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Avis institutionnel52022AE2844

Avis institutionnel — 52022AE2844

CELEX52022AE2844
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 13 juillet 2022

Texte intégral

22.11.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 443/101


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «COVID-19 — Soutenir la préparation et la réaction de l’UE: envisager l’avenir»

[COM(2022) 190 final]

(2022/C 443/14)

Rapporteure générale:

Sára FELSZEGHI

Consultation

Commission européenne, 28.6.2022

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en session plénière

13.7.2022

Session plénière no

571

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

199/0/4

1. Conclusions et recommandations

1.1.

La pandémie de COVID-19 a causé et continue de causer des dommages considérables qui affectent aussi bien le quotidien des citoyens que la santé, les économies nationales et la société. L’expérience et les enseignements tirés de celle-ci, ainsi que les recherches en la matière, permettent au Comité économique et social européen (CESE) de proposer des solutions à long terme qui rendront l’Union européenne (UE) plus apte à faire face de manière durable aux menaces sanitaires liées à la COVID-19, mais aussi à d’autres maladies infectieuses, ainsi qu’à renforcer et améliorer la réaction commune des États membres et la coordination au niveau mondial.

1.2.

Le CESE estime que l’UE devrait développer à cette fin une capacité de réaction immédiate, y compris en exploitant et en utilisant les instruments existants, pour être prête à réagir immédiatement face à l’émergence de nouveaux variants ou d’une autre pandémie. Il recommande de concevoir une stratégie qui, en intégrant les spécificités nationales de chaque État membre et en réorientant les lignes de force dans une même direction, nous permettra de disposer d’une boîte à outils élaborée, couvrant tous les aspects de la prévention (vaccination, mesures sanitaires de prévention, éducation, communication, etc.), de la guérison (médicaments, prise en charge des patients, rééducation médicale, soins, etc.), de la réinsertion (professionnelle, scolaire) et des soins (avec une attention particulière pour les personnes souffrant de la COVID longue), et garantissant l’accès aux ressources économiques existantes et futures.

1.3.

La vaccination est l’un des piliers de la prévention. Au sein de la chaîne épidémiologique (source d’infection, voie de transmission, organisme réceptif), elle permet de bloquer simultanément deux maillons importants (la source d’infection et l’organisme réceptif). Il est donc indispensable d’analyser cette stratégie en continu et d’y intégrer les éléments nouveaux au cours de sa mise en œuvre. Après avoir surmonté les difficultés initiales, l’UE et la plupart des États membres disposent aujourd’hui d’une stratégie de vaccination. La stratégie de l’UE en matière de vaccins a permis d’avoir accès à des vaccins sûrs et efficaces en nombre suffisant pour tous. Toutefois, dans plusieurs États membres, les taux de couverture vaccinale stagnent et/ou restent en dessous du seuil optimal (1). Le risque est également accru par la moindre efficacité du vaccin chez les personnes qui n’ont pas encore reçu de dose de rappel (dont environ 9 millions de personnes âgées de 60 ans et plus) (2).

1.4.

Le CESE estime que cette situation peut s’expliquer, notamment, par une diminution de la vigilance, par un manque d’efficacité des campagnes d’information et d’éducation et par la désinformation. Il recommande dès lors de renforcer la communication tant dans l’UE que dans les États membres, de détecter la désinformation à un stade précoce et d’adopter les contre-mesures qui s’imposent, ainsi que de garantir la mise au point et l’acquisition de nouveaux vaccins complexes qui, ensemble, permettront de protéger à la fois contre les nouveaux variants et les pluri-infections (par exemple, COVID-19 et grippe).

1.5.

Puisque nous sommes confrontés à une pandémie mondiale, nous ne pouvons limiter nos réflexions aux seuls États membres de l’UE en matière de mesures de vaccination. Le CESE soutient donc avec force les efforts déployés par l’UE et certains États membres pour soutenir, conformément au principe de solidarité («Équipe Europe»), les pays partenaires (3) et l’Union africaine (comme annoncé lors du sommet de février 2022), non seulement dans le domaine de la vaccination, mais aussi dans la gestion des conséquences sanitaires et socio-économiques de la pandémie.

1.6.

Un autre élément important des mesures de lutte contre la pandémie est la définition et la mise en œuvre des missions de santé publique par les différents États membres, qui s’inscrivent dans le cadre des mesures d’atténuation des risques. Le CESE estime que les institutions de l’UE devraient jouer à cet égard un rôle majeur de coordination et d’orientation technique, afin de renforcer la mise en œuvre et l’efficacité des missions de santé publique et de garantir un système de protection résilient.

1.7.

Face à la baisse d’intensité du risque épidémique, les différents pays ont modifié leurs stratégies de dépistage. Les tests sont effectués sur les personnes présentant des symptômes d’infection par la COVID-19 et leurs contacts directs, les personnes exposées à un risque de maladie grave et celles qui sont en contact régulier avec des groupes vulnérables de la population (telles que les travailleurs du secteur de la santé ou des services sociaux). Étant donné que cette approche réduit le nombre de personnes testées, l’interprétation des données épidémiologiques s’en trouvera probablement compliquée. Parallèlement à ces stratégies de dépistage révisées, il importe donc également de garantir la fiabilité des tests et la représentativité sur le plan épidémiologique, afin de fournir des points de référence utiles sur les tendances épidémiologiques qui permettront de réagir rapidement.

1.8.

Les différents États membres utilisent des tests rapides de détection d’antigènes pour renforcer encore leur capacité globale de dépistage, en particulier lorsque les capacités sont limitées en ce qui concerne les tests PCR ou lorsque des résultats plus rapides sont nécessaires pour répondre à des besoins cliniques. Le comité de sécurité sanitaire de l’UE a établi un groupe de travail technique spécialisé chargé de réexaminer et de mettre à jour régulièrement une liste commune de l’UE des tests rapides de détection d’antigènes répondant à des critères de performance spécifiques pour la détection du SARS-CoV-2 (4), afin de garantir la réduction du nombre de faux positifs et de faux négatifs parmi les résultats (ce qui est important pour pouvoir dresser un tableau réaliste de la situation épidémiologique et pour accroître l’efficacité des mesures de lutte contre la pandémie) ainsi qu’une détection fiable des infections causées par de nouvelles mutations.

1.9.

Parmi les autres mesures de lutte contre l’épidémie, il convient d’insister particulièrement sur l’importance de la ventilation. On ne soulignera jamais assez l’importance d’une ventilation naturelle fréquente: il suffit d’y prêter attention, elle est simple à mettre en œuvre. Il en va tout autrement de la ventilation à l’intérieur des bâtiments. Si le système de ventilation ne peut pas être désinfecté de manière efficace ou si la ventilation n’est pas suffisante, le SARS-CoV-2 se transmet principalement dans les espaces intérieurs (par exemple, les bureaux, les lieux de travail, les établissements d’enseignement, les centres commerciaux, etc.). Par conséquent, les États membres devraient envisager l’utilisation de dispositifs équipés de filtres de haute qualité (5), en particulier dans les lieux mentionnés ci-dessus. Ils doivent à cette fin consentir des efforts supplémentaires (en matière d’innovation technique et de ressources financières). La pandémie faiblissant en intensité, la plupart des États membres ont supprimé le port du masque obligatoire (sauf dans les établissements de santé). Néanmoins, le CESE recommande, en particulier aux groupes vulnérables (les plus de 60 ans, les personnes atteintes de maladies chroniques, les personnes non vaccinées, etc.) de continuer, dans les endroits plus fréquentés, les salles mal aérées, les transports publics, etc., à porter un masque, à respecter les distances et à se désinfecter les mains, ce qui réduirait le risque d’infection et la probabilité d’une résurgence de l’épidémie.

1.10.

Le CESE approuve et soutient le point de vue des experts selon lequel l’objectif de la surveillance épidémiologique ne devrait plus être de recenser et de notifier tous les cas, mais plutôt de fournir des estimations fiables de l’intensité de la transmission communautaire, de l’incidence des formes graves de la maladie et de l’efficacité des vaccins. En tirant parti de la numérisation des informations sur la santé, les États membres devraient élaborer des stratégies visant à rétablir des systèmes de surveillance sentinelle (6) axés sur les infections respiratoires aiguës et reposant sur les soins primaires et secondaires, et les compléter par le renforcement d’autres systèmes de surveillance, par exemple la surveillance des eaux usées. Pour pouvoir interpréter ces données, il est essentiel de définir dès que possible les critères d’un système de notification unique, qui relève de la responsabilité partagée de l’UE et des États membres.

1.11.

Pour que les citoyens des États membres acceptent les mesures visant à lutter contre la pandémie et y participent activement, il est important de comprendre les liens de causalité. Le CESE recommande la mise en place d’un système éducatif couvrant le réseau de santé, l’enseignement scolaire, l’éducation sur le lieu de travail et les médias. Il appartient non seulement aux États membres, mais aussi à l’UE et l’OMS, de préparer le matériel pédagogique nécessaire. Cela permettrait d’augmenter considérablement la couverture vaccinale et la coopération de la population en matière de prévention de l’épidémie et réduirait la probabilité que les fausses informations se propagent et soient considérées comme vraies.

1.12.

Certains acteurs ont exploité la pandémie, par la manipulation de l’information et l’ingérence, y compris la désinformation, pour alimenter et attiser, à leur profit, les sentiments d’insécurité, les craintes et les inquiétudes réelles des citoyens, mettant ainsi leur vie en danger et, surtout, nuisant à l’efficacité de la réaction à la pandémie et ébranlant la confiance du public dans les institutions chargées de faire face à la pandémie de COVID-19. Outre les mesures prises jusqu’à présent par l’Union et ses États membres, le CESE recommande aux États membres de mettre en place un système d’observation et de certification qui, outre la détection des fausses informations, «labelliserait» les informations validées par les experts de manière à en certifier l’authenticité et la véracité; ces informations devraient faire l’objet d’une communication solide afin que les citoyens des États membres puissent en prendre connaissance, notamment dans leur langue maternelle.

1.13.

Soigner la COVID-19 est une tâche complexe: cela implique non seulement un traitement médicamenteux, mais aussi les soins aux patients et leur prise en charge, la rééducation médicale et la réinsertion professionnelle, ainsi que les soins de longue durée. Le CESE recommande l’élaboration de documents techniques (lignes directrices) reprenant tous les éléments du traitement et dont une version actualisée en permanence serait disponible en ligne (dans les langues officielles de chaque État membre).

1.14.

Parmi ces éléments, outre le traitement proprement dit, la réadaptation et la réinsertion sont l’une des clés de la santé et du bien-être des jeunes et des travailleurs. Le succès de la réinsertion professionnelle/scolaire est garanti, respectivement, par le service de médecine du travail et celui de santé scolaire, dans la mesure où ils personnalisent le parcours sur la base de la charge de travail et des exigences, réduisant ainsi considérablement le nombre de jours de maladie et l’absentéisme, accélérant le processus de réadaptation et facilitant la réinsertion. Le CESE recommande dès lors que le patient, après sa rééducation en institution, puisse bénéficier d’une réadaptation et d’une réinsertion organisées par le service de médecine du travail ou de santé scolaire; il convient de créer, au niveau de chaque État membre, le contexte juridique et matériel d’une réadaptation et d’une réinsertion réussies qui soient le fruit d’une coopération entre l’employeur (mise en place des conditions de travail nécessaires), le service de médecine du travail ou de santé scolaire (garants d’un contexte professionnel personnalisé pour la réinsertion) et le travailleur (en tant que participant actif), ce qui apportera également des avantages considérables en matière de santé publique et du point de vue économique, tant aux États membres qu’à l’Union.

1.15.

La COVID-19 est une maladie complexe, ayant une incidence directe et indirecte sur la santé. Bien que nous n’en connaissions pas encore tous les effets, nous savons que c’est une maladie inflammatoire touchant presque tous les organes (cœur, poumons, cerveau, appareil locomoteur, reins, organes digestifs, etc.), dans le cadre de laquelle les patients continuent de présenter des symptômes pendant des semaines, voire des mois après avoir guéri de la phase aiguë de la maladie — ce qu’on appelle la «COVID longue». Ces personnes ont besoin de soins et de rééducation spécialisés. Le CESE recommande que, parallèlement au soutien (professionnel et économique) de l’UE, chaque État membre facilite la mise à disposition, dans le cadre de la médecine du travail, de services de santé mentale préventifs (spécialistes de la santé mentale ou psychologues, en fonction de la législation en vigueur sur son territoire) aisément accessibles au personnel, afin de contribuer à la réadaptation des personnes souffrant de maladies mentales (détérioration des capacités cognitives, capacité d’apprentissage réduite et divers degrés de dépression). Une telle approche se justifie d’autant plus que les maladies mentales ne surviennent pas seulement en cas de «COVID longue»: les circonstances découlant de la pandémie (confinement, insécurité, peur, solitude, etc.) peuvent aussi provoquer une dépression, entraînant souvent des addictions, voire, dans les cas les plus graves, des suicides, avec des conséquences majeures au niveau de la santé publique ainsi que sur le plan économique et sociétal.

1.16.

Les États membres de l’UE ne disposent pas tous de la même puissance économique. Afin d’assurer la durabilité, l’efficacité et la coordination tant au sein des systèmes de santé et de santé publique que dans l’industrie de la santé, le CESE recommande que la stratégie technique s’accompagne de ressources financières spécifiques de l’UE (en plus des fonds existants), qui permettront la mise en place de systèmes de protection efficaces, durables et résilients de même niveau.

2. Résumé de la position adoptée

La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions multiples et profondes sur la santé publique, nos systèmes de santé, nos économies et l’ensemble de notre mode de vie. Les propositions du Comité figurant dans le chapitre intitulé Conclusions et recommandations s’inscrivent dans la continuité des mesures de l’Union visant à réduire les risques et continueront de favoriser la durabilité, l’efficacité et la résilience du système. Le CESE estime que le recul de la pandémie n’est que temporaire; bien que l’allègement des mesures de réduction des risques soit d’une grande utilité, en particulier pour les citoyens, les systèmes de santé et les acteurs économiques, nous devons nous préparer à un rebond éventuel, et il est dès lors indispensable de ne pas baisser la garde. Le CESE espère que l’adoption de ses propositions renforcera encore la capacité de l’UE et des États membres à prévenir les crises sanitaires, à s’y préparer et à y réagir, à gérer durablement les risques sanitaires liés non seulement à la COVID-19, mais aussi à d’autres maladies transmissibles, ainsi qu’à renforcer et à améliorer la réaction des États membres et la coordination entre eux et au niveau mondial.

3. Modifications suggérées par rapport aux propositions à l’examen

3.1.

En plus de la stratégie existante et dans le but d’en étendre la portée, il importe que les institutions de l’UE conçoivent une stratégie complexe qui, en intégrant les spécificités nationales de chaque État membre et en réorientant les lignes de force dans une même direction, nous permettra de disposer d’une boîte à outils élaborée, couvrant tous les aspects de la prévention (vaccination, mesures sanitaires préventives, éducation, communication, etc.), de la guérison (médicaments, prise en charge des patients, rééducation médicale, soins, etc.), de la réinsertion (professionnelle, scolaire) et des soins (avec une attention particulière pour les personnes souffrant de la COVID longue), et garantissant l’accès aux ressources économiques existantes et futures.

3.2.

Le Comité recommande de renforcer la communication et les médias tant dans l’UE que dans les États membres, de détecter la désinformation à un stade précoce et d’adopter les contre-mesures qui s’imposent, ainsi que de garantir la mise au point et l’acquisition de nouveaux vaccins complexes qui, ensemble, permettront de protéger à la fois contre les nouveaux variants et les pluri-infections (par exemple, COVID-19 et grippe).

3.3.

Afin de prévenir la désinformation, il y a lieu de mettre en place un système d’observation et de certification qui, en plus de détecter les fausses informations, attribuerait aux informations certifiées par des professionnels un label, prouvant ainsi leur crédibilité et leur véracité au bénéfice de l’ensemble des citoyens de l’Union.

3.4.

Les institutions de l’UE et le CESE devraient jouer un rôle important de coordination et soutenir le processus visant à renforcer la mise en œuvre et l’efficacité des missions de santé publique et à garantir un système de protection résilient, en fournissant des orientations techniques et en garantissant l’information simultanée et adéquate de la société civile.

3.5.

Il convient de prévoir des ressources financières spécifiques (élargir les sources de financement existantes) afin d’éliminer les déséquilibres économiques dans le domaine de la protection de la santé.

3.6.

Le CESE recommande la mise en place dans l’ensemble des États membres d’un système éducatif couvrant le réseau de santé, l’enseignement scolaire, l’éducation sur le lieu de travail et les médias. S’il appartient aux États membres de préparer le matériel pédagogique nécessaire à cette fin, l’UE et l’OMS devraient également être associées à ce processus.

3.7.

Après sa rééducation en institution, le patient doit pouvoir bénéficier d’une réadaptation et d’une réinsertion organisées par le service de médecine du travail ou de santé scolaire; il convient de créer, en adéquation avec les spécificités nationales, le contexte juridique et matériel d’une réadaptation et d’une réinsertion réussies qui soient le fruit d’une coopération entre l’employeur (mise en place des conditions de travail nécessaires), le service de médecine du travail ou de santé scolaire (garants d’un contexte professionnel personnalisé pour la réinsertion) et le travailleur (en tant que participant actif).

4. Observations générales

4.1.

Le Comité estime essentielle la stratégie de la Commission européenne (7) visant à faire en sorte que les objectifs politiques généraux de l’Union soient élaborés conjointement par les institutions de l’UE et les États, conformément aux législations nationales. Parmi ceux-ci figurent la riposte de la Commission européenne au coronavirus (8) et son plan de relance (9). Les deux éléments constitutifs du plus grand train de mesures de relance jamais financé en Europe sont le budget à long terme de l’UE et l’instrument temporaire NextGenerationEU pour la relance.

4.2.

Le fait qu’un projet d’avis d’initiative (INT/989) sur la préparation aux situations d’urgence soit en cours de préparation parallèlement à l’élaboration du présent avis souligne l’importance des propositions à l’examen. L’objectif de l’avis d’initiative est de permettre au CESE de contribuer aux discussions et aux futures actions en matière de préparation aux situations d’urgence, en particulier en ce qui concerne l’impact sur les entreprises du point de vue du marché unique, de la production et de la consommation.

4.3.

Le CESE expose, dans un avis (10), sa position sur la proposition de la Commission relative à la création d’une Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA), dont la mission est de prévenir, de détecter et de réagir rapidement aux urgences sanitaires transnationales. Si le CESE se félicite de cette initiative, il s’inquiète néanmoins du rôle très limité que confère l’HERA au Parlement européen, aux pouvoirs publics régionaux, aux organismes d’assurance maladie et aux organisations de la société civile, et recommande d’adapter la structure de l’HERA afin d’assurer une plus grande transparence en ce qui concerne les fonds dépensés par cette Autorité et par son intermédiaire.

4.4.

Dans un autre avis (11), le CESE estime que le «certificat vert numérique» devrait simplifier les démarches à entreprendre par les voyageurs et faciliter leur circulation pendant la pandémie de COVID-19; il insiste cependant sur le fait que la détention d’un certificat vert numérique ne devrait pas les exempter du respect d’autres mesures de réduction des risques mais devrait cependant être considérée comme une stratégie de transition pour les pays exigeant un mécanisme permanent qui permettra au certificat d’être constamment réévalué après son adoption.

4.5.

Le CESE se félicite d’avoir récemment élaboré plusieurs avis dont l’objectif est étroitement lié à la préparation à la crise de la COVID-19, parmi lesquels l’avis SOC/665 (12), qui insiste notamment sur la nécessité pour l’UE et les États membres de garantir l’égalité d’accès pour tous à des services de soins de santé et des services sociaux de qualité, de prendre des mesures appropriées pour améliorer les conditions de travail ainsi que la santé et la sécurité des professionnels de la santé, et de veiller à ce que l’accès à la vaccination demeure un bien public et à ce que les innovations et les réponses médicales soient accessibles à tous, quels que soient leur niveau de revenus et l’État membre ou la région dans lesquels ils résident. Compte tenu du mandat renouvelé du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le CESE met en exergue l’importance de veiller à ce que la réduction des inégalités de santé dans l’UE soit au cœur des travaux du Centre et de s’assurer que, dans ce cadre, les maladies non transmissibles bénéficient également de l’attention nécessaire. En ce qui concerne le renforcement du rôle de l’Agence européenne des médicaments (EMA), le Comité demande instamment que les groupes de pilotage sur les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux associent et consultent utilement la société civile et les partenaires sociaux.

4.6.

Dans un autre avis encore (13), le CESE préconise la mise en place dans les meilleurs délais d’un mécanisme de coordination et d’intervention rapide européen. Il convient de créer sans attendre un groupe de travail composé d’experts agissant en tant que coordinateurs des savoirs et des ressources, pour mettre en réseau les meilleurs centres de virologie et d’épidémiologie et les meilleures capacités en matière de diagnostic. Le CESE estime que le programme pour la santé ne pourra obtenir de résultats tangibles que s’il privilégie une approche inclusive, associant à la démarche les organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé, la Convention relative aux droits des personnes handicapées et les acteurs de la santé les mieux au fait de la situation des citoyens sur le terrain, et moyennant, par ailleurs, une évaluation régulière de ses objectifs.

4.7.

Enfin, dans un dernier avis (14), le CESE se félicite qu’avec la nouvelle stratégie pharmaceutique pour l’Europe, la Commission affiche son intention non seulement de favoriser la compétitivité de l’industrie afférente mais aussi d’assurer la fourniture de médicaments sûrs, de haute qualité et d’un coût abordable et de garantir la pérennité financière des systèmes de santé des États membres. Il souligne le rôle fondamental d’un marché unique opérant, équitable et efficace, qui encourage et récompense les progrès médicaux véritables, porteurs d’une réelle valeur ajoutée pour la santé, tout en s’efforçant de renforcer la compétitivité afin de garantir un accès équitable et financièrement viable aux médicaments.

Bruxelles, le 13 juillet 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) https://www.ecdc.europa.eu/en/news-events

(2) Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Suivi de la progression de la vaccination contre la COVID-19, https://health.ec.europa.eu/health-security-and-infectious-diseases/crisis-management_fr

(3) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/fs_22_870

(4) Groupe de travail technique sur les tests de diagnostic de la COVID-19, https://health.ec.europa.eu/health-security-and-infectious-diseases/crisis-management_fr#groupe-de-travail-technique-sur-les-tests-de-diagnostic-de-la-covid-19

(5) Par exemple, des dispositifs autonomes de purification de l’air équipés soit de filtres HEPA (filtres à particules à haute efficacité) soit de filtres ayant une efficacité comparable et de systèmes de stérilisation par rayonnement ultraviolet (UVGI), ainsi que des dispositifs installés dans les conduites de chauffage, de ventilation et de climatisation ou placés suffisamment en hauteur dans les locaux (systèmes UVGI dans la partie supérieure d’une pièce).

(6) La surveillance sentinelle permet d’assurer le suivi du taux d’occurrence de certaines maladies ou affections au moyen d’un réseau volontaire de médecins, de laboratoires et de services de santé publique afin d’évaluer la stabilité ou l’évolution des niveaux de santé d’une population.

(7) https://ec.europa.eu/info/strategy_fr

(8) https://ec.europa.eu/info/live-work-travel-eu/coronavirus-response_fr

(9) https://ec.europa.eu/info/strategy/recovery-plan-europe_fr

(10) JO C 275 du 18.7.2022, p. 58.

(11) JO C 286 du 16.7.2021, p. 146.

(12) JO C 286 du 16.7.2021, p. 109.

(13) JO C 429 du 11.12.2020, p. 251.

(14) JO C 286 du 16.7.2021, p. 53.


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