LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52022AE3786
Avis institutionnel52022AE3786

Avis institutionnel — 52022AE3786

CELEX52022AE3786
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 21 septembre 2022

Texte intégral

21.12.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 486/144


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 1303/2013 et le règlement (UE) 2021/1060 en ce qui concerne une flexibilité supplémentaire pour faire face aux conséquences de l’agression militaire menée par la Fédération de Russie — FAST (Assistance flexible aux territoires) — CARE

[COM(2022) 325 final — 2022/0208 (COD)]

(2022/C 486/20)

Rapporteure:

Elena-Alexandra CALISTRU

Consultation

Parlement européen, 4.7.2022

Conseil de l’Union européenne, 15.7.2022

Base juridique

Article 177 et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section

9.9.2022

Adoption en session plénière

21.9.2022

Session plénière no

572

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

189/0/1

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Grâce à sa proposition FAST-CARE relative à l’assistance flexible aux territoires (FAST) dans le cadre de l’initiative «Action de cohésion pour les réfugiés en Europe» (CARE), la Commission a pris des mesures supplémentaires des plus nécessaires pour aider les États membres, les autorités locales et les partenaires de la société civile à faire face aux conséquences de l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Le CESE se félicite vivement de ce nouveau train exhaustif de mesures qui élargit l’aide déjà prodiguée au titre de l’initiative CARE en apportant un surcroît d’aide et de flexibilité dans le cadre des financements de la politique de cohésion.

1.2.

Le CESE est également conscient que les effets directs et indirects de cette invasion lancée le 24 février en l’absence de toute provocation ont entraîné une augmentation continue du nombre de réfugiés qui se présentent dans tous les États membres mais tout particulièrement dans ceux qui jouxtent les frontières de l’Union, et il reconnaît donc la nécessité de prendre des mesures supplémentaires. La situation actuelle est sans précédent et nécessite de prendre toutes les mesures possibles et adaptées qu’il y a lieu d’appliquer dans ces circonstances particulières. À cet effet, le Comité considère que FAST-CARE apporte une réponse auxdites circonstances en offrant des financements supplémentaires au titre des défis migratoires qui résultent de l’agression militaire menée par la Russie mais aussi en contribuant à atténuer les retards pris dans la mise en œuvre de projets sous l’effet conjugué de la COVID-19 et des coûts élevés de l’énergie et des pénuries de matières premières et de main-d’œuvre causées par la guerre.

1.3.

Le CESE n’a cessé de souligner la nécessité d’une réaction immédiate et efficace, par tous les moyens possibles. Les efforts déployés en permanence pour faire jouer la flexibilité dans les financements devraient garantir une efficacité maximale de la mise en œuvre des investissements au titre de la politique de cohésion en vertu du cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 et également garantir un démarrage sans heurts des programmes relevant de la période 2021-2027. Le Comité accueille favorablement la possibilité d’accorder temporairement, pour la mise en œuvre des programmes relevant de la politique de cohésion, un taux de cofinancement de 100 % provenant du budget de l’Union. Il salue de même les possibilités de transfert supplémentaires entre le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion, ainsi qu’entre les catégories de régions.

1.4.

Le CESE se félicite vivement que la Commission reconnaisse le poids du fardeau qui échoit aux autorités locales et aux organisations de la société civile qui œuvrent au sein des communautés locales pour relever les défis migratoires provoqués par l’agression militaire menée par la Russie. Le Comité accueille favorablement la disposition qui prévoit de réserver un pourcentage minimal de 30 % de l’aide au titre des priorités concernées aux autorités locales, aux partenaires sociaux ou aux organisations de la société civile afin de garantir que ces types de bénéficiaires reçoivent une part appropriée des ressources, compte tenu de leur rôle actif dans les actions d’accueil et d’intégration des réfugiés. Toutefois, ce pourcentage pourrait s’avérer trop faible pour les pays qui accueillent un nombre important de réfugiés; aussi convient-il d’étudier plus avant la possibilité de l’accroître pour les pays frontaliers de l’Ukraine.

1.5.

Le CESE estime qu’il incombe un rôle capital aux organisations non gouvernementales et aux partenaires sociaux en qualité aussi bien d’organismes d’exécution que de partenaires précieux pour mener à bien le suivi de la mise en œuvre de tels programmes; aussi le Comité est-il disposé à animer la poursuite du débat touchant à cet engagement de la part des organisations de la société civile et des partenaires sociaux, que ce soit au sein de l’Union européenne ou en Ukraine. La société civile a démontré toute son efficacité pour apporter une réponse immédiate au cours des premières phases de la guerre; une fois dotée de ressources suffisantes, elle constituera un relais puissant entre les besoins qui se présentent sur le terrain et leur traduction en termes de politiques au plus haut niveau. Le Comité continue de viser à approfondir sa participation dans le cadre de la réponse immédiate et à améliorer son association à long terme à la définition de la stratégie en matière d’intégration alors que la guerre se poursuit.

1.6.

Le CESE salue la proposition de la Commission de dispenser les États membres de l’obligation de se conformer aux exigences en matière de concentration thématique au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020, afin de leur donner la possibilité, compte tenu mutations rapides que connaît la situation sur le terrain, de réorienter leurs ressources entre objectifs thématiques relevant d’une même priorité d’un même Fonds et d’une même catégorie de région. Le Comité se félicite également de la disposition visant à rendre admissibles, à titre exceptionnel, les dépenses nécessaires pour les opérations achevées ou mises en œuvre intégralement à compter de la date de l’invasion.

1.7.

Le CESE prend acte de la panoplie de mesures exhaustives qui tiennent compte des besoins qui se présentent au niveau microéconomique ou individuel, consistant par exemple à prolonger et à augmenter le coût unitaire récemment établi autorisé pour couvrir les besoins essentiels des personnes auxquelles a été accordée une protection temporaire et l’aide qui leur est prodiguée, ainsi qu’au niveau macroéconomique ou de l’État membre, consistant par exemple à faciliter la possibilité d’échelonner des opérations des programmes 2014-2020 à celles de la période 2021-2027 afin d’élargir cette possibilité à un plus grand nombre d’opérations accusant des retards, sans affecter les obligations des États membres de se conformer aux exigences en matière de concentration thématique et aux objectifs de contribution au climat.

1.8.

Le CESE prend tout aussi dûment acte des dispositions visant à alléger la charge administrative qui pèse sur les États membres, ainsi que des engagements de la Commission européenne à aider les bénéficiaires et les parties prenantes en offrant un surcroît d’assistance et de conseil, s’agissant par exemple de gérer des contrats de marchés publics qui subissent des dépassements de coûts, ainsi que d’autres mesures non législatives et d’orientation. Le CESE presse la Commission d’œuvrer en lien étroit avec les États membres, les autorités locales et la société civile afin de supprimer toutes les éventuelles charges administratives superfétatoires, tout en faisant preuve d’une transparence complète s’agissant de l’allocation et de l’exécution des mesures visant à faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Dans ce contexte, le Comité fait également valoir la nécessité d’associer plus activement la société civile et les partenaires sociaux de l’Union et d’Ukraine afin de garantir l’efficacité de la planification, de la gestion et du suivi des ressources et de faire en sorte que ces dernières parviennent à ceux qui en ont le plus besoin et là où il en est le plus besoin.

1.9.

Le CESE reconnaît qu’il y a lieu de prendre toutes les mesures possibles au titre du cadre financier pluriannuel actuel. À cet égard, le Comité approuve l’intention de la Commission de modifier le règlement relatif au cadre financier pluriannuel de sorte à utiliser de manière optimale le reliquat des ressources pour la période 2014-2020 et à permettre une transition sans heurts vers le programme pour la période 2021-2027. Toutefois, il convient de noter que si le Comité n’a eu de cesse de plaider en faveur d’une flexibilité maximale (1) à tous les échelons du début à la fin des programmes afin de s’assurer d’une utilisation aussi complète que possible des ressources disponibles, il estime, au vu de l’accumulation des conséquences directes et indirectes de la guerre en Ukraine, qu’il pourrait également s’avérer nécessaire de prévoir de nouveaux instruments financiers innovants (2). Le Comité a précédemment recommandé à cet égard une solution éventuelle qui consiste en un fonds spécifique de l’Union européenne pour la reconstruction et le développement de l’Ukraine afin de compléter les mesures mises en place pour aider les États membres touchés par la guerre (3).

1.10.

Le CESE invite le Conseil et le Parlement européen à approuver promptement le règlement à l’examen afin qu’il puisse être adopté dès que possible. L’ampleur du défi commande une réponse collective et mieux coordonnée, tout spécialement alors que la saison froide s’approche à grands pas.

2. Observations générales

2.1.

Depuis le 24 février, la Commission a présenté un certain nombre de propositions dans le cadre de l’initiative CARE pour faire en sorte de mobiliser rapidement les financements disponibles au titre de la politique de cohésion pour la période 2014-2020 et du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), ainsi que les préfinancements en vertu des programmes REACT-EU, afin de faire face aux conséquences immédiates de la guerre d’agression que mène la Russie contre l’Ukraine, tout en permettant aux États membres de poursuivre leurs efforts en vue d’une relance écologique, numérique et résiliente de leurs économies à la suite de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

2.2.

Toutefois, du fait des besoins qui ne cessent de croître, le Conseil européen, le Parlement européen et les régions de l’Union européenne ont invité la Commission à présenter de nouvelles initiatives au titre du cadre financier pluriannuel pour appuyer les efforts que consentent les États membres à cet égard. À l’heure actuelle, un soutien est requis du fait des besoins à plus long terme des civils déplacés, qu’il convient d’aider à s’intégrer en leur fournissant un logement et des soins de santé, ainsi qu’un accès à l’emploi et à l’éducation pendant qu’ils résident dans l’un des États membres de l’Union. Il convient de relever que le problème de la réponse aux besoins à plus long terme des réfugiés touche des collectivités qui ont été déjà durement frappées par la pandémie de COVID-19, du fait par exemple du fardeau pesant sur le système de soins de santé, mais qu’il engendre également de nouveaux problèmes, tels que les aspects touchant à la dimension de genre des actions politiques, comme par exemple le trop faible nombre d’enfants inscrits dans les écoles qui entrave sensiblement l’intégration professionnelle des femmes.

2.3.

La guerre a suscité des goulets d’étranglement sur la chaîne d’approvisionnement et des pénuries de main d’œuvre. Elle a également exacerbé les hausses des prix des matières premières, notamment pour l’énergie et les matériaux. Cette situation intervient en sus des conséquences de la pandémie et crée des pressions supplémentaires sur les finances publiques et retarde encore les investissements notamment dans les infrastructures.

2.4.

Le train de mesures FAST-CARE introduit plusieurs modifications significatives de la législation relative à la politique de cohésion pour les périodes 2014-2020 et 2021-2027 afin d’accélérer et de simplifier l’aide aux États membres en vue de l’intégration de ressortissants de pays tiers, tout en continuant à soutenir les régions dans leur redressement après la pandémie de COVID-19.

2.5.

Les mesures suivantes doivent faire en sorte d’aider davantage ceux qui accueillent des personnes déplacées, qu’il s’agisse d’États membres, d’autorités locales ou d’organisations de la société civile:

—

augmenter les préfinancements à hauteur de 3,5 milliards d’EUR supplémentaires, à verser en 2022 et en 2023, ce qui procurera rapidement des liquidités supplémentaires à tous les États membres;

—

étendre dès à présent la possibilité d’un cofinancement à hauteur de 100 % par l’Union au titre de la période 2014-2020 aux mesures qui favorisent l’intégration socio-économique de ressortissants de pays tiers;

—

étendre également cette même possibilité aux programmes de la période 2021-2027, qui doivent faire l’objet d’un réexamen à la mi-2024;

—

augmenter le montant unitaire simplifié destiné à couvrir les besoins essentiels des réfugiés, fixé à 40 EUR au titre de CARE, pour le faire passer à 100 EUR par semaine et par personne, sachant que ces coûts pourront être remboursés pour une période allant jusqu’à 26 semaines au lieu de 13 actuellement;

—

étendre la possibilité d’interfinancement entre le FEDER et le FSE, déjà autorisé au titre de CARE. Cela signifie que le Fonds de cohésion pourrait également mobiliser des ressources afin de faire face aux conséquences des défis migratoires;

—

octroyer à présent la possibilité de présenter rétroactivement pour remboursement des dépenses couvrant des opérations permettant de faire face aux défis migratoires, même lorsqu’une telle opération a déjà été menée à terme.

2.6.

Afin de s’assurer que les investissements soient orientés là où il en est le plus besoin, FAST-CARE introduit deux changements importants:

—

au moins 30 % des ressources mobilisées au titre des flexibilités prévues devraient être accordées à des opérations gérées par des autorités locales ou des organisations de la société civile actives au sein des communautés locales, afin que les acteurs qui supportent le gros des efforts bénéficient d’un soutien adéquat;

—

des programmes pourraient soutenir des opérations intervenant en dehors de l’aire géographique initialement prévue mais au sein du même État membre, actant ainsi le fait que les réfugiés se déplacent souvent au sein des États membres.

2.7.

Pour ce qui est du soutien concret en vue de résoudre le problème des retards pris dans la mise en œuvre, les projets d’un montant supérieur à 1 million d’EUR, et tout spécialement ceux concernant des infrastructures, financés au titre des programmes de la période 2014-2020 mais qui n’ont pu être achevés à temps en raison des hausses de prix et des pénuries de matières premières et de main-d’œuvre, pourraient continuer à bénéficier d’un financement au titre des programmes pour la période 2021-2027 même lorsque les règles d’admissibilité applicables pour cette dernière période les en excluraient.

3. Observations particulières

3.1.

Le CESE approuve les efforts déployés par la Commission pour mettre en place des moyens adéquats et efficaces afin d’apporter un soutien financier pour faire face aux conséquences de l’agression militaire russe, qui ont gagné en ampleur et dont les effets se sont étendus. Dès lors, les États membres sont confrontés à un afflux important continu de personnes fuyant l’agression russe. Cette situation vient s’ajouter aux conséquences de la pandémie de COVID-19, notamment la perturbation des chaînes de valeur, qui met en péril les budgets publics axés sur la relance de l’économie, mais risque également de retarder les investissements, en particulier dans les infrastructures.

3.2.

Le CESE est également conscient, alors que les effets directs et indirects de la guerre en Ukraine ne cessent de s’amplifier au sein de tous les États membres, qu’il est capital de disposer des moyens de faire face aux défis migratoires et aux perturbations des marchés, ainsi que d’y réagir rapidement, grâce à une panoplie de financements, de procédures et d’assistance technique, tous associés avec flexibilité et agilité.

3.3.

Le CESE souscrit pleinement à l’idée que les financements doivent être mis à disposition au moyen d’un examen ciblé du cadre financier actuel, afin de prévenir toute interruption des financements qui sont nécessaires pour les mesures essentielles d’atténuation de la crise et de soutien aux personnes dans le besoin. Dans des avis précédents (4), le Comité avait déjà recommandé d’allouer aux États membres des ressources supplémentaires sous la forme d’un préfinancement immédiat.

3.4.

Le CESE se félicite de l’extension de la possibilité de recourir à un cofinancement pouvant aller jusqu’à 100 % pour ces mesures à l’exercice comptable prenant fin le 30 juin 2022 afin de contribuer à alléger la charge pesant sur les finances publiques des États membres, ainsi que de l’augmentation substantielle du préfinancement (5) provenant des ressources REACT-EU qui a fourni aux États membres les liquidités nécessaires pour couvrir les besoins les plus urgents.

3.5.

Le CESE se félicite également de la proposition de la Commission selon laquelle il convient de prévoir un taux de cofinancement allant jusqu’à 100 % pour les priorités visant à promouvoir l’intégration socio-économique des ressortissants de pays tiers dans le cadre des programmes pour la période 2021-2027. Bien que cette disposition soit assortie d’une date d’expiration au 30 juin 2024, la possibilité qu’elle fasse l’objet d’un réexamen s’appuyant sur les modalités de son usage et qu’elle soit étendue si elle s’avère efficace, ouvre à la voie à une feuille de route en vue d’offrir davantage de flexibilité et de liquidités lorsque surviennent des besoins urgents de financement.

3.6.

Le CESE approuve vivement la disposition qui prévoit qu’au moins 30 % de l’aide au titre des priorités concernées devrait être accordée aux bénéficiaires qui sont des autorités locales, des partenaires sociaux ou des organisations de la société civile actives au sein des communautés locales afin de garantir que ces types de bénéficiaires reçoivent une part appropriée de ces ressources, compte tenu de leur rôle actif dans les actions d’accueil et d’intégration des réfugiés. Nonobstant, ce pourcentage pourrait s’avérer trop faible pour les États frontaliers de l’Ukraine qui accueillent un nombre sensiblement plus important de réfugiés. Par conséquent, même si ce pourcentage est un minimum, il convient d’encourager une allocation supérieure, d’au moins 50 % de l’aide au titre de la priorité donnée, qu’il conviendra d’octroyer aux bénéficiaires que sont les autorités locales et les organisations de la société civile actives au sein des communautés locales.

3.7.

Le CESE est conscient de la nécessité de préserver les objectifs initiaux de la politique de cohésion et de l’impératif de ne pas transformer celle-ci en une «aide humanitaire» universelle pour toutes les situations d’urgence susceptibles de survenir. Aussi peut-on tenir pour judicieuses les dispositions qui plafonnent à cette fin le montant total programmé au titre des priorités en matière d’intégration des réfugiés dans un État membre à 5 % de la dotation nationale initiale de cet État membre provenant du FEDER et du FSE+ confondus. Il conviendrait toutefois de prévoir de soumettre ces seuils à un examen préalable afin de laisser une marge de manœuvre suffisante en cas de besoin, notamment dans le cas des États frontaliers. Il est évident que les problèmes qui se posent aux pays qui accueillent la plupart des réfugiés qui fuient l’Ukraine sont plus importants que ceux que rencontrent les autres États membres de l’Union. Aussi, les limites exprimées en pourcentage devraient-elles tenir compte des réalités du terrain et des disparités qui se manifestent dans l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les différents États membres.

3.8.

Le CESE presse la Commission d’œuvrer en lien étroit avec les États membres, les autorités locales et les organisations de la société civile afin de faire l’usage le plus efficace et le plus rapide des possibilités qu’offre FAST-CARE pour aider les réfugiés ukrainiens. Si le règlement à l’examen exige des États membres de rendre compte, dans le rapport final de mise en œuvre, du respect de la condition touchant au minimum de 30 %, le Comité plaiderait plutôt en faveur d’un compte rendu continu, ainsi que de l’association de la société civile au suivi de la mise en œuvre de ces dispositions.

3.9.

Les observations développées ci-dessus sont également applicables à la planification, à l’application et au suivi des programmes en rapport avec la mise en œuvre de la politique de cohésion, ainsi qu’au processus de sélection des projets qui seront choisis pour être réalisés. Dans ce contexte, il convient de prêter tout particulièrement attention au risque de transformer la politique de cohésion en une panoplie de réponses dispersées aux situations d’urgence qui ont ébranlé notre continent.

3.10.

Pour parvenir dans les faits à un taux d’absorption approprié, symptomatique d’une efficacité maximale dans l’utilisation des ressources existantes, il convient de s’attacher avant tout à susciter une synergie manifeste entre d’une part, les principes de la cohésion et les objectifs primordiaux de cette politique et d’autre part, les nouvelles réalités sociales, économiques et environnementales touchant aux pénuries de main d’œuvre, aux difficultés que connaît la chaîne d’approvisionnement, à la hausse des prix et des coûts de l’énergie.

4.

Le CESE prend acte du choix de la Commission de ne pas prolonger d’une année supplémentaire la règle N+3 au titre de période 2014-2020, ainsi que de son avis selon lequel FAST-CARE est neutre sur le plan budgétaire pour la période 2021-2027, en dépit de l’engagement anticipé de crédits de paiement pour 2022 et 2023 principalement au titre des préfinancements, et ne requiert pas de modifier les plafonds annuels du cadre financier pluriannuel en matière d’engagements et de paiements. Toutefois, le CESE encourage vivement la Commission à suivre l’incidence des modifications proposées et à prévoir une marge de manœuvre pour faire face aux besoins ou aux priorités qui surviennent ou gagnent en ampleur.

Bruxelles, le 21 septembre 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Exposé de position du CESE sur le thème «COVID-19: Fonds structurels et d’investissement européens — Flexibilité exceptionnelle».

(2) Dans ses avis, le CESE a constamment souligné la nécessité de faire en sorte que le cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027 offre la possibilité d’adjoindre de nouveaux instruments financiers innovants, allant au-delà des dispositifs prévus dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience (JO C 364 du 28.10.2020, p. 132), du règlement faisant l’objet de l’avis COVID-19: Fonds structurels et d’investissement européens — Flexibilité exceptionnelle, du règlement relatif à l’initiative d’investissement en réaction au coronavirus et du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD)/crise de la COVID-19.

(3) Avis du CESE sur le 8e rapport sur la cohésion (JO C 323 du 26.8.2022, p. 54).

(4) Exposé de position du CESE sur REACT-EU.

(5) Dans des avis précédents, le CESE n’a cessé de faire valoir qu’il est souhaitable d’accroître le pourcentage de paiements par avance ou de préfinancement, mais qu’il convient de faire bien davantage pour s’assurer d’une mobilisation aussi rapide que possible des ressources financières. Il en a ainsi fait état dans l’exposé de sa position sur l’aide financière aux États membres touchés par une urgence de santé publique majeure».


Documents similaires

Avis institutionnel52022AB0046

Avis institutionnel — 52022AB0046

30/12/2022

Avis institutionnel52022AB0045

Avis institutionnel — 52022AB0045

21/12/2022

Avis institutionnel52022AE1932R(01)

Avis institutionnel — 52022AE1932R(01)

21/12/2022

Avis institutionnel52023AT40462(01)

Avis institutionnel — 52023AT40462(01)

20/12/2022

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →