| CELEX | 52022BP1689 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/30 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1689 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section II — Conseil européen et Conseil
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section II — Conseil européen et Conseil, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement, |
| — | vu l’avis de la commission des affaires constitutionnelles, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0067/2022), |
| A. | considérant qu’en vertu de l’article 319 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), le Parlement est seul responsable de l’octroi de la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union et que le budget du Conseil européen et du Conseil est une section du budget de l’Union; |
| B. | considérant qu’en vertu de l’article 15, paragraphe 1, du traité sur l’Union européenne, le Conseil européen n’exerce pas de fonctions législatives; |
| C. | considérant qu’en vertu de l’article 317 du traité FUE la Commission exécute le budget sous sa propre responsabilité et conformément au principe de la bonne gestion financière et que, selon le cadre en vigueur, la Commission confère aux autres institutions de l’Union les pouvoirs nécessaires à l’exécution des sections du budget qui les concernent; |
| D. | considérant qu’en vertu de l’article 235, paragraphe 4, et de l’article 240, paragraphe 2, du traité FUE, le Conseil européen et le Conseil (ci-après le «Conseil») sont assistés par le secrétariat général du Conseil (ci-après le «SGC»), et le secrétaire général est entièrement responsable de la bonne gestion de l’inscription des crédits à la section II du budget; |
| E. | considérant que, depuis près de vingt ans, le Parlement applique la pratique établie et respectée consistant à octroyer la décharge à chaque institution, organe et organisme de l’Union et que la Commission soutient que la pratique consistant à donner décharge à chaque institution pour leurs dépenses administratives devrait se poursuivre; |
| F. | considérant que, depuis 2009, le manque de coopération du Conseil dans le cadre de la procédure de décharge a conduit le Parlement à refuser de donner décharge au secrétaire général du Conseil; |
| G. | considérant, dans le contexte de la procédure de décharge, que l’autorité de décharge tient à souligner qu’il est particulièrement important de renforcer davantage la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et la responsabilité et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines; |
| H. | considérant que le Conseil européen et le Conseil, en tant qu’institutions de l’Union et bénéficiaires du budget général de l’Union, doivent faire preuve de transparence, être démocratiquement responsables devant les citoyens de l’Union et faire l’objet d’un contrôle démocratique de l’utilisation des fonds publics; |
| I. | considérant que la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne confirme le droit des contribuables et du public à être tenus informés de l’utilisation des recettes publiques; |
| J. | considérant que la recommandation de la Médiatrice européenne (ci-après la «Médiatrice») dans l’affaire OI/2/2017/TE indiquait que les pratiques du Conseil quant à la transparence du processus législatif constituaient un cas de mauvaise administration et devraient être examinées pour permettre aux citoyens de suivre le processus législatif de l’Union; |
| 1. | constate avec satisfaction que la Cour des comptes (ci-après la «Cour») n’a relevé, dans le cas du Conseil, aucune déficience notable lors de sa vérification des domaines liés aux ressources humaines et aux marchés publics; |
| 2. | souligne que, sur la base de ses travaux d’audit, la Cour a conclu que les paiements relatifs aux dépenses administratives des institutions de l’Union, y compris ceux du Conseil pour l’exercice 2020 étaient, dans leur ensemble, exempts d’erreur significative; |
| 3. | se félicite que la Cour n’ait relevé aucun problème particulier quant à la régularité des opérations ou à la suite de l’examen du système de surveillance et de contrôle du Conseil; |
| 4. | est conscient que le chapitre 9 «Administration» du rapport annuel de la Cour est axé sur les dépenses relatives aux ressources humaines, aux immeubles, à l’équipement, à l’énergie, aux communications et aux technologies de l’information et que la Cour indique que ces dépenses présentent un risque faible; |
Gestion budgétaire et financière
| 5. | note qu’en 2020, le Conseil disposait d’un budget global d’un montant de 590 633 000 EUR (contre 581 895 459 EUR en 2019); observe une augmentation du budget de 1,5 % par rapport à 2019, ce qui confirme une tendance à la baisse dans l’augmentation du budget annuel (1,6 % en 2019, 2 % en 2018 et 3 % en 2017); note que la part du Conseil dans la rubrique 5 du cadre financier pluriannuel est passée de 6,3 % en 2015 à 5,8 % en 2020; constate un taux d’exécution global de 93,15 % (contre 92,3 % en 2019); |
| 6. | comprend que le budget du Conseil est essentiellement administratif, une partie importante de celui-ci étant consacrée aux dépenses liées au personnel, aux immeubles (y compris au mobilier et aux équipements) et à divers frais de fonctionnement; réitère son appel, qu’il a déjà formulé dans de précédentes résolutions budgétaires, à séparer les budgets du Conseil européen et du Conseil pour améliorer la transparence, la responsabilité et l’efficacité des dépenses pour les deux institutions; |
| 7. | rappelle que les crédits reportés de 2019 à 2020 correspondaient à un total de 52 543 491 EUR (contre 56 599 584 EUR de 2018 à 2019) et se félicite que le taux d’exécution se soit élevé à 86,4 % (45 375 664 EUR), principalement concentré sur les immeubles, les systèmes informatiques, l’interprétation et l’équipement technique; |
| 8. | constate une augmentation du report de crédits de 2020 à 2021 (12,6 % contre 9,8 % de 2019 à 2020); rappelle au Conseil que les reports constituent des exceptions au principe d’annualité du budget de l’Union et pourraient être un indicateur de surestimations du budget, et invite le Conseil à redoubler d’efforts pour éviter les surestimations budgétaires; |
| 9. | observe qu’en 2020 les paiements du Conseil ont représenté 5,2 % du budget de l’Union; note que le délai de paiement moyen des factures au SGC était de 20 jours en 2020 (contre 19 en 2019), le délai maximal étant de 30 jours civils conformément à la directive 2011/7/UE du Parlement européen et du Conseil (1); |
| 10. | relève que la pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur l’exécution du budget de 2020; observe que la baisse du nombre de réunions physiques s’est traduite par une diminution des dépenses liées aux frais de transport des délégués et aux coûts d’interprétation; note que cette sous-utilisation des crédits a été compensée au niveau budgétaire par une augmentation des dépenses informatiques afin de mettre rapidement en place les capacités nécessaires au travail à distance et d’assurer la continuité des activités; observe que ces dépenses couvraient les domaines liés à l’acquisition de nouveaux logiciels, à l’assistance technique et à la fourniture de matériel en vue de faciliter le télétravail; |
| 11. | note qu’en 2020 les crédits ont été réaffectés au moyen de 46 virements au titre de l’article 29 du règlement financier; observe que ces virements visaient à renforcer les capacités de télétravail et les infrastructures de vidéoconférence du Conseil, y compris l’achat d’équipement informatique, de licences et d’outils de communication supplémentaires; note que les virements ont globalement été effectués à partir des lignes budgétaires liées aux coûts d’interprétation, au nettoyage et à l’entretien, à la sécurité et à la surveillance des bâtiments et aux dépenses diverses concernant les réunions internes vers les lignes budgétaires liées aux travaux d’installation, à l’acquisition de matériel et de logiciels et à l’assistance pour la mise en place et l’exploitation des systèmes informatiques; |
| 12. | note qu’en 2020 la Cour a examiné, sans formuler d’observation, les procédures de passation des marchés organisées par le Conseil et trois autres institutions de l’Union pour acheter de nouveaux équipements de protection individuelle pour leur personnel et que ces marchés comportaient des exigences minimales strictes dans le cahier des charges, telles que des normes européennes de qualité de référence; est conscient que, dans quatre cas, le soumissionnaire retenu n’a pas fourni la preuve complète que toutes les exigences minimales de qualité étaient remplies au moment de la conclusion du contrat, ce qui a forcé le Conseil à organiser des tests de laboratoire pour montrer que l’équipement de protection individuelle était effectivement conforme; |
Gestion interne, performances, contrôle interne
| 13. | note que l’apparition inattendue de la pandémie de COVID-19 et la situation exceptionnelle qui en a découlé exigeaient des actions immédiates et des mesures organisationnelles pour assurer la continuité des activités; note avec satisfaction que la réaction efficace et en temps utile du Conseil à cette crise a abouti à un certain nombre de mesures structurées dans plusieurs domaines pour protéger le personnel et assurer la continuité des activités; |
| 14. | observe que le Conseil utilise les réunions, la modernisation administrative et les activités législatives comme indicateurs quantitatifs du niveau d’activité au cours de l’année; observe que l’apparition de la pandémie de COVID-19 a abouti à une baisse de 54,1 % (4 148) du nombre total de réunions organisées en 2020 par rapport à 2019; relève qu’en 2020 le SGC a organisé 3 086 réunions institutionnelles et réunions avec les pays tiers (contre 3 983 en 2019) et 434 autres réunions (contre 3 685 en 2019) et que 39,2 % des réunions ont eu lieu à distance ou sous forme hybride; |
| 15. | se félicite des améliorations dans l’organisation interne du SGC, axées en particulier sur la nécessité de remédier aux limites opérationnelles découlant de la situation liée à la pandémie de COVID-19, comme l’augmentation des plateformes et de la bande passante pour le télétravail et l’installation de matériel approprié pour les vidéoconférences dans de petites salles de réunion afin de faciliter les réunions hybrides; |
| 16. | note qu’en 2020 le Conseil a maintenu son activité législative au même niveau qu’en 2019 en dépit des conditions de travail difficiles dues à la pandémie de COVID-19 avec la publication de 1 328 actes juridiques au Journal officiel de l’Union européenne en 2020 contre 1 326 en 2019; |
| 17. | prend acte de l’existence d’un cadre de contrôle interne au Conseil, destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des objectifs; constate que la gestion des risques s’effectue par la tenue de registres des risques recensés qui sont évalués avec l’incidence des mesures d’atténuation adoptées; |
| 18. | constate que l’auditeur interne du Conseil a réalisé un certain nombre d’audits dans le cadre du plan stratégique triennal du Conseil fondé sur les risques sans formuler de recommandations ayant une priorité élevée; |
| 19. | rappelle que les indicateurs de performance clés sont un outil largement reconnu pour mesurer la réalisation des objectifs; invite le Conseil à fournir, dans ses rapports de gestion, des résumés de ses indicateurs clés de performance ainsi que des résultats y afférents; |
Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel
| 20. | note que le tableau des effectifs pour 2020 était fixé à 3 029 postes (contre 3 033 en 2019), dont 2 905 étaient pourvus au 31 décembre 2020; observe que le taux d’occupation est proche de 96 %; |
| 21. | déplore l’absence d’informations sur la mise en œuvre du plan d’action du Conseil sur l’égalité des sexes et des mesures prises pour garantir que les personnes handicapées bénéficient des mêmes perspectives professionnelles que les autres au Conseil; invite le Conseil à fournir à l’autorité budgétaire des informations sur l’équilibre géographique et l’égalité des sexes au sein de son personnel, ainsi que sur le nombre d’agents handicapés et les politiques internes correspondantes en vigueur; |
| 22. | rappelle sa résolution du 17 décembre 2020 sur la nécessité d’une formation du Conseil sur l’égalité des genres, qui puisse servir de lieu de discussion institutionnel spécifique pour garantir une intégration renforcée de l’égalité des sexes dans les stratégies de l’Union, une coordination de toutes les politiques correspondantes et des progrès dans les principaux dossiers ayant trait à l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que l’harmonisation de la protection des droits des femmes et de l’égalité des sexes; déplore que le Conseil ait jusqu’à présent ignoré cet appel du Parlement; |
| 23. | rappelle que, conformément à l’article 286, paragraphe 2, du traité FUE, le Conseil nomme les membres de la Cour après consultation du Parlement et comprend les difficultés à atteindre l’équilibre hommes-femmes, étant donné que la nomination des candidats relève de la seule responsabilité des États membres et que chaque État membre ne peut désigner qu’un seul candidat à la fois; juge toutefois inacceptable que la Cour n’ait dénombré depuis sa création en 1977 que 16 membres féminins sur un total de 112 membres (soit 85,7 % d’hommes et 14,3 % de femmes) et que la Cour ne comptait dans ses rangs en 2020 que 8 femmes, contre 18 hommes; invite le Conseil à examiner la composition globale de la Cour afin que l’équilibre entre les sexes, en particulier, soit pris en compte dans les décisions de nomination, et à s’employer à résoudre ce problème par des mesures concrètes, telles que la présentation au Parlement d’au moins deux candidats de chaque État membre, une femme et un homme; |
| 24. | note que le plan de prévention interne des risques psychosociaux 2020-2022 a été adopté et met principalement l’accent sur la prévention du syndrome d’épuisement professionnel et les bonnes relations au travail; observe que le plan a été pleinement intégré à la réponse du SGC à la COVID-19 au moyen d’enquêtes sur les risques psychosociaux, de séances d’information et de formation spécifiques et de diverses interventions par le service social; note avec satisfaction le large soutien offert aux agents, équipes et responsables par les psychologues et travailleurs sociaux cliniques et organisationnels, dont les interventions en 2020 ont été étroitement liées à la COVID-19; |
| 25. | note qu’en 2020, un total de 385 personnes (en service actif et retraitées) ont fait appel au service social pour un total de 4 425 interventions, dont certaines étaient liées à la gestion du stress créé par la pandémie de COVID-19 et que le psychologue interne a traité 164 demandes individuelles; apprécie que les psychologues et les travailleurs sociaux fassent partie intégrante du plan d’intervention en cas d’incident grave; |
| 26. | note que le bureau des stages a traité plus de 10 000 demandes de stage, parmi lesquelles 110 stagiaires ont été sélectionnés, dont un certain nombre de stagiaires handicapés dans le cadre du nouveau programme d’action positive; réaffirme l’appel au Conseil visant à faire en sorte que tous ses stagiaires reçoivent une rémunération décente; |
Cadre éthique et transparence
| 27. | note que des actions de sensibilisation à l’éthique et aux comportements attendus sont menées; note que la prochaine stratégie en matière d’éthique était en préparation à la fin de 2020 et que les travaux ont avancé en ce qui concerne une nouvelle plateforme éthique axée sur les utilisateurs sur l’intranet du Conseil; déplore toutefois de ne pas avoir reçu d’informations à propos du code de conduite applicable à tous les membres du personnel; |
| 28. | se félicite de l’accord politique sur le registre de transparence pour les représentants d’intérêts conclu par le Parlement, le Conseil et la Commission le 15 décembre 2020 (2); regrette toutefois les limites évoquées à l’article 5 de la décision du Parlement du 27 avril 2021 sur la conclusion d’un accord interinstitutionnel entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur un registre de transparence obligatoire (3), notamment le fait que le registre de transparence ne s’applique aux représentants permanents des États membres que dans le cadre de régimes volontaires insiste pour que toutes les représentations permanentes y participent activement par des actions volontaires pendant et après la présidence du Conseil de leur État membre; prie le Conseil, y compris les représentants des États membres, d’harmoniser, d’améliorer et de faire appliquer les règles existantes en matière d’éthique, en particulier en ce qui concerne les conflits d’intérêts, le pantouflage et les règles de transparence en matière de lobbys; se déclare préoccupé par le fait que les dossiers législatifs sont de plus en plus souvent transmis au Conseil européen, qui n’a ni une fonction législative ni une fonction exécutive, et qui n’applique pas les mêmes normes de transparence car le Conseil n’est pas tenu de rendre des comptes; |
| 29. | déplore que les États membres aient recours au parrainage d’entreprises pour couvrir une partie des frais qu’ils doivent supporter pour financer leur présidence du Conseil; se déclare à nouveau préoccupé par le fait que cette pratique a causé et pourrait causer un préjudice d’image à l’avenir, car tout conflit d’intérêts réel ou supposé nuit à la réputation du Conseil et de l’Union dans son ensemble; rappelle les pétitions lancées par des organisations œuvrant dans les domaines de la transparence et de la responsabilité, qui demandent aux présidences tournantes du Conseil de refuser tout parrainage; déplore qu’un ensemble de règles communes claires, concrètes et contraignantes n’ait pas été défini dans le document d’orientation sur le parrainage inséré dans le manuel de la présidence du Conseil en 2021; comprend que les ressources financières provenant des budgets nationaux varient considérablement d’un État membre à l’autre et que chaque État membre, indépendamment de sa taille et de ses moyens budgétaires, devrait avoir les mêmes chances d’organiser avec succès la présidence du Conseil et, par conséquent, demande une nouvelle fois au Conseil d’examiner la budgétisation de la présidence du Conseil afin d’assurer la continuité et l’efficacité des travaux; |
| 30. | constate le rôle clé du Conseil dans les procédures de nomination et de désignation au sein des institutions et des organes de l’Union, y compris du président du Conseil européen, du président de la Commission, des membres de la Cour et des membres du Comité des régions et du Comité économique et social européen; recommande fermement de procéder à un examen de l’exercice de cette prérogative dans le but de garantir et de renforcer la participation démocratique des parties prenantes concernées; déplore que le Conseil ait, à plusieurs reprises, omis de prendre en considération les recommandations du Parlement dans son rôle consultatif en ce qui concerne la nomination des membres de la Cour; |
| 31. | rappelle les critiques formulées par la Cour des comptes dans son «rapport spécial no 13/2019: «Les cadres éthiques des institutions de l’UE auditées: des améliorations sont possibles», qui indiquent qu’une conduite éthique «contribue à améliorer la gestion financière et à renforcer la confiance du public, ce qui est indispensable pour garantir le succès des politiques publiques» et plus particulièrement que «tout comportement des agents et des membres des institutions et organes de l’UE contraire à l’éthique suscite un vif intérêt du public et sape la confiance dans l’Union»; invite par conséquent instamment le Conseil à respecter les avis du Parlement et à rejeter la nomination de candidats susceptibles de nuire à la crédibilité de l’Union, par exemple en raison d’une compétence professionnelle insuffisante ou d’un comportement contraire à l’éthique qui aurait été établi; |
| 32. | réaffirme son approbation sans réserve des recommandations de la Médiatrice européenne sur la transparence du processus législatif au sein du Conseil, formulées à la suite de son enquête stratégique (affaire OI/2/2017/TE), notamment en rendant les positions des États membres plus accessibles, dans un format lisible par machine, ce qui a déjà été établi en 2013 par la Cour de justice de l’Union européenne (4) dans sa jurisprudence sur la transparence et l’accès aux documents; est convaincu qu’appliquer les recommandations de la Médiatrice permettrait aux citoyens de participer davantage au travail législatif de l’Union et de mieux le comprendre; salue les mesures adoptées par le Conseil en juillet 2020 visant à renforcer la transparence législative conformément aux recommandations de la Médiatrice, y compris la publication proactive de rapports d’avancement des travaux sur les négociations concernant les projets d’actes législatifs, ainsi que le mandat du Conseil pour les négociations avec le Parlement; déplore toutefois que le processus décisionnel au Conseil soit encore loin d’être totalement transparent; invite le Conseil à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations de la Médiatrice et les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne en la matière; |
| 33. | réaffirme sa profonde inquiétude face aux situations confirmées de conflit d’intérêts dans lesquelles se trouve un certain nombre de représentants des États membres qui participent aux processus décisionnels politiques et budgétaires; fait suite aux précédents appels vigoureux adressés par le Parlement au Conseil, lui demandant de veiller à ce que les représentants des États membres susceptibles de bénéficier directement de subventions de l’Union par l’intermédiaire d’entreprises qui leur appartiennent ne participent pas aux discussions ni aux votes politiques ou budgétaires qui s’y rapportent; prie le Conseil d’informer le Parlement des mesures nécessaires qui ont été mises en place pour éviter les conflits d’intérêts; |
| 34. | partage les inquiétudes de la Cour en ce qui concerne l’absence de cadre éthique commun de l’Union régissant les travaux des représentants des États membres au Conseil, exprimées dans le rapport spécial de la Cour no 13/2019; rappelle que le Conseil a obligation de traiter et de résoudre les conflits d’intérêts à haut niveau et la question du pantouflage, et d’étendre le caractère obligatoire des règles existantes de transparence en matière de lobbys; |
| 35. | exhorte à nouveau le Conseil à mettre le code de conduite du président du Conseil européen en conformité avec ceux du Parlement et de la Commission, afin de mettre en place des règles permettant d’approuver les activités législatives de l’Union lorsque le(la) président(e) du Conseil européen a quitté son poste; |
Transformation numérique, cybersécurité, protection des données
| 36. | note que les crédits budgétaires finaux mis à la disposition de la direction générale «Services numériques» ont considérablement augmenté (10,6 millions d’EUR) lors des examens à mi-parcours et en fin d’année, pour atteindre un montant final de 54 675 000 EUR, et affichent un taux d’exécution de 99,99 %; |
| 37. | demande une nouvelle fois au Conseil de recourir à la technologie open source afin d’éviter d’être dépendant à l’égard de ses fournisseurs, de garder le contrôle de ses propres systèmes techniques, d’offrir des garanties plus strictes en matière de protection de la vie privée et des données des utilisateurs, ainsi que d’accroître la sécurité et la transparence pour le public; |
Bâtiments et sécurité
| 38. | observe que la politique immobilière du Conseil depuis 2004 vise à localiser à terme toutes ses activités à Bruxelles dans des bâtiments lui appartenant et concentrés dans un même périmètre; encourage le Conseil à ajuster sa stratégie immobilière pour tenir compte des régimes de travail qui deviendront probablement des modes de travail permanents ou à long terme, en particulier en ce qui concerne espaces partagés ou les zones multifonctionnelles; |
Environnement et durabilité
| 39. | salue les efforts consentis par le Conseil en vue de la réduction de l’empreinte environnementale globale de ses bâtiments, enregistrés depuis 2016 dans le cadre du système de management environnemental et d’audit de l’Union (EMAS); se réjouit de la publication, en octobre 2020, d’une déclaration environnementale détaillée s’appuyant sur les données de 2019; |
| 40. | note que, le 31 décembre 2020, le Conseil possédait 3 469 certificats d’énergie verte; est conscient que ces certificats sont attribués par le régulateur régional du marché de l’énergie sur la base de la production d’énergie en 2020 par les panneaux solaires installés sur le toit des bâtiments du Conseil et que, à la suite des procédures de ventes adaptées, ils seront vendus sur le marché libre en 2021; |
| 41. | invite le Conseil à s’engager explicitement en faveur d’une campagne «Zéro papier» et à adopter une approche structurée pour renforcer la mobilité durable des membres du personnel; encourage le Conseil à s’engager dans l’établissement de rapports sur la durabilité en ce qui concerne la gestion de l’énergie dans les bâtiments, permettant ainsi de prendre des mesures précises en faveur de la réduction de la consommation d’énergie; |
Communication et multilinguisme
| 42. | note l’augmentation du public sur plusieurs plateformes de médias sociaux de 2019 à 2020, avec près de 443 000 abonnés sur Facebook (une augmentation de 8 %), près de 561 000 abonnés sur Twitter (une augmentation de 22 %) et près de 167 000 abonnés sur Instagram (une augmentation de 37 %) observe une augmentation de 39 % des visites sur le site web du Conseil, soit au total plus de 16 millions de visites en 2020; encourage le Conseil à établir une présence sur des réseaux et médias sociaux ouverts afin de se montrer plus transparent et d’atteindre plus largement les citoyens de l’Union; |
| 43. | note que, dans le contexte de sa coopération renforcée avec les États membres sur la communication relative à la COVID-19, le Conseil a travaillé en collaboration avec le service européen pour l’action extérieure afin de mettre en place le portail de la Commission, une plateforme sécurisée utilisée pour partager du contenu numérique réutilisable avec les États membres; |
| 44. | est conscient que le Conseil a été la première institution de l’Union à créer une plateforme d’information sur la COVID-19 sur son site web dans le but d’expliquer, de manière régulière et globale, la réponse de l’Union en général et du Conseil en particulier à la pandémie; |
Coopération interinstitutionnelle
| 45. | invite le Conseil à respecter pleinement les obligations énoncées dans l’accord interinstitutionnel du 16 décembre 2020 entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière, ainsi que sur de nouvelles ressources propres, comportant une feuille de route en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres (5); |
| 46. | croit que la conférence sur l’avenir de l’Europe constitue une occasion pour les citoyens et les organisations de la société civile de l’Union d’exprimer leur avis et de débattre de propositions visant à renforcer la transparence et la responsabilité démocratique en ce qui concerne le budget de l’Union et, en particulier, de propositions d’amélioration de la transparence et de la lisibilité du budget du Conseil; |
État des lieux de la procédure de décharge
| 47. | souligne que le parlement a la prérogative d’accorder la décharge conformément à l’article 319 du traité FUE, ainsi que des dispositions applicables du règlement financier et du règlement intérieur du Parlement européen, conformément à l’interprétation et à la pratique actuelles, à savoir l’octroi de la décharge afin de préserver la transparence et de garantir le contrôle démocratique à l’égard des contribuables de l’Union; |
| 48. | souligne la pratique établie et respectée, suivie depuis près de vingt ans par le Parlement, consistant à octroyer la décharge à l’ensemble des institutions, organes, organismes et agences de l’Union; rappelle que la Commission a déclaré son incapacité à surveiller la mise en œuvre des budgets des autres institutions de l’Union; souligne la position réaffirmée de la Commission selon laquelle il convient de pérenniser, directement au niveau du Parlement, la pratique consistant à donner décharge à chaque institution de l’Union pour ses dépenses administratives; |
| 49. | souligne que la situation actuelle, dans laquelle le Parlement ne peut vérifier que les rapports de la Cour des comptes européenne et de la Médiatrice ainsi que les informations figurant sur le site web du Conseil, sans recevoir de réponse écrite ou orale du Conseil au cours de la procédure annuelle de décharge, à savoir dans laquelle le Conseil refuse de collaborer avec le Parlement dans le cadre de la procédure de décharge budgétaire annuelle, ne permet pas au Parlement de prendre des décisions informées sur l’octroi de la décharge; |
| 50. | déplore que le Conseil montre depuis plus de dix ans qu’il n’a aucune volonté politique de collaborer avec le Parlement dans le cadre de la procédure de décharge annuelle, ce qui ne permet pas au Parlement de prendre des décisions informées sur l’octroi de la décharge; souligne que cette attitude a un effet négatif durable sur les deux institutions et discrédite la gestion et le contrôle démocratique du budget de l’Union tout en portant atteinte à la confiance des citoyens dans l’Union en tant qu’entité transparente; déplore vivement le refus persistant du Conseil de s’engager dans une coopération loyale dans le cadre de la procédure de décharge, qui dure depuis plus d’une décennie; |
| 51. | souligne que, si la situation actuelle doit être améliorée par une meilleure coopération interinstitutionnelle dans le cadre des traités, une révision des traités est nécessaire afin de rendre la procédure de décharge plus claire et plus transparente, notamment pour charger explicitement le Parlement européen de donner décharge individuellement à tous les institutions, organes et organismes de l’Union; |
| 52. | rappelle que la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne va dans le sens du droit des contribuables et du public à être tenus informés de l’utilisation des recettes publiques; exige par conséquent le respect intégral des prérogatives du Parlement et de son rôle de garant du principe de responsabilité démocratique; invite le Conseil à respecter correctement les recommandations adoptées par le Parlement dans le cadre de la procédure de décharge; |
| 53. | estime inacceptable que la pandémie de COVID-19 et la situation exceptionnelle vécue aient été utilisées comme excuse pour ne pas reprendre les négociations sur la procédure de décharge; reste néanmoins convaincu qu’un accord à ce sujet est possible si le Conseil venait à faire preuve d’une quelconque volonté politique de collaboration; invite, par conséquent, le Conseil à reprendre les négociations avec le Parlement sans plus tarder pour trouver une solution dans le cadre actuel de la procédure de décharge s’il souhaite prouver aux citoyens de l’Union qu’il prend au sérieux son rôle de contrôle du budget ainsi que le principe de transparence du budget, tout en respectant les rôles respectifs du Parlement et du Conseil dans la procédure de décharge. |
(1) Directive 2011/7/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 concernant la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales (JO L 48 du 23.2.2011, p. 1).
(2) Accord interinstitutionnel du 20 mai 2021 entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur un registre de transparence obligatoire (JO L 207 du 11.6.2021, p. 1).
(3) JO C 506 du 15.12.2021, p. 127.
(4) Arrêt de la Cour de justice du 17 octobre 2013, Conseil de l’Union européenne/Access Info Europe, C-280/11 P, ECLI:EU:C:2013:671.