COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.7.2021
SWD(2021) 716 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2021 sur l'état de droit
Chapitre consacré à la situation de l'état de droit en Italie
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ETAU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2021 sur l'état de droit
La situation de l’état de droit dans l’Union européenne
{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 710 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 714 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 726 final} - {SWD(2021) 727 final}
Résumé
Le système de justice italien continue de faire l’objet d’une série de réformes visant à améliorer sa qualité et son efficience, qui reposent notamment sur des projets de loi ayant pour objectif de rationaliser les procédures civiles et pénales, dont l’examen est toujours en cours au Parlement. La numérisation du système de justice se poursuit, les ressources humaines ont été augmentées et devraient continuer de s’étoffer. Ces mesures s’avèrent particulièrement importantes pour remédier aux graves problèmes d’efficience du système de justice, notamment à l’arriéré judiciaire et à la durée des procédures. Le projet de loi concernant le Conseil supérieur de la magistrature et d’autres aspects du système de justice, qui vise à renforcer l’indépendance de la justice, fait encore l’objet de discussions au Parlement. Ce projet de loi a notamment pour but de modifier le mode d’élection des membres du Conseil. Il importe que ces réformes soient menées dans le respect des recommandations du Conseil de l’Europe.
L’Italie continue de renforcer son cadre législatif de lutte contre la corruption et les délits de corruption. La coopération entre les enquêteurs et les procureurs en charge des affaires de corruption et des délits de corruption, leur spécialisation et les ressources dont ils disposent sont généralement considérées comme suffisantes pour réprimer la corruption, y compris la corruption à haut niveau. Un manque de ressources ainsi qu’une expérience et une expertise juridique limitées affectent la capacité des autorités répressives à poursuivre et à traduire en justice les auteurs de corruption transnationale de manière efficace. Une durée excessive d’écoulement du stock d’affaires pendantes, notamment en ce qui concerne les recours, continue de constituer une entrave à la lutte contre la corruption, et des réformes de grande ampleur visant à rationaliser les procédures pénales sont encore en discussion au Parlement. Plusieurs propositions et amendements législatifs ayant pour but de renforcer les mesures de prévention contre la corruption sont pendants, notamment en ce qui concerne les conflits d’intérêts, le lobbying et le «(rétro-)pantouflage». La pandémie de COVID-19 a sensiblement accru le risque de corruption et de délits de corruption visant à infiltrer davantage l’économie légale italienne.
L’Italie dispose d’un cadre législatif solide pour régir le secteur des médias ainsi que d’une autorité de régulation des médias indépendante, efficace et dotées de ressources suffisantes. La réforme prévue des lois italiennes sur la diffamation est encore en cours d’examen au Parlement tandis que l’indépendance politique des médias italiens reste un sujet de préoccupation, en particulier dans le secteur audiovisuel. Les plans de sauvetage adoptés en 2020 par le gouvernement pour contrebalancer l’incidence financière de la pandémie de COVID-19 comportaient des mesures relatives aux médias. Les nombreuses agressions physiques, menaces de mort et autres formes d’intimidation à l’encontre des journalistes restent sources de préoccupation.
En ce qui concerne l’équilibre des pouvoirs, l’état d’urgence instauré pour faire face à la pandémie de COVID-19 est toujours en vigueur, mais le gouvernement adopte des mesures pour lever progressivement les restrictions. Une nouvelle proposition visant à renforcer le rôle du Parlement dans les situations d’urgence est en cours de discussion. Le recours aux consultations publiques et aux analyses d’impact ex post de la réglementation, quoiqu'un peu plus fréquent, n'est toujours pas systématique. Un projet de loi visant à mettre en place une institution indépendante des droits de l’homme est actuellement débattu au Parlement. Des progrès ont été enregistrés en ce qui concerne la législation relative aux organisations de la société civile qui s'occupent des migrants, notamment l'adoption de dispositions régissant les activités des organisations de la société civile qui mènent des opérations de recherche et de sauvetage en mer. Des préoccupations subsistent néanmoins dans un contexte général dans lequel la gestion des migrations dans l'UE est problématique.
I.Système de justice
La structure du système de justice est définie dans la Constitution, laquelle consacre son indépendance et son autonomie. La Cour constitutionnelle se prononce sur les différends concernant la constitutionnalité des lois. Les juridictions ordinaires sont compétentes en matière civile et pénale et sont organisées en trois niveaux d’instance. Le premier niveau est constitué par les juges de paix, les juridictions ordinaires et les tribunaux pour mineurs. Les cours d’appel et la Cour suprême de cassation forment respectivement les deuxième et troisième niveaux. La justice administrative est rendue dans les juridictions de première instance et de deuxième instance. La compétence en matière comptable est exercée par la Cour des comptes bureaux centraux et régionaux). En matière fiscale, les tribunaux compétents sont les tribunaux fiscaux de première et de deuxième instance ainsi que, au plus haut niveau, la Cour suprême de cassation. La structure du ministère public reflète celle des tribunaux. L’Italie participe au Parquet européen. Conformément au principe d’unité du pouvoir judiciaire, les juges ordinaires et les procureurs généraux sont tous des magistrats. Leur structure de carrière est identique et ils relèvent tous du Conseil supérieur de la magistrature (Consiglio Superiore della Magistratura – CSM). Les magistrats administratifs, financiers et fiscaux disposent de leurs propres organes autonomes. Le Conseil national des barreaux est un organe indépendant et autonome établi par la loi.
Indépendance
Le niveau de perception de l’indépendance du système de justice en Italie reste faible. En dépit d’une légère hausse par rapport à l’année dernière, seuls 34 % des membres du grand public considèrent que cette indépendance est «plutôt satisfaisante ou très satisfaisante». Le pourcentage enregistré auprès des entreprises a encore baissé, ce qui confirme la tendance à la baisse des deux dernières années. Désormais, 29 % seulement des entreprises considèrent que l’indépendance du système de justice est «plutôt satisfaisante ou très satisfaisante» . Au cours des cinq dernières années, le niveau de perception de l’indépendance du système de justice est resté faible.
Le projet de loi visant à remédier aux problèmes que rencontre le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), notamment le mode d'élection des membres qui le composent, est encore en discussion au Parlement. Le Conseil supérieur de la magistrature a été confronté à des problèmes concernant la représentativité de ses membres et la transparence de sa procédure de nomination aux hautes fonctions judiciaires . Le projet de loi proposé par le gouvernement en août 2020 vise à garantir l’indépendance des membres du CSM vis-à-vis des associations professionnelles, notamment en modifiant les règles qui président à l’élection de ses membres et en renforçant la diversité des membres du Conseil du point de vue de l’origine territoriale et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il a également pour objectif d’établir une ligne de démarcation plus stricte entre les fonctions juridictionnelles et politiques. En avril 2021, le CSM a rendu plusieurs avis sur le projet de loi, dont il a relevé les éléments positifs (par exemple, l’organisation des bureaux judiciaires , notamment du ministère public, et une transparence accrue de la procédure de nomination aux hautes fonctions et de certaines règles relatives aux évaluations professionnelles des magistrats ). Il a également exprimé des craintes, notamment en ce qui concerne le système d’élection, mettant en avant le risque de marginalisation des minorités, le pouvoir discrétionnaire du ministère de la justice en matière de constitution des collèges électoraux avant les élections, ainsi que la réduction potentielle du pluralisme de la magistrature. En ce qui concerne le régime disciplinaire, le CSM a souligné le risque d’imprécision dans la définition des nouvelles infractions disciplinaires. Le 26 mars 2021, le GRECO a adopté son deuxième rapport de conformité lequel a abordé la question de la participation directe des magistrats à la vie politique. En dépit de l'avancée que constitue le projet de loi, il a été considéré que la recommandation n’a été que partiellement mise en œuvre puisque le projet de loi doit encore être adopté. En mars 2021, de nouvelles orientations stratégiques pour la justice ont été présentées au Parlement par le ministre de la justice . Il importe que ces réformes soient menées dans le respect des recommandations du Conseil de l’Europe relatives au Conseil de la magistrature, notamment en ce qui concerne la sélection de ses membres , ainsi qu'au statut, à la carrière, à la responsabilité et au régime disciplinaire des magistrats . L’Italie coopère à cet égard avec le Conseil de l’Europe.
Des mesures supplémentaires ont été prises pour résoudre les problèmes d’intégrité . Le CSM a continué d’instaurer des règles visant à promouvoir la transparence et la nomination fondée sur le mérite aux postes élevés . Par ailleurs, pour renforcer davantage l’indépendance de la justice, le CSM a pris des mesures en vue d’arrêter des dispositions détaillées concernant la déclaration et le contrôle systématique du patrimoine des magistrats, qui ont été accueillies favorablement par le GRECO . Le CSM a également ouvert un certain nombre de procédures disciplinaires et tient compte, en vue des évaluations professionnelles et des nominations aux postes de direction à venir, des problèmes d’intégrité révélés en 2020 par l’enquête pénale qui a entraîné la démission de cinq de ses membres. En outre, l’Association nationale des magistrats a commencé à appliquer des sanctions disciplinaires à ses membres en cas de violation du code de déontologie des magistrats.
Qualité
Les ressources humaines sont renforcées et il est prévu de recruter du personnel judiciaire et administratif supplémentaire. À la suite de l’avis rendu par le CSM, en septembre 2020, le ministère de la justice a réparti les 600 postes de magistrat supplémentaires entre les plus hautes juridictions et le ministère public (70 unités), les juridictions de première et de deuxième instance (422 unités) et la task force «Tableaux d'effectifs flexibles» (176 unités). En mars 2021, de nouveaux effectifs (285 magistrats) ont commencé leur stage. Après une première suspension due à la pandémie de COVID-19, les concours ont désormais repris . En 2020 et 2021, plus de 2 000 membres du personnel administratif ont été recrutés au moyen de procédures numérisées . À la suite de la publication du rapport 2020 sur l’état de droit, qui a reconnu que la question des ressources humaines représentait un défi particulier pour l'Italie et avait une incidence sur l’efficience du système de justice, le gouvernement a prévu des mesures exceptionnelles visant à renforcer le «bureau du procès», au sein duquel le personnel administratif et judiciaire coopérera en synergie dans le cadre de modules organisationnels révisés . Ces mesures prévoient le recrutement, sur la base de contrats à durée déterminée de trois ans, d’environ 16 500 titulaires de diplômes universitaires en droit, en économie et commerce et en sciences politiques, qui fourniront un appui technique aux magistrats , et de 1 600 jeunes diplômés universitaires, 750 diplômés spécialisés et 3 000 diplômés de l’enseignement secondaire général, qui assisteront le personnel judiciaire et assureront le suivi des projets du ministère de la justice, tels que la numérisation des procédures et les réformes. Une partie de ce personnel nouvellement recruté sera affectée à la Cour suprême de cassation pour réorganiser les chambres civiles, y compris celles qui s’occupent des affaires fiscales. En ce qui concerne la justice administrative, le nombre d’emplois vacants reste élevé, notamment aux postes de juges de première instance. Cependant, en février 2021, une nouvelle procédure de recrutement de 40 juges (étendue, par la suite, à 60) a été publiée, et une augmentation de 130 postes administratifs est prévue. De nouveaux recrutements dans le secteur de la justice administrative sont également prévus , dans le but de renforcer les bureaux judiciaires, d’améliorer la numérisation et d’assurer le suivi des activités menées dans le cadre des projets. Les nouvelles mesures visant à résorber l’arriéré judiciaire et à réduire la durée des procédures ont pour objectif de donner suite à une recommandation par pays adressée de longue date concernant l’efficience du système de justice .
La numérisation du système de justice continue de s'améliorer dans les juridictions civiles et administratives, tandis qu'il reste des difficultés à surmonter dans les juridictions pénales . La numérisation des procédures engagées devant les juridictions civiles de première et de deuxième instance est terminée , et elle est désormais lancée au niveau de la Cour suprême de cassation (section civile) et de la justice de paix . Elle est toutefois moins avancée dans les procédures pénales , où elle devrait débuter d’ici à la fin du mois de mai 2021. La numérisation du registre utilisé pour la mise sur écoute téléphonique pourrait constituer une première étape. Dans le cas de la justice administrative, pendant la pandémie de COVID-19, l’organisation d’audiences à distance a permis d’accomplir des progrès supplémentaires en matière de numérisation des procédures administratives . En dehors des décisions civiles et pénales de la Cour suprême de cassation, l’accès en ligne aux jugements rendus en première et deuxième instance progresse lentement et devrait être possible d’ici à 2023 uniquement pour les jugements civils . De nouvelles améliorations numériques sont en cours. Elles ont pour but de renforcer les services en ligne des bureaux judiciaires, en actualisant le portail des services en ligne, les registres de courriers électroniques certifiés et les paiements électroniques, et d’améliorer l’accès à certains services grâce au SPID (système public d'identité numérique), à la carte de service nationale et à la carte d’identité électronique. Pendant la pandémie de COVID-19, le travail à distance a accéléré la mise en œuvre de l’accès à distance à certains registres (litiges civils, juridiction gracieuse et conflits du travail, en première et deuxième instance). Par ailleurs, il est prévu de consentir un important effort de formation afin de renforcer les compétences informatiques des responsables ainsi que des agents permanents et temporaires recrutés pour soutenir la numérisation et résorber l’arriéré . En ce qui concerne le projet de loi relatif à la procédure civile, le gouvernement a élaboré des amendements au projet de texte pour remédier aux difficultés rencontrées en matière d’efficience, notamment en augmentant le niveau de numérisation des systèmes de justice. Une fois finalisés, ces amendements seront transmis au Parlement.
La réforme des tribunaux fiscaux est toujours en cours. La commission d’experts établie par le ministère de la justice et le ministère de l’économie et des finances devrait achever, d’ici au 30 juin 2021, les travaux préparatoires relatifs à la réforme des tribunaux fiscaux de première et de deuxième instance . Cette réforme aurait également pour objectif de réduire le nombre important de nouvelles affaires présentées à la Cour suprême de cassation. Par ailleurs, pour donner suite à la recommandation du GRECO, le Conseil de la présidence de la justice fiscale a mené plusieurs actions de prévention, de contrôle et d’exécution afin de renforcer le professionnalisme et l’intégrité des membres des juridictions fiscales et a adopté des mesures de formation et de renforcement de la numérisation .
Il est prévu d'inscrire dans la loi les normes existantes visant à améliorer la qualité des décisions de justice. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, ces normes sont actuellement inscrites dans un protocole d’accord signé par le CSM et le Conseil national des barreaux et visent à améliorer la clarté et la concision des décisions de justice. Le gouvernement a élaboré les amendements nécessaires à l’inclusion de ces normes dans le projet de loi relatif à la procédure civile.
L’augmentation prévue des services numériques dans les bureaux de proximité pourrait améliorer encore l’accès à la justice. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, un projet concernant la mise en place de bureaux de proximité est mené par le ministère de la justice pour améliorer l’accès aux tribunaux en rendant le service de justice plus proche des citoyens. Des bureaux de proximité sont désormais établis dans quatorze des vingt régions et sont en mesure d’offrir des services homogènes destinés avant tout aux groupes vulnérables grâce à la participation renforcée des autorités locales et à l’utilisation d’instruments numériques (par exemple, envoi de documents électroniques aux bureaux judiciaires et accès aux informations relatives aux affaires en cours au moyen d’une plateforme numérique).
Efficience
La durée des procédures reste un problème de taille . Malgré un taux accru de variation du stock d’affaires pendantes déjà supérieur à 100 % en matière civile, le temps nécessaire estimé pour résoudre les litiges civils et commerciaux reste très élevé . En 2019, la durée d’écoulement du stock d’affaires pendantes a diminué en première et en deuxième instance , tandis qu’elle a augmenté au niveau de la Cour suprême de cassation, principalement à cause des litiges fiscaux et des affaires de protection internationale. En 2020, la Cour suprême de cassation a enregistré une diminution sensible du nombre de nouvelles affaires en matière de protection internationale, tandis que les nouvelles affaires ayant trait à des litiges fiscaux ,pour lesquelles les taux d’annulation sont élevés , restent un problème de taille. Les taux d’irrecevabilité demeurent élevés . En 2020, les tribunaux administratifs ont continué de réduire la durée d’écoulement du stock d’affaires pendantes à tous les niveaux d’instance, en restant toutefois au-dessus de la moyenne . Des résultats positifs continuent d'être observés dans le domaine des marchés publics . L’Italie continue de faire l’objet d’une surveillance renforcée du Comité des ministres du Conseil de l’Europe en ce qui concerne la durée des procédures dans les affaires administratives . Pour ce qui est des procédures pénales, la Cour suprême de cassation a fait état d’une augmentation globale du nombre d'affaires pendantes en 2020 , en particulier au niveau d’instance le plus élevé. Cela confirme qu'il est urgent de prendre des mesures afin de gagner en efficience, en particulier au niveau des recours . Par ailleurs, il a été signalé que la moitié des procès en procédure ordinaire devant des juridictions de première instance se concluent par un acquittement . L’Italie continue de faire l’objet d’une surveillance renforcée du Comité des ministres du Conseil de l’Europe en ce qui concerne la durée des procédures dans les affaires pénales .
Les projets de loi visant à remédier aux problèmes d’efficience sont encore en cours d’examen au Parlement. Le gouvernement a présenté des amendements au projet de loi visant à réaliser des gains d’efficience dans les procédures civiles . Ces amendements prévoient, entre autres, de recourir davantage au règlement extrajudiciaire , à l’arbitrage et à la négociation assistée, de mettre davantage l’accent sur les phases préparatoire et introductive des procédures, de poursuivre sur la voie de la numérisation grâce aux audiences à distance, de revoir les filtres de recevabilité au niveau des recours, de simplifier la procédure de recours et de réorganiser le bureau du procès. Dans le domaine de la justice pénale, les mesures envisagées peuvent inclure, entre autres, une amélioration du système de notification, un accès élargi aux procédures spéciales (par exemple, à la transaction judiciaire), une intervention accrue du juge au cours de la phase d’enquête préliminaire, un accès sélectif aux procédures de recours, une réduction de la surpénalisation, et des innovations concernant les sanctions pénales et la justice réparatrice mettant l’accent sur les victimes. Par ailleurs, des amendements spécifiques peuvent être déposés par le gouvernement afin que le bureau du procès gagne en efficience. Le projet de réforme concernant le CSM et d’autres aspects du système de justice inclura probablement des dispositions visant à soutenir et à faciliter les gains d’efficience (par exemple, l'obligation pour les magistrats occupant un poste d'encadrement de couvrir un certain horizon temporel pour garantir une planification adéquate du bureau).
II.Cadre de lutte contre la corruption
L’autorité nationale anticorruption est la principale autorité chargée de la prévention de la corruption au sein de l’administration publique; elle supervise l’adoption des plans locaux triennaux de lutte contre la corruption. L’unité anticorruption de la brigade financière est chargée des enquêtes et de la prévention en matière de corruption en tant qu’organe répressif spécialisé. La cellule de renseignement financier pour l’Italie, autorité indépendante de la Banque d’Italie, apporte son soutien au ministère public compétent et coopère avec la brigade financière en tant qu’autorité compétente pour la réception des signalements de transactions financières suspectes.
Les experts et les dirigeants d’entreprises estiment que le niveau de corruption reste relativement élevé dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, l’Italie obtient un score de 53/100 et se classe au 15e rang dans l’Union européenne et au 52e rang dans le monde . Cette perception a sensiblement augmenté au cours des cinq dernières années .
L’Italie s’est dotée d’un plan national de lutte contre la corruption pour la période 2019-2021. L’autorité nationale anticorruption est l’organe central chargé de coordonner le plan . Ce plan, qui constitue la stratégie globale de prévention de la corruption dans l’administration publique, fixe les principaux objectifs stratégiques en matière de prévention de la corruption, qui sont actualisés chaque année. Les thèmes centraux de la mise à jour 2021 du plan sont les marchés publics ainsi que le rôle et la fonction des responsables anticorruption locaux, qui font office de points de contact au sein de chaque administration locale . D’après l’autorité anticorruption, ces deux questions seront également les thèmes principaux du prochain plan triennal, qui couvrira la période post-2021. Le plan national anticorruption aide les administrations publiques à élaborer et à mettre en œuvre leurs propres plans d’action triennaux . À l’heure actuelle, une attention particulière est portée aux marchés publics et à l’atténuation du risque de corruption. Un système de contrôle existe et les principales parties prenantes estiment qu’il fonctionne bien . En novembre 2020, l’autorité anticorruption a lancé une évaluation pour apprécier le degré de mise en œuvre de ces plans locaux adoptés par les administrations publiques .
Des amendements législatifs visant à lutter de manière plus cohérente contre la corruption et les délits de corruption sont entrés en vigueur. Les amendements apportés au code pénal prévoient notamment des sanctions plus sévères en matière de fraude et ont élargi le champ d’application personnel de la corruption internationale . Par ailleurs, la législation relative aux abus de fonctions a été modifiée par le décret de manière à couvrir exclusivement les violations des règles de conduite prévues par la loi (ou par des actes ayant force de loi) afin de réduire la marge d’appréciation qui existait précédemment .
La coopération entre les institutions qui luttent contre la corruption fonctionne bien, en particulier en ce qui concerne la criminalité organisée. La coopération entre la brigade financière, la cellule de renseignement financier, le ministère public près la Cour des comptes, la direction nationale antimafia et l’autorité anticorruption concernant le signalement d’activités suspectes s’est avérée efficace, notamment pour ce qui est de la corruption dans les procédures de passation des marchés et de l’illégalité dans l’administration publique . De même, la coopération avec l’Agence des douanes et des monopoles est jugée utile pour révéler au grand jour les faits de corruption dans le contexte plus large de l’infiltration de l’économie et de l’administration publique par la criminalité organisée . D’après la brigade financière et les procureurs, les ressources et le niveau de spécialisation des enquêteurs et des procureurs ainsi que leur accès aux informations figurant dans les registres et les bases de données pertinents sont généralement suffisants pour leur permettre de s’acquitter de leurs tâches en matière de répression de la corruption. Malgré les avancées législatives récentes et importantes concernant le cadre juridique , un manque de ressources ainsi qu’une expérience et une expertise juridique limitées affectent la capacité des autorités répressives à poursuivre et à traduire en justice les auteurs de corruption transnationale de manière efficace . Grande exportatrice, l’Italie est récemment passée d’un niveau de lutte active contre la corruption d’agents publics étrangers à un niveau de lutte modérée , bien que l’attention portée à cette forme de criminalité ait sensiblement augmenté au cours des dix dernières années .
La durée excessive d’écoulement du stock d’affaires pendantes continue d’entraver les efforts déployés pour lutter contre la corruption, en particulier au niveau des recours. Un projet de loi de mars 2020 visant à renforcer l’efficience des procès pénaux et à accélérer les procédures en appel est encore en cours d’examen à la Chambre des députés . Des résultats positifs avaient été enregistrés précédemment par les juridictions de première instance et la Cour suprême de cassation en ce qui concerne la réduction de la durée des procès . Il n’existe pas de statistiques actualisées sur les enquêtes de corruption menées par la police ni sur les poursuites engagées et les condamnations prononcées par les juridictions pour l’année 2020. De telles statistiques devraient être publiées au cours de l’année 2021 .
Les amendements à la législation relative aux lanceurs d’alerte en sont au stade final du processus législatif. Jusqu’à l’adoption de ces amendements , la protection des lanceurs d’alerte dans le secteur privé restera limitée en raison du caractère volontaire des programmes de conformité que les entreprises n’ont pas toutes mis en œuvre . Dans la pratique, l’autorité anticorruption n’est pas habilitée à recevoir des signalements provenant d’employés du secteur privé ni à infliger des sanctions . L’extension du champ d’application à toutes les entreprises de plus de 50 travailleurs constituera donc une nouvelle étape importante en matière de protection des lanceurs d’alerte dans le secteur privé. En juin 2021, l’autorité anticorruption a publié un nouvel ensemble d’orientations sur le lancement d'alertes.
Une proposition législative sur les conflits d’intérêts pour les parlementaires est encore en cours d’examen au Parlement. Le projet de loi présenté en mai 2019 modifierait et remplacerait presque entièrement les dispositions de la loi nº 215/2004 sur les conflits d’intérêts . Il a été approuvé par la commission des affaires constitutionnelles de la Chambre des députés en octobre 2020 et devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2021 . La proposition prévoit l’introduction de mesures plus strictes pour les membres des administrations publiques nationales, régionales et locales . La procédure d’adoption d’un code formel de conduite et de déontologie n’est pas encore achevée. Tant que la nouvelle loi ne sera pas entrée en vigueur, la législation applicable aux conflits d’intérêts restera morcelée . De même, la publication des déclarations de patrimoine des membres de la Chambre des députés et du Sénat demeure fragmentée et non transparente.
Les activités de lobbying menées auprès des membres du gouvernement ne sont régies par aucune loi, mais plusieurs projets de loi ont été présentés au Parlement. Ces projets de loi présentent le cadre général des relations avec les représentants d’intérêts sur la base de l’expérience acquise avec les registres de transparence du ministère du développement économique et du ministère du travail . Il n’est fait aucune référence spécifique à l’introduction d’une «empreinte législative», mais le gouvernement s’est engagé, dans le quatrième plan d’action national pour une administration transparente, à constituer un groupe de travail sur la création d’un registre de transparence national uniformisé incluant les agendas publics de tous les décideurs et leurs rencontres avec les lobbyistes . Tant qu’il n’existera pas de registre opérationnel des lobbyistes, y compris une empreinte législative, la législation réglementant les activités de lobbying auprès du gouvernement restera morcelée .
La proposition législative sur les conflits d’intérêts présentée en 2020 prévoit de nouvelles règles relatives à l’après-mandat [«(rétro-)pantouflage»]. Le champ d’application de la proposition couvre les membres du Parlement ainsi que les hauts fonctionnaires, mais pas les fonctionnaires publics directement liés aux ministres, tels que les chefs de cabinets. La durée de la période d’attente proposée (un an) fait toujours l'objet de discussions .
L’Italie interdit le financement public direct des partis politiques, y compris pour les campagnes électorales. En conséquence, les partis politiques doivent se financer eux-mêmes presque exclusivement grâce aux dons privés de personnes physiques ou morales . Cette situation a contraint les parlementaires à s’appuyer fortement sur leurs propres ressources pour financer leurs campagnes électorales, ce qui rend les acteurs politiques plus dépendants des dons privés et plus vulnérables aux abus d'influence . En ce qui concerne les dons privés, il existe un plafond, relativement élevé, de 100 000 EUR par an. Les règles relatives à la transparence du financement des organisations politiques, en vigueur depuis 2019, obligent toutefois les partis à publier les données relatives aux dons . Les dons d’un montant supérieur à 500 EUR, reçus sous forme pécuniaire ou en nature, doivent faire l'objet d'une publication mentionnant l’identité du donateur dans un délai d’un mois à compter de la date de réception. Le non-respect de cette obligation de publication est passible d'une amende administrative d’un montant trois à cinq fois supérieur à la valeur du don non déclaré. Les dons étrangers sont interdits. Les capacités et les ressources des organes de contrôle et de surveillance suscitent des inquiétudes . La pratique consistant à faire transiter les dons par des fondations et des associations politiques avant de les transférer aux partis politiques peut faire obstacle à l'obligation de rendre des comptes au public, étant donné que ces transactions sont difficilement traçables et contrôlables .
La pandémie de COVID-19 a sensiblement accru le risque de corruption et de délits de corruption commis pour infiltrer davantage l’économie légale italienne. D’après la police, les criminels ont tiré profit, en particulier, de l’achat de petites entreprises privées, telles que des restaurants connaissant des difficultés économiques du fait de la pandémie de COVID-19, et de produits sanitaires, notamment de masques buccaux, d’équipement de protection et de gadgets médicaux, qui peuvent servir à faciliter d’autres délits de corruption, tels que le blanchiment d’argent. Par ailleurs, le décret-loi portant mesures de simplification administrative et de numérisation, adopté en juillet 2020, a également introduit un régime spécial pour l’adjudication des marchés publics . Ces mesures se concentrent sur les procédures rapides et les adjudications directes sans appels d’offres officiels , sur les procédures d’adjudication simplifiées et sur les sanctions infligées aux personnes qui suspendent ou ralentissent l’adjudication et l’exécution des travaux publics, autant d'éléments risquant de faciliter la corruption . L’autorité anticorruption a actualisé sa base de données des marchés publics en septembre 2020 et a élaboré de nouveaux indicateurs de risque de corruption dans le secteur des marchés publics en décembre 2020.
III.Pluralisme et liberté des médias
La liberté d’expression et d’information, la liberté de la presse et le principe de transparence du financement des médias sont consacrés par la Constitution italienne . Les textes d'application établissent un cadre solide visant à garantir le pluralisme des médias dans le pays tandis que l’autorité indépendante et convergente de régulation des médias, l’autorité de tutelle des communications (AGCOM), est établie par la loi. La sanction pénale pour diffamation, pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement, est actuellement examinée par le Parlement, tandis que la législation visant à transposer la directive «Services de médias audiovisuels» est en attente. Les journalistes doivent être inscrits à l’ordre des journalistes, ce qui permet une administration autonome de la part de la profession.
L’autorité de régulation des services de médias audiovisuels, l’AGCOM, continue de fonctionner de manière indépendante et efficace. En novembre 2020, l’observatoire du journalisme de l’AGCOM a publié un rapport analysant, entre autres, la profession de journaliste durant la pandémie de COVID-19 ainsi que les nombreuses difficultés auxquelles les journalistes ont été confrontés avant et pendant la pandémie. Ce rapport fait état de la détérioration des conditions de travail, de l’augmentation du travail indépendant et d’autres formes d’emploi précaire ainsi que du manque de connaissances spécialisées des journalistes, en particulier sur les sujets liés à la pandémie de COVID-19 .
Le gouvernement a soutenu financièrement le secteur des médias pour atténuer les effets de la pandémie de COVID-19. En 2021, le gouvernement italien a adopté une série de mesures économiques visant à atténuer les effets de la pandémie de COVID-19, dont certaines visaient spécifiquement les médias, à savoir un crédit d’impôt pour les dépenses publicitaires, un crédit d’impôt pour les buralistes, un crédit d’impôt pour les investissements technologiques dans les médias numériques et un crédit d’impôt pour les achats de papier . Le Parlement a également approuvé le report des coupes budgétaires programmées pour le Fonds pour le pluralisme de l’information . L’accès à ce fonds repose sur une série de critères objectifs: seuls les journaux publiés par des coopératives de journalistes, les publications sans but lucratif et les publications destinées aux minorités linguistiques peuvent bénéficier de ce soutien public. La Cour constitutionnelle a estimé que, dans un domaine aussi essentiel, un cadre réglementaire transparent est nécessaire et que l’allocation des ressources doit se fonder sur des critères clairs et objectifs .
En l’absence d’une loi efficace réglementant les conflits d’intérêts, l’indépendance politique des médias italiens reste une source de préoccupation. Les projets de réforme sont encore en cours d’examen au Parlement, bien que cette question demeure un sujet politique clé dans le pays . Même si les principaux journaux italiens ne sont pas directement ou indirectement détenus par des personnalités politiques ou des partis politiques, les lignes éditoriales reflètent la forte polarisation de la scène politique italienne. C’est pourquoi, selon le MPM 2021, un risque moyen pèse sur l’indépendance politique en général et sur l’autonomie éditoriale en particulier . En Italie, les niveaux de concentration sont élevés dans tous les sous-secteurs des médias d’information.
Des problèmes empêchant un accès effectif aux informations ont été signalés. La loi italienne sur la liberté d’information réglemente l’«accès civique» aux données et aux documents détenus par l’administration publique. Le MPM 2021 fait référence à des rapports indépendants indiquant que les justifications fournies par les autorités pour refuser l’accès aux informations sont parfois imprécises et ne se fondent pas clairement sur les exceptions prévues par la loi. Pendant la pandémie de COVID-19, la suspension, entre le 28 février et le 15 avril 2020, du régime prévu par la loi sur la liberté d’information a été motivée par des considérations opérationnelles plutôt que par des raisons de protection de la santé publique .
Les lois sur la diffamation n’ont pas été modifiées et continuent de faire l’objet d’un examen parlementaire. Cependant, compte tenu des jugements rendus par la Cour constitutionnelle sur la question , décrits en détail dans le rapport 2020 sur l’état de droit et accueillis favorablement par les organisations de défense de la liberté de la presse, le MPM 2021 a abaissé le niveau de risque pour cet indicateur particulier . Le 22 juin 2021, la Cour constitutionnelle a déclaré que l’article 13 de la loi sur la presse (dans la mesure où il prévoit une peine d’emprisonnement en cas de diffamation par voie de presse) était inconstitutionnel et incompatible avec l’article 10 de la convention européenne sur les droits de l’homme.
Les agressions physiques, menaces de mort et autres formes d’intimidation à l’encontre des journalistes restent sources de préoccupation. Depuis le dernier rapport sur l’état de droit, huit alertes concernant l’Italie ont été enregistrées par la plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes . Ces alertes concernaient notamment des incendies criminels, des agressions physiques, des actes graves d’intimidation et des menaces en ligne envoyées au président de la Fédération nationale de la presse italienne. D’après l’une des alertes, datée d’avril 2021, au moins 15 journalistes travaillant sur les questions de migration auraient été mis sur écoute téléphonique dans le cadre d’une enquête ouverte par le ministère public sur les liens entre ONG et trafiquants. Les associations européennes et italiennes représentant les journalistes ont qualifié cette affaire de très grave et ont estimé qu’il s’agissait d’une «violation massive de la confidentialité des sources journalistiques» . En dépit des demandes répétées de la Fédération nationale de la presse italienne, la protection des sources journalistiques et la loi-cadre sur le secret professionnel des journalistes restent insuffisantes . C’est pourquoi, une fois encore, le MPM estime que l’indicateur «Protection et normes pour la profession de journaliste» révèle encore un risque moyen. Tant le MPM 2021 que plusieurs parties prenantes ont signalé que la détérioration des conditions de travail des journalistes, caractérisées par un fossé grandissant entre les journalistes salariés et les journalistes indépendants et une réduction généralisée du personnel des salles de rédaction, constitue une source de préoccupation majeure . Le centre de coordination italien qui traite les actes perpétrés contre des journalistes, créé en 2017 et considéré comme un exemple de bonne pratique au niveau de l’Union européenne, a enregistré un nombre important d’actes d’intimidation, à savoir163 en 2020 et 63 entre janvier et mars 2021 .
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
L’Italie est une république parlementaire unitaire dont le président est élu par scrutin indirect . Le Parlement est bicaméral: il est constitué de la Chambre des députés et du Sénat, tous deux dotés de pouvoirs identiques. Le droit d’initiative législative est dévolu au gouvernement, aux membres du Parlement, à 50 000 citoyens, au Conseil national de l’économie et du travail , ainsi qu’au Conseil régional. Plusieurs médiateurs régionaux sont responsables de la protection des libertés et des droits des personnes . Le comité interministériel pour les droits de l’homme (CIDU) interagit avec la société civile, les milieux universitaires et toutes les parties prenantes concernées afin de promouvoir et de protéger les droits de l’homme.
Bien que les analyses d’impact ex ante de la réglementation soient régulièrement utilisées, le recours aux consultations publiques et aux analyses d’impact ex post reste limité . Le décret nº 169/2017 du président du Conseil des ministres dispose que, six mois avant toute initiative réglementaire, les administrations publiques sont tenues de publier les informations y afférentes. Cependant, aucune procédure normalisée n'a encore été mise en place pour l’analyse des parties prenantes . L’utilisation accrue d’outils numériques dans le cadre des consultations publiques a légèrement amélioré l’efficacité du processus. Des outils innovants et interactifs permettant une plus grande participation des utilisateurs ont notamment été expérimentés grâce à l’utilisation de plateformes. Dans certains cas, les utilisateurs reçoivent également un retour d’informations de la part de l’administration publique . Néanmoins, les consultations sont principalement menées au moyen de techniques traditionnelles . Il est régulièrement procédé à des analyses d’impact ex ante et des évaluations ex post commencent à être effectuées. En 2020, des évaluations ex post ont notamment été réalisées pour les actes qui ont été recensés dans les plans biennaux de 2019 .
L’état d’urgence dû à la pandémie de COVID-19 est toujours en vigueur et une nouvelle commission parlementaire devrait être mise en place pour renforcer le rôle du Parlement dans les situations d’urgence. En avril 2021, le gouvernement a prolongé l’état d’urgence jusqu’au 31 juillet 2021, tout en adoptant des mesures visant à lever progressivement les restrictions. Le gouvernement a continué d’adopter des mesures destinées à faire face à la pandémie au moyen de décrets-lois , lesquels sont immédiatement applicables et sont ensuite convertis en loi par le Parlement . Par ailleurs, le président du Conseil des ministres peut adopter directement des mesures d’urgence, qui prennent la forme d’un décret du président du Conseil des ministres. En pareils cas, le gouvernement est tenu de présenter le contenu et les principaux objectifs du décret au Parlement avant son adoption. Si cette présentation est impossible pour des raisons d’urgence, une communication de suivi est adressée au Parlement, en général tous les 15 jours . En raison de la pandémie de COVID-19, au cours des premiers mois de l’état d’urgence, le Parlement a décidé de n'examiner que les actes urgents ainsi que les questions liées à la situation d’urgence sanitaire. Le Parlement a repris ses travaux ordinaires en mai 2020. Afin que le Parlement puisse jouer un rôle central pendant la pandémie de COVID-19 et, plus généralement, dans les situations d’urgence, le Sénat a proposé de créer une commission bicamérale spéciale , qu’il conviendra de consulter sur chaque acte du gouvernement lié à la pandémie. Cette commission, qui n’a pas encore été mise en place, aurait une fonction consultative et assurerait la liaison avec les entités locales . Certaines mesures adoptées par décret du président du Conseil des ministres ont été attaquées devant des juridictions administratives, qui ont dû se prononcer sur leur proportionnalité au regard de la limitation des droits fondamentaux . La disposition relative à la suspension du délai de prescription a été contestée devant la Cour constitutionnelle, qui a estimé qu’il n’existait pas de risque d’abus du pouvoir législatif.
Aucun progrès n’a été enregistré concernant la création d’une institution indépendante des droits de l’homme . La création d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme (INDH)fait encore l'objet de discussions . En octobre 2020, le Parlement a fusionné en une seule proposition les deux projets de loi initiaux pour la création d’une INDH, qui avaient été présentés en 2018 Le nouveau texte est actuellement examiné par la commission pour la promotion et la protection des droits fondamentaux de la Chambre des députés . La proposition établirait une INDH, conformément aux principes de Paris et aux recommandations des Nations unies.
Des problèmes subsistent concernant l’espace civique , mais certains aspects de la législation concernant les organisations de la société civile qui s'occupent des migrants ont été améliorés. En octobre 2020, des améliorations ont été apportées à la législation concernant les organisations de la société civile qui s'occupent des migrants, notamment sous la forme de dispositions régissant les activités des organisations de la société civile qui mènent des opérations de recherche et de sauvetage en mer . Malgré la pandémie, la coopération avec les organisations de la société civile a été renforcée . Toutefois, des craintes demeurent quant à la complexité du processus d’enregistrement des ONG et aux retards dans la mise en œuvre de la loi harmonisant les règles relatives au secteur non marchand . En dépit de récentes évolutions positives (classement sans suite de l’action engagée contre un défenseur des droits de l’homme actif dans le domaine de la migration et de l’asile), des préoccupations subsistent dans ce secteur . Par ailleurs, l’espace civique est toujours considéré comme rétréci .
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation .
Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Contribution de l’Agence des droits fondamentaux au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021
Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni (AGCOM), Osservatorio sul Giornalismo III edizione – La professione alla prova dell’emergenza Covid-19 – documento di consultazione pubblica, ( https://www.agcom.it/documents/10179/20594109/Comunicazione+23-11-2020/b6623771-dbaa-4ccb-baab-9520f87afbc8?version=1.0 )
Autorité anticorruption italienne, Analyse des articles du décret-loi du 16 juillet 2020, 2020 ( https://www.anticorruzione.it/portal/rest/jcr/repository/collaboration/Digital Assets/anacdocs/Attivita/Pubblicazioni/RapportiStudi/ContrattiPubblici/Anac.DL76.2020.pdf )
Autorité anticorruption italienne, Analyse des données et construction d’indicateurs de risque de corruption pour la base de données nationale des marchés publics, document de travail nº 5, 2020 ( http://www.anticorruzione.it/portal/rest/jcr/repository/collaboration/Digital%20Assets/anacdocs/Attivita/Pubblicazioni/Collana%20scientifica%20Autorita/Collana%20scientifica%20Anac%20-%20Matteo%20Tro%C3%83%C2%ACa%20WP%20n.5.pdf )
Autorité anticorruption italienne, base de données des marchés publics (https://dati.anticorruzione.it/superset/dashboard/appalti/) (pour les analyses de données), (https://dati.anticorruzione.it/opendata/) (pour la plateforme de données ouvertes)
Autorité anticorruption italienne, Prévention de la corruption et transparence, 2020 ( http://www.anticorruzione.it/portal/public/classic/Comunicazione/News/_news?id=8e7b24b70a77804261ad277e20798ed6 )
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias, Media Pluralism Monitor 2021 – Rapport sur l’Italie (ajouter le lien lorsqu’il sera disponible), 2021
CEPEJ, Study on the functioning of the judicial systems in the EU Member States, 2020
Civicus, outil de surveillance de l’espace civique – Italie ( https://monitor.civicus.org/country/italy/ ).
Commission européenne, rapport 2020 sur l’état de droit – la situation de l’état de droit dans l’Union européenne, 2020
Commission européenne, recommandation de recommandation du Conseil concernant le programme national de réforme de l’Italie pour 2020 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de l’Italie pour 2020, 2020
( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1591720698631&uri=CELEX:52020DC0512 )
Commission européenne, tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE, 2021
Conseil consultatif de juges européens, avis nº 23, Le rôle des associations de juges en faveur de l’indépendance de la justice, 2020
Conseil d’État, Contribution du Conseil d’État au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021
Conseil de l’Europe, plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes – Italie ( https://www.coe.int/fr/web/media-freedom/italy )
Conseil de l’Europe: Comité des ministres, Recommandation CM/Rec(2010)12 du Comité des ministres aux États membres sur les juges: indépendance, efficacité et responsabilités, 2010
Conseil de l’Europe: conférence des OING, Participation civile au processus décisionnel, mission d’information effectuée en Italie, 2019 ( https://rm.coe.int/report-visit-of-the-conference-of-ingos-to-italy-2019/1680981493 )
Conseil de l’Union européenne, recommandation du Conseil du 9 juillet 2019 concernant le programme national de réforme de l’Italie pour 2019 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de l’Italie pour 2019, 2019
( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32019H0905(12)&from=FR )
Département des affaires juridiques et législatives et département chargé des relations avec le Parlement, Contribution du département des affaires juridiques et législatives et du département chargé des relations avec le Parlement au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021
Direction générale de la communication, Eurobaromètre flash nº 482 L’attitude des entreprises face à la corruption dans l’UE, 2019
Direction générale de la communication, Eurobaromètre spécial nº 502: «Corruption», 2020
G20, Principes du G20 sur les données ouvertes aux fins de la lutte anticorruption, 2015 ( http://www.g20.utoronto.ca/2015/G20-Anti-Corruption-Open-Data-Principles.pdf )
Gouvernement italien, Contribution de l’Italie au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021
Gouvernement italien, plateforme «Consultazione» pour les consultations publiques ( http://www.consultazione.gov.it/it/ )
Gouvernement italien, plateforme «Partecipa» pour les consultations publiques ( https://partecipa.gov.it/?locale=en )
Gouvernement italien, quatrième plan d’action national pour une administration transparente, 2019-2021 ( https://www.opengovpartnership.org/wp-content/uploads/2019/07/Italy-Action-Plan-2019-2021-English.pdf )
GRECO, quatrième cycle d’évaluation - deuxième rapport de conformité sur l’Italie - Prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs, 2021
GRECO, troisième cycle d’évaluation - deuxième addendum au deuxième rapport de conformité sur l’Italie - Incriminations et transparence du financement des partis politiques, 2019
La Repubblica, I soldi di Change al Governatore: indagine sulla Fondazione di Toti, 2020 ( https://genova.repubblica.it/cronaca/2020/01/22/news/i_soldi_di_change_al_governatore_indagine_sulla_fondazione_di_toti-246332702/ )
Ministère de l’intérieur: département de la sécurité publique, direction centrale de la police criminelle, Actes d’intimidation perpétrés à l’encontre des journalistes, 2020 ( https://www.interno.gov.it/sites/default/files/2021-03/report_intimidazioni_giornalisti_febbraio_2021.pdf)
Ministère de la justice, Contribution du ministère de la justice au rapport 2021 sur l’état de droit, 2021
OCDE, déclaration du groupe de travail de l’OCDE sur la corruption concernant la mise en œuvre par l’Italie de la convention sur la lutte contre la corruption, 2017 ( https://www.oecd.org/corruption/statement-of-the-oecd-working-group-on-bribery-on-italy-implementation-of-the-anti-bribery-convention.htm )
Présidence italienne du Conseil des ministres, département pour l’information et la publication, Fondo per il pluralismo e l’innovazione dell’informazione ( https://informazioneeditoria.gov.it/it/approfondimenti-e-normativa/fondo-per-il-pluralismo-e-linnovazione-dellinformazione/ )
Reporters sans frontières, classement mondial de la liberté de la presse, 2021
Site web du médiateur pour la Toscane ( http://www.difensorecivicotoscana.it )
Transparency International, Debugging Democracy, Open data for political integrity in Europe, 2020
Transparency International, indice de perception de la corruption 2020, 2021 ( https://www.transparency.org/en/cpi/2020/index/nzl )
Transparency International, Soldi e politica: cosa ci dicono i dati, 2020 ( https://www.transparency.it/informati/blog/soldi-e-politica-cosa-ci-dicono-i-dati )
Annexe II: visite en Italie
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril 2021 avec:
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty International
·Antigone
·Article 21
·Center for Reproductive Rights
·Civicus
·Civil Society Europe
·EuroCommerce
·Front Line Defenders
·Human Rights House Foundation
·Human Rights Watch
·ILGA-Europe
·Infonodes
·l’AGCOM (autorité de tutelle des communications)
·l’agence anticorruption (ANAC)
·l’Association des journalistes européens
·l’association nationale des magistrats (ANM)
·l’Institut international de la presse
·l’Union des libertés civiles pour l’Europe
·l’unité anticorruption de la brigade financière
·la Commission internationale de juristes
·la Conférence des Églises européennes
·la Cour des comptes et le ministère public près la Cour des comptes
·la Cour suprême de cassation
·la direction nationale de lutte contre la mafia et le terrorisme (DNAA)
·la Fédération européenne des journalistes
·la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme
·la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF EN)
·la Fédération nationale de la presse italienne
·la présidence du Conseil des ministres
·le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·le Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif
·le Comité Helsinki néerlandais
·le Conseil d’État
·le Conseil national des barreaux
·le Conseil supérieur de la magistrature
·le Forum civique européen
·le Forum européen de la jeunesse
·le ministère de la justice
·le ministère public près la Cour suprême de cassation
·le Parlement
·le Partenariat européen pour la démocratie
·Libera
·l'Open Society European Policy Institute
·Ossigeno per l’informazione
·Philanthropy Advocacy
·Protection International
·Reporters sans frontières
·The good lobby
·Transparency International EU
·Transparency International