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Avis institutionnel52022AE0552

Avis institutionnel — 52022AE0552

CELEX52022AE0552
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 15 juin 2022

Texte intégral

23.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 365/13


Avis du Comité économique et social européen sur a) la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions établissant une déclaration européenne sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique

[COM(2022) 27 final]

et sur b) le thème «Droits et principes numériques»

(avis exploratoire)

(2022/C 365/03)

Rapporteur:

Philip VON BROCKDORFF

Corapporteure:

Violeta JELIĆ

Consultation

a)

Commission européenne, 2.5.2022

b)

Présidence tchèque, 26.1.2022

Base juridique

a)

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

b)

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Marché unique, production et consommation

Adoption en section

1.6.2022

Adoption en session plénière

15.6.2022

Session plénière no

570

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

181/0/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE met en évidence le lien étroit qui existe entre «La voie à suivre pour la décennie numérique» et la déclaration européenne sur les droits et principes numériques, la première mettant l’accent sur les objectifs quantitatifs et la seconde principalement sur les objectifs qualitatifs. Le Comité est d’avis que ces deux aspects revêtent une grande importance pour faciliter la transformation numérique de la société et de l’économie.

1.2.

Le CESE estime que la déclaration devrait œuvrer en faveur du développement durable dans son ensemble. Une transformation numérique réussie se traduira par un éventail de bénéfices économiques, sociaux et environnementaux découlant de la contribution de ce processus au renforcement de la compétitivité, de la prospérité, de l’emploi, du bien-être et de la transition vers une économie circulaire et à émissions nulles, et s’accompagnera de mesures de prévention et de réduction au minimum des risques indésirables qu’elle est susceptible d’entraîner pour la société.

1.3.

Le CESE juge essentiel de s’intéresser aux compétences, aux infrastructures, aux entreprises et aux services publics numériques dans le but de soutenir la reprise économique et la croissance en Europe, tout en veillant à ce que des progrès soient réalisés dans le respect des droits fondamentaux et en œuvrant d’une manière inclusive et centrée sur l’humain, sans laisser personne de côté. Le Comité recommande également d’examiner les conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe en ce qui concerne la transformation numérique.

1.4.

Bien que destinée à servir d’engagement politique solide, la déclaration n’affecterait pas les droits juridiques actuels. Le CESE est d’avis que les droits numériques découlent des droits fondamentaux existants et sont définis par eux en ce qu’ils s’inscrivent dans les valeurs et les principes de l’UE, où différents droits et libertés se côtoient et où les valeurs se fixent aussi mutuellement des limites.

1.5.

Les différents principes et droits décrits dans le projet de déclaration se chevauchent à bien des égards et le mélange des principes et des droits rend difficile la perception de l’essence du contenu. Il est donc absolument nécessaire de promouvoir la compréhension de leur signification pratique. Cela vaut pour les entreprises, les travailleurs, les consommateurs et la population en général.

1.6.

Les droits fondamentaux et les valeurs de l’UE sont essentiels du point de vue tant des citoyens que des entreprises. La déclaration devrait dès lors reconnaître que la plupart de ces dernières, en particulier les PME, sont plus ou moins confrontées aux mêmes défis que les citoyens en général s’agissant de s’adapter au monde numérique. Le CESE souligne également le défi consistant à éviter une fracture numérique en ce qui concerne l’accès des populations vieillissantes et rurales aux services publics et privés.

1.7.

Le CESE insiste sur l’importance des principes de connectivité, de compétences et de sécurité, qui sont essentiels pour les citoyens comme pour les entreprises, ainsi que pour le développement économique et sociétal général. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a rendu cela encore plus visible et a également renforcé la nécessité de développer les compétences des citoyens ainsi que les moyens de reconnaître et de combattre la désinformation.

1.8.

Le CESE souligne l’importance de mesurer et de suivre les progrès numériques et recommande de ne pas multiplier les outils dans ce domaine. Les objectifs de la déclaration doivent être mesurés à l’aide d’indicateurs concrets dans le cadre de «La voie à suivre pour la décennie numérique», et le rapport annuel sur l’état de la décennie numérique devrait alimenter le semestre européen.

1.9.

Le bon fonctionnement et l’équité du marché unique jouent un rôle crucial dans le développement numérique au sein de l’UE. Le CESE estime dès lors que l’essence même des libertés dans le marché unique doit être pleinement protégée. La libre circulation et la propriété des données revêtent une importance croissante car, non seulement, elles concernent le marché unique des données en tant que tel, mais elles comportent également un lien intrinsèque avec les marchés des capitaux, des biens et des services. Les principes relatifs à l’innovation et à la propriété intellectuelle ainsi qu’à la liberté d’entreprise devraient également être reconnus dans la déclaration.

1.10.

Le marché unique est également un tremplin pour permettre à l’UE d’élargir l’utilisation des marchés et des chaînes d’approvisionnement extérieurs et d’être un acteur mondial influent et puissant. La déclaration devrait donc être activement promue dans un contexte international en recourant à un large éventail d’outils, allant des accords mondiaux mis en place par les partenaires sociaux dans les multinationales à l’action diplomatique et à la coopération en matière d’innovation, en passant par les accords de commerce et d’investissement et les conditions de financement.

2. Contexte

2.1.

Lors du dernier discours sur l’état de l’Union, la Commission européenne a présenté «La voie à suivre pour la décennie numérique» (1). Ce plan vise à numériser les compétences, les infrastructures, les entreprises et les services publics de manière à réaliser la transformation numérique de notre société et de notre économie d’ici à 2030.

2.2.

Dans le même temps, la Commission s’emploie à finaliser la proposition de déclaration commune sur les principes numériques présentée par le Parlement européen, le Conseil et la Commission afin de veiller à ce que les valeurs et les droits européens soient pris en compte dans l’espace numérique. Cela permettra à chacun de bénéficier des possibilités offertes par les technologies numériques, telles que l’accès universel à l’internet, des algorithmes respectueux des droits fondamentaux grâce à un contrôle des algorithmes effectué régulièrement par des tiers indépendants, et un environnement en ligne sûr et fiable.

2.3.

Pour faire en sorte que l’Europe progresse rapidement vers la réalisation des objectifs de la décennie numérique, le cadre de gouvernance proposé prévoit un système de suivi fondé sur l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) renforcé, et le rapport sur l’état de la décennie numérique servira d’évaluation annuelle de la transformation numérique en Europe. Plus particulièrement, le rapport i) recensera les domaines dans lesquels des mesures supplémentaires sont nécessaires, ii) analysera les déficits d’investissement ou d’autres ressources et mettra en évidence les actions qui s’imposent pour accroître la souveraineté numérique de l’Union, et iii) évaluera la mise en œuvre des propositions réglementaires pertinentes et des actions entreprises au niveau de l’UE et des États membres. Le rapport permettra également de faire le point sur le niveau d’adhésion aux principes numériques qui seront énoncés dans la future déclaration.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE considère que «La voie à suivre pour la décennie numérique» constitue une évolution importante pour soutenir la transformation numérique dans l’UE, car elle tient compte de l’accélération des tendances et des besoins croissants en matière de numérisation, qui ont également été mis en exergue par la pandémie. La nécessité de combler les lacunes dans les capacités numériques de l’Europe demeure un sujet de préoccupation, de même que celle d’adopter une approche plus unifiée et d’investir dans des projets numériques à grande échelle afin de tirer parti des avantages de la numérisation.

3.2.

Le CESE estime que l’attention portée aux compétences, infrastructures, entreprises et services publics numériques est essentielle pour soutenir la reprise économique et la croissance en Europe, ce qui est primordial pour améliorer les revenus, le niveau de vie et les conditions de travail. Il convient d’accorder une attention particulière à la population vieillissante et à la population rurale de l’UE afin de s’assurer qu’elles ne soient pas laissées pour compte dans le cadre de la transformation numérique.

3.3.

En outre, une transformation numérique réussie placera l’Europe à la pointe des tendances mondiales, soutiendra sa compétitivité et facilitera la définition de normes universelles. De plus, les technologies numériques ont un rôle essentiel à jouer pour permettre à l’UE d’atteindre les objectifs de durabilité de son pacte vert.

3.4.

Le CESE se félicite que la Commission et les États membres collaboreront étroitement pour atteindre les cibles et les objectifs de la décennie numérique. Dans un premier temps, dès que la décision établissant «La voie à suivre pour la décennie numérique» entrera en vigueur, ils définiront conjointement des trajectoires prévisionnelles au niveau de l’Union pour chacun des objectifs. Ces trajectoires permettront d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs.

3.5.

Le CESE reconnaît qu’il incombe aux États membres d’inclure leurs trajectoires nationales dans les feuilles de route stratégiques numériques, ainsi que les politiques ou instruments actuels ou prévus qu’ils ont l’intention d’utiliser. Bien entendu, tous les objectifs de la décennie numérique ne requièrent pas les mêmes efforts dans tous les États membres. En effet, certains d’entre eux ont déjà accompli des progrès considérables. En outre, plusieurs objectifs appellent un effort ciblé de la part de certains États membres. Le CESE reconnaît que la contribution potentielle des États membres à la réalisation des objectifs fixés au niveau de l’UE varie considérablement dans certains cas, ce qui doit également être pris en compte. Dans ce contexte, il demande que des indicateurs clés de performance concrets soient mis en place au niveau national afin de suivre les progrès accomplis et de veiller à la réalisation des objectifs.

3.6.

Le CESE espère que ces considérations seront intégrées dans le rapport d’avancement annuel de la Commission sur l’état de la décennie numérique. À cet égard, il se félicite de l’engagement pris selon lequel, dans les cinq mois suivant la publication du rapport, la Commission et les États membres coopéreront étroitement afin de recenser les domaines dans lesquels les progrès sont insuffisants et conviendront de mesures visant à garantir la réalisation des objectifs. Là encore, il appartiendra aux États membres d’adapter leurs feuilles de route stratégiques nationales pour tenir compte des recommandations formulées dans le rapport. Il est essentiel qu’ils s’engagent à prendre des mesures correctives et/ou à mettre en œuvre des projets, notamment multinationaux.

3.7.

Le CESE accueille également favorablement l’ensemble des outils de prise de décision proposés en vue de s’assurer que les mesures prises par les États membres soient suffisantes pour progresser vers la réalisation des objectifs de la décennie numérique. Ces outils, qui comprennent un examen par les pairs, des recommandations de la Commission, une action supplémentaire éventuelle au niveau de l’UE, ainsi qu’un dialogue ciblé, semblent très prometteurs en matière d’efficacité, en supposant bien entendu que toutes les recommandations soient suivies.

3.8.

En ce qui concerne l’établissement de rapports, le CESE souligne la nécessité de lier les objectifs de la décennie numérique au semestre européen. Les aspects numériques dans le cadre du semestre européen et le suivi des progrès réalisés en matière de transformation numérique dans l’UE revêtent une importance cruciale, et le CESE soutient la proposition qui prévoit que le rapport annuel sur «l’état de la décennie numérique» alimente le semestre européen. La réalisation des objectifs de la déclaration devrait faire l’objet d’un suivi à l’aide d’indicateurs concrets mesurant, par exemple, les progrès accomplis dans le domaine des compétences numériques professionnelles et des compétences permettant de détecter les fausses informations en ligne, ainsi que la réduction de la fracture numérique et le soutien apporté aux personnes qui n’ont pas accès aux services en ligne. À cet égard, les aspects relatifs à la facilité pour la reprise et la résilience devraient également être pris en considération.

3.9.

Le CESE réaffirme sa position favorable adoptée dans un avis connexe sur les projets multinationaux, qui sont des projets à grande échelle soutenant les objectifs de transformation numérique de l’UE. La démarche qui consiste à canaliser des investissements coordonnés impliquant au moins trois États membres et, le cas échéant, d’autres parties prenantes publiques ou l’ensemble de la société civile est pertinente (2).

3.10.

Ces projets soutiennent la productivité et la résilience de l’économie européenne et il est donc nécessaire de formuler des lignes directrices claires sur la manière dont les fonds peuvent être mis à disposition pour des projets multinationaux. Parmi les sources de financement possibles figure une combinaison de financements de l’UE et des États membres. Du côté européen, on peut notamment citer la facilité pour la reprise et la résilience, le programme pour une Europe numérique, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, le programme InvestEU, Horizon Europe, ou encore le Fonds européen de développement régional et le Fonds de cohésion. Toutefois, la contribution des États membres aux projets multinationaux que le CESE considère comme essentiels pour une transformation numérique européenne plus efficace et mieux coordonnée est vivement encouragée.

3.11.

Le CESE estime que la viabilité des projets multinationaux devrait être régulièrement évaluée et se félicite de la proposition selon laquelle la Commission fournira des conseils et, le cas échéant, des orientations pertinentes pour soutenir la mise en œuvre de ce type de projets.

4. Observations particulières

4.1.

Les propositions de la Commission constituent un fondement et présentent un argumentaire sur la base desquels le Parlement européen, le Conseil et la Commission pourront élaborer et signer une déclaration conjointe. Selon le CESE, une déclaration reprenant dans un même document différents principes liés à la transformation numérique constituerait une référence utile dans le cadre de la mise en œuvre de la boussole numérique et de «La voie à suivre pour la décennie numérique». Dans le meilleur des cas, cette déclaration renforcerait la confiance des citoyens et des entreprises. Cela passe par un texte et une communication clairs et facilement compréhensibles.

4.2.

Bien que de nature politique et non juridiquement contraignante en soi, une telle déclaration servirait de référence et de guide solides pour les futures mesures politiques. Comme précisé dans la communication, la déclaration n’affecterait pas les droits juridiques actuels. Par conséquent, toute autre mesure fondée sur celle-ci devrait tenir dûment compte des instruments existants, juridiques et autres.

4.3.

Il importe également de renforcer un large éventail d’instruments et de mesures contribuant à la mise en œuvre de la déclaration. Par exemple, il est absolument nécessaire de sensibiliser à la signification pratique des principes et d’en favoriser la compréhension. Cela vaut pour les entreprises, les travailleurs, les consommateurs et les citoyens en général.

4.4.

Il est raisonnable d’utiliser les mécanismes existants pour contrôler la manière dont les principes seront et sont déjà mis en pratique. Le mécanisme de gouvernance de «La voie à suivre pour la décennie numérique» qui est proposé, avec ses objectifs généraux, est le plus pertinent à cet égard. En outre, il est utile de suivre l’évolution de la perception des citoyens au moyen d’enquêtes Eurobaromètre.

4.5.

Dans plusieurs avis antérieurs, le CESE a souligné combien il est important que la transformation numérique se déroule d’une manière centrée sur l’humain, inclusive et durable, et la déclaration fournirait une référence essentielle à cette fin. Des objectifs correspondants ont également été inclus dans «La voie à suivre pour la décennie numérique» et le CESE a estimé qu’ils fournissent un cadre qualitatif aux objectifs quantitatifs définis dans ce document et à ceux de la boussole numérique (3).

4.6.

Les différents principes et droits décrits dans le projet de déclaration se chevauchent à bien des égards et chacun d’entre eux comporte une variété d’aspects, dont certains sont assez détaillés. Il est donc difficile de percevoir l’essence du contenu, qui se trouve encore davantage obscurcie par le mélange des principes et des droits. L’ensemble initial de principes numériques lancé par la Commission pour consultation était plus clair et plus facile à comprendre et constituait donc une approche préférable, tout en utilisant les apports enrichissants de la consultation.

4.7.

Le CESE est d’avis que les droits numériques découlent des droits fondamentaux existants et sont définis par eux. Ils font partie des valeurs et des principes de l’UE, qui forment un ensemble comportant plusieurs niveaux et plusieurs dimensions, où différents droits et libertés se côtoient et où les valeurs fixent également des limites et garantissent un juste équilibre. C’est le cas, par exemple, des principes de la liberté d’expression et de non-discrimination dans le contexte des discours haineux, un phénomène croissant dans le monde en ligne.

4.8.

Le CESE estime que les principes numériques devraient servir tous les aspects couverts par le concept de développement durable. Toutefois, le principe de durabilité figurant dans le projet de déclaration semble principalement renvoyer à la durabilité environnementale, tandis que les cinq autres principes sont plutôt axés sur la durabilité sociale. Le CESE estime que la durabilité devrait être envisagée dans le cadre du développement et de l’utilisation des technologies numériques de deux manières: en réduisant au minimum l’impact néfaste des technologies et en maximisant leurs retombées positives pour l’économie et la société. La réussite de la transformation numérique se traduit dès lors par une combinaison d’avantages économiques, sociaux et environnementaux découlant de sa contribution à la création d’une meilleure compétitivité, de prospérité, d’emplois et de bien-être et à la transition vers une économie circulaire et à émissions nulles.

4.9.

Les droits fondamentaux et les valeurs de l’UE sont essentiels du point de vue tant des citoyens que des entreprises. La plupart des aspects inclus dans le projet concernent non seulement les citoyens en général, mais aussi les entrepreneurs, entreprises de l’économie sociale comprises, et les organisations de la société civile. La déclaration devrait donc reconnaître que la plupart d’entre elles, en particulier les PME, sont plus ou moins confrontées aux mêmes défis que la population en général s’agissant de s’adapter au monde numérique.

4.10.

Le CESE estime qu’il convient également de mettre davantage l’accent sur le renforcement des avantages de la transformation numérique, y compris sur le plan de la prospérité économique. Cela souligne l’importance des principes liés à la connectivité, aux compétences et à la sécurité, qui sont essentiels au développement socio-économique. Outre ceux proposés dans le projet de déclaration, les principes relatifs à l’innovation et à la propriété intellectuelle ainsi qu’à la liberté d’entreprise revêtent une grande importance pour les entreprises du monde numérique et devraient être reconnus dans la déclaration.

4.11.

La guerre entre la Russie et l’Ukraine a mis en évidence l’importance du bon fonctionnement des connexions numériques et de la cybersécurité à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société, ainsi que dans les connexions internationales. Elle a également renforcé la nécessité de développer les compétences des citoyens ainsi que les moyens de reconnaître et de combattre la désinformation.

4.12.

Le CESE a déjà insisté sur l’importance de la souveraineté numérique en tant que pilier essentiel du développement économique, social et environnemental de l’Europe et a également souligné que cette souveraineté doit être fondée sur la compétitivité mondiale et sur une coopération solide entre les États membres. Il s’agit d’une condition préalable essentielle pour que l’UE devienne une référence sur la scène internationale, y compris en matière de fiabilité des technologies numériques. En ce qui concerne plus particulièrement l’hébergement des données des européens, le CESE attire l’attention sur l’importance de mener à bien le projet européen d’informatique en nuage GAIA-X afin de renforcer la confiance de la population européenne et, partant, de favoriser la circulation des données (4).

4.13.

Le fonctionnement harmonieux et équitable du marché unique joue un rôle crucial dans le développement numérique au sein de l’UE. Le CESE estime dès lors que l’essence même des libertés dans le marché unique doit être pleinement protégée. La libre circulation et la propriété des données revêtent une importance croissante car, non seulement, elles concernent le marché unique des données en tant que tel, mais elles comportent également un lien intrinsèque avec les marchés des capitaux, des biens et des services.

4.14.

Le marché unique est également un point de départ et un tremplin pour permettre à l’UE d’élargir l’utilisation des marchés et des chaînes d’approvisionnement extérieurs et d’être un acteur mondial influent et puissant. La déclaration devrait donc être activement promue sur la scène internationale. Si les valeurs ne peuvent pas être «exportées», l’UE a le potentiel d’exercer une influence mondiale en utilisant un large éventail d’outils, allant des accords mondiaux mis en place par les partenaires sociaux dans les multinationales à l’action diplomatique, en passant par la coopération en matière d’innovation, les accords de commerce et d’investissement et les conditions de financement. Cela vaut à la fois pour les relations extérieures bilatérales et multilatérales.

Bruxelles, le 15 juin 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) COM(2021) 574 final.

(2) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil établissant le programme d’action à l’horizon 2030 — «La voie à suivre pour la décennie numérique» (JO C 194 du 12.5.2022, p. 87).

(3) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil établissant le programme d’action à l’horizon 2030 — «La voie à suivre pour la décennie numérique» (JO C 194 du 12.5.2022, p. 87).

(4) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil établissant le programme d’action à l’horizon 2030 — «La voie à suivre pour la décennie numérique» (JO C 194 du 12.5.2022, p. 87).


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