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Avis institutionnel — 52022AR0155

CELEX52022AR0155
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 29 juin 2022

Texte intégral

30.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 375/45


Avis du Comité européen des régions sur l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme

(2022/C 375/08)

Rapporteur:

Yonnec POLET (BE/PSE), premier échevin de Berchem-Sainte-Agathe

Documents de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — De meilleures conditions de travail pour une Europe sociale plus forte: tirer pleinement parti de la numérisation pour l’avenir du travail

COM(2021) 761 final

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme

COM(2021) 762 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

COM(2021) 762 final

Amendement 1

Considérant 9

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Lorsque les plateformes opèrent dans plusieurs États membres ou à une échelle transnationale, il est souvent difficile de savoir où et par qui le travail via une plateforme est exécuté. En outre, les autorités nationales n’ont pas facilement accès aux données concernant les plateformes de travail numériques, y compris les données sur le nombre de personnes exécutant un travail via une plateforme, leur statut professionnel et leurs conditions de travail. Cela rend plus difficile de faire observer les règles applicables, y compris les règles du droit du travail et de protection sociale.

Lorsque les plateformes opèrent dans plusieurs États membres ou à une échelle transnationale, il est souvent difficile de savoir où et par qui le travail via une plateforme est exécuté. En outre, les autorités compétentes dans les États membres n’ont pas facilement accès aux données concernant les plateformes de travail numériques, y compris les données sur le nombre de personnes exécutant un travail via une plateforme, leur statut professionnel et leurs conditions de travail. Cela rend plus difficile de faire observer les règles applicables, y compris les règles du droit du travail et de protection sociale.

Exposé des motifs

Dans de nombreux États membres, les autorités régionales ont des compétences en matière de détermination du statut des travailleurs.

Amendement 2

Considérant 16

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La présente directive devrait s’appliquer aux personnes exécutant un travail via une plateforme dans l’Union qui ont ou qui, sur la base d’une évaluation des faits, peuvent être réputées avoir un contrat de travail ou une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans les États membres, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. Elle devrait également s’appliquer aux situations dans lesquelles le statut professionnel de la personne exécutant un travail via une plateforme n’est pas clair, de manière à permettre une détermination correcte de ce statut. Les dispositions relatives à la gestion algorithmique qui sont liées au traitement des données à caractère personnel devraient également s’appliquer aux travailleurs véritablement non salariés et aux autres personnes exécutant un travail via une plateforme dans l’Union qui n’ont pas de relation de travail .

La présente directive devrait s’appliquer aux personnes exécutant un travail via une plateforme dans l’Union qui ont ou qui, sur la base d’une évaluation des faits, peuvent être réputées avoir un contrat de travail ou une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans les États membres, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. Elle devrait également s’appliquer aux situations dans lesquelles le statut professionnel de la personne exécutant un travail via une plateforme n’est pas clair ou est déterminé de manière erronée ou frauduleuse , de manière à permettre une détermination correcte de ce statut. Les dispositions relatives à la gestion algorithmique qui sont liées au traitement des données à caractère personnel devraient également s’appliquer aux travailleurs véritablement non salariés exécutant un travail via une plateforme dans l’Union.

Exposé des motifs

L’un des objectifs de la directive est de permettre une détermination correcte du statut des travailleurs, en tant qu’indépendants ou salariés.

Amendement 3

Considérant 18

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les plateformes de travail numériques diffèrent des autres plateformes en ligne en ce sens qu’elles organisent le travail exécuté par des individus à la demande, ponctuelle ou répétée, du destinataire d’un service fourni par la plateforme. Organiser le travail exécuté par des individus devrait au minimum impliquer de jouer un rôle important dans le rapprochement de la demande d’un service et de l’offre de travail d’un individu qui a une relation contractuelle avec la plateforme de travail numérique et qui est disponible pour exécuter une tâche spécifique, et peut inclure d’autres activités telles que le traitement des paiements. Les plateformes en ligne qui n’organisent pas le travail exécuté par des individus mais qui se bornent à fournir aux prestataires de services les moyens d’atteindre l’utilisateur final, par exemple en leur permettant de publier des offres ou des demandes de services ou en agrégeant et en affichant les prestataires de services disponibles dans un domaine spécifique, sans intervenir d’aucune autre manière, ne devraient pas être considérées comme des plateformes de travail numériques. La définition des plateformes de travail numériques ne devrait pas inclure les fournisseurs d’un service dont l’objectif premier est d’exploiter ou de partager des actifs, tel que la location de courte durée de logements. Elle devrait être limitée aux fournisseurs d’un service pour qui l’organisation du travail exécuté par l’individu, tel que le transport de personnes ou de marchandises ou le nettoyage, constitue un élément nécessaire et essentiel et non un simple élément mineur et purement accessoire .

Les plateformes de travail numériques diffèrent des autres plateformes en ligne en ce sens qu’elles organisent le travail exécuté par des individus à la demande, ponctuelle ou répétée, du destinataire d’un service fourni par la plateforme. Organiser le travail exécuté par des individus devrait au minimum impliquer de jouer un rôle important dans le rapprochement de la demande d’un service et de l’offre de travail d’un individu qui a une relation contractuelle avec la plateforme de travail numérique et qui est disponible pour exécuter une tâche spécifique, et peut inclure d’autres activités telles que le traitement des paiements. Les plateformes en ligne qui n’organisent pas le travail exécuté par des individus mais qui se bornent à fournir aux prestataires de services les moyens d’atteindre l’utilisateur final, par exemple en leur permettant de publier des offres ou des demandes de services ou en agrégeant et en affichant les prestataires de services disponibles dans un domaine spécifique, sans intervenir d’aucune autre manière, ne devraient pas être considérées comme des plateformes de travail numériques. La définition des plateformes de travail numériques ne devrait pas inclure les fournisseurs d’un service dont l’objectif premier est d’exploiter ou de partager des actifs, tel que la location de courte durée de logements. Elle s’applique aux fournisseurs d’un service pour qui l’organisation du travail exécuté par l’individu, tel que le transport de personnes ou de marchandises ou le nettoyage, constitue un élément nécessaire et essentiel. Les services accessoires fournis dans le cadre de la prestation d’un service dont l’objectif premier est d’exploiter ou de partager des actifs, et nécessitant l’organisation d’un travail exécuté par des individus, doivent être inclus dans cette définition dès lors qu’ils sont nécessaires, essentiels et commandés par l’intermédiaire de la plateforme.

Exposé des motifs

Il s’agit de s’assurer que les services accessoires nécessaires et essentiels qui comportent un élément de travail exécuté par des individus puissent être couverts dans le champ d’application de la directive dès lors qu’ils sont commandés par l’intermédiaire d’une plateforme.

Amendement 4

Considérant 23

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Garantir la détermination correcte du statut professionnel ne devrait pas empêcher l’amélioration des conditions de travail des véritables travailleurs non salariés qui exécutent un travail via une plateforme. Lorsqu’une plateforme de travail numérique décide — sur une base purement volontaire ou en accord avec les personnes concernées — de financer une protection sociale, une assurance accidents ou d’autres types d’assurance, des mesures de formation ou des prestations similaires en faveur des travailleurs non salariés travaillant par son intermédiaire, ces prestations en tant que telles ne devraient pas être considérées comme des éléments déterminants qui caractérisent l’existence d’une relation de travail.

Garantir la détermination correcte du statut professionnel ne devrait pas empêcher l’amélioration des conditions de travail des véritables travailleurs non salariés qui exécutent un travail via une plateforme. Lorsqu’une plateforme de travail numérique décide — sur une base purement volontaire ou en accord avec les personnes concernées — de financer une protection sociale, une assurance accidents ou d’autres types d’assurance, des mesures de formation ou des prestations similaires en faveur des travailleurs non salariés travaillant par son intermédiaire, ces prestations en tant que telles ne devraient pas être automatiquement considérées comme des éléments déterminants qui caractérisent l’existence d’une relation de travail, sans préjudice de ceux qui sont repris à l’article 4 sur la présomption légale .

Exposé des motifs

Si l’amélioration volontaire des conditions de travail des travailleurs non salariés par les plateformes est bienvenue, elle ne doit pas servir à contourner la présomption légale ou à réintroduire une notion de subordination. Si les améliorations volontaires entrent dans la liste des actes prévus à l’article 4 sur la présomption légale, elles doivent pouvoir être utilisées pour caractériser l’existence d’une relation de travail.

Amendement 5

Considérant 25

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Il convient que la directive énonce les critères indiquant qu’une plateforme de travail numérique contrôle l’exécution du travail afin de rendre applicable la présomption légale et de faciliter le contrôle du respect des droits des travailleurs. Ces critères devraient s’inspirer de la jurisprudence de l’Union et de la jurisprudence nationale et tenir compte de la conception nationale de la relation de travail. Les critères devraient inclure des éléments concrets montrant, par exemple, que la plateforme de travail numérique détermine dans la pratique, et ne se contente pas de recommander, les conditions de travail ou la rémunération, voire les deux, donne des instructions sur la manière dont le travail doit être exécuté ou empêche la personne exécutant un travail via la plateforme de nouer des contacts commerciaux avec des clients potentiels. Deux critères devraient toujours être remplis pour rendre la présomption applicable et pour qu’elle le soit effectivement dans la pratique. Dans le même temps, les critères ne devraient pas porter sur les situations dans lesquelles les personnes exécutant un travail via une plateforme sont de vrais travailleurs non salariés. Les vrais travailleurs non salariés sont directement responsables envers leurs clients de la manière dont ils exécutent leur travail et de la qualité de leurs réalisations. La liberté de choisir son horaire de travail ou ses périodes d’absence, de refuser des tâches, de faire appel à des sous-traitants ou à des remplaçants ou de travailler pour une tierce partie caractérise une véritable activité non salariée. Par conséquent, limiter de facto cette liberté en la subordonnant à un certain nombre de conditions ou à un système de sanctions devrait également être considéré comme un élément de contrôle de l’exécution du travail. La supervision étroite de l’exécution du travail ou la vérification approfondie de la qualité des résultats de ce travail, y compris par des moyens électroniques qui ne consistent pas simplement à utiliser les évaluations ou notations remises par les destinataires du service, devrait également être considérée comme un élément de contrôle de l’exécution du travail. Dans le même temps, les plateformes de travail numériques devraient être capables de concevoir leurs interfaces techniques de manière à garantir une bonne expérience aux consommateurs. Les mesures ou règles qui sont exigées par la législation ou qui sont nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des destinataires du service ne devraient pas être considérées comme des instruments de contrôle de l’exécution du travail.

Il convient que la directive énonce les critères indiquant qu’une plateforme de travail numérique contrôle l’exécution du travail afin de rendre applicable la présomption légale et de faciliter le contrôle du respect des droits des travailleurs. Ces critères devraient s’inspirer de la jurisprudence de l’Union et de la jurisprudence nationale et tenir compte de la conception nationale de la relation de travail. Les critères devraient inclure des éléments concrets montrant, par exemple, que la plateforme de travail numérique détermine dans la pratique, et ne se contente pas de recommander, les conditions de travail ou la rémunération, voire les deux, donne des instructions sur la manière dont le travail doit être exécuté ou empêche la personne exécutant un travail via la plateforme de nouer des contacts commerciaux avec des clients potentiels. Un critère devrait toujours être rempli pour rendre la présomption applicable et pour qu’elle le soit effectivement dans la pratique. Cette liste de critères peut être complétée par d’autres actes réputés constituer un contrôle de l’exécution d’un travail au titre de la législation, de la jurisprudence ou des pratiques nationales. Dans le même temps, les critères ne devraient pas porter sur les situations dans lesquelles les personnes exécutant un travail via une plateforme sont de vrais travailleurs non salariés. Les vrais travailleurs non salariés sont directement responsables envers leurs clients de la manière dont ils exécutent leur travail et de la qualité de leurs réalisations. La liberté de choisir son horaire de travail ou ses périodes d’absence, de refuser des tâches, de faire appel à des sous-traitants ou à des remplaçants ou de travailler pour une tierce partie caractérise une véritable activité non salariée. Par conséquent, limiter de facto cette liberté en la subordonnant à un certain nombre de conditions ou à un système de sanctions devrait également être considéré comme un élément de contrôle de l’exécution du travail. La supervision étroite de l’exécution du travail ou la vérification approfondie de la qualité des résultats de ce travail, y compris par des moyens électroniques qui ne consistent pas simplement à utiliser les évaluations ou notations remises par les destinataires du service, devrait également être considérée comme un élément de contrôle de l’exécution du travail. Dans le même temps, les plateformes de travail numériques devraient être capables de concevoir leurs interfaces techniques de manière à garantir une bonne expérience aux consommateurs. Les mesures ou règles qui sont exigées par la législation ou qui sont nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des destinataires du service ne devraient pas être considérées comme des instruments de contrôle de l’exécution du travail.

Exposé des motifs

Lorsque les plateformes de travail numériques contrôlent certains éléments de l’exécution du travail, elles se comportent en employeurs dans le cadre d’une relation de travail. La direction et le contrôle, ou la subordination juridique, constituent un élément essentiel de la définition d’une relation de travail dans les États membres et dans la jurisprudence de la Cour de justice.

Les critères listés par la directive caractérisent chacun un élément de direction et de contrôle, un seul d’entre eux doit être suffisant pour déclencher la présomption d’employeur, que le travailleur ou l’employeur peuvent encore contester si nécessaire. Dans le même temps, cette liste de critères n’est pas exhaustive.

Amendement 6

Considérant 32

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les plateformes de travail numériques devraient être soumises à des obligations de transparence en ce qui concerne les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés qui sont utilisés pour surveiller, superviser ou évaluer l’exécution du travail par voie électronique ainsi que les systèmes de prise de décision automatisés qui sont utilisés pour prendre ou appuyer des décisions qui ont une incidence significative sur les conditions de travail, notamment l’accès des personnes exécutant un travail via une plateforme aux tâches, leurs revenus, leur sécurité et leur santé au travail, leur temps de travail, leur promotion et leur statut contractuel, y compris la limitation, la suspension ou la résiliation de leur compte. Outre ce qui est prévu dans le règlement (UE) 2016/679, les informations concernant ces systèmes devraient également être fournies lorsque les décisions ne sont pas exclusivement fondées sur un traitement automatisé, à condition qu’elles soient appuyées par des systèmes automatisés. Il convient également de préciser le type d’informations à fournir aux personnes exécutant un travail via une plateforme en rapport avec ces systèmes automatisés, ainsi que la forme dans laquelle et le moment auquel elles devraient être fournies. L’obligation faite au responsable du traitement par les articles 13, 14 et 15 du règlement (UE) 2016/679 de fournir à la personne concernée certaines informations relatives au traitement de données à caractère personnel la concernant ainsi que l’accès à ces données devrait continuer de s’appliquer dans le cadre du travail via une plateforme. Des informations sur les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés devraient également être fournies aux représentants des personnes exécutant un travail via une plateforme et aux autorités nationales du travail à leur demande, afin de leur permettre d’exercer leurs fonctions.

Les plateformes de travail numériques devraient être soumises à des obligations de transparence en ce qui concerne les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés qui sont utilisés pour surveiller, superviser ou évaluer l’exécution du travail par voie électronique ainsi que les systèmes de prise de décision automatisés qui sont utilisés pour prendre ou appuyer des décisions qui ont une incidence significative sur les conditions de travail, notamment l’accès des personnes exécutant un travail via une plateforme aux tâches, leurs revenus, leur sécurité et leur santé au travail, leur temps de travail, leur promotion et leur statut contractuel, y compris la limitation, la suspension ou la résiliation de leur compte. Outre ce qui est prévu dans le règlement (UE) 2016/679, les informations concernant ces systèmes devraient également être fournies lorsque les décisions ne sont pas exclusivement fondées sur un traitement automatisé, à condition qu’elles soient appuyées par des systèmes automatisés. Il convient également de préciser le type d’informations à fournir aux personnes exécutant un travail via une plateforme en rapport avec ces systèmes automatisés, ainsi que la forme dans laquelle et le moment auquel elles devraient être fournies. L’obligation faite au responsable du traitement par les articles 13, 14 et 15 du règlement (UE) 2016/679 de fournir à la personne concernée certaines informations relatives au traitement de données à caractère personnel la concernant ainsi que l’accès à ces données devrait continuer de s’appliquer dans le cadre du travail via une plateforme. Des informations sur les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés devraient également être fournies aux syndicats, représentants des personnes exécutant un travail via une plateforme et aux autorités nationales et régionales du travail à leur demande, afin de leur permettre d’exercer leurs fonctions.

Exposé des motifs

Les syndicats ont un rôle primordial pour la défense des droits des travailleurs, la directive doit leur faire une référence explicite. Les autorités du travail sont également des acteurs indispensables et essentiels pour garantir le respect des normes en matière de travail et de sécurité sociale et pour améliorer les conditions de travail.

Amendement 7

Considérant 33

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les plateformes de travail numériques ne devraient pas être tenues de divulguer le fonctionnement détaillé de leurs systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés, pas plus que les algorithmes, ni d’autres données détaillées qui contiennent des secrets commerciaux ou sont protégées par des droits de propriété intellectuelle.

Les plateformes de travail numériques devraient être tenues de divulguer le fonctionnement détaillé de leurs systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés, ainsi que les algorithmes, liés aux conditions de travail. Elles ne devraient pas être tenues de divulguer d’autres données détaillées qui contiennent des secrets commerciaux ou sont protégées par des droits de propriété intellectuelle.

Cependant, ces considérations ne devraient pas aboutir au refus de communiquer toutes les informations requises par la présente directive.

Cependant, ces dernières considérations ne devraient pas aboutir au refus de communiquer toutes les informations requises par la présente directive.

Exposé des motifs

Le secret commercial ou la propriété intellectuelle ne peuvent être opposés à la bonne mise en œuvre de la présente directive, ni pour en éviter certaines dispositions, en particulier celles couvertes aux chapitres III sur la gestion algorithmique et IV sur la transparence des plateformes.

Amendement 8

Chapitre I «Dispositions générales», Article 1er — Objet et champ d’application, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La présente directive établit des droits minimaux qui s’appliquent à toute personne exécutant un travail via une plateforme dans l’Union qui a ou qui, sur la base d’une évaluation des faits, peut être réputée avoir un contrat de travail ou une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans les États membres, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice.

La présente directive établit des droits minimaux qui s’appliquent à toute personne exécutant un travail via une plateforme dans l’Union qui a ou qui, sur la base d’une évaluation des faits, peut être réputée avoir un contrat de travail ou une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans les États membres, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice.

Conformément à l’article 10, les droits énoncés dans la présente directive qui concernent la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel dans le contexte de la gestion algorithmique s’appliquent également à toute personne exécutant un travail via une plateforme dans l’Union sans avoir ni contrat de travail ni relation de travail .

Conformément à l’article 10, les droits énoncés dans la présente directive qui concernent la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel dans le contexte de la gestion algorithmique s’appliquent également à toute personne exécutant un travail via une plateforme dans l’Union en qualité de véritable travailleur non salarié .

Exposé des motifs

L’un des objectifs de la directive est de permettre une détermination correcte du statut des travailleurs, en tant qu’indépendants ou salariés.

Amendement 9

Chapitre I, Article 2 — Définitions, paragraphe 1, point 5)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

«représentants» les organisations ou les représentants de travailleurs prévus par la législation ou les pratiques nationales, ou les deux;

«représentants»: les syndicats ou les représentants de travailleurs prévus par la législation ou les pratiques nationales, ou les deux;

Exposé des motifs

Les syndicats jouent un rôle primordial dans la défense des droits des travailleurs; la directive doit leur faire une référence explicite.

Amendement 10

Chapitre I, Article 2 — Définitions, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La définition des plateformes de travail numériques établie au paragraphe 1, point 1), ne recouvre pas les fournisseurs d’un service dont l’objectif principal est d’exploiter ou de partager des actifs. Elle est limitée aux fournisseurs d’un service pour qui l’organisation du travail exécuté par l’individu ne constitue pas qu’ un élément mineur et purement accessoire .

La définition des plateformes de travail numériques établie au paragraphe 1, point 1), ne recouvre pas les fournisseurs d’un service dont l’objectif principal est d’exploiter ou de partager des actifs. Elle s’applique aux fournisseurs d’un service , y compris d’un service accessoire, pour qui l’organisation du travail exécuté par l’individu constitue un élément nécessaire et essentiel .

Exposé des motifs

Il s’agit ici d’assurer la cohérence avec le considérant 18 et de s’assurer que les services accessoires nécessaires et essentiels qui comportent un élément de travail exécuté par des individus puissent être couverts dans le champ d’application de la directive dès lors qu’ils sont commandés par l’intermédiaire d’une plateforme.

Amendement 11

Chapitre II, Article 4 — Présomption légale, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La relation contractuelle entre une plateforme de travail numérique qui contrôle, au sens du paragraphe 2, l’exécution d’un travail et une personne exécutant un travail par l’intermédiaire de cette plateforme est légalement présumée être une relation de travail. À cet effet, les États membres établissent un cadre de mesures, conformément à leurs systèmes juridiques et judiciaires nationaux.

La relation contractuelle entre une plateforme de travail numérique qui contrôle, au sens du paragraphe 2, l’exécution d’un travail et une personne exécutant un travail par l’intermédiaire de cette plateforme est légalement présumée être une relation de travail. À cet effet, les États membres établissent un cadre de mesures, conformément à leurs systèmes juridiques et judiciaires nationaux.

La présomption légale est applicable dans toutes les procédures administratives et judiciaires pertinentes. Les autorités compétentes qui vérifient le respect de la législation pertinente ou qui la font respecter peuvent se fonder sur cette présomption.

La présomption légale est applicable dans toutes les procédures administratives et judiciaires pertinentes. Les autorités compétentes qui vérifient le respect de la législation pertinente ou qui la font respecter doivent se fonder sur cette présomption , tandis que la relation contractuelle est évaluée et déterminée au niveau national .

Exposé des motifs

S’il incombe en définitive aux États membres d’évaluer et de déterminer la nature d’une relation contractuelle et s’ils ont bien la possibilité d’établir un cadre de mesures, conformément à leurs systèmes juridiques et judiciaires nationaux, pour mettre en œuvre la directive, l’utilisation de la présomption n’est pas optionnelle. C’est bien elle qui sous-tend l’évaluation permettant de qualifier la relation contractuelle entre une plateforme de travail numérique et une personne exécutant un travail par l’intermédiaire de cette plateforme, l’un des objectifs principaux du texte.

Amendement 12

Chapitre II, Article 4 — Présomption légale, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Contrôler l’exécution d’un travail au sens du paragraphe 1 signifie accomplir au moins deux des actes suivants:

Contrôler l’exécution d’un travail au sens du paragraphe 1 signifie accomplir au moins un des actes suivants:

a)

déterminer effectivement le niveau de rémunération, ou en fixer les plafonds;

a)

déterminer effectivement le niveau de rémunération ou le prix d’une prestation , ou en fixer les plafonds;

b)

exiger de la personne exécutant un travail via une plateforme qu’elle respecte des règles impératives spécifiques en matière d’apparence, de conduite à l’égard du destinataire du service ou d’exécution du travail;

b)

exiger de la personne exécutant un travail via une plateforme qu’elle respecte des règles impératives spécifiques en matière d’apparence, de conduite à l’égard du destinataire du service ou d’exécution du travail;

c)

superviser l’exécution du travail ou vérifier la qualité des résultats du travail, notamment par voie électronique;

c)

superviser l’exécution du travail ou vérifier la qualité des résultats du travail, notamment par voie électronique;

d)

limiter effectivement, notamment au moyen de sanctions, la liberté de la personne exécutant un travail via une plateforme d’organiser son travail, en particulier sa liberté de choisir son horaire de travail ou ses périodes d’absence, d’accepter ou de refuser des tâches ou de faire appel à des sous-traitants ou à des remplaçants;

d)

limiter effectivement , par l’attribution de la priorité des futures offres de travail , notamment au moyen de sanctions, la liberté de la personne exécutant un travail via une plateforme d’organiser son travail, en particulier sa liberté de choisir son horaire de travail, son rythme de travail ou ses périodes d’absence, d’accepter ou de refuser des tâches ou de faire appel à des sous-traitants ou à des remplaçants;

e)

limiter effectivement la possibilité de la personne exécutant un travail via une plateforme de se constituer une clientèle ou d’exécuter un travail pour un tiers.

e)

limiter effectivement la possibilité de la personne exécutant un travail via une plateforme de se constituer une clientèle , y compris parmi les clients de la plateforme, ou d’exécuter un travail pour un tiers.

Cette liste de conditions peut être complétée par d’autres actes réputés constituer un contrôle de l’exécution d’un travail au titre de la législation, de la jurisprudence ou des pratiques nationales.

Exposé des motifs

Lorsque les plateformes de travail numériques contrôlent certains éléments de l’exécution du travail, elles se comportent en employeurs dans le cadre d’une relation de travail. La direction et le contrôle, ou la subordination juridique, constituent un élément essentiel de la définition d’une relation de travail dans les États membres et dans la jurisprudence de la Cour de justice. Les critères listés à l’article 4 caractérisent chacun indépendamment un élément de direction et contrôle, un seul d’entre eux doit être suffisant pour déclencher la présomption d’employeur, que le travailleur ou l’employeur peuvent encore contester si nécessaire.

Concernant le premier critère, déterminer ou limiter le prix d’une prestation revient à déterminer ou limiter le niveau de rémunération du travailleur, quel que soit son statut.

Concernant le quatrième critère, le refus d’une tâche et la disponibilité du travailleur et de ses horaires d’activités conditionnent pour certaines plateformes l’attribution des futures offres de travail, ce qui leur permet d’indirectement contrôler l’organisation du travail des personnes travaillant par leur intermédiaire et de restreindre la liberté d’organiser leur temps de travail, une liberté dont disposent ces personnes lorsqu’elles sont indépendantes. De même, un travailleur indépendant est libre d’organiser ses priorités et pauses, et donc de déterminer son rythme de travail. Si cette capacité est limitée, la plateforme se comporte alors en employeur.

Concernant le cinquième critère, la capacité à nouer une relation commerciale avec son client est inhérente au statut d’indépendant. Si cette capacité est limitée, et que c’est la plateforme qui conserve l’exclusivité commerciale avec ses clients, elle agit alors en tant qu’employeur. Cette liste de critères n’est pas exhaustive.

Amendement 13

Chapitre II, Article 4 — Présomption légale, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres prennent des mesures d’accompagnement pour garantir la mise en œuvre effective de la présomption légale prévue au paragraphe 1, tout en tenant compte de son incidence sur les start-up, en évitant qu’elle s’applique aux véritables travailleurs non salariés et en soutenant la croissance durable des plateformes de travail numériques. Ils doivent en particulier:

Les États membres prennent des mesures d’accompagnement pour garantir la mise en œuvre effective de la présomption légale prévue au paragraphe 1, tout en tenant compte de son incidence sur les start-up, en évitant qu’elle s’applique aux véritables travailleurs non salariés , en respectant pleinement l’autonomie des partenaires sociaux et en soutenant la croissance durable des plateformes de travail numériques. Ils doivent en particulier:

f)

veiller à ce que les informations sur l’application de la présomption légale soient mises à la disposition du public sous une forme claire, complète et aisément accessible;

f)

veiller à ce que les informations sur l’application de la présomption légale soient mises à la disposition du public sous une forme claire, complète et aisément accessible;

g)

élaborer des orientations à l’intention des plateformes de travail numériques, des personnes exécutant un travail via une plateforme et des partenaires sociaux pour qu’ils comprennent et mettent en œuvre la présomption légale, ainsi que les procédures permettant de la renverser conformément à l’article 5;

g)

élaborer des orientations à l’intention des plateformes de travail numériques, des personnes exécutant un travail via une plateforme et des partenaires sociaux pour qu’ils comprennent et mettent en œuvre la présomption légale, ainsi que les procédures permettant de la renverser conformément à l’article 5;

h)

élaborer des orientations à l’intention des autorités chargées de faire respecter la législation pour qu’elles ciblent et poursuivent de manière proactive les plateformes de travail numériques qui ne respectent pas les règles;

h)

élaborer des orientations à l’intention des plateformes de travail numériques et des personnes exécutant un travail via une plateforme pour assurer la détermination correcte du secteur d’activité auquel ils sont rattachés et permettre la pleine mise en œuvre de la législation et des conventions collectives applicables à ce secteur;

i)

renforcer les contrôles et les inspections sur le terrain effectués par les inspections du travail ou les organismes chargés de faire respecter le droit du travail, tout en veillant à ce que ces contrôles et inspections soient proportionnés et non discriminatoires.

i)

élaborer des orientations à l’intention des autorités chargées de faire respecter la législation pour qu’elles ciblent et poursuivent de manière proactive les plateformes de travail numériques qui ne respectent pas les règles;

j)

renforcer les contrôles et les inspections sur le terrain effectués par les inspections du travail ou les organismes chargés de faire respecter le droit du travail, tout en veillant à ce que les autorités chargées de faire respecter la législation disposent des effectifs et de la formation nécessaires afin de s’assurer que ces contrôles et inspections sont efficaces, proportionnés et non discriminatoires.

Exposé des motifs

Afin d’assurer la sécurité juridique et la transparence aux parties concernées, il est essentiel de permettre à la présomption de clarifier, au-delà des statuts d’employeur, de salarié ou d’indépendant, quelles sont les normes tant législatives qu’issues de conventions collectives, dans le plein respect de l’autonomie des partenaires sociaux, s’appliquant aux travailleurs et à la plateforme. Dans le même temps, les autorités chargées de faire respecter la législation devraient être en mesure d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des plateformes de travail numériques qui ne respectent pas les règles.

En outre, le travail via une plateforme numérique peut-être très dispersé géographiquement et dans le temps, ce qui peut rendre son contrôle difficile avec des effectifs réduits. De plus, ce contrôle peut nécessiter des connaissances spécifiques au fonctionnement de la plateforme, auxquelles les autorités compétentes doivent être formées pour poursuivre cette tâche de manière à produire des résultats satisfaisants.

Amendement 14

Chapitre II, Article 5 — Possibilité de renverser la présomption légale

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres veillent à ce qu’une procédure judiciaire ou une procédure administrative, voire les deux, permette à chacune des parties de renverser la présomption légale prévue à l’article 4.

Les États membres veillent à ce qu’une procédure judiciaire ou une procédure administrative, voire les deux, permette à chacune des parties de renverser la présomption légale prévue à l’article 4.

Lorsque la plateforme de travail numérique affirme que la relation contractuelle en question n’est pas une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans l’État membre en question, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice, la charge de la preuve incombe à la plateforme de travail numérique. Ces procédures ne suspendent pas l’application de la présomption légale.

Lorsque la plateforme de travail numérique affirme que la relation contractuelle en question n’est pas une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans l’État membre en question, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice, la charge de la preuve incombe à la plateforme de travail numérique qui doit alors démontrer comment la relation contractuelle pour laquelle sa qualité d’employeur est établie en vertu de l’article 4 échappe à la qualification de relation de travail . Ces procédures ne suspendent pas l’application de la présomption légale.

Lorsque la personne qui exécute un travail via une plateforme affirme que la relation contractuelle en question n’est pas une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans l’État membre en question, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice, la plateforme de travail numérique est tenue de contribuer au bon déroulement de la procédure, notamment en fournissant toutes les informations pertinentes dont elle dispose.

Lorsque la personne qui exécute un travail via une plateforme affirme que la relation contractuelle en question n’est pas une relation de travail au sens du droit, des conventions collectives ou de la pratique en vigueur dans l’État membre en question, eu égard à la jurisprudence de la Cour de justice, la plateforme de travail numérique est tenue de contribuer au bon déroulement de la procédure, notamment en fournissant toutes les informations pertinentes dont elle dispose.

Exposé des motifs

Afin de garantir l’efficacité de la présomption légale prévue à l’article 4, il est essentiel que les modalités de sa réfutation soient encadrées. La charge de la preuve qui incombe à la plateforme doit donc être renforcée, et ne doit en aucun cas affaiblir la présomption légale elle-même.

Amendement 15

Chapitre III «Gestion algorithmique», Article 6 — Transparence et utilisation des systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les plateformes de travail numériques fournissent les informations visées au paragraphe 2 sous forme de document qui peut être électronique. Elles fournissent ces informations au plus tard le premier jour ouvré, ainsi qu’en cas de modifications substantielles et à tout moment à la demande des travailleurs des plateformes. Les informations sont présentées sous une forme concise, transparente, intelligible et facilement accessible, dans un langage clair et simple.

Les plateformes de travail numériques fournissent les informations visées au paragraphe 2 sous forme de document qui peut être électronique. Elles fournissent ces informations au plus tard le premier jour ouvré, ainsi qu’en cas de modifications substantielles et à tout moment à la demande des travailleurs des plateformes. Les informations sont présentées sous une forme concise, transparente, intelligible et facilement accessible, dans les langues officielles de l’État membre où le travailleur exerce son activité, dans un langage clair et simple.

Exposé des motifs

La possibilité de recevoir les informations visées dans cet article dans les langues officielles du pays où le travailleur exerce son activité est essentielle à la bonne compréhension de ces informations.

Amendement 16

Chapitre III «Gestion algorithmique», Article 6 — Transparence et utilisation des systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. Les plateformes de travail numériques ne traitent aucune donnée à caractère personnel concernant les travailleurs des plateformes qui ne sont pas intrinsèquement liées et strictement nécessaires à l’exécution du contrat conclu entre le travailleur de plateforme et la plateforme de travail numérique. En particulier, elles ne peuvent:

5. Les plateformes de travail numériques ne traitent aucune donnée à caractère personnel concernant les travailleurs des plateformes qui ne sont pas intrinsèquement liées et strictement nécessaires à l’exécution du contrat conclu entre le travailleur de plateforme et la plateforme de travail numérique. En particulier, elles ne peuvent:

a)

traiter aucune donnée à caractère personnel concernant l’état émotionnel ou psychologique du travailleur de plateforme;

a)

traiter aucune donnée à caractère personnel concernant l’état émotionnel ou psychologique du travailleur de plateforme;

b)

traiter aucune donnée à caractère personnel relatives à la santé du travailleur de plateforme, sauf dans les cas prévus à l’article 9, paragraphe 2, points b) à j), du règlement (UE) 2016/679;

b)

traiter aucune donnée à caractère personnel relatives à la santé du travailleur de plateforme, sauf dans les cas prévus à l’article 9, paragraphe 2, points b) à j), du règlement (UE) 2016/679;

c)

traiter aucune donnée à caractère personnel liée à des conversations privées, y compris les échanges avec les représentants des travailleurs des plateformes;

c)

traiter aucune donnée à caractère personnel liée à des conversations privées, y compris les échanges avec les représentants des travailleurs des plateformes;

d)

collecter aucune donnée à caractère personnel alors que le travailleur de plateforme ne propose pas ou n’exécute pas de travail via une plateforme.

(d)

utiliser aucune donnée collectée pour établir ou déduire l’adhésion ou l’affiliation à un syndicat ou la participation à une activité syndicale;

e)

collecter aucune donnée à caractère personnel alors que le travailleur de plateforme ne propose pas ou n’exécute pas de travail via une plateforme.

Exposé des motifs

Au-delà des échanges avec les représentants des travailleurs, il est essentiel d’éviter que les données des travailleurs ne soient utilisées dans le but de limiter, empêcher ou sanctionner leur organisation et leur action collective.

Amendement 17

Chapitre III «Gestion algorithmique», Article 7 — Surveillance humaine des systèmes automatisés, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Sans préjudice de la directive 89/391/CEE du Conseil et des directives connexes dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail, les plateformes de travail numériques:

Sans préjudice de la directive 89/391/CEE du Conseil et des directives connexes dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail, les plateformes de travail numériques:

a)

évaluent les risques que présentent les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés pour la sécurité et la santé des travailleurs des plateformes, notamment en ce qui concerne les risques d’accident du travail, les risques psychosociaux et ergonomiques;

a)

évaluent , avec la participation des travailleurs et après les avoir consultés ou par l’intermédiaire de leurs représentants, les risques que présentent les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés pour la sécurité et la santé des travailleurs des plateformes, notamment en ce qui concerne les risques d’accident du travail, les risques psychosociaux et ergonomiques;

b)

évaluent si les garanties de ces systèmes sont adaptées aux risques recensés compte tenu des caractéristiques spécifiques de l’environnement de travail;

b)

évaluent , avec la participation des travailleurs et après les avoir consultés ou par l’intermédiaire de leurs représentants, si les garanties de ces systèmes sont adaptées aux risques recensés compte tenu des caractéristiques spécifiques de l’environnement de travail;

c)

établissent des mesures de prévention et de protection appropriées.

c)

établissent , avec la participation des travailleurs et après les avoir consultés ou par l’intermédiaire de leurs représentants, des mesures de prévention et de protection appropriées;

d)

Les plateformes de travail numériques mettent les informations susmentionnées à la disposition des autorités du travail, des autorités de la protection sociale et des autres autorités compétentes en matière de santé et de sécurité au travail, et à la disposition des représentants des personnes exécutant un travail via une plateforme dans l’exercice de leurs fonctions représentatives.

Exposé des motifs

S’il est essentiel que les plateformes de travail numériques évaluent et préviennent les risques que présentent les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés pour la sécurité et la santé des travailleurs des plateformes, l’autorégulation est insuffisante. Il est tout aussi essentiel d’impliquer les autorités du travail, les autorités de la protection sociale et les autres autorités compétentes en matière de santé et de sécurité au travail dans cette démarche, ainsi que les travailleurs eux-mêmes et leurs représentants.

Amendement 18

Chapitre III «Gestion algorithmique», Article 8 — Évaluation humaine des décisions importantes, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Évaluation humaine des décisions importantes

Contrôle humain des décisions importantes

1. Les États membres veillent à ce que les travailleurs des plateformes aient le droit d’obtenir de la plateforme de travail numérique une explication de toute décision prise ou appuyée par un système de prise de décision automatisé qui a une incidence significative sur les conditions de travail du travailleur de plateforme, conformément à l’article 6, paragraphe 1, point b). En particulier, les États membres veillent à ce que les plateformes de travail numériques permettent aux travailleurs des plateformes de s’adresser à une personne de contact désignée par la plateforme de travail numérique pour discuter et clarifier les faits, les circonstances et les raisons ayant conduit à la décision. Les plateformes de travail numériques veillent à ce que ces personnes de contact aient la compétence, la formation et l’autorité nécessaires pour exercer cette fonction.

1. Les États membres veillent à ce que les travailleurs des plateformes aient le droit d’obtenir de la plateforme de travail numérique une explication , dans les langues officielles de l’État membre où le travailleur exerce son activité, de toute décision appuyée par un système de prise de décision automatisé qui a une incidence significative sur les conditions de travail du travailleur de plateforme, conformément à l’article 6, paragraphe 1, point b). En particulier, les États membres veillent à ce que les plateformes de travail numériques permettent aux travailleurs des plateformes de s’adresser à une personne de contact désignée par la plateforme de travail numérique pour discuter et clarifier les faits, les circonstances et les raisons ayant conduit à la décision. Les plateformes de travail numériques veillent à ce que ces personnes de contact aient la compétence, la formation et l’autorité nécessaires pour exercer cette fonction.

Les plateformes de travail numériques fournissent au travailleur de plateforme un exposé écrit des raisons de toute décision prise ou appuyée par un système de prise de décision automatisé visant à restreindre, suspendre ou résilier le compte du travailleur de plateforme, de toute décision de refuser la rémunération du travail exécuté par le travailleur de plateforme, de toute décision relative au statut contractuel du travailleur de plateforme ou de toute décision ayant des effets similaires.

Les plateformes de travail numériques veillent à ce que toute décision visant à restreindre, suspendre ou résilier le compte du travailleur de plateforme, toute décision qui affecte ou modifie les conditions de travail du travailleur de plateforme, telle que refuser ou modifier la rémunération du travail exécuté par le travailleur de plateforme, toute décision relative au statut contractuel du travailleur de plateforme ou toute décision ayant des effets similaires, y compris la limitation du temps de travail, ne soit pas fondée exclusivement sur un traitement automatisé. Les plateformes de travail numériques fournissent au travailleur de plateforme un exposé écrit des raisons de toute décision appuyée par un système de prise de décision automatisé visant à restreindre, suspendre ou résilier le compte du travailleur de plateforme, de toute décision de refuser ou modifier les conditions de travail du travailleur de plateforme, telle que la rémunération du travail exécuté par le travailleur de plateforme, de toute décision relative au statut contractuel du travailleur de plateforme ou de toute décision ayant des effets similaires.

Lesdites plateformes fournissent au travailleur de plateforme les coordonnées de la personne de contact désignée par la plateforme de travail numérique pour discuter et clarifier les faits, les circonstances et les raisons ayant conduit à la décision.

Les plateformes de travail numériques fournissent au travailleur de plateforme, à sa demande, l’historique des évaluations ou notations remises par les destinataires de ses services, tout en lui garantissant le droit à l’oubli et à la rectification prévus par le règlement général sur la protection des données (1) .

Exposé des motifs

Les droits et obligations doivent être formulés clairement, au-delà de la simple formulation de la demande par le travailleur.

En outre, au-delà d’un droit à la justification objective et raisonnée d’une décision s’appuyant sur des algorithmes, les travailleurs des plateformes doivent avoir le droit à une décision prise par un responsable ou superviseur humain, capable de prendre en compte le contexte dans lequel elle s’applique, au-delà de facteurs prévus par un algorithme. Ce droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé est notamment reconnu à l’article 22 du règlement général sur la protection des données (RGPD).

Il faut également noter que la portabilité des données des travailleurs est essentielle à des fins d’évolution professionnelle. Il est donc important que les travailleurs des plateformes puissent faire valoir leur expérience et la qualité de leur travail sur une plateforme auprès d’un autre employeur ou d’une autre plateforme. Enfin, les plateformes de travail numériques doivent fournir un accès à une personne de contact, y compris dans sa dimension pratique.

Amendement 19

Chapitre III «Gestion algorithmique», Article 9 — Information et consultation, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les représentants des travailleurs des plateformes ou les travailleurs des plateformes concernés peuvent être assistés par un expert de leur choix, dans la mesure où ils en ont besoin pour examiner la question faisant l’objet de l’information et de la consultation et formuler un avis. Lorsqu’une plateforme de travail numérique compte plus de cinq cents travailleurs de plateforme dans un État membre, les dépenses afférentes à l’expert sont supportées par la plateforme de travail numérique, à condition qu’elles soient proportionnées.

Les représentants des travailleurs des plateformes ou les travailleurs des plateformes concernés peuvent être assistés par un expert de leur choix, dans la mesure où ils en ont besoin pour examiner la question faisant l’objet de l’information et de la consultation et formuler un avis. Lorsqu’une plateforme de travail numérique compte plus de cinquante travailleurs de plateforme dans un État membre, conformément au champ d’application de la directive 2002/14/CE tel que défini en son article 3, paragraphe 1, point a), les dépenses afférentes à l’expert sont supportées par la plateforme de travail numérique, à condition qu’elles soient proportionnées.

Exposé des motifs

La directive 2002/14 à laquelle il est fait référence à l’article 9, paragraphe 1, prévoit en son article 3, paragraphe 1, point a), des dérogations pour les PME, en se référant à des seuils de 20 et 50 travailleurs. Il semble judicieux de reprendre ces seuils établis dans le droit de l’UE dans le projet de directive, afin d’éviter la multiplication de seuils différents dans des instruments législatifs s’appliquant aux mêmes entreprises et d’assurer la clarté des dispositions applicables. Le seuil de 500 travailleurs de plateforme soumet les travailleurs de plateforme et leurs représentants à des contraintes administratives et financières en ce qui concerne l’accès à un expert lorsqu’ils défendent leurs droits à l’information et à la consultation.

Amendement 20

Dispositions finales, Article 20 — Non-régression et dispositions plus favorables, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. La présente directive ne porte pas atteinte à la faculté des États membres d’appliquer ou d’instaurer des dispositions législatives, réglementaires ou administratives plus favorables aux travailleurs des plateformes, ou de favoriser ou de permettre l’application de conventions collectives qui sont plus favorables aux travailleurs des plateformes, conformément aux objectifs de la présente directive. En ce qui concerne les personnes exécutant un travail via une plateforme qui ne sont pas liées par une relation de travail, le présent paragraphe ne s’applique que dans la mesure où ces règles nationales sont compatibles avec les règles relatives au fonctionnement du marché intérieur.

2. La présente directive fixe des prescriptions minimales et ne peut empêcher un État membre de maintenir ou d’établir des mesures de protection plus strictes pour les travailleurs. Elle ne porte pas atteinte à la faculté des États membres d’appliquer ou d’instaurer des dispositions législatives, réglementaires ou administratives plus favorables aux travailleurs des plateformes, ou de favoriser ou de permettre l’application de conventions collectives qui sont plus favorables aux travailleurs des plateformes, conformément aux objectifs de la présente directive. En ce qui concerne les personnes exécutant un travail via une plateforme qui ne sont pas liées par une relation de travail, le présent paragraphe ne s’applique que dans la mesure où ces règles nationales sont compatibles avec les règles relatives au fonctionnement du marché intérieur.

Exposé des motifs

Conformément à l’article 153, paragraphe 2, point b), du TFUE, la directive fixe des prescriptions minimales pour améliorer les conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme. Les États membres peuvent donc maintenir ou établir d’autres mesures plus favorables s’appliquant aux travailleurs des plateformes, mais aussi à tous les travailleurs.

Amendement 21

Dispositions finales, Article 22 — Réexamen par la Commission

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Au plus tard [5 ans après l’entrée en vigueur], la Commission, après avoir consulté les États membres, les partenaires sociaux au niveau de l’Union et les principales parties intéressées et avoir pris en considération l’incidence sur les micros, petites et moyennes entreprises, examine la mise en œuvre de la présente directive et propose, s’il y a lieu, des modifications législatives.

Au plus tard [5 ans après l’entrée en vigueur], la Commission, après avoir consulté les États membres, les partenaires sociaux au niveau de l’Union et les principales parties intéressées , y compris le Comité européen des régions, et avoir pris en considération l’incidence sur les micros, petites et moyennes entreprises, examine la mise en œuvre de la présente directive et propose, s’il y a lieu, des modifications législatives.

Exposé des motifs

Les collectivités territoriales, que le Comité européen des régions représente au niveau européen, ont la capacité d’agir en faveur de l’amélioration des conditions de travail des travailleurs des plateformes.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

accueille positivement le train de mesures «visant à améliorer les conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme et à promouvoir une croissance durable des plateformes de travail numériques dans l’Union européenne», proposé par la Commission européenne le 9 décembre 2021;

2.

partage l’analyse de la Commission selon laquelle la qualification erronée du statut du travailleur et ses conséquences ont un impact au-delà du cadre du travail via une plateforme, alors même qu’elles sont particulièrement graves et urgentes dans l’économie des plateformes;

3.

souligne que la gestion algorithmique et ses conséquences pour les travailleurs, salariés et indépendants, ont également un impact au-delà du cadre du travail via une plateforme, où elles sont inhérentes au modèle économique des plateformes;

4.

rappelle que son avis (1) sur le travail sur les plateformes numériques avait souligné les défis que constituent ces deux phénomènes pour les travailleurs de plateformes;

5.

se félicite que la proposition de directive de la Commission européenne propose un cadre général visant à lutter contre la qualification erronée du statut professionnel dans le contexte du travail via une plateforme et établit de nouveaux droits matériels pour les personnes exécutant un travail via une plateforme visant à garantir l’équité, la transparence et la responsabilité dans la gestion algorithmique;

Présomption réfragable de relation de travail

6.

accueille positivement le mécanisme de présomption réfragable de relation de travail et l’inversion de la charge de la preuve prévus par la directive pour déterminer correctement le statut professionnel des personnes exécutant un travail via une plateforme. En définitive, c’est ainsi au niveau national que la relation contractuelle est évaluée et déterminée;

7.

souligne qu’il est important que la présomption de relation de travail ouvre accès pour les travailleurs des plateformes concernés à l’ensemble des droits, issus de la législation ou de conventions collectives, que garantissent les statuts d’indépendant et de salarié, y compris le droit à la formation;

8.

souligne également que l’application de la présomption de relation de travail implique que les plateformes remplissent les obligations que leur impose la législation nationale applicable en termes de taxation du travail et des revenus, de diligence raisonnable et de responsabilité sociale des entreprises;

9.

estime que la présomption réfragable de relation de travail bénéficiera également aux vrais travailleurs indépendants, en ce qu’elle imposera aux plateformes de renoncer à leur éventuelle subordination et d’assurer à ces travailleurs toute la flexibilité caractéristique de leur statut;

Gestion algorithmique

10.

accueille positivement les dispositions de la directive visant à protéger les travailleurs des plateformes des risques liés aux systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés et à la gestion algorithmique;

11.

se félicite à cet égard des règles qui sont proposées concernant les voies de recours et l’application du droit. Il subsistait jusqu’à présent des lacunes dans leur mise en œuvre, en particulier dans les contextes internationaux. L’application internationale du droit s’avère particulièrement difficile dans le cadre des sociétés de plateforme et il convient d’assurer une coopération efficace entre les autorités des États membres, de même qu’il doit être possible, même par-delà les frontières, de faire valoir ses prérogatives juridiques en temps utile;

12.

se félicite que la proposition à l’examen n’affecte pas les définitions nationales du «travailleur» et que la procédure proposée vise à déterminer si la relation contractuelle est une relation de travail au sens des définitions nationales;

13.

souligne l’importance d’une décision prise par une personne humaine pour toute décision relevant des ressources humaines, telles que la rémunération, la promotion, la limitation ou la suspension du travailleur;

14.

constate l’augmentation du recours à la gestion algorithmique et aux systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés hors du cadre du travail via une plateforme;

15.

invite la Commission européenne à proposer un cadre réglementaire visant à étendre les droits reconnus aux travailleurs, salariés et indépendants, des plateformes, en matière de gestion algorithmique, à l’ensemble des travailleurs confrontés à des systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés dans le cadre de leur activité professionnelle, y compris hors du cadre de travail via une plateforme;

16.

se dit favorable à un système permettant aux travailleurs des plateformes de communiquer des informations en retour sur les systèmes de surveillance et de prise de décision automatisés par l’intermédiaire de l’infrastructure numérique de la plateforme de travail. Ce système pourrait constituer un indicateur et un élément importants pour la surveillance efficace des systèmes automatisés, et de cette manière contribuer à l’assurance de la qualité au sens de la protection des droits fondamentaux aussi bien qu’à une plus grande satisfaction au travail;

Protection des travailleurs indépendants

17.

souligne qu’il est nécessaire que les plateformes numériques fournissent des informations complètes sur les conditions de travail et toute décision significative importante pour les travailleurs des plateformes dans la ou les langues officielles de l’État membre où le travailleur concerné effectue son travail, ainsi que, dans toute la mesure du possible, dans la langue dudit travailleur ou dans la langue la plus largement parlée dans la région concernée;

18.

invite les États membres à mettre en œuvre la recommandation 2019/C 387/01 du Conseil relative à l’accès des travailleurs salariés et non salariés à la protection sociale (2) dans son intégralité afin de garantir une couverture formelle et effective, l’adéquation et la transparence des régimes de protection sociale pour tous les travailleurs salariés et non salariés;

19.

attire l’attention sur la question de l’égalité entre les hommes et les femmes en rapport avec les dispositifs à l’examen. Les femmes assumant des responsabilités familiales apprécient tout particulièrement la flexibilité qu’offre le travail via une plateforme sur le plan des horaires, mais parfois aussi du lieu de travail. Ce sont elles qui pourrait pâtir le plus d’une gestion algorithmique des horaires de travail qui pénaliserait par exemple les travailleurs affichant des périodes de «productivité réduite»;

20.

souligne l’importance du projet de lignes directrices sur l’application du droit de la concurrence de l’UE aux conventions collectives des travailleurs indépendants n’employant aucun salarié, avancé par la Commission européenne pour clarifier les modalités d’organisation que les indépendants sans salariés peuvent mettre en œuvre dans leur relation aux plateformes, y compris leur capacité à créer des organisations professionnelles;

21.

constate que les travailleurs des plateformes sont bien souvent empêchés d’exercer leurs droits fondamentaux à la liberté d’association et à la négociation collective, notamment par manque d’outils de communication communs et de possibilités de se réunir en ligne ou en personne. C’est pourquoi des canaux de communication adéquats ainsi qu’un droit d’accès des syndicats via l’infrastructure numérique des plateformes de travail doivent être garantis;

22.

insiste sur le fait que ces lignes directrices ne devront concerner que les personnes correctement qualifiées d’indépendants sans salariés et non les travailleurs susceptibles d’être requalifiés en application de la présomption légale prévue par la directive;

Dimension locale et régionale

23.

regrette que la proposition de directive ne fasse pas référence aux collectivités locales et régionales, alors même que, dans de nombreux États membres, les autorités infranationales ont des compétences en matière de mise en œuvre de la législation sur le travail et de détermination du statut des travailleurs;

24.

invite les États membres et les collectivités locales et régionales à soutenir les initiatives locales visant à garantir un travail de plateforme plus équitable, telles que la création de plateformes numériques de travail sous le statut de coopératives de travailleurs, et à réduire la fracture numérique existante dans différents contextes géographiques et démographiques (régions moins développées);

25.

rappelle par ailleurs que dans son avis sur «Le travail sur les plateformes numériques — Les enjeux réglementaires au niveau local et régional» (3), il avait souligné la capacité des collectivités locales et régionales à agir pour améliorer les conditions de travail des travailleurs des plateformes, que ce soit en instaurant des mesures d’aide sociale pour les formes d’emploi atypiques, en intégrant dans les paramètres d’attribution des marchés publics ouverts aux plateformes des critères sociaux relatifs aux conditions de travail sur lesdites plateformes, ou en recourant aux services d’inspection du travail ou à un organisme ou une institution équivalents pour mener des poursuites, dans le cadre de leurs compétences, contre le rattachement abusif de travailleurs à une catégorie donnée;

26.

relève qu’il importe non seulement de veiller à la participation des collectivités locales et régionales à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme, mais aussi de s’assurer qu’un soutien et une formation leur sont fournis afin de renforcer leurs compétences dans ce domaine, d’autant plus qu’elles peuvent se voir confier des tâches de surveillance et de mise en œuvre de la législation;

Proportionnalité et subsidiarité

27.

estime que le projet de directive respecte les principes de proportionnalité et de subsidiarité. La valeur ajoutée de l’action de l’UE dans ce domaine et les bases juridiques pertinentes choisies par la Commission sont claires et cohérentes. Le Comité européen des régions se félicite également que la Commission ait soumis une grille d’évaluation de la subsidiarité en accompagnement de sa proposition législative.

Bruxelles, le 29 juin 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).

(1) COR-2019-02655.

(2) Recommandation du Conseil du 8 novembre 2019 relative à l’accès des travailleurs salariés et non-salariés à la protection sociale (2019/C 387/01) (JO C 387 du 15.11.2019, p. 1).

(3) COR-2019-02655.


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