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AccueilDroit européen52022BP1702
Acte préparatoire52022BP1702

Acte préparatoire — 52022BP1702

CELEX52022BP1702
TypeActe préparatoire
Datemercredi 4 mai 2022

Texte intégral

5.10.2022

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 258/95


RÉSOLUTION (UE) 2022/1702 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 4 mai 2022

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section V — Cour des comptes

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section V — Cour des comptes,

—

vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0061/2022),

A.

considérant que la Cour des comptes (ci-après «la Cour») a pour mission essentielle de renforcer la confiance des citoyens et de relever efficacement les défis actuels et futurs auxquels l’Union est confrontée par ses travaux d’audit indépendants, professionnels et porteurs, et d’évaluer l’économie, l’efficacité, l’efficience, la légalité et la régularité des actions de l’Union afin d’améliorer l’obligation de rendre compte, la transparence et la gestion financière;

B.

considérant que, sans préjudice des dispositions des articles 287 et 319 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), la Cour, depuis la clôture de l’exercice 1987, fait annuellement vérifier son compte de gestion par un réviseur externe indépendant et que les rapports de ce dernier sont, depuis celui relatif à l’exercice 1992, publiés au Journal officiel de l’Union européenne;

C.

considérant que la Cour rend compte de sa gestion aux autorités budgétaires au moyen d’un rapport annuel d’activité de son secrétaire général, document qui, conformément à l’article 74, paragraphe 9, du règlement financier, a pour objet de fournir des informations sur la gestion des ressources, y compris les systèmes, et sur l’efficience et l’efficacité des systèmes de contrôle interne de la Cour;

D.

considérant que, dans le contexte de la procédure de décharge, l’autorité de décharge tient à souligner qu’il importe particulièrement de renforcer encore la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et l’obligation de rendre compte et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines;

1.

sait que les comptes annuels de la Cour sont contrôlés par un auditeur externe indépendant afin que les principes de transparence et de responsabilité que la Cour applique aux entités qu’elle contrôle lui soient également appliqués; se félicite de l’avis de l’auditeur externe indépendant selon lequel les états financiers donnent une image fidèle de la situation financière de la Cour;

2.

relève que la Cour, dans les suites données aux résolutions de décharge pour l’exercice 2019, n’ait apporté que des réponses générales aux observations du Parlement; réaffirme qu’un suivi approprié et compréhensible est essentiel pour permettre à la commission du contrôle budgétaire du Parlement de déterminer si la Cour a accordé toute l’attention voulue aux recommandations du Parlement; demande à la Cour de simplifier la structure de son prochain rapport de suivi, d’y faire figurer toutes les réponses nécessaires et de donner des explications détaillées et concrètes relatives à la mise en œuvre des recommandations du Parlement, en se référant expressément à chaque paragraphe de la présente résolution de décharge;

3.

relève que la Cour est régie par les articles 285, 286 et 287 du traité FUE, qui prévoient que la Cour établit son propre règlement intérieur, lequel est soumis à l’approbation du Conseil, et que le Conseil fixe les conditions d’emploi, et notamment les traitements, indemnités et pensions, des membres de la Cour; observe que la compétence de la Cour à adopter des règles relatives à ses méthodes de travail relève de son organisation interne et que la procédure décisionnelle de la Cour est établie dans son règlement intérieur; invite la Cour à tenir l’autorité de décharge informée des modifications actuelles et futures de ses règles internes; observe que le code de conduite (1) de la Cour met l’accent sur les valeurs éthiques fondamentales de la Cour et de ses membres et énonce diverses obligations procédurales;

Gestion budgétaire et financière

4.

constate que le budget de la Cour poursuit son accroissement pour atteindre 152 millions d’euros en 2020 (contre 147 millions d’euros en 2019), ce qui représente moins de 0,1 % des dépenses totales de l’Union et environ 1,4 % du total des dépenses de l’Union en matière d’administration; relève que le budget de la Cour est essentiellement administratif, l’essentiel du montant étant consacré aux dépenses liées aux ressources humaines, aux bâtiments immeubles et au mobilier, aux équipements et à diverses dépenses de fonctionnement;

5.

note que le taux d’exécution global pour 2020 s’est élevé à 96 % (contre 98 % en 2019), avec un taux d’exécution de 95,7 % pour les engagements et de 90,1 % pour les paiements relatifs aux crédits; constate qu’en 2020, les paiements se montaient à 137 132 964 euros, contre 137 799 512 euros en 2019;

6.

relève que, du fait de la pandémie de COVID-19, certaines lignes budgétaires n’ont été que partiellement utilisées, notamment celles relatives aux missions (-15,75 %), aux publications (-42,75 %), aux frais d’interprétation (-30,77 %), à la consommation d’énergie, aux réunions, aux frais de représentation et aux rémunérations; constate que les économies réalisées sur les rémunérations s’expliquent notamment par la baisse des recrutements et par une augmentation des rémunérations moins élevée que prévu; observe, par opposition aux économies réalisées, une hausse des frais relatifs à l’informatique (+30,77 %), au service médical (+214,29 %) et à la sécurité (+288,10 %); note également que, au cours de 2020, la Cour a effectué 22 virements entre les lignes budgétaires en question pour un montant total de 4 051 000 euros;

7.

constate que, malgré les virements budgétaires réalisés, certains crédits ont été annulés en fin d’exercice, essentiellement en ce qui concerne les missions (2 160 144 euros annulés), les publications (198 808 euros), les frais de représentation (179 992 euros), les frais d’interprétation (162 104 euros), le matériel de transport (151 084 euros) et les réunions (106 005 euros);

8.

comprend que les reports de crédits automatiques de l’exercice 2019 à l’exercice 2020, d’un montant total de 6 515 316 euros, ont donné lieu à un taux d’utilisation de 92,24 % (contre 88,48 % en 2019);

9.

relève que, en 2020, la Cour a attribué au total 18 marchés d’une valeur supérieure à 15 000 euros, pour un montant total de 2 704 105 euros, dont quatre, d’une valeur totale de 2 190 490 euros, étaient supérieurs au seuil applicable prévu à l’article 4 de la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil (2);

Gestion interne, performances, contrôle interne

10.

constate que 2020 était la dernière année de mise en œuvre de la stratégie de la Cour pour la période 2018-2020 et salue les progrès réalisés dans toute une série de domaines, notamment l’augmentation des moyens consacrés aux audits de la performance, l’accroissement de la productivité dans toutes les catégories d’audits ainsi que l’intérêt accru des parties prenantes pour les rapports de la Cour et l’intensification de la couverture médiatique desdits rapports; prend acte de la publication du rapport d’examen par les pairs relatif à la mise en œuvre de la stratégie 2018-2020; se félicite de la démarche participative suivie pour l’élaboration de la stratégie pour la période 2021-2025, adoptée en janvier 2021, qui a mobilisé l’ensemble des membres de la Cour, de l’encadrement et des autres membres du personnel sous la forme d’ateliers, de webinaires et d’enquêtes permettant de recueillir des propositions et d’en débattre;

11.

souligne que les priorités mises en évidence dans le programme de travail de la Cour devraient tenir compte des domaines prioritaires suggérés par l’autorité de décharge et liés aux questions budgétaires plutôt qu’aux questions politiques; rappelle la déclaration commune du Parlement et du Conseil sur le renforcement du tableau des effectifs de la Cour des comptes; rappelle que le Parlement et le Conseil estiment qu’il est essentiel que la Cour alloue des ressources suffisantes à la mise en œuvre de ses activités essentielles et l’ont invitée à fournir, lors des futurs exercices budgétaires, un aperçu de l’affectation des effectifs au cours de l’année précédente; renouvelle sa demande en faveur d’un rapport annuel indépendant spécifique sur les institutions de l’Union;

12.

prend acte que la Cour applique un ensemble d’indicateurs de performance clés afin de fournir des informations sur ses niveaux de performance aux parties prenantes institutionnelles, d’informer l’encadrement des progrès accomplis dans la réalisation de ses objectifs stratégiques et de faciliter la prise de décision; observe que, en 2020, au total, 69 publications sont sorties (33 rapports annuels et spéciaux, 11 avis, 6 documents d’analyse, 14 AuditInfos et 5 autres documents), contre 67 en 2019; se félicite du fait que la Cour ait publié pour la toute première fois un rapport annuel sur la performance globale du budget de l’Union, qui contribue à mettre davantage en évidence les résultats obtenus par un échantillon de programmes de dépenses de l’Union et évalue dans quelle mesure les recommandations formulées dans les rapports spéciaux de la Cour ont été mises en œuvre par les entités qu’elle contrôle; se félicite de l’initiative de la Cour de consulter les principales parties prenantes, y compris la commission du contrôle budgétaire du Parlement, sur la stratégie future concernant le rapport annuel de performance;

13.

relève le nombre des avis publiés (11), qui portaient en grande majorité soit sur des modifications, liées à la riposte de l’Union à la pandémie de COVID-19, des règles régissant le cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, soit sur des propositions législatives relatives au CFP pour 2021-2027 et à l’ensemble de mesures de relance «NextGenerationEU»; se félicite que la Cour ait adapté son programme de travail 2020 pour tenir compte de l’évolution de la situation et que, dans ce cadre, elle ait publié en temps utile deux analyses sur la riposte de l’Union face à la pandémie de COVID-19;

14.

juge favorablement la pratique de la Cour consistant à contrôler le suivi de ses recommandations; relève qu’en 2020, la Cour a mesuré la mise en œuvre des recommandations formulées dans ses rapports publiés en 2016 et qu’elle a constaté que 97 % des 29 recommandations du rapport annuel 2016 et 91 % des 360 recommandations des rapports spéciaux ont été mises en œuvre intégralement ou partiellement (contre respectivement 96 % et 94 % pour les recommandations de 2015);

15.

salue l’analyse effectuée sur l’incidence et la perception des travaux de la Cour chez les parties prenantes concernées, dont les institutions, organes et organismes de l’Union, les autorités nationales, les organisations non gouvernementales, le monde universitaire et les médias, sur la base des avis recueillis au moyen de questionnaires électroniques anonymisés; attire l’attention sur les avis reçus en 2020 dont il ressort que 84 % des personnes ayant répondu aux questionnaires considéraient que les rapports de la Cour étaient utiles à leurs travaux et 75 % d’entre elles étaient d’avis que le travail de la Cour avait une incidence (contre respectivement 88 % et 81 % en 2019);

16.

constate que le bénéfice de l’indemnité d’installation prévue pour les membres de la Cour à l’article 4 du règlement (UE) 2016/300 du Conseil (3) est subordonné à la production de pièces par le membre de la Cour prouvant que l’intéressé a dû changer de lieu de résidence pour prendre ses fonctions et qu’il réside «au lieu de son affectation ou à une distance telle de celui-ci qu’il ne soit pas gêné dans l’exercice de ses fonctions», conformément aux dispositions de l’article 20 du statut des fonctionnaires; souligne que, même si la simple déclaration d’une adresse a été acceptée par l’Office de gestion et de liquidation des droits individuels de la Commission (PMO), un contrat de location ou d’achat d’un bien immobilier ne devrait pas être considéré comme une preuve suffisante au sens de l’article 20 du statut, étant donné que ce bien peut être destiné à d’autres fins que la résidence principale; est d’avis que le mécanisme de vérification des conditions juridiques de l’indemnité d’installation doit être revu afin que d’autres documents puissent être demandés à titre de preuve, dans toute la mesure du possible dans le respect du droit à la vie privée;

17.

relève que les membres de la Cour ont fourni un contrat de location ou d’achat d’un bien immobilier ainsi qu’un certificat de résidence émis par les autorités luxembourgeoises; insiste cependant sur le fait que, depuis l’entrée en vigueur du règlement (UE) 2016/300, l’indemnité d’installation ne devrait être versée que sur production de documents justifiant de «l’installation du [membre] au lieu de son affectation», comme énoncé à l’article 5, paragraphe 3, de l’annexe VII du statut des fonctionnaires; est d’avis que le fait de percevoir une indemnité d’installation devrait être considéré comme entraînant une obligation pour le membre de transférer effectivement sa résidence à Luxembourg de manière effective et stable pendant son mandat et rappelle à cet égard que l’article 5, paragraphe 4, de ladite annexe stipule que «[s]i un fonctionnaire qui a droit à l’allocation de foyer ne s’installe pas avec sa famille au lieu de son affectation, il ne reçoit que la moitié de l’indemnité à laquelle il aurait normalement droit»; relève que la Cour a récemment adopté un code de conduite modifié énonçant, à l’article 10, paragraphe 1, l’obligation de résider là où elle a son siège, et demande à la Cour de rendre compte de l’entrée en vigueur du code de conduite modifié;

18.

note qu’en vertu de l’article 5 du règlement (UE) 2016/300, les titulaires de charges publiques de haut niveau de l’Union européenne tels que les membres de la Cour ont droit à une indemnité de résidence d’un montant égal à 15 % de leur traitement de base pendant leur mandat; n’ignore pas que ledit règlement n’assortit pas le versement de l’indemnité de résidence de conditions, mais que ce versement est basé sur le simple fait que le bénéficiaire est titulaire d’une charge publique de haut niveau; reconnaît qu’une telle approche suit le libellé dudit règlement et comprend que seul le Conseil est compétent pour modifier le règlement (UE) 2016/300; estime cependant que l’indemnité de résidence doit être cohérente avec l’indemnité d’installation et que, dès lors, cette logique impose d’observer la même corrélation avec l’article 20 du statut des fonctionnaires, tout en respectant la finalité propre de chaque indemnité; souligne à cet égard que l’indemnité de résidence doit être interprétée à la lumière de l’article 10 du code de conduite révisé de la Cour sur l’engagement et la loyauté et de l’article 14 du protocole (no 3) sur le statut de la Cour de justice de l’Union européenne, annexé au traité sur l’Union européenne et au traité FUE, qui dispose que les juges sont tenus de résider au siège de la Cour de justice de l’Union européenne (ci-après la «Cour de justice»);

19.

comprend que la Cour n’intervient pas dans la définition des règles et conditions régissant les indemnités d’installation et de résidence et que c’est au PMO que reviennent les tâches de vérification du respect des conditions juridiques de l’indemnité d’installation et d’ordonnancement des paiements de l’indemnité d’installation et de résidence, sur la base d’un accord au niveau des services; prend acte qu’à la demande de la Cour, le PMO a effectué un contrôle ex post concernant l’indemnité d’installation en 2021 et a rendu compte des résultats de celui-ci à la Cour; observe qu’aucune irrégularité n’a été signalée en 2021; regrette que certains membres de la Cour méconnaissent que l’indemnité de résidence implique la résidence effective au lieu d’affectation, singulièrement dans les cas où elle a été versée;

20.

salue le fait que, conformément à l’article 10, paragraphe 1, de son code de conduite révisé, la Cour ait expressément introduit l’obligation légale pour ses membres de résider là où la Cour a son siège, dans le droit fil de l’article 14 du protocole (no 3) sur le statut de la Cour de justice, et que les membres doivent fournir au secrétaire général (en plus de la transmettre au PMO) la preuve de leur résidence au Luxembourg, à leur prise de fonctions, puis tous les trois ans, ce qui est conforme à l’interprétation exprimée par le Parlement, au principe de bonne gestion financière et aux normes éthiques attendues de la Cour; estime que la révision du code de conduite est susceptible de fonder la reconnaissance par la Cour de la concordance de l’indemnité de résidence avec la résidence effective au Luxembourg, et ainsi de permettre le bon exercice de leurs fonctions par les membres;

21.

prend acte de la décision no 30-2019 de la Cour sur la gestion et l’utilisation de son parc automobile; n’ignore pas que le parc automobile est loué auprès d’un fournisseur au titre d’un contrat-cadre interinstitutionnel et que, outre le prix de la location, la Cour supporte les frais liés à l’utilisation des véhicules (à savoir péages, parking, carburant, charges électriques, nettoyage et autres frais) lors des trajets couverts par un ordre de mission; constate que les trajets effectués sans ordre de mission sont aussi autorisés lorsqu’ils sont liés à l’exercice des fonctions des membres de la Cour;

22.

observe que la Cour permet à ses membres d’utiliser à titre privé le parc automobile sans chauffeurs pour des trajets non couverts par un ordre de mission en échange d’une contribution de 100 euros par mois; juge préoccupant que le dispositif des 100 euros de contribution, conçu pour permettre l’utilisation privée du parc automobile, pourrait favoriser les éventuelles utilisations abusives du parc automobile et nuire à la réputation de la Cour; prend acte de la décision no 10-2022 adoptée récemment par la Cour, dans laquelle elle passe en revue la gestion et l’utilisation du parc automobile; est d’avis que la contribution de 100 euros ne reflète pas le coût total de cette utilisation et que le nouveau système introduit par cette décision n’est ni raisonnable ni efficace sur le plan administratif; invite la Cour à rationaliser toutes les utilisations du parc automobile qui sont raisonnablement nécessaires à l’exercice des fonctions de ses membres et à inscrire ces utilisations dans des ordres de mission; rappelle son avis déjà exprimé dans des résolutions de décharge antérieures selon lequel le parc automobile ne doit en aucun cas être utilisé hors du cadre strict de l’exercice des fonctions des membres de la Cour;

23.

constate que la Cour propose à ses membres des cours de langues dans l’intérêt de l’institution, soit par l’intermédiaire du cadre interinstitutionnel commun mis en place avec les autres institutions de l’Union situées à Luxembourg, soit directement en faisant appel à des prestataires professionnels de cours linguistiques; prend note de la déclaration de la Cour selon laquelle pour la période 2017-2021, les membres ont suivi des cours de langue intensifs en dehors du cadre interinstitutionnel uniquement pour les langues française, allemande et anglaise; signale qu’apparemment, seules les caractéristiques des cours de langues (à savoir deux semaines par an et au moins quatre heures par jour) sont soumises à des conditions et non la langue choisie par le membre qui demande un cours; prend acte de la récente décision de la Cour prévoyant que les membres peuvent suivre des cours de langues couvrant principalement les langues de travail de la Cour (anglais et français), mais aussi d’autres langues officielles de l’Union dans l’intérêt du service;

24.

observe qu’un registre de présence n’a été instauré qu’en 2018 afin de consigner la présence ou l’absence des membres à toutes les réunions officielles de la Cour et de ses chambres et comités; constate que, pour la première fois, le rapport annuel d’activités de la Cour pour 2020 comporte des informations sur les présences; n’ignore pas que lesdites réunions ne constituent qu’une partie des activités des membres, qui comprennent également des missions d’audit ainsi que la promotion du travail de la Cour dans les États membres, et reconnaît que la nécessaire indépendance des membres passe par un certain degré d’autonomie dans l’organisation de leur travail; rappelle cependant que les membres sont tenus de se consacrer pleinement à l’exercice de leurs fonctions, tel qu’inscrit à l’article 10 du code de conduite de la Cour, et, en conséquence, demande à la Cour de faire usage du registre de présence comme d’un moyen de prévenir en amont les éventuels cas d’absentéisme; souligne que, selon le rapport d’activité 2020 de la Cour, le taux de participation moyen de 96 % communiqué par la Cour ne concerne que trois réunions physiques du collège des membres tenues en 2020 et non une présence générale sur le lieu de travail; renouvelle la demande formulée chaque année depuis la décharge 2017 d’étendre le registre de présence aux jours ouvrables, aux missions, aux périodes de congé et aux absences justifiées afin de dresser un état des lieux précis du travail effectué par les membres; demande à la Cour de fournir à l’autorité de décharge des mises à jour annuelles du registre de présence afin qu’il puisse être pris en compte lors de la procédure de décharge;

25.

fait observer que les missions, qui sont essentielles à l’exercice de la fonction de la Cour (c’est-à-dire aux institutions nationales de contrôle sur le terrain ou pour présenter le rapport annuel aux parlements nationaux), sont limitées par le budget annuel et doivent faire l’objet de contrôles poussés ex ante et ex post réalisés à partir d’échantillons mensuels; se félicite que la décision no 59-2017 de la Cour ait délégué au secrétaire général de la Cour le rôle d’ordonnateur pour toutes les missions et dépenses des membres de la Cour, tandis que la décision no 61-2017 a précisé les règles régissant les missions, en particulier l’obligation de prouver leur lien avec les travaux de la Cour et souligne que les missions doivent être déclarées clairement et sans ambiguïté comme telles; relève que des membres de la Cour servent également de points de contact pour les institutions de contrôle nationales et pour informer les citoyens sur l’utilisation des fonds de l’Union; constate cependant avec inquiétude que la durée et le lieu des missions ne font l’objet d’aucune limitation ni condition, ce qui risque de conduire à une gestion du temps inefficace; estime qu’une attention particulière devrait être accordée aux missions dans les pays tiers, en ce qui concerne leur durée, leur valeur ajoutée et leurs coûts; invite la Cour à se doter de règles appropriées pour prévenir tout emploi abusif des ordres de mission qui pourrait mettre en question l’intégrité, l’indépendance et l’objectivité de ses membres; souligne en particulier que les missions des membres doivent en général commencer ou s’achever à Luxembourg, conformément à l’obligation de résidence explicite, sauf en cas d’exceptions occasionnelles et justifiées; attend des membres de la Cour qu’ils participent activement aux missions d’audit et insiste sur le fait que leurs tâches et responsabilités doivent être précisées afin d’éviter toute forme de faute potentielle;

26.

constate que, en vertu de la décision no 60-2017 de la Cour, chacun de ses membres dispose d’une dotation budgétaire annuelle pour ses frais de représentation, lesquels sont soumis à des contrôles ex ante et sont remboursés sur présentation de pièces justificatives; s’étonne que l’article 9 de ladite décision prévoit qu’une partie de cette dotation peut être utilisée, même de façon limitée, pour couvrir les invitations adressées par les membres à des collaborateurs proches (par exemple: le cabinet du membre, une équipe d’audit, le personnel de la Chambre ou le personnel de la même nationalité que le membre en question) sans participants extérieurs, pour promouvoir l’esprit d’équipe ou pour célébrer la réalisation d’un objectif de travail essentiel; rappelle qu’à l’article 1 de ladite décision, la Cour définit la «représentation» comme une relation professionnelle des membres de la Cour avec des personnes extérieures et que l’usage en vigueur n’est pas conforme à cette définition; invite la Cour à rationaliser et à préciser les règles régissant l’utilisation, les conditions et les plafonds des lignes budgétaires à des fins de représentation, de renforcement de l’esprit d’équipe et de célébration interne, de façon à respecter les principes de bonne gestion financière et de transparence; prend acte de la décision récente de la Cour qui prévoit que les événements sans participation extérieure ne seront plus couverts par les frais de représentation; demande à la Cour de fournir à la commission du contrôle budgétaire du Parlement un aperçu annuel de l’utilisation de la dotation budgétaire pour la représentation;

27.

relève qu’en 2020, le service d’audit interne de la Cour a examiné la politique de celle-ci en matière de gestion des risques et a publié des rapports, qu’il a achevé l’essentiel de ses travaux d’audit pour une série d’activités et qu’il n’a décelé aucune faiblesse susceptible de remettre en cause la fiabilité globale des systèmes de contrôle interne mis en place pour garantir la légalité et la régularité des opérations financières de la Cour en 2020; prend note du rapport d’assurance de l’auditeur externe indépendant de la Cour de décembre 2021, qui conclut que les ressources affectées aux cours de langue, aux missions et à la représentation ont été utilisées aux fins prévues et que les procédures de contrôle en place offrent les garanties nécessaires pour assurer la conformité réglementaire; encourage les auditeurs interne et externe indépendant de la Cour à aborder dans leur plan d’audit les thèmes liés à l’éthique, tels que la bonne gestion financière et les normes éthiques exigées de la Cour, gardienne indépendante des intérêts financiers des citoyens de l’Union, qui vont au-delà de ce qui est contrôlé par son service d’audit interne;

28.

comprend que, durant la majeure partie de l’année 2020, les restrictions en matière de déplacements et les mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 ont limité la capacité de la Cour à réaliser des travaux d’audit sur le terrain; prend acte que, en 2020, les auditeurs de la Cour ont passé 1 190 jours au total sur le terrain (contre 3 605 jours en 2019) et 627 jours auprès des institutions, organes et organismes de l’Union, d’organisations internationales et de cabinets d’audit privés (contre 2 504 jours en 2019); observe avec intérêt le recours accru à l’audit à distance permis par les outils de vidéoconférence et aux technologies de l’information, comme le partage sécurisé de données et de documents; espère que ces procédures de travail seront consolidées par la Cour dans le cadre de sa procédure d’audit ordinaire;

Cadre éthique et transparence

29.

reconnaît pleinement la valeur d’un journalisme d’investigation sérieux et fondé sur des faits pour assurer les contrôles et les arbitrages nécessaires au bon fonctionnement financier et éthique des institutions de l’Union; est préoccupé par les constatations dont les médias se sont fait l’écho concernant une série de problèmes liés à l’éthique et à la gestion financière à la Cour en rapport avec ses membres; souligne que le travail d’audit de la Cour n’a jamais été mis en cause et que la Cour est soumise à plusieurs niveaux de contrôle par ses auditeurs interne et externe indépendant et par l’autorité de décharge; s’inquiète cependant des atteintes portées à la réputation et à l’intégrité de la Cour, laquelle doit être exemplaire dans la mise en œuvre du budget de l’Union et des normes éthiques les plus élevées; demande à la Cour de charger un comité d’éthique nouvellement élu, qui ne soit pas nommé sur proposition du président de la Cour, d’examiner les domaines mis en cause et d’évaluer l’adéquation éthique des règles existantes, y compris le nouveau système lié à l’article 73 du règlement financier; a bon espoir que la procédure de décharge, avec la collaboration étroite de la Cour, mettra en évidence les domaines d’amélioration et débouchera sur la mise en place des réformes nécessaires, notamment du code de conduite de la Cour; rappelle que la mission de la Cour est d’être l’auditeur externe indépendant de l’Union européenne et la gardienne de ses finances et, en conséquence, réaffirme sa conviction que tout comportement contraire à l’éthique de la part de membres de la Cour retentit lourdement sur la réputation de celle-ci, et de l’Union dans son ensemble, et renvoie inéluctablement à la question: «Mais qui donc garde le gardien?»;

30.

regrette profondément qu’à la suite de la couverture d’un certain nombre de pratiques douteuses sur le plan éthique et financier, la Cour ait refusé de coopérer pleinement et de dialoguer sur un pied d’égalité avec les membres de la commission du contrôle budgétaire du Parlement en ce qui concerne la divulgation d’informations et de documents essentiels, même dans des conditions de confidentialité et de protection des données; rappelle qu’un certain nombre de documents confidentiels ont été mis, à l’initiative de la Cour, à la disposition de la présidente de la commission du contrôle budgétaire du Parlement et de la rapporteure pour la décharge 2020; estime que l’accès de tous les membres de la commission du contrôle budgétaire à ces informations et à ces documents est essentiel pour évaluer les allégations faites dans les médias et permettre aux membres du Parlement de prendre une décision éclairée sur l’octroi de la décharge à la Cour;

31.

rappelle que la Cour a été établie par le traité budgétaire de 1975 pour assurer le contrôle des finances de l’Union et qu’en sa qualité d’auditeur externe de l’Union, elle contribue à l’amélioration de la gestion financière de celle-ci tout en jouant le rôle de gardienne indépendante des intérêts financiers de ses citoyens; souligne que la coopération et la confiance mutuelle entre la Cour et le Parlement, en particulier sa commission du contrôle budgétaire, sont essentielles au bon fonctionnement du mécanisme de contrôle budgétaire de l’Union; est convaincu de la nécessité de répondre aux préoccupations exprimées par le Parlement dans la présente résolution de décharge et dans les résolutions de décharge précédentes et de réparer ainsi le tort causé à la crédibilité de la Cour par des pratiques internes douteuses; réaffirme sa volonté d’accompagner la Cour dans le processus de réforme nécessaire;

32.

est profondément préoccupé par les allégations concernant la sous-location par des membres de la Cour d’un appartement à des membres du personnel de la Cour, également dans le contexte d’une violation potentielle des dispositions du contrat de location concerné et de la création d’un montage contraire à l’éthique dans le cadre de l’indemnité résidentielle; regrette que la Cour ait refusé de fournir à tous les rapporteurs fictifs de la commission du contrôle budgétaire du Parlement des informations sur le propriétaire, le montant du loyer payé par le membre de la Cour qui loue l’appartement et le montant du loyer payé à ce membre par les sous-locataires employés par la Cour;

33.

constate avec préoccupation que le coût total des irrégularités commises par Karel Pinxten, ancien membre de la Cour, qui sont consignées dans le rapport correspondant de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), s’élève à 570 824 euros; regrette que, selon l’analyse juridique faite par la Cour, cette dernière ne pourrait réclamer à Karel Pinxten que le remboursement de 153 408 euros, au motif de l’absence de base juridique permettant le recouvrement de son traitement pour ses journées d’«absences injustifiées»; met l’accent sur l’atteinte à la réputation portée à la Cour et à l’ensemble de l’Union par ce type de comportement qui, comme l’a indiqué la Cour de justice dans son arrêt du 30 septembre 2021 (4), «a été favorisée par l’imprécision des règles internes de cette institution et permise par les carences des contrôles mis en place par celle-ci»; prend acte des suites données à cette affaire par la Cour pendant l’enquête de l’OLAF, notamment la levée de l’immunité et l’aboutissement de la procédure au titre de l’article 286, paragraphe 6, du traité FUE, ainsi que des mesures prises à la suite de l’enquête;

34.

n’ignore pas que la Cour et son auditeur interne, à la suite des procédures mettant en cause Karel Pinxten, ont procédé au réexamen de ses procédures de contrôle de 2016 à 2019 et qu’aucun indice n’a été décelé quant à l’existence de semblables affaires; relève que la Cour estime avoir remédié aux faiblesses détectées dans l’audit; reconnaît que le fait de déléguer les tâches d’ordonnateur au sens de l’article 73 du règlement financier au seul secrétaire général de la Cour et non plus à chacun de ses membres a concouru à l’application du principe de bonne gestion financière; observe que la Cour juge le système désormais en vigueur entièrement viable et fiable;

35.

met l’accent sur les constatations de l’examen par les pairs réalisé en 2019 sur le cadre éthique de la Cour, qui tendent à indiquer que l’éthique mérite d’occuper une place centrale dans les documents stratégiques de la Cour, en recommandant d’instaurer une plus grande cohérence et une plus grande clarté dans les règles en vigueur et de mettre en place une formation adéquate, qu’il faut renforcer les activités de sensibilisation et qu’il convient d’améliorer encore le système de contrôle éthique de la Cour; prend acte de la conclusion de l’examen par les pairs selon laquelle les normes éthiques de la Cour sont, de manière générale, conformes au code déontologique de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques, mais que des améliorations restent nécessaires; souligne à cet égard que les institutions supérieures de contrôle des finances publiques telles que la Cour doivent répondre à de grandes attentes et que, par conséquent, elles doivent montrer l’exemple et inspirer confiance et crédibilité, ce pour quoi leurs dirigeants doivent agir en faisant preuve d’exemplarité; constate que la Cour réexamine actuellement son cadre éthique et qu’à ce titre, un prestataire externe évaluera le niveau de maturité du cadre éthique de la Cour et appréciera les risques liés à l’éthique de la Cour; souligne que les conclusions de cet examen serviront à mettre à jour le cadre éthique de la Cour au début de l’année 2022 et demande à la Cour de tenir l’autorité de décharge informée dans les meilleurs délais;

36.

salue l’adoption, le 14 décembre 2020, du nouveau code de conduite des membres et des anciens membres de la Cour (5), qui est beaucoup plus détaillé et précis que ne l’était le code de conduite des membres de la Cour du 8 février 2012; fait observer que les membres sont désormais tenus de présenter une «déclaration d’intérêts» annuelle, mais s’inquiète du manque de capacités d’examen de la Cour, qui sont essentielles pour éviter les conflits d’intérêts, et invite dès lors la Cour à renforcer le système actuel; met l’accent sur l’obligation faite aux membres de la Cour d’observer les normes les plus élevées en matière d’éthique et sur les valeurs et les principes éthiques qu’ils doivent respecter, dont intégrité, indépendance, objectivité, comportement professionnel, dignité, engagement et loyauté;

37.

se félicite que le code de conduite de la Cour explicite les règles de procédure applicables en ce qui concerne les obligations des membres en matière d’activités extérieures et leurs activités professionnelles après la cessation de leurs fonctions; convient que les membres ne doivent exercer aucune activité extérieure qui soit incompatible avec le caractère de leurs fonctions ; se félicite de la modification apportée par le collège de la Cour à l’article 12, paragraphe 2, de son code de conduite , comme l’y a encouragé l’autorité de décharge, visant à exclure l’autorisation d’exercer des fonctions non rémunérées dans le domaine politique; constate qu’avec cette modification, le code de conduite de la Cour est dorénavant aligné sur le code de conduite de la Cour de justice; souligne que les valeurs d’indépendance et d’objectivité sont spécifiquement et sérieusement affectées dès lors qu’un membre entretient avec un parti politique des relations concrètes pendant la durée de ses fonctions, ainsi qu’il ressort clairement de l’arrêt de la Cour de justice du 30 septembre 2021;

38.

souligne que le président de la Cour doit être exemplaire en évitant tout conflit d’intérêts, réel ou perçu comme tel, susceptible de porter atteinte à l’impartialité de la Cour et, par conséquent, condamne ses missions effectuées dans un but politique clair qui ne sont pas conformes aux normes et principes éthiques attendus de la Cour; rappelle à cet égard, l’article 7, paragraphe 2, du code de conduite de la Cour, qui dispose que «[l]es membres de la Cour doivent être conscients de l’importance de leurs devoirs et de leurs responsabilités, donner l’exemple, tenir compte de la nature publique de leurs fonctions et se conduire de manière à maintenir et à renforcer la confiance du public dans la Cour»;

39.

souligne que l’article 6, paragraphe 2, des lignes directrices de la Cour en matière d’éthique reconnaît que le principe d’égalité de traitement peut être difficile à respecter lorsqu’il existe des liens étroits entre les agents, tandis que l’article 3, paragraphe 5, de son code de conduite interdit aux conjoints, partenaires et membres en ligne directe de la famille des membres de faire partie de leurs cabinets; estime que, au-delà des considérations personnelles, le fait que le président de la Cour partageait son appartement avec deux fonctionnaires membres à temps plein de son cabinet est inhabituel et indésirable, étant donné que cela peut donner le sentiment d’un conflit d’intérêts potentiel ou d’une violation du principe d’égalité de traitement, même si le secrétaire général de la Cour en est son ordonnateur et que le classement des agents du cabinet des membres repose sur leurs années d’expérience; est d’avis que les membres de la Cour ne devraient pas être autorisés à partager leur résidence avec des membres de leurs cabinets; se félicite dès lors de la récente révision du code de conduite de la Cour, encouragée par l’autorité de décharge, afin d’exiger la notification des relations contractuelles entre des membres et des agents de la Cour au comité d’éthique et de disposer que les membres ne peuvent conclure de contrat de location ou de sous-location ni d’accord de prêt de longue durée avec des agents de la Cour, augmentant ainsi le niveau des normes en matière de transparence et de responsabilité au-delà des exigences légales; se félicite que la Cour ait l’intention de préciser davantage les principes régissant les conditions de résidence de ses membres; regrette la violation du droit à la vie privée des membres du personnel concernés qu’a entraînée la publication de leurs noms dans la presse, ainsi que les conséquences qu’ils ont subies dans leur vie personnelle;

40.

se félicite que le code de conduite prévoie également le cadre organisationnel de son application, en instaurant pour ce faire un comité d’éthique chargé de toute question relative à l’éthique qu’il estime pertinente au regard de la réputation de la Cour et des normes énoncées dans le code de conduite; constate avec satisfaction que le comité d’éthique est assisté par le service juridique de la Cour, cette mesure étant de nature à écarter les risques juridiques pouvant résulter de ses décisions; relève que, conformément au règlement intérieur de la Cour en vigueur, les membres du comité d’éthique sont nommés par la Cour sur proposition du président; rappelle, comme indiqué dans le rapport spécial no 13/2019 de la Cour intitulé «Les cadres éthiques des institutions de l’UE auditées», que la composition des membres du comité d’éthique peut influer sur la perception de l’objectivité et de l’indépendance et, en conséquence, demande instamment à la Cour de réexaminer les règles régissant la nomination des membres du comité d’éthique et la composition de ce dernier et suggère, suivant le comité d’éthique indépendant de la Commission, que les membres du comité d’éthique soient des personnes extérieures choisies pour leurs compétences, leur expérience, leur indépendance et leurs qualités professionnelles, outre ne plus être nommées sur proposition du président de la Cour;

41.

note que la Cour publie les missions de ses membres sur le portail de la transparence de son site internet, mais uniquement pour l’année en cours; demande à la Cour de publier et de conserver en permanence les informations relatives à toutes les missions effectuées par les membres pendant toute la durée de leur mandat, notamment, mais pas exclusivement, la destination, le nom et l’affectation de la personne rencontrée, l’objectif de la mission et son coût; encourage la Cour à adhérer au registre de transparence de l’Union sur la base d’un accord de niveau de service; encourage la Cour à publier les agendas des engagements publics et professionnels de ses membres;

42.

constate qu’en 2020, l’unique dossier de l’OLAF ouvert et la seule plainte reçue par la médiatrice européenne ont été rejetés par les autorités concernées; relève qu’en 2020, il n’y a eu aucune affaire de dénonciation des dysfonctionnements;

43.

invite la Cour à préciser le rôle joué par ses conseillers en éthique, aucun rapport portant sur leurs activités n’étant disponible; estime que, dans le prolongement des constatations de l’examen par les pairs réalisé en 2019, il serait utile de consigner le nombre et le type de questions abordées et les conseils formulés; note que les conseillers en éthique sont désormais tenus de rendre compte annuellement de leurs activités au secrétaire général de la Cour, dans le respect des règles de confidentialité;

Ressources humaines, égalité des chances et bien-être du personnel

44.

prend acte que, à la fin de l’année 2020, la Cour employait au total 925 membres du personnel, dont 669 fonctionnaires, 158 agents temporaires, 83 agents contractuels et 15 experts nationaux détachés (END); observe que le taux moyen d’occupation s’élevait à 97,2 % en 2020; se félicite que le niveau des actions de recrutement demeure bon en 2020, avec 62 nouveaux recrutements, dont 18 fonctionnaires, 21 agents temporaires, 20 agents contractuels et 3 END (contre 77 en 2019);

45.

se fait l’écho des difficultés rencontrées par les institutions de l’Union établies au Luxembourg pour recruter du personnel suivant leurs besoins; voit dans l’indexation des salaires en vigueur au Luxembourg l’un des principaux facteurs d’explication; encourage les institutions concernées à s’inscrire dans une démarche unique et coordonnée vis-à-vis de la Commission;

46.

constate avec satisfaction que, globalement, en 2020, la Cour employait des femmes et des hommes en proportions égales, avec 475 femmes et 435 hommes sur 910 employés; prend acte que les femmes représentaient 51,63 % de l’ensemble du personnel, y compris les membres de la Cour et les END; observe une hausse de la part des femmes dans l’encadrement, part qui s’établissait à 34,82 % en 2020, contre 30,43 % en 2019; relève qu’environ un tiers des managers principaux (17 sur 47) et des directeurs (3 sur 10) étaient des femmes;

47.

regrette qu’en 2020, la Cour n’ait comporté que huit femmes, contre 18 hommes, même s’il y a lieu de saluer l’augmentation de la proportion des femmes de 25,93 % en 2019 à 30,77 % en 2020; juge toutefois inacceptable que la Cour n’ait compté que 16 femmes sur un total de 112 membres depuis sa création en 1977 (85,7 % d’hommes, 14,3 % de femmes); rappelle que le Conseil nomme les membres de la Cour après consultation du Parlement et comprend que la procédure de nomination des membres de la Cour est un dispositif complexe et qu’il est difficile de parvenir à l’équilibre hommes-femmes, les nominations nationales relevant de la seule compétence des États membres concernés et un seul candidat étant nommé à la fois; note que, conformément à l’article 286, paragraphe 2, du traité FUE, le Conseil adopte la liste des membres de la Cour établie conformément aux propositions faites par chaque État membre et après consultation du Parlement; invite la Cour, cependant, à analyser sa composition globale afin d’en informer le Conseil et les États membres intéressés, de manière à ce que l’équilibre hommes-femmes en particulier soit pris en compte dans les décisions de nomination;

48.

souligne qu’aux termes de l’article 286 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les membres de la Cour doivent être choisis parmi des personnalités appartenant ou ayant appartenu dans leur pays respectif aux institutions de contrôle externe ou possédant une qualification particulière pour cette fonction, et dont la compétence professionnelle et l’indépendance est garantie au-delà de tout doute raisonnable; regrette que le Conseil ait procédé à plusieurs reprises à la nomination de membres de la Cour en dépit d’un avis négatif du Parlement; est d’avis que la procédure de nomination des membres de la Cour prévue à l’article 286, paragraphe 2, du traité FUE devrait être réformée et alignée sur celle des juges de la Cour de justice établie à l’article 255 du traité FUE, qui prévoit qu’un comité donne un avis sur l’adéquation des candidats; souligne que le Parlement devrait avoir un rôle contraignant dans l’évaluation de l’adéquation des candidats pour la Cour; rappelle que la résolution du Parlement du 4 février 2014 sur le rôle futur de la Cour présente une analyse détaillée et des recommandations très utiles pour une nécessaire révision de la procédure de nomination des membres de la Cour, qui implique une révision du traité ;

49.

fait remarquer que la Cour s’efforce de respecter l’équilibre géographique, que tous les États membres sont représentés parmi le personnel et que vingt et un d’entre eux le sont aux postes d’encadrement; souligne à cet égard que la Cour est entrée dans le groupe de travail sur la diversité et l’inclusion mis en place par l’Office européen de sélection du personnel (EPSO), qui a présenté des mesures spécifiques destinées à renforcer l’attrait du Luxembourg comme lieu de travail, dont l’instauration d’un programme d’emplois pour les conjoints, une allocation de logement, une stratégie commune de communication et une collaboration avec les universités européennes;

50.

prend acte avec satisfaction du large éventail d’activités variées menées en 2020 pour encourager l’égalité des chances, dont une enquête auprès du personnel et cinq ateliers participatifs sur la politique d’égalité des chances de la Cour et ses réalisations en la matière, le recours à une analyse statistique des données relatives à l’égalité des chances afin d’examiner les effets des conditions de travail sur différentes catégories de personnel, des activités de communication et de sensibilisation, une formation obligatoire pour l’encadrement sur la non-discrimination et l’égalité des chances, une formation sur les préjugés inconscients à l’intention des membres des comités de sélection, la révision des avis de vacance et une analyse ex post de la procédure annuelle de promotion afin d’écarter les préjugés concernant le congé de maternité et le congé parental; se félicite des effets positifs des activités axées sur l’égalité des chances en 2020, notamment en ce qui concerne les promotions, exercice où 50 % des femmes promouvables et 46 % des hommes qui l’étaient ont été promus et 51 % des femmes promues et 45 % des hommes l’ayant été avaient pris un congé parental; est informé de la politique de diversité et d’inclusion de la Cour et de son plan d’action en la matière pour la période 2021-2025;

51.

observe que la Cour propose divers régimes de travail flexible afin de favoriser l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, dont en particulier un congé parental pour les parents d’enfants âgés de 0 à 12 ans, différents types de congé spécial et des aménagements pour la période d’allaitement; relève, de même, le nombre limité de plages fixes pendant lesquelles tous les membres du personnel doivent être joignables et la possibilité qui leur est laissée de répartir leurs plages mobiles sur la journée de travail pour leur permettre de concilier leurs besoins professionnels et privés; prend acte que tous les membres du personnel ont été fréquemment informés des formules flexibles proposées en 2020 et mis au courant de leurs évolutions; constate que certaines formules de travail ont continué de présenter un manque de parité, 83 % des membres du personnel ayant sollicité un temps partiel étant des femmes; estime qu’il convient d’intensifier l’effort de communication sur la viabilité et les avantages de ces formules et sur le fait que le recours aux régimes de travail proposés ne sera en rien pénalisant pour l’évolution de carrière des salariés concernés;

52.

constate que le régime de travail appliqué par défaut en 2020 était le télétravail; se félicite que, dans ce cadre, la possibilité de télétravailler en dehors du lieu d’affectation ait été prévue, dans la limite de cinq jours par mois, qu’en outre, des autorisations exceptionnelles de télétravail complet en dehors du lieu d’affectation aient été accordées au vu de situations familiales et sanitaires particulières et qu’il est encore permis actuellement aux membres du personnel d’effectuer 30 jours de télétravail par an en dehors du lieu d’affectation (avec un plafond de dix jours consécutifs); se félicite qu’en 2020, des mesures spéciales aient été adoptées pour aider le personnel à faire face à la situation particulière engendrée par la pandémie de COVID-19, avec notamment deux heures au maximum par jour ménagées pour la garde d’enfants (dispositif auquel ont eu recours 284 auditeurs, dont 160 hommes) et un congé de maternité prolongé pour les mères qui étaient appelées à réintégrer leur service pendant toute la durée du confinement;

53.

relève que trois cas de syndrome d’épuisement professionnel ont été signalés en 2020; souscrit aux mesures adoptées pour faciliter l’accès à un accompagnement psychologique pour les membres du personnel qui en ont besoin; constate en outre que la Cour a organisé des campagnes de communication autour du droit à la déconnexion, dont une formation obligatoire, ainsi que des ateliers de pleine conscience, de réduction du stress et de renforcement de la résilience; recommande cependant à la Cour de ne pas s’en tenir aux seules activités de conscience de soi et de mettre en œuvre des mesures spécifiques autour du droit à la déconnexion des membres de son personnel; salue la création d’une équipe sur le bien-être et l’organisation d’enquêtes destinées à mesurer la satisfaction des membres du personnel de la Cour;

54.

constate que deux cas de harcèlement psychologique présumé ont été signalés, mais que les enquêtes administratives conduites n’ont pas établi l’existence de ce harcèlement psychologique; fait donc observer qu’en 2020, la Cour n’a enregistré aucun cas confirmé de harcèlement psychologique ou sexuel; se félicite que la Cour ait renforcé le nombre de correspondants du réseau mis en place au titre de sa politique de préservation d’un climat de travail serein; accueille favorablement la formation obligatoire dispensée à l’encadrement sur la protection du personnel contre le harcèlement et les comportements inappropriés, l’atelier sur le règlement des conflits axé notamment sur la cybercommunication et l’inclusion dans les sessions d’accueil des nouveaux venus de modules sur les politiques internes relatives à l’égalité des chances et à la lutte contre le harcèlement;

55.

regrette que la Cour ait choisi de rejeter les allégations selon lesquelles des hauts fonctionnaires auraient commis des faits de harcèlement sexuel, en se basant sur le fait que ces allégations avaient été publiées sur l’intranet de la Cour et n’avaient pas été notifiées par les voies officielles; invite la Cour à poursuivre ses efforts pour améliorer son dispositif de signalement des plaintes de harcèlement et son cadre éthique interne;

56.

constate que la Cour a accueilli 44 stagiaires en 2020, contre 55 en 2019, cette baisse s’expliquant par l’annulation de la session de mai en raison de la pandémie de COVID-19; relève que, sur ces 44 stages, 42 étaient rémunérés et invite la Cour à veiller à ce qu’à l’avenir, tous ses stagiaires reçoivent une rémunération décente;

Transformation numérique, cybersécurité, protection des données

57.

constate qu’en 2020, le budget total consacré à l’informatique s’élevait à 10 093 000 euros, soit une hausse de 25 % par rapport à 2019 où il se montait à 8 085 000 euros; remarque que le projet le plus important, responsable de près de 50 % de la hausse et financé par des virements spéciaux, a été le remplacement de l’ensemble de l’infrastructure de stockage informatique; relève que la Cour a investi 358 000 euros dans les équipements informatiques destinés aux utilisateurs finaux (ordinateurs portables, écrans, iPads, téléphones portables et clés USB cryptées), soit une augmentation de 185 % par rapport à 2019; observe que 6 390 000 euros ont été dépensés pour les services informatiques, essentiellement pour la maintenance d’applications, les opérations informatiques et les services fournis par d’autres institutions; constate que plusieurs nouveaux projets informatiques ont été menés à bien en 2020 autour d’un investissement de 1 603 000 euros (soit une hausse de 23 % par rapport à 2019);

58.

constate avec intérêt que, en raison de la pandémie de COVID-19, la totalité des opérations du cycle d’audit ont dû être effectuées de manière numérique, dont le recueil de données probantes, les procédures contradictoires et les entretiens, lesquels ont été réalisés au moyen d’appels vidéo accompagnés, au besoin, d’une interprétation, et que les résultats obtenus n’en ont pas pâti; salue les travaux menés en 2020 par l’équipe du laboratoire d’innovation interdisciplinaire ECALab, qui s’est penchée sur des technologies telles que l’exploration de données, l’intelligence artificielle et le traitement des données ouvertes dans l’objectif de développer la dématérialisation du processus d’audit; n’ignore pas que, en 2020, la Cour a continué de mettre en œuvre son projet intitulé «L’audit passe au numérique à la Cour», chantier transversal visant à permettre l’utilisation de techniques d’audit numérique pour l’audit financier des agences de l’Union;

59.

relève que les procédures de vote (dont le vote secret), les opérations de recrutement et les achats de biens et services se sont déroulés sous forme numérique; croit comprendre que l’adoption d’une nouvelle politique de classification des informations, qui sera suivie de lignes directrices pour sa mise en œuvre et d’une décision spécifique relative aux informations classifiées de l’Union européenne, et la mise en place d’un outil numérique pour le traitement des documents sensibles ont permis de faciliter le passage à une dématérialisation complète; constate que la Cour a déployé un nouveau système de suivi de la sécurité et de chasse aux menaces, des certificats numériques délivrés par une autorité publique de certification pour le cryptage des courriers électroniques afin de faciliter l’échange de fichiers sensibles avec des entités externes, ainsi que des logiciels de protection contre les menaces pour les appareils mobiles professionnels;

60.

relève que la cybersécurité en vigueur (sur la période 2018-2021) a été testée et est opérante, le système de filtrage d’internet ayant bloqué plus de 70 000 menaces en ligne en 2020; observe que la Cour a également mené plusieurs campagnes de sensibilisation afin de promouvoir les bonnes pratiques à adopter en télétravail; se félicite qu’aucun incident de sécurité majeur ne se soit produit en 2020; sait que la Cour met au point un nouveau plan de cybersécurité (pour la période 2022-2024) et envisage dans ce cadre le passage progressif à un modèle à vérification systématique (Zero Trust Architecture);

61.

observe que des lignes directrices et des informations actualisées concernant les questions de protection des données ont été communiquées au personnel sous la forme d’un bulletin d’information bimensuel; se félicite que la Cour ait été jugée «pleinement conforme» à la suite de l’inspection faite, par le Contrôleur européen de la protection des données, du registre tenu par le délégué à la protection des données de la Cour;

Bâtiments et sécurité

62.

constate qu’en 2020, la Cour n’a cessé d’apporter des modifications aux espaces de travail de façon à améliorer l’efficacité énergétique, à intégrer des agencements modernes de l’espace, à renforcer la sécurité physique et à introduire le nouveau mode de travail hybride (télétravail et activité sur site);

63.

invite la Cour, dans la mise en œuvre des chantiers de rénovation, à consulter les représentants du personnel à chaque étape du processus, notamment pour pouvoir mesurer la satisfaction du personnel et son bien-être à l’avenir, mais aussi en particulier à examiner la nécessité d’apporter des modifications pour les personnes à mobilité réduite ou souffrant d’un handicap et à dégager en amont des solutions permettant de faciliter leur accès;

Environnement et durabilité

64.

constate que la Cour participe au système de management environnemental et d’audit (EMAS) qui a pour objet d’assurer le respect des recommandations relatives aux marchés publics écologiques lors de l’achat de biens et de services à tous les stades de la procédure; se félicite que la Cour participe à l’approche du Parlement concernant les marchés publics écologiques, qui prévoit l’application de critères écologiques lors de la sélection et impose des labels en matière d’écologie et de commerce équitable, le cas échéant, éléments qui viennent s’ajouter à l’obligation de vigilance en matière de droits de l’homme à respecter lors de l’évaluation des soumissionnaires et contractants;

65.

constate qu’en 2020, la production totale de gaz à effet de serre de la Cour a affiché une réduction de 14 % par rapport à 2014, année au cours de laquelle la mesure des émissions de CO2 a débuté; prend acte que, à la lumière des résultats d’un audit externe, la certification EMAS de la Cour a été reconduite pour la période 2020-2022; encourage par ailleurs la Cour à faire installer des panneaux photovoltaïques sur tous ses bâtiments afin d’accroître son efficacité sur le plan des émissions de carbone;

66.

prend acte que la Cour rédige actuellement son premier rapport de durabilité, fondé sur les normes de la Global Reporting Initiative et conforme aux lignes directrices du Groupe consultatif pour l’information financière en Europe;

67.

comprend que les limitations d’activité imposées par la pandémie de COVID-19 ont entraîné une baisse sensible de la consommation d’électricité et d’eau, respectivement de 30 % et de 93 %, et que le nombre moyen de pages imprimées par le personnel dans les locaux de la Cour a été quasiment nul; encourage la Cour à mettre à profit l’expérience acquise pendant la pandémie pour renforcer sa campagne de réduction de la consommation de papier;

Communication et multilinguisme

68.

prend acte qu’en 2020, la Cour a dénombré quelque 32 000 articles en ligne et publications sur les médias sociaux liés à ses rapports d’audit ou à la Cour en général (contre 51 000 en 2019) et qu’elle a publié 68 communiqués de presse et a organisé 22 points de presse (contre 61 et 25, respectivement, en 2019); comprend que la baisse constatée de la couverture médiatique consacrée aux publications de la Cour autres que ses rapports d’audit s’explique en partie par le ralentissement de ses activités de communication sur les réseaux sociaux à partir de la mi-mars 2020;

69.

prend acte avec satisfaction des initiatives de communication menées à destination des parties prenantes et des citoyens dans la presse et les médias, telles que des points de presse virtuels visant à accroître la présence de la Cour dans la presse et le paysage médiatique nationaux; appelle l’attention sur la bonne pratique que constitue la conférence sur l’éthique et l’intégrité dans l’administration publique organisée en septembre 2020 dans le prolongement du rapport spécial 13/2019 intitulé «Les cadres éthiques des institutions de l’UE auditées: des améliorations sont possibles»;

Coopération interinstitutionnelle

70.

prend acte de la coopération interinstitutionnelle intense entretenue par la Cour en 2020 en dépit de la situation difficile, avec notamment 156 exposés au total sur les résultats de ses travaux: 52 devant les commissions du Parlement, 57 devant les instances préparatoires du Conseil et 47 devant les parlements nationaux (contre 264 en 2019);

71.

prend acte de l’«EU Network Audit», ayant vocation à engager un nouveau type de coopération en matière d’audit sur les questions liées à la pandémie de COVID-19, l’objectif étant de partager connaissances et expérience et d’accentuer la visibilité et l’incidence des travaux d’audit consacrés à ce thème par les institutions supérieures de contrôle;

72.

constate les progrès obtenus dans la négociation de l’accord tripartite avec la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission en vue de réviser l’accord de 2016 régissant l’accès de la Cour aux documents et aux informations détenues par la BEI pour la réalisation de ses audits portant sur les opérations financées ou garanties par le budget de l’Union et gérées par la BEI;

73.

se félicite des négociations préparatoires menées en 2020 en vue de la signature d’un accord de travail avec le Parquet européen permettant d’inscrire la coopération administrative entre la Cour et le Parquet européen dans un cadre structuré, dans le but de renforcer encore la protection du budget de l’Union; sait que ledit accord de travail a été signé en septembre 2021;

74.

constate qu’en 2020, la Cour a transmis à l’OLAF six cas de fraude présumée qui ont été décelés lors de ses travaux d’audit (contre 10 cas en 2019), cas qui ont tous donné lieu à l’ouverture d’une enquête; relève avec satisfaction que le pourcentage des enquêtes ouvertes à la suite de la transmission par la Cour des informations pertinentes a augmenté ces dernières années sous l’effet de l’intensification du dialogue et de la coordination entre la Cour et l’OLAF;

Pandémie de COVID-19

75.

estime que la Cour a adopté et fait siennes une série de mesures nécessaires à la protection de son personnel pendant la pandémie de COVID-19 et se félicite qu’elle suive la situation à l’aide d’enquêtes portant sur le bien-être au travail, la perception de celle-ci par le personnel et le degré de satisfaction;

76.

prend acte que le déclenchement du plan de continuité des activités a permis de prendre rapidement les mesures nécessaires, en coordination avec les autorités luxembourgeoises et les autres institutions de l’Union établies à Luxembourg, plan qui prévoit notamment la révision rapide du règlement intérieur de la Cour si nécessaire; loue la coordination efficace entretenue avec les autres institutions, organes et organismes de l’Union pendant la crise de la pandémie, grâce notamment à la participation au réseau informel des responsables de la continuité des activités des institutions, organes et organismes de l’Union et au groupe interinstitutionnel sur la COVID-19 qui est toujours en activité;

77.

souligne que la Cour a modifié rapidement son règlement intérieur afin de se donner les moyens, et de permettre à ses chambres et comités, d’adopter leurs décisions à distance lors de réunions virtuelles ou «hybrides» dans des circonstances exceptionnelles constitutives d’un cas de force majeure et d’assurer la continuité du processus décisionnel de la Cour en pareilles circonstances;

78.

sait que, le 16 mars 2020, un régime de télétravail généralisé est entré en vigueur et qu’il a été constamment adapté, preuve d’une réelle souplesse d’organisation; encourage la Cour à pleinement intégrer à la stratégie de gestion interne les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 concernant les approches de la continuité des activités et de la gestion de crise, la réactivité informatique, la résilience de l’organisation, le devoir de sollicitude à l’égard de son personnel, l’efficacité de la communication interne et la flexibilité des méthodes de travail.


(1) Code de conduite des membres et des anciens membres de la Cour (JO L 46 du 25.2.2022, p. 145).

(2) Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (JO L 94 du 28.3.2014, p. 65).

(3) Règlement (UE) 2016/300 du Conseil du 29 février 2016 fixant les émoluments des titulaires de charges publiques de haut niveau de l’Union européenne (JO L 58 du 4.3.2016, p. 1).

(4) Arrêt de la Cour (assemblée plénière) du 30 septembre 2021, Cour des comptes européenne/Karel Pinxten, C-130/19, ECLI:EU:C:2021:782.

(5) JO L 30 du 28.1.2021, p. 10.


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