| CELEX | 52022AE1686 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 18 mai 2022 |
| 26.8.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 323/123 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «REPowerEU: Action européenne conjointe pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable»
[COM(2022) 108 final]
(2022/C 323/21)
| Rapporteurs: | Thomas KATTNIG Alena MASTANTUONO Simo TIAINEN |
| Consultation | Commission européenne, 2.5.2022 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» |
| Adoption en section | 2.5.2022 |
| Adoption en session plénière | 18.5.2022 |
| Session plénière no | 569 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 159/3/4 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La situation géopolitique actuelle, qui découle de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, souligne l’importance que revêt la sécurité de l’approvisionnement énergétique et appelle à renforcer l’indépendance et l’autonomie énergétiques de l’Union. Le CESE souscrit pleinement à l’objectif d’abandon de l’énergie russe et à l’idée de le mettre en œuvre dès que possible. |
| 1.2. | L’Union a été confrontée à une hausse sans précédent des prix de l’énergie au cours de l’année écoulée. Ce phénomène a été encore renforcé par les conséquences de l’agression russe en Ukraine et fait peser une charge insupportable sur les ménages et les entreprises européennes. |
| 1.3. | Par conséquent, des actions immédiates se justifient afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement énergétique et d’atténuer l’impact des prix élevés pour les ménages, les agriculteurs, les entreprises et l’industrie. La communication intitulée «REPowerEU: Action européenne conjointe pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable» définit de nouvelles actions visant à accélérer la production d’énergie verte, à diversifier l’approvisionnement et à réduire la demande de gaz russe, qui a conduit à des hausses considérables des prix sur le marché de l’électricité, en raison de manipulations de marché. |
| 1.4. | Le CESE accueille favorablement la communication REPowerEU, en tant qu’elle présente des solutions conformes aux objectifs du pacte vert et de l’union européenne de l’énergie. Il met toutefois en garde quant au fait que l’Europe doit être particulièrement prudente s’agissant des ressources appelées à remplacer le gaz russe, du point de vue de leur incidence sur l’environnement ainsi que du risque de nouvelle dépendance à l’égard de pays tiers qui ne partagent pas les valeurs européennes. |
| 1.5. | Le CESE constate avec regret que son appel (1) en faveur d’une réduction de la dépendance stratégique à l’égard de tiers peu fiables n’a pas été traduit en actions par les dirigeants politiques, et qu’en plus, au contraire, cette dépendance s’est accrue. La crise actuelle des prix de l’énergie ne frapperait pas aussi durement les citoyens et les entreprises de l’Union européenne si l’Europe n’était pas aussi largement tributaire des importations de combustibles fossiles de Russie. |
| 1.6. | L’Union doit respecter rigoureusement tous les objectifs de base de sa politique énergétique: sécurité de l’approvisionnement, coûts et prix raisonnables, et neutralité carbone. Il est donc essentiel de se concentrer sur les mesures qui apportent le plus d’avantages sur le plan de l’ensemble des objectifs, tant dans la situation d’urgence qui prévaut actuellement que sur le long terme. |
| 1.7. | Si le CESE partage l’avis de la Commission européenne sur l’objectif de parvenir à l’indépendance vis-à-vis du gaz russe, il souligne qu’il sera extrêmement difficile pour l’économie et la société européennes de réduire la demande de gaz russe des deux tiers d’ici la fin de cette année. Cela suppose une diversification, d’abord et surtout, à court terme, via le recours au GNL et au biométhane, mais aussi grâce à l’efficacité énergétique et à l’expansion des énergies renouvelables. Changer le système de dépendance à l’égard d’un fournisseur et d’une source d’énergie qui représente une part importante du bouquet énergétique de l’Union est une question complexe et ne peut se réaliser du jour au lendemain. Cela signifie qu’à court terme, toutes les sources d’énergie disponibles devraient être utilisées sans a priori, en donnant la priorité aux sources renouvelables, afin d’éviter les pannes d’électricité et les troubles sociaux. |
| 1.8. | Afin de garantir des prix de l’énergie socialement acceptables tout en maintenant l’Union sur la bonne voie pour rester le leader en matière de déploiement des énergies renouvelables, le CESE préconise:
|
| 1.9. | Le CESE reconnaît que des interventions des États membres, qu’elles soient fiscales ou réglementaires, seront nécessaires afin de garantir des prix abordables pour les consommateurs finaux et de prévenir la précarité énergétique. Par ailleurs, le CESE invite instamment la Commission et le Conseil à prendre des mesures supplémentaires afin de stabiliser les prix dans le système énergétique de l’Union, de manière à éviter des hausses soudaines et imprévues des prix. Néanmoins, les décideurs politiques devraient veiller à ce que ces mesures n’entravent pas le fonctionnement du marché intérieur de l’énergie, ne compromettent pas les efforts de décarbonation ni l’efficacité énergétique et ne créent pas d’incertitudes en matière d’investissements dans le secteur de l’énergie. Toute mesure, que ce soit au niveau des États membres ou au niveau européen, devrait faire l’objet d’une concertation étroite avec les parties prenantes concernées, par exemple les partenaires sociaux. |
| 1.10. | Le marché intérieur de l’énergie n’est pas achevé et, en cette période de crise, l’aspect de la solidarité est extrêmement important. Il est nécessaire d’améliorer les infrastructures afin de tenir compte du passage à la transition écologique et à la diversification des sources de gaz, tout en garantissant le flux d’énergie entre les États membres au moyen d’interconnexions de transport. |
| 1.11. | Le CESE se félicite des annonces de la Commission concernant les délais de traitement des dossiers relatifs aux aides d’État (d’ici l’été). |
| 1.12. | Le CESE soutient fermement la proposition de la Commission sur le stockage du gaz et invite instamment les institutions à:
|
| 1.13. | Une large polyvalence dans la production d’énergie fait partie de la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Outre l’énergie éolienne et solaire, il est donc important de recourir à la grande variété de sources d’énergie à faibles émissions de carbone existantes, qui s’intègrent économiquement et écologiquement dans le système énergétique. Jusqu’à ce que la diversification énergétique de l’Union soit achevée, le CESE apprécierait qu’il soit recouru concrètement à des sources d’énergie stables et abordables répondant aux exigences en matière de réduction des émissions de carbone. |
| 1.14. | Le CESE regrette que la communication ne fasse pas référence au rôle des sources d’énergie stables à faible intensité de carbone dans la stabilité de l’approvisionnement énergétique. |
2. Historique et contexte
| 2.1. | En conséquence directe de l’invasion russe de l’Ukraine et en réaction à celle-ci, la Commission européenne a annoncé et proposé, en mars 2022, une ébauche de plan visant à rendre l’Union indépendante des combustibles fossiles russes bien avant 2030, en commençant immédiatement par le gaz. |
| 2.2. | L’accent peut être mis également sur l’élimination progressive de la dépendance à l’égard du pétrole et du charbon russes, pour lesquels l’Union dispose d’une plus grande diversité d’autres fournisseurs potentiels. L’Union importe 90 % de sa consommation de gaz et la Russie fournit plus de 40 % de la quantité totale de gaz consommée dans l’Union. 27 % des importations de pétrole et 46 % des importations de charbon proviennent également de Russie. |
| 2.3. | Le plan décrit également un ensemble de mesures visant à réagir à la hausse des prix de l’énergie et à reconstituer les stocks de gaz pour l’hiver prochain. Venant s’ajouter à la boîte à outils pour les prix de l’énergie, le plan fournit aux États membres des orientations supplémentaires, confirmant la possibilité de réglementer les prix dans des circonstances exceptionnelles, et indiquant comment les États membres peuvent redistribuer aux consommateurs les recettes provenant des bénéfices élevés du secteur de l’énergie et de l’échange de quotas d’émission. Les règles de l’Union en matière d’aides d’État offrent aux États membres des possibilités d’apporter un soutien à court terme aux entreprises touchées par les prix élevés de l’énergie et de les aider à réduire leur exposition à la volatilité des prix de l’énergie à moyen et à long terme. À cet égard, la Commission examinera toutes les possibilités de mesures d’urgence permettant de limiter l’effet de contagion des prix du gaz sur les prix de l’électricité. |
| 2.4. | Le plan REPowerEU a pour ambition de diversifier les livraisons et l’approvisionnement en gaz, d’accélérer la production de gaz à partir de sources renouvelables ainsi que de prévoir le remplacement du gaz par d’autres énergies à des fins de chauffage et de production d’électricité. Ensemble, ces mesures visent à réduire la demande de gaz russe de l’Union de deux tiers d’ici la fin de 2022. |
| 2.5. | La diversification de l’approvisionnement énergétique global de l’Union devra passer par:
|
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE comprend bien que REPowerEU constitue une démarche extraordinaire et urgente causée par l’escalade qui s’est produite dans l’agression russe et l’impact de cette dernière sur le fonctionnement du marché de l’énergie de l’Union et sa sécurité à l’avenir. Il souscrit également à l’idée qu’une telle action doit être solide et mise concrètement en œuvre dès que possible. La situation actuelle ne concerne pas seulement les prix à l’importation des matières premières stratégiques: il s’agit aussi de trouver les approvisionnements nécessaires au fonctionnement de l’économie et de la société de l’Union. |
| 3.2. | Le CESE accueille favorablement la communication REPowerEU, en tant qu’elle présente des solutions conformes aux objectifs du pacte vert et de l’union européenne de l’énergie. Il met toutefois en garde quant au fait que l’Europe doit être particulièrement prudente s’agissant des ressources appelées à remplacer le gaz russe, du point de vue de leur incidence sur l’environnement ainsi que du risque de nouvelle dépendance à l’égard de pays tiers qui ne partagent pas les valeurs européennes. |
| 3.3. | Cette nouvelle réalité exige une accélération radicale de la transition vers une énergie propre et le renforcement de l’indépendance et de l’autonomie énergétiques de l’Union. Les infrastructures doivent être améliorées afin de tenir compte du passage, d’une part, à la transition écologique devant mener à la réalisation des objectifs du pacte vert et, d’autre part, à la diversification des sources de gaz, tout en garantissant le flux d’énergie entre les États membres au moyen d’interconnexions de transport. Dans son document, la Commission plaide en faveur de la compatibilité avec l’hydrogène, ce que le CESE soutient. |
| 3.4. | L’action REPowerEU a également un lien avec les mesures globales de sanction adoptées par l’Union et d’autres parties du monde occidental à l’égard de la Russie, et elle peut être coordonnée et ajustée en conséquence, car on peut s’attendre à ce que l’ampleur et l’intensité des sanctions puissent être modifiées au fil du temps. Toutefois, il convient de s’en tenir fermement à la finalité première de REPowerEU, à savoir être indépendants de la Russie pour ce qui est de la fourniture de matières premières stratégiques et de son immixtion dans le secteur européen de l’énergie. |
| 3.5. | Dans le même temps, le CESE dit regretter que ses nombreux appels en faveur d’une réduction de la dépendance stratégique à l’égard de tiers peu fiables n’aient pas été traduits en actions par les dirigeants politiques, et que cette dépendance se soit au contraire accrue. La crise actuelle des prix de l’énergie toucherait beaucoup moins les citoyens et les entreprises de l’Union si celle-ci n’était pas aussi dépendante des importations de combustibles fossiles de Russie, situation qui résulte des décisions court-termistes en matière de politique énergétique prises par certains États membres au cours de la dernière décennie. |
| 3.6. | En temps de crise, il est nécessaire de garder à l’esprit les objectifs généraux au lieu de chercher uniquement à résoudre les problèmes les plus urgents. Par conséquent, le CESE se félicite que la Commission respecte ce principe dans sa communication. À cet égard, l’Union doit donc respecter rigoureusement les objectifs de base de sa politique et de ses systèmes énergétiques: sécurité de l’approvisionnement, coûts et prix raisonnables, et neutralité carbone. Étant donné que ces trois objectifs fondamentaux sont actuellement en jeu, l’Union devrait se concentrer sur les mesures qui apportent le plus d’avantages sur le plan de l’ensemble des objectifs et contribuent de la manière la plus efficace aux défis urgents et aux objectifs à plus long terme. |
| 3.7. | Une large polyvalence dans la production d’énergie fait partie de la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Outre l’énergie éolienne et solaire, il est donc important de recourir à la grande variété de sources d’énergie à faibles émissions de carbone existantes, qui s’intègrent économiquement et écologiquement dans le système énergétique. Il est également nécessaire d’utiliser parallèlement le chauffage urbain et les pompes à chaleur. |
| 3.8. | Le CESE regrette que la communication ne fasse pas référence au rôle des sources d’énergie stables à faible intensité de carbone dans la stabilité de l’approvisionnement énergétique. |
| 3.9. | Si le CESE partage l’avis de la Commission européenne sur l’objectif de parvenir à l’indépendance vis-à-vis du gaz russe, il souligne qu’il sera extrêmement difficile pour l’économie et la société européennes de réduire la demande de gaz russe des deux tiers d’ici la fin de l’année. Cela suppose une diversification, d’abord et surtout, à court terme, via le recours au GNL et au biométhane, mais aussi grâce à l’efficacité énergétique et à l’expansion des énergies renouvelables. Changer le système de dépendance à l’égard d’un fournisseur et d’une source d’énergie qui représente une part importante du bouquet énergétique de l’Union est une question complexe et ne peut se réaliser du jour au lendemain. Si l’on souhaite éviter des pannes d’électricité et des troubles sociaux, il est indispensable d’activer toutes les sources d’énergie. |
| 3.10. | Le CESE reconnaît que des interventions des États membres, qu’elles soient fiscales ou réglementaires, seront nécessaires afin de garantir des prix abordables pour les consommateurs finaux et de prévenir la précarité énergétique. Par ailleurs, le CESE invite instamment la Commission et le Conseil à prendre des mesures supplémentaires afin de stabiliser les prix dans le système énergétique de l’Union, de manière à éviter des hausses soudaines et imprévues des prix. Néanmoins, les décideurs politiques devraient veiller à ce que ces mesures n’entravent pas le fonctionnement du marché intérieur de l’énergie, ne compromettent pas les efforts de décarbonation ni l’efficacité énergétique et ne créent pas d’incertitudes en matière d’investissements dans le secteur de l’énergie. Toute mesure, que ce soit au niveau des États membres ou au niveau européen, devrait être prise en étroite concertation avec les parties prenantes concernées, par exemple les partenaires sociaux. |
| 3.11. | Les prix élevés de l’énergie génèrent des bénéfices importants pour de nombreuses compagnies pétrolières, ainsi que pour certains fournisseurs et négociants en énergie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime ces «bénéfices exceptionnels» à environ 200 milliards d’EUR dans l’Union en 2022 et propose de leur appliquer des taxes afin de les redistribuer à titre de compensation financière aux consommateurs d’énergie, tels que les ménages vulnérables, les entreprises à forte intensité énergétique, l’agriculture et la sylviculture, ainsi que de les utiliser pour développer la production d’énergie renouvelable et les infrastructures de réseau nécessaires. S’agissant de ces «taxes sur les bénéfices exceptionnels», quelle que soit la forme qu’elles prennent, le CESE souligne qu’il convient de veiller à ne pas décourager les investissements des entreprises énergétiques dans des solutions à faible intensité de carbone, précisément à un moment où l’Europe est invitée à les accélérer afin d’atteindre les objectifs du pacte vert. |
| 3.12. | Toute mesure de soutien visant à atténuer la crise devrait être temporaire et dûment axée sur ceux qui en souffrent le plus, qu’il s’agisse de citoyens, de PME ou d’industries à forte intensité énergétique. Au lieu de créer de nouveaux instruments de l’Union, il convient d’utiliser les fonds existants tels que la facilité pour la reprise et la résilience, le Fonds pour une transition juste et les recettes accrues du système d’échange de quotas d’émission. |
| 3.13. | En cas d’interruption totale de l’approvisionnement russe, l’Europe ne serait pas en mesure de couvrir sa demande de gaz pendant l’hiver, au second semestre. Il est donc nécessaire d’examiner les moyens d’organiser la demande et d’accroître l’offre. Tout d’abord, l’Union doit organiser la demande, et l’AIE a fait des propositions en ce sens, qui réduiraient la dépendance européenne au gaz russe (sobriété énergétique, plan organisé de délestage de consommation, etc.). Deuxièmement, il convient d’activer toutes les options de diversification de l’approvisionnement en gaz en important du GNL (remplir les capacités de stockage autant que possible en important du GNL, tout en augmentant les capacités d’importation de GNL). |
| 3.14. | Tous les États membres n’ont pas accès aux terminaux de GNL, et la situation exige un effort extraordinaire de solidarité entre les États membres et l’accélération des interconnexions de transport. Tous ces changements entraîneront des coûts supplémentaires gigantesques, en raison des investissements nécessaires. Il convient d’établir un calendrier tenant compte de la faisabilité pratique de ces mesures et investissements. Il faudra simplement un certain temps, probablement quelques années, pour réaliser les investissements dans les infrastructures nécessaires. |
| 3.15. | Il sera également nécessaire d’améliorer les infrastructures en raison de l’augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables, et il conviendra d’encourager davantage les investissements plutôt que de les entraver. Les réseaux de distribution sont essentiels pour intégrer de grandes quantités d’électricité verte; en conséquence, il est nécessaire de les étendre et de les numériser. Pour éviter les coûts échoués, ces décisions d’investissement doivent être mûrement réfléchies et planifiées de sorte à résister à l’épreuve du temps. |
| 3.16. | Les conditions actuelles du marché n’offrent aucune incitation au stockage du gaz durant l’été. Le CESE se félicite que la Commission range le stockage du gaz parmi les infrastructures critiques et soutient fermement la proposition de la Commission sur le stockage du gaz. Le CESE invite instamment les institutions à:
Sachant que les systèmes diffèrent d’un État membre à l’autre, il doit également être possible de satisfaire aux obligations en matière de stockage du gaz au moyen de carburants de substitution. |
| 3.17. | Le CESE se félicite de l’accélération annoncée du déploiement de l’hydrogène et des nouveaux objectifs en la matière (+ 15 millions de tonnes d’ici à 2030), mais estime qu’une approche réaliste s’impose. Il y a besoin de souplesse dans le déploiement (par exemple, de l’additionnalité), de pragmatisme en matière de soutien (et de décisions sur les PIIEC/les aides d’État le plus rapidement possible) et d’une suppression des contraintes inutiles susceptibles d’entraver les investissements. À cet égard, le CESE se félicite des annonces de la Commission concernant les délais de traitement des dossiers relatifs aux aides d’État (d’ici l’été). |
| 3.18. | Le CESE demande une nouvelle fois que l’on se donne pour objectif principal de placer les citoyens au cœur de l’union de l’énergie (2). Néanmoins, il convient d’adopter des mesures concrètes dans le cadre de la législation européenne afin de mettre ce concept en œuvre rapidement et de libérer l’Union de sa dépendance à l’égard de la Russie. La complexité de l’accès des consommateurs à leur propre production et au partage des énergies renouvelables entravent la protection de ces consommateurs contre la hausse des prix de l’énergie. Le CESE demande une évaluation des dispositions bureaucratiques existantes concernant l’installation et la commercialisation/l’auto-utilisation des énergies renouvelables et la suppression de tous les obstacles inutiles, afin de libérer tout le potentiel de l’énergie citoyenne et locale, en mettant l’accent sur les petites installations et les options de flexibilité. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le CESE invite la Commission européenne à créer un groupe de travail chargé de la surveillance permanente de la mise en œuvre du plan dans la pratique, de l’évaluation de sa faisabilité et des risques potentiels. Les circonstances étant susceptibles de changer radicalement, les objectifs de REPowerEU doivent être atteints et mis en œuvre avec succès pour des raisons stratégiques évidentes. |
| 4.2. | S’il est nécessaire d’agir d’urgence, il est également essentiel de poursuivre les investissements dans la recherche et l’innovation, en tenant dûment compte de la nécessité croissante de trouver des solutions pour gérer les risques et défis géoéconomiques, sociétaux et environnementaux liés à l’énergie. |
| 4.3. | Dans la communication REPowerEU, il est suggéré de porter la production de biométhane à 35 milliards de m3 (mmc) d’ici à 2030. Si cet objectif est bienvenu, il est très ambitieux; aussi le CESE plaide-t-il en faveur de mesures et d’incitations concrètes pour l’atteindre. |
| 4.4. | L’objectif pour les installations de pompes à chaleur devrait être le doublement de leur déploiement, soit deux millions de pompes à chaleur installées chaque année. Cela pourrait entraîner une baisse significative de la consommation de gaz pour le chauffage, d’environ 35 mmc d’ici 2030. Il convient d’étudier les moyens d’encourager un déploiement plus rapide des pompes à chaleur. Toutefois, il convient ce faisant de ne pas créer de problèmes de gestion des pics de consommation d’électricité dans toute l’Europe, et prendre également en considération les pompes à chaleur hybrides. Les infrastructures actuelles devront être modernisées au moyen de réseaux intelligents afin de répondre à la demande accrue d’électrification. |
| 4.5. | L’accélération des investissements nécessite un environnement d’investissement favorable et sûr. La proposition visant à accélérer les procédures d’octroi de permis est la bienvenue, mais il importe de ne pas compromettre la bonne consultation des parties prenantes. Dans le même temps, une augmentation rapide des investissements pose de nombreux défis qui doivent également être gérés, notamment la question de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et des matériaux et équipements nécessaires. |
| 4.6. | Il convient d’encourager les États membres à définir des zones «incontournables» appropriées pour accroître l’utilisation des énergies renouvelables. Il existe un potentiel de synergie inexploité en termes de déploiement des énergies renouvelables et de réalisation d’autres activités bénéfiques sur le plan social et économique, telles que la transition des friches industrielles ou la pleine exploitation du potentiel d’adoption des énergies renouvelables dans les secteurs résidentiel et commercial. |
Bruxelles, le 18 mai 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Avis du CESE sur le thème «Prix de l’énergie» (JO C 275 du 18.7.2022, p. 80).
Avis institutionnel — 52022AB0046
30/12/2022
Avis institutionnel — 52022AB0045
21/12/2022
Avis institutionnel — 52022AE1932R(01)
21/12/2022
Avis institutionnel — 52023AT40462(01)
20/12/2022