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Avis institutionnel — 52022AE2060

CELEX52022AE2060
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 13 juillet 2022

Texte intégral

22.11.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 443/58


Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Fiscalité de l’économie numérique»

(avis exploratoire à la demande de la présidence tchèque)

(2022/C 443/08)

Rapporteur:

Benjamin RIZZO

Corapporteur:

Petru Sorin DANDEA

Consultation

26.1.2022, lettre de Mikuláš BEK, ministre tchèque des affaires européennes

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section

1.7.2022

Adoption en session plénière

13.7.2022

Session plénière no

571

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

200/0/1

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Élaborer des principes et des règles adéquats en matière de fiscalité de l’économie numérique est devenu une tâche fondamentale tant pour l’Union européenne que pour d’autres régulateurs internationaux, le but étant de moderniser les politiques budgétaires et de les adapter aux besoins actuels et futurs.

1.2.

Le Comité économique et social européen (CESE) suggère qu’une fois qu’un accord international aura été conclu sur le premier pilier du cadre inclusif de l’OCDE/G20 relativement à la redistribution des droits d’imposition, les règles correspondantes soient mises rapidement en œuvre dans l’UE, en coordination avec d’autres grands partenaires commerciaux et dans le cadre d’une initiative simultanée avec eux.

1.3.

Le CESE estime que l’Union peut jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne la fiscalité de l’économie numérique. Toutefois, elle devrait jouer ce rôle dans le cadre d’un accord international conclu par l’OCDE/G20, comme cela a déjà été le cas pour le deuxième pilier relativement au mécanisme de lutte contre l’érosion de la base d’imposition.

1.4.

Le CESE estime qu’il est essentiel que ces deux piliers soient mis en œuvre au sein de l’Union dès que cela sera possible, en atteignant un degré élevé de cohérence avec l’accord international qui sera négocié au sein de l’OCDE/G20. Les premier et deuxième piliers devraient être considérés comme un ensemble de mesures réglementaires globales et mutuellement intégrées.

1.5.

Le CESE note qu’une initiative législative européenne relative à la fiscalité de l’économie numérique pourrait grandement bénéficier au marché intérieur, ce qui permettrait sans aucun doute de créer un cadre plus efficace que des initiatives nationales distinctes. L’introduction de règles non coordonnées et distinctes par les États membres accroîtrait la fragmentation dans l’ensemble de l’Union, en induisant une incertitude fiscale et en entravant la compétitivité.

1.6.

Le CESE encourage la conclusion d’un accord international portant sur le premier pilier, visant à mettre en place un système fiscal efficace, respectueux des principes de neutralité et d’égalité de traitement et propre à, d’une part, préserver le potentiel d’innovation que revêt l’économie numérique, et, de l’autre, veiller à ce que les entreprises hautement numérisées apportent leur juste contribution aux budgets nationaux.

1.7.

Le CESE plaide en faveur d’un accord international sur le premier pilier qui s’abstienne, dans la mesure du possible, de proposer des règles trop complexes et vise à assurer la transparence, la prévisibilité et la simplification administrative, tout en maintenant les coûts de mise en conformité à un niveau modique. Un système trop complexe pourrait en effet créer des occasions de contourner les nouvelles règles convenues, réduisant ainsi leur efficacité.

1.8.

Le CESE souligne qu’une législation fiscale internationale sur les entreprises numériques conçue de manière appropriée est essentielle pour prévenir la fraude fiscale et les pratiques d’évasion fiscale, ainsi que pour concevoir un système d’imposition juste, stable et progressif. Il est fondamental de créer des conditions équitables dans le domaine de l’imposition des bénéfices des sociétés, dès lors que, ces dernières années, des entreprises ont pu faire usage de règles fiscales spécifiques dans certains États membres, réduisant ainsi substantiellement leur taux effectif d’imposition.

1.9.

Le CESE estime qu’un cadre réglementaire approprié destiné à imposer l’économie numérique devrait tenir compte de la forte dépendance à l’égard des actifs incorporels induite par la numérisation. Ces actifs ont considérablement accru la capacité des entreprises à développer d’importantes activités commerciales dans une juridiction sans y être physiquement présentes.

1.10.

Le CESE souligne que les entreprises numériques exploitent souvent les données des utilisateurs pour générer de la valeur. Ce mode de création de valeur n’est pas pris en compte par les systèmes fiscaux actuels, ce qui entraîne une inadéquation entre la création de valeur et l’imposition. Cette question spécifique devrait être dûment traitée dans le cadre du premier pilier.

1.11.

Le CESE rappelle qu’il reste essentiel d’adopter une approche qui évitera les risques de double imposition ainsi que de non-imposition involontaire dans aucune juridiction, en réduisant au minimum les coûts de mise en conformité pour les entreprises européennes. À cet égard, l’accord sur le premier pilier et les règles visant à sa transposition devraient harmoniser les différentes initiatives déjà prises par des États membres, en évitant les divergences et les failles juridiques.

1.12.

Le CESE espère sincèrement qu’un accord viable sur le premier pilier pourra être conclu dès que possible, tant au niveau international qu’à celui de l’UE, et il déplore les contraintes persistantes qui empêchent la finalisation d’un accord si fondamental.

2. Contexte essentiel

2.1.

Les règles internationales actuelles en matière d’impôt sur les sociétés reposent sur des principes qui ont été élaborés au début du 20e siècle et ont connu des adaptations partielles au fil du temps. Elles ne répondent plus aux besoins d’aujourd’hui et ne sont pas adaptées à une économie de plus en plus mondialisée et numérisée. Cela signifie que les recettes fiscales ne sont pas réparties de manière équitable entre les pays et que les pratiques fiscales dommageables peuvent se poursuivre, au détriment des finances publiques et de la concurrence loyale.

2.2.

Par conséquent, élaborer des principes et des règles adéquats en matière de fiscalité de l’économie numérique est devenu une tâche fondamentale tant pour l’Union européenne que pour d’autres régulateurs dans le monde, en vue de moderniser les politiques budgétaires et de les adapter aux besoins actuels et futurs.

2.3.

Le cadre inclusif OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) repose sur une solution à deux piliers destinée à relever les défis fiscaux découlant d’une économie de plus en plus numérisée et mondialisée.

2.4.

Le premier pilier vise à garantir une répartition plus équitable des bénéfices et des droits d’imposition entre les pays en ce qui concerne les entreprises multinationales les plus grandes, et tout particulièrement les entreprises numériques. Il consistera principalement à exiger des entreprises multinationales qu’elles paient une partie de leurs impôts sur leurs revenus là où se trouvent leurs consommateurs et utilisateurs, créant ainsi un lien entre les bénéfices et les lieux où se trouvent les utilisateurs et consommateurs correspondants.

2.5.

L’accord de réaffectation des bénéfices au titre du premier pilier prévoit la suppression et la suspension des taxes sur les services numériques (TSN) et d’autres mesures similaires pertinentes, mettant fin aux tensions commerciales résultant de l’instabilité du système fiscal international.

2.6.

Le deuxième pilier vise à faire en sorte que les grandes multinationales, en particulier celles qui sont numérisées, paient un taux d’imposition effectif minimal de 15 % sur les sociétés, en établissant un cadre réglementaire capable de décourager le transfert de bénéfices et apte à empêcher une concurrence fiscale dommageable entre les juridictions. Ainsi, il sera possible de lever effectivement la limitation de la concurrence en ce qui concerne l’impôt sur les sociétés, ce qui permettra d’atteindre un taux minimum mondial d’imposition des sociétés, utilisé par les pays pour protéger leurs assiettes fiscales. Le CESE, regrettant qu’un consensus final n’ait pas encore été atteint, demande instamment à tous les États membres de parvenir rapidement à un accord politique sur ces règles.

2.7.

Un accord international portant sur le deuxième pilier et le cadre inclusif a été conclu au sein du forum de l’OCDE/G20, et le processus de transposition de ces deux instruments a été dûment lancé par les institutions de l’UE, sous la forme d’une proposition de directive qui est actuellement en cours d’examen au Conseil (1).

2.8.

Un consensus international commun à cet égard est toujours en cours de recherche au sein de l’OCDE/du G20, comme l’a confirmé la récente consultation de l’OCDE sur le premier pilier, qui entend recueillir des retours d’information du public sur les projets de règles, même si ces dernières ne reflètent pas le consensus existant sur le fond du document (2).

2.9.

En 2018, la Commission européenne a publié une proposition législative sur la taxation de l’économie numérique, laquelle n’a pas eu de suite, principalement en raison de l’absence de consensus international largement partagé sur les règles à mettre en œuvre au titre du premier pilier.

2.10.

Entre-temps, les institutions de l’UE ont approuvé la législation sur les marchés numériques, dont l’objectif est de réglementer la structure concurrentielle de ces marchés. À cet égard, l’UE a adopté une approche réglementaire originale et globale, qui diffère de celles adoptées par d’autres grands blocs commerciaux, tels que les États-Unis, la Chine et d’autres pays émergents.

2.11.

Le CESE estime que, à l’instar de ce qui s’est produit pour la législation sur les marchés numériques, l’UE peut également jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne la fiscalité de l’économie numérique. Toutefois, elle devrait jouer ce rôle dans le cadre d’un accord international conclu par l’OCDE/G20, comme cela a déjà été le cas pour le deuxième pilier.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE est fermement convaincu que, dans le contexte de la numérisation de l’économie, toute modification des règles de répartition des droits d’imposition des bénéfices entre les pays doit être coordonnée au niveau mondial, afin de mieux tirer profit des avantages de la mondialisation, par le biais d’une gouvernance et de règles mondiales qui soient appropriées et efficaces. Par conséquent, les solutions concrètes élaborées doivent résulter d’un vaste accord international associant le plus grand nombre possible de juridictions fiscales. Par ailleurs, il convient de prendre dûment en considération les différentes incidences et implications des nouvelles règles sur, respectivement, les petits États membres et les grands États membres.

3.2.

Le CESE dit apprécier l’évolution significative de l’économie induite par la numérisation et ses effets positifs sur notre société, ainsi que le potentiel considérable que revêt la numérisation pour ce qui est de donner aux administrations fiscales les moyens d’agir, en tant qu’outil permettant de fournir de meilleurs services aux budgets nationaux et aux citoyens. L’UE sera tenue d’aider et de coordonner les autorités fiscales des États membres pour qu’elles puissent faire face au nouveau régime et à un contexte économique en mutation rapide.

3.3.

Le CESE souscrit à la conclusion du rapport final de l’OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices de 2015 concernant l’action 1, selon laquelle l’économie numérique tend à devenir l’économie elle-même. La manière dont de nombreuses entreprises se sont numérisées au fil des ans est impressionnante, et ce processus s’est accéléré au cours des récents confinements liés à la pandémie de COVID-19. Cette tendance crée souvent une séparation entre les bénéfices considérables réalisés par les plateformes numériques et les lieux physiques où se trouvent les utilisateurs-payeurs et consommateurs qui leur sont liés. Dans l’avenir, il sera souhaitable d’appréhender ce phénomène également sous l’angle des obligations en matière de sécurité sociale.

3.4.

Le CESE suggère qu’une fois qu’un accord international aura été conclu sur le premier pilier du cadre inclusif de l’OCDE/G20, établissant un équilibre entre les différentes positions exprimées jusqu’à présent, ce pilier, tout comme cela a été le cas pour le deuxième pilier antérieurement, soit lui aussi mis rapidement en œuvre dans l’UE, en coordination avec d’autres grands partenaires commerciaux, de manière à consolider le marché intérieur conformément aux articles 113 à 115 du traité.

3.5.

Le CESE estime qu’il est essentiel que l’un et l’autre de ces deux piliers soient mis en œuvre au sein de l’Union dès que cela sera possible et avec un degré élevé de cohérence avec l’accord international négocié au sein de l’OCDE/G20. Les premier et deuxième piliers devraient être considérés comme un ensemble de mesures réglementaires globales et mutuellement intégrées, à déployer rapidement dans l’ensemble de l’UE.

3.6.

Le CESE note qu’une initiative législative européenne relative à la fiscalité de l’économie numérique pourrait grandement bénéficier au marché intérieur, ce qui permettrait sans aucun doute de créer un cadre plus efficace que des initiatives nationales distinctes. L’introduction de règles non coordonnées et distinctes par les États membres, suivant des principes et des critères différents en matière de fiscalité, accroîtrait la fragmentation dans l’ensemble de l’Union, en induisant une incertitude fiscale et en entravant la compétitivité. Le CESE encourage la mise en place d’un mécanisme de règlement des différends visant à permettre aux États membres de résoudre les problèmes qui pourraient se poser.

3.7.

Il conviendrait que l’accord international portant sur le premier pilier vise à mettre en place un système fiscal efficace, respectueux des principes de neutralité et d’égalité de traitement et propre à: 1) d’une part, préserver le potentiel d’innovation que revêt l’économie numérique, et, 2) de l’autre, veiller à ce que les entreprises hautement numérisées apportent leur juste contribution aux budgets nationaux et à la société.

3.8.

Le CESE plaide en faveur d’un accord international sur le premier pilier qui s’abstienne, dans la mesure du possible, de proposer des règles trop complexes et vise à assurer la transparence, la prévisibilité et la simplification administrative, tout en maintenant les coûts de mise en conformité à un niveau modique. Un système trop complexe pourrait en effet créer des occasions de contourner les nouvelles règles convenues, réduisant ainsi leur efficacité.

3.9.

Le CESE souligne qu’une législation fiscale internationale sur les entreprises numériques conçue de manière appropriée est efficace pour prévenir la fraude fiscale et les pratiques d’évasion fiscale, ainsi que pour concevoir un système d’imposition juste, progressif, stable et efficace.

3.10.

Le CESE souligne que le deuxième pilier, quant à lui, introduira effectivement les deux règles nationales à imposer, et plus particulièrement:

A.

des réglementations nationales imbriquées (le règlement global de lutte contre l’érosion de la base d’imposition), comprenant: 1) une règle d’inclusion du revenu (RII) qui impose un impôt supplémentaire sur une entité mère au titre des revenus faiblement imposés d’une entité constitutive; et 2) une règle relative aux paiements insuffisamment imposés (RPII) qui refuse les déductions ou exige un ajustement équivalent dans la mesure où le revenu à faible imposition d’une entité constitutive n’est pas soumis à l’impôt en vertu d’une règle d’inclusion du revenu;

B.

une règle fondée sur les traités (la règle d’assujettissement à l’impôt) qui permet aux juridictions de la source d’imposer un prélèvement à la source limité à certaines parties liées soumises à un impôt inférieur à un taux minimal.

4. Observations particulières

4.1.

Le CESE souligne qu’il est essentiel de créer des conditions équitables dans le domaine de l’imposition des bénéfices des sociétés. Ces dernières années, des entreprises ont pu faire usage de règles fiscales spécifiques dans certains États membres, réduisant ainsi leur taux effectif d’imposition. Le manque de transparence a contribué à ce résultat, et plusieurs affaires sensibles ont impliqué des multinationales actives dans le domaine des services numériques.

4.2.

Le CESE estime qu’un cadre réglementaire approprié destiné à taxer l’économie numérique devrait tenir compte de la forte dépendance à l’égard des actifs incorporels induite par la numérisation. Ces actifs ont considérablement accru la capacité des entreprises à développer d’importantes activités commerciales dans une juridiction sans y être physiquement présentes. Les règles et principes internationaux actuels en matière d’impôt devraient être adaptés à ce nouveau contexte économique.

4.3.

Le CESE souligne que les entreprises numériques sont fortement tributaires des actifs incorporels pour la création de contenus, et en particulier pour l’utilisation et l’exploitation des données des utilisateurs afin de générer de la valeur. Ce mode de création de valeur n’est pas pris en compte par les systèmes fiscaux actuels, ce qui entraîne une inadéquation entre la création de valeur et l’imposition. Cette question spécifique devrait être dûment traitée dans le cadre du premier pilier.

4.4.

Le CESE rappelle qu’il est de la plus haute importance d’adopter une approche qui évitera les risques de double imposition ainsi que de non-imposition involontaire dans aucune juridiction et réduira au minimum les coûts de mise en conformité pour les entreprises européennes. À cet égard, l’accord sur le premier pilier et les règles visant à sa transposition devraient harmoniser les différentes initiatives déjà prises par les États membres, étant donné que ces différences pourraient entraîner des divergences et des failles juridiques.

4.5.

Le CESE rappelle que l’un des principaux facteurs qui sous-tendent et motivent la tentative complexe de parvenir à un consensus mondial sur la proposition de l’OCDE relative au premier pilier est la prolifération des taxes numériques unilatérales et la possibilité connexe pour de multiples juridictions de revendiquer des droits d’imposition sur les mêmes bénéfices, suivant des modalités différentes qui se chevauchent parfois.

4.6.

Par conséquent, le premier pilier devrait garantir la suppression des taxes nationales sur les services numériques et prévoir d’autres mesures similaires applicables aux entreprises. Ce point est essentiel pour garantir le consensus de plusieurs grandes juridictions sur le premier pilier et éviter les nouvelles règles qui pourraient, à l’avenir, être contestées comme «discriminatoires» dans le cadre des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec des conséquences non souhaitées du point de vue du commerce international.

4.7.

Le CESE espère sincèrement qu’un accord international viable sur le premier pilier pourra être conclu dès que possible, et il déplore les contraintes persistantes qui empêchent la finalisation d’un tel accord.

4.8.

Le CESE estime qu’une fois les premier et deuxième piliers mis en œuvre, les services fournis via des plateformes utilisées par les consommateurs européens doivent être pleinement intégrés au système de TVA, en tant que composante essentielle pour résoudre les questions fiscales liées à l’économie numérique. Il convient de noter que les clients des outils de communication numériques et des réseaux sociaux accèdent à ces services apparemment gratuitement, ce qui pose la question de savoir comment la TVA pourrait leur être raisonnablement appliquée. Les recettes de TVA représentent une ressource propre inscrite au budget de l’Union, et le CESE estime qu’il est primordial d’inclure aussi les services numériques dans la base d’imposition.

4.9.

Le CESE estime nécessaire de parvenir à un équilibre raisonnable dans la nouvelle répartition des impôts sur les bénéfices des sociétés entre les pays exportateurs nets et les pays importateurs nets, ainsi qu’entre les pays des producteurs et ceux des consommateurs, afin de ne pas compromettre, entre autres, la réalisation des objectifs sociaux et environnementaux des différents pays.

4.10.

Le CESE note que la numérisation est non seulement un défi, mais qu’elle crée également des opportunités pour les autorités fiscales. Un grand nombre de données de tiers mises à la disposition des autorités fiscales permet d’automatiser davantage de déclarations, ce qui permet aux deux parties d’économiser du temps et de l’argent. La collecte de données peut également être utilisée pour lutter contre la sous-déclaration, l’évasion ou la fraude. Les solutions logicielles utilisées par plusieurs administrations fiscales, qui répertorient les données de vente au moment de la transaction (et permettent de les transmettre directement aux autorités fiscales), ont déjà permis une hausse significative des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de certains pays.

4.11.

Enfin, pour apporter un approfondissement et des informations plus détaillées sur certains aspects spécifiques, le CESE attire l’attention sur son avis relatif au paquet législatif «Lutte contre le blanchiment de capitaux» (3) ainsi que sur ses deux avis portant sur la lutte contre l’évasion fiscale: «Fiscalité des entreprises pour le XXIe siècle» (4) et «Lutter contre le recours aux entités écrans» (5).

Bruxelles, le 13 juillet 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Voir l’avis du CESE sur «L’imposition minimale effective des entreprises (JO C 290 du 29.7.2022, p. 52).

(2) OECD Consultation on the Draft Rules for Nexus and Revenues Sourcing Under Pillar 1 — Amount A, 4 février 2022.

(3) Avis du CESE sur le paquet législatif «Lutte contre le blanchiment de capitaux» (JO C 152 du 6.4.2022, p. 89).

(4) Avis du CESE sur la «Fiscalité des entreprises pour le XXIe siècle» (JO C 275 du 18.7.2022, p. 40).

(5) Avis du CESE sur le thème «Lutter contre le recours aux entités écrans» (JO C 290 du 29.7.2022, p. 45).


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