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AccueilDroit européen52021SC0714
Acte préparatoire52021SC0714

Acte préparatoire — 52021SC0714

CELEX52021SC0714
TypeActe préparatoire
Datemardi 20 juillet 2021

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 20.7.2021

SWD(2021) 714 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

Rapport 2021 sur l’état de droit







Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie

accompagnant le document:

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapports 2021 sur l’état de droit

La situation de l’état de droit dans l’Union européenne

{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 710 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}


Résumé

En termes d’efficience et de qualité, le système de justice hongrois obtient de bons résultats pour ce qui est de la longueur des procédures et affiche un niveau élevé de numérisation. Les salaires des juges et procureurs continuent d’augmenter progressivement. Toutefois, sur le plan de l’indépendance de la justice, le système de justice a connu de nouvelles évolutions qui ont exacerbé les préoccupations existantes, également exprimées dans le contexte de la procédure au titre de l’article 7, paragraphe 1, TUE engagée par le Parlement européen. Les nouvelles règles permettant de nommer à la Cour suprême (Kúria) des membres de la Cour constitutionnelle en dehors de la procédure normale ont été mises en pratique et ont permis l’élection du nouveau président de la Kúria, dont la fonction a également été enrichie de pouvoirs supplémentaires. Ce président de la Kúria a été élu en dépit d’un avis négatif du Conseil national de la magistrature. La recommandation visant à renforcer l’indépendance de la justice, formulée dans le cadre du Semestre européen, demeure toujours sans réponse. Il est notamment nécessaire de renforcer formellement les pouvoirs du Conseil national de la magistrature indépendant afin de lui permettre de contrebalancer les pouvoirs du président de l’Office national de la justice.

La mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la corruption est en cours, mais sa portée reste limitée. Des lacunes subsistent en ce qui concerne le financement des partis politiques, le lobbying et le «(rétro)pantouflage». Les risques liés au clientélisme, au favoritisme et au népotisme à des niveaux élevés de l’administration publique ainsi que ceux découlant des liens entre les entreprises et les responsables politiques ne sont toujours pas traités. Les mécanismes de contrôle indépendants demeurent insuffisants pour détecter la corruption. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne l’absence de vérification systématique et le caractère insuffisant du suivi des déclarations de patrimoine et d’intérêts. De nouvelles dispositions de droit pénal visent à lutter contre la corruption active d’origine étrangère et les paiements informels dans les soins de santé. Le taux de mise en accusation pour des faits de corruption est élevé et quelques nouveaux dossiers de grande corruption ont été ouverts depuis 2020, mais le bilan des enquêtes à la suite d’allégations contre des hauts fonctionnaires et leur entourage immédiat demeure limité.

Le pluralisme des médias est toujours menacé. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne l’indépendance et l’efficacité de l’Autorité des médias, compte tenu également des décisions du Conseil des médias ayant débouché sur la suspension d’antenne de la station de radio indépendante Klubrádió. Si aucun régime d’aide en faveur des médias n’a été mis en place afin de lutter contre les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les médias d’information, le gouvernement a pu continuer, grâce à des volumes importants de publicité d’État, d’exercer une influence politique indirecte sur les médias. L’accès aux informations publiques a été restreint à la suite de l’adoption de mesures d’urgence durant la pandémie, ce qui a rendu l’accès en temps utile à ces informations plus difficile pour les médias indépendants. Les journalistes et médias indépendants sont toujours confrontés à des pratiques d’obstruction et d’intimidation.

En ce qui concerne le système de l’équilibre des pouvoirs, la transparence et la qualité du processus législatif demeurent sources de préoccupation. Une modification constitutionnelle limitera les pouvoirs du gouvernement en ce qui concerne le régime de l’«état de danger» après juillet 2023. Le Commissaire aux droits fondamentaux a obtenu davantage de compétences, mais son indépendance a été remise en question par des parties prenantes. La Commission a ouvert des procédures d’infraction afin d’assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice sur la loi relative à la transparence des organisations de la société civile dotées de fonds étrangers. Par la suite, le Parlement a abrogé cette loi et introduit de nouvelles règles relatives aux contrôles de la légalité pour la société civile. Des pressions continuent d’être exercées sur les organisations de la société civile critiques à l’égard du gouvernement, tandis que des préoccupations ont été exprimées concernant les fiducies privées nouvellement créées qui reçoivent un financement public considérable et sont gérées par des membres du conseil d’administration proches de l’actuel gouvernement.

I.Système de justice

La Hongrie dispose d’un système judiciaire de droit commun à quatre niveaux. On dénombre 113 tribunaux de district, qui sont des juridictions de première instance, et 20 tribunaux régionaux, qui sont compétents pour connaître des recours formés contre les décisions des tribunaux de district et statuer sur certaines affaires en première instance. Cinq cours d’appel régionales statuent sur les recours formés contre les décisions des tribunaux régionaux. Le rôle principal de la Cour suprême (Kúria) est de garantir l’application uniforme du droit. La Loi fondamentale charge le président de l’Office national de la justice, élu par le Parlement, de l’administration centrale des juridictions. Le Conseil national de la magistrature est un organisme indépendant qui, en vertu de la Loi fondamentale, supervise le président de l’Office national de la justice et participe à l’administration des juridictions. Les juges sont nommés par le président de la République sur recommandation du président de l’Office national de la justice, sur la base d’un classement des candidats établi par les conseils de la magistrature locaux (composés de juges élus par leurs pairs). Le président de l’Office national de la justice ne peut s’écarter de ce classement sans l’accord préalable du Conseil national de la magistrature. La Cour constitutionnelle ne fait pas partie du système judiciaire de droit commun et contrôle la constitutionnalité des lois et des décisions judiciaires. Le ministère public est une institution indépendante investie de pouvoirs d’enquête et de poursuites en cas d’infractions. L’ordre des avocats hongrois et les barreaux régionaux sont des organismes publics autonomes 1 .

Indépendance

La perception de l’indépendance du système de justice par l’opinion publique reste moyenne, et faible pour les entreprises. La perception de l’indépendance des juges et juridictions par l’opinion publique reste moyenne, chutant de 48 % en 2020 à 40 % en 2021. 32 % des entreprises ont une perception «plutôt bonne ou très bonne» de l’indépendance de la justice 2 , un chiffre en hausse par rapport aux 26 % de 2020. En ce qui concerne l’opinion publique, la perception a suivi une tendance négative pendant les cinq dernières années (interrompue en 2020) 3 ; pour ce qui est des entreprises, après une forte baisse en 2019, la perception a continué de s’améliorer 4 .

Le Conseil national de la magistrature demeure confronté à des difficultés pour contrebalancer les pouvoirs du président de l’Office national de la justice en ce qui concerne la gestion des juridictions. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit 5 , le Conseil national de la magistrature est soumis à une série de contraintes structurelles qui l’empêchent d’exercer un contrôle effectif sur l’action du président de l’Office national de la justice. Le Conseil national de la magistrature est dépourvu de personnalité juridique 6 et n’a pas le droit de proposer des actes législatifs ou d’être consulté sur les propositions législatives ayant une incidence sur le système de justice 7 . De nouveaux membres et membres suppléants ont été élus au Conseil national de la magistrature 8 ; ce dernier possède un budget approuvé, et le président de l’Office national de la justice lui a fourni un agent supplémentaire 9 . L’actuel président de l’Office national de la justice coopère mieux avec le Conseil que son prédécesseur, mais cette coopération se limite à ce qu’impose la législation 10 , et aucune mesure législative n’a été prise afin de remédier aux problèmes structurels. Les recommandations formulées par le Conseil 11 dans le contexte du Semestre européen en vue de «défendre l’indépendance de la justice» n’ont pas encore reçu de réponse. Le président de l’Office national de la justice a, à de nombreuses reprises, pourvu des postes vacants dans des juridictions supérieures, sans appel à candidatures, en recrutant des juges exécutant des tâches administratives à l’Office national de la justice 12 .

Le président de la Kúria, la Cour suprême hongroise, s’est vu attribuer des pouvoirs supplémentaires concernant l’organisation du fonctionnement de cette juridiction. Le 1er janvier 2021, de nouvelles règles 13 sont entrées en vigueur, permettant au président de la Kúria de créer des formations de jugement composées d’un président 14 et de quatre juges 15 pour certains groupes d’affaires, à la suite d’un avis non contraignant de la section concernée et du conseil judiciaire de la Kúria. Cela a de nouveau renforcé les pouvoirs administratifs du président de la Kúria, qui incluent la nomination des juges présidant les tribunaux 16 , l’affectation des juges et présidents aux chambres 17 , la nomination des chefs de section 18 et la détermination du mécanisme de répartition des dossiers entre les chambres 19 . Le président de la Kúria jouit également de pouvoirs significatifs concernant le rôle joué par la Kúria dans la garantie de l’application uniforme du droit par les juridictions 20 . À cet effet, la Kúria rend des décisions d’uniformité qui sont contraignantes pour les juridictions 21 . Lorsqu’une chambre souhaite s’écarter de la jurisprudence publiée de la Kúria, elle doit suspendre la procédure et demander une décision d’uniformité 22 . La commission d’uniformité peut être présidée par le président ou le vice-président de la Kúria 23 ; ses six membres sont sélectionnés par son président sur une base ad hoc parmi les juges de la section concernée. Par ailleurs, les parties peuvent introduire une plainte en matière d’uniformité à l’encontre d’une décision finale de la Kúria si celle-ci s’écarte de la jurisprudence publiée de la Kúria 24 . La commission relative aux plaintes en matière d’uniformité est présidée par le président ou le vice-président de la Kúria; ses huit membres sont sélectionnés par son président sur la base d’un algorithme 25 . La commission relative aux plaintes en matière d’uniformité peut annuler les décisions finales prises par les chambres dans des affaires particulières 26 . Les organes judiciaires de la Kúria (par exemple, son conseil judiciaire ou ses sections), qui n’ont qu’un rôle consultatif 27 , ne sont pas en mesure de contrebalancer les vastes pouvoirs du président de la Kúria 28 .

Un nouveau président de la Kúria a été élu le 1er janvier 2021 conformément aux nouvelles règles spéciales sur les nominations judiciaires. Il est rappelé qu’au mois de juin 2020, le président de la République a nommé, à compter du 1er juillet 2020, huit membres de la Cour constitutionnelle en tant que juges de la Kúria, à leur demande 29 ; six d’entre eux n’avaient aucune expérience en tant que juges d’une juridiction de droit commun. Comme expliqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, depuis une modification adoptée en 2020, les membres de la Cour constitutionnelle peuvent, après avoir obtenu le statut de juge, demander leur nomination à la Kúria après la fin de leur mandat à la Cour constitutionnelle 30 . Le 5 octobre 2020, le président de la République a recommandé 31 que le Parlement élise l’un d’entre eux au poste de président de la Kúria. Après avoir entendu la personne concernée conformément aux dispositions juridiques applicables 32 , le Conseil national de la magistrature a rejeté presque à l’unanimité sa nomination 33 . Après avoir quitté la Cour constitutionnelle, le 19 octobre 2020, le candidat a été élu par l’Assemblée nationale au poste de président de la Kúria à compter du 1er janvier 2021, pour une période de neuf ans 34 . Toujours le 19 octobre, celui qui était alors président de la Kúria a affecté le candidat à la Kúria, où il a occupé le poste de président de chambre jusqu’à son entrée en fonction au poste de président de la Kúria. Ces faits confirment les préoccupations déjà exprimées dans le rapport 2020 sur l’état de droit 35 , une nomination au plus haut poste du pouvoir judiciaire ayant été décidée sans la participation d’un organisme judiciaire et en violation des normes européennes 36 . Le rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats a qualifié cette élection d’«attaque contre l’indépendance du pouvoir judiciaire et de tentative de soumettre ce dernier à la volonté du pouvoir législatif, en violation du principe de séparation des pouvoirs» 37 . Compte tenu des pouvoirs administratifs du président de la Kúria et du rôle essentiel joué par la Kúria dans le système de justice 38 , ces faits soulèvent de sérieuses préoccupations au sujet de l’indépendance du pouvoir judiciaire 39 .

Le président de l’Office national de la justice a poursuivi sa pratique consistant à annuler les procédures de sélection des présidents de juridictions et à nommer des présidents de juridictions ad interim sans l’accord du Conseil national de la magistrature. Le président de l’Office national de la justice a poursuivi sa pratique consistant à annuler 40 — dans de plus en plus de cas et, souvent, sans explications suffisantes 41 — les procédures de sélection des présidents de tribunaux et autres administrateurs de juridictions 42 , même en présence de candidats appropriés ayant le soutien de leurs pairs 43 . Cette pratique avait déjà été critiquée par le Conseil national de la magistrature sous le mandat du précédent président de l’Office national de la justice 44 . Au cours de l’année écoulée, la sélection des présidents de tribunaux a été reportée à de nombreuses reprises en raison de la pandémie de COVID-19; en conséquence, les postes vacants sont restés non pourvus ou ont été temporairement occupés par le président de l’Office national de la justice 45 , ou le mandat des administrateurs de juridictions a été prolongé par voie législative. Les présidents de tribunaux exercent des pouvoirs qui sont pertinents quant aux perspectives de carrière d’un juge. Étant donné que le premier mandat des juges est limité à trois ans 46 , la poursuite de leur carrière judiciaire dépend de l’appréciation de leur aptitude à obtenir une titularisation, aux fins de laquelle le président du tribunal est censé évaluer leur activité judiciaire 47 . Si le juge est considéré comme étant apte à la titularisation, le président du tribunal demande au président de l’Office national de la justice de recommander au président de la République de le nommer pour une période illimitée 48 . S’il n’est pas jugé apte, il doit quitter son poste à la fin de son mandat initial 49 . Les résultats de cette évaluation peuvent être contestés devant le tribunal de la fonction publique 50 ; ce dernier ne peut pas accorder de mesures provisoires en vue d’empêcher une interruption de la carrière judiciaire du juge pendant le contrôle de l’évaluation. En outre, tous les trois ans, le président du tribunal et le président de l’Office national de la justice peuvent réaffecter des juges — sans leur accord — à d’autres juridictions pour une période maximale d’un an, bien qu’en pratique, ils n’aient pas fait usage de cette possibilité depuis 2012 51 . Des préoccupations ont été soulevées quant à l’incidence de ce pouvoir sur l’inamovibilité des juges 52 .

Les salaires des juges et procureurs continuent d’augmenter progressivement. L’augmentation des salaires du personnel judiciaire constatée dans le rapport 2020 sur l’état de droit s’est poursuivie comme prévu par la législation «omnibus» de 2019 53 et devrait contribuer à l’amélioration de l’indépendance des juges. Lors de la première phase, en janvier 2020, les salaires ont augmenté en moyenne de 32 % 54 , et lors de la deuxième phase, en janvier 2021, ils ont augmenté de 12 %. Une augmentation supplémentaire de 13 % est prévue pour 2022 55 . Néanmoins, des inquiétudes subsistent 56 quant au système de primes et au pouvoir des autorités chargées de la gestion des juridictions d’accorder des primes aux juges sur une base discrétionnaire, sans critères objectifs et transparents 57 .

Des inquiétudes persistent concernant certains aspects liés à l’organisation du ministère public. Comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit, le ministère public est organisé selon une structure strictement hiérarchique. Si l’indépendance du ministère public est inscrite dans la loi 58 , certains éléments du cadre juridique ont conduit le GRECO à publier des recommandations en vue d’un réexamen des règles de nomination du procureur général afin de protéger le cabinet du procureur de toute influence politique. Si la plupart des recommandations du GRECO concernant le ministère public ont été mises en œuvre, certaines n’ont toujours pas reçu de réponse. Tel est le cas de la recommandation visant à éliminer la possibilité de maintenir le procureur général en fonction après l’expiration de son mandat 59 . Il en est également ainsi de la recommandation du GRECO visant à ce que les situations dans lesquelles un procureur de rang supérieur se saisit d’une affaire traitée par un procureur de rang inférieur soient encadrées par des critères stricts et que ces décisions soient justifiées par écrit 60 . Le GRECO a aussi recommandé de renforcer la responsabilité et la transparence des procédures disciplinaires engagées contre des procureurs. Il demeure inquiet du fait que ce soit toujours le procureur supérieur hiérarchique immédiat, et non un organisme impartial, qui tranche l’affaire sur le fond 61 . La mise en œuvre intégrale de ces recommandations aurait une incidence positive sur le cadre de lutte contre la corruption.

Qualité

La numérisation du système de justice est globalement élevée. La Hongrie continue de se classer très haut en ce qui concerne les solutions numériques permettant d’engager et de suivre une procédure civile/commerciale ou administrative 62 , les solutions numériques permettant de mener et de suivre une procédure juridictionnelle en matière pénale 63 , et l’accès en ligne, par le grand public, aux décisions judiciaires publiées 64 . En outre, la Hongrie obtient de très bons résultats en ce qui concerne la promotion et les incitations en faveur du recours aux méthodes de règlement extrajudiciaire des litiges 65 . Le degré d’inclusion dans le régime d’aide juridictionnelle suscite néanmoins des inquiétudes 66 , et les droits de greffe dans les affaires commerciales restent élevés 67 . Davantage de formations en matière de communication pourraient être mises à la disposition des juges 68 .

Le fonctionnement des juridictions a été adapté pendant la pandémie de COVID-19. Des solutions numériques (par exemple, un système d’audience à distance) étaient déjà en place lorsque la pandémie a éclaté. L’utilisation d’outils d’audience à distance (vidéoconférence) s’est généralisée pendant la pandémie 69 , améliorant ainsi l’efficience de certaines procédures juridictionnelles 70 . Certaines procédures juridictionnelles ont été simplifiées 71 . Le 8 mars 2021, le gouvernement a apporté des modifications au droit procédural afin de faciliter le fonctionnement du système de justice durant l’«état de danger» 72 .

Efficience

L’efficience dans les affaires civiles et administratives demeure élevée. Selon le tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE, la Hongrie obtient de très bons résultats en ce qui concerne l’estimation du temps nécessaire pour trancher les affaires administratives en première instance 73 et à tous les degrés d’instance 74 ; le nombre d’affaires administratives pendantes devant les tribunaux de première instance 75 ; et le nombre d’affaires civiles, commerciales, administratives et autres pendantes 76 . La Hongrie se montre également performante en ce qui concerne le temps nécessaire estimé pour trancher les affaires civiles et commerciales contentieuses en première instance 77 et le taux d’affaires civiles, commerciales, administratives et autres tranchées 78 . Depuis le 9 juillet 2020, de nouvelles règles de procédure autorisent les procédures accélérées dans les affaires relatives à des plaintes civiles de victimes de la criminalité 79 .

Des recours effectifs en cas de procédure excessivement longue sont en cours d’élaboration. L’exécution de l’arrêt Gazsó contre Hongrie de la Cour européenne des droits de l’homme est toujours en cours et la Hongrie fait toujours l’objet d’une surveillance renforcée par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur cette question 80 . Le 15 juin 2021, le Parlement a adopté une nouvelle loi 81 introduisant, à partir de 2021, un recours en indemnisation limité aux procédures civiles excessivement longues.

II.Cadre de lutte contre la corruption

Le Service national de protection (NVSZ), sous la supervision du ministère de l’intérieur, assure la coordination des activités de lutte contre la corruption en Hongrie et est également responsable de la prévention de la criminalité au sein de la police, des services de maintien de l’ordre et d’autres organismes publics. Les enquêtes et les poursuites en matière de corruption dans le secteur public relèvent de la compétence exclusive de la division d’enquête du bureau central du procureur général et de ses cinq bureaux régionaux. Le ministère public bénéficie du soutien des forces d’enquête de la police et du Service national de protection. La Cour des comptes est compétente pour le contrôle de la gestion financière des fonds publics et l’audit des partis politiques.

Le niveau de perception de la corruption dans le secteur public reste élevé parmi les experts et les chefs d’entreprise. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, la Hongrie obtient un score de 44/100 et se classe au 19e rang dans l’Union européenne et au 69e rang dans le monde 82 . Cette perception s’est fortement détériorée 83 au cours des cinq dernières années 84 .

Le droit pénal a fait l’objet de certaines révisions afin de lutter contre la corruption transnationale et les paiements informels dans les soins de santé. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, ces infractions de corruption sont pénalement incriminées 85 . En réponse à une recommandation de l’OCDE 86 , une modification du code pénal est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. La définition d’«agent public étranger» a été modifiée afin de préciser qu’elle inclut les agents d’entreprises publiques étrangères. Cette modification introduit en outre des sanctions plus sévères pour les paiements de facilitation. Les dispositions relatives à la corruption ont également été modifiées afin d’inclure les avantages indus octroyés aux professionnels de santé, ce qui limitera ainsi les possibilités de paiements informels («gratifications») dans le secteur des soins de santé et fera du fait de promettre ou d’octroyer des avantages indus en échange de la fourniture de services de santé un crime accessoire 87 .

La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption pour la période 2020-2022 et du plan d’action qui lui est consacré est en cours. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la portée du cadre stratégique de lutte contre la corruption se limite à la promotion de l’intégrité dans l’administration publique. La stratégie 88 , adoptée en juin 2020, prévoit des mesures telles que l’introduction et le développement de solutions électroniques en vue d’accroître la transparence (par exemple, un système de prise de décision automatisé), la surveillance des risques pour l’intégrité, une formation à l’intégrité pour les fonctionnaires, ainsi qu’une formation spécialisée sur la lutte contre la corruption pour les services de maintien de l’ordre, les juges et les procureurs. D’autres domaines pertinents, tels que le financement des partis politiques, la déclaration de patrimoine, le lobbying et les dispositions relatives au «(rétro)pantouflage», sont couverts par des instruments spécifiques. Toutefois, ces domaines n’étant pas couverts par la stratégie, les lacunes qu’ils présentent ne sont pas traitées de manière coordonnée 89 . De même, les risques liés au clientélisme, au favoritisme et au népotisme à des niveaux élevés de l’administration publique et ceux découlant des relations entre les entreprises et les responsables politiques ne sont toujours pas traités 90 .

Des difficultés subsistent en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites dans les affaires de grande corruption. Le cadre juridique fournit les conditions nécessaires à des enquêtes et poursuites efficientes, et la police et le ministère public indiquent posséder des niveaux de ressources et de spécialisation suffisants pour l’exécution de leurs tâches. Néanmoins, les procureurs font état de difficultés pour détecter la corruption et obtenir des preuves dans les affaires de ce type 91 . Les procédures pénales visant des délits de corruption sont essentiellement ouvertes sur la base des activités d’enquêtes pénales des autorités chargées des enquêtes. La majorité des cas donnant lieu à des enquêtes sont détectés par le Service national de protection. Les notifications des autorités administratives et les irrégularités potentielles signalées au moyen d’outils de prévention (par exemple les déclarations de patrimoine, les canaux de signalement des lanceurs d’alerte, les informations provenant de divers registres) jouent un rôle relativement moins important dans les enquêtes pénales 92 , et les mécanismes de contrôle indépendants demeurent insuffisants pour détecter la corruption. Comme indiqué l’année dernière, l’insuffisance des mécanismes de contrôle indépendants et les interconnexions étroites entre la sphère politique et certaines entreprises nationales sont propices à la corruption. Selon les données fournies par le ministère public, le taux de mise en accusation pour des faits de corruption visés par une enquête du ministère public est globalement très élevé (86,5 %) 93 . Plusieurs nouveaux dossiers de grande corruption impliquant des responsables politiques ont été ouverts depuis 2020 94 ; toutefois, le bilan des enquêtes à la suite d’allégations contre des hauts fonctionnaires et leur entourage immédiat demeure limité 95 , comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit 96 . La mise en œuvre intégrale des recommandations du GRECO concernant le fonctionnement efficace du ministère public renforcerait davantage le cadre de la lutte contre la corruption 97 .

Les tests d’intégrité sont toujours considérés par les autorités comme une mesure de dissuasion efficace contre les pratiques de corruption et ont débouché sur l’ouverture de plusieurs affaires pénales relatives à des actes de petite corruption au cours de la période de référence 98 . Le 1er janvier 2021, une nouvelle modification de la loi sur la police est entrée en vigueur; celle-ci, élargissant au-delà de la police le champ du personnel pouvant faire l’objet de tests d’intégrité 99 . Ainsi, tous les membres du personnel des organisations budgétaires placées sous la supervision du gouvernement et tous les membres du gouvernement peuvent désormais être soumis à des tests d’intégrité.

La Hongrie possède un important dispositif de déclaration de situation patrimoniale; des préoccupations subsistent toutefois en ce qui concerne l’absence de vérification systématique et le caractère insuffisant du suivi des déclarations de patrimoine et d’intérêts. Le système en place impose aux députés, aux fonctionnaires gouvernementaux et aux agents de la fonction publique de déclarer leur patrimoine et leurs intérêts. Des préoccupations subsistent toutefois en ce qui concerne l’absence de suivi systématique. La vérification des déclarations de patrimoine 100 intervient uniquement sur la base d’une notification de soupçons et c’est à l’employeur du fonctionnaire ou, dans le cas des députés et de hauts fonctionnaires du gouvernement, à la commission parlementaire de l’immunité qu’il revient d’y procéder. La commission a indiqué qu’au cours des cinq dernières années, sur les 16 notifications soumises à vérification, 15 ont été rejetées comme non étayées. Dans le cas restant, la personne concernée a corrigé sa déclaration de patrimoine et de dettes et la procédure n’a pas été engagée 101 . Comme indiqué l’année dernière 102 , des soupçons d’enrichissement injustifié peuvent conduire à une procédure de vérification menée par l’administration nationale des impôts et des douanes. Néanmoins, l’administration fiscale ne peut engager une telle procédure que si les autorités chargées des enquêtes ont également ouvert des enquêtes pénales, ce qui limite les possibilités de vérifications indépendantes. À la suite d’une modification des règles applicables 103 , les députés doivent déclarer au président du Parlement tout conflit d’intérêts ou toute incompatibilité, à la suite de quoi ils sont soumis à certaines restrictions en attendant que la situation soit résolue. Toutefois, les déclarations d’intérêts et les informations relatives aux suites qui leur sont éventuellement données ne sont pas accessibles au public. La question de la surveillance, de la vérification et de l’application efficaces des règles sur la conduite, les conflits d’intérêts et les déclarations de patrimoine des députés a fait l’objet de recommandations du Groupe d’États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe, qui ont été partiellement mises en œuvre 104 .

La réglementation du lobbying demeure incomplète et n’est pas appliquée de manière systématique 105 . Il n’existe aucune obligation d’enregistrement pour les lobbyistes ni de divulgation des contacts. Selon un décret gouvernemental adopté en 2013 106 , les employés d’organes de l’administration publique ne peuvent rencontrer des représentants d’intérêts dans le cadre de leur travail qu’après en avoir informé leurs supérieurs, lesquels peuvent interdire la réunion. Les réunions avec des représentants d’intérêts doivent être documentées, mais il n’existe aucune obligation de les rendre publiques. Le GRECO a recommandé l’introduction, pour les parlementaires, d’un ensemble clair de règles sur les interactions avec les lobbyistes 107 .

Il n’existe toujours pas de règles claires concernant le (rétro)pantouflage et les délais de viduité. Néanmoins, le code du travail 108 et la législation spécifique applicable aux fonctionnaires 109 contiennent des clauses de confidentialité. Dans la pratique, ces règles ne sont pas appliquées, étant donné que le gouvernement doit encore préciser les secteurs et postes pour lesquels les fonctionnaires doivent respecter des délais clairs pour poursuivre une carrière professionnelle dans le domaine dans lequel ils étaient actifs 110 .

Le financement des partis en Hongrie reste un sujet de préoccupation 111 . La Cour des comptes est chargée de superviser la reddition de comptes concernant l’utilisation des fonds publics et contrôle la légalité de la gestion financière des partis politiques. Comme l’a également fait observer le GRECO, si certaines mesures ont été prises pour veiller à la transparence et à la mise à jour des écritures financières des partis politiques, pour préciser les sources de revenus des partis et les périodes de campagne ainsi que pour garantir un contrôle plus approfondi, il subsiste, dans l’ensemble, des préoccupations quant à la transparence du financement des partis 112 .

Un cadre réglementaire est en place pour la protection des lanceurs d’alerte et des mesures supplémentaires sont nécessaires pour améliorer concrètement leur protection. La loi sur la protection des lanceurs d’alerte 113 garantit l’anonymat des lanceurs d’alerte et permet le dépôt de plaintes par voie électronique. Les institutions concernées enquêtent sur les divulgations d’intérêt public et leur réponse contenant les résultats de l’enquête doit être chargée dans le registre électronique. Les lanceurs d’alerte ne peuvent pas être tenus pour responsables des informations qu’ils communiquent, à moins qu’il soit établi qu’ils ont intentionnellement effectué de fausses déclarations 114 . Le Commissaire aux droits fondamentaux sert de canal de signalement 115 et exploite la plateforme électronique, mais ses compétences formelles sont limitées en ce qui concerne les plaintes des lanceurs d’alerte 116 . L’OCDE reconnaît les aspects positifs du cadre réglementaire, mais a exprimé des préoccupations concernant l’efficacité de la protection des lanceurs d’alerte 117 .

La restriction du champ d’application des règles de passation des marchés publics a accru le risque de corruption. Une nouvelle loi 118 adoptée le 27 avril 2021 a abrogé une exigence spécifique de la législation en matière de marchés publics 119 , en excluant les fiducies créées par l’État, ainsi que les personnes morales gérées par celles-ci, du champ d’application explicite des règles de passation des marchés publics pour les marchés financés par des fonds de l’Union européenne 120 . Cette loi supprime également des règles visant à éviter les conflits d’intérêts, ce qui permet aux titulaires d’un mandat public de siéger au conseil d’administration de ces fiducies.

Plusieurs enquêtes de l’OLAF ont été menées à bien avec le soutien du service de coordination antifraude hongrois. Ces dernières années, le nombre de mises en accusation prononcées en Hongrie à la suite d’une recommandation judiciaire de l’OLAF a été supérieur à la moyenne de l’UE. Toutefois, en dépit de demandes répétées, les autorités hongroises n’ont pas encore spécifié d’autorité chargée de prêter concours à l’OLAF lors de ses contrôles sur place si un opérateur économique soumis à un contrôle refuse de coopérer. Il est également observé, dans le domaine de la gestion partagée, que les autorités hongroises retirent fréquemment des projets d’un financement de l’UE lorsque l’OLAF émet une recommandation financière ou, parfois, lorsqu’elles apprennent qu’une enquête de l’OLAF a été ouverte. Il semble en outre que les montants dus ne sont pas systématiquement recouvrés auprès de l’opérateur économique ayant commis l’irrégularité ou la fraude 121 . Dans ces cas, la subvention de l’UE est simplement remplacée par des fonds nationaux, ce qui a une incidence négative sur l’effet dissuasif d’une enquête de l’OLAF et accroît les risques pour le budget national. Au cours de la période 2016-2020, la Hongrie a enregistré 32 enquêtes de l’OLAF clôturées avec une recommandation financière dans les deux principaux domaines de gestion partagée 122 .

Les autorités ont reconnu que la pandémie de COVID-19 risquait d’accroître les risques de corruption, mais aucune mesure spécifique n’a été jugée nécessaire 123 . Les parties prenantes ont fait part d’inquiétudes dans le domaine des marchés publics, domaine où les dérogations aux règles de passation des marchés publics et les attributions directes, associées au manque d’accès aux informations, accroissent le risque de corruption, et ont soulevé des questions quant à l’achat de matériel médical par le biais de sociétés intermédiaires 124 .

III.Pluralisme et liberté des médias

La loi fondamentale 125 et la législation sectorielle de la Hongrie — en particulier la loi sur les médias 126 et la loi sur la liberté de la presse 127 — fournissent le cadre juridique pour la protection de la liberté et du pluralisme des médias. La loi sur la liberté de la presse dispose que l’indépendance à l’égard de l’État et de tout organisme et groupe d’intérêt est inhérente à la liberté de la presse. Le droit d’accès à l’information publique est reconnu par la Loi fondamentale et trouve son expression dans la loi sur la liberté de l’information 128 . La loi sur les médias institue l’Autorité nationale des médias et des télécommunications (l’Autorité des médias), dont l’organe décisionnel est le Conseil des médias 129 . Une loi a été adoptée en 2019 afin d’aligner la législation hongroise sur la directive «Services de médias audiovisuels» (SMA) 130 .

Des inquiétudes persistent quant à l’indépendance et à l’efficacité du Conseil des médias et de l’Autorité des médias. La loi nº LXIII de 2019, qui transpose la directive révisée sur les services de médias audiovisuels, a renforcé certaines dispositions relatives aux ressources et à la transparence opérationnelle de l’Autorité 131 . L’Autorité dispose d’une autonomie budgétaire et rend compte chaque année au Parlement. Elle emploie 650 personnes 132 . L’organe décisionnel de l’Autorité des médias, le Conseil des médias, se compose d’un président 133 et de quatre membres élus par le Parlement. Si les règles de nomination — demeurées inchangées depuis le rapport de l’année dernière — favorisent un consensus politique lors de la désignation des membres du Conseil des médias 134 , dans les faits, elles ont eu comme conséquence que le parti au pouvoir a nommé tous ses membres. Certaines décisions du Conseil des médias ont intensifié les préoccupations quant à son indépendance effective 135 . L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 confirme sa précédente appréciation selon laquelle, si la loi sur les médias garantit formellement l’indépendance de l’Autorité des médias, les procédures de nomination n’apportent pas de garanties juridiques adéquates en ce qui concerne cette indépendance, c’est pourquoi, une fois de plus, l’instrument enregistre un risque moyen d’atteinte à l’indépendance et à l’efficacité de l’Autorité des médias 136 .

Le pluralisme des médias a continué de se détériorer en Hongrie. Depuis la création du conglomérat de médias «KESMA» 137 en novembre 2018, l’Autorité des médias n’a, à ce jour, jamais tenté d’examiner son incidence sur la pluralité et la diversité du marché des médias hongrois. Selon les parties prenantes, bien qu’un grand nombre de médias continuent d’opérer en Hongrie, la diversité du marché des médias est mise à mal par la concentration de la propriété dans les mains de quelques hommes d’affaires progouvernementaux et par le manque d’indépendance éditoriale qui en découle 138 . Des organisations hongroises et européennes œuvrant pour la liberté des médias, ainsi que la société civile, ont exprimé leurs préoccupations 139 quant au refus du Conseil des médias de renouveler la licence de radiodiffusion de la station de radio indépendante Klubrádió, au motif de son prétendu manquement à certaines obligations administratives. Du fait de ce refus, la radio a dû cesser d’émettre. Le 17 juin 2021, la Kúria a confirmé la décision du Conseil des médias. Le 9 juin 2021, la Commission a ouvert une procédure d’infraction contre la Hongrie à ce sujet 140 . L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 confirme le score de risque élevé enregistré l’année dernière en ce qui concerne la concentration des médias d’information, compte tenu de la création et de la mise en œuvre de KESMA, ainsi qu’en raison de la reprise économique du site de médias d’information indépendant Index.hu par des intérêts progouvernementaux 141 .

La transparence de la propriété des médias n’est toujours pas pleinement garantie. Le cadre juridique actuel ne prévoit de règles de transparence concernant la propriété des médias que dans des cas spécifiques 142 , et il n’est pas prévu actuellement de le modifier. Si certaines informations sur la propriété sont accessibles dans les registres nationaux 143 , seules les informations de base relatives à la propriété des sociétés sont librement consultables dans le registre des sociétés 144 . L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 continue de considérer qu’en matière de transparence de la propriété des médias, le risque est élevé 145 .

La répartition de la publicité d’État continue de permettre au gouvernement d’exercer une influence politique indirecte sur les médias. Comme indiqué l’année dernière, il n’existe aucune législation réglementant la répartition de la publicité d’État. L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 souligne que l’État est le principal publicitaire en Hongrie, puisqu’il dépense environ un tiers des recettes publicitaires totales du marché 146 . Les données montrent qu’en 2020, l’État hongrois a augmenté ses dépenses publicitaires de 13,8 % par rapport à 2019, 85 % de cet argent allant à des entreprises de médias progouvernementales 147 . Cette situation permet à l’État de contrôler à la fois les médias progouvernementaux et certains médias indépendants; c’est pourquoi, d’après l’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021, l’indépendance éditoriale est le domaine qui présente le risque le plus élevé (92 %) dans le pays 148 . Si aucun régime d’aide en faveur des médias n’a été mis en place afin de lutter contre les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les médias d’information, l’Autorité des médias a dispensé les fournisseurs de services de médias linéaires du paiement de la redevance trimestrielle de fourniture de services de médias au premier semestre 2021.

L’accès aux informations publiques a été restreint par les mesures d’urgence instaurées durant la pandémie de COVID-19. Les règles de la loi sur la liberté de l’information n’ont pas été modifiées; elles disposent que tout «organe accomplissant des missions publiques» doit fournir un accès aux données d’intérêt public sous son contrôle s’il lui en est fait la demande, sous réserve des exceptions prévues dans ladite loi 149 . Le délai légal pour le traitement de ces demandes est de 15 jours et peut être prolongé de 15 jours supplémentaires 150 . Toutefois, pendant la pandémie, le gouvernement a adopté un décret 151 autorisant les pouvoirs publics à retarder l’accès aux informations publiques de 90 jours maximum lorsque la fourniture de ces informations était jugée «compromettre l’accomplissement, par l’institution publique, de ses missions dans le cadre de l’état d’urgence». Le 13 avril 2021, la Cour constitutionnelle a jugé que si les nouvelles dispositions étaient conformes à la Loi fondamentale, les dérogations aux délais normaux devaient se limiter aux cas dans lesquels le traitement de la demande empêcherait le détenteur d’informations publiques d’exécuter des tâches liées à la lutte contre la pandémie et être dûment justifiées par écrit 152 . Les parties prenantes ont souligné que, dans la pratique, les autorités abusaient souvent de cette dérogation, ce qui avait notamment de lourdes conséquences pour les journalistes indépendants, qui, d’après elles, ne pouvaient pas accéder en temps utile aux données relatives aux dépenses publiques ou à la vaccination 153 . Cela a encore aggravé la situation des médias indépendants rencontrant des difficultés pour accéder aux informations en temps utile 154 . Les lacunes de l’accès aux informations publiques signalées l’année dernière 155 , y compris en ce qui concerne la perception de frais 156 , restent problématiques, y compris pour la prévention de la corruption. La neuvième modification de la Loi fondamentale ayant établi une définition restrictive des «fonds publics» 157 , les parties prenantes ont soulevé des questions quant à ses conséquences potentielles concernant la restriction de l’accès aux informations publiques relatives aux entreprises publiques et aux fiducies d’intérêt public 158 .

Les journalistes et les médias ont continué de subir diverses menaces en Hongrie. Selon les parties prenantes, les journalistes qui travaillent pour des médias indépendants font l’objet de dénigrements dans les médias progouvernementaux 159 et de la part des représentants du gouvernement 160 . Les parties prenantes signalent que les femmes journalistes se trouvent dans une situation plus difficile; certaines font également état de harcèlement sexiste en ligne 161 . Les juridictions ont continué d’ordonner des mesures de redressement provisoires interdisant la diffusion de magazines 162 . Depuis octobre 2020, la plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a publié cinq nouvelles alertes concernant la Hongrie. Ces alertes concernaient respectivement le limogeage de l’ancien rédacteur en chef du portail d’information en ligne Index.hu avant la reprise de celui-ci; l’instruction donnée par le ministère des affaires étrangères et du commerce aux ambassades dans les États membres de l’UE de lui fournir des informations sur les déplacements professionnels de journalistes hongrois; une injonction prononcée par un tribunal civil interdisant à un journal hebdomadaire de publier un article sur une société et ses propriétaires pour des motifs de protection des données; l’interrogatoire par la police de deux journalistes qui avaient publié des articles au sujet d’une personnalité publique et le refus susmentionné du Conseil des médias hongrois de renouveler la licence de radiodiffusion de Klubrádió 163 . En 2021, la plateforme a publié une alerte concernant ce qu’elle a appelé une «volée d’insultes» proférées à l’encontre d’un journaliste autrichien par le service public de radiodiffusion hongrois.

IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs

La Hongrie est une république parlementaire avec un parlement monocaméral (l’Assemblée nationale). Le Parlement, entre autres, adopte et modifie 164 la Loi fondamentale de la Hongrie, légifère 165 , élit le Premier ministre et élit, à la majorité des deux tiers, les fonctionnaires de haut rang 166 du pays. Le président de la République est élu par le Parlement. Un certain nombre d’institutions ont pour mission de contrebalancer les pouvoirs du législateur et de l’exécutif et sont chargées de garantir le respect de l’ordre constitutionnel, y compris la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes et le Médiateur («Commissaire aux droits fondamentaux»). En plus du gouvernement, du président de la République et de toutes les commissions parlementaires, tout membre du Parlement peut déposer un projet de loi 167 .

Des modifications fréquentes et soudaines de la législation continuent de saper la prévisibilité de l’environnement réglementaire 168 . Les parties prenantes ont indiqué que le rythme législatif s’était encore accéléré par rapport aux années précédentes. Selon elles, les consultations, pour autant qu’il y en ait, sont de nature purement formelle 169 . Cela soulève des questions quant à la sécurité juridique et à la qualité de la législation. Les délais brefs séparant l’adoption et l’entrée en vigueur des règles, qui sont fréquemment modifiées, ne permettent pas toujours de préparer de manière adéquate leur application.

Au cours de la période de référence, le gouvernement a déclaré un nouvel «état de danger» en réponse à la pandémie de COVID-19. Le 18 juin 2020, le gouvernement a mis fin au premier «état de danger» 170 . Conformément aux règles constitutionnelles actuellement en vigueur, la durée du nouvel «état de danger» déclaré le 4 novembre 2020 n’est pas prédéfinie, et le gouvernement dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour le maintenir ou y mettre fin 171 . Les mesures d’urgence (décrets gouvernementaux) adoptées dans le cadre de ce régime peuvent abroger n’importe quelle loi et restent en vigueur pendant 15 jours, à moins que leur prolongation ne soit autorisée par le Parlement. Le 10 novembre 2020, le Parlement a autorisé 172 le gouvernement à prolonger de 90 jours l’applicabilité des mesures d’urgence 173 . Le 8 février 2021, le gouvernement a mis fin 174 à l’«état de danger», avant de le déclarer 175 à nouveau le même jour. Cela lui a permis de maintenir en vigueur les mesures d’urgence pendant une période de 15 jours sans l’approbation du Parlement 176 . Le 22 février 2021, le Parlement a autorisé le gouvernement à prolonger de 90 jours l’applicabilité des mesures d’urgence 177 . Le 18 mai 2021, le Parlement a de nouveau prolongé l’autorisation jusqu’au «15e jour suivant le jour de l’ouverture de la session d’automne 2021» 178 . Des préoccupations 179 subsistent quant aux règles actuelles relatives à l’«état de danger» et aux mesures d’urgence. En dépit d’une recommandation par pays publiée dans le cadre du Semestre européen 2020 180 , le préjudice pour les activités des entreprises et la stabilité du cadre réglementaire a persisté, et certaines mesures d’urgence adoptées soulèvent des questions quant à leur nécessité et à leur caractère proportionné 181 . La Cour constitutionnelle a continué de contrôler la constitutionnalité de certaines mesures d’urgence 182 .

Une modification constitutionnelle limitera les pouvoirs du gouvernement en ce qui concerne le régime de l’«état de danger». Le 15 décembre 2020, la neuvième modification de la Loi fondamentale a été adoptée par le Parlement. Aucune consultation des parties prenantes n’a été effectuée préalablement 183 . Cette modification change sensiblement les règles relatives au régime d’ordre juridique spécial (y compris l’«état de danger») à partir du 1er juillet 2023. Elle réduit les types d’ordres juridiques spéciaux de six à trois: l’état de guerre, l’état d’urgence et l’état de danger 184 . La modification n’affecte pas la règle en vigueur disposant que sous un ordre juridique spécial, l’application de la Loi fondamentale ne peut pas être suspendue et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle ne peut pas être limité 185 . En cas d’état de danger, le Parlement sera le principal responsable du maintien de l’ordre juridique spécial 186 . Le gouvernement pourra déclarer un «état de danger» pour une période de 30 jours et ne pourra le proroger qu’après avoir obtenu l’autorisation du Parlement. Ces nouvelles règles renforceront le contrôle exercé par le Parlement 187 .

Les pouvoirs du Commissaire aux droits fondamentaux ont été élargis, tandis que des questions ont été soulevées quant à son indépendance. Le 20 novembre 2020, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a exprimé des préoccupations au sujet de la fusion de l’Autorité pour l’égalité de traitement avec le Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux, en rappelant que des doutes persistaient quant au processus de nomination de l’actuel titulaire et à l’adéquation des efforts entrepris par l’institution pour s’attaquer à l’ensemble des problèmes en matière de droits de l’homme et s’exprimer en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l’homme 188 . L’institution nationale des droits de l’homme avait été accréditée avec le statut «A» en octobre 2014. En octobre 2018, le Sous-comité d’accréditation (SCA) des Nations unies de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) a décidé de reporter sa décision relative à la réaccréditation de l’institution. Le SCA procède actuellement à une évaluation du Commissaire aux droits fondamentaux 189 . En janvier 2021, une nouvelle loi 190 a intégré l’Autorité pour l’égalité de traitement au Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux. Dans l’exercice des tâches qui lui sont attribuées par la loi sur l’égalité de traitement 191 , le Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux agit en tant qu’autorité administrative 192 . Le Commissaire peut également charger la Cour constitutionnelle de contrôler des lois 193 . Conformément au droit de l’Union 194 , les organismes pour l’égalité de traitement «peuvent faire partie d’organes chargés de défendre à l’échelon national les droits de l’homme ou de protéger les droits des personnes». Conformément au cadre juridique applicable, le Commissaire aux droits fondamentaux est indépendant, n’est subordonné qu’à la loi et ne peut pas recevoir d’instructions concernant ses activités. À cet égard, le gouvernement maintient que l’exécutif n’a aucune influence sur la manière dont le Commissaire exerce ses activités. Toutefois, des parties prenantes ont exprimé des inquiétudes au sujet de l’indépendance et de l’efficacité du fonctionnement du Commissaire 195 .

Des inquiétudes ont été exprimées quant au rôle joué par la Cour constitutionnelle dans le contrôle des décisions de justice définitives. Comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit, à la suite d’une modification de la législation, les autorités administratives peuvent contester devant la Cour constitutionnelle une décision judiciaire qui est déjà devenue définitive, si elle viole leurs droits et restreint les pouvoirs qui leur sont conférés par la Loi fondamentale. Au cours de l’année écoulée, les pouvoirs publics ont contesté devant la Cour constitutionnelle plusieurs décisions définitives rendues par des juridictions de droit commun qui les affectaient. Cette possibilité de contrôle soulève des questions, notamment en ce qui concerne la sécurité juridique 196 . Par ailleurs, bien qu’elle ne fasse pas partie du système judiciaire, la Cour constitutionnelle, lorsqu’elle statue sur des recours constitutionnels, se prononce tout de même sur le fond de l’affaire, et elle a été qualifiée de «juridiction de quatrième instance» 197 , agissant de la même manière que les cours d’appel ordinaires 198 . Il est rappelé, dans ce contexte, que les membres de la Cour constitutionnelle sont élus par le Parlement à la majorité des deux tiers 199 , sur la base de vastes critères d’admissibilité 200 .

Des pressions continuent d’être exercées contre les organisations de la société civile critiques à l’égard du gouvernement. À la suite de l’arrêt rendu par la Cour de justice de l’UE dans le recours en manquement formé par la Commission contre la Hongrie 201 , le 18 mai 2021, le Parlement a adopté une nouvelle loi 202 abrogeant la loi sur la transparence des organisations de la société civile dotées de fonds étrangers qui était contraire au droit de l’Union. Cette loi a également introduit de nouvelles règles imposant à la Cour des comptes de procéder à des contrôles de légalité sur les comptes d’organisations de la société civile dont le bilan annuel dépasse un montant donné 203 . Des procédures en manquement sont actuellement pendantes 204 contre une loi 205 érigeant en infraction l’organisation d’une assistance offerte par des personnes au nom d’organisations nationales, internationales et non gouvernementales aux personnes souhaitant demander l’asile. Une autre loi instaurant une taxe spéciale sur l’immigration de 25 % applicable au soutien financier destiné aux organisations menant des «activités facilitant l’immigration», qui a également soulevé des préoccupations 206 , est toujours en vigueur. Le gouvernement et les médias progouvernementaux continuent d’employer une rhétorique hostile contre les organisations de la société civile qui se montrent critiques à son égard 207 . En Hongrie, l’espace civique est classé comme étant «obstrué» 208 . Selon le gouvernement, le fonds de coopération national et le dispositif de don de 1 % de l’impôt sur le revenu des personnes physiques financent des outils destinés à soutenir le fonctionnement et les activités des organisations de la société civile 209 . Néanmoins, selon les parties prenantes, les organisations de la société civile restent sous-financées 210 , surtout lorsqu’elles sont critiques à l’égard du gouvernement 211 . La neuvième modification de la Loi fondamentale (15 décembre 2020) a introduit la nécessité d’une majorité qualifiée au Parlement pour modifier les règles relatives aux fiducies d’intérêt public qui accomplissent des missions publiques 212 . Une nouvelle loi 213 adoptée le 27 avril 2021 a créé un cadre juridique pour le fonctionnement de ces fiducies 214 . Les conseils d’administration de ces fiducies 215 comprennent des ministres et des secrétaires d’État en poste. Certaines parties prenantes ont fait part de préoccupations 216 en ce qui concerne le don de biens publics à de telles entités privées, compte tenu, également, de la composition de leurs conseils d’administration 217 . Ces évolutions interviennent dans le contexte d’insécurité juridique mentionné plus haut 218 en ce qui concerne l’applicabilité des règles relatives aux marchés publics et à l’accès aux informations publiques à ces fiducies. La Commission de Venise note que la nouvelle définition ne dispense pas les entités privées gérant des fonds publics de leurs obligations de responsabilité, mais elle a mis en garde contre le risque de soustraire les fonds publics et les tâches publiques au contrôle démocratique, compte tenu également de la nouvelle définition des fonds publics 219 .

Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*

* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation

Alapjogokért Központ (2021), contribution de Alapjogokért Központ au rapport 2021 sur l’état de droit.

Amnesty International Hongrie, Institut Eötvös Károly, Union hongroise pour les libertés civiles, K-Monitor, Mérték Media Monitor, Political Capital et Transparency International Hongrie (2021), contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’Institut Eötvös Károly Policy, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.

Association européenne des magistrats (2021), contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit.

Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (2021), déclaration du Centre européen pour la liberté de la presse et des médias du 15 mars 2021 ( https://www.ecpmf.eu/hungaryon-national-day-new-hope-that-klubradio-may-return-to-airwaves/ ).

Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2021), rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie.

Comité pour la protection des journalistes (2021), contribution du Comité pour la protection des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit.

Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (2020), déclaration de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, du 20 novembre 2020 ( https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/commissioner-urges-hungary-s-parliament-to-postpone-the-vote-on-draft-bills-that-if-adopted-will-have-far-reaching-adverse-effects-on-human-rights-in- ).

Commission de Venise (2021), avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020 [CDL(2021)028].

Commission européenne (2020), rapport sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie.

Commission européenne (2020), Tableau de bord de la justice dans l’UE.

Commission européenne (2021), rapport 2021 de l’OLAF.

Commission européenne (2021), Tableau de bord de la justice dans l’UE.

Conseil des barreaux européens (2021), contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit.

Fédération européenne des journalistes (2021), contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit.

Forum civique européen (2021), contribution du Forum civique européen au rapport 2021 sur l’état de droit.

Gouvernement hongrois (2021), contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.

GRECO (2019), Troisième cycle d’évaluation — Deuxième addendum au deuxième rapport de conformité sur la Hongrie — Transparence du financement des partis politiques. GRECO (2020), Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire sur la Hongrie — Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs.

Háttér Society (2021), contribution de la Háttér Society au rapport 2021 sur l’état de droit.

https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=26371

International Press Institute (2021), contribution de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit.

K-Monitor et Transparency International Hongrie (2021), contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.

OCDE (2019), Implementing the OECD Anti-Bribery Convention, Phase 4 Report: Hungary.

Ökotárs — fondation hongroise pour un partenariat environnemental (2021), contribution d’Ökotárs, fondation hongroise pour un partenariat environnemental, au rapport 2021 sur l’état de droit.

Président de la Kúria (2021), contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit.

Rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats (2021), lettre du rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats du 15 avril 2021.

Réseau européen des conseils de la justice (2020), lettre du Réseau européen des conseils de la justice à la Commission européenne du 27 octobre 2020 ( https://pgwrk-websitemedia.s3.eu-west-1.amazonaws.com/production/pwk-web-encj2017-p/News/Letter%20ENCJ%20RoL%20Hungary%20EC%2027%20October%202020.pdf ).

Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme (2021), contribution du Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme au rapport 2021 sur l’état de droit.

Századvég (2021), contribution deSzázadvég au rapport 2021 sur l’état de droit.

Union des libertés civiles pour l’Europe (2021), contribution de l’Union des libertés civiles pour l’Europe au rapport 2021 sur l’état de droit.

Annexe II: visite en Hongrie

Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril 2021 avec:

·Alapjogokért Központ

·Amnesty International Hongrie

·Association hongroise des magistrats (MABIE)

·Association nationale des journalistes hongrois (MÚOSZ)

·Autorité nationale des médias et des télécommunications

·Autorité nationale pour la protection des données et la liberté d’information

·Autorité responsable des marchés publics

·Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux

·Comité Helsinki hongrois

·Commission de l’immunité de l’Országgyűlés (Assemblée nationale)

·Commission de la législation de l’Országgyűlés (Assemblée nationale)

·Conseil national de la magistrature

·Corruption Research Center Budapest

·Cour des comptes (Számvevőszék)

·Département des médias et de la communication de l’université ELTE

·Forum des rédacteurs en chef (Főszerkesztők Fóruma)

·Greffe de la Cour constitutionnelle

·Institut politique Eötvös Károly

·K-Monitor

·Kúria (Cour suprême)

·Mathias Corvinus Collegium

·Mérték Media Monitor

·Ministère de l’intérieur

·Ministère de la justice

·Ministère public de Hongrie

·Nézőpont

·Office national de la justice

·Ordre des avocats hongrois

·Századvég

·Transparency International Hongrie

·Union hongroise pour les libertés civiles (TASZ)

* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:

·Amnesty International

·Centre des droits génésiques

·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias

·Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif

·CIVICUS

·Comité Helsinki néerlandais

·Commission internationale de juristes

·Conférence des Églises européennes

·EuroCommerce

·Fédération européenne des journalistes

·Fédération internationale pour le planning familial — Réseau européen (IPPF EN)

·Fédération internationale pour les droits humains

·Forum civique européen

·Forum européen de la jeunesse

·Front Line Defenders

·Human Rights House Foundation

·Human Rights Watch

·ILGA-Europe

·International Press Institute

·Open Society European Policy Institute

·Partenariat européen pour la démocratie

·Philanthropy Advocacy

·Protection International

·Reporters sans frontières

·Société civile Europe

·Transparency International UE

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(1) L’ordre des avocats hongrois est chargé de représenter la profession juridique vis-à-vis du gouvernement, d’exercer une surveillance générale sur les barreaux régionaux, d’arrêter certaines règles ayant trait à la profession juridique en adoptant des règlements et d’examiner les décisions des barreaux régionaux relatives à des mesures disciplinaires (contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 22).
(2) Graphiques 47 et 49 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE. Le niveau de l’indépendance perçue du système judiciaire est classé comme suit: très faible (moins de 30 % des répondants perçoivent l’indépendance du système judiciaire comme plutôt bonne ou très bonne), faible (entre 30 % et 39 %), moyen (entre 40 % et 59 %), élevé (entre 60 % et 75 %) et très élevé (plus de 75 %).
(3) Graphique 44 du tableau de bord 2020 de la justice dans l’UE; graphique 47 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(4) Graphiques 46 et 48 du tableau de bord 2020 de la justice dans l’UE; graphique 49 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(5) Le président de l’Office national de la justice est nommé par le président de la République et élu par le Parlement à la majorité des deux tiers, parmi les juges ayant au moins cinq ans d’expérience en tant que juges, pour une durée de neuf ans, sans possibilité de réélection. Le Conseil national de la magistrature se compose du président de la Kúria d’office et de 14 membres-juges (auxquels s’ajoutent 14 membres suppléants) élus par leurs pairs pour six ans, sans possibilité de réélection. Les activités du président de l’Office sont supervisées par le Conseil national de la magistrature. Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 3.
(6) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9.
(7) Information du Conseil national de la magistrature reçue dans le cadre de la visite en Hongrie. Le Conseil n’est pas autorisé à communiquer par le biais du site web des juridictions (contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9), en dehors de la publication des informations requises par la loi. Lorsque le Conseil national de la magistrature a voulu contacter l’ensemble des juges par courrier électronique (par exemple, pour les consulter au sujet du projet de nouveau code de déontologie), une adresse électronique spéciale a été enregistrée pour lui dans le système de messagerie électronique officiel pour lui permettre de communiquer directement avec l’ensemble du système judiciaire.
(8) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 5.
(9) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9.
(10) Information reçue du Conseil national de la magistrature dans le cadre de la visite en Hongrie.
(11) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 3.
(12) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 7. Article 58, paragraphe 3, de la loi nº CLXII de 2011 sur le statut juridique et la rémunération des juges. Voir, par exemple, décisions nº 83.E/2020 du 21 février 2020 de l’Office national de la justice et nº 62.E/2021 du 12 mars 2021 de l’Office national de la justice.
(13) La loi nº CLXV de 2020 a modifié l’article 10, paragraphe 2, de la loi nº CLXI de 2011 à compter du 1er janvier 2021. L’introduction de formations de cinq juges doit être indiquée dans le mécanisme de répartition des dossiers (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 4); la section composée de juges (kollégium) qui est concernée rend un avis non contraignant sur l’introduction de formations de cinq juges (article 10, paragraphe 2, de la loi nº CLXI de 2011); le conseil judiciaire de la Kúria rend un avis non contraignant sur le mécanisme de répartition des dossiers [article 151, paragraphe 1, point d), de la loi nº CLXI de 2011]. En outre, la loi nº CLXV de 2020 a introduit l’article 118, paragraphe 6, et l’article 127, paragraphe 2 bis, de la loi nº CLXI de 2011, qui permettent au président de la Kúria d’agir en tant que secrétaire général par intérim et établissent un lien entre le mandat du (vice-)secrétaire général et celui du président de la Kúria.
(14) Les présidents des tribunaux sont nommés par le président de la Kúria (article 128, paragraphe 3, de la loi nº CLXI de 2011) à la suite d’un avis non contraignant de la section compétente [article 131, point c), et article 132, paragraphe 4, de la loi nº CLXI de 2011]. Le juge qui préside le tribunal décide de la composition de la formation de jugement qui entend une affaire donnée, et il nomme le juge rapporteur.
(15) En général, les formations de jugement qui entendent les affaires (eljáró tanács) sont composées d’un juge président (tanácselnök) et de deux autres juges appartenant à la même chambre (ítélkező tanács). Le nombre de postes judiciaires de la Kúria n’est pas fixé par la loi, mais déterminé par le président de l’Office national de la justice [voir l’article 76, paragraphe 4, point a), de la loi nº CLXI de 2011]. Il y a actuellement 114 postes (voir la décision nº 14.SZ/2021 du 24 février 2021 de l’Office national de la justice), dont 24 sont vacants. Il y a lieu de noter que c’est le président de la Kúria qui décide de la nomination des juges de la Kúria; le président de la République ne joue qu’un rôle formel (graphique 54 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE).
(16) Article 128, paragraphe 3, de la loi nº CLXI de 2011.
(17) Une chambre peut compter plusieurs juges présidents. Dans ce cas, le président de la Kúria charge l’un d’entre eux des tâches administratives. Les chambres sont organisées en sections civiles, pénales et administratives. Le chef de section répartit les affaires entre les chambres sur la base du mécanisme de répartition des dossiers. La chambre municipale contrôle la légalité des décrets municipaux; ses membres sont nommés par le président de la Kúria.
(18) La juridiction siégeant en assemblée plénière et la section compétente rendent un avis non contraignant sur les candidats [article 131, points a) et c), et article 132, paragraphe 4, de la loi nº CLXI de 2011].
(19) Le conseil judiciaire de la Kúria et les sections rendent un avis non contraignant sur le mécanisme de répartition des dossiers [voir article 9, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011]. Depuis le 1er janvier 2021, le président de la Kúria a modifié à neuf reprises le mécanisme de répartition des dossiers.
(20) Depuis le 1er avril 2020, les juridictions de niveau inférieur sont légalement tenues d’expliquer pourquoi elles s’écartent de l’interprétation des dispositions juridiques donnée par la Kúria dans ses décisions publiées. Un tel écart constitue un motif de recours extraordinaire devant la Kúria. Voir, par exemple, l’article 561, paragraphe 3, point g), l’article 648, point d), l’article 649, paragraphe 6, et l’article 652, paragraphe 1, de la loi nº XC de 2017 sur le code de procédure pénale; l’article 346, paragraphe 5, l’article 406, paragraphe 1, l’article 409, paragraphe 3, et l’article 424, paragraphe 3, de la loi nº CXXX de 2016 sur le code de procédure civile. Le Conseil des barreaux européens fait remarquer que ces règles ont été introduites sans que le pouvoir judiciaire ait été consulté, que la disponibilité et la consultabilité de la jurisprudence publiée par la Kúria ne sont pas à jour, certaines décisions étant publiées dans des publications différentes, et qu’il est difficile de savoir si seul le ratio decidendi des décisions doit être suivie, ou également les obiter dicta. Selon lui, les nouvelles règles réduiront l’autonomie des juges en ce qui concerne l’interprétation du droit à la lumière des circonstances de l’affaire concernée (contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 24).
(21) Article 25, paragraphe 3, de la Loi fondamentale. La procédure d’uniformité — qui est engagée par l’une des chambres, le président ou un (vice-)chef de section de la Kúria, par le président d’une cour d’appel régionale ou par le procureur général — est différente de la procédure de plainte en matière d’uniformité, qui est lancée par l’une des parties à une affaire.
(22) Article 32, paragraphe 1, point b), et article 32, paragraphe 2, de la loi nº CLXI de 2011. Chaque section possède sa propre commission d’uniformité.
(23) Les vice-présidents de la Kúria sont nommés par le président de la République sur recommandation du président de la Kúria (article 128, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011).
(24) Article 41/B de la loi nº CLXI de 2011. Le 1er janvier 2021, une modification des règles a précisé les cas dans lesquels la plainte en matière d’uniformité devait être rejetée, élargi le champ des décisions judiciaires pouvant être contestées au moyen d’une plainte en matière d’uniformité (tout en les limitant à celles rendues après le 1er juillet 2020), renforcé le droit de disposition dont jouissent les parties dans le cadre de la procédure (qui leur permettait de retirer leur plainte) et autorisé la suspension de la procédure de la juridiction et le renvoi préjudiciel devant la Cour de justice de l’UE. La loi permet la création de commissions relatives aux plaintes en matière d’uniformité composées de plus de neuf membres (ce qui est également le nombre minimal de membres pour ces commissions) (contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9 et 10).
(25) Article 41/A, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011. Le 1er mai 2021, le président de la Kúria a modifié le mécanisme de répartition des dossiers afin d’introduire un algorithme pour la composition des commissions relatives aux plaintes en matière d’uniformité.
(26) Article 41/D, paragraphe 1, point c), de la loi nº CLXI de 2011. Le Conseil des barreaux européens fait observer que le nouveau système de plaintes en matière d’uniformité risque de générer de la confusion et de réduire l’indépendance des juges, tout en octroyant trop de pouvoirs de décision à la Kúria (contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 24).
(27) En ce qui concerne la nomination des administrateurs de juridictions au sein de la Kúria, si le président de la Kúria souhaite nommer un candidat sans l’accord de l’instance judiciaire concernée (exprimé par la majorité des votes), il ou elle doit demander l’accord du Conseil national de la magistrature (article 132, paragraphe 6, de la loi nº CLXI de 2011).
(28) Information reçue du Comité Helsinki hongrois dans le cadre de la visite en Hongrie. Par exemple, le conseil judiciaire et la section rendent un avis sur le mécanisme de répartition des dossiers (article 9, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011).
(29) Selon la procédure normale, les juges sont nommés à la Kúria par son président, à la suite d’un appel à candidatures, sur la base d’un avis de la section (kollégium) compétente de la Kúria ainsi que d’une évaluation et d’un classement des candidats par le conseil judiciaire de la Kúria, composé de juges élus par leurs pairs. L’article 3, paragraphe 4a, de la loi nº CLXII de 2011, permettant la nomination en tant que juges de membres de la Cour constitutionnelle, élus par le Parlement, sans appel à candidatures, a été introduit par la loi nº CXXVII de 2019 portant modification de certaines lois en lien avec les procédures à degré unique des autorités administratives de district (ci-après la «législation “omnibus”») (rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 7). Le 21 septembre 2020, le Conseil national de la magistrature a appelé le président de l’Office national de la justice à proposer une législation supprimant l’article 3, paragraphe 4a, de la loi nº CLXII de 2011 (décision nº 107/2020 du 21 septembre 2020 du Conseil national de la magistrature). Lors de la réunion du Conseil du 9 septembre 2020, le président de l’Office national de la justice et le représentant du ministère de la justice ont indiqué considérer que le Conseil national de la magistrature n’avait aucune compétence à ce sujet.
(30) Article 88, paragraphe 3, de la loi nº CLXII de 2011.
(31) https://www.parlament.hu/irom41/13175/13175.pdf
(32) Article 103, paragraphe 3, point a), de la loi nº CLXI de 2011.
(33) Treize membres-juges ont voté contre. Le seul vote favorable a été émis par le président de l’époque de la Kúria (membre d’office du Conseil national de la magistrature) (contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 4). Le Conseil a reconnu les qualités personnelles et la préparation du candidat, ses mérites académiques et l’expérience qu’il avait acquise dans le domaine de la justice, de manière plus générale, en tant que membre de la Cour constitutionnelle et adjoint du procureur général, mais a motivé son rejet en indiquant que le candidat manquait d’expérience en salle d’audience et que sa candidature avait été rendue possible par les modifications législatives que le Conseil jugeait contraires à l’exigence constitutionnelle d’indépendance et d’impartialité du chef du système judiciaire (décision nº 120/2020 du 9 octobre 2020 du Conseil national de la magistrature). L’avis du Conseil national de la magistrature n’est pas contraignant. Le gouvernement est d’avis que ce système garantit la participation des organes judiciaires (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 2). Il convient de rappeler que, le 1er janvier 2020, l’article 1er de la loi nº XXIV de 2019 a modifié l’article 114, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011 en ce sens que le temps passé comme référendaire à la Cour constitutionnelle ou dans une juridiction internationale peut désormais être pris en considération lors du calcul des cinq années d’«expérience en tant que magistrat» requises pour le poste de président de la Kúria.
(34) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12.
(35) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 7.
(36) Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, paragraphe 47. Voir également arrêt de la Cour de justice dans les affaires jointes C‑585/18, C‑624/18 et C‑625/18, A.K., point 134.
(37) Lettre du rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats du 15 avril 2021. Par ailleurs, comme souligné par le Réseau européen des conseils de la justice, l’élection au poste de président de la Kúria a été rendue possible par une législation ad hominem (Réseau européen des conseils de la justice, 2020). Il convient également de rappeler que le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a noté avec préoccupation l’absence persistante de garanties en ce qui concerne les mesures constitutionnelles ad hominem mettant fin à un mandat judiciaire, ainsi que la compétence du Parlement, établie en 2012 à la suite des faits de l’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Baka contre Hongrie (requête nº 20261/12), de destituer le président de la Kúria sans contrôle judiciaire (1 383e réunion, 29 septembre — 1er octobre 2020).
(38) Selon le gouvernement, le rôle capital joué par la Kúria dans le système judiciaire hongrois est entièrement soumis au contrôle de la Cour constitutionnelle.
(39) Selon la Cour de justice, les États membres sont tenus de veiller à éviter toute régression, au regard de la valeur de l’état de droit, de leur législation en matière d’organisation de la justice, en s’abstenant d’adopter des règles qui viendraient porter atteinte à l’indépendance des juges (voir arrêt dans l’affaire C-896/19, Repubblika, points 63 et 64).
(40) Un appel à candidatures est déclaré comme non concluant lorsqu’aucune des candidatures n’est acceptée par l’autorité investie du pouvoir de nomination. Un nouvel appel à candidatures est alors publié. Si cette nouvelle procédure est également déclarée non concluante, le poste de président (administrateur) de tribunal peut être occupé par une personne sélectionnée par l’autorité investie du pouvoir de nomination pendant une période maximale d’un an (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 2). Aucun contrôle juridictionnel ne peut s’exercer sur les décisions du président de l’Office national de la justice d’annuler des procédures de sélection de présidents de tribunaux et autres administrateurs de juridictions, et le Conseil national de la magistrature n’est pas associé à ce processus.
(41) En 2020, le président de l’Office national de la justice a annulé cinq procédures de sélection d’administrateurs de juridictions (présidents de tribunaux, vice-présidents, chefs et chefs adjoints de sections) dans lesquelles un candidat était soutenu par la majorité des membres de l’organe judiciaire rendant un avis (décision nº 373.E/2020 du 1er octobre 2020 de l’Office national de la justice; décision nº 388.E/2020 du 19 octobre 2020 de l’Office national de la justice; décision nº 415.E/2020 du 12 novembre 2020 de l’Office national de la justice; décision nº 443.E/2020 du 30 novembre 2020 de l’Office national de la justice; décision nº 444.E/2020 du 30 novembre 2020 de l’Office national de la justice. Selon le gouvernement, ces décisions du président de l’Office national de la justice étaient fondées sur l’article 133, paragraphe 1, de la loi nº CLXI de 2011, étaient motivées de manière détaillée et ont été publiées au journal officiel ainsi que sur le site internet officiel de la juridiction. En conséquence, trois présidents de tribunal par intérim ont été nommés. Lors de sa réunion du 5 mai 2021, le Conseil national de la magistrature a fait part de ses inquiétudes quant à l’absence de critères unifiés régissant l’annulation d’une procédure de sélection par le président de l’Office national de la justice.
(42) Les présidents et certains autres administrateurs des tribunaux régionaux et des cours d’appel régionales sont nommés par le président de l’Office national de la justice sur la base d’un vote au scrutin secret de la juridiction concernée siégeant en assemblée plénière. Le président de l’Office national de la justice peut nommer tout candidat ayant obtenu la majorité des voix (un juge peut soutenir plusieurs candidats à une élection), mais la nomination d’un candidat qui n’a pas obtenu la majorité des voix de l’assemblée plénière requiert l’accord préalable du Conseil national de la magistrature. Les présidents des tribunaux régionaux nomment les présidents des tribunaux de district (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 2).
(43) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 5.
(44) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 4.
(45) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 5 et 6.
(46) Article 23, paragraphe 1, de la loi nº CLXII de 2011. Contribution de la Hongrie au rapport 2020 sur l’état de droit, p. 1.
(47) Article 24, paragraphe 2, et chapitre V de la loi nº CLXII de 2011. L’évaluation réalisée par le président du tribunal repose sur une appréciation effectuée par le chef de section ou par un juge nommé par ce dernier (article 71, paragraphe 2, de la loi nº CLXII de 2011).
(48) Article 3, paragraphe 3, point c), et article 24, paragraphe 3, de la loi nº CLXII de 2011.
(49) Article 25, paragraphe 1, de la loi nº CLXII de 2011.
(50) Articles 80 et 101 de la loi nº CLXII de 2011. Les membres des tribunaux de la fonction publique sont nommés par le Conseil national de la magistrature [article 102, paragraphe 1, et article 145, paragraphe 2, de la loi nº CLXII de 2011; et article 103, paragraphe 3, point g), de la loi nº CLXI de 2011].
(51) Article 31, paragraphe 3, de la loi nº CLXII de 2011. Selon les informations fournies par le gouvernement lors de la préparation du rapport 2021 sur l’état de droit.
(52) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire, recommandation xi, paragraphe 27. Selon les normes européennes, un juge ne devrait recevoir une nouvelle affectation ou se voir attribuer d’autres fonctions judiciaires sans y avoir consenti, sauf en cas de sanctions disciplinaires ou de réforme de l’organisation du système judiciaire [voir recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, paragraphe 52].
(53) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 8.
(54) Des parties prenantes ont indiqué que, comme le prévoit la législation, les salaires des présidents et autres administrateurs de juridictions avaient été augmentés de manière disproportionnée au cours de la première phase du programme (contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12, confirmée par les informations transmises par le Conseil national de la magistrature dans le cadre de la visite en Hongrie). À compter du 1er janvier 2020, les suppléments relatifs aux degrés d’instance ont été augmentés, passant de 10 à 20 % pour les juges des tribunaux de districts, de 20 à 40 % pour les juges des tribunaux régionaux, de 40 à 70 % pour les juges des cours d’appel régionales et de 60 à 120 % pour les juges de la Kúria. En ce qui concerne les suppléments pour les administrateurs de juridictions, une augmentation plus importante a été introduite. Par exemple, depuis le 1er janvier 2020, le supplément de salaire a été augmenté de 60 à 200 % pour les chefs de section et le secrétaire général de la Kúria, de 60 à 150 % pour les présidents des cours d’appel régionales et le président du Tribunal régional de Budapest, de 50 à 120 % pour les vice-présidents des cours d’appel régionales et les présidents des tribunaux régionaux et de 45 à 120 % pour les juges présidant les chambres de la Kúria. Selon les informations fournies par le gouvernement, à l’échelon des tribunaux de district, la moyenne était de 30 %, dont 29 % pour les juges et 34 % pour les administrateurs de juridictions; au niveau des tribunaux régionaux, la moyenne était de 33 %, dont 33 % pour les juges et 33 % également pour les administrateurs de juridictions.
(55) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 5.
(56) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 8. Selon les informations transmises par le Comité Helsinki hongrois dans le cadre de la visite en Hongrie, les règles juridiques relatives aux primes (article 189 de la loi nº CLXII de 2011) sont très vagues, laissant ainsi une grande place à l’arbitraire; il n’existe aucune liste ni définition réglementaire des types et formes de primes que le président de l’Office national de la justice et les autres dirigeants d’instances judiciaires peuvent distribuer aux juges, ni de critères clairs sur ce qui peut servir de fondement à de telles décisions. Le président de l’Office national de la justice a refusé de fournir des informations détaillées au Conseil national de la magistrature sur le paiement des primes, car selon son interprétation du droit, ce sujet ne relève pas des pouvoirs de surveillance du Conseil national de la magistrature (informations fournies par le Conseil national de la magistrature dans le cadre de la visite en Hongrie).
(57) Le ratio moyen des primes normatives payables à l’ensemble des juges et du personnel des tribunaux est déterminé par le président de l’Office national de la justice; les administrateurs de juridictions peuvent décider de s’écarter de ce ratio moyen; voir article 11, paragraphe 4, de l’ordonnance nº 5/2013 du 25 juin 2013 du président de l’Office national de la justice (la décision est prise par les présidents des tribunaux régionaux et des cours d’appel régionales en ce qui concerne les juges et le personnel des tribunaux, par le président de l’Office national de la justice en ce qui concerne les présidents de ces tribunaux et les juges affectés à l’Office national de la justice et par le président de la Kúria en ce qui concerne les juges de la Kúria). L’ordonnance nº 5/2013 du 25 juin 2013 de l’Office national de la justice ne contient pas de critères régissant les écarts au cas par cas par rapport au ratio moyen. Par ailleurs, les administrateurs peuvent attribuer d’autres primes (non normatives). Selon le Conseil de l’Europe, les systèmes faisant dépendre l’essentiel de la rémunération des juges de la performance devraient être évités, dans la mesure où ils peuvent créer des difficultés pour l’indépendance des juges [recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, paragraphe 55].
(58) Contribution d’Alapjogokért Központ au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 3. Il est observé qu’aucun recours effectif n’existe contre les décisions du ministère public de ne pas poursuivre des activités criminelles présumées qui sont préjudiciables pour l’intérêt public, y compris des faits de corruption, de fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’UE et de détournement de fonds publics [une accusation privée substitutive n’est pas possible lorsque la victime est l’État ou un organe investi de l’autorité publique; article 787, paragraphe 3, point d), de la loi nº XC de 2017 sur le code de procédure pénale].
(59) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire, recommandation xiv, paragraphe 37.
(60) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire, recommandation xv, paragraphe 42. L’article 60/A de l’instruction nº 12/2012 du 8 juin 2012 du procureur général exige que le motif de la reprise de l’affaire soit inscrit dans le dossier. Selon le gouvernement, le GRECO a utilisé, dans son rapport de 2015, le terme «potentiel» pour exprimer le fait qu’il faisait uniquement référence à des situations hypothétiques, et non factuelles, et ne recommandait des mesures supplémentaires que pour éviter de tels scénarios potentiels; il est néanmoins essentiel, pour le bon fonctionnement du ministère public, que le poste du procureur général soit pourvu même pendant la période de transition, jusqu’à ce que la majorité requise soit formée; cette majorité garantit l’indépendance du procureur général et protège la séparation des pouvoirs. Selon le gouvernement, la garantie fondamentale contre les décisions arbitraires mentionnée dans le rapport de conformité intérimaire du GRECO est apportée par la Loi fondamentale elle-même, laquelle dispose, à l’article 29, paragraphe 1, que «le procureur général et le parquet sont indépendants». Le gouvernement fait remarquer que cette indépendance du ministère public est élargie par l’article 3, paragraphe 3, de la loi nº CLXIII de 2011 relative aux services du Parquet.
(61) GRECO, Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire, recommandation xvii, paragraphe 52. Le GRECO a salué l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2019, de la modification de l’article 88, paragraphe 1, de la loi nº CLXIV de 2011, prévoyant la participation obligatoire d’un commissaire disciplinaire dans l’exécution de l’enquête.
(62) Graphique 44 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(63) Graphique 45 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(64) Graphique 46 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(65) Graphique 27 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(66) Graphique 23 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(67) Graphique 25 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(68) Graphique 36 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(69) En 2019, les juridictions avaient conduit 6 426 audiences par vidéoconférence, un chiffre qui a été porté à 20 569 en 2020 (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 11). Le système de formation avec des outils numériques a connu des débuts lents, mais il est désormais opérationnel (contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 18 et 20).
(70) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9.
(71) Ibidem. Par exemple, une loi spéciale permet de traiter les affaires par procédure écrite même dans les litiges pour lesquels cette procédure n’était pas prévue auparavant.
(72) Décret gouvernemental nº 112/2021 du 6 mars 2021. Ce décret n’est plus applicable depuis le 23 mai 2021. Le décret gouvernemental nº 182/2021 du 16 avril 2021 a modifié le décret gouvernemental nº 112/2021 avec effet au 17 avril 2021; il a autorisé les juridictions à tenir des audiences à partir du 20 avril 2021.
(73) Graphique 9 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(74) Graphique 10 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(75) Graphique 16 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(76) Graphique 14 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(77) Graphique 7 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(78) Graphique 11 du tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE.
(79) Loi nº LXX de 2020. Les tribunaux agissent rapidement, le délai général pour agir étant de huit jours ouvrables maximum. Si la juridiction doit tenir une audience, elle le fait principalement au moyen d’un réseau de communications électroniques ou d’autres moyens permettant de transmettre des images et du son par voie électronique. Dans les procédures de recours et de réexamen, les parties ne demandent pas toujours la tenue d’une audience (contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 9).
(80) En octobre 2018, le gouvernement a présenté au Parlement le projet de loi T/2923. En juin 2021, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a pris acte avec une vive inquiétude de l’absence de progrès suffisamment tangibles, et notamment du fait qu’aucun plan concret n’avait été fourni concernant l’établissement de recours en indemnisation pour les affaires administratives et pénales.
(81) Loi nº XCIV de 2021.
(82) Transparency International, indice 2020 de perception de la corruption (2021), p. 2 et 3. Le niveau de perception de la corruption est classé comme suit: faible (le score de perception de la corruption dans le secteur public parmi les experts et les dirigeants d’entreprise est supérieur à 79); relativement faible (score entre 79 et 60), relativement élevé (score entre 59 et 50), élevé (score inférieur à 50).
(83) Le score est passé de 51 en 2015 à 44 en 2020. Il y a augmentation/diminution sensible de l’indice lorsque celui-ci gagne/perd plus de cinq points, augmentation/diminution lorsque la variation est comprise entre 4 et 5 points, et stabilité relative lorsque la variation est comprise entre 1 et 3 points au cours des cinq dernières années.
(84) Les données de l’Eurobaromètre concernant la perception et l’expérience des citoyens et des entreprises en matière de corruption, telles qu’elles ont été communiquées l’année dernière, sont mises à jour tous les deux ans. Les derniers jeux de données proviennent de l’Eurobaromètre spécial 502 (2020) et de l’Eurobaromètre Flash 482 (2019).
(85) Le code pénal inclut les définitions pertinentes de la corruption et des infractions connexes et incrimine différentes formes de corruption et de trafic d’influence, de malversation, de détournement de fonds publics et d’abus d’autorité publique.
(86) OCDE (2019), Mise en œuvre de la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption, rapport de phase 4: Hongrie. Voir loi nº XLIII de 2020.
(87) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 19.
(88) Décision gouvernementale nº 1328/2020 du 19 juin 2020 relative à la stratégie nationale de lutte contre la corruption à moyen terme pour la période 2020-2022 et le plan d’action qui l’accompagne.
(89) Voir également rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 12.
(90) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 12.
(91) Information du ministère public reçue dans le cadre de la visite en Hongrie.
(92) Information du ministère public reçue dans le cadre de la visite en Hongrie.
(93) Information du ministère public reçue dans le cadre de la visite en Hongrie.
(94) Deux affaires concernent un secrétaire d’État adjoint accusé de corruption passive et un haut fonctionnaire de l’administration fiscale. Trois autres affaires concernent des personnes haut placées occupant des postes de haut niveau dans le secteur privé ou dans des organisations internationales (information du ministère public reçue dans le cadre de la visite en Hongrie).
(95) Le Bureau du procureur général a fait remarquer qu’aucune statistique distincte n’était compilée au sujet des affaires de «grande corruption», vu qu’il ne s’agit pas d’une catégorie définie en droit pénal.
(96) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 12.
(97) Voir page 9. GRECO, Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire, recommandation xiv, paragraphes 37 et 42.
(98) En 2020, 245 tests de ce type ont été réalisés par le Service national de protection, donnant lieu à l’ouverture de procédures pénales contre neuf personnes. Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 13.
(99) Voir article 7 de la loi nº XXXIV de 1994 sur la police.
(100) Les déclarations de patrimoine — qui sont rendues publiques et font l’objet de vérifications — ne couvrent pas les régimes de gestion des actifs fiduciaires (bizalmi vagyonkezelői jogviszony), les fiducies (vagyonkezelő alapítvány), les fonds de capital-investissement (magántőkealap) et les polices d’assurance vie. Les déclarations d’intérêts — qui ne sont pas rendues publiques et ne font pas l’objet de vérifications — couvrent le statut de mandataire, de fiduciaire ou de bénéficiaire dans le cadre d’une relation de fiducie et de membre d’une fondation, du conseil d’administration d’une fondation et d’autres postes clés (informations fournies par l’Assemblée nationale dans le cadre de la visite en Hongrie).
(101) Informations fournies par l’Assemblée nationale dans le cadre de la visite en Hongrie.
(102) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 13.
(103) Loi nº XXXVI de 2012 relative à l’Assemblée nationale, modifiée en décembre 2019.
(104) GRECO (2020), Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire sur la Hongrie — Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs, p. 5.
(105) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 14.
(106) Décret gouvernemental nº 50/2013 du 25 février 2013 relatif au système de gestion de l’intégrité dans les organismes de l’administration publique et aux règles de procédure relatives à la réception de lobbyistes.
(107) GRECO (2020), Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire sur la Hongrie — Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs.
(108) Article 8, paragraphe 4, de la loi nº I de 2012.
(109) Article 93, paragraphe 1, point g), de la loi nº CXXV de 2018.
(110) La durée de la restriction établie par la loi équivaut au temps passé au poste soumis à la restriction, avec un maximum de deux ans (article 117, paragraphe 2, de la loi nº CXXV de 2018). L’article 117, paragraphe 1, de la loi nº CXXV de 2018 dispose que le gouvernement doit déterminer les secteurs et les postes dans lesquels un fonctionnaire ne peut être employé après la cessation de ses activités dans la fonction publique. Cette disposition doit encore être mise en œuvre.
(111) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 14.
(112) GRECO (2019), Troisième cycle d’évaluation — Deuxième addendum au deuxième rapport de conformité, paragraphe 24.
(113) Loi nº CLXV de 2013 sur les plaintes et les lanceurs d’alerte.
(114) La loi nº CLXV de 2013 dispose que les organismes publics et les autorités locales sont autorisés à prendre des mesures en lien avec les signalements des lanceurs d’alerte (article 1er, paragraphes 1 et 4). Lorsqu’il apparaît clairement que le lanceur d’alerte a communiqué, de mauvaise foi, de fausses informations d’importance capitale, et que cela tend à indiquer qu’une infraction criminelle ou autre a été commise, les données à caractère personnel du lanceur d’alerte sont transmises à l’organisme ou à la personne habilitée à mener une procédure. Lorsqu’il est probable que le lanceur d’alerte a causé un préjudice illégal ou porté atteinte d’une autre manière aux droits d’autrui, ses données à caractère personnel sont transmises à l’organisme ou à la personne habilitée à lancer ou à mener une procédure, à la demande de celui-ci (article 3, paragraphe 4).
(115) Les autres canaux de signalement sont le canal des employeurs et le système de contrôle interne des organismes publics.
(116) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 14. Dans la pratique, la tâche principale du médiateur est de transmettre les rapports aux autorités compétentes. Ces rapports ne sont pas automatiquement transmis aux services de maintien de l’ordre et une enquête administrative est réalisée tout d’abord par le conseiller en matière d’intégrité de l’institution concernée. Les conseillers en matière d’intégrité rendent compte directement au responsable de leur institution. Sur demande ou d’office, le médiateur peut toutefois examiner si ces autorités ont donné un suivi approprié aux rapports. Les institutions concernées enquêtent sur les divulgations d’intérêt public et leur réponse contenant les résultats de l’enquête est chargée dans un registre électronique.
(117) https://www.oecd.org/corruption/anti-bribery/OECD-Hungary-Phase-4-Report-ENG.pdf
(118) Loi nº VIII de 2021 modifiant l’enseignement supérieur et certaines lois connexes.
(119) Article 5, paragraphe 3, de la loi nº CXLIII de 2015 sur les marchés publics, définissant les entités tenues d’appliquer les règles de passation des marchés publics: «[e]n ce qui concerne les marchés financés par des fonds de l’Union européenne, les fiducies créées par l’État appliquent les dispositions de la présente loi, de même que les personnes morales gérées par ces fiducies […]».
(120) Les fiducies d’intérêt public accomplissant des missions publiques et les personnes morales qu’elles gèrent ne sont pas expressément couvertes par l’article 5, paragraphe 1, de la loi nº CXLIII de 2015 sur les marchés publics. Elles peuvent relever de l’article 5, paragraphe 2, mais pour ce qui est des marchés financés par des fonds de l’Union européenne, cette disposition ne couvre pas toutes les situations qui étaient couvertes par l’ancien article 5, paragraphe 3, abrogé par la loi nº VIII de 2021.
(121) Informations fournies par l’OLAF en préparation du présent rapport sur l’état de droit.
(122) Rapport 2020 de l’OLAF. Les recommandations financières sont adressées par l’OLAF aux institutions de l’UE ou aux autorités nationales qui octroient ou gèrent des fonds de l’UE afin de permettre le recouvrement des fonds de l’UE détournés et leur restitution au budget de l’UE.
(123) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 17.
(124) Informations reçues dans le cadre de la visite en Hongrie. Contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12 et 13.
(125) L’article IX, paragraphe 2, dispose que «[l]a Hongrie reconnaît et protège la liberté et le pluralisme de la presse et assure les conditions de la libre information nécessaire à la formation de l’opinion publique démocratique».
(126) Loi nº CLXXXV de 2010 sur les services de médias et sur les moyens de communication de masse, telle que modifiée par la loi nº LXIII de 2019.
(127) Loi nº CIV de 2010 sur la liberté de la presse.
(128) Loi nº CXII de 2011 sur l’autodétermination en matière d’information et la liberté de l’information.
(129) Entre 2020 et 2021, la Hongrie a perdu trois places supplémentaires dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières et se trouve actuellement au 92e rang mondial et au 26e rang dans l’Union européenne.
(130) Directive (UE) 2018/1808 du 14 novembre 2018.
(131) La loi sur les médias définit les objectifs de l’Autorité, en précisant qu’elle est «une agence de régulation autonome subordonnée uniquement à la loi» (article 109) et que le Conseil des médias est «un organe indépendant de l’Autorité rendant compte au Parlement, […] soumis uniquement au droit hongrois» (article 123).
(132) Informations fournies par l’Autorité nationale des médias et des télécommunications dans le cadre de la visite en Hongrie.
(133)

Le président de l’Autorité des médias est automatiquement nommé au poste de président du Conseil des médias.

(134) À la suite des recommandations de la Commission de Venise [avis CDL-AD(2015)015], les dispositions de la loi sur les médias relatives à la nomination et à la révocation du président et des membres du Conseil des médias ont été modifiées en conséquence. L’article 124 de la loi sur les médias requiert une décision unanime de la commission parlementaire ad hoc chargée de la nomination des candidats. (Le président de l’Autorité des médias est candidat d’office.) La commission de nomination est composée d’un membre issu de chaque groupe politique, doté d’un poids électoral correspondant à la taille du groupe qu’il représente. Si la commission de nomination n’est pas en mesure de présenter quatre candidatures dans les délais prescrits, elle peut désigner les candidats avec au moins deux tiers des voix pondérées.
(135) Les parties prenantes ont observé que l’Autorité des médias avait attribué des radiofréquences à des stations progouvernementales dans le cadre de procédures non transparentes (contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 35) et qu’elle avait fait preuve de partialité lors de l’approbation des concentrations sur le marché des médias (contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 34). Les décisions de l’Autorité des médias peuvent être soumises à un contrôle juridictionnel.
(136) Rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie, p. 11 et 12.
(137) Fondation de la presse et des médias d’Europe centrale. Un rapport ad hoc du Centre pour le pluralisme et la liberté des médias a conclu en 2019 que la création de KESMA aggraverait les risques généraux d’atteinte au pluralisme des médias en Hongrie (rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 16). Le 25 juin 2020, la Cour constitutionnelle a confirmé la constitutionnalité du décret gouvernemental déclarant que l’extension prévue de la Fondation pour la presse et les médias d’Europe centrale revêtait une importance stratégique nationale (décision nº 16/2020 du 8 juillet 2020 de la Cour constitutionnelle).
(138) Selon l’International Press Institute, la coordination des contenus des médias progouvernementaux, surtout par l’intermédiaire de la Fondation KESMA, a rendu dominant le discours de l’État, en particulier dans les zones rurales (contribution de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 3). Les informations reçues dans le cadre de la visite en Hongrie ont corroboré cette appréciation.
(139) Contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 37 et 38; contribution de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 2; contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 35; déclaration du Centre européen pour la liberté de la presse et des médias du 15 mars 2021.
(140) La Commission considère que les décisions du Conseil des médias de rejeter la demande de Klubrádió reposent sur des motifs contestables et sont disproportionnées et non transparentes, en violation des règles de l’UE relatives aux télécommunications, énoncées dans le code des communications électroniques européen [directive (UE) 2018/1972].
(141) Rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie, p. 17; et rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 16. En mars 2020, un investisseur progouvernemental a pris le contrôle de la société générant les recettes d’Index.hu; en août 2020, le rédacteur en chef a été limogé, entraînant la démission collective de 90 journalistes, qui ont décrit le licenciement de leur rédacteur en chef comme étant «une tentative flagrante de faire pression» (contribution de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 3; voir aussi contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 39). Par la suite, l’ancienne équipe d’Index.hu a lancé un portail d’information indépendant, Telex, financé par des sources privées grâce au financement participatif. Selon le gouvernement, le limogeage du rédacteur en chef d’Index.hu est une question qui relève du droit du travail; l’employeur (une organisation commerciale, un acteur du marché) est en droit de mettre fin à la relation juridique qui le lie à son salarié, sur la base des conditions et des motifs prévus par la loi; le gouvernement ne dispose d’aucune compétence en ce qui concerne une décision spécifique d’un employeur.
(142) Les fournisseurs de services de médias linéaires doivent notifier à l’Autorité des médias leur participation directe ou indirecte (ou celle de leur société mère) dans les sociétés fournissant des services de médias. Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 16.
(143) Informations fournies par le gouvernement dans le cadre de la visite en Hongrie.
(144) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 16 et 17.
(145) Rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie, p. 13.
(146) Rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie, p. 18.
(147) Ibidem, p. 18.
(148) Ibidem, p. 17.
(149) La divulgation proactive des données reste également problématique dans la mesure où 70 % des municipalités ne publient pas les informations minimales requises sur leur site internet (Budapest Institute, Corruption Research Center Budapest, 2019). La législation spécifique limitant l’accès aux documents et aux informations publiques est toujours en vigueur (par exemple, l’article 5 de la loi nº VII de 2015 sur le développement de la centrale nucléaire de Paks et l’article 2, paragraphe 3, de la loi nº XXIX de 2020 sur la mise en œuvre du projet de liaison ferroviaire Budapest-Belgrade).
(150) Article 29, paragraphes 1 et 2, de la loi nº CXII de 2011.
(151) Décret gouvernemental nº 521/2020 du 25 novembre 2020. Dans le cadre de ces règles, l’organisme public peut répondre à la demande dans un délai de 45 jours (au lieu de la règle générale de 15 jours) à compter de sa réception, s’il est probable que le traitement de la demande dans le délai de 15 jours compromettra l’exécution, par l’organisme public responsable du traitement des données, des missions publiques liées à l’état de danger. Le délai ainsi prolongé peut encore être prolongé d’une durée supplémentaire maximale de 45 jours si ces conditions restent valables.
(152) Décision nº 15/2021 du 13 mai 2021 de la Cour constitutionnelle.
(153) Selon la Fédération européenne des journalistes, le gouvernement s’est servi de la pandémie de COVID-19 pour exercer un contrôle supplémentaire sur l’accès aux informations en limitant l’accès aux conférences de presse, en ne répondant qu’aux demandes des médias progouvernementaux et en interdisant aux représentants locaux du secteur de la santé de parler aux médias, préférant faire passer le traitement de toutes les questions relatives à la pandémie par une «unité opérationnelle» centrale (contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 39). Cette appréciation a été corroborée par les informations reçues dans le cadre de la visite en Hongrie.
(154) Selon la Fédération européenne des journalistes, les fonctionnaires refusent d’accorder des entretiens aux médias indépendants et ceux-ci sont fréquemment exclus des manifestations publiques (contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 38). Des études de l’Union hongroise pour les libertés civiles ont mis au jour une obstruction systémique du gouvernement au travail des médias indépendants, consistant à ignorer les demandes de la presse, à les rejeter ouvertement, à appliquer des restrictions physiques aux journalistes et à discréditer, stigmatiser et intimider leurs sources (contribution de K-Monitor et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 18; contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 43; et contribution de l’Union des libertés civiles pour l’Europe au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 40).
(155) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 17 et 18.
(156) Le décret gouvernemental nº 301/2016 du 30 septembre 2016 autorise les institutions publiques à exiger le remboursement des frais occasionnés par les demandes d’accès à des informations publiques dans le cas où la réponse à la demande nécessiterait un travail supplémentaire de la part de l’autorité publique (par exemple, le délai supplémentaire — supérieur à quatre heures — nécessaire à l’obtention, à l’organisation, à la copie et à l’expurgation des documents demandés). Sur les 300 plaintes traitées par l’Autorité nationale pour la protection des données et la liberté de l’information en 2018, environ 10 % concernaient l’application injustifiée de frais (Autorité nationale pour la protection des données et la liberté de l’information, 2019). Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 17 et 18. Le gouvernement fait remarquer qu’il n’est pas obligatoire d’appliquer des frais pour le travail supplémentaire de la part de l’autorité publique. Un autre problème concerne la durée des procédures judiciaires dans les affaires d’accès aux informations publiques; les parties prenantes indiquent qu’en moyenne, ces procédures peuvent prendre jusqu’à un an et demi (contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 6).
(157) Selon l’avis de la Commission de Venise du 2 juillet 2021, l’un des effets de l’amendement pourrait être que le fonctionnement interne des fondations nouvellement créées, ainsi que leurs recettes et leurs dépenses, pourraient être considérés comme «privés» et donc protégés de l’examen de la société civile et des médias, puisqu’ils ne sont pas soumis aux demandes de liberté d’information des citoyens et des médias, ce qui porterait atteinte à la transparence et à la liberté d’information de l’État [avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020, CDL(2021)028, point 70]. La Commission de Venise a précisé que la nouvelle définition ne dispenserait pas les entités privées gérant des fonds publics de leurs obligations de responsabilité, qui sont clairement énoncées à l’article 39, paragraphe 2, de la Loi fondamentale. Néanmoins, la publicité de ces fonds ainsi que les garanties de transparence correspondantes peuvent devenir plus incertaines après un deuxième transfert de cet «argent public» à une autre entité.
(158) Voir, par exemple, contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 18; contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 43; et contribution de l’Union des libertés civiles pour l’Europe au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 4. L’article 39, paragraphe 3, de la Loi fondamentale définit les «fonds publics» comme étant les «recettes, dépenses et créances de l’État». Les conséquences de cette modification sur l’accès aux informations publiques, notamment en ce qui concerne les entreprises publiques et les fiducies d’intérêt public, restent encore à déterminer. La Loi fondamentale exige que les données relatives aux fonds publics et aux biens nationaux soient considérées comme des données d’intérêt public (article 39, paragraphe 2). La définition juridique exhaustive du terme «informations publiques» (article 3, paragraphe 5, de la loi nº CXII de 2011 sur l’autodétermination en matière d’information et la liberté de l’information) n’a pas été modifiée. Selon le gouvernement, la modification de la Loi fondamentale n’a pas d’incidence sur l’accès aux informations publiques contrôlées par des entités exécutant des missions publiques, par exemple par des fiduciaires d’intérêt public. Toutefois, au moment d’appliquer la législation, les juridictions sont tenues d’interpréter les textes de droit conformément à la Loi fondamentale (article 28 de cette dernière). Cette modification a déjà eu des conséquences sur la jurisprudence relative à la mise en œuvre judiciaire de la liberté d’information: le 11 janvier 2021, le Tribunal régional de Székesfehérvár (arrêt nº 26.P.20.281/2020/9, confirmé par l’arrêt nº Pf.III.20.050/2021/3 de la Cour d’appel régionale de Győr le 29 avril 2021) a conclu qu’aux fins de la définition énoncée à l’article 39, paragraphe 3, de la Loi fondamentale, les investissements et les travaux de construction effectués par la société défenderesse et financés par des fonds de l’UE n’étaient pas couverts par les termes «recettes, dépenses et créances de l’État» et ne pouvaient donc être qualifiés de «fonds publics», et, par conséquent, les données les concernant ne relevaient pas de la notion d’«informations publiques».
(159) Contributions de la Fédération européenne des journalistes et de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 37 et p. 7, respectivement.
(160) Contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 37.
(161) Ibidem.
(162) Le Comité pour la protection des journalistes a signalé qu’une juridiction de Budapest avait rendu une ordonnance d’injonction préliminaire, en invoquant les règles en matière de protection des données, relative aux deux numéros du 29 septembre et du 15 octobre 2020 de Magyar Narancs, afin de faire supprimer une partie d’un article du journaliste d’investigation Ákos Keller-Alánt (contribution du Comité pour la protection des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 6). Comme indiqué l’année dernière, en janvier 2020, une mesure provisoire a été ordonnée par un tribunal visant à interdire la diffusion du magazine économique Forbes Hungary en invoquant les règles en matière de protection des données (Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, note infrapaginale 116).
(163) La Hongrie a répondu à la première et à la dernière des plaintes mentionnées en déclarant que l’affaire Index.hu relevait du droit du travail et que la décision Klubrádió avait été prise par le Conseil des médias indépendant.
(164) Une majorité des deux tiers de tous les membres est requise afin d’adopter ou de modifier la Loi fondamentale (article S, paragraphe 2, de la Loi fondamentale).
(165) La Loi fondamentale prévoit l’adoption de 33 lois organiques transposant certaines de ses dispositions et contenant des règles détaillées sur le fonctionnement des principales institutions ou sur l’exercice de certains droits fondamentaux. Les lois organiques peuvent être adoptées ou modifiées à la majorité des deux tiers des députés présents (article T, paragraphe 4, de la Loi fondamentale). La Commission de Venise a critiqué la Hongrie pour son recours à des lois organiques au-delà de ce qui est strictement nécessaire, et même pour l’établissement de dispositions législatives détaillées, cette pratique étant jugée contestable d’un point de vue démocratique, car elle rend difficile l’introduction de réformes à l’avenir [avis CDL-AD(2012)009, paragraphe 47]. Le gouvernement fait valoir qu’un niveau élevé de consensus politique est nécessaire pour réglementer les aspects les plus importants des droits fondamentaux et l’organisation de l’État.
(166) Le président de la République, les membres et le président de la Cour constitutionnelle, le président de la Kúria, le procureur général, le président de l’Office national de la justice (OBH), le Commissaire et les vice-commissaires aux droits fondamentaux, le président de la Cour des comptes, le président de la Banque nationale de Hongrie.
(167) Article 6, paragraphe 1, de la Loi fondamentale. En 2020, 15 projets de loi proposés par des députés (14 membres de la majorité et un membre de l’opposition) ont été adoptés (informations fournies par l’Assemblée nationale dans le cadre de la visite en Hongrie).
(168) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 19 et 20.
(169) Contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 23; contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 46. Le gouvernement estime que le contrôle constitutionnel des lois s’étend également à l’appréciation des critères formels de sécurité juridique: si l’exigence d’une préparation adéquate de l’application de la disposition n’était pas respectée, la Cour constitutionnelle déclarerait cette disposition inconstitutionnelle.
(170) Le 11 mars 2020, le gouvernement a déclaré l’«état de danger» en vertu de l’article 53, paragraphe 2, de la Loi fondamentale. Le 30 mars 2020, le Parlement a adopté une nouvelle loi qui autorisait le gouvernement à abroger n’importe quelle loi par décret. Les pouvoirs d’urgence accordés semblaient étendus, au vu de l’effet conjugué d’une définition très large de ces pouvoirs et de l’absence de limite temporelle claire. Le 18 juin 2020, le gouvernement a levé l’«état de danger» et déclaré l’«état d’urgence en matière de santé publique» jusqu’au 18 décembre 2020 (voir le 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 20). Par la suite, le gouvernement a prolongé l’«état d’urgence en matière de santé publique» jusqu’au 18 juin 2021. Les règles applicables sont énoncées au chapitre XIV de la loi nº CLIV de 1997 sur les soins de santé. Il est observé que, en vertu du chapitre IX/A de la loi nº LXXX de 2007 sur le droit d’asile, le gouvernement maintient depuis le 10 mars 2016 un état de crise dû à l’immigration massive (informations fournies par l’Assemblée nationale dans le cadre de la visite en Hongrie).
(171) Article 54, paragraphe 3, de la Loi fondamentale. Les règles détaillées applicables aux mesures d’urgence sont déterminées par la loi nº CXXVIII de 2011 sur la gestion des catastrophes, telle que modifiée. L’article 51/A de cette loi est fondamentalement identique à l’article 2 de la loi nº XII de mars 2020 (voir le 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 20).
(172) Loi nº CIX de 2020 sur l’enrayement de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus.
(173) À l’issue de la période de 90 jours, le 8 février 2021, la loi nº CIX de 2020 est devenue inapplicable, ce qui implique la fin de toute autorisation parlementaire de prolonger l’applicabilité des mesures d’urgence.
(174) Décret gouvernemental nº 26/2021 du 29 janvier 2021.
(175) Décret gouvernemental nº 27/2021 du 29 janvier 2021. Ce décret a réintroduit — sans publication — certaines mesures d’urgence (décrets gouvernementaux) adoptées dans le cadre du précédent «état de danger» (qui étaient devenues inapplicables avec la fin de l’«état de danger», conformément à l’article 53, paragraphe 4, de la Loi fondamentale).
(176) L’Assemblée nationale considère que cette technique n’a pas empiété sur ses prérogatives et que ces décrets étaient conformes aux dispositions de la Loi fondamentale et des lois pertinentes (informations fournies par l’Assemblée nationale dans le cadre de la visite en Hongrie).
(177) Loi nº I de 2021 sur l’enrayement de la pandémie de coronavirus.
(178) Loi nº XL de 2021 modifiant la loi nº I de 2021 sur l’enrayement de la pandémie de coronavirus. Il est à noter que la session d’automne du Parlement se déroule du 1er septembre au 15 décembre; la date d’ouverture est inconnue à ce stade.
(179) Les pouvoirs d’urgence accordés semblaient étendus, au vu de l’effet conjugué d’une définition très large de ces pouvoirs et de l’absence de limite temporelle claire (voir le 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 20).
(180) Recommandation du Conseil du 20 juillet 2020 concernant le programme national de réforme de la Hongrie pour 2020 et portant avis du Conseil sur le programme de convergence de la Hongrie pour 2020.
(181) Par exemple, le 7 avril 2021, une compagnie d’assurance autrichienne a annoncé avoir reçu une décision du ministère hongrois de l’intérieur bloquant l’acquisition prévue des filiales hongroises d’une compagnie d’assurance néerlandaise en vertu du décret gouvernemental nº 532/2020 du 28 novembre 2020 — une mesure d’urgence adoptée dans le cadre du régime de l’«état de danger» —, qui s’écarte des dispositions de la loi nº LVII de 2018 en ce qu’il prévoit que de telles opérations entre des investisseurs de l’EEE doivent être déclarées au ministre nommé par le gouvernement, qui doit prendre acte de la déclaration.
(182) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 20 et 21. Dans la plupart des cas, l’examen s’est achevé sans décision sur le fond (ordonnances IV/74/2021, IV/200/2021, IV/02069/2020, IV/00295/2021 et 3237/2021 du 4 juin 2021; 3238/2021 du 4 juin 2021; 3206/2021 du 19 mai 2021; 3178/2021 du 30 avril 2021; 3159/2021 du 22 avril 2021; 3413/2020 du 26 novembre 2020; 3388/2020 du 22 octobre 2020; et 3326/2020 du 5 août 2020). La Cour constitutionnelle a jugé que les mesures d’urgence relatives à l’interdiction générale de rassemblement pendant l’état de danger (affaire IV/288/2021) et à la désignation d’une zone économique spéciale dans la ville de Göd (décision 8/2021 du 2 mars 2021 de la Cour constitutionnelle) étaient constitutionnelles, mais a défini une exigence constitutionnelle pour leur application. En ce qui concerne la mesure d’urgence empêchant les municipalités de tirer des recettes des taxes sur les véhicules à moteur durant l’état de danger, la Cour constitutionnelle a rejeté le recours introduit par un quart des députés (décision 3234/2020 du 1er juillet 2020 de la Cour constitutionnelle). La Cour constitutionnelle a également examiné le décret gouvernemental nº 521/2020 du 25 novembre 2020 étendant le délai applicable aux demandes d’accès aux documents publics (voir p. 20 ci-dessus).
(183) La Commission de Venise a noté avec inquiétude que les modifications avaient été adoptées pendant un état d’urgence, sans aucune consultation publique, et que l’exposé des motifs ne comptait que trois pages; elle a souligné que cette rapidité et l’absence de consultations publiques sérieuses étaient particulièrement inquiétantes lorsqu’il s’agit d’amendements constitutionnels et elle a rappelé sa précédente mise en garde contre une «volonté d’instrumentaliser la Constitution» de la majorité au pouvoir en Hongrie à l’égard de la Loi fondamentale, qui ne doit pas être considérée comme un instrument politique [avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020, CDL(2021)028, points 83 et 84].
(184) Les circonstances dans lesquelles l’état de guerre (l’actuel état de crise nationale) et l’état d’urgence peuvent être déclarés seront élargies, compte tenu des besoins liés à l’évolution de l’environnement de sécurité (par exemple, une cyberattaque qui ne constitue pas un acte de violence, ou une attaque sous la forme d’une pollution environnementale), et le Parlement sera le seul organe à pouvoir les déclarer (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 27). La Commission de Venise a souligné que l’impact de plusieurs dispositions était difficile à évaluer sans connaître les changements législatifs qui pourraient être adoptés à la suite de ces dispositions. Elle a conclu que le neuvième amendement laissait principalement la spécification de la plupart des détails aux lois cardinales (également dénommées lois organiques), ce qui pourrait éventuellement soulever de sérieuses questions concernant l’étendue des pouvoirs de l’État pendant les états d’exception [avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020, CDL(2021)028, recommandation f)].
(185) Article 54 de la Loi fondamentale. Selon le nouvel article 48/A de la loi nº CLI de 2011 sur la Cour constitutionnelle, les réunions de la Cour constitutionnelle peuvent également se tenir par voie électronique, sur décision de son président. Le nouvel article 68/A de la même loi dispose que sous un ordre juridique spécial, a) le président et le secrétaire général assurent la continuité du fonctionnement de la Cour constitutionnelle et prennent les mesures nécessaires en matière organisationnelle, opérationnelle, administrative et de préparation décisionnelle, et b) le président peut autoriser des dérogations au règlement de procédure de la Cour constitutionnelle (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 26 et 27).
(186) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 27.
(187) Le nouvel article 56, paragraphe 1, de la Loi fondamentale permettra au président de la République d’autoriser le gouvernement à prolonger l’«état de danger» si le Parlement est empêché de prendre de telles décisions.
(188) Déclaration de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, du 20 novembre 2020. La fusion n’a pas été précédée d’une consultation publique (contribution d’Ökotárs, fondation hongroise pour un partenariat environnemental, au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 17).
(189) Contribution du Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 194.
(190) Loi nº CXXVII de 2020 modifiant certaines lois en vue d’assurer une application plus efficiente de l’obligation d’égalité de traitement (adoptée le 1er décembre 2020). Le cadre constitutionnel et les garanties fondamentales d’indépendance du commissaire n’ont pas été modifiés.
(191) Loi nº CXXV de 2003 sur l’égalité de traitement et la promotion de l’égalité des chances.
(192) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 28.
(193) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 27. Les règles relatives au contrôle a posteriori des lois ont été considérablement modifiées par la Loi fondamentale. Jusqu’au 31 décembre 2011, toute personne pouvait, même sans intérêt à agir, introduire une requête en vue du contrôle constitutionnel d’une règle de droit. Selon les nouvelles règles, applicables depuis le 1er janvier 2012, cette procédure ne peut plus être engagée que par le gouvernement, un quart des députés, le président de la Kúria, le procureur général ou le Commissaire aux droits fondamentaux. L’actuel commissaire n’a jamais fait usage de ce pouvoir, pas même, par exemple, en ce qui concerne la loi nº LXXIX de 2021 «introduisant des mesures plus strictes contre les auteurs d’actes de pédophilie et modifiant certaines lois en vue de protéger les enfants». Le gouvernement considère que, à la suite de l’abolition de l’actio popularis pour le contrôle a posteriori des lois, l’introduction du «véritable» recours constitutionnel contre les décisions judiciaires assure une protection efficace des droits fondamentaux.
(194) Directive 2000/43/CE relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique (JO L 180 du 19.7.2000); directive 2004/113/CE mettant en œuvre le principe de l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l’accès à des biens et services et la fourniture de biens et services (JO L 373 du 21.12.2004); directive 2006/54/CE relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité des chances et de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d’emploi et de travail (refonte) (JO L 204 du 26.7.2006); directive 2010/41/UE concernant l’application du principe de l’égalité de traitement entre hommes et femmes exerçant une activité indépendante, et abrogeant la directive 86/613/CEE du Conseil (JO L 180 du 15.7.2010).
(195) Par exemple, contribution de la Háttér Society au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 10; contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 52. Voir également la recommandation (UE) 2018/951 de la Commission relative aux normes applicables aux organismes pour l’égalité de traitement (JO L 167 du 4.7.2018, p. 28).
(196) Voir le rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 21. En vertu de l’article 24, paragraphe 2, point d), de la Loi fondamentale et conformément à l’article 27 de la loi nº CLI de 2011 sur la Cour constitutionnelle, une décision judiciaire contraire à la Loi fondamentale peut être contestée devant la Cour constitutionnelle par toute personne ou organisation concernée par l’affaire donnée dès lors que cette décision viole ses droits établis par la Loi fondamentale et que les voies de recours légales ont déjà été épuisées (recours constitutionnel). Lorsque la Cour constitutionnelle établit que la décision judiciaire est contraire à la Loi fondamentale, elle annule cette décision. La Cour européenne des droits de l’homme considère le recours constitutionnel comme une voie de recours effectif qu’il y a lieu d’épuiser (voir décisions de la Cour européenne des droits de l’homme du 12 mars 2019, Szalontay contre Hongrie, requête nº 71327/13; du 12 novembre 2019, Geréb contre Hongrie, requête nº 25520/13; et du 12 novembre 2019, Takács contre Hongrie, requête nº 73665/17). Depuis 2012, 90 % des affaires jugées par la Cour constitutionnelle ont été des recours constitutionnels (informations fournies par le président de la Kúria dans le cadre de la visite en Hongrie). Depuis l’entrée en vigueur, le 20 décembre 2019, de la modification permettant aux entités investies d’une autorité publique de contester une décision judiciaire définitive, sept recours constitutionnels ont été introduits par de telles entités. En 2020, 412 recours constitutionnels ont été introduits par des particuliers contre une décision judiciaire (informations reçues du greffe de la Cour constitutionnelle dans le cadre de la visite en Hongrie). Entre 2012 et 2020, la Cour constitutionnelle a annulé 117 décisions judiciaires (dont 47 décisions de la Kúria) (contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 10).
(197) Contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 23. Le CCBE fait remarquer que la Cour constitutionnelle agit de plus en plus comme une juridiction de quatrième instance en contrôlant le bien-fondé des décisions rendues par les juridictions de droit commun. Selon le CCBE, cela constitue une intervention inutile de la Cour constitutionnelle dans le fonctionnement des juridictions de droit commun, dont le pouvoir d’appréciation et l’indépendance sont ainsi remis en cause.
(198) Contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 2. Selon le gouvernement, les membres de la Cour constitutionnelle exercent de fait une activité judiciaire (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 12).
(199) Le Parlement élit également le président de la Cour constitutionnelle (contribution de Századvég au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 6).
(200) Tout citoyen hongrois qui possède un casier judiciaire vierge et dispose du droit d’éligibilité aux élections parlementaires peut devenir membre de la Cour constitutionnelle, à condition: a) qu’il soit diplômé en droit; b) qu’il soit âgé de plus de 45 ans mais de moins de 70 ans; et c) qu’il soit un juriste théoricien disposant de connaissances pointues (professeur d’université ou docteur à l’Académie hongroise des sciences) ou possède au moins 20 ans d’expérience professionnelle dans le domaine du droit. Une personne ne peut pas devenir membre de la Cour constitutionnelle si elle a été membre du gouvernement ou dirigeant d’un parti politique ou si elle a occupé un poste de fonctionnaire de haut rang au cours des quatre années ayant précédé l’élection (contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 1).
(201) Arrêt de la Cour de justice du 18 juin 2020, Commission/Hongrie, C-78/18.
(202) Loi nº XLIX de 2021 concernant la transparence des organisations de la société civile exerçant une activité susceptible d’influencer le débat public, et modifiant certaines lois connexes.
(203) En application des règles déjà existantes (articles 28 à 30 de la loi nº CLXXV de 2011 sur la liberté d’association, le statut d’utilité publique. les activités des organisations de la société civile et le soutien à ces organisations, et articles 39 et 40 de la loi nº CLXXXI de 2011 sur l’enregistrement auprès des tribunaux des organisations de la société civile et les règles de procédure applicables), toutes les organisations de la société civile sont tenues d’élaborer un rapport comptable annuel concernant leurs actifs, opérations, finances et recettes. Elles sont également tenues de rendre compte de leurs activités d’utilité publique, ainsi que des dons qu’elles ont reçus dans le cadre du dispositif permettant aux citoyens de faire don de 1 % de leur impôt sur le revenu des personnes physiques (contribution d’Alapjogokért Központ au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 21). Le 1er juillet 2021, un nouveau décret gouvernemental (décret nº 379/2021 du 30 juin 2021) est entré en vigueur, imposant aux organisations de la société civile d’inclure le nom de leurs donateurs dans leur rapport sur leurs activités d’utilité publique. Ces dispositions ont été abrogées le 17 juillet 2021 par le décret gouvernemental nº 437/2021 du 16 juillet 2021.
(204) Affaire C-821/19, pendante, dans laquelle l’avocat général Rantos a présenté des conclusions le 25 février 2021.
(205) Cette loi a été dénommée «Stop-Soros» par le gouvernement, https://www.parlament.hu/irom41/00333/00333.pdf
(206) Rapport 2020 sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie, p. 22, dans lequel il était fait état des critiques exprimées dans l’avis conjoint de la Commission de Venise et du BIDDH de l’OSCE [CDL-AD(2018)035].
(207) Contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’institut politique Eötvös Károly, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 57.
(208) Selon la classification CIVICUS; cette classification comprend les cinq catégories suivantes: ouvert, rétréci, obstrué, réprimé et fermé.
(209) Contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 28.
(210) Selon le Forum civique européen, alors que les organisations de la société civile ont été en première ligne pour venir en aide aux groupes sociaux les plus touchés par la crise provoquée par la pandémie de coronavirus (en apportant une aide alimentaire, en soutenant l’éducation numérique, en diffusant des informations et des conseils juridiques, entre autres), le gouvernement n’a mis en place aucune source de financement supplémentaire à l’intention de la société civile (contribution du Forum civique européen au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 38).
(211) Certaines parties prenantes font remarquer que la société civile démocratique en Hongrie a été économiquement étouffée par le manque d’accès aux financements publics, qui sont de plus en plus politisés (contribution du Forum civique européen au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 39).
(212) Article 38, paragraphe 6, de la Loi fondamentale.
(213) Loi nº IX de 2021 relative aux fiducies d’intérêt public accomplissant des missions publiques. Selon le gouvernement, le but de cette loi est d’empêcher ces fiducies d’être constamment exposées aux débats politiques, ainsi que de garantir l’exécution de leurs missions.
(214) La loi énumère 33 fiducies, dotées de biens publics considérables et chargées du fonctionnement de différents établissements d’enseignement supérieur et d’autres établissements culturels, toutes fondées par un ministre après avoir obtenu l’autorisation du Parlement au moyen d’une législation spécifique. Citons par exemple le Mathias Corvinus Collegium, dont le conseil d’administration inclut un secrétaire d’État et qui a reçu au moins 500 milliards d’HUF (1,4 milliard d’EUR), soit une somme équivalant au budget annuel global de l’intégralité du secteur de l’enseignement supérieur en Hongrie, sous la forme de différents actifs, dont des biens immobiliers, des fonds propres et des liquidités (contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 13). Voir la loi nº XXVI de 2020 sur le soutien au programme de gestion des talents du Mathias Corvinus Collegium et aux activités d’enseignement de la Fondation Maecenas Universitatis Corvini, et article 6 et annexe 2 de la loi nº CVI de 2020 sur certaines fiducies et sur les transferts d’actifs à celles-ci.
(215) Les fiducies d’intérêt public sont gérées par un conseil d’administration composé d’au moins cinq personnes physiques, nommées pour une période illimitée. Une fois que les droits du fondateur ont été transférés du ministre au conseil d’administration, seul ce dernier a la possibilité de renvoyer et de nommer ses membres. Le conseil d’administration peut modifier les statuts de la fiducie. La nouvelle loi permet au fondateur de renoncer à toute forme de contrôle sur le conseil d’administration, rendant ainsi ses membres autonomes et inamovibles.
(216) Informations fournies par le Comité Helsinki hongrois dans le cadre de la visite en Hongrie; le Comité a, à cette occasion, fait référence à la création d’un «État fantôme».
(217) Contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit, p. 13.
(218) Voir, sur ces thèmes, la section relative au cadre de lutte contre la corruption (p. 16) et la section relative au pluralisme des médias (p. 22).
(219) Avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020, CDL(2021)028, points 66 et 70.

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