| CELEX | 52022AE1438 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 22 septembre 2022 |
| 21.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 486/149 |
Avis du Comité économique et social européen sur le travail décent dans le monde
[COM(2022) 66 final]
(2022/C 486/21)
| Rapporteure: | Maria del Carmen BARRERA CHAMORRO |
| Consultation | Commission européenne, 2.5.2022 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 6.9.2022 |
| Adoption en session plénière | 22.9.2022 |
| Session plénière no | 572 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 132/23/33 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) souligne qu’il importe que la Commission mette en place une stratégie visant à promouvoir le travail décent dans le monde, et pas seulement au sein de l’Union européenne (UE). Le CESE relève que la Commission présente, parallèlement à une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité, une communication sur le travail décent dans le monde pour une transition juste et une reprise durable — qui réaffirme l’engagement de l’UE à défendre plus efficacement le travail décent au moyen de règles, de politiques de commerce et d’investissement — ainsi qu’un instrument visant à interdire l’entrée dans l’Union européenne de produits issus du travail forcé, y compris en provenance de pays situés en dehors du marché intérieur. Le CESE se félicite que le nouveau cadre associe aux interdictions qu’il édicte un système de garantie de leur exécution, fondé sur des normes internationales et des obligations de diligence et de transparence. Il juge toutefois opportun que la Commission procède à une évaluation de son impact économique, social et environnemental, en particulier en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises (PME). |
| 1.2. | Le CESE constate qu’en dépit d’améliorations, le travail décent n’est toujours pas une réalité pour de nombreuses personnes, partout dans le monde. Face à cette situation inquiétante, la Commission constate que la pandémie de COVID-19 et les transformations du monde du travail, en raison des progrès technologiques, du changement climatique, de la transition démographique et de la mondialisation, confrontent les entreprises à de sérieux défis. Ces défis peuvent également avoir une incidence négative sur le respect effectif des normes en matière de travail et de protection sociale pour les travailleurs du monde entier. Le CESE est convaincu que l’Union européenne doit continuer à renforcer son rôle de chef de file socialement responsable dans le monde en utilisant et en développant tous les instruments disponibles, y compris législatifs. À l’instar de la Commission, le CESE relève que les consommateurs réclament de plus en plus de biens et de services produits de manière inclusive, durable et équitable, garantissant un travail décent aux personnes qui les produisent, y compris celles qui travaillent dans l’économie informelle. |
| 1.3. | Le CESE accueille favorablement le fait que la communication, adoptée par la Commission pour promouvoir le travail décent dans tous les secteurs et domaines d’action, propose une approche globale à l’intention de tous les travailleurs actifs sur les marchés nationaux, dans les pays tiers et dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le CESE souligne que l’Union doit utiliser toutes ses politiques, tant internes qu’externes (y compris la politique commerciale), pour promouvoir et garantir le travail décent dans le monde, en plaçant cet objectif au cœur d’une reprise durable et inclusive et de la transition numérique. |
| 1.4. | Le CESE se félicite que l’UE propose un ensemble complet d’actions et d’instruments ayant une incidence sur la promotion des quatre piliers du concept universel de travail décent, établi par la déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable de 2008, amendée en 2022 et reflétée dans les ODD: promotion de l’emploi; normes garantissant les droits du travail, y compris l’élimination du travail forcé et du travail des enfants; protection sociale adéquate; dialogue social et tripartisme, l’égalité entre les hommes et les femmes étant un objectif transversal. |
| 1.5. | Le CESE invite instamment la Commission à développer certains aspects du principe du travail décent qui ont aujourd’hui une valeur particulière, tant sociale qu’économique. À titre d’exemple, le CESE souligne, outre l’égalité entre les hommes et les femmes et la non-discrimination (promotion d’une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre de l’objectif du travail décent), la lutte contre le risque d’exclusion des groupes les plus vulnérables — notamment les personnes handicapées — sur les marchés du travail, la santé et la sécurité au travail, ainsi que le caractère durable de l’emploi dans le contexte de la transition écologique. Tous ces objectifs sont des objectifs transversaux de l’OIT et du programme à l’horizon 2030. Dans ce contexte, le CESE se félicite que la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail ait été amendée aux fins d’y inclure le droit à un milieu de travail sûr et salubre. |
| 1.6. | Le CESE apprécie que la communication de la Commission propose à la fois de renforcer la mise en œuvre des instruments existants et d’adopter de futurs instruments, y compris réglementaires, ressortissant aux quatre piliers de l’Agenda pour un travail décent. Dans le premier domaine, celui des politiques de l’Union ayant une portée en dehors de ses frontières, le CESE se félicite que l’Union promeuve des normes pionnières à l’échelle mondiale en faveur de la responsabilité sociale, de la transparence et de la durabilité de l’activité des entreprises. Il accueille tout aussi favorablement l’adoption par le Parlement européen de la résolution sur un nouvel instrument commercial visant à interdire les produits issus du travail forcé (1). |
| 1.7. | Dans le cadre de son «paquet pour une économie équitable et durable», la Commission a également présenté une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (voir l’avis INT/973). Le CESE considère cette proposition comme une étape importante dans la promotion du respect des droits de l’homme en tant que devoir des entreprises et de leur personnel d’encadrement. Il estime toutefois que la proposition comporte encore de nombreuses lacunes (par exemple, le champ d’application réduit, étant donné qu’elle ne s’applique directement qu’aux grandes entreprises, et seulement de façon indirecte aux PME; ou encore la faible représentation des travailleurs), ainsi que des notions juridiques peu claires (par exemple l’exigence de relations commerciales «bien établies»), susceptibles de se prêter à des applications différentes par les autorités et les juridictions nationales, ce qui crée une insécurité juridique tant pour les travailleurs que pour les entreprises. Aussi le CESE plaide-t-il en faveur d’un processus de dialogue équilibré entre la Commission, le Parlement et le Conseil afin de remédier à ces lacunes et d’améliorer l’efficacité de l’instrument réglementaire qui sera en définitive approuvé. |
| 1.8. | Le CESE prend note des difficultés rencontrées par certaines entreprises pour contrôler l’ensemble de leur chaîne de valeur et garantir un travail décent. Il estime toutefois que la manière d’y parvenir ne devrait pas consister à réduire les garanties à cet effet, car cela affaiblit l’efficacité de la mesure, crée une insécurité juridique pour les entreprises et ouvre la voie à une concurrence déloyale. En revanche, le CESE est convaincu que la manière appropriée de remédier à ces difficultés mondiales en matière de contrôle sans entraîner de tels effets négatifs consiste à mettre en place des instruments de soutien et de collaboration adéquats pour garantir l’efficacité des instruments proposés. À cette fin, outre le soutien public et les instruments d’orientation, les canaux de participation des représentants des travailleurs tout au long de la chaîne de valeur et du dialogue social, aux différents niveaux correspondants, peuvent jouer un rôle crucial. Le CESE est convaincu que cette amélioration de l’efficacité de la gouvernance en matière de devoir de diligence tout au long de la chaîne de valeur, qui facilite le travail des entreprises, constitue une raison puissante de reconnaître et de garantir la participation des représentants des travailleurs. |
| 1.9. | Dans le domaine des relations bilatérales et régionales de l’Union, le CESE apprécie tout particulièrement la proposition de la Commission consistant à utiliser la politique commerciale comme un instrument qui, en favorisant le respect des normes internationales du travail par les entreprises de pays tiers, promeuve le travail décent dans toutes les entreprises et dans tous les pays, y compris les pays voisins. À cette fin, le CESE souligne la proposition de réforme du règlement de l’Union européenne sur les préférences commerciales. Le CESE fait valoir que l’un de ses objectifs est de faciliter les importations en provenance de pays dont les entreprises respectent les exigences sociales, environnementales et du travail, y compris le travail décent. Il est convaincu que cela améliorera un modèle de compétitivité mondiale fondé non seulement sur la justice sociale, mais aussi sur une concurrence loyale entre toutes les entreprises. |
| 1.10. | Le CESE soutient la décision de l’Union de s’engager activement dans la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin d’intégrer la dimension sociale dans la croissance économique mondiale, eu égard aux énormes défis auxquels elle est confrontée (transitions numérique et écologique, vieillissement, prévention des futures pandémies, etc.). L’optimisation de la croissance, de la compétitivité et des bénéfices, aux fins de créer davantage de richesses, d’emplois et de bien-être, passe par la mise en place de cadres et de politiques de transition juste, qui incluent la garantie et la promotion d’un travail décent et durable dans le monde, en suivant une transition juste fondée sur le dialogue social, comme cela s’est fait précédemment. |
| 1.11. | Le CESE accueille favorablement la proposition d’inclure des mécanismes permettant d’évaluer et de contrôler le respect de la directive relative au devoir de diligence. Il constate toutefois avec inquiétude que ces mécanismes ne prévoient pas de dialogue social avec les partenaires sociaux. Le CESE invite dès lors la Commission à prévoir clairement de tels mécanismes dans le texte législatif proposé. |
| 1.12. | En outre, le CESE demande que l’UE soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme, et que soit envisagé l’établissement d’une convention de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. |
2. Introduction et contexte
| 2.1. | La garantie et la promotion du travail décent et de la justice sociale sont au cœur des cadres réglementaires et des politiques qui ont fait l’objet d’un accord tripartite dans l’Agenda pour le travail décent de l’OIT, dans la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail adoptée en 1998 (amendée en 2022) et réaffirmée dans la déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail (2019). De même, veiller à ce que le travail décent devienne la norme dans le monde est au cœur des engagements pris par l’ensemble de la communauté internationale dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD) du programme à l’horizon 2030, en particulier, mais pas uniquement, dans l’objectif no 8. Cet objectif promeut une croissance économique soutenue, partagée et durable qui crée des emplois productifs et un travail décent pour tous. |
| 2.2. | Le CESE partage l’avis de la Commission européenne selon lequel cette stratégie de défense et de promotion du travail décent dans le monde est non seulement appropriée, mais également nécessaire, dans le cadre du modèle de relance durable établi et financé au titre de NextGenerationEU. Les chiffres fournis par la Commission et par l’OIT ont montré que malgré des améliorations, le travail décent n’est toujours pas une réalité pour de nombreuses personnes dans le monde. Selon les estimations de l’OIT, 4 milliards de personnes n’ont pas accès à la protection sociale et 205 millions sont sans emploi. Un enfant sur dix dans le monde (soit 160 millions d’enfants) est au travail, et 25 millions de personnes sont en situation de travail forcé. En moyenne, près d’une victime sur quatre du travail forcé est exploitée en dehors de son pays d’origine, avec une différence marquée selon le type de situation. En outre, bien que la santé et la sécurité au travail soient un aspect fondamental du travail décent, plus de cinq travailleurs meurent chaque minute dans le monde en raison d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, selon l’OIT. |
| 2.3. | Le CESE se félicite que l’UE ait décidé de donner un nouvel élan à un modèle de relance économique qui concilie la création de richesses et de possibilités d’emploi dans le monde entier avec la garantie et la promotion du respect des droits de l’homme, du travail décent et de l’environnement. La communication conjointe au Parlement européen et au Conseil sur le renforcement de la contribution de l’Union européenne à un multilatéralisme fondé sur des règles mentionne les difficultés qu’il y a à faire progresser ces objectifs à la suite de la crise pandémique dont ont souffert les personnes, les entreprises et les États. Elle propose dès lors, pour faire avancer les choses, des réglementations, des politiques et des investissements qui garantissent et favorisent une reprise économique numérique, verte et inclusive. |
| 2.4. | Dans ce contexte, la Commission a présenté 1) une communication au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social européen sur un travail décent dans le monde pour une transition juste à l’échelle mondiale et une reprise durable [COM(2022) 66 final du 23 février 2022] et 2) une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité, qui fait l’objet d’un avis distinct du CESE (INT/973), en cours d’élaboration. |
| 2.5. | Le CESE a déjà fait valoir que les entreprises opèrent de plus en plus par-delà les frontières. Les entreprises multinationales, avec leurs chaînes d’approvisionnement mondiales, sont les principaux acteurs, et les PME en constituent une part toujours plus importante. Le CESE a proposé des initiatives réglementaires et politiques visant à améliorer la durabilité, à garantir le respect des droits de l’homme et à promouvoir le travail décent dans les chaînes de valeur des entreprises (2). |
| 2.6. | Le CESE reconnaît l’importance des instruments fondés sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) pour parvenir à un développement équitable, étant donné que la RSE encourage des changements de comportement positifs vers la durabilité environnementale et sociale. Toutefois, le Comité a également attiré l’attention sur la nécessité d’améliorer la situation. Il demande donc à l’UE et à ses États membres de veiller à une mise en œuvre plus efficace des instruments internationaux existants en faveur d’une croissance et d’une reprise durables, équitables et résilientes après la COVID-19, en plaçant le travail décent au cœur de leurs efforts. Le CESE réclame à la fois que l’Union soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme (3) et que soit envisagée l’élaboration d’une convention de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. Le CESE a également exprimé son soutien à un cadre européen obligatoire efficace et cohérent en matière de devoir de diligence et de responsabilité des entreprises, qui soit fondé sur le dialogue social avec les partenaires sociaux et sur une approche multipartite. |
| 2.7. | Le CESE reconnaît les avantages d’un cadre réglementaire harmonisé de l’UE en matière de diligence raisonnable et de durabilité. Entre autres avantages, il requiert une concurrence loyale de la part de toutes les entreprises, y compris celles de pays tiers opérant dans l’Union, étant donné qu’elles sont soumises à des conditions de concurrence équitables, et il offre une plus grande sécurité juridique. Un tel cadre réglementaire harmonisé facilitera la transition des entreprises et des travailleurs vers une économie neutre pour le climat dans des conditions de justice sociale et du travail pour toutes les chaînes mondiales. En conséquence, le CESE plaide en faveur d’un cadre réglementaire européen cohérent, équilibré, efficace et proportionné s’agissant du devoir de diligence des entreprises. |
| 2.8. | Le CESE est pleinement conscient de la nécessité urgente de mettre en œuvre un mécanisme de relance financière après la pandémie qui a frappé tous les États membres et de soutenir tous les processus de reprise post-pandémie à l’échelle mondiale, ainsi que les différentes transitions vers une économie verte (neutre en carbone et circulaire) et innovante (numérique), dans des conditions globales de durabilité sociale et environnementale et dans un cadre où prévalent un dialogue social avec les acteurs sociaux et des modèles de gouvernance tripartite. C’est là ce qu’attend le CESE de la nouvelle communication et de la recommandation sur l’avenir du dialogue social. |
| 2.9. | Le CESE prend note des enquêtes menées par des observateurs internationaux des droits de l’homme, parmi lesquels l’Organisation internationale du travail, le Conseil de l’Europe et la Confédération syndicale internationale (indice CSI des droits dans le monde), qui confirment que l’absence de garanties en matière de droits de l’homme (y compris les garanties pour les droits individuels et collectifs des travailleurs) et le non-respect de l’environnement continuent de croître au niveau mondial. La pandémie n’a fait qu’aggraver la situation dans plusieurs pays du monde où des conditions de vie déjà précaires et abusives se sont encore détériorées. Le travail des enfants et le travail forcé ont également augmenté. |
| 2.10. | Le CESE reconnaît que les données scientifiques actuelles montrent que les entreprises intègrent de plus en plus de systèmes de gestion fondés sur la RSE et développent leurs modèles commerciaux conformément au programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies et aux ODD. Toutefois, à l’instar de la Commission, il estime que des améliorations sont possibles. En outre, les progrès sont non seulement plus lents, mais aussi très inégaux. Le CESE est convaincu que le passage à des cadres réglementaires européens harmonisés, complétés par le soutien technique et les orientations pratiques de la Commission, est positif, en particulier pour les PME. Les engagements seront ainsi plus efficaces et profiteront aux entreprises actives sur le marché de l’UE, en leur offrant une plus grande sécurité juridique et des conditions de concurrence équitables. |
3. Principales actions proposées par la Commission pour promouvoir le travail décent
| 3.1. | Le suivi des progrès accomplis sur la voie du travail décent est une préoccupation de longue date pour l’OIT, qui promeut des indicateurs permettant de mesurer ces progrès réels. Le CESE juge ce suivi important, dès lors que la Commission a déjà publié une communication sur le sujet il y a plusieurs années (4). Le CESE invite instamment la Commission à mieux mettre en œuvre un programme ambitieux et innovant et à veiller à ce que ces progrès marient effectivement compétitivité et justice sociale. Il souligne en outre que le travail décent n’est pas seulement une question d’emploi et de protection sociale, mais aussi une question de gouvernance, qui doit inclure le dialogue social avec les partenaires sociaux à tous les niveaux de la chaîne mondiale et à toutes les étapes des processus de production. |
| 3.2. | Le CESE se félicite que l’UE continue de promouvoir son propre programme visant à créer une communauté de travail qui conduise à la réalisation effective de tous les éléments qui participent du concept universel de travail décent de l’OIT et qui soit plus qu’une simple déclaration formelle. Cette vision est cohérente avec l’inclusion de toutes les composantes de la norme internationale du travail décent dans la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998) (5). |
| 3.3. | Le CESE juge inacceptable que le travail décent soit encore loin d’être une réalité pour des centaines de millions de personnes dans le monde, ce qui nuit à la réalisation effective par la communauté internationale des objectifs de développement durable (ODD) fixés dans le programme des Nations unies à l’horizon 2030. Bien que les ODD soient intégrés dans la notion de travail décent, la récente série de crises, conjuguée aux énormes défis économiques et sociaux de notre époque, menacent quotidiennement le travail décent pour tous (ODD 8 et autres ODD connexes). |
| 3.4. | L’élimination du travail des enfants et du travail forcé est au cœur de ces efforts. Le travail des enfants concerne un nombre de personnes mineures qui a augmenté de plus de huit millions entre 2016 et 2020, inversant ainsi la tendance précédente à la baisse. Le CESE se félicite de la proposition de la Commission d’élaborer de nouvelles mesures juridiques et autres plus efficaces dans le cadre de la politique de tolérance zéro à l’égard du travail des enfants, y compris l’interdiction de mettre sur le marché de l’UE les produits fabriqués ou distribués au moyen du travail forcé ou du travail des enfants. À cet égard, il estime nécessaire de compléter le nouveau cadre par une évaluation de l’impact économique, social et environnemental des différentes mesures législatives et non législatives. Le CESE plaide également en faveur d’une intensification de la nouvelle politique commerciale de l’UE, qui constitue l’un des moteurs de la croissance économique, afin de respecter l’engagement de respecter les droits de l’homme internationaux, ses instruments et la lutte contre le travail des enfants et le travail forcé tout au long de la chaîne d’approvisionnement. De cette manière, les nouvelles mesures s’harmoniseront avec un modèle de reprise économique et de compétitivité mondiale et inclusive. |
| 3.5. | Le CESE accueille favorablement tant la proposition de directive sur le devoir de diligence que les nouvelles garanties juridiques permettant de lutter plus efficacement contre le travail forcé et le travail des enfants dans l’ensemble de la chaîne de valeur mondiale. Il partage l’avis de la Commission selon lequel les autorités ne peuvent à elles seules remporter la bataille contre le travail forcé. Le CESE accueille tout aussi favorablement l’adoption par le Parlement européen de la résolution sur un nouvel instrument commercial visant à interdire les produits issus du travail forcé (6). De nombreuses entreprises privées sont déjà engagées en faveur de ces objectifs, mais elles doivent aller plus loin, conformément à la proposition de directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises, qui devrait promouvoir l’efficacité et la proportionnalité de ce cadre cohérent de l’UE pour améliorer la compétitivité. |
| 3.6. | Le CESE se félicite que la Commission encourage le recours à un cadre juridique cohérent de l’UE et à la politique de marchés publics socialement responsables en tant qu’outils puissants pour lutter en faveur du travail décent et contre le travail forcé et le travail des enfants. Il estime toutefois que pour aller dans ce sens, il s’impose d’appliquer plus efficacement le cadre réglementaire afin de renforcer l’efficacité réelle des clauses sociales et environnementales, tant en ce qui concerne les marchés publics européens que le commerce équitable. |
| 3.7. | Le CESE se félicite de la proposition de nouveau règlement de l’UE relatif au système de préférences généralisées (SPG) visant à promouvoir le développement durable dans les pays à faible revenu au cours de la période 2024-2034. Il apprécie que le nouveau SPG accroisse les possibilités offertes à l’Union d’utiliser les préférences commerciales pour créer des débouchés économiques et promouvoir un développement durable respectant la norme du travail décent. L’intégration de conventions relatives à la gouvernance, telles que celle relative à la consultation tripartite, renforcera le rôle du dialogue social avec les partenaires sociaux. |
| 3.8. | Le CESE prend acte de l’engagement, dans le domaine d’action no 2, de considérer le travail décent comme une priorité du nouvel IVCDCI — Europe dans le monde (7). Ce programme relatif aux droits de l’homme et à la démocratie prévoit des actions spécifiques visant à promouvoir le travail décent pour tous, y compris la lutte contre le travail des enfants et le travail forcé, en particulier aux niveaux national et régional. Le CESE se félicite que les nouvelles actions de l’IVCDCI — Europe dans le monde comprennent la promotion du dialogue social et une autonomie accrue des partenaires sociaux, ainsi que le dialogue avec les pays partenaires, soit autant d’outils qui contribueront à la ratification et à la mise en œuvre effective des conventions actualisées de l’OIT, en particulier les conventions fondamentales et celles relatives à la gouvernance. |
4. Observations générales
| 4.1. | Le CESE partage la préoccupation de l’OIT qui veut que les entreprises et les travailleurs les plus touchés par la série de crises qui a débuté en 2008 bénéficient moins de l’amélioration des conditions tant économiques que technologiques, dès lors que les efforts de relance favorisent certains secteurs de l’économie et du marché du travail, tandis que d’autres restent à la traîne. |
| 4.2. | Le CESE réaffirme que la protection du travail décent dans le monde entier est une exigence de respect de la dignité humaine; il considère par conséquent que cette proposition constitue une étape importante dans le respect et la promotion des droits de l’homme dans les entreprises et espère qu’elle donnera une impulsion significative à la poursuite des progrès. |
| 4.3. | Toutefois, il estime qu’il existe encore de nombreuses lacunes et notions juridiques peu claires et sujettes à interprétation, susceptibles de se prêter à des applications différentes par les autorités et les juridictions nationales, ce qui crée une insécurité juridique tant pour les travailleurs que pour les entreprises. Par exemple, le recours à des notions floues telles que celle de «relation commerciale bien établie» ou à de simples «garanties contractuelles» de respect des codes de conduite mettrait en péril l’efficacité de la directive. Le CESE propose à la Commission, d’une part, de clarifier avec rigueur ces concepts juridiques, y compris les lacunes du régime de responsabilité civile prévu, et, d’autre part, d’intégrer des voies pour la représentation syndicale des entreprises au niveau approprié pour en rendre le respect plus effectif. |
| 4.4. | Le CESE prend note de l’accent placé sur la participation des parties prenantes, qui constitue la base de l’ensemble de la proposition. La participation effective des syndicats et des représentants des travailleurs est en effet un facteur de réussite. Toutefois, le Comité regrette que cela ne soit pas suffisamment pris en compte dans la proposition. Le CESE estime que cette absence de protection, en raison de son impact collectif, est préjudiciable tant aux travailleurs qu’aux entreprises. Dans ce contexte, les vecteurs de participation des représentants des travailleurs organisés déjà opérationnels, par exemple sur la base des travaux des comités d’entreprise européens (CEE) ou des accords-cadres internationaux (ACI), devraient fournir des orientations adéquates et un soutien au nouveau cadre réglementaire. |
| 4.5. | Le CESE accueille avec satisfaction l’approche globale en matière de travail décent adoptée dans la communication de la Commission. Cette communication tient compte de la volonté des consommateurs de privilégier des modèles de production et de distribution de biens et de services plus respectueux des conditions de durabilité sociale et environnementale. La Commission a constaté que la majorité des consommateurs préfèrent, y compris en matière de commerce électronique, des modes de consommation qui privilégient les produits respectant les normes du travail décent et l’équilibre environnemental. Par conséquent, le CESE demande que ce rôle socialement responsable des consommateurs soit promu par une meilleure information et une meilleure formation, afin d’améliorer l’efficacité des mesures proposées par la Commission pour garantir et promouvoir un travail décent dans le monde. |
| 4.6. | Le CESE se félicite que la Commission ait accepté la demande du Parlement européen de présenter une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (INT/973). Il note que la proposition de la Commission limite le nombre d’entreprises incluses dans la proposition de directive, restreignant ainsi la portée de la demande du Parlement européen. Le CESE appelle de ses vœux un processus de dialogue entre les trois institutions européennes en vue de parvenir à un accord sur ce cadre réglementaire et cohérent de l’UE portant notamment sur une extension adéquate du champ d’application de la future directive, ce qui améliorera son efficacité, notamment pour ce qui est d’assurer une concurrence loyale entre toutes les entreprises, et comblera certaines des lacunes réglementaires du texte proposé, afin de renforcer la sécurité juridique des entreprises. |
5. Observations particulières
| 5.1. | Le CESE prend acte des efforts proposés par la Commission européenne pour que l’Union utilise tous les instruments, les politiques et les ressources relevant de sa compétence (marchés publics, accords commerciaux, politique de développement, politique d’investissement, fonds, etc.) afin de promouvoir le travail décent dans le monde entier. Le CESE demande en particulier un développement et une mise en œuvre plus efficaces de la boîte à outils visant à garantir et à promouvoir des conditions de travail décentes et la ratification des normes internationales du travail, ainsi que l’accomplissement des réformes nécessaires pour soutenir la reprise de l’économie, la compétitivité des entreprises européennes et leur capacité à créer des emplois décents dans le monde. |
| 5.2. | Le CESE note que la proposition de directive sur le devoir de diligence dans les entreprises durables accorde une grande valeur aux techniques de RSE, telles que les codes de conduite unilatéraux. Ces instruments ne tiennent pas compte de la position des travailleurs. Le CESE juge opportun d’inclure également des techniques de gouvernance collective afin de promouvoir des canaux utiles pour la participation des représentants des travailleurs à l’élaboration et au suivi des engagements en matière de travail décent tout au long de la chaîne de valeur. Comme mentionné au paragraphe 4.4, les accords-cadres internationaux devraient fournir des orientations et un soutien appropriés. |
| 5.3. | Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel des mesures plus nombreuses et de meilleure qualité sont nécessaires pour lutter efficacement contre le travail forcé. À cette fin, il soutient la Commission s’agissant d’imposer dès que possible une interdiction de mise sur le marché de l’Union des produits (nationaux et importés) qui ont été fabriqués en recourant au travail forcé, y compris au travail des enfants. Dans le même temps, le CESE recommande une analyse des différentes mesures et une évaluation complète des incidences économiques, sociales et environnementales des différentes options. Cette interdiction doit être conforme à la fois aux conditions du commerce équitable et aux engagements pris par l’Union européenne dans le cadre de la politique commerciale commune et en faveur de la compétitivité de l’Europe au niveau mondial. |
| 5.4. | Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel des mesures supplémentaires sont nécessaires pour lutter efficacement contre le travail des enfants, compte tenu de la grande complexité des facteurs qui en sont à l’origine (notamment les difficultés financières, l’absence de meilleures possibilités d’éducation, les habitudes locales concernant le rôle des enfants dans la société, etc.). Dans le même temps, le CESE plaide en faveur d’une mise en œuvre et d’une application cohérentes des instruments internationaux existants. Il est dès lors nécessaire pour éradiquer le travail infantile de déployer une approche globale (holistique) du développement économique durable fondée sur la norme du travail décent: des ressources pour une éducation de qualité, des revenus décents et une protection sociale suffisante pour tous. |
| 5.5. | Le CESE attache également une importance particulière à la révision de la directive de l’UE relative à la prévention de la traite des êtres humains et à la lutte contre ce phénomène (8), qui oblige les États membres à l’interdire par la loi, avec pour objectif supplémentaire d’offrir une protection contre le travail forcé (qui touche de manière disproportionnée les femmes et les filles, et en particulier les immigrants, parmi d’autres groupes plus vulnérables). Le CESE s’est déjà félicité de l’approche globale et intégrée de la protection des personnes victimes de la traite des êtres humains (9). |
| 5.6. | Le CESE souligne l’importance de la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur les obligations vertes européennes [COM(2021) 391 final], qui vise à mieux exploiter le potentiel du marché unique et de l’union des marchés des capitaux pour contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union en matière de climat et d’environnement, conformément à l’article 2, paragraphe 1, point c), de l’accord de Paris de 2016 sur le climat et au pacte vert pour l’Europe. Dès le départ, le CESE a fait valoir que le pacte vert ne peut être et ne sera couronné de succès qu’à condition d’être également un accord social appelant à une définition plus précise de la notion d’«investissement social» afin d’offrir une plus grande sécurité juridique aux marchés et aux entreprises (10). |
| 5.7. | Le CESE soutient les travaux de la Commission en vue d’un nouveau règlement de l’UE relatif au système de préférences généralisées (SPG) pour la période 2024-2034. Il note que la Commission a renforcé son soutien à la promotion du respect des normes internationales du travail dans les pays bénéficiaires du SPG, en ajoutant deux nouvelles conventions sur les droits du travail (convention no 81 de l’OIT sur l’inspection du travail et convention no 144 sur les consultations tripartites), et reconnaît que l’exportation de produits issus du travail des enfants et du travail forcé est une cause de retrait des préférences commerciales. Le CESE recommande que le projet de règlement SPG pour la période 2024-2034 inclue la déclaration de l’OIT de 1998 et son amendement de 2022. |
| 5.8. | En outre, le CESE accueille favorablement l’intention de la Commission de soutenir la réforme de l’OMC afin de continuer à contribuer au développement durable, d’intégrer la dimension sociale de la mondialisation et de favoriser les accords au sein de l’OMC qui promeuvent le travail décent et la justice sociale. Le CESE espère qu’un juste équilibre entre les objectifs sociaux et ceux visant à l’amélioration de la compétitivité économique mondiale sera atteint dans le cadre des processus de négociation ouverts. |
| 5.9. | Le CESE se félicite de l’inclusion de mécanismes d’évaluation et de suivi du respect de la directive sur le devoir de diligence, et notamment de la mise en place d’un réseau européen des autorités de contrôle afin d’aider à sa mise en œuvre. Toutefois, il constate avec inquiétude que, d’une part, le mandat (la compétence) de cet organe de contrôle n’est pas clairement défini et, d’autre part, que ces mécanismes ne prévoient pas de dialogue social avec les partenaires sociaux. Le CESE invite dès lors la Commission à prévoir clairement de tels mécanismes dans le texte législatif proposé. |
Bruxelles, le 22 septembre 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0245_FR.html
(2) Avis du CESE sur le thème «Des chaînes d’approvisionnement durables et un travail décent dans le commerce international», 2020/02161 (JO C 429 du 11.12.2020, p. 197).
(3) Le CESE a déjà abordé cette question en détail dans son avis «Un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme» (JO C 97 du 24.3.2020, p. 9).
(4) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:52006DC0249
(5) www.ilo.org/dyn/normlex/fr/f?p=1000:62:0::NO:62:P62_LIST_ENTRIE_ID:2453911:NO
(6) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0245_FR.html
(7) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32021R0947
(8) Directive 2011/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes et remplaçant la décision-cadre 2002/629/JAI du Conseil (JO L 101 du 15.4.2011, p. 1).
(9) JO C 51 du 17.2.2011, p. 50.
(10) Le CESE élabore actuellement un avis d’initiative en la matière: ECO/581 — «Taxinomie sociale: enjeux et possibilités» (voir page 15 du présent Journal officiel).
ANNEXE
Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 43, paragraphe 2, du règlement intérieur):
| AMENDEMENT 3 SOC/727 Le travail décent dans le monde Paragraphe 2.6 Modifier comme suit: | Proposé par: BLIJLEVENS René GERSTEIN Antje Sabine KONTKANEN Mira-Maria MINCHEVA Mariya MURESAN Marinel Dănuț POTTIER Jean-Michel |
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE reconnaît l’importance des instruments fondés sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) pour parvenir à un développement équitable, étant donné que la RSE encourage des changements de comportement positifs vers la durabilité environnementale et sociale. Toutefois, le Comité a également attiré l’attention sur la nécessité d’améliorer la situation. Il demande donc à l’UE et à ses États membres de veiller à une mise en œuvre plus efficace des instruments internationaux existants en faveur d’une croissance et d’une reprise durables, équitables et résilientes après la COVID-19, en plaçant le travail décent au cœur de leurs efforts. Le CESE réclame à la fois que l’Union soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme (1) et que soit envisagée l’élaboration d’une convention de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. Le CESE a également exprimé son soutien à un cadre européen obligatoire efficace et cohérent en matière de devoir de diligence et de responsabilité des entreprises, qui soit fondé sur le dialogue social avec les partenaires sociaux et sur une approche multipartite. | Le CESE reconnaît l’importance des instruments fondés sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) pour parvenir à un développement équitable, étant donné que la RSE encourage des changements de comportement positifs vers la durabilité environnementale et sociale. Toutefois, le Comité a également attiré l’attention sur la nécessité d’améliorer la situation. Il demande donc à l’UE et à ses États membres de veiller à une mise en œuvre plus efficace des instruments internationaux existants en faveur d’une croissance et d’une reprise durables, équitables et résilientes après la COVID-19, en plaçant le travail décent au cœur de leurs efforts. Le CESE réclame à la fois que l’Union soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme (1) et que l’OIT mène une réflexion sur la mise au point et l’adoption future des instruments pertinents et adaptés (2) concernant le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. Le CESE a également exprimé son soutien à un cadre européen obligatoire efficace et cohérent en matière de devoir de diligence et de responsabilité des entreprises, qui soit fondé sur le dialogue social avec les partenaires sociaux et sur une approche multipartite. |
Résultat du vote:
| Pour: | 65 |
| Contre: | 97 |
| Abstentions: | 13 |
| AMENDEMENT 4 SOC/727 Le travail décent dans le monde Paragraphe 2.7 Modifier comme suit: | Proposé par: BLIJLEVENS René GERSTEIN Antje Sabine KONTKANEN Mira-Maria MINCHEVA Mariya MURESAN Marinel Dănuț POTTIER Jean-Michel |
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE reconnaît les avantages d’un cadre réglementaire harmonisé de l’UE en matière de diligence raisonnable et de durabilité. Entre autres avantages, il requiert une concurrence loyale de la part de toutes les entreprises, y compris celles de pays tiers opérant dans l’Union, étant donné qu’elles sont soumises à des conditions de concurrence équitables, et il offre une plus grande sécurité juridique. Un tel cadre réglementaire harmonisé facilitera la transition des entreprises et des travailleurs vers une économie neutre pour le climat dans des conditions de justice sociale et du travail pour toutes les chaînes mondiales. En conséquence, le CESE plaide en faveur d’un cadre réglementaire européen cohérent, équilibré, efficace et proportionné s’agissant du devoir de diligence des entreprises. | Le CESE reconnaît les avantages d’un cadre réglementaire harmonisé de l’UE en matière de diligence raisonnable et de durabilité. Entre autres avantages, il requiert une concurrence loyale de la part de toutes les entreprises qui relèvent de son champ d’application , y compris celles de pays tiers opérant dans l’Union, étant donné qu’elles sont soumises à des conditions de concurrence équitables, et il offre une plus grande sécurité juridique. Un tel cadre réglementaire harmonisé facilitera la transition des entreprises et des travailleurs vers une économie neutre pour le climat dans des conditions de justice sociale et du travail pour toutes les chaînes mondiales. En conséquence, le CESE plaide en faveur d’un cadre réglementaire européen cohérent, équilibré, efficace et proportionné s’agissant du devoir de diligence des entreprises. |
Résultat du vote:
| Pour: | 73 |
| Contre: | 100 |
| Abstentions: | 14 |
| AMENDEMENT 5 SOC/727 Le travail décent dans le monde Paragraphe 4.6 Modifier comme suit: | Proposé par: BLIJLEVENS René GERSTEIN Antje Sabine KONTKANEN Mira-Maria MINCHEVA Mariya MURESAN Marinel Dănuț POTTIER Jean-Michel |
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE se félicite que la Commission ait accepté la demande du Parlement européen de présenter une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (INT/973). Il note que la proposition de la Commission limite le nombre d’entreprises incluses dans la proposition de directive, restreignant ainsi la portée de la demande du Parlement européen. Le CESE appelle de ses vœux un processus de dialogue entre les trois institutions européennes en vue de parvenir à un accord sur ce cadre réglementaire et cohérent de l’UE portant notamment sur une extension adéquate du champ d’application de la future directive , ce qui améliorera son efficacité, notamment pour ce qui est d’assurer une concurrence loyale entre toutes les entreprises, et comblera certaines des lacunes réglementaires du texte proposé, afin de renforcer la sécurité juridique des entreprises. | Le CESE se félicite que la Commission ait accepté la demande du Parlement européen de présenter une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (INT/973). Il note que la proposition de la Commission limite le nombre d’entreprises incluses dans la proposition de directive, restreignant ainsi la portée de la demande du Parlement européen. Le CESE appelle de ses vœux un processus de dialogue entre les trois institutions européennes en vue de parvenir à un accord sur ce cadre réglementaire et cohérent de l’UE et tient notamment à souligner que les décideurs politiques doivent garder à l’esprit l’épineuse situation des micro, petites et moyennes entreprises, et veiller à ce que, dès l’entrée en vigueur de la législation sur le devoir de vigilance, des outils de soutien soient disponibles aux niveaux européen et national (1), ce qui améliorera son efficacité, notamment pour ce qui est d’assurer une concurrence loyale entre toutes les entreprises relevant de son champ d’application , et comblera certaines des lacunes réglementaires du texte proposé, afin de renforcer la sécurité juridique des entreprises. |
Résultat du vote:
| Pour: | 68 |
| Contre: | 97 |
| Abstentions: | 15 |
| AMENDEMENT 1 SOC/727 Le travail décent dans le monde Paragraphe 1.7 Modifier comme suit: | Proposé par: BLIJLEVENS René GERSTEIN Antje Sabine KONTKANEN Mira-Maria MINCHEVA Mariya MURESAN Marinel Dănuț POTTIER Jean-Michel |
| Avis de section | Amendement |
| Dans le cadre de son «paquet pour une économie équitable et durable», la Commission a également présenté une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (voir l’avis INT/973). Le CESE considère cette proposition comme une étape importante dans la promotion du respect des droits de l’homme en tant que devoir des entreprises et de leur personnel d’encadrement. Il estime toutefois que la proposition comporte encore de nombreuses lacunes (par exemple, le champ d’application réduit, étant donné qu’elle ne s’applique directement qu’aux grandes entreprises, et seulement de façon indirecte aux PME ; ou encore la faible représentation des travailleurs), ainsi que des notions juridiques peu claires (par exemple l’exigence de relations commerciales «bien établies»), susceptibles de se prêter à des applications différentes par les autorités et les juridictions nationales, ce qui crée une insécurité juridique tant pour les travailleurs que pour les entreprises. Aussi le CESE plaide-t-il en faveur d’un processus de dialogue équilibré entre la Commission, le Parlement et le Conseil afin de remédier à ces lacunes et d’améliorer l’efficacité de l’instrument réglementaire qui sera en définitive approuvé. | Dans le cadre de son «paquet pour une économie équitable et durable», la Commission a également présenté une proposition de directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (voir l’avis INT/973). Le CESE considère cette proposition comme une étape importante dans la promotion du respect des droits de l’homme en tant que devoir des entreprises et de leur personnel d’encadrement. Il estime toutefois que la proposition comporte encore de nombreuses lacunes (par exemple, il est à craindre que les dispositions de la directive ne soient, de facto, étendues indirectement aux micro, petites et moyennes entreprises, alors que la proposition ne les inclut pas explicitement (1); ou encore la faible représentation des travailleurs), ainsi que des notions juridiques peu claires (par exemple l’exigence de relations commerciales «bien établies»), susceptibles de se prêter à des applications différentes par les autorités et les juridictions nationales, ce qui crée une insécurité juridique tant pour les travailleurs que pour les entreprises. Aussi le CESE plaide-t-il en faveur d’un processus de dialogue équilibré entre la Commission, le Parlement et le Conseil afin de remédier à ces lacunes et d’améliorer l’efficacité de l’instrument réglementaire qui sera en définitive approuvé. |
Résultat du vote
| Pour: | 72 |
| Contre: | 107 |
| Abstentions: | 12 |
| AMENDEMENT 2 SOC/727 Le travail décent dans le monde Paragraphe 1.12 Modifier comme suit: | Proposé par: BLIJLEVENS René GERSTEIN Antje Sabine KONTKANEN Mira-Maria MINCHEVA Mariya MURESAN Marinel Dănuț POTTIER Jean-Michel |
| Avis de section | Amendement |
| En outre, le CESE demande que l’UE soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme, et que soit envisagé l’établissement d’une convention de l’OIT sur le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. | En outre, le CESE demande que l’UE soutienne un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme, et que l’OIT mène une réflexion sur la mise au point et l’adoption future des instruments pertinents et adaptés (1) concernant le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement. |
Résultat du vote: il n’y a pas eu de vote sur cet amendement, le texte étant rigoureusement identique à celui de l’amendement proposé au paragraphe 2.6, ci-avant.
| Pour: | sans objet |
| Contre: | sans objet |
| Abstentions: | sans objet |
(1) Le CESE a déjà abordé cette question en détail dans son avis REX/518 — «Un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme», https://webapi2016.EESC.europa.eu/v1/documents/eesc-2019-01278-00-01-ac-tra-fr.docx/content.
(1) Le CESE a déjà abordé cette question en détail dans son avis REX/518 — «Un traité contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme», https://webapi2016.EESC.europa.eu/v1/documents/eesc-2019-01278-00-01-ac-tra-fr.docx/content.
(2) REX/462 — «Un travail décent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales», paragraphe 1.9, https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/un-travail-decent-dans-les-chaines-dapprovisionnement-mondiales-avis-dinitiative.
(1) INT/973 — «Gouvernance d’entreprise durable», paragraphe 1.6, https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/gouvernance-dentreprise-durable.
(1) INT/973 — «Gouvernance d’entreprise durable», paragraphe 4.9, https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/gouvernance-dentreprise-durable.
(1) REX/462 — «Un travail décent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales», paragraphe 1.9, https://www.eesc.europa.eu/fr/our-work/opinions-information-reports/opinions/un-travail-decent-dans-les-chaines-dapprovisionnement-mondiales-avis-dinitiative.
Avis institutionnel — 52022AB0046
30/12/2022
Avis institutionnel — 52022AB0045
21/12/2022
Avis institutionnel — 52022AE1932R(01)
21/12/2022
Avis institutionnel — 52023AT40462(01)
20/12/2022