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AccueilDroit européen52022BP1712
Acte préparatoire52022BP1712

Acte préparatoire — 52022BP1712

CELEX52022BP1712
TypeActe préparatoire
Datemercredi 4 mai 2022

Texte intégral

5.10.2022

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 258/152


RÉSOLUTION (UE) 2022/1712 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 4 mai 2022

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section X — Service européen pour l’action extérieure

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2020, section X — Service européen pour l’action extérieure,

—

vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission des affaires étrangères,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0065/2022),

A.

considérant que le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) est responsable de la gestion des dépenses administratives de son siège à Bruxelles et du réseau des 144 délégations et bureaux de l’Union;

B.

considérant que la responsabilité du SEAE a été étendue à la gestion administrative du personnel de la Commission dans les délégations par l’intermédiaire d’une série d’accords de niveau de service;

C.

considérant que le rôle des délégations est de représenter l’Union et ses citoyens dans le monde entier en développant des réseaux et des partenariats ainsi que de promouvoir les valeurs et les intérêts de l’Union;

D.

considérant que la particularité du SEAE reste dans sa nature et son origine, telle qu’elle était lorsqu’il a été formé par la fusion du personnel appartenant aux anciens services des relations extérieures du Conseil et de la Commission européenne, auxquels ont été intégrés des diplomates des États membres;

E.

considérant qu’en vertu des règles internes du SEAE, le secrétaire général du SEAE joue le rôle d’ordonnateur délégué pour l’institution et que le directeur général de la gestion des ressources joue le rôle d’ordonnateur principal subdélégué;

F.

considérant que l’exécution du budget est régie par le règlement financier et par les règles internes du SEAE concernant l’exécution du budget;

1.

constate avec satisfaction que la Cour des comptes (ci-après la «Cour») n’a relevé aucune déficience notable au sein du SEAE lors de sa vérification des domaines liés aux ressources humaines et aux marchés publics;

2.

considérant que, dans le contexte de la procédure de décharge, l’autorité de décharge tient à souligner l’importance particulière qu’il y a à renforcer encore la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et l’obligation de rendre compte et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines;

3.

souligne que, sur la base de ses travaux d’audit, la Cour a conclu que les paiements relatifs aux dépenses administratives des institutions, y compris le SEAE, pour l’exercice 2020 étaient, dans leur ensemble, exempts d’erreur significative;

4.

se félicite que la Cour n’ait identifié aucun problème spécifique lié à la régularité des opérations;

5.

sait que le chapitre 9 du rapport annuel de la Cour, intitulé «Administration», est consacré aux dépenses liées aux ressources humaines, aux bâtiments, à l’équipement, à l’énergie, aux communications et aux technologies de l’information, et que la Cour indique que ces dépenses présentent un risque faible;

Gestion budgétaire et financière

6.

note que le budget du SEAE pour 2020 était de 731 000 000 EUR (soit une augmentation de 5,2 % par rapport au budget pour 2019, qui était de 694 800 000 EUR), répartis de la façon suivante: 276 300 000 EUR pour le siège et 454 700 000 EUR pour les délégations; observe qu’outre son propre budget, le SEAE a également disposé d’un montant de 212 400 000 EUR (incluant les recettes affectées et les montants reportés) de la Commission pour couvrir les frais administratifs de son personnel travaillant dans les délégations;

7.

note que dans l’ensemble, en 2020, le SEAE a engagé 934 400 000 EUR, soit 90 % du budget disponible de l’année, et que l’exécution totale des paiements s’est élevée à 919 200 000 EUR, soit 79 % des crédits de paiement disponibles;

8.

note que les montants supplémentaires approuvés sont destinés à financer le plan d’action contre la désinformation, le renforcement de la sécurité dans les délégations et au siège, les investissements dans la cybersécurité, le remplacement d’un certain nombre d’experts nationaux bénévoles par des fonctionnaires, l’augmentation du montant de l’allocation octroyée aux stagiaires dans les délégations, le renforcement des structures de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et certains renforcements des départements géographiques dans des domaines clés hautement prioritaires;

9.

constate que globalement, le budget définitif du SEAE pour 2020 a enregistré un taux d’exécution des engagements de 95,0 % et un taux d’exécution des paiements de 82,3 %, contre respectivement 99,94 % et 87,9 % en 2019;

10.

constate que les paiements effectués par le SEAE au siège et dans les délégations en 2020 représentent un total de 200 913 paiements exécutés (10 851 par le siège et 190 062 par les délégations), un chiffre en baisse par rapport aux 252 508 paiements exécutés en 2019; comprend que cette diminution (– 20 %) est due à la suspension de plusieurs activités en raison de la pandémie de COVID-19, notamment les voyages et les représentations; note que les paiements du SEAE pour l’exercice 2020 représentaient 8,9 % du budget de l’Union;

11.

prend acte de la nécessité, exprimée par le SEAE, d’adopter une approche plus souple en ce qui concerne les agents autorisés à intervenir dans les flux financiers des institutions au sein des délégations, afin d’assurer la pleine continuité des activités et de maximiser l’utilisation efficace des ressources humaines disponibles dans les délégations; est conscient que des modifications en ce sens ont été adoptées lors de la révision du règlement financier (notamment les nouvelles dispositions de l’article 60, paragraphes 2 et 3); remarque qu’une plus grande flexibilité est nécessaire, sans pour autant affaiblir les exigences de contrôle du circuit financier; rappelle que toute disposition relative à la flexibilité, en particulier la possibilité pour les chefs de délégation adjoints d’agir en tant qu’ordonnateurs subdélégués, doit être suivie de près par le siège;

12.

note que chaque délégation reçoit et exécute son propre budget destiné à couvrir ses opérations administratives ainsi que le personnel du SEAE et de la Commission; est conscient que les paiements peuvent être effectués au niveau central ou local, respectivement sous la responsabilité de la direction générale du budget de la Commission (DG BUDG) ou de la délégation;

13.

comprend que le nombre des lignes budgétaires utilisées pour financer les opérations relatives au personnel de la Commission dans les délégations, à savoir 32 lignes différentes provenant de diverses rubriques du budget de la Commission ainsi que des fonds fiduciaires, accroît la complexité de la gestion du budget du SEAE; se félicite du fait que le SEAE ait simplifié et regroupé ces fonds dans son propre budget à partir de 2021; souligne à cet égard qu’il convient que le SEAE poursuive ses efforts et soutient le SEAE et la Commission dans leurs discussions en cours sur la manière de réaliser de nouveaux progrès;

14.

se félicite qu’à la suite de l’exercice «Innovative 2019», visant à favoriser la simplification et la modernisation des procédures et processus de travail, plusieurs actions aient été lancées en 2020, notamment la centralisation des appels d’offres importants, les fonctions de trésorerie et le paiement des droits individuels; note qu’en 2020, certaines opérations, en particulier les questions préalables à l’attribution de toutes les procédures de passation de marchés, ont été de plus en plus centralisées au niveau du siège afin d’améliorer la qualité des procédures de passation de marchés et d’alléger la charge de travail des délégations; note avec satisfaction que la centralisation complète est prévue pour l’année 2022; soutient l’évaluation de la charge de travail des délégations prévue en 2022 comme un mécanisme d’examen approprié pour aider à établir des priorités en matière de ressources et d’aspects organisationnels du réseau des délégations;

15.

note que les économies les plus importantes réalisées dans le contexte de la pandémie de COVID-19 portaient sur les lignes budgétaires concernant i) les rémunérations et les indemnités au siège et dans les délégations (en raison du ralentissement de toutes les procédures de recrutement), ii) les missions, les réunions et les événements (en raison des restrictions de déplacement et du confinement), et iii) de nombreux postes liés aux infrastructures; note que les économies ainsi réalisées peuvent être estimées à 17 500 000 EUR;

16.

note qu’une partie de ces économies a été réaffectée au renforcement de l’informatique et des télécommunications afin de couvrir l’augmentation sensible des coûts de communication (logiciels, matériel et connectivité) et de moderniser le système de vidéoconférence obsolète du réseau des délégations; souligne que les dépenses supplémentaires occasionnées par la pandémie comprennent les coûts résultant de l’évacuation médicale de collègues atteints de la COVID-19 ou de personnel vulnérable, ainsi que le remboursement des frais d’internet dans certaines délégations où le coût de la connexion internet est excessif; souligne que la plupart des économies restantes ont été utilisées pour investir dans les infrastructures des délégations;

17.

comprend qu’au cours de l’année 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, le changement d’intensité des activités du SEAE s’est traduit par des virements, notamment des lignes budgétaires relatives aux ressources humaines et aux missions vers les lignes budgétaires relatives à l’informatique, qui ont été efficaces et axés sur les résultats; note qu’en termes absolus, la valeur de tous les virements effectués au sein du budget administratif du SEAE s’est élevée à 52 700 000 EUR;

18.

comprend que les dispositions actuelles du règlement financier en matière de passation de marchés que doivent appliquer les délégations dans les pays tiers se sont révélées inefficaces; approuve l’appel du SEAE en faveur d’une révision des dispositions pertinentes en matière de passation de marchés, soit par l’intégration d’un chapitre distinct pour les délégations dans les pays tiers, soit par l’ajustement du seuil de valeur, afin d’adapter les règles en vigueur aux capacités et au contexte local des délégations concernées;

19.

note qu’en 2020, le SEAE a publié 40 procédures de passation de marchés à valeur élevée (d’une valeur supérieure aux seuils de la directive pour les services et les fournitures et d’une valeur supérieure à 500 000 EUR pour les travaux); note que la Cour a examiné quinze procédures de passation de marchés pour la fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) organisées en 2020 par certaines institutions, dont le SEAE; constate que la Cour a relevé certains problèmes dans les procédures utilisées par les institutions auditées pour l’achat des masques de protection requis en urgence; constate que ces institutions avaient fixé des exigences minimales strictes dans le cahier des charges de l’appel d’offres (notamment des normes de qualité européennes de référence pour les masques médicaux et des dates de livraison);

20.

se félicite de la disposition visant à allouer près de 80 milliards d’EUR à l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) et 5 milliards d’EUR à la facilité européenne pour la paix (FEP) afin de doter l’action extérieure de l’Union de ressources adéquates pour répondre aux priorités et aux enjeux émergents dans des domaines politiques clés;

21.

note que la délégation de l’Union européenne en Syrie a été la seule à émettre une réserve (depuis 2017) sur la gestion des dépenses administratives en raison du climat de sécurité actuel; observe avec satisfaction que le SEAE est parvenu à résoudre deux questions restées en suspens en 2020 relatives à l’impôt sur le revenu des agents locaux et l’accès au compte bancaire syrien de la délégation;

Gestion interne, performances, contrôle interne

22.

note qu’en 2020, le service d’audit interne (SAI) de la Commission a procédé à un examen limité de la mise en œuvre du cadre de contrôle interne (CCI) du SEAE; observe que les recommandations formulées sont mises en œuvre en 2021; approuve la mise en place du comité de contrôle interne (CCI) du SEAE ainsi que l’adoption d’une nouvelle méthodologie d’identification et de classification des faiblesses au regard de chacun des principes de contrôle interne;

23.

se félicite que la nomenclature des erreurs concernant les procédures de passation de marchés, utilisée pour les contrôles ex post au SEAE, ait été alignée sur celle utilisée par la Cour, ce qui permet de mieux comparer les résultats; apprécie qu’à la suite de l’évaluation par la Cour du rapport annuel d’activité du SEAE pour 2019, la stratégie d’audit interne du SEAE ait été modifiée afin de fournir des informations plus précises sur les taux d’erreur utilisés pour la déclaration d’assurance annuelle, en faisant une distinction claire entre les erreurs détectées et les erreurs résiduelles et, par conséquent, en fournissant des informations plus précises concernant les mesures prises pour corriger les erreurs détectées lors du contrôle ex post;

24.

se félicite de la mise en œuvre du plan d’audit stratégique pluriannuel élaboré par le SAI; invite le SEAE à informer l’autorité de décharge des résultats et des enseignements tirés de cette stratégie;

Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel

25.

note que, globalement, le SEAE comptait 4 643 employés en 2020 (contre 4 474 en 2019) et que l’autorité budgétaire a accordé 178 nouveaux équivalents temps plein en considération de ses tâches supplémentaires; note qu’à la fin de l’année 2020, l’effectif du SEAE était composé de 1 277 fonctionnaires, 1 091 agents locaux, 539 agents contractuels, 472 experts nationaux détachés (END) et 370 agents temporaires, ainsi que d’autres personnels de soutien (c’est-à-dire du personnel externe, des stagiaires et des jeunes professionnels);

26.

constate que, dans l’ensemble, un total de 2 286 membres du personnel travaillaient au siège, 2 357 dans les délégations, et que 3 757 membres du personnel de la Commission étaient affectés dans les délégations; souligne le taux élevé d’occupation des postes, en particulier dans les délégations (94,3 % pour les postes AD et 93,7 % pour les postes AST-AST/SC), et un taux légèrement inférieur au siège (91,2 % pour les postes AD et AST-AST/AC);

27.

observe que le transfert de 546 membres du personnel de la Commission des sections administratives des délégations vers le SEAE a été mis en œuvre à la fin de l’année 2020 et qu’il facilitera la gestion du personnel administratif et garantira l’égalité des droits et des obligations dans les délégations;

28.

souligne que l’Union européenne est confrontée à un environnement international instable et à un nombre croissant de crises, qui ont renforcé davantage la nécessité pour l’Union de jouer un rôle important au niveau international; note que le renforcement du rôle du SEAE face à de nouveaux enjeux tels que la désinformation doit s’accompagner d’une augmentation correspondante des effectifs; soutient l’appel du SEAE à l’autorité budgétaire en faveur de ressources humaines suffisantes afin d’assurer l’efficacité de l’action de l’Union en tant qu’acteur mondial; souligne en particulier qu’il est urgent d’utiliser les ressources disponibles de manière flexible, notamment un plus grand nombre d’END des États membres, afin d’être en mesure de faire face aux nouvelles demandes;

29.

note les efforts déployés par le SEAE pour répondre à la préoccupation du Parlement concernant l’équilibre entre le personnel de niveau AD des États membres et les fonctionnaires de l’Union et approuve la conversion des postes d’END en postes d’administrateurs afin de réduire davantage leur nombre total; se félicite de la publication de tous les postes d’END vacants pour des raisons de transparence et d’équité, ainsi que de l’invitation faite à tous les candidats des États membres de manifester leur intérêt pour tout poste; se félicite qu’à la fin de l’année 2020, la population des diplomates des États membres de niveau AD s’élevait à 35,8 %, conformément à la décision 2010/427/UE du Conseil (1) prévoyant que le personnel provenant des États membres doit représenter au moins un tiers de l’ensemble du personnel du SEAE de niveau AD;

30.

se félicite qu’à la fin de l’année 2020, la représentation générale des sexes au sein du SEAE était presque équilibrée, les femmes représentant 48,65 % du personnel; note notamment que les femmes représentaient 37,3 % du personnel de niveau AD (contre 34,8 % en 2019) avec quelques disparités internes, à savoir 49,64 % de femmes dans les grades inférieurs (AD5 à AD8) mais 35 % dans les grades supérieurs (AD9 à AD13), ce qui représente une amélioration par rapport aux 32,9 % observés à la fin de l’année 2019; note que la part des femmes dans les grades AD les plus élevés (AD14 à AD16) a augmenté par rapport à 2019, mais reste faible (23 % en 2020 contre 20,4 % en 2019);

31.

note que, dans les catégories AST et AST/SC, le pourcentage de femmes a diminué pour atteindre 65,35 %, contre 66,3 % en 2019; déplore que des déséquilibres persistent entre les différents grades, les femmes représentant 66,2 % du personnel dans les grades inférieurs (AST2 à AST9) mais seulement 33,3 % dans les grades supérieurs (AST10 à AST11); souligne que l’équilibre entre les sexes a été atteint en ce qui concerne les agents contractuels (59,4 %) et les agents locaux (54,5 %), alors que la majorité des experts nationaux détachés étaient des hommes (75,2 %, principalement en raison de la présence limitée de femmes dans les forces armées des États membres);

32.

se félicite des nombreuses actions prises par le SEAE en vue de parvenir à l’équilibre entre les sexes et de créer un environnement de travail ouvert et inclusif, pour intégrer des conditions de travail flexibles et axées sur les résultats tenant compte de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée; salue les mesures spécifiques telles que l’encouragement actif des candidatures féminines à tous les postes d’encadrement, la présence obligatoire des deux sexes assortie d’une formation sur les préjugés inconscients pour les membres des jurys de recrutement, le renforcement de la coordination avec les États membres en vue d’encourager davantage de candidatures féminines aux postes vacants et l’aide aux conjoints qui cherchent un emploi dans les pays tiers; se félicite qu’un audit de genre des politiques internes soit en cours en vue d’améliorer davantage l’intégration de la dimension de genre, et demande au SEAE de rendre compte au Parlement des recommandations et du suivi de cet audit afin de promouvoir une direction forte tenant compte de la dimension de genre;

33.

salue le fait que la tendance à la hausse de la proportion de femmes accédant à des postes de direction s’est poursuivie en 2020, les femmes représentant 27,3 % des cadres supérieurs et 33,2 % des cadres intermédiaires, contre 26 % et 31,3 % respectivement en 2019; déplore que seuls 27,4 % des postes de chefs de délégation en 2020 aient été occupés par des femmes, et que ce chiffre n’ait pas changé par rapport à 2019;

34.

est préoccupé par le déséquilibre entre les sexes dans les candidatures aux postes d’encadrement, pour lesquels seulement 27 % des candidats étaient des femmes; observe que les femmes représentent 53 % des candidats aux postes de chef d’administration, 82 % des candidats aux postes d’assistant de chef de délégation et 100 % des candidats aux postes d’assistant de chef de délégation adjoint; salue la création de réseaux pour les femmes occupant des postes de pré-direction et les programmes sur mesure pour les femmes occupant des postes de cadres intermédiaires afin de constituer une réserve de talents pour les futurs postes d’encadrement supérieur et demande une nouvelle fois au SEAE de poursuivre ses efforts pour parvenir à un équilibre entre les sexes à tous les niveaux de la hiérarchie; invite le SEAE à explorer des stratégies visant à encourager et à faciliter les candidatures féminines aux postes de direction; insiste sur la nécessité d’encourager les États membres à proposer des femmes qualifiées pour les postes de direction, y compris pour les postes d’encadrement supérieur; encourage le SEAE à mieux promouvoir les possibilités de carrière qu’il offre et les postes à pourvoir auprès des diplomates nationaux, des professionnels des études internationales, du monde universitaire et de la société civile;

35.

soutient l’adoption, en juin 2020, de la feuille de route du SEAE pour l’action en matière de handicap, préparée en collaboration avec le comité du personnel, les services compétents du SEAE, les autres institutions de l’Union et les États membres, afin de recenser les meilleures pratiques et politiques; comprend qu’à la suite de sa publication interne, la feuille de route a été mise à jour et améliorée à la fin de l’année 2020; salue la publication de la politique du SEAE en matière de handicap en juillet 2020; apprécie les initiatives concrètes telles que le guide interinstitutionnel pour les nouveaux arrivants présentant un handicap, le guide du SEAE sur la communication inclusive en ce qui concerne les personnes présentant un handicap au travail et la mise en place d’un point de contact spécifique pour obtenir des informations pratiques sur le handicap ou les adaptations possibles sur le lieu de travail;

36.

apprécie les travaux des comités spécialisés sur le «développement de carrière» et «sexes et égalité des chances», chargés d’améliorer la transparence, la prévisibilité, l’égalité et l’équité de la culture de travail du SEAE; soutient la mise en place, le 25 juin 2020, d’un comité paritaire pour l’égalité des chances (COPEC), composé de membres de l’administration et de représentants du personnel, chargé de contribuer aux politiques relatives au genre, à l’égalité des chances, au respect de la diversité et à la non-discrimination, à la lutte contre le harcèlement, à l’organisation de régimes de travail flexibles et à un environnement de travail équitable, flexible et respectueux;

37.

est conscient des efforts déployés par le SEAE pour parvenir à une représentation géographique réelle tout en respectant les compétences et les mérites des candidats; fait une nouvelle fois part de sa préoccupation face à la représentation géographique du personnel du SEAE, en particulier en ce qui concerne les postes de chefs de délégation et d’encadrement intermédiaire et supérieur, et souligne, à cet égard, la nécessité de prévoir davantage d’END pour faire face à la charge de travail croissante du SEAE; observe qu’à la fin de l’année 2020, le personnel du SEAE était composé de ressortissants de tous les États membres et salue les efforts déployés par le SEAE pour tenir le réseau des ressources humaines des États membres de l’Union informé de la composition du personnel, publier les postes vacants et favoriser les efforts nationaux visant à accroître le nombre de candidats;

38.

estime qu’il est important d’assurer une représentation équilibrée des pays qui ont rejoint l’Union après 2004 ou plus tard (UE13) et constate ainsi que le nombre de membres du personnel provenant de ces États membres à la fin de 2020 avait augmenté de 6 % par rapport à 2019; souligne que la part de ressortissants d’un État de l’UE13 au sein du personnel du SEAE est de 23 % à la fin de 2020, alors que leur part dans la population de l’Union est de 20 %; souligne, toutefois, qu’il existe des écarts de représentation, au niveau de la direction, entre les pays ayant une population comparable (30 postes de direction sur 267 sont occupés par des ressortissants d’un État de l’UE13, contre 33 en 2019); invite le SEAE à réaliser des progrès significatifs afin de parvenir à une représentation équilibrée des États membres qui reflète leur diversité, comme le prévoit l’article 27 du statut;

39.

se félicite que la réforme du SEAE sur les conditions d’emploi et les régimes de sécurité sociale des agents locaux dans les délégations soit entrée en vigueur le 1er juin 2020; souligne que cette réforme a introduit une base juridique plus solide pour l’assurance médicale complémentaire et la prévoyance complémentaire, ainsi que de meilleures conditions d’emploi; estime que les nouvelles mesures permettront aux délégations d’attirer et de retenir du personnel hautement qualifié;

40.

se félicite que le SEAE encourage l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et favorise des politiques adaptées aux familles impliquant le recours à des modalités de travail flexibles, y compris, selon cas, le télétravail en dehors du lieu de travail et un suivi personnalisé par l’équipe du SEAE chargée de la politique sociale pour le personnel ayant des enfants qui présentent un handicap;

41.

note qu’en mars 2020, le SEAE a autorisé le télétravail pour la majorité du personnel du siège et des délégations; se félicite qu’en raison de la pandémie de COVID-19, le SEAE ait autorisé les membres non essentiels du personnel de 78 délégations qui se trouvent dans des pays où les systèmes de santé sont insuffisants à télétravailler depuis Bruxelles ou depuis leur lieu d’origine, et ce, de manière volontaire; constate qu’en mai 2020, environ 41 % des membres du personnel des délégations avaient opté pour ce mode de travail permettant aux familles de se réunir, tout en améliorant le bien-être et la productivité au travail; note, en outre, que le personnel du siège souffrant d’un problème de santé a également été autorisé à télétravailler hors de la Belgique;

42.

note que le SEAE donne des conseils et propose des mesures d’accompagnement pour atténuer le risque d’épuisement professionnel, notamment un soutien psychologique, des conseils en matière d’assistance appropriée pouvant être obtenue localement, une formation sur la gestion du stress et une ligne d’assistance téléphonique; se félicite de l’adoption par le SEAE d’un ensemble de règles visant à maintenir le droit de tous les membres du personnel à se déconnecter, avec des règles spécifiques régissant l’utilisation de la messagerie électronique et du téléphone en dehors des heures de travail;

43.

salue l’attention portée par le SEAE au dialogue social et souligne les effets positifs de la participation directe de membres du personnel ayant une expérience directe des mesures proposées à la discussion; salue en particulier la vaste consultation sur l’avenir du SEAE, à laquelle ont participé plus de 500 collègues du siège et des délégations, et lors de laquelle sept groupes de discussion ont traduit toutes les réflexions en propositions de travail concrètes, projet connu sous le nom de #EEAS@20; encourage le SEAE à conserver cette approche afin de répondre aux attentes des membres du personnel tout en répondant aux besoins du service;

44.

exprime sa préoccupation quant au nombre de cas signalés au service de médiation du SEAE (176 demandes en 2020, 183 en 2019); précise que le travail du service de médiation est soutenu par un réseau de 12 conseillers-confidents volontaires et dûment formés, tant au siège que dans les délégations; note que parmi les cas signalés en 2020, 64 % concernaient des conflits interpersonnels (y compris des allégations de harcèlement moral), 30 % concernaient des conflits liés aux droits et obligations, d’autres cas faisaient référence à des problèmes tels qu’un environnement de travail éprouvant et un cas concernait des allégations de harcèlement sexuel; souligne que le mandat du service de médiation a été révisé au début de l’année 2020 afin de renforcer son indépendance et sa disponibilité pour tous les membres du personnel, et de garantir que l’administration du SEAE soit informée des allégations/incidents graves ou répétés pour qu’elle puisse prendre les mesures appropriées; encourage le SEAE à continuer de favoriser une culture de travail constructive et préventive, exempte de harcèlement, par la sensibilisation, l’accompagnement et la formation;

45.

note que l’administration du SEAE a traité quatre demandes formelles d’assistance concernant des allégations de harcèlement, dont trois ont été classées sans qu’aucune sanction ne soit prise, tandis que pour la dernière, l’avis du conseil de discipline a été demandé; invite le SEAE à rendre compte de cette affaire en temps utile; se félicite qu’en 2020, le SEAE ait lancé sa toute première formation obligatoire pour les cadres sur la manière de créer un environnement de travail exempt de harcèlement; encourage le SEAE à continuer d’organiser systématiquement des sessions de formation et de sensibilisation ayant trait à la bonne conduite de son personnel; estime que des sessions de ce type devraient faire partie de la formation obligatoire du personnel nouvellement recruté;

46.

note qu’en 2020, le SEAE a recruté 57 stagiaires «Livre bleu» rémunérés pour un stage de cinq mois dans son siège; note que 385 stagiaires au total ont été employés par 101 délégations pour des stages d’une durée moyenne de cinq mois; déplore que 39 stages ne soient pas rémunérés; note que tous les stagiaires «Livre bleu» ont reçu un ordinateur personnel pour le télétravail; invite le SEAE à prendre les mesures appropriées pour garantir que tous ses stagiaires reçoivent une rémunération décente;

Cadre éthique et transparence

47.

note avec satisfaction l’adoption du régime mondial de sanctions de l’Union européenne en matière de droits de l’homme en décembre 2020 et l’adoption du nouveau plan d’action de l’Union européenne en faveur des droits de l’homme et de la démocratie pour la période 2020-2024, qui définit des domaines d’action prioritaires et prend en compte les nouveaux défis; salue le rôle central des droits de l’homme dans la politique étrangère de l’Union européenne ainsi que la détermination de cette dernière à s’attaquer aux graves violations et atteintes aux droits de l’homme dans le monde entier;

48.

invite le SEAE à contrôler les postes des anciens chefs de délégation, compte tenu de leur rôle et de leurs fonctions politiques sensibles dans les pays hôtes; invite le SEAE à examiner systématiquement les passages potentiellement problématiques vers le secteur privé ou vers des organisations de pays tiers et à continuer de surveiller l’activité professionnelle des anciens hauts fonctionnaires jusqu’à la fin du délai de carence obligatoire, car les situations de conflit d’intérêts non résolues peuvent compromettre l’application de normes éthiques élevées dans l’ensemble de l’administration de l’Union;

49.

note qu’en 2020, le SEAE n’a examiné que 25 notifications de l’intention d’exercer une activité professionnelle après avoir quitté le service, dont six émanaient d’anciens membres du personnel d’encadrement supérieur; invite le SEAE à demander systématiquement des informations sur les fonctions que les membres du personnel d’encadrement supérieur qui quittent leur poste envisagent d’exercer; souligne que les informations géopolitiques sensibles auxquelles les membres du personnel d’encadrement supérieur ont accès ne peuvent être compromises; se félicite de la publication rétroactive de ses décisions sur les activités professionnelles des anciens hauts fonctionnaires, conformément à l’article 16, paragraphe 3 du statut; est conscient qu’une interdiction de lobbying et de plaidoyer s’applique automatiquement à tout fonctionnaire ayant quitté le service;

50.

constate qu’en 2020, deux déclarations signalant l’existence d’un conflit d’intérêts potentiel ont été faites, toutes deux liées à l’activité lucrative du conjoint, dont l’une a été jugée irrecevable et l’autre a donné lieu à la décision de retirer l’agent de la gestion d’un appel d’offres;

51.

estime que les normes éthiques les plus élevées devraient être appliquées pour éviter d’éventuels conflits d’intérêts, en tenant compte des spécificités du travail effectué au sein des délégations, et ce afin d’atténuer les risques pour la réputation de l’Union et du SEAE, en particulier en ce qui concerne les chefs de délégation;

52.

note que le SEAE ne joue pas de rôle direct dans la législation de l’Union et que, dès lors, il ne se réunit pas avec les organisations et les indépendants qualifiés de lobbyistes, conformément à l’article 11 du traité sur l’Union européenne; encourage le SEAE à adhérer au registre de transparence, sur la base d’un accord de niveau de service, afin d’améliorer la transparence en rendant publiques toutes les réunions avec l’ensemble des groupes de pression qui tentent d’influencer les processus législatifs et de mise en œuvre des politiques des institutions de l’Union;

53.

observe que le SEAE a reçu 20 demandes d’information de la part de l’OLAF concernant d’éventuels cas de fraude impliquant des membres du personnel de l’Union ou des acteurs extérieurs et que, dans le cas de cinq d’entre eux, l’OLAF a décidé d’ouvrir une enquête; invite le SEAE à informer en temps utile l’autorité de décharge des résultats de ces enquêtes; constate que le Médiateur a traité 14 cas concernant le SEAE sans émettre de recommandation; se félicite qu’une coopération avec le Parquet européen soit envisagée sur les conseils et avec le soutien de l’OLAF; salue la volonté du SEAE de coopérer avec le Parquet européen ainsi que les contacts pris avec le service juridique de la Commission sur la question et invite le SEAE à intégrer cette coopération comme composante de sa stratégie générale de lutte contre la fraude;

54.

insiste pour que le SEAE continue de se conformer aux lignes directrices de la Commission sur la dénonciation des dysfonctionnements, en particulier pour protéger les lanceurs d’alerte de bonne foi contre toute forme de préjudice; salue le fait que le SEAE applique les lignes directrices de la Commission sur la dénonciation des dysfonctionnements au personnel du SEAE et de la Commission dans les délégations de l’Union et le mette à la disposition de celui-ci sur l’intranet du SEAE;

Transformation numérique, cybersécurité, protection des données

55.

demande au SEAE de rendre compte à l’autorité budgétaire de la pénurie générale de personnel administratif, en particulier en ce qui concerne le manque de personnel informatique, dont l’effectif est l’un des plus faibles des institutions, et de détailler les causes possibles de ces pénuries, tels que les problèmes de recrutement ou les déficiences structurelles de l’administration;

56.

souligne que, par rapport à 2019, les investissements dans les projets et équipements informatiques ont augmenté de 38,14 % pour le siège et de 22,48 % pour la sécurité; observe qu’en 2020, la ligne budgétaire du siège consacrée à l’informatique a été augmentée de plus de 8 millions d’EUR grâce à des virements provenant d’autres lignes, alors que la ligne était initialement dotée de 16 millions d’EUR, les besoins ayant considérablement augmenté en raison de la pandémie de COVID-19;

57.

reconnaît le caractère sensible du transfert de données vers des pays tiers; est conscient que le délégué à la protection des données (DPD) a publié des orientations sur la manière de s’assurer que les contractants respectent les règles de protection des données et sur la manière dont les transferts de données vers des pays tiers peuvent être conformes à la loi à la lumière de l’arrêt Schrems-II de la Cour européenne de justice; observe que le SEAE a répondu à l’exigence du Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) de réaliser un inventaire des transferts de données à caractère personnel vers des organisations commerciales dans des pays tiers, y compris les prestataires de services pour l’Union;

58.

note avec satisfaction que le CEPD a effectué un audit à distance des registres de traitement des données des institutions de l’Union et que le SEAE a été jugé entièrement conforme; salue la mise à jour continue de la déclaration de confidentialité relative à la COVID-19 que les responsables du traitement des données du SEAE ont effectuée en étroite collaboration avec le DPD, afin de répondre aux nouvelles préoccupations en matière de vie privée liées au contrôle de la présence au bureau et au télétravail, en vue de parvenir à un équilibre proportionné entre les besoins de préservation de la santé et d’atténuation des risques de contamination et la protection des données à caractère personnel; note qu’en 2020, les responsables du traitement des données du SEAE ont achevé deux analyses d’impact sur la protection des données (AIPD) concernant le contrôle de la sécurité informatique et l’utilisation de KITRY, une application de gestion de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail pour le service médical (qui sera pleinement mise en œuvre en 2021);

Bâtiments et sécurité

59.

reconnaît la complexité de la gestion de ses bâtiments, qui comprennent des bureaux, des résidences officielles et des logements pour le personnel à Bruxelles et dans les délégations, et le défi que cela représente pour le SEAE; note que la pandémie de COVID-19 a eu un effet considérable sur la politique immobilière du SEAE et a accéléré la transition vers des espaces de bureau collaboratifs; observe que du fait de la crise liée à la pandémie, plusieurs projets immobiliers ont subi des retards en 2020, principalement en raison de ruptures de la chaîne d’approvisionnement, de restrictions des travaux de construction et de limitations des déplacements, notamment dans les pays tiers;

60.

observe que tous les projets d’aménagement de bureaux réalisés par le SEAE en 2020 ont été conçus en concertation avec la direction et le personnel des divisions et délégations concernées, et introduisent pour la plupart des espaces collaboratifs tout en respectant les directives en matière de distanciation sociale instaurées en raison de la pandémie de COVID-19; se félicite que le SEAE n’ait pas introduit de politique généralisée de partage de bureau;

61.

note que le SEAE gère 178 immeubles de bureaux dans les délégations, ce qui représente une surface totale de 275 000 m2 (dont 80 % en location et 20 % en propriété); observe que le coût annuel des biens immobiliers loués pour les délégations s’élève à 61 800 000 EUR; note qu’à la fin de l’année 2020, le SEAE gérait 148 résidences pour les chefs de délégation, d’une surface totale de 84 000 m2 (21 % en propriété); salue l’évaluation qualitative réalisée en 2020 par le SEAE sur les bâtiments des délégations pour permettre d’identifier les priorités à moyen et à long terme et d’élaborer le premier plan pluriannuel pour les projets immobiliers du SEAE dans les délégations en 2021;

62.

soutient le SEAE dans ses efforts pour accroître l’utilisation des co-implantations dans ses délégations, qui a plus que quadruplé au cours des cinq dernières années, passant de 20 en 2011 à 116 en 2020, et représente 7 % de la surface totale des bureaux; apprécie que la gestion des co-implantations et l’accord-cadre conclu avec chaque partenaire des co-implantations aient facilité le recouvrement de 12 millions d’EUR de coûts en 2020;

63.

souligne que, pendant la pandémie de COVID-19, les institutions de l’Union ont observé une augmentation de 600 % des cyberattaques; se félicite des différentes initiatives lancées par le SEAE pour sensibiliser à la sécurité et promouvoir une culture de la sécurité dans l’ensemble de l’institution, telles que des campagnes de sécurité, la formation des membres du personnel à la détection des menaces pour la sécurité et des conseils sur la manière d’atténuer les menaces ou de limiter leurs effets; soutient le SEAE dans le renforcement de ses mesures de sécurité protégeant à la fois les membres du personnel et son infrastructure numérique contre les menaces et les attaques extérieures; souligne que le SEAE a besoin de personnel, de procédures, d’infrastructures et d’outils adéquats pour réduire ces risques en matière de sécurité, en particulier ceux qui concernent la cybersécurité;

64.

souligne que le SEAE a consacré aux services de sécurité un budget total de 65 600 000 EUR pour 2020; note que le montant total consacré aux installations de sécurité et à l’entretien pour les délégations s’élevait à 12 942 311 EUR; observe que le budget total consacré aux communications sécurisées s’élevait à 18 163 000 EUR; prend acte des défis attendus en matière de protection des délégations de l’Union qui ont été identifiés par le SEAE et, en particulier, de l’absence d’action autonome destinée à mobiliser les capacités de défense en cas de crise et d’évacuation; relève que le SEAE est parvenu à des accords avec certains États membres pour soutenir, dans certains pays, l’évacuation des membres du personnel expatrié et des personnes à leur charge, ce qui limite malheureusement l’autonomie du SEAE et des délégations de l’Union lorsque se pose la question de rester dans les pays d’accueil pendant les crises; demande à nouveau que le potentiel des dispositions du traité de Lisbonne soit pleinement exploité pour œuvrer en faveur d’une Union européenne de la défense et réitère son soutien en faveur d’une coopération accrue, d’un accroissement des investissements et de la mise en commun des ressources pour créer des synergies au niveau de l’Union afin de mieux protéger les européens;

65.

salue le renforcement du réseau d’agents de sécurité régionaux en 2020 avec la création de dix nouveaux postes, ainsi que les investissements réalisés dans le déploiement d’un système institutionnel classifié prenant en charge tous les rôles du SEAE;

Environnement et durabilité

66.

soutient les efforts déployés par le SEAE en vue d’assurer la cohérence de l’action extérieure de l’Union en reliant les aspects internes et externes du pacte vert et de la transformation numérique, parmi d’autres domaines d’action; approuve la nomination du premier ambassadeur du Pacte européen pour le climat, chargé d’établir des contacts politiques de haut niveau dans les États membres et dans le monde, dans le cadre de l’approche stratégique du SEAE visant à associer politique, économie et action pour le climat;

67.

salue l’intention du SEAE d’introduire le système européen de management environnemental et d’audit (EMAS) pour son siège afin de développer un programme fondé sur des initiatives et des mesures écologiques concrètes, ainsi que le fait que le SEAE adhère au service d’assistance interinstitutionnel pour les marchés publics écologiques; invite le SEAE à mener ouvertement une «campagne zéro papier» afin de renforcer les initiatives déjà adoptées en la matière;

68.

prend note avec satisfaction du soutien apporté à toutes les délégations pour réduire leur empreinte carbone et leur consommation, en particulier la collecte d’informations auprès des délégations sur la consommation d’énergie et de matériaux;

69.

encourage le SEAE à adopter une approche structurée de la mobilité durable du personnel et à faire connaître les initiatives pertinentes menées dans ce domaine, comme l’installation de bornes de recharge pour les voitures et les vélos électriques, ainsi que de supports à vélos;

Communication et multilinguisme

70.

souligne l’élaboration, en 2020, des principes et priorités du SEAE en matière de communication pour la période 2020-2021, qui définissent les priorités régionales en matière de communication et les trois grandes priorités stratégiques globales: le pacte vert et la diplomatie du changement climatique, le multilatéralisme et les partenariats et l’autonomie stratégique et la résilience;

71.

note le succès de nombreuses campagnes médiatiques du SEAE sur des questions clés, telles que la campagne «We Take You Home» sur le rapatriement des citoyens de l’Union en raison de la COVID-19, la campagne «United in Distance» qui montre des exemples concrets de solidarité à travers le monde en temps de crise, la campagne «EU in Action» sur le travail de l’Union sur le terrain en tant que prestataire de services de sécurité et la campagne «BeTheWave» sur les questions climatiques; souligne que les canaux du SEAE ont également contribué à renforcer la visibilité de l’«Équipe Europe» dans le monde entier; souligne que le compte du SEAE sur les réseaux sociaux est l’un des premiers comptes de services diplomatiques au monde avec plus de 700 000 abonnés et une croissance évidente en termes d’interactions avec le public, tandis que son site internet a enregistré 21 millions de vues et 13 millions de consultations uniques de page en 2020;

72.

réitère l’importance, déjà soulignée dans la résolution de l’année dernière, de communiquer de manière stratégique afin de lutter contre les ingérences malveillantes, y compris la propagande étrangère et la désinformation, qui ont été exacerbées lors de la pandémie de COVID-19; soutient les actions du SEAE en matière de détection, d’analyse et de dénonciation de la désinformation provenant d’acteurs étrangers en mobilisant son expérience et ses capacités pour améliorer la surveillance des médias et l’analyse des mégadonnées;

73.

reconnaît que le SEAE a répondu à l’infodémie sur la COVID-19 en surveillant et en analysant les cas de manipulation de l’information et d’ingérence et en étant au premier plan d’une coopération étroite entre les institutions de l’Union, les États membres et les partenaires internationaux à ce propos; note l’incidence positive de la contribution du SEAE à la mise en œuvre de la communication conjointe sur la réaction de l’UE au niveau mondial face à la pandémie de COVID-19, qui a été adoptée en avril 2020;

74.

se déclare vivement préoccupé par les révélations de tentatives menées par la Chine pour influencer le rapport critique du SEAE qui évalue les discours et la désinformation en ce qui concerne la pandémie de COVID-19; prend acte des déclarations faites par le haut représentant devant la commission des affaires étrangères du Parlement, informant celui-ci que des fonctionnaires chinois avaient fait part de leurs inquiétudes au sujet de la fuite du projet de publication et nié toute influence de la Chine sur le rapport; souligne que le SEAE est la principale institution de l’Union chargée de lutter contre les ingérences étrangères; invite le SEAE à agir pour protéger son personnel contre les ingérences étrangères, à contrer toute tentative d’ingérence étrangère à l’avenir et à tenir l’autorité de décharge informée de ses réponses ultérieures; soutient le SEAE dans le déploiement des capacités, de l’expertise et des capacités linguistiques appropriées en ce qui concerne les régions d’importance stratégique;

75.

se félicite du fait que le SEAE ait publié cinq rapports spéciaux sur la désinformation liée à la COVID-19 et organisé des campagnes afin de sensibiliser à l’activité persistante d’acteurs tels que la Russie et d’attirer l’attention sur l’émergence de nouveaux acteurs; note que plusieurs campagnes spécifiques à un pays ont été mises en œuvre afin d’atténuer l’effet de la désinformation et de protéger la réputation de l’Union; souligne qu’en 2020, le portail EU vs Disinfo a enregistré plus de 1,25 million de visiteurs (soit une augmentation de 200 % par rapport à 2019), avec 2,4 millions de pages vues; demande au SEAE de fournir davantage d’informations au Parlement sur la méthode utilisée par le portail EU vs Disinfo et sur sa conformité avec le droit de l’Union et les normes internationales, notamment en ce qui concerne le droit d’être entendu dans le cadre d’une procédure de recours; demande que le budget de la task force East Stratcom bénéficie d’une nouvelle augmentation substantielle afin de lutter efficacement contre les campagnes de désinformation et d’encourager les politiques menées par l’Union dans les pays du partenariat oriental;

76.

rappelle que les délégations de l’Union dans les pays tiers jouent un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des objectifs de politique étrangère de l’Union; demande au SEAE de renforcer le rôle des délégations de l’Union dans les pays tiers afin d’améliorer leur capacité à neutraliser les campagnes de désinformation menaçant les valeurs démocratiques qui sont orchestrées par des acteurs étatiques étrangers; invite également le SEAE à renforcer l’action des délégations de l’Union dans notre voisinage et en particulier dans les pays des Balkans occidentaux, afin qu’elles contribuent à une politique de communication plus active et plus efficace sur la perspective européenne et qu’elles offrent la plus grande aide possible aux pays engagés dans des réformes pro-démocratie et pro-européennes; invite les délégations de l’Union à poursuivre leurs efforts conjoints pour accroître la visibilité des projets financés par l’Union;

77.

souligne la nécessité croissante d’une politique arctique de l’Union cohérente et mise à jour; relève que le nouvel instrument IVCDCI ouvre des possibilités de financement dans la région arctique;

Coopération interinstitutionnelle

78.

souligne la coordination constante entre les divisions du siège du SEAE et la DG BUDG de la Commission pour définir des dispositions financières visant à assurer la continuité des activités et la bonne gestion financière des opérations au siège ainsi que dans les délégations pendant cette période particulière; souligne la liaison efficace entre le SEAE et l’Office pour les infrastructures et la logistique de la Commission à Bruxelles pour garantir que des mesures appropriées étaient en place pour que les membres du personnel physiquement présents puissent remplir les fonctions essentielles à la continuité des activités;

79.

note avec satisfaction que le SEAE coordonne ses efforts en matière de prévention de la fraude et de lutte contre la fraude avec toutes les directions générales de RELEX et selon le format spécifique prévu par la stratégie de lutte contre la fraude de la Commission, sous l’égide de l’OLAF, qui joue un rôle de premier plan; comprend que la stratégie de lutte contre la fraude du SEAE était toujours en cours d’élaboration en 2020;

80.

se félicite qu’à la suite du retrait du Royaume-Uni de l’Union le 31 janvier 2020, le SEAE a finalement établi une délégation de l’Union à Londres et une division britannique au sein de sa direction générale; déplore toutefois le retard pris dans l’octroi du statut diplomatique au personnel du Parlement travaillant au bureau de liaison de Londres, ainsi que le refus initial du SEAE de trouver une issue favorable à cette situation; comprend que l’accord sur l’établissement d’une délégation remplace toute disposition temporaire et garantit que la délégation à Londres, ses membres du personnel et ses biens bénéficient de privilèges et d’immunités équivalents à ceux visés par la convention de Vienne, de la même manière que les 144 autres délégations et offices; regrette que le SEAE ait négocié le projet d’accord d’établissement avec les autorités britanniques sans consulter le Parlement; souligne que le fait d’envoyer des mises à jour régulières au Parlement plutôt que de le consulter de manière appropriée ne satisfait pas à l’obligation du SEAE de «fai[re] […] bénéficier, dans la mesure appropriée, de son soutien et de sa coopération», comme le prévoit l’article 3, paragraphe 4, de la décision établissant le SEAE; note qu’à la fin de l’année 2020, près de 40 postes (y compris le personnel expatrié et local) étaient pourvus sur les 43 postes disponibles au total; est conscient que la délégation est située dans le bâtiment, propriété de l’Union, utilisé dans le passé par la représentation de la Commission et le bureau de liaison du Parlement européen (EPLO);

81.

salue la coopération entre le SEAE et le Parlement en 2020 visant à mettre à jour de manière fructueuse les «dispositions pratiques pour le partage des rapports politiques spécifiques des délégations de l’Union avec les membres désignés du Parlement européen» de 2015, qui permettront la transmission électronique des documents;

82.

déplore que des fuites dans la presse de rapports confidentiels sur des missions d’observation électorale aient eu lieu par le passé et se félicite des solutions qui ont été trouvées entre le Parlement et le SEAE en matière de transmission des dossiers; exprime sa conviction que le SEAE continuera de faciliter les échanges de vues réguliers entre les chefs et les chefs adjoints de missions d’observation et les députés au Parlement européen avant, pendant et après une mission d’observation électorale;

83.

se félicite qu’en 2020, le SEAE ait conclu un accord de niveau de service avec la Banque européenne d’investissement pour la co-implantation des membres de son personnel dans les locaux des délégations du monde entier; est conscient que d’autres accords de niveau de service ont été négociés en 2020 avec la Banque centrale européenne et l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour partager des espaces de bureaux et des services connexes;

84.

se félicite de l’intense coordination et des échanges qui ont eu lieu tout au long de la pandémie de COVID-19 avec les services des ressources humaines des ministères des affaires étrangères des États membres et des Nations unies, afin de partager leurs points de vue et les bonnes pratiques en matière de régimes de travail spéciaux, et salue également la participation du SEAE aux réunions interinstitutionnelles hebdomadaires au cours desquelles toutes les institutions et agences de l’Union ont régulièrement mis à jour leurs mesures et partagé les pratiques mises en œuvre à la suite de la pandémie de COVID-19;

Pandémie de COVID-19

85.

comprend que la pandémie de COVID-19 a donné lieu à une situation particulière pour l’ensemble du SEAE et a eu une incidence importante sur les opérations de son siège et de ses délégations; souligne que le SEAE a été en mesure d’assurer la continuité de ses activités et la bonne gestion financière de ses opérations sans avoir connu de problème important au cours de cette période particulière; se félicite qu’au début du mois de mars 2020, le SEAE ait mis en place une équipe centrale de crise chargée d’évaluer les derniers développements, de coordonner la communication et les actions ainsi que de soutenir les délégations; souligne que cette équipe centrale de crise était essentielle à une gestion efficace de la crise;

86.

note que, pour l’adoption des mesures liées à la COVID-19, le SEAE s’est principalement aligné sur les orientations officielles de la Belgique pour son siège, tandis que les délégations ont reçu pour instruction de suivre les règles en vigueur dans les pays hôtes, mais ont également suivi la pratique du siège consistant à généraliser le télétravail sur le lieu de travail, associé à une réduction de la présence physique dans les locaux;

87.

soutient les mesures supplémentaires mises en place dans un certain nombre de pays pour réduire les risques médicaux encourus par les membres du personnel étant donné que les systèmes de santé étaient jugés fragiles; souligne que le SEAE a expédié des vaccins aux 72 délégations ayant demandé de l’aide, lesquels ont été fournis à quelque 4 000 personnes, y compris le personnel expatrié des délégations, les membres de leur famille et les agents locaux; souligne que tous les membres du personnel du siège ont reçu un ordinateur portable de l’entreprise et que plus de 5 000 ordinateurs ont été envoyés aux délégations, ainsi que des EPI et une dotation médicale pour les personnes les plus exposées, malgré les difficultés de livraison dans les pays soumis à des mesures de quarantaine ou de confinement; reconnaît que l’infrastructure informatique a été rapidement renforcée pour répondre aux besoins liés au télétravail à grande échelle, notamment en augmentant les capacités internet et les capacités de vidéoconférence;

88.

note que la pandémie de COVID-19 a également révélé les vulnérabilités stratégiques et systémiques de l’Union, notamment les chaînes d’approvisionnement ou les produits pharmaceutiques, et a mis en évidence la nécessité pour l’Union de renforcer sa propre résilience et son autonomie, tout en développant plus résolument des partenariats internationaux; reconnaît que la pandémie a également donné un nouvel élan aux processus en cours, non seulement en ce qui concerne la double transition numérique et écologique, mais aussi au niveau mondial, comme le passage au niveau supérieur du partenariat UE-Afrique, la redynamisation des relations entre l’Union européenne et les États-Unis, l’attention accrue portée à l’Amérique latine et la mise en pratique de la vision stratégique de la Chine;

89.

félicite le SEAE pour le rôle crucial qu’il a joué dans le cadre de l’action d’urgence majeure visant à rapatrier plus de 600 000 citoyens de l’Union européenne bloqués dans le monde, tout en contribuant à la mise en place de l’opération humanitaire et d’assistance à grande échelle «Équipe Europe» afin d’aider les partenaires du monde entier qui luttaient contre la pandémie avec beaucoup moins de ressources que l’Union; se réjouit que l’initiative «Équipe Europe» ait mobilisé plus de 38 milliards d’EUR de soutien aux pays partenaires, avec plus de 50 % des fonds versés en 2020, en faisant appel à tous les programmes de coopération existants et en réorientant les ressources financières existantes; souligne qu’elle a contribué à répondre aux besoins urgents liés à la crise en apportant une réponse humanitaire d’urgence, en soutenant le renforcement des systèmes de santé et des capacités de recherche, et en agissant sur les conséquences socio-économiques de la pandémie de COVID-19;

90.

se félicite que l’opération «Équipe Europe» ait contribué à hauteur de 850 000 000 EUR à COVAX, l’initiative mondiale de distribution de vaccins; souligne que l’Union a utilisé son pouvoir de mobilisation pour obtenir des financements et des engagements dans le monde entier en faveur de l’accès universel à la prévention, aux tests de diagnostic et au traitement contre la COVID-19, notamment dans le cadre de la conférence des donateurs organisée dans le cadre de la réponse mondiale au coronavirus, et qu’elle a promis de consacrer 1,4 milliard d’EUR à ce pilier de la réponse à la COVID-19 sous forme de subventions et de garanties;

91.

soutient l’approche du SEAE, qui préconise une réponse ferme et exhaustive comme principal outil visant à contribuer à la reprise après une crise géopolitique profonde et à «reconstruire en mieux» au niveau national et mondial; encourage le SEAE à intégrer pleinement dans la stratégie de gestion interne les enseignements tirés de l’apparition de la pandémie en termes de continuité des activités et d’approches de la gestion de crise, de réactivité informatique, de résilience de l’organisation, de devoir de diligence envers son personnel, d’efficacité de la communication interne et de flexibilité des processus de travail.


(1) Décision 2010/427/UE du Conseil du 26 juillet 2010 fixant l’organisation et le fonctionnement du Service européen pour l’action extérieure (JO L 201 du 3.8.2010, p. 30).


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