| CELEX | 52022BP1700 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/85 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1700 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section IV — Cour de justice de l’Union européenne
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section IV — Cour de justice de l’Union européenne, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission des affaires juridiques, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0066/2022), |
| A. | considérant, dans le contexte de la procédure de décharge, que l’autorité de décharge tient à souligner qu’il est particulièrement important de renforcer davantage la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et la responsabilité et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines; |
| 1. | constate avec satisfaction que la Cour des comptes (ci-après la «Cour») n’a relevé aucune déficience notable lors de la vérification des domaines liés aux ressources humaines et aux marchés publics pour la Cour de justice de l’Union européenne (ci-après la «CJUE»); |
| 2. | souligne que, sur la base de ses travaux d’audit, la Cour a conclu que les paiements relatifs aux dépenses administratives des institutions, y compris ceux de la CJUE, pour l’exercice 2020 étaient, dans leur ensemble, exempts d’erreur significative; |
| 3. | se félicite que la Cour n’ait décelé aucun problème spécifique concernant la régularité des opérations; |
| 4. | est conscient que le chapitre 9 du rapport annuel de la Cour, intitulé «Administration», est consacré aux dépenses en matière de ressources humaines, de bâtiments, d’équipements, d’énergie, de communication et de technologies de l’information, et que la Cour indique que ces dépenses sont à faible risque; |
Gestion budgétaire et financière
| 5. | relève que le budget de la CJUE est essentiellement administratif, un montant important étant consacré aux dépenses liées aux ressources humaines, aux bâtiments et au mobilier, aux équipements et à diverses dépenses de fonctionnement; observe qu’en 2020, il s’élevait à 436,6 millions d’EUR (contre 429,5 millions d’EUR en 2019 et 410 millions d’EUR en 2018); |
| 6. | constate avec satisfaction le taux élevé d’exécution budgétaire pour l’exercice 2020 (99 %, soit un peu plus que le taux de 98,7 % atteint en 2019); |
| 7. | observe que près de 75 % des crédits utilisés par la CJUE en 2020 ont été consacrés aux dépenses relatives aux membres et au personnel (dépenses relevant du titre 1), la quasi-totalité du solde restant ayant été affectée aux dépenses liées à l’infrastructure (titre 2), notamment aux immeubles et aux technologies de l’information (plus de 25 %); |
| 8. | se félicite de l’approche très proactive dans la gestion des crédits disponibles et du suivi continu pour cerner à la fois les besoins et les économies supplémentaires, ce qui a permis d’effectuer des virements en temps opportun pour faire face aux dépenses supplémentaires engendrées par la pandémie de COVID-19 et pour financer, dans le cadre du virement de ramassage de fin d’année, un paiement anticipé dans le cadre d’un contrat de location-vente relatif aux immeubles; |
| 9. | constate la réduction du délai moyen de paiement en 2020 par rapport à 2019 (25,53 jours contre 32,45 jours) et une hausse notable du pourcentage de factures reçues par voie électronique en 2020 (74 % contre 60 % en 2019); |
| 10. | relève qu’en 2020, la pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur le budget de la CJUE; constate que des frais supplémentaires ont été engagés pour l’achat de matériel informatique en raison de la généralisation du télétravail du personnel, ainsi que d’équipements de protection individuelle (EPI) et de désinfectant; relève que des économies ont ainsi été réalisées sur plusieurs lignes budgétaires, notamment les lignes budgétaires relatives à la traduction, à l’interprétation freelance, à la formation professionnelle, aux missions, aux immeubles (nettoyage, sécurité et surveillance), au mobilier, aux activités liées au protocole, aux réunions et aux conférences; constate en particulier qu’un nombre important d’activités de formation, inscrites au budget pour un montant de 170 000 EUR, n’ont pas pu avoir lieu; |
| 11. | note que la CJUE a effectué 14 virements budgétaires conformément à l’article 29 du règlement financier, ce qui représente un total de 20,4 millions d’EUR, soit 4,7 % des crédits définitifs; observe que le virement le plus important concernait un paiement anticipé dans le cadre d’un contrat de location-vente d’immeubles visant à alléger la charge financière des coûts futurs occasionnés par la cinquième extension des bâtiments de la CJUE; note que d’autres virements ont été effectués pour l’achat d’EPI pour les membres et le personnel de la CJUE, les représentants des parties et les visiteurs; |
| 12. | est conscient qu’une grande partie des crédits reportés de 2019 à 2020 a été utilisée (84,78 %, ou 20 816 958,83 EUR, contre 87,21 % en 2019); |
| 13. | constate que le rapport global entre les hommes et les femmes (61 % de femmes et 39 % d’hommes) est resté inchangé en 2020 par rapport à 2019; observe que le nombre de femmes est supérieur au nombre d’hommes dans presque toutes les catégories de personnel (fonctionnaires, agents temporaires et agents contractuels); relève, par ailleurs, que la proportion hommes-femmes parmi les membres du personnel AD est de 54 % de femmes et 46 % d’hommes, et que les postes d’encadrement supérieur sont occupés à 40 % par des femmes et à 60 % par des hommes; se félicite que, pour l’encadrement intermédiaire, le pourcentage de femmes soit passé de 39 % en 2019 à 41 % en 2020; félicite la CJUE pour les mesures qu’elle a prises en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, telles que le mentorat et la gestion des talents, et pour encourager les femmes à se porter candidates à des postes d’encadrement supérieur et intermédiaire; |
| 14. | prend acte que les dépenses supplémentaires liées à la pandémie de COVID-19 pour l’exercice 2020 se sont élevées à 3 millions d’EUR et les économies à 8,5 millions d’EUR, ce qui signifie que le montant net des économies peut être estimé à 5,5 millions d’EUR; |
| 15. | constate que la CJUE n’a appliqué la procédure négociée sans publication préalable que dans un seul cas, à savoir l’acquisition de services d’architecture pour le projet immobilier CJ10bis (contrat d’un montant de 231 500 EUR); note que la Cour a vérifié, sans émettre aucune observation, les procédures de passation de marchés publics organisées par la CJUE pour acquérir des EPI et n’a pas relevé de problèmes spécifiques concernant la CJUE quant à la régularité des opérations sous-jacentes; |
Gestion interne, performances, contrôle interne
| 16. | salue le rapport sur le fonctionnement du Tribunal requis par l’article 3, paragraphe 1, du règlement (UE, Euratom) 2015/2422 du Parlement européen et du Conseil (1); reconnaît qu’il a dû être élaboré dans le contexte de la pandémie de COVID-19, ce qui a compliqué la consultation et la coordination avec un grand nombre de contributeurs; souligne que, selon ce rapport, la réforme de l’architecture judiciaire de l’Union était nécessaire pour réduire à la fois le volume des affaires pendantes et la durée excessive des procédures; note que l’incorporation de nouveaux juges et de leurs collaborateurs a requis certaines modifications au niveau de la structure, de l’organisation et des procédures; note que l’analyse figurant dans le rapport a mis en évidence certaines tendances positives, telles que i) une réduction sensible de la durée des procédures, ii) une instruction plus approfondie des affaires et iii) des renvois plus fréquents d’affaires à des formations de chambres élargies; est conscient qu’aucune conclusion définitive ne peut être tirée à ce jour en ce qui concerne la réforme du Tribunal, étant donné que si peu de temps s’est écoulé depuis sa dernière phase et que 2020 ne peut être considérée comme une année représentative; |
| 17. | constate avec satisfaction que la CJUE a réussi à maintenir un haut niveau de productivité malgré la pandémie de COVID-19; observe une légère diminution du nombre d’affaires pendantes devant la CJUE (1 045 affaires au 31 décembre 2020 contre 1 102 affaires au 31 décembre 2019, soit 57 affaires en moins); relève que cette diminution résulte du ralentissement de l’activité des juridictions et tribunaux nationaux au début de la pandémie de COVID-19, qui a naturellement eu des effets sur le nombre de nouveaux renvois préjudiciels (556 en 2020 contre 641 en 2019), ainsi que de la baisse du nombre de recours contre les décisions du Tribunal (131 en 2020 contre 266 en 2019); |
| 18. | constate toutefois une augmentation du nombre d’affaires pendantes devant le Tribunal (1 497 affaires étaient pendantes au 31 décembre 2020 contre 1 398 au 31 décembre 2019); comprend que cette augmentation peut s’expliquer par le fait que le Tribunal est tenu de faire droit à toute demande d’audience motivée et que les affaires ont pris du retard en raison de l’impossibilité de tenir des audiences pendant une certaine période; se félicite du fait que le Tribunal ait profité de la diminution de 14,4 % du nombre d’affaires clôturées en 2020 (748 contre 874 en 2019) pour rattraper les audiences reportées, grâce au nouveau système d’audience à distance mis en place par la CJUE; |
| 19. | constate que la durée moyenne des procédures, tant à la Cour de justice qu’au Tribunal, était de 15,4 mois en 2020; constate que la durée moyenne des procédures devant la Cour de justice a été légèrement plus longue en 2020 qu’en 2019 (14,4 mois), tandis qu’au Tribunal, la réforme prévue par le règlement (UE, Euratom) 2015/2422 et les mesures d’accompagnement ont entraîné une réduction de la durée des procédures (15,4 mois en 2020 contre 16,9 mois en 2019 et 20 mois en 2018), et ce malgré le contexte difficile de la pandémie de COVID-19; |
Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel
| 20. | prend note du taux d’occupation très élevé des postes du tableau des effectifs de la CJUE, à savoir environ 97 % en 2020; sait qu’une politique active de recrutement a été mise en œuvre en prévision des postes vacants et grâce à des listes de réserve externes et internes disponibles et, en 2020, en réponse aux problèmes posés par la pandémie de COVID-19, au moyen de procédures de sélection virtuelles et de flux de travail numériques améliorés pour l’approbation des propositions de recrutement et la prorogation des contrats des agents temporaires et contractuels; |
| 21. | constate que, fin 2020, 2 239 membres du personnel (60 % de fonctionnaires, 32 % d’agents temporaires et 8 % d’agents contractuels) étaient en poste, contre 2 256 fin 2019 (62 % de fonctionnaires, 30 % d’agents temporaires et 8 % d’agents contractuels); |
| 22. | réaffirme qu’il importe de remédier au manque d’équilibre hommes-femmes au sein du collège des juges et que la commission du contrôle budgétaire du Parlement s’est engagée à atteindre l’équilibre hommes-femmes; est conscient du fait que les membres de la Cour de justice et du Tribunal sont nommés d’un commun accord par les gouvernements des États membres et que la CJUE n’a aucun droit de regard sur la sélection des juges ou des avocats généraux, tout comme le Conseil et le Parlement n’ont aucun rôle à cet égard; se dit toutefois déçu que la réforme structurelle achevée en 2019 ait eu peu d’influence sur la question; invite le Président du Tribunal à attirer l’attention des gouvernements des États membres sur l’importance d’assurer l’équilibre hommes-femmes dans les nominations lors du renouvellement partiel du Tribunal; |
| 23. | met en avant les difficultés rencontrées par les institutions de l’Union implantées à Luxembourg pour recruter le personnel nécessaire; souligne que l’indexation des salaires au Luxembourg en est l’une des principales raisons; encourage les institutions concernées à adopter une approche coordonnée et unique vis-à-vis de la Commission sur cette question; |
| 24. | note que les formules souples de travail offertes par la CJUE comprennent le travail à temps partiel, le congé parental, le congé pour raisons familiales, l’horaire flexible et le télétravail; constate le déséquilibre qui perdure chez les bénéficiaires de ces formules de travail en faveur des membres du personnel féminin; recommande à la CJUE de faire connaître davantage la viabilité et les avantages de ces formules, et de veiller à ce que le recours aux formules souples de travail disponibles ne pénalise en aucune façon la progression de la carrière des agents concernés; |
| 25. | se félicite des mesures supplémentaires adoptées en 2020 pour améliorer le bien-être du personnel pendant la pandémie de COVID-19, notamment l’augmentation du nombre autorisé d’heures de consultation auprès de psychologues; souligne l’importance de guider et d’impliquer les cadres dans la protection du bien-être des membres du personnel et de leur droit à la déconnexion, afin de préserver l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, alors que les formules de travail à distance sont intégrées dans la culture de la CJUE; |
| 26. | relève qu’en 2020, il y a eu 27 cas possibles d’épuisement professionnel, qui peuvent englober des situations sans lien direct ou indirect avec la charge de travail ou les conditions de travail; se félicite du soutien apporté par le service médical de la CJUE aux membres du personnel concernés, ainsi que du recrutement d’un psychologue en 2019 pour épauler activement le personnel en difficulté; constate avec satisfaction qu’une série de sessions de formation destinées à tous les cadres s’est fondée sur le concept de gestion humaine et a englobé des modules axés sur la connaissance de soi et la gestion des émotions, afin d’améliorer la santé mentale au travail; se félicite des formations dispensées dans les domaines de la gestion des conflits et de la prévention de l’épuisement professionnel, qui ont été proposées en format virtuel à l’ensemble du personnel; reste néanmoins préoccupé par le nombre élevé de cas d’épuisement professionnel survenant à la CJUE ces dernières années; invite la CJUE à continuer à surveiller attentivement l’impact de l’augmentation constante de la charge de travail sur le bien-être de son personnel, notamment en menant des enquêtes de satisfaction auprès de celui-ci afin de comprendre où le bât blesse et d’envisager des solutions; |
| 27. | félicite la CJUE pour l’attention qu’elle a portée aux membres du personnel en télétravail en mettant à disposition, outre des outils informatiques, des chaises de bureau ergonomiques, l’intention étant de fournir d’autres équipements dans le courant de l’année 2021; note que cette intention s’inscrit dans le cadre des mesures visant à renforcer l’intégration à long terme du télétravail dans les modalités de travail de la CJUE; relève que l’ensemble de l’équipement mis à la disposition des membres du personnel dans le cadre du télétravail reste la propriété de la CJUE et doit être restitué à la demande de l’administration ou, en tout état de cause, à la cessation des fonctions; |
| 28. | constate que la CJUE emploie du personnel de tous les États membres et que seules deux nationalités font défaut parmi les cadres moyens et supérieurs; invite la CJUE à recueillir des informations pertinentes issues des échanges interinstitutionnels et à utiliser tous les moyens disponibles et éliminer tout obstacle pour encourager les candidatures de personnes dont la nationalité est sous-représentée, afin de parvenir à une répartition géographique acceptable; |
| 29. | prend acte qu’une enquête administrative a été ouverte à la suite d’une plainte déposée en 2020 pour harcèlement moral et sexuel; est informé qu’à l’issue de l’enquête administrative et sur la base de ses conclusions, l’autorité investie du pouvoir de nomination a décidé qu’il n’y avait pas eu de harcèlement, ni moral ni sexuel; |
| 30. | se félicite de l’organisation d’actions de sensibilisation du personnel, y compris des webinaires et des conférences de midi, portant sur des aspects liés à l’égalité des chances, à la diversité et à l’inclusion; constate avec satisfaction que les représentants de la CJUE en matière d’égalité des chances et de diversité participent à des groupes interinstitutionnels et à un groupe de travail de l’EPSO sur la diversité dans les procédures de recrutement, en vue d’échanger les bonnes pratiques et de mettre en œuvre une approche commune harmonisée pour renforcer l’inclusion au sein des institutions de l’Union; prend acte que l’unité de formation et de développement de la CJUE a repris la responsabilité de la gestion des travaux de la cellule «égalité des chances et diversité» à partir de mai 2021; |
| 31. | constate avec satisfaction que 72 % des 223 stagiaires recrutés par la CJUE en 2020 étaient rémunérés, contre 48,5 % en 2019; est conscient que 2020 a été la deuxième année de mise en œuvre d’un programme de stages rémunérés dans les cabinets des membres; reconnaît les progrès accomplis et demande à la CJUE de veiller à ce que tous ses stagiaires reçoivent une rémunération décente comparable à celle des autres institutions de l’Union, sauf pour les stagiaires rémunérés par d’autres sources; |
| 32. | constate qu’à la suite d’un rapport établi en 2019, une enquête interne a été ordonnée conformément au règlement intérieur de la CJUE en matière d’alertes éthiques, laquelle a révélé que les informations disponibles ne permettaient pas d’établir le bien-fondé des allégations; est conscient qu’une procédure nationale en rapport avec les faits allégués est en cours; demande à la CJUE de suivre la décision finale des instances de justice nationales au cas où il serait nécessaire de rouvrir l’enquête interne, et d’informer l’autorité de décharge du stade de l’enquête; |
Cadre éthique et transparence
| 33. | rappelle, conformément aux exigences énoncées à l’article 19 du traité UE et aux articles 253, 254 et 255 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), que l’indépendance est la condition essentielle de l’exercice des fonctions de juge ou d’avocat général; |
| 34. | se félicite du rapport présenté à la commission du contrôle budgétaire du Parlement concernant la prévention des conflits d’intérêts parmi les membres de la CJUE; constate avec satisfaction que le système actuel est une combinaison de mécanismes de prévention qui s’appliquent à la fois de manière générale et pour l’attribution des affaires; constate que la déclaration d’intérêts des membres joue un rôle de premier plan dans le régime de prévention et se félicite du code de conduite adopté en 2021, qui a enrichi le contenu de la déclaration d’intérêts; souligne que le régime de prévention s’applique à la fois à toute la durée du mandat et à la période post-mandat et comprend à la fois une période de viduité de trois ans et un certain nombre d’incompatibilités absolues sans limite de temps; |
| 35. | prend acte de la réponse de la CJUE à la demande du Parlement de faire appel à un tiers indépendant pour réviser les déclarations d’intérêts financiers de ses membres et évaluer l’existence de conflits d’intérêts; comprend qu’un tiers réviserait les déclarations au moment où elles sont faites, alors qu’un éventuel conflit d’intérêts n’apparaît que lorsque le membre est chargé d’une affaire concrète; sait également que le président procède à un examen plus complet au cas par cas avant d’attribuer les affaires, non seulement pour garantir la qualité et l’impartialité de la justice, mais aussi pour parvenir à une répartition optimale de la charge de travail entre les membres; estime, compte tenu de tout ce qui précède, qu’il serait bénéfique pour la CJUE qu’un tiers indépendant effectue des vérifications ex post de ces décisions; |
| 36. | réaffirme l’importance d’adopter un code de conduite général révisé pour les membres du personnel, qui contienne des dispositions relatives aux allers-retours entre le secteur public et le secteur privé pour les membres du personnel chevronnés, aux conflits d’intérêts, aux activités externes, aux activités professionnelles après la cessation de fonctions, à l’emploi rémunéré des conjoints et aux publications; prend acte que la CJUE a déclaré qu’une révision générale serait achevée d’ici fin 2021 et demande à être dûment informé de sa finalisation; |
| 37. | demande à la CJUE de mener des enquêtes sur la connaissance du personnel du cadre éthique et des procédures relatives aux lanceurs d’alerte, afin de déterminer les domaines dans lesquels des mesures supplémentaires sont nécessaires; constate que six séances de formation sur les «règles de bonne conduite» ont été relativement peu suivies (70 membres du personnel) et recommande donc à la CJUE d’étudier les moyens d’accroître la participation du personnel aux formations sur le cadre éthique de la CJUE; |
| 38. | prend acte des efforts déployés par la CJUE pour améliorer la transparence et l’accessibilité des informations sur les activités externes de ses membres; sait que la CJUE développe un outil qui permettrait, sans grever les ressources des services, la publication multilingue des informations sur ces activités tout en intégrant les informations complémentaires demandées par le Parlement; relève que cet outil devrait être opérationnel au début de 2022 et invite la CJUE à informer l’autorité de décharge des progrès réalisés; |
| 39. | se félicite de l’intention de la CJUE de compléter la manière dont ses membres sont présentés sur son site web en y incluant des informations complémentaires, telles que les positions honorifiques ou les titres décernés ainsi que les adhésions à des fondations et organismes similaires dans divers domaines; prend acte de la déclaration de la CJUE selon laquelle ces informations seraient mises à disposition sur son site web d’ici la fin de l’année 2021; recommande à la CJUE de profiter de cette refonte de son site web pour le rendre plus convivial; |
| 40. | encourage la CJUE à rechercher des solutions innovantes dans une volonté de transparence à l’égard du public, en diffusant ses audiences publiques et en mettant leurs enregistrements à disposition en ligne; estime que cette amélioration de la transparence s’inscrirait dans le fil de l’article 15 du traité FUE et bénéficierait à tous ceux qui travaillent ou étudient dans le domaine juridique dans l’Union; |
Transition numérique, cybersécurité, protection des données
| 41. | regrette que la Cour de justice et le Tribunal aient été contraints d’annuler ou de reporter toutes les audiences qui devaient avoir lieu entre la mi-mars et le début du mois de juin 2020 en raison de la pandémie de COVID-19 ainsi que le manque d’infrastructures informatiques et l’absence des conditions nécessaires à la tenue de ces audiences; note que la Cour de justice a décidé de remplacer un certain nombre d’audiences par des questions nécessitant une réponse écrite; fait remarquer qu’une solution similaire ne pourrait être mise en œuvre au Tribunal, car le règlement de procédure prévoit qu’une audience doit être tenue si une partie principale présente une demande motivée à cet effet; se félicite du déploiement de ressources humaines, techniques et financières pour concevoir et mettre en œuvre un système de visioconférence uniforme et sécurisé, avec interprétation simultanée potentielle pour les 24 langues officielles, au profit des représentants des parties qui ne peuvent se rendre à Luxembourg en raison de restrictions de déplacement dans les États membres; félicite la CJUE pour le prix d’excellence de la bonne administration que lui a décerné le Médiateur européen dans la catégorie «Excellence en matière d’innovation/transformation» pour la solution relative aux audiences à distance; |
| 42. | note avec intérêt le taux élevé d’utilisation d’e-Curia en 2020, qui a augmenté pendant la pandémie de COVID-19; prend acte de l’augmentation de 12 % du nombre de comptes (7 378 comptes fin 2020, contre 6 588 fin 2019) ainsi que des pourcentages élevés de pièces de procédure déposées devant la Cour de justice et le Tribunal (79 % et 95 % respectivement); souligne que la confiance des utilisateurs dans ce système et l’intérêt croissant de toutes les parties concernées pour l’utilisation des outils numériques ont conduit à une augmentation sensible des comptes ouverts par les juridictions nationales (de 45 comptes fin 2019 à 121 fin 2020); encourage la CJUE à poursuivre le développement d’e-Curia; |
| 43. | relève que le télétravail imposé en raison de la pandémie de COVID-19 a considérablement accéléré la numérisation et la simplification des flux de travail et des processus décisionnels tant dans les activités administratives que judiciaires, ce qui a été bien accueilli par les membres du personnel; constate que la numérisation du courrier, accélérée par la pandémie, a permis de réaliser des économies sur les frais postaux, qui faisaient partie de l’excédent budgétaire utilisé à d’autres fins; |
| 44. | prend acte de l’augmentation des investissements dans les projets et équipements informatiques (13,5 millions d’EUR en 2020 contre 9 millions d’EUR en 2019); se félicite de la mise en œuvre de SIGA (un système intégré de gestion des affaires) et de HAN (un système de gestion des documents administratifs) malgré les difficultés liées à la pandémie; prend acte de la signature du contrat pour le projet SIGA en 2020; se félicite de l’utilisation accrue d’autres instruments tels que la signature électronique (EU SIGN, fournie par la Commission) pour les documents tant administratifs que judiciaires; |
| 45. | prend note avec intérêt de la mise en place d’un outil de veille médiatique au sein de la direction de la communication, fondé sur une étroite collaboration avec le Centre commun de recherche de la Commission; |
| 46. | rappelle ses préoccupations quant aux conséquences pour les droits de l’homme de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans l’environnement judiciaire; se félicite de la référence faite par la Commission européenne pour l’efficacité de la justice à la «Charte éthique européenne d’utilisation de l’intelligence artificielle dans les systèmes judiciaires et leur environnement», ainsi que du fait que les tâches exécutées à l’aide de l’IA devraient toujours être supervisées et résolues par un opérateur humain; souligne que l’augmentation du nombre d’affaires ne doit pas porter atteinte à la qualité de l’analyse juridique de la CJUE; demande à la CJUE d’informer le Parlement au sujet des opérateurs des outils d’IA utilisés; met en garde la CJUE sur les risques pour la vie privée et la sécurité lors de l’utilisation de services externes d’informatique en nuage; |
| 47. | relève que 2020 a été une année éprouvante pour les institutions de l’Union sur le plan de la cybersécurité, mais que la CJUE est parvenue à prévenir tout incident majeur, la grande majorité des attaques ayant été automatiquement bloquées à différents niveaux par les systèmes de défense mis en place; |
| 48. | souligne le rôle important joué par la CJUE en tant que membre du comité directeur de l’équipe d’intervention en cas d’urgence informatique pour les institutions, organes et agences de l’Union (CERT-UE) et membre du Comité interinstitutionnel pour la transformation numérique (CITN), qui participent à la mise en œuvre de la stratégie de cybersécurité de l’Union; |
| 49. | se félicite de la mise en place de cours de sensibilisation à la protection des données, intégrés dans le programme d’accueil des nouveaux arrivants et proposés aux chefs de service et aux membres, portant sur les bonnes pratiques en matière de traitement des données à caractère personnel, ainsi que de la diffusion de brochures et de présentations sur les bonnes pratiques et les droits des personnes concernées au sein de la CJUE; |
| 50. | constate que le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a ouvert deux enquêtes en 2020, l’une sur l’utilisation de cookies sur le site web de la CJUE (qu’il a clôturée sur la base de l’adéquation des mesures adoptées entretemps par la CJUE) et l’autre (toujours en cours) sur l’utilisation par la CJUE de services web de tiers (tels que YouTube, Twitter, LinkedIn, Google Play et Apple) et l’obligation de rendre accessible le contenu d’un accord de coresponsable du traitement; salue les actions de suivi entreprises pour aligner la CJUE sur les recommandations du CEPD; |
| 51. | se félicite de l’initiative de la CJUE visant à accroître son accessibilité au public en proposant un programme de visites de la CJUE à distance comprenant une visite guidée de ses locaux et une rencontre avec l’un des juges ou des avocats généraux; demande à la CJUE d’informer le Parlement sur le coût de cette initiative, le public envisagé, les dispositions mises en place pour protéger les données à caractère personnel des participants, et les détails du processus de mise en œuvre; |
Bâtiments et sécurité
| 52. | prend acte de l’exécution à 100 % des dépenses du poste budgétaire «location-vente» (54 781 083 EUR), correspondant aux frais à payer dans le cadre des contrats conclus avec les autorités luxembourgeoises pour l’acquisition, la rénovation et la construction des différents bâtiments de la CJUE, à l’avance versée dans le cadre du contrat de location-vente pour le projet de cinquième extension des bâtiments de la CJUE ainsi qu’à un paiement anticipé partiel sur l’un des prêts convenus pour le financement de ce projet; |
| 53. | constate que, pour le poste 2022 «nettoyage et entretien», un excédent budgétaire (190 000 EUR) a été constaté, dû notamment à la généralisation du recours au télétravail à la suite de la pandémie de COVID-19, qui a permis de financer une partie du virement de ramassage de fin d’année; |
| 54. | se félicite de la prise en compte des recommandations des comités paritaires pour l’égalité des chances des institutions de l’Union concernant les aménagements à prévoir pour les personnes à mobilité réduite ou souffrant d’autres handicaps, y compris la création de points de contact dans les universités pour informer les étudiants en situation de handicap des possibilités d’emploi au sein des institutions de l’Union, l’alignement de l’approche des institutions de l’Union en matière de soins et de couverture médicale, et le soutien plus systématique au niveau de la logistique; |
Environnement et durabilité
| 55. | se félicite des nombreuses mesures prises pour mettre en œuvre les programmes dans le cadre du système de management environnemental et d’audit (EMAS) de l’Union ainsi que pour définir la stratégie visant à réduire l’empreinte carbone de la CJUE tout en développant des sources d’énergie propres, par exemple en installant des panneaux photovoltaïques sur tous les bâtiments de la CJUE; encourage la CJUE à continuer à adopter des mesures visant à réduire son empreinte environnementale; |
| 56. | se félicite que la CJUE se soit engagée à promouvoir une utilisation raisonnable et responsable du papier et à réduire la consommation de celui-ci, qui a chuté de manière spectaculaire (de 63,7 % par rapport à 2015 et de 56 % par rapport à 2019); observe toutefois que le papier blanc représentait encore un budget de 640 000 EUR en 2020; se félicite que, depuis 2020, la CJUE utilise uniquement du papier provenant de forêts gérées de manière durable, ce qui, selon le document de référence sectoriel publié par la Commission, est un critère d’excellence dans la gestion du papier; demande à la CJUE de poursuivre ses efforts en vue de devenir une institution «zéro papier»; |
| 57. | se réjouit de la participation de la CJUE au système de compensation des émissions de gaz à effet de serre du Parlement, qui vise à compenser les émissions de carbone calculées des institutions participantes par l’achat de crédits carbone sur le marché volontaire, afin de financer des projets environnementaux externes dans les régions d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique; note qu’en 2020, ce système a permis de financer des poêles à bois certifiés Gold Standard et des projets de récupération des gaz de décharge, afin de compenser 23 000 tonnes équivalent CO2; |
| 58. | se félicite que la stratégie de mobilité durable développée par la CJUE ne consiste pas seulement en des actions de sensibilisation, mais aussi en des activités concrètes telles que la participation à la Semaine européenne de la mobilité et au système de vélos en libre-service vel’OH!, l’octroi d’une subvention pour les transports publics transfrontaliers annuels, l’installation de bornes de recharge dans les parkings de la CJUE, la prise en compte de considérations pertinentes dans la gestion du parc automobile des membres et la mise à disposition d’un certain nombre de supports à vélos bien répartis ainsi que de douches et de casiers; |
| 59. | souligne l’importance d’intégrer des critères environnementaux à tous les stades de la procédure de passation de marchés; se félicite de la participation de la CJUE au service d’assistance interinstitutionnel pour les marchés publics écologiques (Green Public Procurement Helpdesk) afin d’aider les membres du personnel compétents à sélectionner et à acheter des biens, des services et des travaux ayant une incidence minimale sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie, en incluant souvent des clauses de promotion de l’égalité des chances; |
| 60. | fait remarquer que la déclaration environnementale annuelle de la CJUE contient un indicateur de marchés publics écologiques qui permet d’évaluer dans quelle mesure des clauses relatives à la protection de l’environnement ont été incluses dans les documents de marchés; |
Communication et multilinguisme
| 61. | se félicite de l’intérêt porté par la CJUE aux médias sociaux et autres plateformes afin d’assurer une plus grande diffusion de l’information; prend acte de l’augmentation du nombre de vues (une hausse de 42 % par rapport à 2019) de la chaîne YouTube de la CJUE et du succès de l’utilisation de LinkedIn (triplement des abonnés, de 30 000 en 2019 à plus de 90 000 en 2020); |
| 62. | salue la décision de la CJUE de publier son registre des activités de traitement sur le site web Curia, appliquée à partir de janvier 2021; |
| 63. | invite la CJUE à examiner plus avant, avec la Commission, le Centre de traduction des organes de l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’utilisation de systèmes de traduction neuronale au moyen de moteurs spécifiques ainsi que d’autres options, y compris la possibilité d’installer dans les locaux de la CJUE des serveurs sur lesquels pourraient fonctionner des programmes de traduction, ce qui lèverait certaines des restrictions imposées aux documents les plus confidentiels; |
| 64. | relève que la CJUE a également adapté ses procédures de communication interne depuis mai 2020; souligne qu’en moyenne, plus de 150 vidéoconférences ou audioconférences, regroupant des réunions internes ou interinstitutionnelles, ont ainsi pu être organisées par semaine; |
Coopération interinstitutionnelle
| 65. | se félicite du soutien logistique apporté au Parquet européen, dont les bureaux sont situés en face de ceux de la CJUE, afin de faciliter son installation à Luxembourg; |
| 66. | se félicite de la coopération entre le GIS (Groupe interinstitutionnel de sécurité) et les services juridiques des institutions de l’Union établies à Luxembourg, d’une part, et les autorités luxembourgeoises et les services répressifs, d’autre part, en ce qui concerne la vérification des antécédents en matière de sécurité du personnel des contractants; |
| 67. | prend acte des conventions annuelles de financement conclues avec les services de traduction des autres institutions et agences de l’Union qui prévoient le financement d’outils informatiques (eTranslation, Euramis, DocFinder, IATE et Quest 2); prend note en outre de la conclusion ou du renouvellement d’un certain nombre d’accords de niveau de service (HAN, DIGITEC, un système de surveillance des médias, ainsi qu’avec l’Office de gestion et de liquidation des droits individuels de la Commission); |
Pandémie de COVID-19
| 68. | souligne que la pandémie de COVID-19 a fortement influencé toute l’activité de la CJUE, tant juridictionnelle qu’administrative, et que la CJUE s’est trouvée confrontée à la nécessité d’assurer la protection des personnes tout en garantissant la continuité du service public de la justice de l’Union; attire l’attention sur l’approche de la CJUE consistant à protéger la santé des membres, du personnel et des visiteurs afin d’assurer la continuité de l’activité judiciaire; |
| 69. | constate que les deux principaux changements apportés aux formules souples de travail existantes ont été l’introduction du télétravail généralisé et la suspension du régime de travail flexible fondé sur l’enregistrement du temps passé dans les bâtiments de la CJUE; |
| 70. | se félicite de la structure et des procédures de la CJUE pour les situations de crise, qui reposent sur la cellule de crise en tant qu’instance de décision et sur le centre de gestion des crises en tant qu’organe d’exécution; prend acte de la création de deux groupes de travail supplémentaires chargés d’examiner les mesures à prendre pour protéger les membres du personnel dont les fonctions ne peuvent être exercées à distance et de la conception d’un système de visioconférence unique et sécurisé; |
| 71. | se félicite du rapport de décembre 2020 de l’auditeur interne de la CJUE au comité administratif de la CJUE, qui expose les résultats de l’examen de la gestion de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19, lesquels seront pris en compte dans l’élaboration d’un nouveau plan d’urgence et de continuité des opérations, fondé sur les enseignements tirés de la crise; |
| 72. | estime que la CJUE a adopté et approuvé toutes les mesures pertinentes pour i) protéger son personnel pendant la pandémie de COVID-19, ii) réduire le risque d’épuisement professionnel (notamment grâce à des sessions de webinaires sur des sujets liés à la gestion du travail et de la vie privée, à la communication en temps de crise, au management et aux neurosciences, et à la gestion du stress), iii) sensibiliser au droit à la déconnexion et au risque de surperformance, et iv) suivre la situation (au moyen d’enquêtes concernant le bien-être au travail, la perception de la situation par le personnel et le niveau de satisfaction); |
| 73. | constate que la coopération avec les magistrats nationaux dans le cadre de séminaires, de visites et d’autres événements officiels a été fortement perturbée par l’apparition de la pandémie, ce qui a entraîné des interruptions et des annulations en raison de restrictions sanitaires; encourage la CJUE à continuer d’étudier les solutions techniques permettant de renforcer cette collaboration également au-delà de la pandémie; |
| 74. | encourage la CJUE à pleinement intégrer à la stratégie de gestion interne les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 concernant les approches de la continuité des activités et de la gestion de crise, la réactivité informatique, la résilience de l’organisation, le devoir de sollicitude à l’égard de son personnel, l’efficacité de la communication interne et la flexibilité des méthodes de travail. |
(1) Règlement (UE, Euratom) 2015/2422 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2015 modifiant le protocole no 3 sur le statut de la Cour de justice de l’Union européenne (JO L 341 du 24.12.2015, p. 14).