COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.7.2021
SWD(2021) 714 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2021 sur l’état de droit
Chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapports 2021 sur l’état de droit
La situation de l’état de droit dans l’Union européenne
{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 710 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}
Résumé
En termes d’efficience et de qualité, le système de justice hongrois obtient de bons résultats pour ce qui est de la longueur des procédures et affiche un niveau élevé de numérisation. Les salaires des juges et procureurs continuent d’augmenter progressivement. Toutefois, sur le plan de l’indépendance de la justice, le système de justice a connu de nouvelles évolutions qui ont exacerbé les préoccupations existantes, également exprimées dans le contexte de la procédure au titre de l’article 7, paragraphe 1, TUE engagée par le Parlement européen. Les nouvelles règles permettant de nommer à la Cour suprême (Kúria) des membres de la Cour constitutionnelle en dehors de la procédure normale ont été mises en pratique et ont permis l’élection du nouveau président de la Kúria, dont la fonction a également été enrichie de pouvoirs supplémentaires. Ce président de la Kúria a été élu en dépit d’un avis négatif du Conseil national de la magistrature. La recommandation visant à renforcer l’indépendance de la justice, formulée dans le cadre du Semestre européen, demeure toujours sans réponse. Il est notamment nécessaire de renforcer formellement les pouvoirs du Conseil national de la magistrature indépendant afin de lui permettre de contrebalancer les pouvoirs du président de l’Office national de la justice.
La mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la corruption est en cours, mais sa portée reste limitée. Des lacunes subsistent en ce qui concerne le financement des partis politiques, le lobbying et le «(rétro)pantouflage». Les risques liés au clientélisme, au favoritisme et au népotisme à des niveaux élevés de l’administration publique ainsi que ceux découlant des liens entre les entreprises et les responsables politiques ne sont toujours pas traités. Les mécanismes de contrôle indépendants demeurent insuffisants pour détecter la corruption. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne l’absence de vérification systématique et le caractère insuffisant du suivi des déclarations de patrimoine et d’intérêts. De nouvelles dispositions de droit pénal visent à lutter contre la corruption active d’origine étrangère et les paiements informels dans les soins de santé. Le taux de mise en accusation pour des faits de corruption est élevé et quelques nouveaux dossiers de grande corruption ont été ouverts depuis 2020, mais le bilan des enquêtes à la suite d’allégations contre des hauts fonctionnaires et leur entourage immédiat demeure limité.
Le pluralisme des médias est toujours menacé. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne l’indépendance et l’efficacité de l’Autorité des médias, compte tenu également des décisions du Conseil des médias ayant débouché sur la suspension d’antenne de la station de radio indépendante Klubrádió. Si aucun régime d’aide en faveur des médias n’a été mis en place afin de lutter contre les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les médias d’information, le gouvernement a pu continuer, grâce à des volumes importants de publicité d’État, d’exercer une influence politique indirecte sur les médias. L’accès aux informations publiques a été restreint à la suite de l’adoption de mesures d’urgence durant la pandémie, ce qui a rendu l’accès en temps utile à ces informations plus difficile pour les médias indépendants. Les journalistes et médias indépendants sont toujours confrontés à des pratiques d’obstruction et d’intimidation.
En ce qui concerne le système de l’équilibre des pouvoirs, la transparence et la qualité du processus législatif demeurent sources de préoccupation. Une modification constitutionnelle limitera les pouvoirs du gouvernement en ce qui concerne le régime de l’«état de danger» après juillet 2023. Le Commissaire aux droits fondamentaux a obtenu davantage de compétences, mais son indépendance a été remise en question par des parties prenantes. La Commission a ouvert des procédures d’infraction afin d’assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice sur la loi relative à la transparence des organisations de la société civile dotées de fonds étrangers. Par la suite, le Parlement a abrogé cette loi et introduit de nouvelles règles relatives aux contrôles de la légalité pour la société civile. Des pressions continuent d’être exercées sur les organisations de la société civile critiques à l’égard du gouvernement, tandis que des préoccupations ont été exprimées concernant les fiducies privées nouvellement créées qui reçoivent un financement public considérable et sont gérées par des membres du conseil d’administration proches de l’actuel gouvernement.
I.Système de justice
La Hongrie dispose d’un système judiciaire de droit commun à quatre niveaux. On dénombre 113 tribunaux de district, qui sont des juridictions de première instance, et 20 tribunaux régionaux, qui sont compétents pour connaître des recours formés contre les décisions des tribunaux de district et statuer sur certaines affaires en première instance. Cinq cours d’appel régionales statuent sur les recours formés contre les décisions des tribunaux régionaux. Le rôle principal de la Cour suprême (Kúria) est de garantir l’application uniforme du droit. La Loi fondamentale charge le président de l’Office national de la justice, élu par le Parlement, de l’administration centrale des juridictions. Le Conseil national de la magistrature est un organisme indépendant qui, en vertu de la Loi fondamentale, supervise le président de l’Office national de la justice et participe à l’administration des juridictions. Les juges sont nommés par le président de la République sur recommandation du président de l’Office national de la justice, sur la base d’un classement des candidats établi par les conseils de la magistrature locaux (composés de juges élus par leurs pairs). Le président de l’Office national de la justice ne peut s’écarter de ce classement sans l’accord préalable du Conseil national de la magistrature. La Cour constitutionnelle ne fait pas partie du système judiciaire de droit commun et contrôle la constitutionnalité des lois et des décisions judiciaires. Le ministère public est une institution indépendante investie de pouvoirs d’enquête et de poursuites en cas d’infractions. L’ordre des avocats hongrois et les barreaux régionaux sont des organismes publics autonomes.
Indépendance
La perception de l’indépendance du système de justice par l’opinion publique reste moyenne, et faible pour les entreprises. La perception de l’indépendance des juges et juridictions par l’opinion publique reste moyenne, chutant de 48 % en 2020 à 40 % en 2021. 32 % des entreprises ont une perception «plutôt bonne ou très bonne» de l’indépendance de la justice , un chiffre en hausse par rapport aux 26 % de 2020. En ce qui concerne l’opinion publique, la perception a suivi une tendance négative pendant les cinq dernières années (interrompue en 2020); pour ce qui est des entreprises, après une forte baisse en 2019, la perception a continué de s’améliorer.
Le Conseil national de la magistrature demeure confronté à des difficultés pour contrebalancer les pouvoirs du président de l’Office national de la justice en ce qui concerne la gestion des juridictions. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, le Conseil national de la magistrature est soumis à une série de contraintes structurelles qui l’empêchent d’exercer un contrôle effectif sur l’action du président de l’Office national de la justice. Le Conseil national de la magistrature est dépourvu de personnalité juridique et n’a pas le droit de proposer des actes législatifs ou d’être consulté sur les propositions législatives ayant une incidence sur le système de justice. De nouveaux membres et membres suppléants ont été élus au Conseil national de la magistrature; ce dernier possède un budget approuvé, et le président de l’Office national de la justice lui a fourni un agent supplémentaire. L’actuel président de l’Office national de la justice coopère mieux avec le Conseil que son prédécesseur, mais cette coopération se limite à ce qu’impose la législation, et aucune mesure législative n’a été prise afin de remédier aux problèmes structurels. Les recommandations formulées par le Conseil dans le contexte du Semestre européen en vue de «défendre l’indépendance de la justice» n’ont pas encore reçu de réponse. Le président de l’Office national de la justice a, à de nombreuses reprises, pourvu des postes vacants dans des juridictions supérieures, sans appel à candidatures, en recrutant des juges exécutant des tâches administratives à l’Office national de la justice.
Le président de la Kúria, la Cour suprême hongroise, s’est vu attribuer des pouvoirs supplémentaires concernant l’organisation du fonctionnement de cette juridiction. Le 1er janvier 2021, de nouvelles règles sont entrées en vigueur, permettant au président de la Kúria de créer des formations de jugement composées d’un président et de quatre juges pour certains groupes d’affaires, à la suite d’un avis non contraignant de la section concernée et du conseil judiciaire de la Kúria. Cela a de nouveau renforcé les pouvoirs administratifs du président de la Kúria, qui incluent la nomination des juges présidant les tribunaux, l’affectation des juges et présidents aux chambres, la nomination des chefs de section et la détermination du mécanisme de répartition des dossiers entre les chambres. Le président de la Kúria jouit également de pouvoirs significatifs concernant le rôle joué par la Kúria dans la garantie de l’application uniforme du droit par les juridictions. À cet effet, la Kúria rend des décisions d’uniformité qui sont contraignantes pour les juridictions. Lorsqu’une chambre souhaite s’écarter de la jurisprudence publiée de la Kúria, elle doit suspendre la procédure et demander une décision d’uniformité. La commission d’uniformité peut être présidée par le président ou le vice-président de la Kúria; ses six membres sont sélectionnés par son président sur une base ad hoc parmi les juges de la section concernée. Par ailleurs, les parties peuvent introduire une plainte en matière d’uniformité à l’encontre d’une décision finale de la Kúria si celle-ci s’écarte de la jurisprudence publiée de la Kúria. La commission relative aux plaintes en matière d’uniformité est présidée par le président ou le vice-président de la Kúria; ses huit membres sont sélectionnés par son président sur la base d’un algorithme. La commission relative aux plaintes en matière d’uniformité peut annuler les décisions finales prises par les chambres dans des affaires particulières. Les organes judiciaires de la Kúria (par exemple, son conseil judiciaire ou ses sections), qui n’ont qu’un rôle consultatif, ne sont pas en mesure de contrebalancer les vastes pouvoirs du président de la Kúria.
Un nouveau président de la Kúria a été élu le 1er janvier 2021 conformément aux nouvelles règles spéciales sur les nominations judiciaires. Il est rappelé qu’au mois de juin 2020, le président de la République a nommé, à compter du 1er juillet 2020, huit membres de la Cour constitutionnelle en tant que juges de la Kúria, à leur demande; six d’entre eux n’avaient aucune expérience en tant que juges d’une juridiction de droit commun. Comme expliqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, depuis une modification adoptée en 2020, les membres de la Cour constitutionnelle peuvent, après avoir obtenu le statut de juge, demander leur nomination à la Kúria après la fin de leur mandat à la Cour constitutionnelle. Le 5 octobre 2020, le président de la République a recommandé que le Parlement élise l’un d’entre eux au poste de président de la Kúria. Après avoir entendu la personne concernée conformément aux dispositions juridiques applicables, le Conseil national de la magistrature a rejeté presque à l’unanimité sa nomination. Après avoir quitté la Cour constitutionnelle, le 19 octobre 2020, le candidat a été élu par l’Assemblée nationale au poste de président de la Kúria à compter du 1er janvier 2021, pour une période de neuf ans. Toujours le 19 octobre, celui qui était alors président de la Kúria a affecté le candidat à la Kúria, où il a occupé le poste de président de chambre jusqu’à son entrée en fonction au poste de président de la Kúria. Ces faits confirment les préoccupations déjà exprimées dans le rapport 2020 sur l’état de droit, une nomination au plus haut poste du pouvoir judiciaire ayant été décidée sans la participation d’un organisme judiciaire et en violation des normes européennes. Le rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats a qualifié cette élection d’«attaque contre l’indépendance du pouvoir judiciaire et de tentative de soumettre ce dernier à la volonté du pouvoir législatif, en violation du principe de séparation des pouvoirs». Compte tenu des pouvoirs administratifs du président de la Kúria et du rôle essentiel joué par la Kúria dans le système de justice, ces faits soulèvent de sérieuses préoccupations au sujet de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Le président de l’Office national de la justice a poursuivi sa pratique consistant à annuler les procédures de sélection des présidents de juridictions et à nommer des présidents de juridictions ad interim sans l’accord du Conseil national de la magistrature. Le président de l’Office national de la justice a poursuivi sa pratique consistant à annuler — dans de plus en plus de cas et, souvent, sans explications suffisantes — les procédures de sélection des présidents de tribunaux et autres administrateurs de juridictions, même en présence de candidats appropriés ayant le soutien de leurs pairs. Cette pratique avait déjà été critiquée par le Conseil national de la magistrature sous le mandat du précédent président de l’Office national de la justice. Au cours de l’année écoulée, la sélection des présidents de tribunaux a été reportée à de nombreuses reprises en raison de la pandémie de COVID-19; en conséquence, les postes vacants sont restés non pourvus ou ont été temporairement occupés par le président de l’Office national de la justice, ou le mandat des administrateurs de juridictions a été prolongé par voie législative. Les présidents de tribunaux exercent des pouvoirs qui sont pertinents quant aux perspectives de carrière d’un juge. Étant donné que le premier mandat des juges est limité à trois ans, la poursuite de leur carrière judiciaire dépend de l’appréciation de leur aptitude à obtenir une titularisation, aux fins de laquelle le président du tribunal est censé évaluer leur activité judiciaire. Si le juge est considéré comme étant apte à la titularisation, le président du tribunal demande au président de l’Office national de la justice de recommander au président de la République de le nommer pour une période illimitée. S’il n’est pas jugé apte, il doit quitter son poste à la fin de son mandat initial. Les résultats de cette évaluation peuvent être contestés devant le tribunal de la fonction publique; ce dernier ne peut pas accorder de mesures provisoires en vue d’empêcher une interruption de la carrière judiciaire du juge pendant le contrôle de l’évaluation. En outre, tous les trois ans, le président du tribunal et le président de l’Office national de la justice peuvent réaffecter des juges — sans leur accord — à d’autres juridictions pour une période maximale d’un an, bien qu’en pratique, ils n’aient pas fait usage de cette possibilité depuis 2012. Des préoccupations ont été soulevées quant à l’incidence de ce pouvoir sur l’inamovibilité des juges.
Les salaires des juges et procureurs continuent d’augmenter progressivement. L’augmentation des salaires du personnel judiciaire constatée dans le rapport 2020 sur l’état de droit s’est poursuivie comme prévu par la législation «omnibus» de 2019 et devrait contribuer à l’amélioration de l’indépendance des juges. Lors de la première phase, en janvier 2020, les salaires ont augmenté en moyenne de 32 %, et lors de la deuxième phase, en janvier 2021, ils ont augmenté de 12 %. Une augmentation supplémentaire de 13 % est prévue pour 2022. Néanmoins, des inquiétudes subsistent quant au système de primes et au pouvoir des autorités chargées de la gestion des juridictions d’accorder des primes aux juges sur une base discrétionnaire, sans critères objectifs et transparents.
Des inquiétudes persistent concernant certains aspects liés à l’organisation du ministère public. Comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit, le ministère public est organisé selon une structure strictement hiérarchique. Si l’indépendance du ministère public est inscrite dans la loi, certains éléments du cadre juridique ont conduit le GRECO à publier des recommandations en vue d’un réexamen des règles de nomination du procureur général afin de protéger le cabinet du procureur de toute influence politique. Si la plupart des recommandations du GRECO concernant le ministère public ont été mises en œuvre, certaines n’ont toujours pas reçu de réponse. Tel est le cas de la recommandation visant à éliminer la possibilité de maintenir le procureur général en fonction après l’expiration de son mandat. Il en est également ainsi de la recommandation du GRECO visant à ce que les situations dans lesquelles un procureur de rang supérieur se saisit d’une affaire traitée par un procureur de rang inférieur soient encadrées par des critères stricts et que ces décisions soient justifiées par écrit. Le GRECO a aussi recommandé de renforcer la responsabilité et la transparence des procédures disciplinaires engagées contre des procureurs. Il demeure inquiet du fait que ce soit toujours le procureur supérieur hiérarchique immédiat, et non un organisme impartial, qui tranche l’affaire sur le fond. La mise en œuvre intégrale de ces recommandations aurait une incidence positive sur le cadre de lutte contre la corruption.
Qualité
La numérisation du système de justice est globalement élevée. La Hongrie continue de se classer très haut en ce qui concerne les solutions numériques permettant d’engager et de suivre une procédure civile/commerciale ou administrative, les solutions numériques permettant de mener et de suivre une procédure juridictionnelle en matière pénale, et l’accès en ligne, par le grand public, aux décisions judiciaires publiées. En outre, la Hongrie obtient de très bons résultats en ce qui concerne la promotion et les incitations en faveur du recours aux méthodes de règlement extrajudiciaire des litiges. Le degré d’inclusion dans le régime d’aide juridictionnelle suscite néanmoins des inquiétudes, et les droits de greffe dans les affaires commerciales restent élevés. Davantage de formations en matière de communication pourraient être mises à la disposition des juges.
Le fonctionnement des juridictions a été adapté pendant la pandémie de COVID-19. Des solutions numériques (par exemple, un système d’audience à distance) étaient déjà en place lorsque la pandémie a éclaté. L’utilisation d’outils d’audience à distance (vidéoconférence) s’est généralisée pendant la pandémie, améliorant ainsi l’efficience de certaines procédures juridictionnelles. Certaines procédures juridictionnelles ont été simplifiées. Le 8 mars 2021, le gouvernement a apporté des modifications au droit procédural afin de faciliter le fonctionnement du système de justice durant l’«état de danger».
Efficience
L’efficience dans les affaires civiles et administratives demeure élevée. Selon le tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE, la Hongrie obtient de très bons résultats en ce qui concerne l’estimation du temps nécessaire pour trancher les affaires administratives en première instance et à tous les degrés d’instance; le nombre d’affaires administratives pendantes devant les tribunaux de première instance; et le nombre d’affaires civiles, commerciales, administratives et autres pendantes. La Hongrie se montre également performante en ce qui concerne le temps nécessaire estimé pour trancher les affaires civiles et commerciales contentieuses en première instance et le taux d’affaires civiles, commerciales, administratives et autres tranchées. Depuis le 9 juillet 2020, de nouvelles règles de procédure autorisent les procédures accélérées dans les affaires relatives à des plaintes civiles de victimes de la criminalité.
Des recours effectifs en cas de procédure excessivement longue sont en cours d’élaboration. L’exécution de l’arrêt Gazsó contre Hongrie de la Cour européenne des droits de l’homme est toujours en cours et la Hongrie fait toujours l’objet d’une surveillance renforcée par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur cette question. Le 15 juin 2021, le Parlement a adopté une nouvelle loi introduisant, à partir de 2021, un recours en indemnisation limité aux procédures civiles excessivement longues.
II.Cadre de lutte contre la corruption
Le Service national de protection (NVSZ), sous la supervision du ministère de l’intérieur, assure la coordination des activités de lutte contre la corruption en Hongrie et est également responsable de la prévention de la criminalité au sein de la police, des services de maintien de l’ordre et d’autres organismes publics. Les enquêtes et les poursuites en matière de corruption dans le secteur public relèvent de la compétence exclusive de la division d’enquête du bureau central du procureur général et de ses cinq bureaux régionaux. Le ministère public bénéficie du soutien des forces d’enquête de la police et du Service national de protection. La Cour des comptes est compétente pour le contrôle de la gestion financière des fonds publics et l’audit des partis politiques.
Le niveau de perception de la corruption dans le secteur public reste élevé parmi les experts et les chefs d’entreprise. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, la Hongrie obtient un score de 44/100 et se classe au 19e rang dans l’Union européenne et au 69e rang dans le monde. Cette perception s’est fortement détériorée au cours des cinq dernières années.
Le droit pénal a fait l’objet de certaines révisions afin de lutter contre la corruption transnationale et les paiements informels dans les soins de santé. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, ces infractions de corruption sont pénalement incriminées. En réponse à une recommandation de l’OCDE, une modification du code pénal est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. La définition d’«agent public étranger» a été modifiée afin de préciser qu’elle inclut les agents d’entreprises publiques étrangères. Cette modification introduit en outre des sanctions plus sévères pour les paiements de facilitation. Les dispositions relatives à la corruption ont également été modifiées afin d’inclure les avantages indus octroyés aux professionnels de santé, ce qui limitera ainsi les possibilités de paiements informels («gratifications») dans le secteur des soins de santé et fera du fait de promettre ou d’octroyer des avantages indus en échange de la fourniture de services de santé un crime accessoire.
La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption pour la période 2020-2022 et du plan d’action qui lui est consacré est en cours. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, la portée du cadre stratégique de lutte contre la corruption se limite à la promotion de l’intégrité dans l’administration publique. La stratégie, adoptée en juin 2020, prévoit des mesures telles que l’introduction et le développement de solutions électroniques en vue d’accroître la transparence (par exemple, un système de prise de décision automatisé), la surveillance des risques pour l’intégrité, une formation à l’intégrité pour les fonctionnaires, ainsi qu’une formation spécialisée sur la lutte contre la corruption pour les services de maintien de l’ordre, les juges et les procureurs. D’autres domaines pertinents, tels que le financement des partis politiques, la déclaration de patrimoine, le lobbying et les dispositions relatives au «(rétro)pantouflage», sont couverts par des instruments spécifiques. Toutefois, ces domaines n’étant pas couverts par la stratégie, les lacunes qu’ils présentent ne sont pas traitées de manière coordonnée. De même, les risques liés au clientélisme, au favoritisme et au népotisme à des niveaux élevés de l’administration publique et ceux découlant des relations entre les entreprises et les responsables politiques ne sont toujours pas traités.
Des difficultés subsistent en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites dans les affaires de grande corruption. Le cadre juridique fournit les conditions nécessaires à des enquêtes et poursuites efficientes, et la police et le ministère public indiquent posséder des niveaux de ressources et de spécialisation suffisants pour l’exécution de leurs tâches. Néanmoins, les procureurs font état de difficultés pour détecter la corruption et obtenir des preuves dans les affaires de ce type. Les procédures pénales visant des délits de corruption sont essentiellement ouvertes sur la base des activités d’enquêtes pénales des autorités chargées des enquêtes. La majorité des cas donnant lieu à des enquêtes sont détectés par le Service national de protection. Les notifications des autorités administratives et les irrégularités potentielles signalées au moyen d’outils de prévention (par exemple les déclarations de patrimoine, les canaux de signalement des lanceurs d’alerte, les informations provenant de divers registres) jouent un rôle relativement moins important dans les enquêtes pénales, et les mécanismes de contrôle indépendants demeurent insuffisants pour détecter la corruption. Comme indiqué l’année dernière, l’insuffisance des mécanismes de contrôle indépendants et les interconnexions étroites entre la sphère politique et certaines entreprises nationales sont propices à la corruption. Selon les données fournies par le ministère public, le taux de mise en accusation pour des faits de corruption visés par une enquête du ministère public est globalement très élevé (86,5 %). Plusieurs nouveaux dossiers de grande corruption impliquant des responsables politiques ont été ouverts depuis 2020; toutefois, le bilan des enquêtes à la suite d’allégations contre des hauts fonctionnaires et leur entourage immédiat demeure limité, comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit. La mise en œuvre intégrale des recommandations du GRECO concernant le fonctionnement efficace du ministère public renforcerait davantage le cadre de la lutte contre la corruption.
Les tests d’intégrité sont toujours considérés par les autorités comme une mesure de dissuasion efficace contre les pratiques de corruption et ont débouché sur l’ouverture de plusieurs affaires pénales relatives à des actes de petite corruption au cours de la période de référence. Le 1er janvier 2021, une nouvelle modification de la loi sur la police est entrée en vigueur; celle-ci, élargissant au-delà de la police le champ du personnel pouvant faire l’objet de tests d’intégrité. Ainsi, tous les membres du personnel des organisations budgétaires placées sous la supervision du gouvernement et tous les membres du gouvernement peuvent désormais être soumis à des tests d’intégrité.
La Hongrie possède un important dispositif de déclaration de situation patrimoniale; des préoccupations subsistent toutefois en ce qui concerne l’absence de vérification systématique et le caractère insuffisant du suivi des déclarations de patrimoine et d’intérêts. Le système en place impose aux députés, aux fonctionnaires gouvernementaux et aux agents de la fonction publique de déclarer leur patrimoine et leurs intérêts. Des préoccupations subsistent toutefois en ce qui concerne l’absence de suivi systématique. La vérification des déclarations de patrimoine intervient uniquement sur la base d’une notification de soupçons et c’est à l’employeur du fonctionnaire ou, dans le cas des députés et de hauts fonctionnaires du gouvernement, à la commission parlementaire de l’immunité qu’il revient d’y procéder. La commission a indiqué qu’au cours des cinq dernières années, sur les 16 notifications soumises à vérification, 15 ont été rejetées comme non étayées. Dans le cas restant, la personne concernée a corrigé sa déclaration de patrimoine et de dettes et la procédure n’a pas été engagée. Comme indiqué l’année dernière, des soupçons d’enrichissement injustifié peuvent conduire à une procédure de vérification menée par l’administration nationale des impôts et des douanes. Néanmoins, l’administration fiscale ne peut engager une telle procédure que si les autorités chargées des enquêtes ont également ouvert des enquêtes pénales, ce qui limite les possibilités de vérifications indépendantes. À la suite d’une modification des règles applicables, les députés doivent déclarer au président du Parlement tout conflit d’intérêts ou toute incompatibilité, à la suite de quoi ils sont soumis à certaines restrictions en attendant que la situation soit résolue. Toutefois, les déclarations d’intérêts et les informations relatives aux suites qui leur sont éventuellement données ne sont pas accessibles au public. La question de la surveillance, de la vérification et de l’application efficaces des règles sur la conduite, les conflits d’intérêts et les déclarations de patrimoine des députés a fait l’objet de recommandations du Groupe d’États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe, qui ont été partiellement mises en œuvre.
La réglementation du lobbying demeure incomplète et n’est pas appliquée de manière systématique. Il n’existe aucune obligation d’enregistrement pour les lobbyistes ni de divulgation des contacts. Selon un décret gouvernemental adopté en 2013, les employés d’organes de l’administration publique ne peuvent rencontrer des représentants d’intérêts dans le cadre de leur travail qu’après en avoir informé leurs supérieurs, lesquels peuvent interdire la réunion. Les réunions avec des représentants d’intérêts doivent être documentées, mais il n’existe aucune obligation de les rendre publiques. Le GRECO a recommandé l’introduction, pour les parlementaires, d’un ensemble clair de règles sur les interactions avec les lobbyistes.
Il n’existe toujours pas de règles claires concernant le (rétro)pantouflage et les délais de viduité. Néanmoins, le code du travail et la législation spécifique applicable aux fonctionnaires contiennent des clauses de confidentialité. Dans la pratique, ces règles ne sont pas appliquées, étant donné que le gouvernement doit encore préciser les secteurs et postes pour lesquels les fonctionnaires doivent respecter des délais clairs pour poursuivre une carrière professionnelle dans le domaine dans lequel ils étaient actifs.
Le financement des partis en Hongrie reste un sujet de préoccupation. La Cour des comptes est chargée de superviser la reddition de comptes concernant l’utilisation des fonds publics et contrôle la légalité de la gestion financière des partis politiques. Comme l’a également fait observer le GRECO, si certaines mesures ont été prises pour veiller à la transparence et à la mise à jour des écritures financières des partis politiques, pour préciser les sources de revenus des partis et les périodes de campagne ainsi que pour garantir un contrôle plus approfondi, il subsiste, dans l’ensemble, des préoccupations quant à la transparence du financement des partis.
Un cadre réglementaire est en place pour la protection des lanceurs d’alerte et des mesures supplémentaires sont nécessaires pour améliorer concrètement leur protection. La loi sur la protection des lanceurs d’alerte garantit l’anonymat des lanceurs d’alerte et permet le dépôt de plaintes par voie électronique. Les institutions concernées enquêtent sur les divulgations d’intérêt public et leur réponse contenant les résultats de l’enquête doit être chargée dans le registre électronique. Les lanceurs d’alerte ne peuvent pas être tenus pour responsables des informations qu’ils communiquent, à moins qu’il soit établi qu’ils ont intentionnellement effectué de fausses déclarations. Le Commissaire aux droits fondamentaux sert de canal de signalement et exploite la plateforme électronique, mais ses compétences formelles sont limitées en ce qui concerne les plaintes des lanceurs d’alerte. L’OCDE reconnaît les aspects positifs du cadre réglementaire, mais a exprimé des préoccupations concernant l’efficacité de la protection des lanceurs d’alerte.
La restriction du champ d’application des règles de passation des marchés publics a accru le risque de corruption. Une nouvelle loi adoptée le 27 avril 2021 a abrogé une exigence spécifique de la législation en matière de marchés publics, en excluant les fiducies créées par l’État, ainsi que les personnes morales gérées par celles-ci, du champ d’application explicite des règles de passation des marchés publics pour les marchés financés par des fonds de l’Union européenne. Cette loi supprime également des règles visant à éviter les conflits d’intérêts, ce qui permet aux titulaires d’un mandat public de siéger au conseil d’administration de ces fiducies.
Plusieurs enquêtes de l’OLAF ont été menées à bien avec le soutien du service de coordination antifraude hongrois. Ces dernières années, le nombre de mises en accusation prononcées en Hongrie à la suite d’une recommandation judiciaire de l’OLAF a été supérieur à la moyenne de l’UE. Toutefois, en dépit de demandes répétées, les autorités hongroises n’ont pas encore spécifié d’autorité chargée de prêter concours à l’OLAF lors de ses contrôles sur place si un opérateur économique soumis à un contrôle refuse de coopérer. Il est également observé, dans le domaine de la gestion partagée, que les autorités hongroises retirent fréquemment des projets d’un financement de l’UE lorsque l’OLAF émet une recommandation financière ou, parfois, lorsqu’elles apprennent qu’une enquête de l’OLAF a été ouverte. Il semble en outre que les montants dus ne sont pas systématiquement recouvrés auprès de l’opérateur économique ayant commis l’irrégularité ou la fraude. Dans ces cas, la subvention de l’UE est simplement remplacée par des fonds nationaux, ce qui a une incidence négative sur l’effet dissuasif d’une enquête de l’OLAF et accroît les risques pour le budget national. Au cours de la période 2016-2020, la Hongrie a enregistré 32 enquêtes de l’OLAF clôturées avec une recommandation financière dans les deux principaux domaines de gestion partagée.
Les autorités ont reconnu que la pandémie de COVID-19 risquait d’accroître les risques de corruption, mais aucune mesure spécifique n’a été jugée nécessaire. Les parties prenantes ont fait part d’inquiétudes dans le domaine des marchés publics, domaine où les dérogations aux règles de passation des marchés publics et les attributions directes, associées au manque d’accès aux informations, accroissent le risque de corruption, et ont soulevé des questions quant à l’achat de matériel médical par le biais de sociétés intermédiaires.
III.Pluralisme et liberté des médias
La loi fondamentale et la législation sectorielle de la Hongrie — en particulier la loi sur les médias et la loi sur la liberté de la presse — fournissent le cadre juridique pour la protection de la liberté et du pluralisme des médias. La loi sur la liberté de la presse dispose que l’indépendance à l’égard de l’État et de tout organisme et groupe d’intérêt est inhérente à la liberté de la presse. Le droit d’accès à l’information publique est reconnu par la Loi fondamentale et trouve son expression dans la loi sur la liberté de l’information . La loi sur les médias institue l’Autorité nationale des médias et des télécommunications (l’Autorité des médias), dont l’organe décisionnel est le Conseil des médias . Une loi a été adoptée en 2019 afin d’aligner la législation hongroise sur la directive «Services de médias audiovisuels» (SMA) .
Des inquiétudes persistent quant à l’indépendance et à l’efficacité du Conseil des médias et de l’Autorité des médias. La loi nº LXIII de 2019, qui transpose la directive révisée sur les services de médias audiovisuels, a renforcé certaines dispositions relatives aux ressources et à la transparence opérationnelle de l’Autorité . L’Autorité dispose d’une autonomie budgétaire et rend compte chaque année au Parlement. Elle emploie 650 personnes. L’organe décisionnel de l’Autorité des médias, le Conseil des médias, se compose d’un président et de quatre membres élus par le Parlement. Si les règles de nomination — demeurées inchangées depuis le rapport de l’année dernière — favorisent un consensus politique lors de la désignation des membres du Conseil des médias , dans les faits, elles ont eu comme conséquence que le parti au pouvoir a nommé tous ses membres. Certaines décisions du Conseil des médias ont intensifié les préoccupations quant à son indépendance effective. L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 confirme sa précédente appréciation selon laquelle, si la loi sur les médias garantit formellement l’indépendance de l’Autorité des médias, les procédures de nomination n’apportent pas de garanties juridiques adéquates en ce qui concerne cette indépendance, c’est pourquoi, une fois de plus, l’instrument enregistre un risque moyen d’atteinte à l’indépendance et à l’efficacité de l’Autorité des médias.
Le pluralisme des médias a continué de se détériorer en Hongrie. Depuis la création du conglomérat de médias «KESMA» en novembre 2018, l’Autorité des médias n’a, à ce jour, jamais tenté d’examiner son incidence sur la pluralité et la diversité du marché des médias hongrois. Selon les parties prenantes, bien qu’un grand nombre de médias continuent d’opérer en Hongrie, la diversité du marché des médias est mise à mal par la concentration de la propriété dans les mains de quelques hommes d’affaires progouvernementaux et par le manque d’indépendance éditoriale qui en découle. Des organisations hongroises et européennes œuvrant pour la liberté des médias, ainsi que la société civile, ont exprimé leurs préoccupations quant au refus du Conseil des médias de renouveler la licence de radiodiffusion de la station de radio indépendante Klubrádió, au motif de son prétendu manquement à certaines obligations administratives. Du fait de ce refus, la radio a dû cesser d’émettre. Le 17 juin 2021, la Kúria a confirmé la décision du Conseil des médias. Le 9 juin 2021, la Commission a ouvert une procédure d’infraction contre la Hongrie à ce sujet. L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 confirme le score de risque élevé enregistré l’année dernière en ce qui concerne la concentration des médias d’information, compte tenu de la création et de la mise en œuvre de KESMA, ainsi qu’en raison de la reprise économique du site de médias d’information indépendant Index.hu par des intérêts progouvernementaux .
La transparence de la propriété des médias n’est toujours pas pleinement garantie. Le cadre juridique actuel ne prévoit de règles de transparence concernant la propriété des médias que dans des cas spécifiques, et il n’est pas prévu actuellement de le modifier. Si certaines informations sur la propriété sont accessibles dans les registres nationaux, seules les informations de base relatives à la propriété des sociétés sont librement consultables dans le registre des sociétés. L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 continue de considérer qu’en matière de transparence de la propriété des médias, le risque est élevé.
La répartition de la publicité d’État continue de permettre au gouvernement d’exercer une influence politique indirecte sur les médias. Comme indiqué l’année dernière, il n’existe aucune législation réglementant la répartition de la publicité d’État. L’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021 souligne que l’État est le principal publicitaire en Hongrie, puisqu’il dépense environ un tiers des recettes publicitaires totales du marché. Les données montrent qu’en 2020, l’État hongrois a augmenté ses dépenses publicitaires de 13,8 % par rapport à 2019, 85 % de cet argent allant à des entreprises de médias progouvernementales. Cette situation permet à l’État de contrôler à la fois les médias progouvernementaux et certains médias indépendants; c’est pourquoi, d’après l’instrument de surveillance du pluralisme des médias 2021, l’indépendance éditoriale est le domaine qui présente le risque le plus élevé (92 %) dans le pays. Si aucun régime d’aide en faveur des médias n’a été mis en place afin de lutter contre les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les médias d’information, l’Autorité des médias a dispensé les fournisseurs de services de médias linéaires du paiement de la redevance trimestrielle de fourniture de services de médias au premier semestre 2021.
L’accès aux informations publiques a été restreint par les mesures d’urgence instaurées durant la pandémie de COVID-19. Les règles de la loi sur la liberté de l’information n’ont pas été modifiées; elles disposent que tout «organe accomplissant des missions publiques» doit fournir un accès aux données d’intérêt public sous son contrôle s’il lui en est fait la demande, sous réserve des exceptions prévues dans ladite loi . Le délai légal pour le traitement de ces demandes est de 15 jours et peut être prolongé de 15 jours supplémentaires. Toutefois, pendant la pandémie, le gouvernement a adopté un décret autorisant les pouvoirs publics à retarder l’accès aux informations publiques de 90 jours maximum lorsque la fourniture de ces informations était jugée «compromettre l’accomplissement, par l’institution publique, de ses missions dans le cadre de l’état d’urgence». Le 13 avril 2021, la Cour constitutionnelle a jugé que si les nouvelles dispositions étaient conformes à la Loi fondamentale, les dérogations aux délais normaux devaient se limiter aux cas dans lesquels le traitement de la demande empêcherait le détenteur d’informations publiques d’exécuter des tâches liées à la lutte contre la pandémie et être dûment justifiées par écrit. Les parties prenantes ont souligné que, dans la pratique, les autorités abusaient souvent de cette dérogation, ce qui avait notamment de lourdes conséquences pour les journalistes indépendants, qui, d’après elles, ne pouvaient pas accéder en temps utile aux données relatives aux dépenses publiques ou à la vaccination. Cela a encore aggravé la situation des médias indépendants rencontrant des difficultés pour accéder aux informations en temps utile. Les lacunes de l’accès aux informations publiques signalées l’année dernière, y compris en ce qui concerne la perception de frais, restent problématiques, y compris pour la prévention de la corruption. La neuvième modification de la Loi fondamentale ayant établi une définition restrictive des «fonds publics», les parties prenantes ont soulevé des questions quant à ses conséquences potentielles concernant la restriction de l’accès aux informations publiques relatives aux entreprises publiques et aux fiducies d’intérêt public.
Les journalistes et les médias ont continué de subir diverses menaces en Hongrie. Selon les parties prenantes, les journalistes qui travaillent pour des médias indépendants font l’objet de dénigrements dans les médias progouvernementaux et de la part des représentants du gouvernement. Les parties prenantes signalent que les femmes journalistes se trouvent dans une situation plus difficile; certaines font également état de harcèlement sexiste en ligne. Les juridictions ont continué d’ordonner des mesures de redressement provisoires interdisant la diffusion de magazines. Depuis octobre 2020, la plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a publié cinq nouvelles alertes concernant la Hongrie. Ces alertes concernaient respectivement le limogeage de l’ancien rédacteur en chef du portail d’information en ligne Index.hu avant la reprise de celui-ci; l’instruction donnée par le ministère des affaires étrangères et du commerce aux ambassades dans les États membres de l’UE de lui fournir des informations sur les déplacements professionnels de journalistes hongrois; une injonction prononcée par un tribunal civil interdisant à un journal hebdomadaire de publier un article sur une société et ses propriétaires pour des motifs de protection des données; l’interrogatoire par la police de deux journalistes qui avaient publié des articles au sujet d’une personnalité publique et le refus susmentionné du Conseil des médias hongrois de renouveler la licence de radiodiffusion de Klubrádió. En 2021, la plateforme a publié une alerte concernant ce qu’elle a appelé une «volée d’insultes» proférées à l’encontre d’un journaliste autrichien par le service public de radiodiffusion hongrois.
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
La Hongrie est une république parlementaire avec un parlement monocaméral (l’Assemblée nationale). Le Parlement, entre autres, adopte et modifie la Loi fondamentale de la Hongrie, légifère, élit le Premier ministre et élit, à la majorité des deux tiers, les fonctionnaires de haut rang du pays. Le président de la République est élu par le Parlement. Un certain nombre d’institutions ont pour mission de contrebalancer les pouvoirs du législateur et de l’exécutif et sont chargées de garantir le respect de l’ordre constitutionnel, y compris la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes et le Médiateur («Commissaire aux droits fondamentaux»). En plus du gouvernement, du président de la République et de toutes les commissions parlementaires, tout membre du Parlement peut déposer un projet de loi.
Des modifications fréquentes et soudaines de la législation continuent de saper la prévisibilité de l’environnement réglementaire. Les parties prenantes ont indiqué que le rythme législatif s’était encore accéléré par rapport aux années précédentes. Selon elles, les consultations, pour autant qu’il y en ait, sont de nature purement formelle. Cela soulève des questions quant à la sécurité juridique et à la qualité de la législation. Les délais brefs séparant l’adoption et l’entrée en vigueur des règles, qui sont fréquemment modifiées, ne permettent pas toujours de préparer de manière adéquate leur application.
Au cours de la période de référence, le gouvernement a déclaré un nouvel «état de danger» en réponse à la pandémie de COVID-19. Le 18 juin 2020, le gouvernement a mis fin au premier «état de danger». Conformément aux règles constitutionnelles actuellement en vigueur, la durée du nouvel «état de danger» déclaré le 4 novembre 2020 n’est pas prédéfinie, et le gouvernement dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour le maintenir ou y mettre fin. Les mesures d’urgence (décrets gouvernementaux) adoptées dans le cadre de ce régime peuvent abroger n’importe quelle loi et restent en vigueur pendant 15 jours, à moins que leur prolongation ne soit autorisée par le Parlement. Le 10 novembre 2020, le Parlement a autorisé le gouvernement à prolonger de 90 jours l’applicabilité des mesures d’urgence. Le 8 février 2021, le gouvernement a mis fin à l’«état de danger», avant de le déclarer à nouveau le même jour. Cela lui a permis de maintenir en vigueur les mesures d’urgence pendant une période de 15 jours sans l’approbation du Parlement. Le 22 février 2021, le Parlement a autorisé le gouvernement à prolonger de 90 jours l’applicabilité des mesures d’urgence. Le 18 mai 2021, le Parlement a de nouveau prolongé l’autorisation jusqu’au «15e jour suivant le jour de l’ouverture de la session d’automne 2021». Des préoccupations subsistent quant aux règles actuelles relatives à l’«état de danger» et aux mesures d’urgence. En dépit d’une recommandation par pays publiée dans le cadre du Semestre européen 2020, le préjudice pour les activités des entreprises et la stabilité du cadre réglementaire a persisté, et certaines mesures d’urgence adoptées soulèvent des questions quant à leur nécessité et à leur caractère proportionné. La Cour constitutionnelle a continué de contrôler la constitutionnalité de certaines mesures d’urgence.
Une modification constitutionnelle limitera les pouvoirs du gouvernement en ce qui concerne le régime de l’«état de danger». Le 15 décembre 2020, la neuvième modification de la Loi fondamentale a été adoptée par le Parlement. Aucune consultation des parties prenantes n’a été effectuée préalablement. Cette modification change sensiblement les règles relatives au régime d’ordre juridique spécial (y compris l’«état de danger») à partir du 1er juillet 2023. Elle réduit les types d’ordres juridiques spéciaux de six à trois: l’état de guerre, l’état d’urgence et l’état de danger. La modification n’affecte pas la règle en vigueur disposant que sous un ordre juridique spécial, l’application de la Loi fondamentale ne peut pas être suspendue et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle ne peut pas être limité. En cas d’état de danger, le Parlement sera le principal responsable du maintien de l’ordre juridique spécial. Le gouvernement pourra déclarer un «état de danger» pour une période de 30 jours et ne pourra le proroger qu’après avoir obtenu l’autorisation du Parlement. Ces nouvelles règles renforceront le contrôle exercé par le Parlement.
Les pouvoirs du Commissaire aux droits fondamentaux ont été élargis, tandis que des questions ont été soulevées quant à son indépendance. Le 20 novembre 2020, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a exprimé des préoccupations au sujet de la fusion de l’Autorité pour l’égalité de traitement avec le Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux, en rappelant que des doutes persistaient quant au processus de nomination de l’actuel titulaire et à l’adéquation des efforts entrepris par l’institution pour s’attaquer à l’ensemble des problèmes en matière de droits de l’homme et s’exprimer en faveur de la promotion et de la protection de tous les droits de l’homme. L’institution nationale des droits de l’homme avait été accréditée avec le statut «A» en octobre 2014. En octobre 2018, le Sous-comité d’accréditation (SCA) des Nations unies de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) a décidé de reporter sa décision relative à la réaccréditation de l’institution. Le SCA procède actuellement à une évaluation du Commissaire aux droits fondamentaux. En janvier 2021, une nouvelle loi a intégré l’Autorité pour l’égalité de traitement au Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux. Dans l’exercice des tâches qui lui sont attribuées par la loi sur l’égalité de traitement, le Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux agit en tant qu’autorité administrative. Le Commissaire peut également charger la Cour constitutionnelle de contrôler des lois. Conformément au droit de l’Union, les organismes pour l’égalité de traitement «peuvent faire partie d’organes chargés de défendre à l’échelon national les droits de l’homme ou de protéger les droits des personnes». Conformément au cadre juridique applicable, le Commissaire aux droits fondamentaux est indépendant, n’est subordonné qu’à la loi et ne peut pas recevoir d’instructions concernant ses activités. À cet égard, le gouvernement maintient que l’exécutif n’a aucune influence sur la manière dont le Commissaire exerce ses activités. Toutefois, des parties prenantes ont exprimé des inquiétudes au sujet de l’indépendance et de l’efficacité du fonctionnement du Commissaire.
Des inquiétudes ont été exprimées quant au rôle joué par la Cour constitutionnelle dans le contrôle des décisions de justice définitives. Comme observé dans le rapport 2020 sur l’état de droit, à la suite d’une modification de la législation, les autorités administratives peuvent contester devant la Cour constitutionnelle une décision judiciaire qui est déjà devenue définitive, si elle viole leurs droits et restreint les pouvoirs qui leur sont conférés par la Loi fondamentale. Au cours de l’année écoulée, les pouvoirs publics ont contesté devant la Cour constitutionnelle plusieurs décisions définitives rendues par des juridictions de droit commun qui les affectaient. Cette possibilité de contrôle soulève des questions, notamment en ce qui concerne la sécurité juridique. Par ailleurs, bien qu’elle ne fasse pas partie du système judiciaire, la Cour constitutionnelle, lorsqu’elle statue sur des recours constitutionnels, se prononce tout de même sur le fond de l’affaire, et elle a été qualifiée de «juridiction de quatrième instance», agissant de la même manière que les cours d’appel ordinaires. Il est rappelé, dans ce contexte, que les membres de la Cour constitutionnelle sont élus par le Parlement à la majorité des deux tiers, sur la base de vastes critères d’admissibilité.
Des pressions continuent d’être exercées contre les organisations de la société civile critiques à l’égard du gouvernement. À la suite de l’arrêt rendu par la Cour de justice de l’UE dans le recours en manquement formé par la Commission contre la Hongrie, le 18 mai 2021, le Parlement a adopté une nouvelle loi abrogeant la loi sur la transparence des organisations de la société civile dotées de fonds étrangers qui était contraire au droit de l’Union. Cette loi a également introduit de nouvelles règles imposant à la Cour des comptes de procéder à des contrôles de légalité sur les comptes d’organisations de la société civile dont le bilan annuel dépasse un montant donné. Des procédures en manquement sont actuellement pendantes contre une loi érigeant en infraction l’organisation d’une assistance offerte par des personnes au nom d’organisations nationales, internationales et non gouvernementales aux personnes souhaitant demander l’asile. Une autre loi instaurant une taxe spéciale sur l’immigration de 25 % applicable au soutien financier destiné aux organisations menant des «activités facilitant l’immigration», qui a également soulevé des préoccupations, est toujours en vigueur. Le gouvernement et les médias progouvernementaux continuent d’employer une rhétorique hostile contre les organisations de la société civile qui se montrent critiques à son égard. En Hongrie, l’espace civique est classé comme étant «obstrué». Selon le gouvernement, le fonds de coopération national et le dispositif de don de 1 % de l’impôt sur le revenu des personnes physiques financent des outils destinés à soutenir le fonctionnement et les activités des organisations de la société civile. Néanmoins, selon les parties prenantes, les organisations de la société civile restent sous-financées, surtout lorsqu’elles sont critiques à l’égard du gouvernement. La neuvième modification de la Loi fondamentale (15 décembre 2020) a introduit la nécessité d’une majorité qualifiée au Parlement pour modifier les règles relatives aux fiducies d’intérêt public qui accomplissent des missions publiques. Une nouvelle loi adoptée le 27 avril 2021 a créé un cadre juridique pour le fonctionnement de ces fiducies. Les conseils d’administration de ces fiducies comprennent des ministres et des secrétaires d’État en poste. Certaines parties prenantes ont fait part de préoccupations en ce qui concerne le don de biens publics à de telles entités privées, compte tenu, également, de la composition de leurs conseils d’administration. Ces évolutions interviennent dans le contexte d’insécurité juridique mentionné plus haut en ce qui concerne l’applicabilité des règles relatives aux marchés publics et à l’accès aux informations publiques à ces fiducies. La Commission de Venise note que la nouvelle définition ne dispense pas les entités privées gérant des fonds publics de leurs obligations de responsabilité, mais elle a mis en garde contre le risque de soustraire les fonds publics et les tâches publiques au contrôle démocratique, compte tenu également de la nouvelle définition des fonds publics.
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation
Alapjogokért Központ (2021), contribution de Alapjogokért Központ au rapport 2021 sur l’état de droit.
Amnesty International Hongrie, Institut Eötvös Károly, Union hongroise pour les libertés civiles, K-Monitor, Mérték Media Monitor, Political Capital et Transparency International Hongrie (2021), contribution d’Amnesty International Hongrie, de l’Institut Eötvös Károly Policy, de l’Union hongroise pour les libertés civiles, de K-Monitor, de Mérték Media Monitor, de Political Capital et de Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.
Association européenne des magistrats (2021), contribution de l’Association européenne des magistrats au rapport 2021 sur l’état de droit.
Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (2021), déclaration du Centre européen pour la liberté de la presse et des médias du 15 mars 2021 ( https://www.ecpmf.eu/hungaryon-national-day-new-hope-that-klubradio-may-return-to-airwaves/ ).
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2021), rapport 2021 de l’instrument de surveillance du pluralisme des médias sur la Hongrie.
Comité pour la protection des journalistes (2021), contribution du Comité pour la protection des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit.
Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (2020), déclaration de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, du 20 novembre 2020 ( https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/commissioner-urges-hungary-s-parliament-to-postpone-the-vote-on-draft-bills-that-if-adopted-will-have-far-reaching-adverse-effects-on-human-rights-in- ).
Commission de Venise (2021), avis sur les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement de la Hongrie en décembre 2020 [CDL(2021)028].
Commission européenne (2020), rapport sur l’état de droit, chapitre consacré à la situation de l’état de droit en Hongrie.
Commission européenne (2020), Tableau de bord de la justice dans l’UE.
Commission européenne (2021), rapport 2021 de l’OLAF.
Commission européenne (2021), Tableau de bord de la justice dans l’UE.
Conseil des barreaux européens (2021), contribution du Conseil des barreaux européens au rapport 2021 sur l’état de droit.
Fédération européenne des journalistes (2021), contribution de la Fédération européenne des journalistes au rapport 2021 sur l’état de droit.
Forum civique européen (2021), contribution du Forum civique européen au rapport 2021 sur l’état de droit.
Gouvernement hongrois (2021), contribution de la Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.
GRECO (2019), Troisième cycle d’évaluation — Deuxième addendum au deuxième rapport de conformité sur la Hongrie — Transparence du financement des partis politiques. GRECO (2020), Quatrième cycle d’évaluation — Deuxième rapport de conformité intérimaire sur la Hongrie — Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs.
Háttér Society (2021), contribution de la Háttér Society au rapport 2021 sur l’état de droit.
https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile?gId=26371
International Press Institute (2021), contribution de l’International Press Institute au rapport 2021 sur l’état de droit.
K-Monitor et Transparency International Hongrie (2021), contribution de K-Monitor et Transparency International Hongrie au rapport 2021 sur l’état de droit.
OCDE (2019), Implementing the OECD Anti-Bribery Convention, Phase 4 Report: Hungary.
Ökotárs — fondation hongroise pour un partenariat environnemental (2021), contribution d’Ökotárs, fondation hongroise pour un partenariat environnemental, au rapport 2021 sur l’état de droit.
Président de la Kúria (2021), contribution du président de la Kúria au rapport 2021 sur l’état de droit.
Rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats (2021), lettre du rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats du 15 avril 2021.
Réseau européen des conseils de la justice (2020), lettre du Réseau européen des conseils de la justice à la Commission européenne du 27 octobre 2020 ( https://pgwrk-websitemedia.s3.eu-west-1.amazonaws.com/production/pwk-web-encj2017-p/News/Letter%20ENCJ%20RoL%20Hungary%20EC%2027%20October%202020.pdf ).
Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme (2021), contribution du Réseau européen des institutions nationales des droits de l’homme au rapport 2021 sur l’état de droit.
Századvég (2021), contribution deSzázadvég au rapport 2021 sur l’état de droit.
Union des libertés civiles pour l’Europe (2021), contribution de l’Union des libertés civiles pour l’Europe au rapport 2021 sur l’état de droit.
Annexe II: visite en Hongrie
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril 2021 avec:
·Alapjogokért Központ
·Amnesty International Hongrie
·Association hongroise des magistrats (MABIE)
·Association nationale des journalistes hongrois (MÚOSZ)
·Autorité nationale des médias et des télécommunications
·Autorité nationale pour la protection des données et la liberté d’information
·Autorité responsable des marchés publics
·Bureau du Commissaire aux droits fondamentaux
·Comité Helsinki hongrois
·Commission de l’immunité de l’Országgyűlés (Assemblée nationale)
·Commission de la législation de l’Országgyűlés (Assemblée nationale)
·Conseil national de la magistrature
·Corruption Research Center Budapest
·Cour des comptes (Számvevőszék)
·Département des médias et de la communication de l’université ELTE
·Forum des rédacteurs en chef (Főszerkesztők Fóruma)
·Greffe de la Cour constitutionnelle
·Institut politique Eötvös Károly
·K-Monitor
·Kúria (Cour suprême)
·Mathias Corvinus Collegium
·Mérték Media Monitor
·Ministère de l’intérieur
·Ministère de la justice
·Ministère public de Hongrie
·Nézőpont
·Office national de la justice
·Ordre des avocats hongrois
·Századvég
·Transparency International Hongrie
·Union hongroise pour les libertés civiles (TASZ)
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty International
·Centre des droits génésiques
·Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif
·CIVICUS
·Comité Helsinki néerlandais
·Commission internationale de juristes
·Conférence des Églises européennes
·EuroCommerce
·Fédération européenne des journalistes
·Fédération internationale pour le planning familial — Réseau européen (IPPF EN)
·Fédération internationale pour les droits humains
·Forum civique européen
·Forum européen de la jeunesse
·Front Line Defenders
·Human Rights House Foundation
·Human Rights Watch
·ILGA-Europe
·International Press Institute
·Open Society European Policy Institute
·Partenariat européen pour la démocratie
·Philanthropy Advocacy
·Protection International
·Reporters sans frontières
·Société civile Europe
·Transparency International UE
·Union des libertés civiles pour l’Europe