’objet d’une audition publique. La protection des lanceurs d’alerte fait également partie des priorités du quatrième plan de transparence gouvernementale 121 .

La pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur les mécanismes en place pour lutter contre la corruption. À la suite de la déclaration de l’état d’alerte 122 , les procédures en place pour garantir l’accès du public à l’information ont été suspendues, mais des actions internes ont été menées pour organiser la procédure de résolution des demandes d’accès à l’information publique 123 . Le Conseil de transparence et de bonne gouvernance a reçu un nombre croissant de demandes d’accès à des informations dans le contexte des mesures d’aide liées à la COVID-19 124 , notamment en ce qui concerne la corruption et la fraude. Le Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (OIReScon), qui vérifie les meilleures pratiques en matière de transparence et recense les irrégularités, a publié un rapport évaluant les effets de la COVID-19 sur les marchés publics, notamment en ce qui concerne la publicité et la transparence 125 . Ce rapport souligne que la COVID-19 a conduit à la mise en œuvre rapide de canaux électroniques pour permettre la communication, y compris dans le secteur des marchés publics, grâce à l’utilisation accrue du système électronique de passation de marchés 126 . L’Espagne a amélioré les systèmes en ligne de prévention et de signalement de la corruption, ce qui revêt une grande importance dans ce secteur particulier où la majorité des plaintes liées à la corruption et à la fraude sont signalées par l’intermédiaire de plateformes électroniques 127 .

III.Pluralisme et liberté des médias

Les droits à la liberté d’expression et à la liberté des médias sont ancrés dans la Constitution 128 . En outre, l’Espagne dispose d’un cadre juridique complet pour garantir le pluralisme des médias 129 . Un organisme de réglementation indépendant, la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC), joue le rôle d’autorité de régulation du secteur audiovisuel. Le processus de transposition de la directive révisée «Services de médias audiovisuels» (directive SMA) en droit espagnol a été entamé par le ministère des affaires économiques et de la transformation numérique avec la publication d’un projet de loi sur la communication audiovisuelle 130 , qui a fait l’objet d’une consultation publique jusqu’en décembre 2020.

L’autorité de régulation du secteur audiovisuel a fait part de certaines préoccupations quant à son indépendance et à ses ressources dans le contexte de la transposition de la directive SMA. Alors que la CNMC assumera les nouvelles compétences et tâches découlant de la directive SMA révisée et que sa charge de travail s’en trouvera accrue, l’exposé des motifs du projet de loi sur la communication audiovisuelle ne juge pas nécessaire d’augmenter ses effectifs. Le personnel de la sous-direction de l’audiovisuel de la CNMC est jugé insuffisant par rapport à celui des organismes équivalents dans d’autres États membres de l’UE 131 . Au cours de la consultation publique sur le projet de loi, la CNMC a présenté un avis 132 qui, tout en donnant une appréciation positive du projet de loi, indique qu’il manque de clarté sur certaines questions essentielles et soulève un certain nombre de préoccupations. En particulier, selon la CNMC, le projet de loi ne répond pas à l’exigence de mise à disposition de «ressources adéquates» établie dans la directive SMA 133 . En outre, l’indépendance opérationnelle de la CNMC semble être limitée, étant donné que, selon le projet de loi, le gouvernement restera chargé de certaines décisions relatives à l’organisation et au fonctionnement internes de la CNMC (par exemple en matière de recrutement, de salaires et d’effectifs). La CNMC estime également que le projet de loi pourrait prévoir des dispositions supplémentaires en ce qui concerne le pluralisme des médias 134 .

La transparence en matière de propriété des médias reste un défi 135 . Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit 136 , les données relatives à la propriété sont accessibles au public, mais les informations relatives à la propriété ne sont pas exhaustives (elles concernent uniquement la radio et la télévision), et il est difficile d’évaluer qui se trouve exactement derrière chaque entreprise. La situation juridique n’a pas évolué dans ce domaine. L’Espagne dispose d’un registre national des prestataires de services de communication audiovisuelle, qui peut être consulté librement par le public et qui contient des informations sur les propriétaires détenant une participation significative dans le capital des prestataires de services. Néanmoins, le rapport Media Pluralism Monitor (MPM 2021) pour l’Espagne 137 estime qu’il existe un risque élevé pour la transparence de la propriété des médias, attirant l’attention sur l’absence de règles applicables aux médias numériques. La concentration dans les médias d’information serait élevée en Espagne 138 .

Des lacunes ont été relevées en ce qui concerne les marchés publics relatifs à la publicité institutionnelle. Des dispositions législatives régissent la passation de contrats pour la publicité et les campagnes institutionnelles de l’État 139 . Une récente étude réalisée au nom d'une association de professionnels 140 a analysé un échantillon de marchés représentant environ 12 % du nombre total de marchés et près de 50 % de leur valeur. Elle a mis en évidence un certain nombre de lacunes dans la rédaction des cahiers des charges d’une grande majorité des marchés publics analysés dans le domaine de la publicité institutionnelle. Dans le même ordre d’idées, le rapport MPM 2021 montre que les plaintes sont courantes en ce qui concerne la répartition inéquitable des dépenses publiques en fonction de l’alignement idéologique des médias d’information numériques 141 .

Le secteur des médias a été fortement touché par la pandémie de COVID-19, et le gouvernement a adopté certaines mesures de soutien spécifiques aux médias. En 2020, le revenu des médias a diminué plus que le PIB, ce qui a mis à mal la viabilité des médias. Cette baisse s’explique principalement par la réduction des recettes publicitaires, qui ont globalement diminué de 17,9 %; la presse écrite a été la plus touchée, avec une diminution des recettes publicitaires de 30,8 %, tandis que les médias numériques ont enregistré une baisse de 5,3 % 142 . La pandémie a également eu une incidence négative sur la profession de journaliste, étant donné que de nombreuses entreprises de médias ont commencé avoir recours à des mécanismes de licenciement collectif ou à proposer des réductions de salaire 143 . Les journalistes indépendants ont été les plus touchés 144 . Le gouvernement a pris certaines mesures pour soutenir le secteur des médias, notamment avec la réduction de la TVA sur les médias numériques (de 21 % à 4 %) 145 et un cadre temporaire de soutien financier, grâce auquel 15 millions d’EUR ont été alloués aux chaînes de télévision numériques hertziennes à l’échelle de l’État 146 .

Le gouvernement prend des mesures pour répondre aux préoccupations des parties prenantes concernant l’accès à l’information. Bien que le système mis en place par le secrétaire d’État à la communication pour les conférences de presse au début de la pandémie ait fait l’objet de critiques, la situation a rapidement été corrigée pour permettre aux journalistes de poser des questions de deux manières (en ligne et sur place). Le gouvernement a également mis en place une commission 147 composée des ministères de la présidence, de la défense, de l’intérieur et des affaires étrangères afin de réviser la loi sur les secrets officiels 148 (qui date des périodes précédant la constitution) et de faciliter l’accès aux informations officielles pour les journalistes et le grand public 149 .

Les journalistes ont continué de se heurter à des difficultés dans l’exercice de leurs activités professionnelles 150 . Aucun changement n’a été apporté au cadre réglementaire 151 concernant les journalistes. Néanmoins, le 11 décembre 2020, un accord a été signé entre le ministère de l’intérieur, la Fédération des associations de journalistes d’Espagne et l’Association nationale des journalistes reporters d’images pour la presse et la télévision, dans le but principal de faciliter le travail des professionnels de l’information dans les lieux et les événements où des actes de violence peuvent se produire 152 . Des inquiétudes subsistent quant à l’incidence négative pour les journalistes de la loi sur la sécurité des citoyens 153 ,,, en particulier pour les photojournalistes 154 (voir également la section IV). En outre, la plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a enregistré quatre alertes pour l’Espagne en 2021, toutes liées à des faits de violence contre des journalistes et/ou leurs équipements 155 . Depuis le rapport 2020 sur l’état de droit, plusieurs partis politiques interdisent à certains médias/journalistes de participer à leurs conférences de presse ou attaquent publiquement des médias qui ne partagent pas leur point de vue 156 . Le harcèlement des journalistes sur les réseaux sociaux est un phénomène croissant et inquiétant 157 .

IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs

L’Espagne est une monarchie parlementaire, avec un Parlement bicaméral (les Cortes Generales) 158 . Elle est aussi un État unitaire décentralisé dans lequel l’État et les communautés autonomes disposent à la fois de compétences exclusives et partagées 159 . La Cour constitutionnelle est compétente pour contrôler la constitutionnalité des lois. Les deux chambres du Parlement – le Congrès et le Sénat – jouissent d’une compétence législative, qu’elles peuvent déléguer au gouvernement, sous réserve de certaines limitations 160 . Le gouvernement, les deux chambres du Parlement, les assemblées des communautés autonomes et un groupe d’au moins 500 000 citoyens disposent du droit d’initiative législative.

Le gouvernement a approuvé un nouveau quatrième plan de transparence gouvernementale (2020-2024). Le plan 161 a été approuvé conjointement en octobre 2020 par les gouvernements nationaux, régionaux et locaux et au terme d’un processus consultatif reposant notamment sur l’organisation d’ateliers et d’autres activités participatives. Il vise à renforcer les liens entre les citoyens et les pouvoirs publics, ainsi qu’à accroître la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques. Il définit dix nouveaux engagements en matière de transparence, de responsabilité, de participation du public, d’intégrité publique et de sensibilisation à la participation des citoyens à l’élaboration des politiques. Ces engagements comprennent la transposition de la directive concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public 162 . Le plan comprend 110 initiatives et 529 activités; à ce jour, 17 % sont achevées, 38 % sont en cours et 43 % sont toujours en suspens 163 . Le «forum sur le gouvernement ouvert», composé de représentants des administrations publiques et de la société civile, a poursuivi ses activités et, le 29 octobre 2020, il a approuvé son règlement intérieur 164 .

Les communautés autonomes ont été désignées comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence adoptées dans le contexte de la pandémie de COVID-19. En 2020, le gouvernement a déclaré un état d’alerte à trois reprises 165 . Le deuxième état d’alerte 166 a été restreint à un certain nombre de municipalités de la région autonome de Madrid pendant 15 jours. Le troisième état d’alerte 167 a été approuvé par le Congrès et prorogé jusqu’au 9 mai 2021. Cette situation était moins restrictive que le premier état d’alerte, et les gouvernements autonomes ont été désignés comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence. Le Parlement est resté en session pendant la pandémie et a continué d’exercer son contrôle sur les mesures d’urgence. Le ministre de la santé a fourni tous les quinze jours des informations sur les mesures adoptées et mises en œuvre à la commission parlementaire sur la santé et la consommation. Le 14 juillet 2021, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnelles certaines dispositions du décret royal déclarant le premier état d’alerte en ce qui concerne les limitations de la libre circulation 168 . Elle examine aussi actuellement une autre plainte relative au deuxième état d’alerte 169 , ainsi que plusieurs recours constitutionnels individuels concernant le droit de réunion dans le contexte de la pandémie. Les parties prenantes 170 ont affirmé que l’utilisation répétée par le gouvernement du pouvoir conféré par la Constitution pour légiférer au moyen de décrets-lois en cas de nécessité extraordinaire et urgente 171 limiterait la participation des parties prenantes au processus législatif. Une fois que l’état d’alerte a pris fin le 9 mai 2021, la loi prévoit que les mesures prises par les communautés autonomes qui restreignent les droits fondamentaux devraient faire l’objet d’une autorisation judiciaire préalable sous la forme d’une décision de justice. Le 4 mai 2021, le gouvernement a adopté un décret-loi royal 172 établissant une procédure permettant à la chambre administrative de la Cour suprême d’examiner ces décisions de justice, afin d’assurer une application uniforme de la charge de travail sur l’ensemble du territoire national.

Le médiateur a examiné un volume beaucoup plus important de plaintes depuis le début de la pandémie. Le médiateur (le Defensor del Pueblo), qui est le haut commissaire du Parlement chargé de défendre les droits fondamentaux et les libertés civiles des citoyens en contrôlant les activités de l’administration publique et des autorités publiques 173 , est également l’institution nationale des droits de l’homme en Espagne. Il est nommé par le Parlement 174 . Les négociations entre les partis politiques concernant la nomination du médiateur sont toujours en cours, de sorte que le médiateur est resté en fonction ad interim depuis 2017, année d’expiration du mandat précédent 175 . Le nombre de plaintes reçues par le médiateur a considérablement augmenté en 2020: il a reçu 28 028 plaintes (contre 20 215 en 2019) et 909 demandes d’interjeter des examens constitutionnels auprès de la Cour constitutionnelle (contre 135 en 2019) 176 . Les plaintes les plus courantes concernent les mesures d’urgence prises dans le contexte de la COVID-19, les retards dans l’administration de la justice, l’emploi, la sécurité sociale et la migration. En outre, le médiateur a joué un rôle actif pendant la pandémie, puisqu’il a mené 406 actions d’office, y compris des recommandations sur la situation des détenus incarcérés, l’arrivée de migrants aux îles Canaries et la fermeture de centres de détention pour migrants pendant la fermeture temporaire des frontières 177 .

L’espace dévolu aux organisations de la société civile en Espagne est mis à mal, et une révision de la loi sur la sécurité des citoyens est en cours. L’espace dévolu à la société civile est considéré comme rétréci 178 . Les organisations de la société civile se sont heurtées à plusieurs difficultés en ce qui concerne l’accès au financement. Les parties prenantes ont fait état de réductions de financement de la part de plusieurs autorités publiques en 2020 179 , en dépit des besoins accrus engendrés par la pandémie. En outre, la loi de 2015 sur la sécurité des citoyens 180 , qui, selon son préambule, vise à protéger les personnes et les biens et à préserver la paix publique par la réglementation des interventions de la police et d’autres questions, a suscité des inquiétudes de la part des parties prenantes 181 . En novembre 2020 et en janvier 2021, la Cour constitutionnelle a rendu deux arrêts sur la loi 182 , concluant que la plupart des dispositions de celle-ci sont constitutionnelles, si elles sont interprétées de bonne foi et dans le respect des principes énumérés dans la loi, notamment en ce qui concerne les principes de proportionnalité, de non-discrimination, d’efficience et de respect des droits et libertés 183 . Néanmoins, une disposition de la loi a été déclarée inconstitutionnelle en ce qui concerne l’interdiction de l’utilisation «non autorisée» de photographies et d’images vidéo d’agents de police en service ou dans un lieu privé 184 . En mars 2021, la Commission de Venise a émis un avis sur la loi 185 , soulignant que, même dans les cas où une norme est considérée comme étant constitutionnellement acceptable, si, dans la pratique, elle a conduit à des abus, elle doit être modifiée, circonscrite ou accompagnée de garanties supplémentaires. L’avis a encouragé le législateur espagnol à procéder à une évaluation approfondie du fonctionnement pratique de la loi et de son incidence sur les libertés et droits fondamentaux. La loi est en cours de révision par le Parlement, et il importe que cet avis soit pris en compte. Les parties prenantes ont également indiqué qu’en avril 2021, des sympathisants d’extrême droite ont perpétré des attaques coordonnées au siège de plusieurs ONG de défense des droits des personnes LGBTI et des migrants 186 .

Plusieurs initiatives ont été lancées pour promouvoir une culture de l’état de droit. Le Conseil du pouvoir judiciaire élabore et met en œuvre le programme «Éducation à la justice», lancé fin 2019 et destiné aux élèves de l’enseignement secondaire, afin que ceux-ci acquièrent une connaissance suffisante du fonctionnement du système judiciaire en Espagne, en mettant particulièrement l’accent sur des aspects tels que la violence à caractère sexiste et la responsabilité pénale des mineurs 187 . Dans le cadre du programme, des juges font des présentations devant les élèves, des visites scolaires sont organisées dans les tribunaux et dans d’autres institutions, et des procès fictifs sont menés avec l’aide des enseignants.

Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*

La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation .

Association de presse de Madrid (2020), Los periodistas autónomos, los más perjudicados del sector por el impacto de la COVID-19, 3 juin 2020 ( https://www.apmadrid.es/los-periodistas-autonomos-los-mas-perjudicados-del-sector-por-el-impacto-de-la-covid-19/ ).

Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» (2021), Contribution de l’Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» au rapport 2021 sur l’état de droit.

Association des procureurs (2021), Alegaciones que presenta la Asociación de Fiscales al Anteproyecto de la Ley de Enjuiciamiento Criminal (LECRIM) ( http://www.asociaciondefiscales.es/index.php/general1/itemlist/date/2021/3 ).

Association des procureurs (2021), Contribution from the Association of Prosecutors for the 2021 Rule of Law Report.

Association européenne des magistrats (2020), EAJ statement about Spain, 13 octobre 2020 ( http://www.iaj-uim.org/news/eaj-statement-about-spain/ ).

Association Impulso Ciudadano (2021), Contribution from the Association Impulso Ciudadano for the 2021 Rule of Law Report.

Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2020), le Media pluralism monitor 2020.

CEPEJ (2020), Étude sur le fonctionnement des systèmes judiciaires dans les États membres de l’UE.

CIVICUS, outil de surveillance de l’espace civique – Espagne.

Civil Liberties Union for Europe (2021), EU 2020: Demanding on democracy.

Commission européenne (2019), European Semester: Country Report Spain 2019 - Including an In-Depth Review on the prevention and correction of macroeconomic imbalances, SWD(2019) 1008 final ( https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/file_import/2019-european-semester-country-report-spain_en.pdf ).

Commission européenne (2020), Rapport sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne ( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1602579986149&uri=CELEX%3A52020SC0308 ).

Commission européenne (2021), Tableau de bord de la justice dans l’UE.

Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2000), Recommandation nº R(2000)21 du Comité des Ministres aux États membres sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat ( https://rm.coe.int/16804c392c ).

Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2010), Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des Ministres aux États membres sur les juges: indépendance, efficience et responsabilités ( https://search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=09000016805cde9f ).

Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2021), Lignes directrices du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur l’efficience et l’efficacité des systèmes d’assistance judiciaire dans les domaines du droit civil et du droit administratif, [CM(2021)36] ( https://search.coe.int/cm/pages/result_details.aspx?ObjectId=0900001680a1a348 ).

Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2010), Rapport sur le rôle de l’opposition au sein d’un parlement démocratique [CDL-AD(2010)025] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2010)025-f ].

Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2018), Monténégro – Avis sur le projet de loi portant modification de la loi sur le conseil de la magistrature et les juges [CDL-AD(2018)015] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2018)015-f ].

Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2019), Paramètres des rapports entre la majorité parlementaire et l’opposition dans une démocratie: une liste des critères (CDL-AD(2019)015-e) ( https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2019)015-f .

Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2021), Espagne – Avis sur la loi sur la sécurité des citoyens, adopté par la Commission de Venise lors de sa 126e session plénière [CDL-AD (2021)004] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2021)004-f ].

Conseil de l’Europe: Conseil consultatif de juges européens (CCJE) (2007), Avis nº 10(2007) à l’attention du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur le Conseil de la Justice au service de la société ( https://www.coe.int/fr/web/ccje/opinion-n-10-on-council-for-the-judiciary-in-the-service-of-society ).

Conseil de l’Europe: Conseil consultatif de juges européens (CCJE) (2020), Avis nº 23 sur le rôle des associations de juges en faveur de l’indépendance de la justice ( https://www.coe.int/fr/web/ccje/opinion-no.-23-on-the-role-of-judicial-associations-2020- ).

Conseil de l’Europe: Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes (2021) – Espagne ( https://www.coe.int/fr/web/media-freedom/spain ).

Conseil des procureurs (2020), Communiqué de presse – La Fiscal General del Estado impulsa ante las asociaciones un plan para afrontar el reto de la reforma procesal, 3 décembre 2020 ( https://www.fiscal.es/-/la-fiscal-general-del-estado-impulsa-ante-las-asociaciones-un-plan-para-afrontar-el-reto-de-la-reforma-procesal ).

Conseil des procureurs (2021), Comunicado del Consejo Fiscal al Anteproyecto de Ley Orgánica de Enjuiciamiento Criminal (https://www.fiscal.es/web/fiscal/-/comunicado-del-consejo-fiscal-al-anteproyecto-de-ley-org-c3-a1nica-de-enjuiciamiento-criminal).

Conseil du pouvoir judiciaire- Metroscopia (2020), La justicia vista por los jueces ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Temas/Transparencia/Buen-Gobierno--Codigo-etico-y-Comision-de-Etica-Judicial/Encuestas-de-satisfaccion/Encuesta-realizada-por-Metroscopia-a-la-Carrera-Judicial--Octubre-2020- ).

Conseil général des avocats espagnols (2021), Contribution du Conseil général des avocats espagnols au rapport 2021 sur l’état de droit.

Cour supérieure de Castille-et-León Communiqué de presse – El TSJCyL rechaza la propuesta de renovación del CGPJ presentada por PSOE y Podemos, (2020), 19 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Castilla-y-Leon/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/El-TSJCyL-rechaza-la-propuesta-de-renovacion-del-CGPJ-presentada-por-PSOE-y-Podemos ).

Cour suprême (2021), Contribution de la Cour suprême au rapport 2021 sur l’état de droit.

Département de la sécurité nationale (2021), rapport annuel 2020 ().

Directive (UE) 2019/1024 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public.

Directive (UE) 2019/1153 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 fixant les règles facilitant l’utilisation d’informations financières et d’une autre nature aux fins de la prévention ou de la détection de certaines infractions pénales, ou des enquêtes ou des poursuites en la matière, et abrogeant la décision 2000/642/JAI du Conseil.

El Diario (2021), Atacadas las sedes del colectivo Lambda y de una ONG africana en Valencia ( https://www.eldiario.es/comunitat-valenciana/atacadas-sedes-colectivo-lambda-ong-africana-valencia_1_7801536.html ).

El Mundo (2021a), La sede de Cogam amanece vandalizada con mensajes tránsfobos, 3 avril 2021 ( https://www.elmundo.es/madrid/2021/04/03/60684e8d21efa01e1a8b45f1.html ).

El Mundo (2021b), Más de 2.500 jueces se dirigen a la Comisión Europea para alertar del “riesgo grave de violación del Estado de Derecho” en España, 12 avril 2021 ( https://www.elmundo.es/espana/2021/04/12/607420c7fdddff671d8b45fa.html ).

Europapress (2021), Los jueces achacan el giro de Moncloa de retirar la reforma del CGPJ a la “presión” ejercida y el “toque” de Europa, 21 avril 2021 ( https://www.europapress.es/nacional/noticia-jueces-acogen-satisfaccion-retirada-reforma-cgpj-cambiar-mayorias-urgen-renovar-20210421142512.html ).

European Anti Poverty Network (EAPN) (2020), Denuncian la decisión de recortar la financiación a las ONG estatales de Acción Social en plena pandemia ( https://www.eapn.es/covid19/noticia/36/denuncian-la-decision-de-recortar-la-financiacion-a-las-ong-estatales-de-accion-social-en-plena-pandemia ).

Forum judiciaire indépendant (2021), Contribution du Forum judiciaire indépendant au rapport 2021 sur l’état de droit.

GRECO (2019), Quatrième cycle d’évaluation – Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs [GrecoRC4(2019)12] ( https://rm.coe.int/quatrieme-cycle-d-evaluation-prevention-de-la-corruption-des-parlement/168098c68d ).

GRECO (2019), Cinquième cycle d’évaluation – Prévention de la corruption et promotion de l’intégrité au sein des gouvernements centraux (hautes fonctions de l’exécutif) et des services répressifs [GrecoEval5Rep(2018)5] ( https://rm.coe.int/cinquieme-cycle-d-evaluation-prevention-de-la-corruption-et-promotion-/168098c692 ).

GRECO (2020), Espagne – Lettre au Chef de délégation auprès du GRECO ( https://www.coe.int/fr/web/human-rights-rule-of-law/-/spain-letter-to-the-greco-head-of-delegation ).

Infoadex (2021), Informe Infoadex de la inversión publicitaria en España 2021.

Juezas y Jueces por la Democracia (2021), observation du 20 avril 2021 ( https://twitter.com/JpDemocracia/status/1384409552117014531 ).

Médiateur (2021), rapport annuel 2020 ( https://www.defensordelpueblo.es/noticias/informe-anual-2020/ ).

Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique (2020), IV Plan abierto de gobierno (2020-2024), 29 octobre 2020 ( https://transparencia.gob.es/transparencia/transparencia_Home/index/Gobierno-abierto/planes-accion.html ).

Ministère de l’économie et des finances (2020), Rapport annuel sur le suivi des marchés publics en Espagne, décembre 2020.

Ministère de l’intérieur (2021), Interior, la FAPE y la ANIGP-TV mejoran la identificación de los informadores en eventos que requieran de la intervención policial.

Ministre de la justice (2021), Campo: “La nueva Ley de Eficiencia Organizativa profundiza en la democracia interna del Poder Judicial” ( https://www.mjusticia.gob.es/es/ministerio/gabinete-comunicacion/noticias-ministerio/210420-ley-de-eficiencia-organizativa ).

OCDE (2015), Spain: follow-up to the phase 3 report & recommendations ( Spain-Phase-3-Written-Follow-Up-Report-EN.pdf (oecd.org) ).

Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019.

Prnoticias (2020), EPA: El periodismo se desploma con 11.400 empleos menos en el último trimestre, 28 juillet 2020 ( https://prnoticias.com/2020/07/28/epa-el-periodismo-se-desploma-con-11-400-empleos-menos-en-el-sector/ ).

Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme (REINDH) (2021), Contribution du REINDH au rapport 2021 sur l’état de droit.

Secrétariat technique du Conseil du pouvoir judiciaire (2021), Rapport juridique sur l’incidence de la loi organique 4/2021 du 29 mars 2021.

Transparency International (2021), Indice de perception de la corruption 2020 ( Indice de perception de la corruption 2020 pour l’Espagne – Transparency.org ).

Tribunal supérieur d’Andalousie, Ceuta et Melilla (2020), Communiqué de presse – El pleno de la Sala de Gobierno del TSJA se pronuncia sobre el proyecto de reforma del CGPJ, 20 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Andalucia--Ceuta-y-Melilla/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/El-pleno-de-la-Sala-de-Gobierno-del-TSJA-se-pronuncia-sobre-el-proyecto-de-reforma-del-CGPJ ).

Tribunal supérieur de Madrid (2020), Communiqué de presse – La Sala de Gobierno del TSJ de Madrid muestra su profunda preocupación ante la iniciativa de reforma de la Ley Orgánica del Poder Judicial, 19 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Madrid/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/La-Sala-de-Gobierno-del-TSJ-de-Madrid-muestra-su-profunda-preocupacion-ante-la-iniciativa-de-reforma-de-la-Ley-Organica-del-Poder-Judicial ).

Annexe II: Visite en Espagne

Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril et mai 2021 avec les entités suivantes:

·Experts universitaires

·Association des «Abogados del Estado»

·Association des procureurs

·Plateforme civique pour l’indépendance judiciaire

·Collège des greffiers

·Cour constitutionnelle

·Cour des comptes

·Association européenne des journalistes

·FAPE

·Fondation «Hay Derecho»

·Conseil général des notaires

·Conseil général des avocats espagnols

·Conseil général du pouvoir judiciaire

·INCIDE

·Forum judiciaire indépendant

·Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria»

·Juges pour la démocratie

·Association de la presse de Madrid

·Ministère des affaires étrangères

·Ministère de l’intérieur

·Ministère de la justice

·Ministère des finances

·Ministère de la présidence

·Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique

·Service national de coordination antifraude

·Commission nationale des marchés et de la concurrence

·Plateforme d’action sociale des ONG

·Bureau technique du procureur général

·Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (OIReScon)

·Secrétariat du médiateur

·Plateforme pour la défense de la liberté d’information

·Association professionnelle de la magistrature

·Union progressiste des procureurs

·Rights International España

·Parquet spécial pour la lutte contre la corruption et la criminalité organisée

·Secrétaire d’État à la communication

·Cour suprême

·Secrétariat technique du ministère public

·Conseil «Transparence»

·Transparency International España

* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:

·Amnesty international

·Center for Reproductive Rights

·CIVICUS

·Civil Liberties Union for Europe

·Civil Society Europe

·Conférence des Églises européennes

·EuroCommerce

·Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif

·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias

·Forum civique européen

·Fédération européenne des journalistes

·Partenariat européen pour la démocratie

·Forum européen de la jeunesse

·Front Line Defenders

·Human Rights House Foundation

·Human Rights Watch

·ILGA-Europe

·Commission internationale de juristes

·Fédération internationale des ligues des droits de l’homme

·International Planned Parenthood Federation European Network (IPPF EN)

·Institut international de la presse

·Comité Helsinki néerlandais

·Open Society European Policy Institute

·Philanthropy Advocacy

·Protection International

·Reporters sans frontières

·Transparency International EU

(1) Couvrant les domaines du droit civil, pénal, administratif et social. En tout, il y a 2 269 tribunaux de droit commun de première instance.
(2) Tribunaux de commerce, tribunaux des marques de l’Union européenne, tribunaux dotés de pouvoirs spéciaux en matière de sanction pénale, tribunaux de la jeunesse, tribunaux traitant de la violence à l’encontre des femmes, et autres juridictions spécialisées pouvant être créées par décision du Conseil général du pouvoir judiciaire. En tout, il y a 1 465 juridictions spécialisées de première instance.
(3) L’article 117 de la Constitution espagnole consacre l’indépendance des magistrats et des juges.
(4) Article 124, paragraphe 4, de la Constitution espagnole.
(5) Graphiques 48 et 50 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE. Le niveau de perception de l’indépendance du système judiciaire est classé comme suit: très faible (moins de 30 % des personnes interrogées estiment que l’indépendance de la justice est très ou plutôt satisfaisante), faible (entre 30 % et 39 %), moyen (entre 40 % et 59 %), élevé (entre 60 % et 75 %) et très élevé (plus de 75 %).
(6) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 2.
(7) D’après l’article 122, paragraphe 3, de la Constitution espagnole, le Conseil général du pouvoir judiciaire se compose du président de la Cour suprême (qui le préside) et de 20 personnes – douze juges ou magistrats et huit avocats ou autres juristes possédant des compétences reconnues et ayant plus de quinze ans de pratique professionnelle. Tandis que la Constitution exige que les huit avocats et autres juristes soient nommés à une majorité des trois cinquièmes au sein de chaque chambre du Parlement (quatre par le Congrès et quatre par le Sénat), elle ne précise pas comment les membres représentant les juges doivent être nommés.
(8) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 2; El Mundo, Más de 2.500 jueces se dirigen a la Comisión Europea para alertar del "riesgo grave de violación del Estado de Derecho" en España, 12 avril 2021.
(9) À cet égard, la Commission de Venise a souligné l’importance de prévoir des majorités qualifiées, mais elle a mis en garde contre le risque de blocage et recommandé de mettre au point des mécanismes antiblocage efficaces et solides. Commission de Venise (2010), Rapport sur le rôle de l’opposition au sein d’un parlement démocratique, CDL-AD(2010)025, et Commission de Venise (2019), Paramètres des rapports entre la majorité parlementaire et l’opposition dans une démocratie: une liste des critères, CDL-AD(2019)015. En particulier, la Commission de Venise a souligné que le «pouvoir de blocage» de l’opposition n’est pas absolu et que l’application d’une règle de majorité qualifiée aux questions de nomination ne devrait pas empêcher très longtemps la nomination des membres d’un organe collectif, étant donné que l’État ne peut pas fonctionner de manière adéquate en l’absence de ceux-ci. Si chaque État doit élaborer son propre système, dans son avis sur le projet de loi portant modification de la loi sur le Conseil de la magistrature et les juges [CDL-AD(2018)015-f], la Commission de Venise a souligné qu’une autre solution possible serait le renouvellement partiel de la composition du Conseil du pouvoir judiciaire avec des membres qui bénéficient déjà du soutien d’une majorité qualifiée, tels que les membres n’exerçant pas de fonctions judiciaires.
(10) Proposition de loi organique modifiant la loi organique 6/1985, du 23 octobre 2020.
(11) Selon la proposition, les juges-membres continueraient d’être élus par le Parlement, mais la majorité des trois cinquièmes ne serait requise que lors d’un premier vote; si cette majorité n’est pas atteinte, l’élection se ferait lors d’un second vote à la majorité absolue.
(12) Association européenne des magistrats, déclaration du 13 octobre 2020; GRECO, lettre au Chef de la délégation espagnole auprès du GRECO, 14 octobre 2020; Cour supérieure de justice de Madrid, communiqué de presse, 19 octobre 2020; Cour supérieure de justice de Castille-et-León, communiqué de presse, 19 octobre 2020; Cour supérieure de justice d’Estrémadure, communiqué de presse, 19 octobre 2020; Cour supérieure de justice d’Andalousie, Ceuta et Melilla, communiqué de presse, 20 octobre 2020.
(13) Par exemple: Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria»; Juges pour la démocratie et Association professionnelle de la magistrature. EuropaPress (2021), Los jueces achacan el giro de Moncloa de retirar la reforma del CGPJ a la “presión” ejercida y el “toque” de Europa, 21 avril 2021; ou observations de Juges pour la Démocratie du 20 avril 2021.
(14) Loi organique nº 4/2021 du 29 mars 2021.
(15) Bien que le Conseil ait officiellement demandé au Congrès de consulter, dans le cadre de la procédure législative, les parties prenantes concernées, à savoir notamment le Conseil lui-même et la Commission de Venise, le Parlement n’a pas donné suite à cette demande.
(16) La loi empêche le Conseil faisant fonction de nommer le président de la Cour suprême, les présidents des cours provinciales et des cours supérieures de justice, le président de la Cour nationale, ainsi que les présidents des chambres et les juges de la Cour suprême.
(17) Par le principal parti d’opposition.
(18) Lettre du 6 avril 2021 de trois associations de juges (Asociación Profesional de la Magistratura, Asociación Judicial Francisco de Vitoria et Foro Judicial Independiente) adressée à la Commission européenne, point 14. En outre, selon une enquête du Conseil du pouvoir judiciaire publiée en octobre 2020 [Conseil du pouvoir judiciaire (2020), La justicia vista por los jueces. Enquête réalisée par Metroscopia, octobre 2020], 90 % des juges interrogés ont soutenu le retour au système d’élection des juges-membres du Conseil par leurs pairs.
(19) GRECO, lettre au Chef de la délégation espagnole auprès du GRECO, 14 octobre 2020.
(20) Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe.
(21) Avis nº 10(2007) du Conseil consultatif de juges européens (CCJE) à l’attention du Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur le Conseil de la justice au service de la société du 23 novembre 2007, point 87; avis nº 23 du CCJE (2020) sur le rôle des associations de juges en faveur de l’indépendance de la justice, point 47.
(22) Conformément à l’article 57 de la loi organique nº 6/1985 du 1er juillet 1985, la Cour suprême est chargée d’examiner et de juger les procédures engagées à l’encontre des membres du gouvernement, des présidents du Congrès des députés et du Sénat, des présidents de la Cour suprême et du Conseil général du pouvoir judiciaire, des présidents de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême, des présidents de la Cour nationale et de ses chambres, ainsi qu’à l’encontre des présidents des cours supérieures de justice, des procureurs de la Cour nationale et des cours supérieures de justice, du procureur général de l’État, des procureurs attachés aux chambres de la Cour suprême, du président et des conseillers de la Cour des comptes, du président et des conseillers du Conseil d’État et du médiateur. Des dispositions similaires sont établies par les statuts d’autonomie des différentes communautés autonomes en ce qui concerne les membres des gouvernements et parlements régionaux.
(23) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation – Rapport d’évaluation, point 3.
(24) GRECO, Cinquième cycle d’évaluation – Rapport d’évaluation, points 118 à 123.
(25) Articles 389 à 398 de la loi organique nº 6/1985 du 1er juillet 1985.
(26) Article 57 à 59 de la loi organique nº 50/1981 du 30 décembre 1981.
(27) Voir, par exemple, la contribution du Forum judiciaire indépendant au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 5; contribution de l’Association des procureurs au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 8.
(28) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation – Rapport d’évaluation, points 102 et 103.
(29) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 3.
(30) Conseil des procureurs (2020). La Fiscal General del Estado impulsa ante las asociaciones un plan para afrontar el reto de la reforma procesal, 3 décembre 2020. La procureure générale a insisté pour que cette réforme soit menée parallèlement à la révision en cours du code de procédure pénale.
(31) Contribution de l’Association des procureurs au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9; contribution de l’Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12; contribution du Forum judiciaire indépendant au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12; contribution de l’association Impulso Ciudadano au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 7; contribution de la Plateforme civique pour l’indépendance judiciaire au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 11.
(32) Conseil des procureurs (2020), Código Ético del Ministerio Fiscal.
(33) Contribution de l’Association des procureurs au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 8 et 9.
(34) Conseil de l’Europe, Recommandation nº R(2000)21 sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat.
(35) Conseil de l’Europe (2020), Rapport d’évaluation de la CEPEJ sur les systèmes judiciaires européens (cycle d’évaluation 2020).
(36) Décret royal 141/2021 du 9 mars 2021 portant approbation d’un règlement relatif à l’assistance judiciaire gratuite.
(37) La gestion du système judiciaire est assurée par le ministère de la justice dans les régions autonomes de Castille-León, Castille-La Manche, Murcie, Baléares et Estrémadure, ainsi que dans les villes autonomes de Ceuta et Melilla.
(38) Conseil de l’Europe (2021), Lignes directrices du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur l’efficience et l’efficacité des systèmes d’assistance judiciaire dans les domaines du droit civil et du droit administratif, CM(2021)36.
(39) Anteproyecto de Ley Orgánica de Enjuiciamiento Criminal, aprobado por el Consejo de Ministros el 24 de noviembre de 2020.
(40) À l’heure actuelle, le système confère au juge d’instruction le pouvoir de mener l’enquête, tandis que les procureurs peuvent seulement demander l’adoption de mesures conservatoires et d’enquête par le juge (article 5 de la loi nº 50/1981 du 30 décembre 1981).
(41) Association des procureurs (2021), Alegaciones que presenta la Asociación de Fiscales al Anteproyecto de la Ley de Enjuiciamiento Criminal (LECRIM); Conseil des procureurs (2021), Comunicado del Consejo Fiscal al Anteproyecto de Ley Orgánica de Enjuiciamiento Criminal).
(42) Décret royal 1050/2020 du 1er décembre 2020 portant création de trente-trois tribunaux COVID-19 correspondant au programme 2020.
(43) L’Espagne occupe la 23e place sur 27 États membres.
(44) Graphique 32 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(45) Graphiques 29 et 30 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(46) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 4 et 5.
(47) Graphique 42 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(48) Contribution de l’Espagne au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12.
(49) Contribution du Conseil général des avocats espagnols au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9; contribution de l’Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 16; contribution du Forum judiciaire indépendant au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 17; contribution de l’Association des procureurs au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12.
(50) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 5 et 6.
(51) Graphique 6 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(52) Graphique 8 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(53) Graphiques 9, 10 et 11 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(54) Graphique 14 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(55) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 6.
(56) Projet de loi sur les mesures en faveur de l’efficience procédurale du système de justice public.
(57) Projet de loi sur les mesures en faveur de l’efficience organisationnelle du système de justice public.
(58) L’organisation de l’Office judiciaire est mise en œuvre par deux types d’unités: les unités procédurales de soutien direct, chargées d’assister les juges dans l’exécution de leurs propres tâches; et les services procéduraux communs, responsables de la gestion et de la mise en œuvre du droit procédural.
(59) Ces trois réformes ont été présentées dans le cadre du volet 11 du plan pour la reprise et la résilience pour l’Espagne présenté à la Commission européenne le 30 avril 2021.
(60) Loi 10/1995 du 24 avril 1995, modifiant la loi 50/1981 du 30 décembre 1981, portant réglementation du statut organique du ministère public et création du parquet spécial pour la répression des crimes économiques liés à la corruption. Bulletin officiel de l’État, 25 avril 1995, nº 98, p. 12102-2103.
(61) Loi nº 10/1995 du 24 avril 1995.
(62) Unité opérationnelle centrale de la Garde civile, décret royal 769/1987.
(63) Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2019), rapport annuel 2019, p. 698.
(64) Régi par la disposition additionnelle 25 de la loi générale sur les subventions 38/2003 du 17 novembre 2003.
(65) Bureau de lutte antifraude de Catalogne, régi par la loi 14/2008 du 5 novembre 2015 de la Communauté autonome de Catalogne; Agence de Valence pour la prévention et la lutte contre la fraude et la corruption, régie par la loi 11/2016 du 28 novembre 2015 de la Communauté autonome de Valence; Bureau de prévention et de lutte contre la corruption des îles Baléares, régi par la loi 16/2016 du 9 décembre 2016 des îles Baléares; Office municipal de lutte contre la fraude et la corruption du conseil municipal de Madrid, régi par son règlement organique approuvé par convention du conseil municipal de Madrid le 23 décembre 2016; Bureau pour la transparence et les bonnes pratiques de la ville de Barcelone (direction du service d’analyse).
(66) Il s’agit des responsables politiques nommés par décret gouvernemental, à savoir notamment les secrétaires d’État, les hauts fonctionnaires des ministères, les ambassadeurs et les chefs d’entreprises publiques.
(67) Transparency International (2021), Indice de perception de la corruption 2020, p. 2 et 3. Le niveau de perception de la corruption est classé comme suit: faible (le score de perception de la corruption dans le secteur public parmi les experts et les dirigeants d’entreprise est supérieur à 79), relativement bas (score compris entre 79 et 60), relativement haut (score compris entre 59 et 50), élevé (score inférieur à 50).
(68) En 2015, le score était de 58 alors qu’en 2020, il atteint 62. Il y a augmentation/diminution sensible de l’indice lorsque celui-ci gagne/perd plus de cinq points, augmentation/diminution lorsque la variation est comprise entre 4 et 5 points, et stabilité relative lorsque la variation est comprise entre 1 et 3 points au cours des cinq dernières années.
(69) Les données de l’Eurobaromètre concernant la perception et l’expérience des citoyens et des entreprises en matière de corruption, telles qu’elles ont été communiquées l’année dernière, sont mises à jour tous les deux ans. Les derniers jeux de données proviennent du rapport Eurobaromètre spécial 502 (2020) et du rapport Eurobaromètre Flash 482 (2019).
(70) Contribution de l’Espagne au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 26.
(71) Cette loi organique préliminaire vise à mettre en œuvre la directive (UE) 2019/1153 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 fixant les règles facilitant l’utilisation d’informations financières et d’une autre nature aux fins de la prévention ou de la détection de certaines infractions pénales, ou des enquêtes ou des poursuites en la matière, et abrogeant la décision 2000/642/JAI du Conseil. Le texte a été soumis à la consultation publique jusqu’au 17 décembre 2019.
(72) Loi organique 10/1995 du 23 novembre 1995 du code pénal (L1/2015). La dernière révision du code pénal date de 2021, mais elle ne porte pas sur la corruption.
(73) Loi organique 1/2019 du 20 février 2019 modifiant la loi organique 10/1995 du 23 novembre 1995 relative au code pénal afin de transposer les directives de l’Union européenne dans les domaines de la finance et de la lutte contre le terrorisme et de régler les problèmes internationaux (L1/2019).
(74) Articles 428, 429 et 430 de la loi 1/2015.
(75) Article 435 de la loi 1/2019.
(76) Article 286 bis de la loi 1/2019.
(77) GRECO, Troisième cycle d’évaluation – Deuxième addendum au deuxième rapport de conformité, point 64.
(78) Le gouvernement espagnol a adopté une série de mesures pour lutter contre toutes les formes de corruption, parmi lesquelles la stratégie nationale de lutte contre la criminalité organisée ou la spécialisation des services répressifs tels que les unités de police judiciaire traitant des questions liées à la criminalité économique et à la corruption. Pour de plus amples informations, voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 7.
(79) Le gouvernement espagnol est membre de l’Alliance pour la transparence gouvernementale, organisation multilatérale composée de réformateurs de l’administration publique et de la société civile, dont l’objectif est de veiller à ce que les administrations publiques agissent de manière transparente, promeuvent l’intégrité publique, les partenariats et la participation citoyenne, rendent des comptes et soient inclusives. Ces travaux ont conduit à l’approbation, le 29 octobre 2020, du quatrième plan d’action sur la transparence gouvernementale pour l’Espagne.
(80) Cinquième cycle d’évaluation du GRECO – Rapport d’évaluation, point 50.
(81) Instrument d’appui technique, décision d’exécution de la Commission relative au financement de l’instrument d’appui technique et à l’adoption du programme de travail pour 2021.
(82) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 7.
(83) Stratégie de lutte contre les formes graves de criminalité et la criminalité organisée 2019-2023.
(84) Rapport annuel sur la sécurité nationale (2020), p. 75 et 76.
(85) Le plan met à jour le plan de sécurité de 2018 afin de garantir les conditions de sécurité nécessaires à Campo de Gibraltar et dans ses environs, et de réagir aux changements de mode opératoire et d’activités effectués par les organisations criminelles en raison de l’environnement transnational dans lequel elles opèrent et de leur capacité d’adaptation.
(86) Le champ d’application du plan a été étendu aux provinces de Malaga et de Huelva, étant donné qu’elles sont des territoires touchés à proximité de Campo de Gibraltar. Le plan renforce les capacités des services répressifs pour ces territoires touchés, y compris en matière de formation et de spécialisation des agents.
(87) Rapport annuel sur la sécurité nationale (2020), p. 75 et 76.
(88) Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019, p. 704.
(89) Contribution de l’Association des procureurs au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 13.
(90) Informations reçues de l’Association des procureurs dans le cadre de la visite en Espagne.
(91) Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019, p. 706 à 710. Rien qu’en 2019, le parquet spécial pour la lutte contre la corruption a traité un total de 72 procédures d’enquête, est intervenu dans 746 procédures judiciaires et a émis 40 mises en accusation.
(92) En avril 2019, le gouvernement a renforcé les capacités du parquet avec neuf nouveaux postes.
(93) Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019, p. 698.
(94) Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019, p. 701.
(95) Informations provenant de la base de données en ligne du Conseil du pouvoir judiciaire.
(96) Le Conseil a reçu 1338 demandes en 2018, 1780 en 2019 et 1704 en 2020 (la diminution des demandes est due au fait que, durant les mois d’avril et de mai, le système n’a pas reçu de demandes en raison de l’état d’alerte). Informations provenant de la base de données en ligne du Conseil de transparence et de bonne gouvernance.
(97) Le Conseil emploie 24 personnes et son budget initial pour 2020 s’élevait à 2,28 millions d’EUR, comme en 2019. Le président du Conseil a déclaré que les ressources humaines étaient «nettement insuffisantes pour permettre au Conseil de gérer la charge de travail actuelle de manière efficiente». Informations disponibles dans les archives audiovisuelles de la Commission de la politique territoriale et de la fonction publique: comparution de M. José Luis Rodríguez Álvarez, actuel président du Conseil de transparence et de bonne gouvernance, présentation au Parlement des rapports annuels 2019 et 2020 (10 juin 2021).
(98) Rapport annuel 2020, Conseil de transparence et de bonne gouvernance, mai 2021, p. 25.
(99) Le président estime que le manque de ressources est un défi majeur à relever au cours de sa présidence. Informations provenant de la Commission de la politique territoriale et de la fonction publique, XIVe législature, session nº 5: comparution de M. José Luis Rodríguez Álvarez, actuel président du Conseil de transparence et de bonne gouvernance (14 octobre 2020). Le 28 janvier 2020, le Conseil a publié un nouveau plan d’évaluation pour 2021 afin de rendre compte de ses évaluations et a décidé de les publier régulièrement. En juin 2021, les rapports annuels 2019 et 2020 ont été publiés.
(100) Voir également la section IV – Quatrième plan d’action sur la transparence gouvernementale pour l’Espagne (2020-2024).
(101) Le projet de loi modifiera la loi 53/1984 du 26 décembre 1984; son adoption est prévue pour le premier semestre de 2022. Les hauts fonctionnaires et les membres du gouvernement sont couverts par la loi 3/2015 du 30 mars 2015.
(102) Notamment des agents publics aux niveaux national, régional et local. Les hauts fonctionnaires et les membres du gouvernement sont couverts par la loi 3/2015 du 30 mars 2015. Le projet de loi a été ouvert à la consultation publique du 28 avril au 28 mai 2021 et portera, entre autres, sur un nouveau système de prévention des conflits d’intérêts et des incompatibilités des employés du secteur public; l’exercice de nouvelles formes d’activités professionnelles non couvertes par la législation en vigueur; une nouvelle réglementation des activités exemptées du régime des incompatibilités; des limitations à l’exercice d’activités privées en cas de situations administratives autres que celles de service actif; et un nouveau système plus strict de prévention des conflits d’intérêts pour le personnel non permanent.
(103) Quatrième plan d’action sur la transparence gouvernementale pour l’Espagne (2020-2024), p. 82 et 83. Le plan prévoit l’élaboration d’un guide sur l’utilisation de l’intelligence artificielle à l’intention du secteur public qui aborde les principes éthiques et propose de créer le centre de données et d’éthique de l’innovation afin de formuler des recommandations, de conseiller l’administration publique et l’industrie et de promouvoir la responsabilité éthique.
(104) Contribution de l’Espagne au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 21.
(105) Approbation de l’arrêté TFP/350/2020 du 16 avril 2020 modifiant l’arrêté TFP/2/2020 du 8 janvier 2006.
(106) L’entrée en vigueur de cette obligation était prévue pour le 20 avril 2020. Toutefois, elle a été retardée en raison de la pandémie de COVID-19 afin de veiller à ce que la communication électronique avec le Bureau des conflits d’intérêts ne soit pas perturbée par d’éventuels obstacles techniques.
(107) Quatrième cycle d’évaluation du GRECO – Rapport d’évaluation, p. 35.
(108) Accord entre les conseils du Congrès et du Sénat sur un code de conduite (2020).
(109) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 8.
(110) Article 6, paragraphe 2, du code de conduite du Congrès et du Sénat.
(111) Contribution écrite reçue du Bureau des relations internationales du Congrès dans le cadre de la visite en Espagne.
(112) Article 8 du code de conduite du Congrès et du Sénat.
(113) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 8.
(114) Article 6, paragraphe 2, du code de conduite du Congrès et du Sénat.
(115) Quatrième plan d’action sur la transparence gouvernementale pour l’Espagne (2020-2024).
(116) Consultation publique préalable sur le projet de loi sur la transparence et l’intégrité dans les activités des groupes d’intérêt.
(117) Informations reçues du ministère de l’intérieur dans le cadre de la visite en Espagne.
(118) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 8.
(119) Arrêté du 2 juin 2020 instituant un groupe de travail de la Commission générale de codification pour la transposition de la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union.
(120) Consultation publique sur la transposition de la directive (UE) 2019/1937.
(121) Quatrième plan d’action sur la transparence gouvernementale pour l’Espagne (2020-2024).
(122) Le premier état d’alerte a été déclaré le 13 mars 2020; le deuxième état d’alerte le 9 octobre 2020; et le troisième état d’alerte le 25 octobre 2020.
(123) Conseil de transparence et de bonne gouvernance (mai 2021), rapport annuel 2020.
(124) Informations provenant de la base de données en ligne du Conseil de transparence et de bonne gouvernance.
(125) Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (2020), rapport annuel sur le suivi des marchés publics en Espagne (décembre 2020), p. 394.
(126) Les mesures d’urgence visant à soutenir le secteur de la culture et à alléger la fiscalité afin de faire face aux répercussions économiques et sociales de la COVID-2019 ont également été étendues aux questions relatives aux marchés publics.
(127) Les plateformes électroniques comprennent des applications de boîtes aux lettres électroniques ouvertes et des courriers électroniques. En 2019, 63 % des plaintes pour corruption dans le secteur des marchés publics ont été déposées par l’intermédiaire de boîtes aux lettres électroniques ouvertes. Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (2020), rapport annuel sur le suivi des marchés publics en Espagne (décembre 2020), p. 406.
(128) Article 20 de la Constitution espagnole.
(129) L’Espagne occupe la 29e place dans le classement mondial 2021 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), restant ainsi à la même place qu’en 2020. L’Espagne occupe la 15e place parmi les États membres de l’UE.
(130) Anteproyecto de Ley (APL) General de Comunicación Audiovisual.
(131) Contribution écrite reçue de la Commission nationale des marchés et de la concurrence dans le cadre de la visite en Espagne.
(132) Commission nationale des marchés et de la concurrence (2020), Acuerdo por el que se emite informe relativo al Anteproyecto de Ley General de Comunicación Audiovisual IPN/CNMC/042/20.
(133) Article 30, paragraphe 4, de la directive SMA: «Les États membres veillent à ce que les autorités ou organismes de régulation nationaux disposent de ressources financières et humaines et de pouvoirs d’exécution adéquats pour exercer leurs fonctions de manière efficace et contribuer aux activités de l’ERGA. Les États membres veillent à ce que les autorités ou organismes de régulation nationaux soient dotés de leurs propres budgets annuels, qui sont rendus publics.»
(134) Commission nationale des marchés et de la concurrence (2020), Acuerdo por el que se emite informe relativo al Anteproyecto de Ley General de Comunicación Audiovisual IPN/CNMC/042/20.
(135) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 9 et 10.
(136) Ibidem.
(137) Media Pluralism Monitor (2021), rapport par pays pour l’Espagne, p. 7.
(138) Les quatre principaux médias télévisuels représentent 79 % de l’audience, et les deux principales sociétés de télévision représentent 80,5 % des recettes publicitaires. Pour la radio, les quatre premiers médias ont 75 % de l’audience et, pour les journaux, les quatre premiers médias ont 91 % de l’audience. Dans le secteur numérique, la concentration est plus faible, avec 53 % de l’audience pour les quatre plus grands médias. Toutefois, le manque de données disponibles sur les médias d’information opérant dans le domaine numérique est un problème. Voir le rapport MPM 2021 pour l’Espagne, p. 10 et 15.
(139) Loi 29/2005 du 29 décembre 2005 sur la publicité et la communication institutionnelles, et décret royal 947/2006.
(140) Fede (Federación de Empresas de Publicidad y Comunicación) 2021, Más del 90% de los concursos públicos de publicidad presenta irregularidades en sus pliegos de licitación, 14 avril 2021.
(141) Media Pluralism Monitor (2021), rapport par pays pour l’Espagne, p. 16.
(142) Infoadex (2021), Informe Infoadex de la inversión publicitaria en España 2021.
(143) PRnoticias (2020), EPA: El periodismo se desploma con 11.400 empleos menos en el último trimestre.
(144) APM (2020), Los periodistas autónomos, los más perjudicados del sector por el impacto de la COVID-19.
(145) Media Pluralism Monitor (2021), rapport par pays pour l’Espagne, p. 10.
(146) Article 46 du décret royal 11/2020 adoptant des mesures sociales et économiques urgentes pour faire face à la COVID-19.
(147) Informations reçues du ministère de la présidence dans le cadre de la visite en Espagne.
(148) Loi 9/1968 du 5 avril 1968 sur les secrets officiels.
(149) Selon le gouvernement, la nouvelle loi sera fondée sur les principes de transparence et de publicité, d’efficience de l’action administrative, de sécurité, d’assurance de l’information et de proportionnalité.
(150) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 10.
(151) Loi organique 1/2015, loi organique 2/2 015 et loi organique 4/2 015.
(152) Ministère de l’intérieur (2021), Interior, la FAPE y la ANIGP-TV mejoran la identificación de los informadores en eventos que requieran de la intervención policial.
(153) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne, p. 10.
(154) Contribution du REINDH au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 345 et 346.
(155) Deux de ces affaires concernaient des actes de police antiémeute lors de manifestations (à Valence et à Gérone), et deux autres concernaient des violences physiques à l’encontre d’un journaliste et la destruction des équipements d’un organisme de radiodiffusion. L’une des alertes (celle concernant les actions de la police antiémeute à Valence) a été traitée par les autorités espagnoles. Voir Conseil de l’Europe: Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes ( https://www.coe.int/fr/web/media-freedom/spain ).
(156) Informations reçues des associations de journalistes dans le cadre de la visite dans le pays.
(157) Media Pluralism Monitor (2021), rapport par pays pour l’Espagne, p. 15.
(158) Composé du Congrès des députés (la chambre basse) et du Sénat (la chambre haute), tous deux élus au suffrage direct.
(159) Les communautés autonomes jouissent d’une autonomie politique et financière, elles disposent d’une organisation institutionnelle fondée sur une assemblée législative, d’un conseil des gouverneurs exerçant des fonctions exécutives et administratives et d’un président, élu par l’assemblée parmi ses membres. Les communautés autonomes sont habilitées à adopter des lois dans un large éventail de domaines relevant de leur compétence exclusive, mais aussi la législation dérivée dans certaines matières relevant de la compétence de l’État, ainsi qu’à exécuter les réglementations nationales.
(160) Article 82 de la Constitution espagnole.
(161) Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique (2020), IV Plan abierto de gobierno (2020-2024), 29 octobre 2020.
(162) Directive (UE) 2019/1024 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public.
(163) Informations disponibles sur le site internet du ministère de la politique territoriale et de l’administration publique.
(164) Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique (2020), Acuerdo del Foro de Gobierno Abierto por el que se modifican sus normas complementarias de funcionamiento y se prorroga transitoriamente el mandato de los vocales de la comisión permanente y de la vicepresidencia segunda del foro, 29 octobre 2020.
(165) Article 116, paragraphe 2, de la Constitution espagnole, et articles 6 et 8 de la loi organique 4/1981 du 1er juin 1981. L’état d’alerte est le moins sévère des trois états d’urgence possibles prévus par la Constitution espagnole. Il n’entraîne pas de suspension générale des droits fondamentaux énoncés dans la Constitution, bien que certaines libertés spécifiques puissent être restreintes. Le premier état d’alerte a été déclaré le 13 mars 2020; le deuxième état d’alerte le 9 octobre 2020; et le troisième état d’alerte le 25 octobre 2020. La Constitution confère aussi au gouvernement le droit de légiférer au moyen de décrets-lois en cas de besoin extraordinaire et urgent, et dans le cadre d’un champ d’application matériel défini. Le gouvernement est tenu de présenter ces décrets-lois au Congrès, lequel a la prérogative d’y déroger. Pour de plus amples informations sur le premier état d’alerte, voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à situation de l’état de droit en Espagne.
(166) Décret royal 900/2020 du 9 octobre 2020 déclarant l’état d’alerte en réponse aux situations de risques spécifiques de transmission non contrôlée d’infections provoquées par le SARS-CoV-2.
(167) Décret royal 926/2020 du 25 octobre 2020 déclarant l’état d’alerte pour endiguer la propagation des infections provoquées par le SARS-CoV-2.
(168) Cour constitutionnelle, note d’information nº 72/2021.
(169) Recours constitutionnel nº 5342-2020.
(170) Informations reçues dans le cadre de la visite en Espagne. Dans ce contexte, voir également l’arrêt 110/2021 du 13 mai 2021 de la Cour constitutionnelle, qui a déclaré inconstitutionnelle une disposition du décret-loi royal 8/2020 du 17 mars 2020 réglementant les mesures destinées à faire face aux conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19, estimant que les conditions qui permettaient au gouvernement d’éviter la procédure législative ordinaire au Parlement et d’utiliser directement la voie accélérée de l’arrêté royal n’étaient pas remplies.
(171) Article 86 de la Constitution espagnole.
(172) Décret-loi royal 8/2021 du 4 mai 2021.
(173) Article 54 de la Constitution espagnole.
(174) Article 2 de la loi organique nº 3/1981.
(175) L’article 11 de la loi organique nº 3/1981 dispose que les fonctions du médiateur ne sont pas interrompues en raison de l’expiration de son mandat.
(176) Defensor del Pueblo (2021), Informe anual 2020.
(177) Cette recommandation a été suivie par les autorités.
(178) Selon la classification CIVICUS, qui comprend cinq catégories: ouvert, rétréci, obstrué, réprimé et fermé.
(179) European Anti Poverty Network (EAPN) (2020), Denuncian la decisión de recortar la financiación a las ONG estatales de Acción Social en plena pandemia.
(180) Loi organique 4/2015.
(181) Les préoccupations portaient, entre autres, sur les infractions commises dans le cadre de réunions et de manifestations, ainsi que sur l’utilisation d’images ou de données par la police. Contribution du REINDH au rapport 2021 sur l’état de droit.
(182) Décision 172/2020 de la Cour constitutionnelle du 19 novembre 2020 relative au recours constitutionnel nº 2896-2015; et décision 13/2021 de la Cour constitutionnelle du 28 janvier 2021 relative au recours constitutionnel nº 3848-2015.
(183) Article 4 de la loi organique 4/2015.
(184) La Cour constitutionnelle a jugé que la référence à des images «non autorisées» implique la nécessité d’une autorisation, ce qui constitue une forme de censure. La Cour a établi que la prise de telles images ne peut être limitée, tandis que leur utilisation – qui peut mettre en danger des intérêts protégés – peut être légalement restreinte. Par conséquent, la Cour a jugé que la référence à l’utilisation «non autorisée» des images devait être exclue de la loi.
(185) Avis de la Commission de Venise [CDL-AD(2021)004].
(186) Informations reçues dans le cadre de la visite en Espagne; et El Mundo La sede de COGAM amanece vandalizada con mensajes tránsfobos , 3 avril 2021; El Diario Atacadas las sedes del colectivo Lambda y de una ONG africana en Valencia, 13 avril 2021.
(187) Contribution écrite reçue du Conseil du pouvoir judiciaire dans le cadre de la visite en Espagne.