COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 20.7.2021
SWD(2021) 726 final
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION
Rapport 2021 sur l'état de droit
Chapitre consacré à la situation de l'état de droit en Slovénie
accompagnant le document:
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ETAU COMITÉ DES RÉGIONS
Rapport 2021 sur l'état de droit
La situation de l’état de droit dans l’Union européenne
{COM(2021) 700 final} - {SWD(2021) 701 final} - {SWD(2021) 702 final} - {SWD(2021) 703 final} - {SWD(2021) 704 final} - {SWD(2021) 705 final} - {SWD(2021) 706 final} - {SWD(2021) 707 final} - {SWD(2021) 708 final} - {SWD(2021) 709 final} - {SWD(2021) 710 final} - {SWD(2021) 711 final} - {SWD(2021) 712 final} - {SWD(2021) 713 final} - {SWD(2021) 714 final} - {SWD(2021) 715 final} - {SWD(2021) 716 final} - {SWD(2021) 717 final} - {SWD(2021) 718 final} - {SWD(2021) 719 final} - {SWD(2021) 720 final} - {SWD(2021) 721 final} - {SWD(2021) 722 final} - {SWD(2021) 723 final} - {SWD(2021) 724 final} - {SWD(2021) 725 final} - {SWD(2021) 727 final}
Résumé
Le système de justice slovène a connu quelques évolutions positives, notamment par rapport aux problèmes soulevés dans le rapport 2020 sur l’état de droit. En particulier, l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui déclare inconstitutionnelles les règles régissant les enquêtes parlementaires en raison de l’absence de garanties en matière d’indépendance de la justice assure une protection importante aux juges. Le pouvoir judiciaire a entamé des discussions sur l’amélioration du cadre des procédures disciplinaires concernant les juges. La nomination des procureurs est retardée de manière injustifiée et le fait que les procureurs européens délégués ne soient pas nommés en temps utile suscite des inquiétudes. Des difficultés subsistent dans les procédures relatives aux affaires de criminalité économique et financière. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière la nécessité d’accélérer l’amélioration des outils de communication électronique. L’accès aux documents des tribunaux et des parquets est devenu une question sensible qui a donné lieu à un arrêt de la Cour suprême et à une modification législative.
Le cadre juridique et institutionnel nécessaire pour prévenir et combattre la corruption continue à s’améliorer. Les modifications législatives ont renforcé l’indépendance, l’organisation et le fonctionnement de la Commission pour la prévention de la corruption, bien que ses ressources humaines restent limitées. Ces mêmes modifications ont également renforcé le cadre juridique en matière de lobbying, de protection des lanceurs d’alerte et de déclaration de patrimoine. Néanmoins, des inquiétudes subsistent quant à l’application effective des règles de lutte contre la corruption, en ce qui concerne par exemple les conflits d’intérêts et les lanceurs d’alerte. En outre, la stratégie précédente a été en grande partie mise en œuvre, mais certaines initiatives restent en suspens et aucun nouveau plan n’a été adopté. Bien que le nombre de poursuites ait augmenté, certains problèmes subsistent, notamment en ce qui concerne la capacité à mener des enquêtes efficaces et le faible nombre de condamnations dans des affaires de corruption, en particulier à haut niveau. Au cours de la pandémie de COVID-19, une série d’évaluations des risques ont été lancées par le gouvernement, concernant notamment le risque de corruption dans les marchés publics.
La situation en matière de liberté et de pluralisme des médias s’est détériorée. L’indépendance de l’autorité de contrôle des médias est garantie par la loi, mais des problèmes subsistent concernant les ressources nécessaires à son large éventail de tâches et la volonté de renforcer encore son indépendance. La révision de la législation sur les médias et les services audiovisuels est toujours en suspens. Ces projets suscitent toujours quelques inquiétudes, mais certains amendements à la loi sur les médias proposés en 2020 pourraient améliorer la transparence de la propriété des médias. L’attribution de la publicité d’État n’est pas réglementée et manque souvent de transparence, notamment dans le cas des médias locaux. Le grand public et les journalistes doivent toujours s’armer de patience pour obtenir l’accès aux informations publiques. Le harcèlement en ligne des journalistes et les menaces à leur encontre génèrent de plus en plus d’inquiétude, et plusieurs journalistes ont fait l’objet de poursuites ayant un effet d’intimidation. Les parties prenantes nationales et internationales ont exprimé leurs craintes à la suite du refus des autorités de financer l’Agence de presse slovène en 2021. Aucune mesure particulière n’a été prise pour le secteur des médias dans le cadre de la pandémie de COVID-19, mais les journalistes avaient accès aux mesures d’aide générales.
La Slovénie n’a pas déclaré d’état d’urgence pendant la pandémie de COVID-19. La loi sur les maladies transmissibles, modifiée quatre fois depuis le début de la pandémie, a servi de base à l’adoption de mesures restrictives. Le Parlement a continué à fonctionner, après avoir rapidement modifié son règlement intérieur pour permettre les séances en ligne. L’indépendance financière de certains organes indépendants a été protégée par un arrêt de la Cour constitutionnelle. La Cour constitutionnelle a amélioré son efficience, évoquée dans le rapport 2020 sur l’état de droit, et a joué un rôle actif dans le contrôle des mesures liées à la COVID-19. Pour discuter de l’état de droit, le président de la République a réuni pour la toute première fois les trois branches du pouvoir. La société civile a dû faire face à des difficultés qui nuisent à un environnement favorable aux organisations non gouvernementales.
I.Système de justice
Le système de justice slovène s’articule sur trois niveaux, avec des tribunaux cantonaux et régionaux (instruisant les affaires en matière civile, commerciale et pénale), des tribunaux du travail et un tribunal administratif en première instance, cinq cours d’appel en deuxième instance (statuant sur les appels interjetés de décisions rendues par les tribunaux de première instance) et la Cour suprême en troisième instance (statuant sur les appels interjetés d’arrêts des cours d’appel et du tribunal administratif). La Constitution établit un Conseil judiciaire, une instance sui generis en dehors des trois branches du pouvoir, qui est chargé de protéger l’indépendance ainsi que de promouvoir et garantir la responsabilité, l’efficience et la qualité du travail de la justice . Les candidats juges sont sélectionnés par le Conseil judiciaire et présentés ensuite à l’Assemblée nationale (Državni zbor – la première chambre du Parlement) en vue de leur nomination . Lorsque le Conseil judiciaire sélectionne un candidat exerçant déjà une fonction juridictionnelle, celui-ci est promu à sa nouvelle fonction directement par le Conseil. Le ministère public, bien qu’il fasse partie du pouvoir exécutif, est une autorité indépendante, tandis que le Conseil des procureurs et le procureur général sont investis des principaux pouvoirs concernant la carrière des procureurs et son fonctionnement. Le Conseil des procureurs est un organe d’État indépendant et autonome qui réalise les tâches d’autorégulation du ministère public et qui contribue à garantir l’uniformité des poursuites ainsi que l’indépendance et l’autonomie des procureurs. L’ordre slovène des avocats est un organe autonome et indépendant. Il est chargé de superviser les activités professionnelles des avocats et de décider des mesures disciplinaires à prendre à l’encontre de ses membres. La Slovénie participe au Parquet européen.
Indépendance
Le niveau de perception de l’indépendance du système judiciaire s’améliore constamment. Il continue de s'améliorer et est moyen parmi le grand public (47 % plutôt et très satisfaisant) et a atteint le niveau moyen parmi les entreprises (43 %) en 2021, ce qui fait apparaître une tendance positive pour la troisième année consécutive, après l’absence de tendance claire en 2016 et en 2017 .
La nomination des procureurs est retardée de manière injustifiée et le fait que les procureurs européens délégués ne soient pas nommés en temps utile suscite des inquiétudes. Le gouvernement nomme les nouveaux procureurs sur proposition du ministre de la justice, après la publication d’un avis de vacance et la sélection du candidat par le Conseil des procureurs, qui est indépendant. En vertu de la loi, le gouvernement est tenu de prendre une décision de nomination ou de non-nomination à l’égard de tous les candidats admissibles qui se sont portés candidats à une nomination ou à une promotion. Les candidats non retenus ont le droit d'introduire un contrôle juridictionnel devant le tribunal administratif, qui doit statuer dans un délai de 30 jours. Depuis la fin du mois de juillet 2020, le Conseil des procureurs a présenté les noms de 29 candidats au ministre de la justice, qui les a ensuite proposés au gouvernement pour une première nomination ou une promotion. En juin 2021, seuls 14 d’entre eux avaient été nommés ou promus, alors qu’il n’existe pas de raisons manifestes de ne pas se prononcer sur les 15 candidatures restantes. La nomination des procureurs européens délégués du Parquet européen a également été retardée, faisant craindre que la procédure nationale n’ait pas été correctement suivie. En décembre 2020, le Conseil des procureurs a présenté les noms des deux candidats au ministre de la justice et le gouvernement n’a pas inscrit ce point à l’ordre du jour de ses séances, malgré l’obligation légale de se borner à prendre acte de ces noms et de les transmettre au Parquet européen. Le 27 mai 2021, le gouvernement a déclaré la procédure de sélection infructueuse et a chargé le ministre de la justice de publier un nouvel avis de vacance, qui a été émis le 9 juillet. Selon les recommandations du Conseil de l’Europe, le recrutement des procureurs doit reposer sur des procédures équitables et impartiales, qui comportent des garanties contre toute démarche représentant les intérêts de groupes particuliers, et leur promotion est régie par des critères connus et objectifs, tels que la compétence et l’expérience .
La Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnelles les règles régissant les enquêtes parlementaires en raison de l’absence de garanties en matière d’indépendance de la justice. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, une commission d’enquête parlementaire a ouvert en 2019 une enquête afin d’examiner les actions de certains procureurs et juges dans des affaires pénales concrètes. Toutefois, la Cour constitutionnelle a par la suite suspendu l’application de la loi relative aux enquêtes parlementaires, sur laquelle se fondait l’enquête, en raison du risque que celle-ci constituait pour l’indépendance des juges et des procureurs . En janvier 2021, la Cour constitutionnelle a jugé inconstitutionnels la loi et le règlement de procédure relatifs aux enquêtes parlementaires, dans la mesure où ils ne prévoient pas de garanties procédurales quant à l’indépendance des juges lors de l’ouverture d’une enquête parlementaire. La Cour a déclaré que le pouvoir judiciaire n’était pas totalement exclu du contrôle parlementaire exercé dans le cadre d’enquêtes parlementaires, étant donné que le Parlement peut examiner, par exemple, les tendances du système judiciaire ou les événements historiques faisant également l’objet de procédures judiciaires. Toutefois, la Cour a souligné que le Parlement ne pouvait pas entraver les procédures judiciaires ni influencer de quelque manière que ce soit les juges dans des procédures concrètes, y compris par un débat ex post sur la légalité ou l’adéquation de jugements particuliers. En outre, les juges ne peuvent pas être appelés en qualité de témoins ou de suspects dans le cadre d’une enquête parlementaire sur ces questions, qu’il s’agisse d’une affaire judiciaire ouverte ou clôturée, car cela porterait atteinte à l’indépendance de la justice. La Cour constitutionnelle a donné un an au Parlement pour supprimer les éléments anticonstitutionnels de la loi relative aux enquêtes parlementaires. Jusqu’à ce que l’inconstitutionnalité constatée soit levée, le Conseil judiciaire peut demander à la Cour constitutionnelle de vérifier si une nouvelle enquête parlementaire respecte l’indépendance de la justice. Aucune proposition législative n’a encore été présentée pour remédier à l’inconstitutionnalité établie.
Le pouvoir judiciaire a entamé des discussions sur l’amélioration du cadre des procédures disciplinaires concernant les juges. En mars 2021, le Conseil judiciaire a analysé le cadre juridique régissant les procédures disciplinaires concernant les juges et sa mise en œuvre, et a proposé des modifications. Depuis 2018, les procédures disciplinaires relèvent de la compétence d’un tribunal disciplinaire. Entre 2018 et mars 2021, la durée moyenne des procédures disciplinaires était de 194 jours. Le Conseil judiciaire a recensé un certain nombre de questions nécessitant des améliorations, telles que la mise en place d’une procédure disciplinaire spéciale au lieu du recours à une procédure pénale, la mise à jour de la liste des infractions disciplinaires, la révision du droit d'engager une procédure disciplinaire dont dispose le Conseil judiciaire, la révision des sanctions disciplinaires au profit d’une plus grande proportionnalité et la précision des limites de la durée de suspension d’un juge. La Cour suprême soutient l’initiative du Conseil judiciaire visant à modifier la législation pour accroître l’efficience des procédures disciplinaires. Il est important que toute réforme potentielle des procédures disciplinaires soit conforme au droit de l’Union et tienne compte des recommandations du Conseil de l’Europe.
Qualité
La pandémie de COVID-19 a mis en lumière la nécessité d’accélérer l’amélioration des outils de communication électronique utilisés dans le système de justice. Selon le rapport 2020 sur l’état de droit, alors que les technologies de l’information et de la communication pour la gestion des affaires sont avancées, les communications électroniques entre les juridictions et les parties restent à la traîne. Ces dernières années, des progrès ont été accomplis dans le développement des communications électroniques. Dans certains domaines, les documents doivent être soumis aux tribunaux uniquement sous forme électronique. Tel est le cas, par exemple, des documents soumis par des notaires publics et des administrateurs judiciaires (dans les affaires ayant trait au registre foncier, au registre judiciaire et à l’insolvabilité), ainsi que par des débiteurs (dans le cadre d’un recouvrement de créance non contestée). Depuis février 2021, les centres d’action sociale doivent déposer les demandes en matière de droit de la famille par voie électronique, et le système d’enchères électroniques a été lancé indépendamment de la méthode de vente pour tous les biens immobiliers, les biens meubles et les droits vendus dans le cadre d’une procédure d’exécution forcée, d’une procédure d’insolvabilité, d’une procédure de liquidation forcée, d’une affaire non contentieuse et d’une procédure pour délit ou infraction pénale. Dans les affaires pénales, administratives, civiles et commerciales contentieuses, des initiatives sont en cours pour moderniser le système de gestion des affaires d'ici à la fin de 2023, de manière à permettre les communications électroniques. Les solutions numériques de gestion et de suivi des procédures judiciaires restent limitées, en particulier dans les affaires pénales. Le recours aux technologies numériques pour le travail à distance sécurisé fait défaut, en particulier au sein du ministère public, et l’absence de ces technologies dans les services de police contribue à engendrer des retards, en particulier dans les affaires complexes pour lesquelles les procès-verbaux pénaux ne sont produits que sur support papier. Étant donné que, pendant plus de quatre mois à partir de mars 2020, les tribunaux ne traitaient pratiquement plus que les affaires urgentes, le système judiciaire et le ministère de la justice ont coopéré intensivement pour fournir des équipements de vidéoconférence supplémentaires et ont réussi à tripler les capacités en 2020, d’autres achats étant prévus en 2021. La Cour suprême a informé le ministère de la justice de la nécessité de modifier les règles de procédure afin de fixer clairement les conditions permettant d’établir la fiabilité des preuves dans les procédures menées par vidéoconférence (telles que l’audition d’un témoin).
L’accès aux documents des tribunaux et des parquets a fait l’objet d’un arrêt de la Cour suprême et d’une modification législative. Dans le rapport 2020 sur l’état de droit, il était constaté que la publication des décisions de justice en première instance restait limitée, en particulier dans les affaires civiles et commerciales, et que la lisibilité par machine des décisions publiées était relativement faible . Le tableau de bord 2021 de la justice dans l’UE ne fait état d'aucune amélioration sur ces deux points. En mai 2020, la Cour suprême a rendu une décision jurisprudentielle dans une affaire concernant le droit d’accès aux informations contenues dans un dossier pénal . La Cour a jugé que le code de procédure pénale limitait le droit de consulter un dossier aux personnes ayant un intérêt juridique (par exemple, les accusés et les victimes) et que les dispositions de la loi sur l’accès aux informations publiques ne s’appliquaient pas aux documents des tribunaux et des parquets. Le Parlement a réagi en adoptant un amendement au code de procédure pénale, qui précise explicitement que le régime général d’accès aux documents prévu par la loi sur l’accès aux informations publiques s’applique . En vertu de cet amendement, une personne qui se voit refuser l’accès à des documents des tribunaux ou des parquets (dans une affaire ouverte ou clôturée) par un juge ou un procureur, respectivement, peut saisir le commissaire à l’information. Selon la Cour suprême, cet amendement a suscité des inquiétudes quant à l’équilibre approprié entre, d’une part, le droit à l’information du public et, d’autre part, le respect de la présomption d’innocence des prévenus et du droit à la vie privée des personnes impliquées dans une procédure pénale. Le ministère de la fonction publique a mis en place un groupe de travail interministériel chargé d’examiner la question de l’accès aux documents des tribunaux et des parquets et de formuler des propositions en vue de réglementer cette question dans la loi sur l’accès aux informations publiques.
Le Conseil judiciaire et le Conseil des procureurs bénéficient d’une légère augmentation de ressources, mais des pénuries subsistent. Il était constaté, dans le rapport 2020 sur l’état de droit, que la mise à disposition des ressources appropriées pour le Conseil judiciaire, ainsi que pour le Conseil des procureurs, est une condition importante pour garantir le fonctionnement indépendant et efficace de ces organes de gouvernance autonomes. La faible capacité administrative de ces deux Conseils influe également sur la qualité de la procédure de sélection des juges et des procureurs, notamment en ce qui concerne la motivation des décisions et des avis rendus et la rigueur des entretiens. À partir de 2022, le Conseil judiciaire sera en mesure d’employer deux personnes supplémentaires, ce qui représente une augmentation minime des ressources disponibles. Toutefois, aucun employé supplémentaire n’est prévu pour le Conseil des procureurs. Le budget disponible du Conseil judiciaire augmente, tandis que celui du Conseil des procureurs stagne. Il convient de signaler que le budget global du système de justice augmente depuis plusieurs années.
Efficience
L’efficience du système juridictionnel a légèrement baissé et les difficultés recensées dans le rapport 2020 sur l’état de droit en ce qui concerne les affaires de criminalité économique et financière persistent. En 2020, tous les tribunaux ont reçu 11 % d’affaires nouvelles en moins et résolu 13 % d’affaires en moins par rapport à 2019. À la fin de 2020, l’arriéré total avait augmenté de 5 % par rapport à 2019. La durée moyenne des procédures en première instance a augmenté pour atteindre environ 20 mois dans les affaires civiles contentieuses et est restée de 11 mois dans les affaires commerciales contentieuses. En appel, en raison de procédures essentiellement écrites, ces types d’affaires ont été résolus plus rapidement, à savoir en environ 2,4 mois pour les affaires civiles et 3,4 mois pour les affaires commerciales, en moyenne. Dans le cas des procédures en justice plus complexes portant sur des infractions de blanchiment de capitaux, la durée moyenne des procès en première instance est tombée à 876 jours en 2019 (contre 1 132 jours en 2018), mais reste parmi les plus élevées de l’Union . En 2020, la durée moyenne des affaires administratives traitées en première instance a augmenté pour atteindre 13,7 mois .
II.Cadre de lutte contre la corruption
La loi sur l’intégrité et la prévention de la corruption constitue le principal fondement du cadre institutionnel et législatif de la lutte contre la corruption. Cette loi a été modifiée en novembre 2020 par l’ajout de nouvelles dispositions sur l’organisation et le fonctionnement de la Commission pour la prévention de la corruption, et par l’établissement de règles relatives au lobbying et à la protection des lanceurs d’alerte, entre autres. Ces mêmes modifications ont également actualisé les règles relatives aux conflits d’intérêts, aux déclarations de patrimoine, au lobbying et au «(rétro-)pantouflage». La Commission pour la prévention de la corruption est un organe d’État autonome et indépendant, chargé de lutter contre la corruption. La Commission coopère régulièrement avec la police et le parquet spécial, tout en conservant des pouvoirs de surveillance et d’enquête administrative. Elle est responsable du contrôle de l’application des dispositions en matière de conflits d’intérêts, d’intégrité, de déclarations de patrimoine, de cadeaux et de «(rétro-)pantouflage». Le Bureau national d’enquête est une unité spécialisée dans les enquêtes pénales, chargée de détecter les infractions graves et d’enquêter sur celles-ci, en particulier les infractions liées à la corruption et à la criminalité économique, financière et organisée.
Les experts et les dirigeants d’entreprises estiment que le niveau de corruption reste relativement faible dans le secteur public. Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, publié en 2020, la Slovénie obtient la note de 60/100 et se classe au 11e rang dans l’Union européenne et au 35e rang dans le monde. Cette perception est restée relativement stable au cours des cinq dernières années.
La loi sur l’intégrité et la prévention de la corruption a récemment été renforcée. La loi a été modifiée en novembre 2020 par l’ajout de dispositions relatives à la nomination du commissaire en chef et des commissaires adjoints de la Commission pour la prévention de la corruption. Les modifications apportées visent également à définir plus précisément les différentes procédures d’enquête administrative devant la Commission et les règles que celle-ci doit respecter lorsqu’elle mène ces enquêtes, ainsi que les procédures accélérées pour infraction mineure et d’autres procédures de droit public, y compris les droits procéduraux des personnes faisant l’objet d’une enquête et la possibilité de former un recours contre ses décisions. Ces droits procéduraux ont été ajoutés en réponse aux arrêts rendus par le tribunal administratif et la Cour suprême, qui ont mis en évidence des lacunes concernant les droits des personnes faisant l’objet d’une procédure administrative devant la Commission. Des dispositions en matière d’intégrité relatives aux cadeaux, aux activités de lobbying et au contrôle des déclarations de patrimoine ont également été incluses .
Parvenue à son terme, la stratégie nationale de lutte contre la corruption a été en grande partie mise en œuvre, mais certaines initiatives restent en suspens et aucun nouveau plan n’a été adopté. D’après le rapport sur la mise en œuvre de la troisième stratégie nationale de lutte contre la corruption (2017-2019) , adopté en avril 2020, si une grande partie des initiatives ont été réalisées, d’autres sont toujours en suspens, notamment celles liées à l’élaboration d’outils de contrôle de l’intégrité dans des secteurs spécifiques (tels que les biens publics, les affaires étrangères, la science, l’éducation et les sports) . Le ministère de la fonction publique, qui est chargé du suivi de la mise en œuvre de la stratégie, a indiqué qu’il travaillait à la réalisation des initiatives restantes, en coopération avec d’autres institutions publiques (telles que le ministère de l’intérieur, le ministère de la justice, le ministère de la santé et la Commission pour la prévention de la corruption). Aucune nouvelle stratégie de lutte contre la corruption pour l’après-2019 n’a encore été proposée.
La Commission pour la prévention de la corruption a été renforcée, notamment sur le plan de l’indépendance, mais il reste à faire pour qu'elle soit pleinement efficace. Cette Commission demeure l’organe d’État autonome chargé de la prévention de la corruption. À la suite des modifications apportées à la loi sur l’intégrité et la prévention de la corruption, l’indépendance de la Commission a été renforcée grâce à la nouvelle procédure de nomination de ses dirigeants, à savoir le commissaire en chef et ses deux adjoints. Ces modifications prévoient de nouveaux critères visant à accroître la transparence de la procédure de nomination des dirigeants. Elles portent sur la création d’un comité des désignations (au lieu du comité de sélection), qui désigne les candidats et exclut ceux ayant un profil politique. En outre, le comité de nomination procède à une évaluation de l’aptitude personnelle des candidats. Le président de la République nomme désormais les dirigeants à partir d’une liste de candidats présentée par le comité des désignations . En ce qui concerne la procédure d’enquête administrative, la loi modifiée sur l’intégrité et la prévention de la corruption a précisé et renforcé les droits des personnes faisant l'objet d'une enquête de la Commission, y compris la possibilité de contester les décisions prises par celle-ci. Pour ce qui est des ressources, en avril 2021, la Commission disposait d’un effectif de 40 personnes (le commissaire en chef, deux adjoints et 37 fonctionnaires). Toutefois, les effectifs ne sont pas encore au complet . La Commission prévoit d’engager cinq fonctionnaires supplémentaires par an en 2021 et en 2022 , ce qui est rendu possible par une augmentation d’environ 200 000 EUR par an des ressources financières depuis 2019. Néanmoins, en raison de restrictions générales des dépenses publiques, la Commission n’a pas été autorisée à recruter du personnel supplémentaire ou à redistribuer ses ressources avant mai 2021, alors qu'elle disposait du budget nécessaire . Malgré ces améliorations, la Commission continue de rencontrer certaines difficultés liées aux compétences et aux ressources techniques (dans le domaine de l’analyse de données).
Des difficultés subsistent concernant les enquêtes sur les délits économiques et financiers et la direction du Burenau national d'enquête. Les ressources dont dispose la police (effectifs, ancienneté et spécialisation des policiers) restent un problème qui, selon les autorités, influe sur la qualité et la durée des enquêtes, notamment dans les affaires de criminalité économique et financière. Le manque de ressources dans certaines circonscriptions de police entraîne également des retards dans les demandes d’enquêtes de suivi présentées par les procureurs. Des rapports font état d’allégations d’interférence du monde politique avec les autorités chargées des enquêtes et des poursuites, en particulier le Bureau national d’enquête . Créé en 2009, cet organe est une unité spécialisée dans les enquêtes pénales, chargée de détecter les infractions graves et d’enquêter sur celles-ci, en particulier les infractions liées à la corruption et à la criminalité économique, financière et organisée. En octobre 2020, à la suite d’un arrêt du tribunal administratif sur l’illégalité du renvoi de l’ancien directeur, et dans l’attente d’une procédure d’appel, le gouvernement a organisé un concours public pour pourvoir le poste de directeur. En juin 2021, le bureau national d'enquête était toujours dirigé par un directeur faisant fonction. Le fait que quatre directeurs se soient succédé au cours des 14 derniers mois semble avoir entraîné des retards dans le fonctionnement du Bureau national d’enquête. Les enquêtes menées par le Bureau sur les affaires de corruption à haut niveau n'aboutissent à aucun résultat concret.
Si le nombre de poursuites a augmenté, le nombre de jugements rendus par les tribunaux reste faible, en particulier dans les affaires de corruption à haut niveau. En 2020, le nombre de poursuites engagées dans des affaires de corruption a augmenté par rapport à l’année précédente (298 en 2020, contre 185 en 2019, soit une augmentation d’environ 62 %) . En ce qui concerne les tribunaux, seuls 15 jugements ont été rendus dans des affaires de corruption en 2020 (dont deux condamnations à des peines d’emprisonnement) , mais aucun ne concernait une affaire à haut niveau . Ce chiffre représente une nouvelle diminution du nombre d’affaires de corruption jugées. Dans certaines affaires à haut niveau, les tribunaux n’ont pas tenu d’audience depuis plus d’un an et demi. Le parquet spécialisé est compétent pour traiter les infractions pénales liées à la corruption dans les secteurs public et privé. Il dirige les travaux du Bureau national d’enquête, de la Direction générale de la police et des services de police judiciaire au sein des administrations régionales de police. Le parquet spécialisé est composé de 28 procureurs, qui se consacrent au traitement de divers types d'affaires pénales. Le manque de personnel qualifié (en particulier de procureurs) a une incidence sur la hiérarchisation des affaires à haut niveau. Le ministère public a également fait état d’un manque de compétences en matière d’analyse financière et d’analyse de données. L’examen des données financières est confié aux services de police ou au Bureau de lutte contre le blanchiment de capitaux (cellule d’enquête financière). Toutefois, en raison du manque de ressources humaines et techniques susmentionné, les enquêtes de la police prennent du retard , ce qui pose problème au parquet spécialisé. Ce dernier fait état d’autres difficultés, telles que la fragmentation institutionnelle (attribution de fonctions similaires à différentes entités), la détection tardive des délits financiers, le manque de spécialisation des juges et les lacunes dans la communication électronique avec les services de police .
Outre le manque de compétences et de ressources, le délai de prescription entrave les poursuites pour corruption. Aux lacunes susmentionnées concernant les compétences et les ressources au sein du ministère public s'ajoute le délai de prescription qui, selon les autorités, constitue un obstacle supplémentaire aux poursuites pour corruption. Le délai de prescription des délits de corruption est généralement de dix ans. Il n’est pas prévu de modifier ce délai légal . En outre, par décision du président de la Cour suprême, toutes les poursuites (y compris dans les affaires de corruption) ont été suspendues pendant la pandémie de COVID-19, sauf lorsqu’il existait un risque que l’infraction présumée soit prescrite dans les six mois suivants .
La déclaration de patrimoine a été étendue à de nouvelles catégories d'agents publics, mais leur publication continue de poser problème. Dans la loi modifiée sur l’intégrité et la prévention de la corruption, la liste des personnes tenues d'établir une déclaration de patrimoine a été élargie et inclut désormais les conseillers nationaux et les contrôleurs des entreprises publiques, en plus des agents publics élus et nommés à des postes élevés . La Commission pour la prévention de la corruption est chargée de contrôler les déclarations financières des agents publics et a récemment lancé une nouvelle plateforme de déclaration électronique, en coopération avec le ministère de la fonction publique. Vu les contraintes liées aux ressources humaines de la Commission pour la prévention de la corruption et le nombre de déclarations reçues (environ 4 500 déclarations et 4 300 autres communications connexes par an), les vérifications portent sur un échantillon aléatoire de déclarations. Il ressort de ces vérifications que les inexactitudes dans les déclarations (déclarations incomplètes ou erronées) sont limitées et insignifiantes et ne nécessitent pas de significations pénales au ministère public . En 2020, trois agents de la Commission seulement ont travaillé à la vérification des déclarations de patrimoine de 18 470 agents publics tenus d'établir ce type de déclaration. Ils ont procédé à 16 contrôles concernant 923 personnes physiques et 67 juridictions. Si la liste des agents publics tenus de déclarer leur patrimoine a été élargie par la loi modifiée sur l’intégrité et la prévention de la corruption, la liste des agents publics dont les déclarations doivent être publiées a en revanche été réduite. Bien que la Commission pour la prévention de la corruption ait commencé à améliorer son système informatique et sa plateforme en ligne afin de se conformer à l’obligation de publication prévue par la loi, les déclarations de patrimoine des agents publics n’ont pas encore été publiées.
Les dispositions relatives à la prévention et à la gestion des conflits d’intérêts ont été renforcées, même si leur mise en œuvre effective pose toujours problème. En vertu de la loi sur l’intégrité et la prévention de la corruption, tout agent public qui, avant son entrée en fonction, exerçait une activité ou une fonction incompatible avec sa fonction actuelle, doit cesser d’exercer cette activité au plus tard 30 jours à compter de la date de son élection, de sa nomination ou de l’approbation de son mandat. La loi modifiée sur l’intégrité et la prévention de la corruption prévoit le renforcement des restrictions applicables aux agents publics qui prennent un poste dans le secteur privé après la fin de leurs fonctions ou de leur mandat. La Commission pour la prévention de la corruption peut engager une procédure d’évaluation de l’incompatibilité de fonctions si elle estime que cette activité est susceptible d’entraver, de manière disproportionnée, l’exercice objectif et impartial du mandat en question ou de compromettre son intégrité. En mai 2021, la Commission a proposé au gouvernement une initiative visant à harmoniser la réglementation en matière de conflits d’intérêts et d’atteintes à l’intégrité applicable aux différents fonctionnaires, qui permettrait, selon elle, d’améliorer la surveillance et l’égalité de traitement des agents publics. Elle a également autorisé des procédures de contrôle de l’intégrité concernant d’anciens fonctionnaires. Elle traite actuellement des affaires très médiatisées liées à des conflits d’intérêts présumés.
Les dispositions relatives au lobbying pour les agents publics et les élus continuent de s’améliorer. Les fonctionnaires et agents publics aux niveaux national et local doivent signaler leurs contacts avec des lobbyistes, tant à leur employeur qu’à la Commission pour la prévention de la corruption. La Commission traite et publie les données relatives au lobbying sur sa page internet (appelée Erar) , avec les informations contenues dans le registre du lobbying. Conformément à la loi modifiée sur l’intégrité et la prévention de la corruption, les lobbyistes (qui comprennent désormais les groupes d’intérêt en plus des lobbyistes individuels) doivent également publier un rapport annuel.
La transparence des données publiques, notamment de celles qui concernent les dépenses publiques, est toujours en vigueur. La page internet Erar est également utilisée pour publier des données sur l’administration publique autres que les données relatives au lobbying, telles que des informations relatives aux passations de marchés publics. On estime actuellement que le site Erar contient des données sur environ 200 millions d'opérations financières, réalisées depuis 2003 par le gouvernement national et les administrations locales. Skrinja est une autre plateforme administrative en ligne qui permet aux utilisateurs d’obtenir des données et des rapports sur les salaires du secteur public . En 2020, la Cour des comptes a contrôlé les opérations financières de 13 partis politiques (réalisées en 2018 ou 2019) et a émis six avis positifs et sept avis assortis de réserves, comprenant des recommandations sur l’amélioration des opérations financières et le renforcement de la transparence (concernant, par exemple, les prêts et les contributions).
Des règles de déontologie applicables aux parlementaires ont été adoptées en 2020. Le Conseil du président du Parlement est chargé de surveiller l’application du code de déontologie et peut prononcer des sanctions en cas de manquement . Depuis l’adoption du code de déontologie, une sanction pour infraction mineure a été prononcée à l’encontre d’un parlementaire.
Il existe des dispositions juridiques visant à protéger les lanceurs d’alerte, mais leur application effective tarde. La loi sur l’intégrité et la prévention de la corruption comporte un chapitre consacré exclusivement à la protection des lanceurs d’alerte. Toutefois, le nombre d'alertes éthiques et de demandes de protection au titre de cette loi reste faible . En outre, bien que la loi prévoie la possibilité de désigner des personnes chargées de traiter les signalements de comportements contraires à l’éthique ou illégaux au sein des institutions publiques, il apparaît que ces désignations n'ont pas eu lieu ou que les fonctionnaires désignés à cet effet ne sont pas pleinement opérationnels . Néanmoins, au moins une affaire très médiatisée a été ouverte pendant la pandémie, à la suite d’informations transmises par un lanceur d’alerte . Selon le ministère public, les dispositions actuelles du code de procédure pénale concernant les témoins protégés ne peuvent pas être appliquées aux lanceurs d’alerte si ceux-ci sont également considérés comme suspects (dans une affaire de corruption par exemple).
Plusieurs mesures ont été prises pendant la pandémie de COVID-19 pour évaluer et prévenir le risque de corruption, en particulier dans les marchés publics. Pendant la pandémie de COVID-19, la Commission pour la prévention de la corruption a publié une série de lignes directrices visant à détecter et à prévenir le risque de corruption, notamment dans les procédures de passation de marchés publics. À la demande du Parlement, la Cour des comptes a produit un rapport d’audit national sur l’acquisition de dispositifs médicaux liés à la COVID-19, qui a été publié en février 2021. Les conclusions du rapport font état de 13 cas de soupçons de corruption, qui ont été transmis au parquet par la suite. En 2020, la Commission nationale d’examen pour les procédures de passation des marchés publics a signalé quelques cas d'infraction à ces procédures, qui ont conduit à l’ouverture de nouvelles affaires. Depuis janvier 2021, il est possible de déposer en ligne des demandes d’examen de procédures de passation de marchés publics, dont les résultats sont également publiés en ligne . Dans ce contexte, le ministère de la fonction publique a lancé une consultation publique concernant la modification de la loi sur les marchés publics, et le ministère de la santé a mis en place un groupe de travail chargé de formuler des recommandations de modification de la législation en matière de marchés publics en vue de rendre plus efficaces les achats de matériel médical .
III.Pluralisme et liberté des médias
En Slovénie, le cadre juridique de la liberté d’expression et d’information est établi par la Constitution, tandis que le pluralisme des médias est garanti par des textes d'application spécifiques. L’autorité de contrôle des médias, l’Agence des réseaux et services de communication (AKOS), est une autorité indépendante distincte des pouvoirs publics sur le plan juridique et fonctionnel. Au titre des règles de transparence de la propriété des médias, les entreprises sont tenues de déclarer aux autorités de concurrence toute participation ou influence dans la gestion au-dessus d’un seuil déterminé. Toute modification importante de la propriété nécessite également l’accord du ministère compétent. La législation visant à transposer la directive «Services de médias audiovisuels» est en attente .
L’indépendance de l’Agence des réseaux et services de communication est prévue par la loi, mais des problèmes subsistent concernant ses ressources et la volonté de renforcer son indépendance. Des ressources supplémentaires ont été allouées à l’Agence des réseaux et services de communication (AKOS) pour lui permettre de mener à bien les nouvelles tâches qui lui incomberont à la suite de la transposition à venir de la directive «Services de médias audiovisuels». Il reste toutefois à déterminer si ces ressources supplémentaires seront suffisantes pour lui permettre de s’acquitter pleinement du vaste éventail de tâches qui lui a été confié . L’absence de garanties contre les ingérences politiques reste également préoccupante . Selon l’édition 2021 de l'instrument de surveillance du pluralisme des médias (Media Pluralism Monitor, MPM 2021), l’indépendance et l’efficacité de l’autorité de contrôle des médias sont moyennement menacées . Le statut de l’AKOS est garanti par la loi sur les communications électroniques et les pouvoirs d’exécution de l'Agence dans le domaine des médias audiovisuels lui sont conférés par la loi sur les médias de masse et la loi sur les services de médias audiovisuels . En 2020, le gouvernement a proposé une révision de la loi sur les médias de masse, qui devrait être achevée d’ici la fin de 2021. La révision de la loi sur les services de médias audiovisuels, qui comprend la transposition de la directive sur les services de médias audiovisuels, est toujours en cours et le gouvernement prévoit de l’achever d’ici la fin de 2021 . Une consultation publique sur la révision de la loi sur les services de médias audiovisuels, laquelle prévoyait une disposition explicite sur l’indépendance de l’Agence, a été lancée en juin 2020. Toutefois, cette disposition ne figure pas dans la version actuelle du projet de loi, que le gouvernement a présentée au Parlement en mars 2021. Par conséquent, il n’est toujours pas certain que la volonté des autorités de renforcer l’indépendance de l’Agence soit à la hauteur du résultat attendu. En octobre 2020, le gouvernement a proposé une loi visant à fusionner huit organismes de contrôle, dont l’AKOS , en deux agences. Cette proposition a suscité des inquiétudes quant à l’indépendance de l’autorité de contrôle . En avril 2021, la proposition de loi n’a pas reçu le soutien du Parlement et la procédure parlementaire a donc pris fin.
Il existe en Slovénie des dispositions spécifiques en matière de transparence de la propriété des médias, mais des inquiétudes subsistent quant à l'identification efficace des structures de propriété. Les éditeurs et les organismes de radiodiffusion télévisuelle sont tenus de déclarer toute propriété individuelle ou toute participation dans l’entreprise supérieure ou égale à 5 %. Les informations sur la propriété des médias sont publiées dans le registre des médias, qui est accessible au public sur le site internet du ministère de la culture. En juillet 2020, les projets d’amendements à la loi sur les médias de masse ont été publiés par le gouvernement. Ces amendements renforceraient le régime de transparence des participations dans les médias en supprimant le seuil minimum de 5 %, sauf pour les entreprises constituées en sociétés par actions. S’ils sont adoptés, ils renforceront la transparence de la propriété des médias. Toutefois, comme l’indique le MPM 2021, les bénéficiaires effectifs finaux ne sont pas toujours identifiables dans le registre. Il est donc conclu que la transparence de la propriété des médias en Slovénie est moyennement menacée. Une étude réalisée sur deux ans par des journalistes d’investigation a mis en évidence des structures de propriété intégrées opaques, en particulier dans le cas de propriétaires multiples en cascade, ce qui rend difficile l’identification du propriétaire final ou de la personne exerçant l'influence sur le média . En ce qui concerne la concentration des médias d’information, la loi sur les médias de masse prévoit un seuil de participation de plus de 20 %, afin de limiter la concentration croisée des médias. Toutefois, le MPM 2021 fait état d’un manque de données et d'une absence d’analyses régulières qui empêchent d’évaluer la situation.
Des cas d’ingérence politique dans les médias ont été signalés. Selon le MPM 2021, l’indépendance politique des médias en Slovénie est fortement menacée. Des craintes ont été exprimées quant aux modifications possibles du financement du service public de radiodiffusion, prévues dans les projets d’amendements à la loi sur les médias de masse, et aux pressions exercées sur l’Agence de presse nationale, qui, selon les parties prenantes, seraient motivées par des considérations politiques . En particulier, à la suite de retards dans le versement des fonds alloués en 2020 à l’Agence de presse slovène, le Bureau gouvernemental pour la communication n’a pas versé les fonds alloués à l’agence en 2021. À la demande des autorités slovènes, la Commission européenne a déclaré, le 29 avril 2021, que le financement de 2,5 millions d’EUR accordé par la Slovénie à l’Agence de presse slovène pour remplir sa mission de service public était pleinement conforme au droit de l’Union. Toutefois, ces fonds n’ont pas encore été décaissés. Diverses parties prenantes ont fait part de leur inquiétude concernant la situation générale du pluralisme des médias en Slovénie.
Aucun progrès n’a été constaté concernant la gouvernance en matière de publicité d’État. Comme l’indique le rapport 2020 sur l’état de droit, l'attribution de la publicité aux médias par les administrations nationales, régionales et locales ne repose sur aucun ensemble de principes clairs et transparents . Selon une enquête récente et d’autres sources , cette situation est particulièrement opaque dans le cas des médias municipaux. La publicité faite par des entreprises détenues majoritairement ou entièrement par l’État semble également opaque, car ces entreprises refusent souvent de communiquer ce type d’informations en invoquant des dispositions légales qui protègent les secrets d’affaires . En 2020, le gouvernement a publié des recommandations concernant la réalisation de campagnes publicitaires par les ministères et les services gouvernementaux, dans lesquelles il suggérait de répartir équitablement les fonds entre les médias, indépendamment de leurs performances sur les marchés des médias (MPM 2021). La répartition des fonds de soutien au pluralisme des médias est considérée comme transparente. Les fonds sont octroyés par une commission désignée par le ministère de la culture, et les informations concernant les fonds alloués sont publiées sur le site internet des bénéficiaires .
La situation économique des médias s’est détériorée pendant la pandémie de COVID-19. L’incertitude économique s’est accrue pour le secteur des médias, en raison, entre autres, de la suspension temporaire, par le ministère de la culture, des paiements relatifs à l’appel d’offres annuel pour le cofinancement des contenus médiatiques en 2020, même si les fonds ont été intégralement déboursés par la suite . Certaines parties prenantes se sont dites préoccupées par la situation économique des journalistes, en particulier des indépendants . Aucune mesure particulière n’a été prise pour atténuer l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur les médias. Toutefois, les journalistes pouvaient bénéficier des mesures d’aide générales prévues par le gouvernement . En 2020, le ministère de la culture a débloqué les fonds annuels, dans le cadre d’un concours, soit 2,7 millions d’EUR, dans le but de renforcer le pluralisme des médias et la diversité des contenus médiatiques. Toutefois, certaines craintes ont été exprimées par les parties prenantes concernant des risques possibles d’ingérence politique dans la répartition de ces fonds.
Les journalistes continuent d’éprouver des difficultés à accéder aux informations et aux documents publics, en raison notamment de la longueur des procédures. Le droit à l’information est inscrit dans la Constitution et réglementé par la loi sur l’accès aux informations publiques. Toutefois, la procédure à suivre pour obtenir des informations publiques est souvent longue, compte tenu de l’intervention de toutes les autorités concernées dans cette procédure. Si le commissaire à l’information intervient régulièrement lorsque l’administration publique empêche les journalistes d’accéder à des informations et documents publics , cette utilisation fréquente du système de recours augmente considérablement sa charge de travail . En outre, les tribunaux administratifs, qui sont compétents pour examiner les décisions du commissaire à l’information, n’accordent pas la priorité à ces affaires dans la pratique, malgré l’obligation légale de le faire. En conséquence, des retards, comparables à ceux constatés pour les affaires courantes, se sont accumulés dans les procédures de contrôle juridictionnel . Alors qu’elle était peu menacée d’après le MPM 2020, la protection du droit à l’information est moyennement menacée selon le MPM 2021, en raison de l’utilisation abusive fréquente des exceptions au droit à l’information et de la longueur des procédures.
Le harcèlement en ligne et les actions en justice visant des journalistes continuent d’augmenter, tandis que les agressions physiques sont rares . Les libertés d’expression et d’information sont inscrites dans la Constitution et des mécanismes judiciaires en la matière sont en place. Toutefois, d’après le MPM 2021, la protection de la liberté d’expression est moyennement menacée . Plusieurs agressions physiques contre des journalistes ont été signalées en octobre et en novembre 2020, ainsi qu’en février 2021, lors de manifestations (les auteurs ont été identifiés et font l’objet d’une enquête) . La Plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a publié douze alertes au sujet de la Slovénie depuis octobre 2020. Ces alertes concernent principalement le harcèlement de journalistes et des actions en justice intentées contre des journalistes . Au cours de l’année écoulée, des journalistes et des médias ont fait l’objet de poursuites ayant des effets d’intimidation. Les cas de harcèlement et de menaces en ligne à l’encontre des journalistes restent nombreux, y compris de la part de certaines personnalités politiques, et les femmes journalistes sont particulièrement visées . En outre, de nombreux auteurs d’attaques en ligne restent anonymes et les journalistes ont tendance à signaler moins fréquemment le harcèlement en ligne que les menaces physiques . Point positif, à la suite d’un arrêt de la Cour suprême, le parquet général de la République de Slovénie a modifié son avis juridique sur l’interprétation de l’article 297 du code pénal, qui peut désormais être invoqué pour engager des poursuites en cas d’infraction commise à l’encontre de journalistes.
IV.Autres questions institutionnelles en rapport avec l’équilibre des pouvoirs
La Slovénie est un régime parlementaire doté d’une structure bicamérale imparfaite, selon laquelle seule l’Assemblée nationale (la première chambre du Parlement), et non le Conseil national (la deuxième chambre du Parlement), adopte des lois . Des projets de loi peuvent être présentés par le gouvernement, tout parlementaire ou au minimum 5 000 «électeurs». La Cour constitutionnelle met en œuvre des contrôles de la constitutionnalité ex post, y compris dans des cas concrets sur la base d’un recours constitutionnel. Outre le système de justice et d’autres organes, le médiateur en matière de droits de l’homme et le défenseur du principe d’égalité sont également chargés de la protection des droits individuels.
Le Parlement a continué de fonctionner pendant la pandémie de COVID-19. En avril 2020, une modification du règlement intérieur du Parlement a rendu possibles les séances en ligne des commissions parlementaires et de la plénière. Grâce à cette modification, le Parlement a également pu travailler normalement tout au long de l’année 2020 et a adopté 78 lois, un chiffre comparable à celui des années précédentes. Comme indiqué dans le rapport 2020 sur l’état de droit, les lois peuvent être adoptées dans le cadre d’une procédure simplifiée ou d’une procédure d’urgence, décidée par le Collège du président du Parlement. En 2020, 31 % des lois ont été adoptées selon la procédure ordinaire (30 % en 2019), 32 % selon la procédure d’urgence (18 % en 2019) et 27 % selon la procédure législative simplifiée (31 % en 2019). Ces données montrent que la part combinée des procédures législatives d’urgence et des procédures simplifiées n’a pas beaucoup changé. La consultation de la société civile par le gouvernement sur les projets de loi pose problème. En effet, soit aucune consultation publique n'est menée, soit la consultation est trop courte ou n'est assortie d’aucune date limite pour les observations.
La loi sur les maladies transmissibles, modifiée quatre fois depuis le début de la pandémie de COVID-19, a servi de base à l’adoption de mesures restrictives, étant donné qu’aucun état d’urgence n’a été déclaré. De nombreuses mesures ont été adoptées entre mars 2020 et février 2021, principalement sur la base de la loi sur les maladies transmissibles. Ces mesures portaient sur des restrictions ou des interdictions temporaires concernant les déplacements, les rassemblements publics, l’utilisation de certains services (certaines activités commerciales), les services publics (éducation, justice, services administratifs), l’utilisation d’équipements de protection, la quarantaine et les services publics de transport de voyageurs. Ces mesures ont principalement été adoptées sous la forme d’ordonnances, et parfois sous la forme de décisions et de lois. Elles ont généralement été adoptées par le pouvoir exécutif, le plus souvent par le gouvernement et rarement par un seul ministre. Le 3 juin 2021, la Cour constitutionnelle a déclaré anticonstitutionnelle la partie de l’article 39 de loi sur les maladies transmissibles qui permettait au gouvernement de limiter ou d’interdire la liberté de mouvement ou la liberté d'association. La majorité des mesures ont été publiées au Journal officiel et celles qui ne l’ont pas été ont fait l’objet d’une évaluation par la Cour constitutionnelle au regard des dispositions constitutionnelles sur la nécessité de publication. Des mesures ont également été adoptées par les municipalités sur la base de leurs pouvoirs réglementaires, mais uniquement dans leur domaine de compétence.
L’indépendance financière de certains organes indépendants a été garantie par un arrêt de la Cour constitutionnelle. En décembre 2020, la Cour constitutionnelle a estimé que certaines parties de la loi sur les finances publiques étaient inconstitutionnelles dans la mesure où elles prévoyaient la procédure de définition du budget du Conseil national (la deuxième chambre du Parlement), de la Cour constitutionnelle, du médiateur en matière de droits de l’homme et de la Cour des comptes . Cet arrêt mettait l’accent sur l’autonomie financière et l’indépendance des quatre institutions indépendantes mentionnées, établies par la Constitution. Auparavant, ces institutions présentaient leurs propositions de budget au ministère des finances, qui n’était pas tenu d’accepter le montant proposé. Le gouvernement et le Parlement sont désormais tenus de garantir le budget de ces institutions sans influer sur son montant.
La Cour constitutionnelle a amélioré son efficience et a joué un rôle actif dans le contrôle des mesures liées à la pandémie de COVID-19. Selon le rapport 2020 sur l’état de droit, l’arriéré des procédures de la Cour constitutionnelle a continué d’augmenter et leur durée de s’allonger, en raison de la multiplication des recours constitutionnels. En 2020, malgré une forte augmentation du nombre d'initiatives et de demandes de contrôle de la constitutionnalité (+ 55 % par rapport à 2019) et devant la diminution du nombre de recours constitutionnels (-26 % par rapport à 2019), la Cour a résolu 26 % d’affaires en plus qu'en 2019. Pour la première fois depuis 2015, la Cour a été en mesure de traiter presque toutes les affaires entrantes. Toutefois, la Cour s’étant concentrée sur les affaires plus anciennes, la durée moyenne des procédures est passée à 530 jours pour les affaires de contrôle de la constitutionnalité (près de 500 jours en 2019) et à 571 jours pour les recours constitutionnels (420 jours en 2019). Entre mars 2020 et juin 2021, la Cour constitutionnelle a été saisie de 188 affaires concernant des mesures liées à la pandémie de COVID-19, dont 185 initiatives et demandes de contrôle de la constitutionnalité et trois recours constitutionnels, et a été en mesure de résoudre 123 affaires concernant des initiatives et des demandes ainsi que les trois recours constitutionnels, en rendant quatre arrêts (dont un partiel). En mars 2021, la question de l’impartialité des juges de la Cour constitutionnelle a été soulevée par le Parlement, qui a invité le président de ladite Cour à en discuter. Le président a répondu qu’il ne serait pas conforme à la Constitution que le Parlement discute d'affaires en cours devant la Cour constitutionnelle ou qu’il s’attende à ce que le président se défende ou défende la Cour constitutionnelle au sujet des arrêts rendus.
Le médiateur en matière de droits de l’homme a obtenu l’accréditation de statut A et a participé activement au suivi des mesures restrictives liées à la pandémie de COVID-19. En janvier 2021, le médiateur est devenu une institution nationale des droits de l’homme de «statut A», conformément aux principes de Paris, après avoir consenti des efforts en ce sens depuis 2015. Le sous-comité d'accréditation de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) recommandait la formalisation en bonne et due forme et l’application d’une procédure de nomination des délégués, ainsi que d’autres améliorations de la législation . Le médiateur a joué un rôle actif dans le suivi des mesures restrictives liées à la pandémie de COVID-19, qu’il a regroupées et présentées de manière globale et lisible sur son site internet. Il a également contacté l’exécutif à plusieurs reprises et a participé à l’élaboration des mesures liées à la pandémie de COVID-19, notamment pour veiller à ce qu'elles soient conformes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.
Pour discuter de l’état de droit, le président de la République a convoqué la toute première réunion du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. En octobre 2020, le président de la République a réuni, pour la première fois, les plus hauts représentants des trois branches du pouvoir afin de discuter de l’état de droit et de la répartition des pouvoirs. Le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre, le président du Conseil national, le président de la Cour constitutionnelle, le président de la Cour suprême, le ministre de la justice et le procureur général ont assisté à cette réunion. Une telle initiative pourrait contribuer à favoriser une culture de dialogue et de coopération loyale entre les institutions de l’État.
L’espace dévolu à la société civile a été remis en question. En décembre 2020,la Slovénie a vu la notation de son espace civique revue à la baisse («rétréci»), notamment en raison des restrictions adoptées pour faire face à la pandémie, qui ont eu une incidence sur l'environnement propice au développement de la société civile. Des campagnes de dénigrement à l’encontre d’organisations non gouvernementales, menées notamment sur les réseaux sociaux, ont été signalées . Pendant la pandémie de COVID-19, le médiateur a constaté l’existence de lois, de mesures et de pratiques qui pouvaient avoir une incidence négative sur l’espace civique et réduire les activités des défenseurs des droits de l’homme. Des atteintes à la viabilité financière et économique des organisations civiques, se traduisant par exemple par une réduction de leur financement, ont été constatées . Il apparaît que les organisations de la société civile qui s’occupent des migrants, de l’éducation aux médias et de la traite des êtres humains sont particulièrement concernées .
Annexe I: liste des sources par ordre alphabétique*
* La liste des contributions reçues dans le cadre de la consultation préalable à l’élaboration du rapport 2021 sur l’état de droit peut être consultée à la page https://ec.europa.eu/info/policies/justice-and-fundamental-rights/upholding-rule-law/rule-law/rule-law-mechanism/2021-rule-law-report-targeted-stakeholder-consultation .
Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (2021), Media pluralism monitor 2021.
Commission européenne, tableaux de bord 2020 et 2021 de la justice dans l’Union européenne.
Annexe II: Visite en Slovénie
Les services de la Commission ont tenu des réunions virtuelles en avril 2021 avec:
·CNVOS (réseau national d’ONG)
·l’Agence des réseaux et services de communication (AKOS)
·l’Association des journalistes
·l’Association des journalistes et des publicistes (Mme Irena Zagajšek)
·l’Association des juges
·l’Institut pour la paix
·l’Union des journalistes slovènes
·la Commission nationale d’examen
·la Commission pour la prévention de la corruption
·la Cour constitutionnelle
·la Cour des comptes
·la Cour suprême
·la direction générale de la police (unité de lutte contre la criminalité économique) et le Bureau national d’enquête
·la Faculté des médias ( professeurs Borut Rončević,et Matevž Tomšič)
·le Barreau
·le Conseil des procureurs
·le Conseil judiciaire
·le médiateur en matière de droits de l’homme
·le ministère de la culture
·le ministère de la fonction publique
·le ministère de la justice
·le ministère public (le procureur général, le parquet général de la République de Slovénie et le parquet spécialisé)
·le secrétariat du Parlement
·Pod črto
·Transparency International Slovénie
* La Commission a également rencontré les organisations suivantes dans le cadre d’un certain nombre de réunions horizontales:
·Amnesty international
·CIVICUS
·Conférence des Églises européennes
·EuroCommerce
·Front Line Defenders
·l’Union des libertés civiles pour l’Europe
·la Fédération européenne des journalistes
·la Human Rights House Foundation
·le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias
·le Centre européen pour le droit des associations à but non lucratif
·le Centre pour les droits reproductifs
·le Forum civique européen
·le Forum européen de la jeunesse
·le Partenariat européen pour la démocratie
·Société civile Europe
·Human Rights Watch
·ILGA-Europe
·la Commission internationale de juristes
·la Fédération internationale pour les droits humains
·le réseau européen de la Fédération internationale pour le planning familial (IPPF EN)
·l'Institut international de la presse
·le Comité Helsinki néerlandais
·l'Open Society European Policy Institute
·Philanthropy Advocacy
·Protection International
·Reporters sans frontières
·Transparency International EU