COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.7.2021
SWD(2021) 710 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2021 sur l’état de droit
Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2021 sur l'état de droit
La situation de l'état de droit dans l'Union européenne
{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 714 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}
Résumé
Le système de justice espagnol continue à faire face à certaines difficultés. En particulier, l’absence de renouvellement du Conseil du pouvoir judiciaire persiste en l’absence d’un accord au Parlement sur le renouvellement d’un certain nombre d’organes constitutionnels. Une évolution positive a été le retrait d’une proposition de réforme du système de sélection des juges-membres du Conseil, qui aurait renforcé la perception du Conseil comme étant vulnérable à la politisation. Dans ce contexte, des appels ont été lancés en faveur de la mise en place d’un système d’élection des juges-membres du Conseil par leurs pairs, conformément aux normes européennes. Il importe que les normes européennes soient prises en compte et que toutes les parties prenantes concernées soient consultées. Des inquiétudes ont également été exprimées en ce qui concerne la compétence de la Cour suprême pour ce qui est de la responsabilité pénale des postes de haut niveau, ainsi que le régime des incompatibilités pour les juges et les procureurs. Plusieurs mesures visant à améliorer la qualité de la justice ont été adoptées ou sont envisagées, telles que la révision du système d’assistance judiciaire et du code de procédure pénale, ainsi que trois projets de loi sur l’efficience procédurale, organisationnelle et numérique. La numérisation de la justice progresse. Des efforts ont été consentis pour résorber l’arriéré, comme la création de nouvelles juridictions, mais le faible nombre de juges par habitant constitue un défi. Les préoccupations relatives à l’autonomie du ministère public par rapport au gouvernement ont été réitérées.
L’Espagne continue d’améliorer le cadre institutionnel et juridique pour prévenir et combattre la corruption. Les mesures de lutte contre la corruption suivent une ligne d’action stratégique, mais il n’existe pas de stratégie spécifique de lutte contre la corruption qui guiderait les mesures préventives et répressives visant à lutter contre la corruption de manière globale. En ce qui concerne la répression de la corruption, la corruption est érigée en infraction pénale en vertu du code pénal et un certain nombre d’institutions spécialisées sont en place. Les autorités chargées des poursuites notent que le manque de ressources adéquates nuit à la rapidité des enquêtes et des poursuites dans les affaires de corruption, y compris dans les affaires de corruption à haut niveau. En ce qui concerne la prévention de la corruption, l’Espagne continue d’améliorer son cadre d’intégrité et s’est engagée à élaborer une législation dans des domaines clés tels que la transparence du lobbying, un code de déontologie pour les fonctionnaires et la protection des lanceurs d’alerte. Le nouveau code de conduite pour tous les membres du Congrès et du Sénat a été adopté en octobre 2020, et un nouveau Bureau parlementaire des conflits d’intérêts contrôle le respect des règles par les parlementaires.
En ce qui concerne la liberté et le pluralisme des médias, le gouvernement prend des mesures pour traiter les questions relatives à l’accès à l’information. Des défis subsistent en ce qui concerne la transparence de la propriété des médias. Des préoccupations concernant l’indépendance fonctionnelle et les ressources de l’autorité de régulation du secteur audiovisuel ont été soulevées lors de la transposition de la directive révisée «Services de médias audiovisuels». Le gouvernement a pris des mesures pour soutenir financièrement les médias dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Les journalistes ont continué de se heurter à des difficultés dans l’exercice de leurs activités professionnelles, mais des initiatives ont été adoptées pour faciliter leur travail.
En ce qui concerne l’équilibre des pouvoirs, le nouveau quatrième plan de transparence gouvernementale fixe de nouveaux engagements en matière de participation du public, de transparence, d’obligation de rendre des comptes et d’intégrité publique. Les communautés autonomes ont été désignées comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence liées à la pandémie de COVID-19. Le médiateur faisant fonction ad interim depuis 2017 a fait face à une augmentation exponentielle du nombre de plaintes concernant les mesures prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Des problèmes persistent en ce qui concerne l’espace dévolu à la société civile, et une révision de la loi sur la sécurité des citoyens est en cours, à la lumière des préoccupations exprimées. Plusieurs initiatives visant à développer une culture de l’état de droit, telles que des programmes d’éducation à la justice pour les étudiants, ont été lancées.
I.Système de justice
Le système judiciaire espagnol se compose de tribunaux de droit commun et de juridictions spécialisées, et est structuré selon l’organisation territoriale du pays. La Cour suprême est la juridiction de plus haut rang dans tous les domaines du droit. La Cour constitutionnelle est compétente pour connaître des questions constitutionnelles ainsi que des recours individuels concernant le respect des droits fondamentaux. Le Conseil général du pouvoir judiciaire, institué par la Constitution espagnole, est l’organe d’autogouvernance judiciaire et garantit l’indépendance des tribunaux et des juges. Il ne fait donc pas partie du pouvoir judiciaire proprement dit. Il exerce une action disciplinaire, est compétent pour nommer les juges, les transférer et leur accorder un avancement, et est responsable de la formation et du recrutement des juges. Le ministère public est intégré au pouvoir judiciaire et jouit d’une autonomie fonctionnelle. Il a pour mission de promouvoir la justice pour défendre la loi, les droits des citoyens et l’intérêt général. Le procureur général est nommé par le chef de l’État, sur proposition du gouvernement, après consultation du Conseil général du pouvoir judiciaire. L’Espagne participe au Parquet européen. Les barreaux locaux sont des organisations de droit public regroupant les professionnels; ils sont indépendants de l’administration publique, ne dépendent pas des budgets des pouvoirs publics, et leurs actifs ne sont pas non plus publics. Ils sont compétents pour l’organisation de la profession et la déontologie professionnelle, et approuvent leur propre code de déontologie.
Indépendance
Le niveau d’indépendance de la justice en Espagne est perçu comme faible aussi bien par l’opinion publique que par les entreprises. Au total, 38 % du grand public et 39 % des entreprises ont une perception «plutôt satisfaisante» ou «très satisfaisante» du degré d’indépendance des juridictions et des juges en 2021. Ces deux chiffres ont diminué par rapport à 2020 (44 % pour le grand public et 42 % pour les entreprises), mais ils ont augmenté par rapport à 2016 (30 % pour le grand public et 33 % pour le grand public), ce qui ne permet pas de dégager une tendance nette au cours des cinq dernières années.
Des inquiétudes subsistent quant à l’absence de renouvellement du Conseil du pouvoir judiciaire, tandis que certains événements récents ont déclenché des appels à l’élection des juges-membres du Conseil par leurs pairs. Le Conseil du pouvoir judiciaire exerce ses fonctions ad interim depuis décembre 2018, ce qui entretient les craintes selon lesquelles il pourrait être perçu comme étant vulnérable à la politisation, comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit. Le Parlement est chargé de nommer tous les membres du Conseil, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes. Depuis 2018, les négociations entre les grands partis politiques sont dans l’impasse et aucun progrès significatif n’a été accompli pour parvenir à un accord, malgré de nombreux appels à procéder aux nominations. Le 13 octobre 2020, deux groupes parlementaires ont déposé un projet de loi visant à faire passer le système électoral des juges-membres du Conseil à la majorité absolue en cas de second vote. À la suite des critiques formulées par les parties prenantes, le processus d’élaboration de la loi a été suspendu et, en mai 2021, les groupes parlementaires qui ont parrainé le projet de loi l’ont officiellement retiré. Ce retrait a été accueilli favorablement, étant donné que le projet de loi aurait accru la perception du Conseil comme étant vulnérable à la politisation. Le 25 mars 2021, le Parlement a adopté une loi établissant un régime ad interim pour le Conseil général du pouvoir judiciaire qui adapte les fonctions du Conseil lorsque celui-ci agit avec un mandat arrivé à expiration. Cette loi est entrée en vigueur le 30 mars 2021. La nouvelle loi empêche, entre autres, le Conseil faisant fonction de procéder à des nominations aux plus hautes fonctions judiciaires. La Cour constitutionnelle a été saisie pour vérifier la constitutionnalité de la réforme. Dans le cadre de la réforme retirée modifiant le système électoral, des appels ont été lancés en faveur de la mise en place d’un système d’élection des juges-membres par leurs pairs. Certaines associations de juges ont demandé que les 12 juges-membres du Conseil soient élus directement par leurs pairs conformément aux normes du Conseil de l’Europe, et le Conseil de l’Europe a rappelé que les normes européennes prévoient qu’au moins la moitié des membres du Conseil sont des juges élus par leurs pairs à tous les niveaux du pouvoir judiciaire. Il importe que ces normes européennes soient prises en compte et que toutes les parties prenantes concernées soient consultées.
Des inquiétudes ont été exprimées en ce qui concerne la compétence de la Cour suprême pour ce qui est de la responsabilité pénale des postes de haut niveau, ainsi que le régime des incompatibilités pour les juges et les procureurs. Il existe en Espagne des règles de compétence ratione personæ sur le privilège de juridiction en matière de responsabilité pénale des membres du gouvernement et des organes législatifs et judiciaires (les «aforamientos»). Le Groupe d’États contre la corruption (GRECO) reconnaît l’indépendance et l’impartialité des juges et des procureurs; il a également souligné les termes très généraux du régime des aforamientos en Espagne et a invoqué la nécessité de réviser le système. En outre, les parties prenantes ont critiqué le fait que le régime des incompatibilités des juges ou des procureurs ne prévoit pas de «période d’attente» pour les juges ou procureurs ayant été membres du pouvoir exécutif ou législatif. Selon le GRECO, cette situation soulève des questions du point de vue de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance et de l’impartialité des juges, dans la pratique et telles que perçues.
L’autonomie du ministère public continue de soulever des questions et de faire l’objet de discussions. La procureure générale a publiquement invoqué la nécessité de réformer le statut du ministère public afin de lui conférer une plus grande autonomie en matière d’organisation, de budget, de réglementation interne et de formation. Selon la procureure générale, un nouveau statut professionnel devrait également se pencher sur les relations entre le gouvernement et le procureur général, ainsi que sur la méthode de nomination de ce dernier, comme l’ont également exprimé de multiples parties prenantes. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la coïncidence entre le mandat du procureur général et celui du gouvernement peut altérer la perception de l’indépendance. En octobre 2020, le code de déontologie des procureurs a été approuvé. Le code fixe des principes et des obligations éthiques pour les procureurs en ce qui concerne, entre autres, l’utilisation des médias sociaux et les interventions dans les médias, la formation, les conflits d’intérêts et les déclarations de patrimoine, ainsi que les relations internes. Les parties prenantes se sont félicitées de l’adoption du code, mais continuent de souligner la nécessité d’actualiser le régime disciplinaire des procureurs et des juges.
Un nouveau statut des avocats mettant l’accent sur leur indépendance a été approuvé. Le nouveau statut a été adopté le 2 mars 2021. Le Conseil général des avocats espagnols a participé au processus législatif. Ce statut met l’accent sur l’indépendance des avocats et fixe de nouvelles dispositions en matière de secret professionnel. Le statut dispose que les cabinets d’avocats sont démocratiques, autonomes et transparents. En vertu du nouveau statut, les cabinets sont tenus de diffuser des informations sur leurs services en ligne. Le nouveau statut fixe également des dispositions relatives au droit à la formation et à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la profession d’avocat. Les dispositions du nouveau statut semblent conformes aux recommandations du Conseil de l’Europe.
Qualité
Le Parlement a adopté une nouvelle loi renforçant le système d’assistance judiciaire. L’Espagne compte parmi les États membres où le nombre d’affaires pour lesquelles une assistance judiciaire est accordée est le plus élevé pour 100 000 habitants, mais son budget alloué par affaire figure parmi les plus faibles de l’UE. Le 9 mars 2021, un décret royal relatif à l’assistance judiciaire gratuite a été approuvé, renforçant ainsi le système préexistant. Le décret royal renforce les dispositions relatives à la protection des données, fixe la fréquence des paiements dans certaines communautés autonomes qui n’ont pas acquis de compétences en matière de gestion du système judiciaire, et établit la création du Conseil national pour l’assistance judiciaire gratuite, dans le but de promouvoir la coordination de la mise en œuvre de l’assistance judiciaire au sein des autorités publiques dotées de compétences en matière de justice. La loi semble conforme aux lignes directrices du Conseil de l’Europe en ce qui concerne les mécanismes de garantie de la qualité, l’organisation des systèmes d’assistance judiciaire, la disponibilité des fournisseurs d’assistance judiciaire et la collecte de données.
Une proposition de révision du code de procédure pénale, qui attribue la direction des enquêtes judiciaires aux procureurs, a été présentée. Le 24 novembre 2020, le gouvernement a déposé une loi réformant le code de procédure pénale. Le projet de loi modifie le système d’enquête judiciaire, qui serait diligenté par des procureurs, et non plus par des juges d’instruction comme c’est le cas aujourd’hui. Le projet de loi prévoit la mise en place d’un procureur et de juges d’instruction chargés des garanties procédurales. La victime reçoit un statut spécifique et des dispositions relatives à la protection des personnes mineures et des personnes en situation de handicap devraient être mises en place. Les parties prenantes ont accueilli favorablement la proposition, en faisant toutefois observer qu’une autonomie et des ressources supplémentaires seraient nécessaires pour que les procureurs puissent prendre en charge les tâches d’enquête judiciaire.
Des tribunaux ont été créés pour faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19, mais le faible nombre de juges par habitant constitue un défi. À la suite de la déclaration de l’état d’alerte le 14 mars 2020, l’activité des tribunaux a été limitée pendant trois mois et les délais de procédure ont été suspendus. Pour faire face à l’augmentation de l’arriéré qui en résulte et à l’augmentation prévisible des litiges, 19 tribunaux ont été créés depuis décembre 2020 et 14 autres seront créés d’ici à la fin de 2021. Les nouveaux tribunaux traiteront principalement des affaires sociales, commerciales et administratives. Toutefois, d’une manière générale, le nombre de juges par habitant reste l’un des plus faibles de l’UE, ce qui pourrait également nuire à l’efficience du système judiciaire espagnol. Le budget par habitant pour le système judiciaire et le budget en pourcentage du PIB n’ont pas changé depuis 2017 et les deux chiffres sont proches de la moyenne de l’UE.
Des investissements et projets supplémentaires dans le domaine de la numérisation de la justice sont en cours. Le recours aux outils de technologies de l’information et de la communication (TIC) est bien établi dans le système de justice et le processus de numérisation s’est encore accéléré en raison de la pandémie de COVID-19. Des outils de communication électronique sont intégralement déployés dans les tribunaux, par exemple avec un outil informatique qui transcrit automatiquement les enregistrements de procès et d’audiences, des projets de justice axés sur les données, des dispositifs de sécurité juridique pour les visioconférences, et des procédures électroniques et automatiques telles que des notifications. Toutefois, les parties prenantes ont continué de mettre en évidence des lacunes en ce qui concerne les problèmes d’interopérabilité entre les systèmes de gestion utilisés dans les différentes communautés autonomes. L’Espagne bénéficie du soutien de l’UE dans le cadre du projet «Promouvoir la cyberjustice en Espagne, phase II actuelle et phase III»; ce programme comprendra notamment un volet exclusivement axé sur la qualité et une étude de faisabilité concernant la mise en œuvre d’un logiciel de gestion de la qualité.
Efficience
La justice espagnole a continué de faire face à des difficultés ayant trait à son efficience. Le taux de variation du stock d’affaires pendantes pour les affaires civiles et commerciales contentieuses a augmenté en 2019 et se rapproche de 100 %. Toutefois, la durée estimée d’écoulement du stock d’affaires pendantes pour les affaires civiles, commerciales et administratives en première instance n’a pas consolidé la tendance positive et reste élevée; pour les affaires civiles et commerciales devant la Cour suprême, elle a sensiblement augmenté depuis 2018, atteignant 681 jours. Le taux d’affaires administratives tranchées a diminué. Le nombre d’affaires civiles, commerciales et administratives contentieuses pendantes est élevé et n’a cessé d’augmenter depuis 2016.
Le gouvernement a continué de prendre un certain nombre d’initiatives juridiques visant à accroître l’efficience du système judiciaire. Le 15 décembre 2020, le gouvernement a déposé une loi sur l’efficience procédurale du service public de la justice. La loi prévoit des mesures visant à raccourcir la durée des procédures dans l’ensemble des quatre juridictions tout en préservant les garanties procédurales des citoyens ainsi que la mise en place de méthodes appropriées de règlement extrajudiciaire des litiges. En outre, le 20 avril 2021, une loi sur l’efficience organisationnelle du système judiciaire a été présentée. Le projet de loi prévoit la transformation des tribunaux unipersonnels en 431 instances collégiales (Tribunales de Instancia), la mise en œuvre de l’Office judiciaire dans l’ensemble de l’État et la création d’offices judiciaires dans les municipalités qui remplaceront les anciens tribunaux de paix (Juzgados de Paz). Le gouvernement travaille également à l’élaboration d’un projet de loi sur l’efficience numérique du système judiciaire, prévu pour l’été 2021, qui renforcerait les dispositions juridiques relatives à la gestion des données et permettrait l’interopérabilité des applications au sein du système judiciaire.
II.Cadre de lutte contre la corruption
En Espagne, le parquet spécial pour la lutte contre la corruption mène des enquêtes, détecte des cas de corruption et engage des poursuites pour corruption avec l’aide des unités de la police nationale et de la Garde civile attachées aux services répressifs et des unités de soutien de l’Agence nationale de l’administration fiscale et du Conseil général d’intervention de l’administration publique, qui contribuent tous au moyen de travaux d’analyse. Le service national de coordination antifraude supervise les mesures antifraude et mène des enquêtes au niveau national, tandis que plusieurs communautés autonomes disposent de leurs propres bureaux pour lutter contre la fraude sur leur territoire. Le Bureau des conflits d’intérêts supervise les déclarations de patrimoine des fonctionnaires et des responsables politiques. Les règles en matière de transparence, d’accès à l’information publique et de bonne gouvernance sont quant à elles contrôlées par le Conseil de transparence et de bonne gouvernance.
Les experts et les dirigeants d’entreprises estiment que le niveau de corruption reste relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, l’Espagne obtient un score de 62/100 et se classe au 9e rang dans l’Union européenne et au 32e rang dans le monde. Cette perception s’est améliorée au cours des cinq dernières années.
Le gouvernement examine actuellement la possibilité de renforcer le système d’accès aux informations pénales et d’utilisation de celles-ci. Plusieurs ministères se sont mis d’accord sur un avant-projet de loi organique fixant des règles facilitant l’utilisation d’informations financières et d’une autre nature aux fins de la prévention ou de la détection de certaines infractions pénales, dont la corruption, ou des enquêtes ou des poursuites en la matière. En Espagne, la corruption est largement érigée en infraction pénale en vertu du code pénal de 1995, qui a été modifié à cet égard en 2019 afin d’introduire de nouvelles infractions en matière de corruption. Le code comprend des infractions telles que le trafic d’influence, le détournement de fonds publics, la corruption par des fonctionnaires étrangers et la corruption commerciale. La réforme de 2019 a révisé la criminalisation des infractions économiques liées à la corruption, en mettant en œuvre les recommandations du GRECO par la même occasion.
La lutte contre la corruption en Espagne suit une ligne d’action stratégique dépourvue de stratégie spécifique de lutte contre la corruption. Bien que le gouvernement ait mis en place plusieurs initiatives visant à renforcer l’intégrité dans le secteur public, il n’existe pas de politique globale visant à prévenir et à enrayer la corruption. Le GRECO a recommandé d’élaborer une stratégie qui associe des mesures préventives pour détecter et atténuer les risques de conflits d’intérêts, ainsi qu’un plan d’action pour sa mise en œuvre. L’Espagne bénéficie d’un appui technique de la part de l’UE dans le cadre du projet d’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la fraude visant à assurer une protection efficace des intérêts financiers de l’UE.
La mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la criminalité organisée est en cours et devrait être achevée dans le délai de quatre ans prévu par la stratégie (2019-2023). Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la stratégie de lutte contre la criminalité organisée 2019 met l’accent sur l’importance de la lutte contre la corruption. Dans le cadre de la stratégie, le plan spécial de sécurité 2020-2021 pour Campo de Gibraltar a été approuvé. Le plan vise à améliorer la spécialisation, les capacités et la coordination des juges, des procureurs et de la police dans les secteurs les plus touchés, notamment la sécurité, les douanes et l’administration fiscale. Ce plan a été étendu aux territoires particulièrement touchés près de Campo de Gibraltar, dont Malaga et Huelva. Malgré ces évolutions, la mise en œuvre de la stratégie a subi certains retards en raison de la pandémie de COVID-19, et elle devrait être achevée dans le respect du calendrier actuel, jusqu’en 2023.
L’insuffisance des ressources reste un obstacle à la gestion efficace des affaires de corruption à haut niveau. La corruption politique à haut niveau, la fraude impliquant des fonctionnaires et les crimes économiques constituent les principaux risques d’infractions graves en matière de corruption en Espagne. Nombre de ces affaires sont pendantes au stade de l’instruction depuis plusieurs années, ce qui suscite des inquiétudes, y compris parmi les parties prenantes. Les parties prenantes ont réaffirmé que le financement insuffisant continue d’entraver le traitement efficace des affaires de corruption à haut niveau. En outre, comme l’a signalé le parquet spécial pour la lutte contre la corruption, le manque de personnel spécialisé constitue le principal obstacle à la bonne gestion des affaires complexes (les «macroaffaires»), qui impliquent souvent la corruption et d’autres crimes économiques. Le rapport annuel 2019 du parquet spécial pour la lutte contre la corruption a reconnu la nécessité d’augmenter le nombre de procureurs, et neuf nouveaux postes ont été approuvés jusqu’à présent, ce qui devrait atténuer le manque de personnel signalé les années précédentes. Actuellement, le parquet spécial pour la lutte contre la corruption se compose de 29 procureurs et de 145 membres du personnel au total. Selon les données publiées par le Conseil général du pouvoir judiciaire, sur toutes les affaires de corruption jugées en 2020, 53 affaires ont abouti à des condamnations, tandis que 21 affaires se sont terminées par des acquittements.
La charge de travail du Conseil de transparence et de bonne gouvernance a augmenté au cours de l’année écoulée, tandis que les ressources à sa disposition restent insuffisantes pour lui permettre de mener à bien toutes ses activités. Les travaux du Conseil visant à garantir la transparence, l’accès du public à l’information et la bonne gouvernance ont été entravés par la pandémie de COVID-19 et le manque persistant de ressources humaines et financières. Avec la nomination d’un nouveau président le 20 octobre 2020, le Conseil espère surmonter les difficultés rencontrées dans sa gouvernance et aborder la question des ressources.
Le cadre d’intégrité fait l’objet d’une révision visant à consolider les règles relatives aux conflits d’intérêts et aux incompatibilités au sein de l’administration publique. Le quatrième plan de transparence gouvernementale (voir également la section IV) envisage de modifier la loi sur les incompatibilités du personnel employé par les administrations publiques afin d’étendre le régime des incompatibilités et de prévention des conflits d’intérêts aux conseillers et de délimiter plus efficacement le système de prévention des conflits d’intérêts et des incompatibilités des agents publics au sein de toutes les administrations. En outre, le plan vise à renforcer les règles de déontologie et d’intégrité liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les activités de l’administration afin de maximiser la gestion des données tout en réduisant au minimum les risques pour l’intégrité. Le Bureau des conflits d’intérêts continue de surveiller les incompatibilités et les conflits d’intérêts, et il contrôle les déclarations de patrimoine des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement. Il a récemment mis en place un système de communication électronique afin de gérer les documents et les informations de manière plus efficiente. Ce système est entré en vigueur le 20 octobre 2020 et exige des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement qu’ils communiquent exclusivement par voie électronique avec le Bureau des conflits d’intérêts.
Un code de conduite unique et harmonisé est désormais applicable à tous les membres du Congrès et du Sénat. Conformément à la recommandation du GRECO, le 1er octobre 2020, le Parlement a approuvé un code de conduite étendant les règles en matière d’éthique, de transparence et de responsabilité aux membres du Sénat. Le code de conduite, qui s’applique déjà depuis 2019 aux membres du Congrès, contient des règles relatives à la déclaration des activités et du patrimoine afin d’éviter les incompatibilités dans l’exercice des fonctions de représentant public. En outre, le nouveau code a introduit un système de déclaration des intérêts financiers et exige des membres du Congrès et des sénateurs qu’ils publient leurs ordres du jour institutionnels, y compris leurs réunions avec des lobbyistes. Depuis octobre 2020, des mécanismes de contrôle sont en place pour veiller au respect du code, notamment avec le Bureau parlementaire des conflits d’intérêts récemment créé et dirigé par un conseiller juridique du Parlement. Le Bureau parlementaire est chargé de lever les doutes quant à l’application de ce code.
Des discussions sur la législation relative au lobbying sont en cours et la création d’un registre de transparence est prévue pour 2022. À ce jour, le lobbying n’est pas réglementé en Espagne au niveau national. Toutefois, la définition du terme lobbyiste figure dans le code de conduite du Parlement. En vertu des divers engagements pris dans le cadre du quatrième plan de transparence gouvernementale, la réglementation du lobbying, y compris la création d’un registre obligatoire des lobbyistes, figure parmi les priorités en matière de renforcement de l’intégrité publique. Le projet de loi a été ouvert à la consultation publique du 28 avril au 28 mai 2021; il devrait fournir, entre autres, une définition des groupes d’intérêt, un registre obligatoire pour les représentants d’intérêts et les membres, ainsi qu’un code de conduite régissant les obligations des membres et des lobbyistes. En outre, un système de sanctions et de limitations du (rétro-)pantouflage entre les hauts fonctionnaires et les agents publics devrait être mis en place. Le Bureau des conflits d’intérêts devrait être chargé de la gestion du registre de transparence. Le projet devrait être finalisé d’ici octobre 2021 et approuvé par le gouvernement au printemps 2022 avant d’être présenté au Parlement.
La préparation d’un cadre de protection des lanceurs d’alerte est en cours. Comme indiqué l’an dernier, l’Espagne ne dispose pas d’un cadre général de protection des lanceurs d’alerte, malgré une certaine réglementation sectorielle. En juin 2020, un groupe de travail de la Commission générale de codification pour la transposition de la directive (UE) 2019/1937 a été créé . La consultation publique ouverte jusqu’au 27 janvier 2021 a recueilli plus de 40 points de vue de représentants de la société civile et de particuliers concernant plusieurs questions réglementaires. Ces contributions sont prises en compte dans l’élaboration du premier projet de loi, qui fera également l’objet d’une audition publique. La protection des lanceurs d’alerte fait également partie des priorités du quatrième plan de transparence gouvernementale.
La pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur les mécanismes en place pour lutter contre la corruption. À la suite de la déclaration de l’état d’alerte, les procédures en place pour garantir l’accès du public à l’information ont été suspendues, mais des actions internes ont été menées pour organiser la procédure de résolution des demandes d’accès à l’information publique. Le Conseil de transparence et de bonne gouvernance a reçu un nombre croissant de demandes d’accès à des informations dans le contexte des mesures d’aide liées à la COVID-19, notamment en ce qui concerne la corruption et la fraude. Le Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (OIReScon), qui vérifie les meilleures pratiques en matière de transparence et recense les irrégularités, a publié un rapport évaluant les effets de la COVID-19 sur les marchés publics, notamment en ce qui concerne la publicité et la transparence. Ce rapport souligne que la COVID-19 a conduit à la mise en œuvre rapide de canaux électroniques pour permettre la communication, y compris dans le secteur des marchés publics, grâce à l’utilisation accrue du système électronique de passation de marchés. L’Espagne a amélioré les systèmes en ligne de prévention et de signalement de la corruption, ce qui revêt une grande importance dans ce secteur particulier où la majorité des plaintes liées à la corruption et à la fraude sont signalées par l’intermédiaire de plateformes électroniques.
III.Pluralisme et liberté des médias
Les droits à la liberté d’expression et à la liberté des médias sont ancrés dans la Constitution. En outre, l’Espagne dispose d’un cadre juridique complet pour garantir le pluralisme des médias. Un organisme de réglementation indépendant, la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC), joue le rôle d’autorité de régulation du secteur audiovisuel. Le processus de transposition de la directive révisée «Services de médias audiovisuels» (directive SMA) en droit espagnol a été entamé par le ministère des affaires économiques et de la transformation numérique avec la publication d’un projet de loi sur la communication audiovisuelle, qui a fait l’objet d’une consultation publique jusqu’en décembre 2020.
L’autorité de régulation du secteur audiovisuel a fait part de certaines préoccupations quant à son indépendance et à ses ressources dans le contexte de la transposition de la directive SMA. Alors que la CNMC assumera les nouvelles compétences et tâches découlant de la directive SMA révisée et que sa charge de travail s’en trouvera accrue, l’exposé des motifs du projet de loi sur la communication audiovisuelle ne juge pas nécessaire d’augmenter ses effectifs. Le personnel de la sous-direction de l’audiovisuel de la CNMC est jugé insuffisant par rapport à celui des organismes équivalents dans d’autres États membres de l’UE. Au cours de la consultation publique sur le projet de loi, la CNMC a présenté un avis qui, tout en donnant une appréciation positive du projet de loi, indique qu’il manque de clarté sur certaines questions essentielles et soulève un certain nombre de préoccupations. En particulier, selon la CNMC, le projet de loi ne répond pas à l’exigence de mise à disposition de «ressources adéquates» établie dans la directive SMA. En outre, l’indépendance opérationnelle de la CNMC semble être limitée, étant donné que, selon le projet de loi, le gouvernement restera chargé de certaines décisions relatives à l’organisation et au fonctionnement internes de la CNMC (par exemple en matière de recrutement, de salaires et d’effectifs). La CNMC estime également que le projet de loi pourrait prévoir des dispositions supplémentaires en ce qui concerne le pluralisme des médias.
La transparence en matière de propriété des médias reste un défi. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, les données relatives à la propriété sont accessibles au public, mais les informations relatives à la propriété ne sont pas exhaustives (elles concernent uniquement la radio et la télévision), et il est difficile d’évaluer qui se trouve exactement derrière chaque entreprise. La situation juridique n’a pas évolué dans ce domaine. L’Espagne dispose d’un registre national des prestataires de services de communication audiovisuelle, qui peut être consulté librement par le public et qui contient des informations sur les propriétaires détenant une participation significative dans le capital des prestataires de services. Néanmoins, le rapport Media Pluralism Monitor (MPM 2021) pour l’Espagne estime qu’il existe un risque élevé pour la transparence de la propriété des médias, attirant l’attention sur l’absence de règles applicables aux médias numériques. La concentration dans les médias d’information serait élevée en Espagne.
Des lacunes ont été relevées en ce qui concerne les marchés publics relatifs à la publicité institutionnelle. Des dispositions législatives régissent la passation de contrats pour la publicité et les campagnes institutionnelles de l’État. Une récente étude réalisée au nom d'une association de professionnels a analysé un échantillon de marchés représentant environ 12 % du nombre total de marchés et près de 50 % de leur valeur. Elle a mis en évidence un certain nombre de lacunes dans la rédaction des cahiers des charges d’une grande majorité des marchés publics analysés dans le domaine de la publicité institutionnelle. Dans le même ordre d’idées, le rapport MPM 2021 montre que les plaintes sont courantes en ce qui concerne la répartition inéquitable des dépenses publiques en fonction de l’alignement idéologique des médias d’information numériques.
Le secteur des médias a été fortement touché par la pandémie de COVID-19, et le gouvernement a adopté certaines mesures de soutien spécifiques aux médias. En 2020, le revenu des médias a diminué plus que le PIB, ce qui a mis à mal la viabilité des médias. Cette baisse s’explique principalement par la réduction des recettes publicitaires, qui ont globalement diminué de 17,9 %; la presse écrite a été la plus touchée, avec une diminution des recettes publicitaires de 30,8 %, tandis que les médias numériques ont enregistré une baisse de 5,3 %. La pandémie a également eu une incidence négative sur la profession de journaliste, étant donné que de nombreuses entreprises de médias ont commencé avoir recours à des mécanismes de licenciement collectif ou à proposer des réductions de salaire. Les journalistes indépendants ont été les plus touchés. Le gouvernement a pris certaines mesures pour soutenir le secteur des médias, notamment avec la réduction de la TVA sur les médias numériques (de 21 % à 4 %) et un cadre temporaire de soutien financier, grâce auquel 15 millions d’EUR ont été alloués aux chaînes de télévision numériques hertziennes à l’échelle de l’État.
Le gouvernement prend des mesures pour répondre aux préoccupations des parties prenantes concernant l’accès à l’information. Bien que le système mis en place par le secrétaire d’État à la communication pour les conférences de presse au début de la pandémie ait fait l’objet de critiques, la situation a rapidement été corrigée pour permettre aux journalistes de poser des questions de deux manières (en ligne et sur place). Le gouvernement a également mis en place une commission composée des ministères de la présidence, de la défense, de l’intérieur et des affaires étrangères afin de réviser la loi sur les secrets officiels (qui date des périodes précédant la constitution) et de faciliter l’accès aux informations officielles pour les journalistes et le grand public.
Les journalistes ont continué de se heurter à des difficultés dans l’exercice de leurs activités professionnelles. Aucun changement n’a été apporté au cadre réglementaire concernant les journalistes. Néanmoins, le 11 décembre 2020, un accord a été signé entre le ministère de l’intérieur, la Fédération des associations de journalistes d’Espagne et l’Association nationale des journalistes reporters d’images pour la presse et la télévision, dans le but principal de faciliter le travail des professionnels de l’information dans les lieux et les événements où des actes de violence peuvent se produire. Des inquiétudes subsistent quant à l’incidence négative pour les journalistes de la loi sur la sécurité des citoyens, en particulier pour les photojournalistes (voir également la section IV). En outre, la plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a enregistré quatre alertes pour l’Espagne en 2021, toutes liées à des faits de violence contre des journalistes et/ou leurs équipements.Depuis le rapport 2020 sur l’état de droit, plusieurs partis politiques interdisent à certains médias/journalistes de participer à leurs conférences de presse ou attaquent publiquement des médias qui ne partagent pas leur point de vue. Le harcèlement des journalistes sur les réseaux sociaux est un phénomène croissant et inquiétant.
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
L’Espagne est une monarchie parlementaire, avec un Parlement bicaméral (les Cortes Generales). Elle est aussi un État unitaire décentralisé dans lequel l’État et les communautés autonomes disposent à la fois de compétences exclusives et partagées. La Cour constitutionnelle est compétente pour contrôler la constitutionnalité des lois. Les deux chambres du Parlement – le Congrès et le Sénat – jouissent d’une compétence législative, qu’elles peuvent déléguer au gouvernement, sous réserve de certaines limitations. Le gouvernement, les deux chambres du Parlement, les assemblées des communautés autonomes et un groupe d’au moins 500 000 citoyens disposent du droit d’initiative législative.
Le gouvernement a approuvé un nouveau quatrième plan de transparence gouvernementale (2020-2024). Le plan a été approuvé conjointement en octobre 2020 par les gouvernements nationaux, régionaux et locaux et au terme d’un processus consultatif reposant notamment sur l’organisation d’ateliers et d’autres activités participatives. Il vise à renforcer les liens entre les citoyens et les pouvoirs publics, ainsi qu’à accroître la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques. Il définit dix nouveaux engagements en matière de transparence, de responsabilité, de participation du public, d’intégrité publique et de sensibilisation à la participation des citoyens à l’élaboration des politiques. Ces engagements comprennent la transposition de la directive concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public. Le plan comprend 110 initiatives et 529 activités; à ce jour, 17 % sont achevées, 38 % sont en cours et 43 % sont toujours en suspens. Le «forum sur le gouvernement ouvert», composé de représentants des administrations publiques et de la société civile, a poursuivi ses activités et, le 29 octobre 2020, il a approuvé son règlement intérieur.
Les communautés autonomes ont été désignées comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence adoptées dans le contexte de la pandémie de COVID-19. En 2020, le gouvernement a déclaré un état d’alerte à trois reprises. Le deuxième état d’alerte a été restreint à un certain nombre de municipalités de la région autonome de Madrid pendant 15 jours. Le troisième état d’alerte a été approuvé par le Congrès et prorogé jusqu’au 9 mai 2021. Cette situation était moins restrictive que le premier état d’alerte, et les gouvernements autonomes ont été désignés comme autorités compétentes pour la mise en œuvre des mesures d’urgence. Le Parlement est resté en session pendant la pandémie et a continué d’exercer son contrôle sur les mesures d’urgence. Le ministre de la santé a fourni tous les quinze jours des informations sur les mesures adoptées et mises en œuvre à la commission parlementaire sur la santé et la consommation. Le 14 juillet 2021, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnelles certaines dispositions du décret royal déclarant le premier état d’alerte en ce qui concerne les limitations de la libre circulation. Elle examine aussi actuellement une autre plainte relative au deuxième état d’alerte, ainsi que plusieurs recours constitutionnels individuels concernant le droit de réunion dans le contexte de la pandémie. Les parties prenantes ont affirmé que l’utilisation répétée par le gouvernement du pouvoir conféré par la Constitution pour légiférer au moyen de décrets-lois en cas de nécessité extraordinaire et urgente limiterait la participation des parties prenantes au processus législatif. Une fois que l’état d’alerte a pris fin le 9 mai 2021, la loi prévoit que les mesures prises par les communautés autonomes qui restreignent les droits fondamentaux devraient faire l’objet d’une autorisation judiciaire préalable sous la forme d’une décision de justice. Le 4 mai 2021, le gouvernement a adopté un décret-loi royal établissant une procédure permettant à la chambre administrative de la Cour suprême d’examiner ces décisions de justice, afin d’assurer une application uniforme de la charge de travail sur l’ensemble du territoire national.
Le médiateur a examiné un volume beaucoup plus important de plaintes depuis le début de la pandémie. Le médiateur (le Defensor del Pueblo), qui est le haut commissaire du Parlement chargé de défendre les droits fondamentaux et les libertés civiles des citoyens en contrôlant les activités de l’administration publique et des autorités publiques, est également l’institution nationale des droits de l’homme en Espagne. Il est nommé par le Parlement. Les négociations entre les partis politiques concernant la nomination du médiateur sont toujours en cours, de sorte que le médiateur est resté en fonction ad interim depuis 2017, année d’expiration du mandat précédent. Le nombre de plaintes reçues par le médiateur a considérablement augmenté en 2020: il a reçu 28 028 plaintes (contre 20 215 en 2019) et 909 demandes d’interjeter des examens constitutionnels auprès de la Cour constitutionnelle (contre 135 en 2019). Les plaintes les plus courantes concernent les mesures d’urgence prises dans le contexte de la COVID-19, les retards dans l’administration de la justice, l’emploi, la sécurité sociale et la migration. En outre, le médiateur a joué un rôle actif pendant la pandémie, puisqu’il a mené 406 actions d’office, y compris des recommandations sur la situation des détenus incarcérés, l’arrivée de migrants aux îles Canaries et la fermeture de centres de détention pour migrants pendant la fermeture temporaire des frontières.
L’espace dévolu aux organisations de la société civile en Espagne est mis à mal, et une révision de la loi sur la sécurité des citoyens est en cours. L’espace dévolu à la société civile est considéré comme rétréci. Les organisations de la société civile se sont heurtées à plusieurs difficultés en ce qui concerne l’accès au financement. Les parties prenantes ont fait état de réductions de financement de la part de plusieurs autorités publiques en 2020, en dépit des besoins accrus engendrés par la pandémie. En outre, la loi de 2015 sur la sécurité des citoyens, qui, selon son préambule, vise à protéger les personnes et les biens et à préserver la paix publique par la réglementation des interventions de la police et d’autres questions, a suscité des inquiétudes de la part des parties prenantes. En novembre 2020 et en janvier 2021, la Cour constitutionnelle a rendu deux arrêts sur la loi, concluant que la plupart des dispositions de celle-ci sont constitutionnelles, si elles sont interprétées de bonne foi et dans le respect des principes énumérés dans la loi, notamment en ce qui concerne les principes de proportionnalité, de non-discrimination, d’efficience et de respect des droits et libertés. Néanmoins, une disposition de la loi a été déclarée inconstitutionnelle en ce qui concerne l’interdiction de l’utilisation «non autorisée» de photographies et d’images vidéo d’agents de police en service ou dans un lieu privé. En mars 2021, la Commission de Venise a émis un avis sur la loi, soulignant que, même dans les cas où une norme est considérée comme étant constitutionnellement acceptable, si, dans la pratique, elle a conduit à des abus, elle doit être modifiée, circonscrite ou accompagnée de garanties supplémentaires. L’avis a encouragé le législateur espagnol à procéder à une évaluation approfondie du fonctionnement pratique de la loi et de son incidence sur les libertés et droits fondamentaux. La loi est en cours de révision par le Parlement, et il importe que cet avis soit pris en compte. Les parties prenantes ont également indiqué qu’en avril 2021, des sympathisants d’extrême droite ont perpétré des attaques coordonnées au siège de plusieurs ONG de défense des droits des personnes LGBTI et des migrants.
Plusieurs initiatives ont été lancées pour promouvoir une culture de l’état de droit. Le Conseil du pouvoir judiciaire élabore et met en œuvre le programme «Éducation à la justice», lancé fin 2019 et destiné aux élèves de l’enseignement secondaire, afin que ceux-ci acquièrent une connaissance suffisante du fonctionnement du système judiciaire en Espagne, en mettant particulièrement l’accent sur des aspects tels que la violence à caractère sexiste et la responsabilité pénale des mineurs. Dans le cadre du programme, des juges font des présentations devant les élèves, des visites scolaires sont organisées dans les tribunaux et dans d’autres institutions, et des procès fictifs sont menés avec l’aide des enseignants.
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation .
Association de presse de Madrid (2020), Los periodistas autónomos, los más perjudicados del sector por el impacto de la COVID-19, 3 juin 2020 ( https://www.apmadrid.es/los-periodistas-autonomos-los-mas-perjudicados-del-sector-por-el-impacto-de-la-covid-19/ ).
Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» (2021), Contribution de l’Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria» au rapport 2021 sur l’état de droit.
Association des procureurs (2021), Alegaciones que presenta la Asociación de Fiscales al Anteproyecto de la Ley de Enjuiciamiento Criminal (LECRIM) ( http://www.asociaciondefiscales.es/index.php/general1/itemlist/date/2021/3 ).
Association des procureurs (2021), Contribution from the Association of Prosecutors for the 2021 Rule of Law Report.
Association européenne des magistrats (2020), EAJ statement about Spain, 13 octobre 2020 ( http://www.iaj-uim.org/news/eaj-statement-about-spain/ ).
Association Impulso Ciudadano (2021), Contribution from the Association Impulso Ciudadano for the 2021 Rule of Law Report.
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2020), le Media pluralism monitor 2020.
CEPEJ (2020), Étude sur le fonctionnement des systèmes judiciaires dans les États membres de l’UE.
CIVICUS, outil de surveillance de l’espace civique – Espagne.
Civil Liberties Union for Europe (2021), EU 2020: Demanding on democracy.
Commission européenne (2019), European Semester: Country Report Spain 2019 - Including an In-Depth Review on the prevention and correction of macroeconomic imbalances, SWD(2019) 1008 final ( https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/file_import/2019-european-semester-country-report-spain_en.pdf ).
Commission européenne (2020), Rapport sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Espagne ( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1602579986149&uri=CELEX%3A52020SC0308 ).
Commission européenne (2021), Tableau de bord de la justice dans l’UE.
Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2000), Recommandation nº R(2000)21 du Comité des Ministres aux États membres sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat ( https://rm.coe.int/16804c392c ).
Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2010), Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des Ministres aux États membres sur les juges: indépendance, efficience et responsabilités ( https://search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=09000016805cde9f ).
Conseil de l’Europe: Comité des Ministres (2021), Lignes directrices du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur l’efficience et l’efficacité des systèmes d’assistance judiciaire dans les domaines du droit civil et du droit administratif, [CM(2021)36] ( https://search.coe.int/cm/pages/result_details.aspx?ObjectId=0900001680a1a348 ).
Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2010), Rapport sur le rôle de l’opposition au sein d’un parlement démocratique [CDL-AD(2010)025] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2010)025-f ].
Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2018), Monténégro – Avis sur le projet de loi portant modification de la loi sur le conseil de la magistrature et les juges [CDL-AD(2018)015] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2018)015-f ].
Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2019), Paramètres des rapports entre la majorité parlementaire et l’opposition dans une démocratie: une liste des critères (CDL-AD(2019)015-e) ( https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2019)015-f .
Conseil de l’Europe: Commission de Venise (2021), Espagne – Avis sur la loi sur la sécurité des citoyens, adopté par la Commission de Venise lors de sa 126e session plénière [CDL-AD (2021)004] [ https://www.venice.coe.int/webforms/documents/default.aspx?pdffile=CDL-AD(2021)004-f ].
Conseil de l’Europe: Conseil consultatif de juges européens (CCJE) (2007), Avis nº 10(2007) à l’attention du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur le Conseil de la Justice au service de la société ( https://www.coe.int/fr/web/ccje/opinion-n-10-on-council-for-the-judiciary-in-the-service-of-society ).
Conseil de l’Europe: Conseil consultatif de juges européens (CCJE) (2020), Avis nº 23 sur le rôle des associations de juges en faveur de l’indépendance de la justice ( https://www.coe.int/fr/web/ccje/opinion-no.-23-on-the-role-of-judicial-associations-2020- ).
Conseil de l’Europe: Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes (2021) – Espagne ( https://www.coe.int/fr/web/media-freedom/spain ).
Conseil des procureurs (2020), Communiqué de presse – La Fiscal General del Estado impulsa ante las asociaciones un plan para afrontar el reto de la reforma procesal, 3 décembre 2020 ( https://www.fiscal.es/-/la-fiscal-general-del-estado-impulsa-ante-las-asociaciones-un-plan-para-afrontar-el-reto-de-la-reforma-procesal ).
Conseil des procureurs (2021), Comunicado del Consejo Fiscal al Anteproyecto de Ley Orgánica de Enjuiciamiento Criminal (https://www.fiscal.es/web/fiscal/-/comunicado-del-consejo-fiscal-al-anteproyecto-de-ley-org-c3-a1nica-de-enjuiciamiento-criminal).
Conseil du pouvoir judiciaire- Metroscopia (2020), La justicia vista por los jueces ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Temas/Transparencia/Buen-Gobierno--Codigo-etico-y-Comision-de-Etica-Judicial/Encuestas-de-satisfaccion/Encuesta-realizada-por-Metroscopia-a-la-Carrera-Judicial--Octubre-2020- ).
Conseil général des avocats espagnols (2021), Contribution du Conseil général des avocats espagnols au rapport 2021 sur l’état de droit.
Cour supérieure de Castille-et-León Communiqué de presse – El TSJCyL rechaza la propuesta de renovación del CGPJ presentada por PSOE y Podemos, (2020), 19 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Castilla-y-Leon/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/El-TSJCyL-rechaza-la-propuesta-de-renovacion-del-CGPJ-presentada-por-PSOE-y-Podemos ).
Cour suprême (2021), Contribution de la Cour suprême au rapport 2021 sur l’état de droit.
Directive (UE) 2019/1024 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public.
Directive (UE) 2019/1153 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 fixant les règles facilitant l’utilisation d’informations financières et d’une autre nature aux fins de la prévention ou de la détection de certaines infractions pénales, ou des enquêtes ou des poursuites en la matière, et abrogeant la décision 2000/642/JAI du Conseil.
El Diario (2021), Atacadas las sedes del colectivo Lambda y de una ONG africana en Valencia ( https://www.eldiario.es/comunitat-valenciana/atacadas-sedes-colectivo-lambda-ong-africana-valencia_1_7801536.html ).
El Mundo (2021a), La sede de Cogam amanece vandalizada con mensajes tránsfobos, 3 avril 2021 ( https://www.elmundo.es/madrid/2021/04/03/60684e8d21efa01e1a8b45f1.html ).
El Mundo (2021b), Más de 2.500 jueces se dirigen a la Comisión Europea para alertar del “riesgo grave de violación del Estado de Derecho” en España, 12 avril 2021 ( https://www.elmundo.es/espana/2021/04/12/607420c7fdddff671d8b45fa.html ).
Europapress (2021), Los jueces achacan el giro de Moncloa de retirar la reforma del CGPJ a la “presión” ejercida y el “toque” de Europa, 21 avril 2021 ( https://www.europapress.es/nacional/noticia-jueces-acogen-satisfaccion-retirada-reforma-cgpj-cambiar-mayorias-urgen-renovar-20210421142512.html ).
European Anti Poverty Network (EAPN) (2020), Denuncian la decisión de recortar la financiación a las ONG estatales de Acción Social en plena pandemia ( https://www.eapn.es/covid19/noticia/36/denuncian-la-decision-de-recortar-la-financiacion-a-las-ong-estatales-de-accion-social-en-plena-pandemia ).
Forum judiciaire indépendant (2021), Contribution du Forum judiciaire indépendant au rapport 2021 sur l’état de droit.
GRECO (2019), Quatrième cycle d’évaluation – Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs [GrecoRC4(2019)12] ( https://rm.coe.int/quatrieme-cycle-d-evaluation-prevention-de-la-corruption-des-parlement/168098c68d ).
GRECO (2019), Cinquième cycle d’évaluation – Prévention de la corruption et promotion de l’intégrité au sein des gouvernements centraux (hautes fonctions de l’exécutif) et des services répressifs [GrecoEval5Rep(2018)5] ( https://rm.coe.int/cinquieme-cycle-d-evaluation-prevention-de-la-corruption-et-promotion-/168098c692 ).
GRECO (2020), Espagne – Lettre au Chef de délégation auprès du GRECO ( https://www.coe.int/fr/web/human-rights-rule-of-law/-/spain-letter-to-the-greco-head-of-delegation ).
Infoadex (2021), Informe Infoadex de la inversión publicitaria en España 2021.
Juezas y Jueces por la Democracia (2021), observation du 20 avril 2021 ( https://twitter.com/JpDemocracia/status/1384409552117014531 ).
Médiateur (2021), rapport annuel 2020 ( https://www.defensordelpueblo.es/noticias/informe-anual-2020/ ).
Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique (2020), IV Plan abierto de gobierno (2020-2024), 29 octobre 2020 ( https://transparencia.gob.es/transparencia/transparencia_Home/index/Gobierno-abierto/planes-accion.html ).
Ministère de l’économie et des finances (2020), Rapport annuel sur le suivi des marchés publics en Espagne, décembre 2020.
Ministère de l’intérieur (2021), Interior, la FAPE y la ANIGP-TV mejoran la identificación de los informadores en eventos que requieran de la intervención policial.
Ministre de la justice (2021), Campo: “La nueva Ley de Eficiencia Organizativa profundiza en la democracia interna del Poder Judicial” ( https://www.mjusticia.gob.es/es/ministerio/gabinete-comunicacion/noticias-ministerio/210420-ley-de-eficiencia-organizativa ).
OCDE (2015), Spain: follow-up to the phase 3 report & recommendations ( Spain-Phase-3-Written-Follow-Up-Report-EN.pdf (oecd.org) ).
Parquet spécial pour la lutte contre la corruption (2020), rapport annuel 2019.
Prnoticias (2020), EPA: El periodismo se desploma con 11.400 empleos menos en el último trimestre, 28 juillet 2020 ( https://prnoticias.com/2020/07/28/epa-el-periodismo-se-desploma-con-11-400-empleos-menos-en-el-sector/ ).
Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme (REINDH) (2021), Contribution du REINDH au rapport 2021 sur l’état de droit.
Secrétariat technique du Conseil du pouvoir judiciaire (2021), Rapport juridique sur l’incidence de la loi organique 4/2021 du 29 mars 2021.
Transparency International (2021), Indice de perception de la corruption 2020 ( Indice de perception de la corruption 2020 pour l’Espagne – Transparency.org ).
Tribunal supérieur d’Andalousie, Ceuta et Melilla (2020), Communiqué de presse – El pleno de la Sala de Gobierno del TSJA se pronuncia sobre el proyecto de reforma del CGPJ, 20 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Andalucia--Ceuta-y-Melilla/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/El-pleno-de-la-Sala-de-Gobierno-del-TSJA-se-pronuncia-sobre-el-proyecto-de-reforma-del-CGPJ ).
Tribunal supérieur de Madrid (2020), Communiqué de presse – La Sala de Gobierno del TSJ de Madrid muestra su profunda preocupación ante la iniciativa de reforma de la Ley Orgánica del Poder Judicial, 19 octobre 2020 ( https://www.poderjudicial.es/cgpj/es/Poder-Judicial/Tribunales-Superiores-de-Justicia/TSJ-Madrid/Sala-de-prensa/Archivo-de-notas-de-prensa/La-Sala-de-Gobierno-del-TSJ-de-Madrid-muestra-su-profunda-preocupacion-ante-la-iniciativa-de-reforma-de-la-Ley-Organica-del-Poder-Judicial ).
Annexe II: Visite en Espagne
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril et mai 2021 avec les entités suivantes:
·Experts universitaires
·Association des «Abogados del Estado»
·Association des procureurs
·Plateforme civique pour l’indépendance judiciaire
·Collège des greffiers
·Cour constitutionnelle
·Cour des comptes
·Association européenne des journalistes
·FAPE
·Fondation «Hay Derecho»
·Conseil général des notaires
·Conseil général des avocats espagnols
·Conseil général du pouvoir judiciaire
·INCIDE
·Forum judiciaire indépendant
·Association des juges et des magistrats «Francisco de Vitoria»
·Juges pour la démocratie
·Association de la presse de Madrid
·Ministère des affaires étrangères
·Ministère de l’intérieur
·Ministère de la justice
·Ministère des finances
·Ministère de la présidence
·Ministère de la politique territoriale et de l’administration publique
·Service national de coordination antifraude
·Commission nationale des marchés et de la concurrence
·Plateforme d’action sociale des ONG
·Bureau technique du procureur général
·Bureau indépendant de réglementation et de surveillance des marchés publics (OIReScon)
·Secrétariat du médiateur
·Plateforme pour la défense de la liberté d’information
·Association professionnelle de la magistrature
·Union progressiste des procureurs
·Rights International España
·Parquet spécial pour la lutte contre la corruption et la criminalité organisée
·Secrétaire d’État à la communication
·Cour suprême
·Secrétariat technique du ministère public
·Conseil «Transparence»
·Transparency International España
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty international
·Center for Reproductive Rights
·CIVICUS
·Civil Liberties Union for Europe
·Civil Society Europe
·Conférence des Églises européennes
·EuroCommerce
·Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif
·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·Forum civique européen
·Fédération européenne des journalistes
·Partenariat européen pour la démocratie
·Forum européen de la jeunesse
·Front Line Defenders
·Human Rights House Foundation
·Human Rights Watch
·ILGA-Europe
·Commission internationale de juristes
·Fédération internationale des ligues des droits de l’homme
·International Planned Parenthood Federation European Network (IPPF EN)
·Institut international de la presse
·Comité Helsinki néerlandais
·Open Society European Policy Institute
·Philanthropy Advocacy
·Protection International
·Reporters sans frontières
·Transparency International EU