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AccueilDroit européen52022AE1849
Avis institutionnel52022AE1849

Avis institutionnel — 52022AE1849

CELEX52022AE1849
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 15 juin 2022

Texte intégral

23.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 365/66


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant les règles concernant l’exercice des droits dont dispose l’Union pour mettre en œuvre et faire appliquer l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique et de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part

[COM(2022) 89 final — 2022/0068 (COD)]

(2022/C 365/13)

Rapporteur:

Jack O’CONNOR (IE-II)

Consultation

Conseil de l’Union européenne, 22.3.2022

Parlement européen, 23.3.2022

Base juridique

Article 43 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (1) (pêche), articles 91 et 100 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (transports), articles 173, 182, 188 et 189 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (programmes de l’Union), article 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (politique commerciale commune) et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (Comité économique et social).

Décision de l’assemblée plénière

22.3.2022

Compétence

Section «Relations extérieures»

Adoption en section

12.5.2022

Adoption en session plénière

15.6.2022

Session plénière no

570

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

202/0/5

1. Conclusions et recommandations

1.1.

La proposition de règlement (2) habilite la Commission, au moyen d’actes d’exécution, à adopter et à appliquer certaines mesures pour l’exercice des droits de l’Union en vertu de l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (3) (accord de retrait) et de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part (4) (accord de commerce et de coopération).

1.2.

Les parties aux accords correspondants sont le Royaume-Uni et l’Union uniquement. Le CESE admet dès lors qu’il est tout à fait approprié que toute action soit engagée au niveau de l’Union en recourant aux procédures de comitologie, comme le prévoit la proposition de règlement.

1.3.

Le CESE convient que l’Union a besoin d’une procédure souple et efficace en cas de non-respect par le Royaume-Uni de l’accord de retrait et/ou de l’accord de commerce et de coopération.

1.4.

Le recours aux procédures de comitologie en tant que moyen d’habiliter la Commission à adopter et à appliquer certaines mesures en cas de violation ou de non-respect des accords correspondants semble pleinement justifié et est conforme aux principes de proportionnalité et de subsidiarité qui déterminent nécessairement l’action de l’Union européenne.

1.5.

Le CESE accueille favorablement la proposition de révision du règlement cinq ans après son entrée en vigueur et note que cela serait conforme aux dispositions similaires des accords concernés.

1.6.

Compte tenu de ce qui précède, le CESE soutient la proposition de règlement. En outre, le CESE maintient qu’il s’agit d’un excellent compromis interinstitutionnel pour faire face à toute éventualité résultant d’une violation ou du non-respect de l’accord de retrait et/ou de l’accord de commerce et de coopération.

2. Observations générales

2.1.

Le règlement proposé habilite la Commission européenne à adopter et à appliquer certaines mesures pour l’exercice des droits de l’Union en vertu des dispositions de l’accord de retrait et de l’accord de commerce et de coopération. Il vise à faciliter une réaction rapide et efficace en cas de violation ou de non-respect potentiel des dispositions des accords concernés par le Royaume-Uni.

2.2.

L’habilitation porte sur:

—

l’application de mesures temporaires visant à assurer le respect et/ou les mesures compensatoires autorisées par un tribunal d’arbitrage à la demande d’une partie en cas de mise en conformité inadéquate ou incomplète, ou de mesures appropriées au cas où l’autre partie ne coopérerait pas pour faciliter le recours à des procédures contraignantes de règlement des différends;

—

les mesures correctives au titre de l’accord de retrait en ce qui concerne l’absence d’ajout d’instruments pertinents du droit de l’Union au protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord et/ou de l’accord de commerce et de coopération en ce qui concerne les subventions, le transport routier et la pêche;

—

les mesures de rééquilibrage au titre de l’accord de retrait en ce qui concerne les mesures de sauvegarde adoptées par le Royaume-Uni en vertu du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord;

—

les mesures de rééquilibrage prévues par l’accord de commerce et de coopération, en ce qui concerne les mesures de sauvegarde qui créent un déséquilibre entre les droits et obligations découlant de l’accord de commerce et de coopération ou de tout accord complémentaire; ou en particulier en ce qui concerne les divergences dans les domaines du travail et de la protection sociale, environnementale ou climatique ou du contrôle des subventions;

—

les contre-mesures au titre de l’accord de commerce et de coopération (prises en réponse aux mesures de rééquilibrage prévues à l’article 411 de l’accord de commerce et de coopération);

—

les mesures de sauvegarde au titre de l’accord de retrait (si l’application du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord entraîne de graves difficultés économiques, sociétales ou environnementales susceptibles de persister, ou un détournement des échanges), et de l’accord de commerce et de coopération (en cas de graves difficultés économiques, sociétales ou environnementales de nature sectorielle ou régionale susceptibles de persister);

—

la suspension des obligations au titre de l’accord de commerce et de coopération en cas de violation ou de non-respect de certaines conditions, notamment en ce qui concerne les échanges de marchandises, le transport aérien, le transport routier, la pêche ou les programmes de l’Union, si le Royaume-Uni ne verse pas sa contribution financière ou s’il apporte des modifications importantes à certaines conditions initiales.

2.3.

Ces mesures devraient également s’appliquer à tout accord bilatéral complémentaire à l’accord de commerce et de coopération.

2.4.

Par sa décision relative à la conclusion de l’accord de commerce et de coopération, le Conseil a habilité la Commission à adopter la majorité des mesures énumérées au paragraphe 2, point 2 jusqu’à l’entrée en vigueur d’un acte législatif spécifique. Il était prévu que cette proposition soit proposée au plus tard le 31 mars 2022.

2.5.

Nonobstant l’accord de retrait, l’accord de commerce et de coopération couvre un large éventail de domaines, au-delà du commerce des biens et des services. Il s’agit notamment des investissements, de la concurrence, des aides d’État, de la transparence fiscale, du transport aérien et routier, de l’énergie et de la durabilité, de la pêche, de la protection des données et de la coordination de la sécurité sociale. Par conséquent, le règlement concernant le respect des règles du commerce (5) et les autres instruments existants ne couvrent pas pleinement le champ d’application de ce nouveau type d’accord. En conséquence, un nouvel instrument juridique doit être adopté. La proposition de règlement est une lex specialis en ce qui concerne les dispositions sectorielles du droit de l’Union dans la mesure où ces dispositions concernent le même objet.

2.6.

Les bases juridiques de la proposition sont:

—

l’article 43 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (6) (pêche);

—

l’article 91 et l’article 100 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (7) (transport);

—

les articles 173, 182, 188 et 189 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (8) (programmes de l’Union);

—

l’article 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (9) (politique commerciale commune);

—

l’article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (10) (Comité économique et social).

2.7.

L’accord de retrait et l’accord de commerce et de coopération sont les seuls instruments juridiques de l’Union à l’égard du Royaume-Uni. Par conséquent, seule l’Union peut agir en vertu du droit international. Toutefois, la proposition envisage l’adoption de mesures conformément au principe de subsidiarité énoncé à l’article 5 du traité sur l’Union européenne (11). La procédure d’examen du système de comitologie s’appliquerait, conformément au règlement (UE) No 182/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 établissant les règles et principes généraux relatifs aux modalités de contrôle par les États membres de l’exercice des compétences d’exécution par la Commission (12), étant donné que les mesures susceptibles d’être adoptées affecteraient presque certainement les États membres.

2.8.

La proposition prévoit un réexamen du règlement cinq ans après son entrée en vigueur. Cela serait conforme à la disposition similaire figurant dans l’accord de retrait et l’accord de commerce et de coopération.

2.9.

La proposition de règlement ne couvre pas les mesures relevant du champ d’application des politiques de l’Union dans le domaine de la liberté, de la sécurité et de la justice.

2.10.

Une proposition législative distincte régit l’adoption de mesures dans le domaine des programmes de recherche et de formation d’Euratom.

3. Observations particulières

3.1.

La proposition vise à créer un cadre permettant à l’Union de réagir efficacement et en temps utile en cas de violation ou de non-respect par le Royaume-Uni de l’accord de retrait et/ou de l’accord de commerce et de coopération.

3.2.

Étant donné que les accords relèvent uniquement de l’Union, il est clair que les mesures appropriées devraient être prises à ce niveau.

3.3.

Compte tenu des implications potentielles pour les États membres ainsi que de l’exigence d’une efficacité optimale, l’application de la procédure d’examen du système de comitologie est tout à fait logique et justifiée.

3.4.

Cette approche est pleinement conforme au principe de subsidiarité, étant donné que le système de comitologie permet aux États membres de contrôler les actes d’exécution délégués à la Commission.

3.5.

Il convient également de noter que les articles 7 et 8 du règlement (UE) No 182/2011 (13) permettent à la Commission, par dérogation aux procédures normales, d’adopter des actes d’exécution pour des raisons d’urgence (article 8) ou d’éventuelles perturbations significatives des marchés dans le domaine de l’agriculture (article 7), sans les soumettre au préalable au comité correspondant. Ce contournement de la procédure renforce la capacité de l’Union à réagir rapidement aux violations inattendues des accords, si nécessaire.

3.6.

Le Comité se félicite du large éventail de mesures prévues à l’article 1, paragraphe 2, de la proposition de règlement, ainsi que de leurs limites.

3.7.

Étant donné qu’il n’existe aucun précédent pour le retrait d’un État membre, la question de la cohérence avec la législation existante dans le domaine d’action ne se pose pas.

3.8.

Des critères clairs régissant la sélection des mesures sont exposés en détail à l’article 2, paragraphe 2, de la proposition de règlement. Le CESE reconnaît que la proposition de règlement satisfait aux exigences de proportionnalité et qu’elle n’excède pas ce qui est strictement nécessaire pour atteindre l’objectif consistant à garantir un exercice rapide et efficace de ces droits en cas de violation ou de non-respect potentiel des accords.

3.9.

Le CESE estime qu’il n’est pas nécessaire de procéder à une analyse d’impact compte tenu de la nature procédurale de la proposition de règlement.

3.10.

Le CESE se félicite de la proposition de révision du règlement après cinq ans et note qu’elle est justifiée car elle serait conforme aux dispositions similaires des accords correspondants.

3.11.

Compte tenu de ce qui précède, le CESE soutient la proposition de règlement. En outre, le CESE maintient qu’il s’agit d’un excellent compromis interinstitutionnel pour faire face à toute éventualité résultant d’une violation ou d’un non-respect de l’accord de retrait et/ou de l’accord de commerce et de coopération (ACC).

Bruxelles, le 15 juin 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Version consolidée du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (JO C 326 du 26.10.2012, p. 47).

(2) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52022PC0089

(3) JO C 384 I du 12.11.2019, p. 1.

(4) JO L 149 du 30.4.2021, p. 10.

(5) Règlement (UE) 2021/167 du Parlement européen et du Conseil du 10 février 2021 modifiant le règlement (UE) 654/2014 concernant l’exercice des droits de l’Union pour l’application et le respect des règles du commerce international (JO L 49 du 12.2.2021, p. 1).

(6) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR

(7) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR

(8) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR

(9) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR

(10) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:12012E/TXT&from=FR

(11) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A12012E%2FTXT

(12) JO L 55 du 28.2.2011, p. 13.

(13) JO L 55 du 28.2.2011, p. 13.


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