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AccueilDroit européen52022BP1714
Acte préparatoire52022BP1714

Acte préparatoire — 52022BP1714

CELEX52022BP1714
TypeActe préparatoire
Datemercredi 4 mai 2022

Texte intégral

5.10.2022

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 258/166


RÉSOLUTION (UE) 2022/1714 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 4 mai 2022

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2020

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2020,

—

vu les réponses apportées par la Commission aux questions écrites adressées à Jutta URPILAINEN, membre de la Commission, en vue de l’audition devant la commission du contrôle budgétaire du 30 novembre 2021, ainsi qu’aux questions supplémentaires envoyées après l’audition,

—

vu les rapports de la Commission sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2019,

—

vu l’article 99, l’article 100, troisième tiret, et l’annexe V de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission du développement,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0124/2022),

A.

considérant que la gestion des Fonds européens de développement (FED) repose entièrement sur la Commission, qui est à la fois responsable en dernier ressort de la légalité et de la régularité des opérations et chargée de surveiller le processus de présentation de l’information financière des FED;

B.

considérant que le Parlement ne pourra exercer correctement son rôle d’autorité de décharge que si la Commission le tient informé à intervalles réguliers et en temps utile, au moyen de données actualisées, complètes et détaillées, sur les projets financés par les FED et leurs bénéficiaires;

C.

considérant que le Parlement n’intervient pas dans la détermination et l’affectation des ressources des FED, alors que c’est le cas pour d’autres instruments de développement;

D.

considérant que des conditionnalités préalables effectives et des contrôles réguliers sont des éléments clés aux fins de l’efficacité et de la bonne gestion financière des FED;

E.

considérant qu’il est crucial, dans un environnement mondial en mutation, d’assurer un équilibre stratégique entre les réponses à apporter aux problèmes sociaux, économiques, démographiques, migratoires et environnementaux, tout en maintenant comme objectif premier de la politique d’aide et de développement de l’Union la réduction de la pauvreté, comme le prévoit l’article 208 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), en tenant dûment compte des principes d’efficacité de l’aide et du développement;

F.

considérant que l’aide au développement et les investissements publics européens devraient promouvoir des priorités et des objectifs stratégiques communs, comme énoncés dans les 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, qui englobent notamment l’éradication de la pauvreté, l’action en faveur du climat et de l’environnement et les politiques économiques et commerciales, et devraient également être pleinement conformes aux principes des droits fondamentaux, de la démocratie et de la bonne gouvernance; que les résultats obtenus au regard de l’objectif de mener des politiques publiques inclusives visent à promouvoir une croissance partagée et à contribuer à lutter contre les disparités sociales ou géographiques;

G.

considérant que le développement durable suppose l’existence d’un processus participatif transparent, inclusif et efficace d’élaboration des politiques;

H.

considérant que la durabilité est essentielle pour atteindre les résultats et les objectifs fixés, en particulier les effets à long terme de l’aide au développement;

I.

considérant que l’alignement de la coopération au développement de l’Union sur les priorités des pays partenaires en matière de développement devrait toujours être respecté et qu’il est essentiel aux fins de la réalisation du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies (ci-après: le «programme 2030») que la coopération au développement de l’Union s’inscrive également dans la logique des politiques de l’Union;

J.

considérant qu’il est nécessaire d’examiner avec soin la cohérence et la complémentarité des diverses politiques extérieures, en particulier lorsque plusieurs politiques sont mises en œuvre dans un même pays partenaire, en vue de favoriser la coopération entre le secteur public et le secteur privé, en renforçant les synergies et les compromis entre les politiques existantes et en évitant les éventuelles retombées négatives d’une politique donnée de l’Union sur un domaine d’action faisant l’objet d’une autre politique ainsi que, autant que possible, les contraintes administratives inutiles;

K.

considérant que la normalisation des canaux de communication entre les pays partenaires, les entités financées par les FED et l’Union est de nature à faciliter les activités de suivi de la Commission;

L.

considérant que la transparence, la responsabilité et la diligence requise à l’égard du respect des droits de l’homme constituent des conditions nécessaires au contrôle démocratique et à l’efficacité de l’aide au développement;

M.

considérant qu’il convient d’accorder une attention particulière au fait qu’une grande partie des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) sont de petits États insulaires en développement; que les îles, en particulier les îles ACP, jouent un rôle international clé, en particulier dans le contexte du changement climatique;

N.

considérant que plusieurs pays et territoires d’outre-mer (PTOM) sont situés dans les mêmes régions que les pays ACP;

O.

considérant que les PTOM se heurtent à des défis mondiaux analogues mais qu’ils font partie de la famille européenne, contrairement aux pays ACP, et qu’ils devraient à ce titre faire l’objet d’une attention redoublée en vue de l’attribution de fonds; que la très petite taille des PTOM et le lien constitutionnel entre les PTOM et l’Union sont des caractéristiques particulières dont il faut tenir compte;

P.

considérant que les interventions extérieures de l’Union sont réalisées par le truchement d’organisations internationales qui mettent en œuvre les fonds de l’Union ou cofinancent des projets avec elle, et que ces interventions doivent relever le défi de la surveillance et de la gouvernance;

Q.

considérant que l’aide budgétaire au développement durable, qui est un moteur du changement et qui est fondamentale pour relever les grands défis du développement, présente un risque considérable en termes de gouvernance et devrait donc uniquement être accordée si l’État bénéficiaire peut démontrer un niveau suffisant de transparence, de responsabilité et de respect de l’état de droit et des droits de l’homme avant de recevoir ledit appui budgétaire ainsi que durant les contrôles approfondis ultérieurs;

R.

considérant qu’il est essentiel de renforcer la transparence et de lutter contre la corruption et la fraude en vue de la réussite des opérations d’appui budgétaire de l’Union;

S.

considérant que l’aide à la gouvernance apportée par l’Union constitue un élément essentiel de l’aide au développement et devrait être davantage axée sur la mise en place de véritables réformes dans la conduite des affaires publiques dans les pays partenaires, notamment en ce qui concerne l’état de droit, l’indépendance du système judiciaire, la liberté de la presse et les conditions nécessaires à la mise en place d’une économie de marché;

T.

considérant que les audits et les activités relevant des FED se déroulent dans des contextes difficiles en raison de l’exposition récurrente à des risques géopolitiques ou institutionnels élevés; que la pandémie de COVID-19 a aggravé cette situation déjà extrêmement complexe;

U.

considérant que le Parlement ne pourra exercer correctement son rôle d’autorité de décharge que si la Commission le tient régulièrement informé, au moyen de données actualisées, complètes et détaillées, sur les projets financés par les FED, les bénéficiaires de financements au titre de ces projets et la mise en œuvre de ces projets;

V.

considérant que le onzième FED a atteint sa phase finale lorsque sa clause de limitation dans le temps est entrée en vigueur le 31 décembre 2020 et qu’à partir de 2021, les programmes du FED seront intégrés dans le cadre financier pluriannuel de l’Union; que des contrats spécifiques relatifs aux conventions de financement existantes continueront cependant à être signés jusqu’au 31 décembre 2023;

Déclaration d’assurance

Exécution financière et mise en œuvre des projets liés aux FED (du huitième au onzième FED) en 2020

1.

relève que le onzième FED représentait 46 % du portefeuille de la direction générale des partenariats internationaux (DG INTPA) de la Commission en termes de paiements en 2020; prend acte du fait qu’en raison de la réponse de l’Union à la pandémie de COVID-19, les engagements et les paiements au titre des FED ont atteint, respectivement, 3 894 000 000 EUR et 4 677 000 000 EUR, ce qui est largement supérieur aux objectifs de 3 267 000 000 EUR et de 4 400 000 000 EUR initialement fixés pour 2020; note par ailleurs que les engagements de la Banque européenne d’investissement (BEI) se sont élevés à 2 053 000 000 EUR, que cette somme portait intégralement sur la facilité d’investissement et qu’elle provenait en grande partie de fonds renouvelables, tandis que les paiements de la BEI, concernant tous cette même facilité, ont atteint la somme de 667 000 000 EUR en 2020;

2.

se félicite des efforts réguliers déployés par la DG INTPA pour réduire la proportion d’anciens préfinancements et d’engagements restant à liquider, ainsi que de la révision à la hausse de ces objectifs de 25 % à 35 % décidée en 2020; relève que la DG INTPA a dépassé l’objectif au cours de l’exercice pour les deux indicateurs: les anciens préfinancements ont été réduits de 56 % pour les FED (55 % pour l’ensemble du domaine de compétence de la DG INTPA) et les anciens engagements restant à liquider ont été réduits de 40 % pour les FED (41 % pour l’ensemble du domaine de compétence de la DG INTPA);

3.

relève que la DG INTPA a également atteint son objectif de maintenir sous les 15 % la proportion des anciens contrats expirés pour les FED (à savoir, 14 % en 2020, contre 15 % en 2019, 17 % en 2018 et 17 % en 2017) et qu’elle est parvenue à un taux de 11 % pour l’ensemble de son domaine de compétence; note que ces améliorations découlent des nouvelles procédures mises en places en 2017 pour la clôture des contrats relevant des FED;

4.

prend acte de la clôture du huitième FED et de l’intention de la Commission de clore le neuvième dès que possible; relève en outre que la clôture du neuvième FED ne peut être achevée avant 2023, compte tenu du fait que 19 décisions et 37 contrats sont toujours en cours et que, parmi ces décisions, 3 concernent le Soudan du Sud et ont été prises après l’entrée en vigueur de la clause de limitation dans le temps du neuvième FED, avec des échéances contractuelles courant jusqu’en 2023; invite la Commission à tenir l’autorité de décharge informée en temps utile de la concrétisation de cette intention; prend acte du fait que la Commission a accepté la recommandation de la Cour des comptes (ci-après: «la Cour») à cet égard et qu’elle rendra compte chaque année des progrès accomplis dans la clôture du neuvième FED dans le rapport annuel d’activité;

Fiabilité des comptes

5.

se félicite que, dans son rapport annuel sur les activités relevant des huitième, neuvième, dixième et onzième FED relatif à l’exercice 2020, la Cour estime que les comptes pour l’exercice clos le 31 décembre 2020 présentent fidèlement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière des FED, le résultat de leurs opérations, leurs flux de trésorerie, ainsi que la variation de l’actif net pour l’exercice clos à cette date, conformément au règlement (UE) 2018/1877 du Conseil (1) (ci-après le «règlement financier applicable aux FED») et aux normes comptables pour le secteur public;

Légalité et régularité des opérations sous-jacentes aux comptes

6.

se félicite de l’opinion de la Cour, qui indique que les recettes sous-jacentes aux comptes pour l’exercice clos le 31 décembre 2020 sont, dans tous leurs aspects significatifs, légales et régulières;

7.

fait part de la préoccupation que lui inspirent les nombreuses causes possibles des opinions défavorables successives de la Cour sur la légalité et la régularité des dépenses, dès lors que les dépenses acceptées figurant dans les comptes relatifs à l’exercice clos le 31 décembre 2020 présentent un niveau d’erreur significatif;

8.

se dit préoccupé par le fait que le niveau d’erreur estimatif ait dépassé le seuil de signification en s’établissant à 3,8 % des dépenses comptabilisées au titre des huitième, neuvième, dixième et onzième FED (ce niveau était de 3,5 % en 2019, 5,2 % en 2018, 4,5 % en 2017, 3,3 % en 2016, 3,8 % en 2014 et 2015, 3,4 % en 2013 et 3 % en 2012); relève que, par rapport à l’exercice 2019, l’augmentation du taux d’erreur estimatif est de 0,3 %; souligne néanmoins qu’il est nécessaire de s’attaquer aux causes de cette augmentation, tout en gardant à l’esprit les circonstances spécifiques de l’exercice de décharge 2020;

9.

déplore que la typologie des erreurs constatées pour l’exercice 2020 ait considérablement changé par rapport à l’exercice 2019, le niveau d’erreur estimatif lié aux dépenses découlant de l’absence de pièces justificatives essentielles étant passé de 5,9 % à 38,3 %; relève que pour la deuxième année consécutive, le deuxième taux d’erreur le plus élevé concerne les dépenses inéligibles, qui sont passées de 12,7 % en 2019 à 38,2 % en 2020; prend également acte de la baisse des erreurs liées aux dépenses non effectuées (43,6 % en 2019 contre 18,1 % en 2020) qui s’appliquent au taux d’erreur estimatif concernant les manquements graves aux règles en matière de marchés publics, qui a pratiquement été divisé par dix (22,1 % en 2019 contre 2,2 % en 2020);

10.

souligne que sur les 140 opérations de paiement examinées par la Cour, 36 (25,7 %) comportaient des erreurs, allant de l’absence de pièces justificatives essentielles (38,3 %) à des dépenses non effectuées (18,1 %) en passant par des dépenses inéligibles (38,2 %); relève que le niveau d’erreur global estimé par la Cour à 3,8 % se fonde sur les 31 erreurs qu’elle a quantifiées; prend par ailleurs acte du fait que sur les 140 opérations retenues dans l’échantillon, 119 étaient gérées par des délégations de l’Union dans les pays partenaires et 27 comportaient des erreurs quantifiables;

11.

relève qu’en raison de la pandémie de COVID-19, la Cour n’a pas pu effectuer de visites sur place dans les délégations de l’Union et dans les pays partenaires, ce qui l’a empêchée de mener à bien certaines procédures d’audit, et en particulier de vérifier l’exécution des contrats pour les opérations sélectionnées, et que par conséquent, ses travaux d’audit se sont principalement limités aux contrôles documentaires des opérations et des projets en établissant des contacts à distance avec les entités auditées; relève néanmoins que les contrôles documentaires sont un outil courant pour procéder à un audit et évaluer des données; invite la Cour à reprendre les visites sur place le plus rapidement possible, dès lors que la situation liée à la COVID-19 le permettra; demeure persuadé que des contrôles sur place, en combinaison avec l’utilisation correcte de nouvelles technologies et la numérisation, sont des éléments clés aux fins de l’efficacité et de la bonne gestion financière des FED;

12.

déplore que, outre des conditions généralement très exigeantes en 2020, la mission de la Cour de planification et de mise en œuvre de ses travaux d’audit ait été entravée par le refus de certaines organisations internationales d’accorder l’accès nécessaire aux documents d’audit pertinents ou leur décision de le limiter, ce qui a entraîné des retards excessifs et a donc empêché la Cour de remplir ses prérogatives fondamentales inscrites dans le traité FUE, comme indiqué précédemment dans les observations déjà formulées à cet égard dans le rapport annuel 2018 de la Cour;

13.

demande à la Commission, à la suite de plusieurs échanges de vues, du débat organisé lors de l’audition au sein de la commission du contrôle budgétaire du Parlement et des réponses de la Commission aux questions écrites, de prendre des mesures appropriées et efficaces pour garantir que la Cour obtiendra en temps utile un accès complet et illimité à toutes les informations nécessaires afin de renforcer la coopération avec les organisations internationales et d’être en mesure de contrôler de manière appropriée la légalité et la régularité des dépenses du budget de l’Union; note que l’accès limité pourrait résulter d’une divergence d’interprétation quant aux exigences juridiques;

Transparence et efficacité des systèmes de contrôle et d’assurance

14.

relève que, sur les 31 erreurs quantifiées, parmi lesquelles 5 (16,12 %) représentaient des erreurs quantifiables, la Commission disposait de suffisamment d’informations pour pouvoir prévenir, ou détecter et corriger, les erreurs avant d’accepter les dépenses (en 2019, sur 28 erreurs quantifiées, elle disposait dans 9 cas (32 %) de suffisamment d’informations pour les détecter ou les corriger à un stade précoce); relève que si la Commission avait fait bon usage de toutes les informations à sa disposition, le niveau d’erreur estimatif aurait été inférieur de 1,19 point de pourcentage; invite la Commission, malgré l’amélioration liée à l’exercice 2019, à intensifier ses efforts visant à améliorer ses processus de vérification de la légalité et de la régularité des opérations et à veiller à ce que les vérifications fassent l’objet d’un suivi approprié; insiste en outre pour qu’une plus grande attention soit accordée aux contrôles ex ante et pour que des mesures appropriées soient prises pour remédier aux faiblesses existantes;

15.

estime que les activités de contrôle seront plus efficaces si les informations mises à la disposition de la Commission sont publiées et partagées avec l’autorité de décharge à l’avance et à intervalles réguliers, pour autant que ces publications et partages respectent la législation applicable;

16.

demande à la Commission d’adopter un format préétabli pour la communication entre les pays partenaires, les bénéficiaires des FED et l’Union afin de réduire les erreurs constatées par la Cour;

17.

fait observer que la Cour a estimé qu’en 2020, la Commission et ses partenaires chargés de la mise en œuvre avaient commis davantage d’erreurs dans les opérations liées aux subventions et aux conventions de contribution et de délégation conclues avec des organisations internationales que dans celles concernant d’autres formes d’aide, telles que celles couvrant les marchés de travaux/de fournitures/de services (comme ce fut le cas en 2019); note que sur les 67 opérations de cette nature examinées par la Cour (contre 65 en 2019), 27 (soit 40,3 % contre 25 opérations, soit 38 %, en 2019) comportaient des erreurs quantifiables significatives représentant 94,2 % du niveau d’erreur estimatif (contre 71,7 %; en 2019); demande à la Commission de publier des informations complètes, actualisées et détaillées sur les projets financés et les entités bénéficiaires de financements au titre de ces projets, de renforcer son approche fondée sur les risques et d’investir des capacités de contrôle dans les domaines où le risque d’erreur est potentiellement plus important; demande à nouveau qu’une plus grande attention soit accordée aux contrôles ex ante et que des mesures appropriées soient prises pour renforcer les vérifications de dépenses;

18.

s’inquiète, malgré l’analyse positive par la DG INTPA des indicateurs de performance clés dans son rapport annuel d’activité 2020 (14 indicateurs de performance clés ayant obtenu de meilleurs résultats qu’en 2019), des observations de la Cour selon lesquelles, comme les années précédentes, la fréquence des erreurs décelées, y compris dans des déclarations finales de dépenses qui avaient fait l’objet d’audits externes et de vérifications ex ante, est encore révélatrice de faiblesses au niveau de ces contrôles; demande une nouvelle fois que le système de contrôle soit plus rigoureux et invite la DG INTPA à poursuivre ses efforts visant à améliorer l’évaluation de l’efficacité et de l’efficience de son système de contrôle en définissant des indicateurs de performance clés pour ces deux volets, en fixant des objectifs réalistes et ambitieux ainsi qu’en surveillant et en perfectionnant son système de contrôle; demande en outre à la Commission de mettre en place une plateforme regroupant, par pays, les projets financés par les FED, qui contiendrait notamment les bénéficiaires finaux de financements au titre de ces projets, les objectifs généraux et spécifiques de chaque projet et, surtout, leurs résultats concrets en ce qui concerne l’évolution à la hausse souhaitée des indices de développement; considère que le développement d’une telle plateforme d’information et de suivi intégrée et interopérable renforcerait la fiabilité du contrôle et contribuerait à accroître l’efficacité et la visibilité de l’aide au développement de l’Union; invite à cet égard la Commission à envisager également d’engager un dialogue avec les pays bénéficiaires en ce qui concerne l’utilisation éventuelle d’un outil unique de calcul du risque à l’avenir;

19.

déplore que, dans ses réponses au rapport annuel de la Cour, la Commission n’ait donné aucun suivi au commentaire spécifique concernant la faiblesse répétitive et estime que les considérations liées à un bon rapport coût-efficacité utilisées par la Commission dans le cadre des contrôles ex post pourraient ne pas être efficaces et pourraient justement conduire aux faiblesses que la Cour et le Parlement signalent depuis longtemps; invite la Commission à revoir cette approche afin de remédier pleinement aux lacunes constatées et à informer régulièrement l’autorité de décharge de tout progrès réalisé;

20.

prend acte du fait que selon la neuvième étude sur le taux d’erreur résiduel de la DG INTPA, réalisée pour son compte par un contractant externe en 2020, le taux d’erreur résiduel global estimé est, pour la cinquième année consécutive, inférieur au seuil de signification de 2 % fixé par la Commission (0,95 % en 2020; 1,13 % en 2019; 0,85 % en 2018; 1,18 % en 2017; 1,67 % en 2016) (2);

21.

souligne que, comme les années précédentes, la Cour estime que de nombreux facteurs contribuent à la sous-estimation du taux d’erreur résiduel, comme indiqué dans la résolution concernant la décharge pour l’exercice 2019, les principales limites étant la méthode d’évaluation du taux d’erreur résiduel et le fait de s’appuyer de manière excessive sur des travaux de contrôle antérieurs effectués soit directement par la Commission, soit par des tiers indépendants (confiance totale pour 17 % des opérations et partielle pour 37 % d’entre elles); souscrit à l’évaluation de la Cour selon laquelle cela va à l’encontre de l’objectif de l’étude sur le taux d’erreur résiduel, qui est de détecter les erreurs qui ont justement échappé à ces contrôles;

22.

relève qu’un autre facteur résulte du fait que l’étude sur le taux d’erreur résiduel se concentre sur un examen des domaines à faible risque tels que les instruments d’appui budgétaire, ce qui réduit la possibilité de détecter des erreurs réelles, par rapport à un examen complet des domaines à haut risque tels que les subventions et les contrats avec des organisations internationales et des agences des États membres;

23.

rappelle que la recommandation de la Cour à la Commission d’émettre des réserves pour tous les domaines susceptibles de présenter un niveau de risque élevé, quels que soient leur part du total des dépenses et leur impact financier, figurait déjà dans le rapport annuel 2019 sur les FED; déplore que la Commission n’accepte pas cette recommandation; souligne que la Cour est très claire et cohérente lorsqu’elle fait observer qu’en appliquant la règle dite «de minimis», la Commission réduit sa capacité à déceler les risques pour l’ensemble de son domaine de compétence; estime que le fait d’exclure en raison de leur incidence financière des domaines cependant considérés par la DG INTPA elle-même comme présentant un risque élevé crée une situation très dangereuse; soutient sans réserve la recommandation de la Cour et invite la Commission à revoir son approche en conséquence;

24.

est d’avis qu’il convient de souligner que le cadre réglementaire régissant l’étude sur le taux d’erreur résiduel et le contrat entre la DG INTPA et le contractant chargé de cette étude ne prévoient aucune approche systémique pour signaler les cas de fraude présumée portant atteinte au budget de l’Union qu’il détecte dans le cadre de ses travaux relatifs au taux d’erreur résiduel; soutient fermement la recommandation de la Cour dans ce domaine; se félicite à cet égard que la Commission ait adopté, début janvier 2022, un nouveau manuel et une nouvelle méthode pour l’étude sur le taux d’erreur résiduel, qui tiennent autant que possible compte des observations de la Cour; relève que la nouvelle version du manuel prévoit une augmentation du nombre de visites sur le terrain, de 9 à 12, et comporte des explications supplémentaires en ce qui concerne les contrôles des marchés publics; demande, afin de limiter le recours aux travaux de contrôle antérieurs, que ces contrôles fassent l’objet d’un suivi à la lumière des moyennes historiques, qu’il convient de ne pas dépasser de manière significative sans fournir de motivation détaillée; se félicite en particulier que le contractant chargé de l’étude sur le taux d’erreur résiduel soit dorénavant tenu de signaler sans délai à la Commission toute fraude ou irrégularité présumée ou avérée; invite la Commission, compte tenu du nombre élevé d’enquêtes pour fraude menées ces dernières années, à veiller à une meilleure transparence des flux financiers et à améliorer les systèmes de contrôle; invite en outre la Commission à rendre compte à l’autorité de décharge des mesures introduites dans la méthode relative au taux d’erreur résiduel ou dans le cahier des charges afin de formaliser la communication, par le contractant chargé de l’étude sur le taux d’erreur résiduel, des cas de fraude présumée;

25.

relève avec inquiétude la déclaration de la Cour concernant l’absence injustifiée de réserves dans le rapport annuel d’activité 2020 résultant des limitations de l’étude sur le taux d’erreur résiduel d’une part et le maintien de la règle dite «de minimis» pour les domaines de dépenses de moins de 5 % du total des paiements et ayant un impact financier inférieur à 5 000 000 EUR d’autre part, craint que cette évaluation puisse avoir une incidence sur l’efficacité du rapport annuel d’activité de la DG INTPA;

26.

relève que fin 2020, 17 enquêtes antifraude étaient en cours (contre 19 en 2019);

27.

souligne que les ressources considérables allouées pour faire face aux besoins urgents liés à la crise de la COVID-19, combinées à des mesures plus souples de contrôle et de responsabilisation, offrent également des conditions propices à l’épanouissement de la fraude et de la corruption; rappelle que la corruption nuit non seulement à la réaction à la crise et à la reprise, mais qu’elle compromet également la réalisation des ODD et du programme 2030; note en outre que, même avant la pandémie de COVID-19, les risques de fraude et de corruption ont démontré que les efforts visant à combattre et à prévenir la corruption et la fraude étaient insuffisants; souligne le rôle important que jouent l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et le Parquet européen dans la lutte contre la corruption et la fraude, dans les limites de leur mandat;

28.

estime qu’une meilleure prise en compte des PME ainsi que du secteur privé et des organisations de la société civile à l’échelon local devrait être au cœur de la coopération dans la gestion du portefeuille de projets des délégations de l’Union; souligne que des efforts supplémentaires doivent être faits pour respecter les principes de la cohérence des politiques au service du développement de l’Union et ainsi atteindre les objectifs d’efficacité de l’aide, notamment en ce qui concerne les politiques de l’Union en matière de commerce, d’agriculture, de pêche, d’environnement, de climat, de migration et de politique étrangère et de sécurité; rappelle que la cohérence des politiques au service du développement doit être un objectif important de l’approche commune définie dans l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) — Europe dans le monde (3);

29.

prend acte des mesures prises par la DG INTPA pour atténuer les risques découlant du recours à des procédures financières ou de passation de marchés exceptionnelles pour faire face à la crise de la COVID-19, en particulier au moyen d’un appui budgétaire; constate toutefois que le risque de corruption et de fraude est resté le risque perçu le plus élevé dans toutes les régions, même si une légère baisse a pu être observée au fil du temps; invite la DG INTPA à continuer de suivre la situation et à accorder une attention particulière aux pays les plus fragiles; invite la Commission à informer l’autorité de décharge de l’évolution de la situation;

30.

note qu’en 2020, la DG INTPA a élaboré un nouveau projet de stratégie antifraude, dont l’adoption a été reportée à 2021; relève, en outre, que la stratégie antifraude repose sur l’étude de la DG INTPA visant à évaluer les risques et les contrôles, une analyse des risques à mettre en relation avec le nouvel IVCDCI, les nouvelles méthodes de mise en œuvre et la stratégie antifraude de la Commission, adoptée en 2019; souligne également le rôle du système de détection rapide et d’exclusion en tant qu’outil essentiel pour sanctionner la fraude, et encourage la DG INTPA à mieux faire connaître l’utilisation de ce système;

31.

prend acte avec satisfaction de la volonté du Royaume-Uni de continuer à s’acquitter de toutes ses obligations relevant du cadre financier pluriannuel (CFP) actuel et des perspectives financières précédentes comme s’il était encore un État membre, conformément à l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique (ci-après: «l’accord sur le retrait»); relève par ailleurs que l’accord sur le retrait prévoit que le Royaume-Uni reste partie aux FED jusqu’à la clôture du onzième FED et de tous les FED antérieurs non clos et qu’il assume à cet égard les mêmes obligations que les États membres en vertu de l’accord interne par lequel il a été établi et les obligations résultant des FED antérieurs jusqu’à leur clôture, et que le Royaume-Uni est habilité à participer, en qualité d’observateur sans droit de vote, au comité du FED;

Coopération avec les organisations internationales, les agences de développement de l’Union et les organisations non gouvernementales

32.

note que le suivi régulier par la Commission des critères et des rapports d’évaluation par piliers a progressé malgré l’incidence de la pandémie de COVID-19; invite la Commission à poursuivre le suivi étroit des rapports d’évaluation par piliers et à tenir l’autorité de décharge informée des progrès et des résultats en la matière à la lumière de l’évaluation complémentaire de toutes les entités ayant fait l’objet d’une évaluation par piliers et de l’objectif de les mener à bien avant l’expiration du nouveau délai de 2021, prolongé en raison de la pandémie de COVID-19 (4);

33.

se félicite qu’à compter de la période couverte par le CFP 2021-2027, les FED, l’instrument de financement de la coopération au développement et d’autres instruments aient été intégrés, avec l’IVCDCI — Europe dans le monde, au budget général de l’Union sous la rubrique 4 «L’Europe dans le monde», qui représente 6,6 %, soit 11 400 000 000 EUR, du budget général de l’Union; note que sur ce montant, 3 000 000 000 EUR (26,7 %) sont consacrés à l’instrument de financement de la coopération au développement, 2 700 000 000 EUR (23,2 %) à l’instrument européen de voisinage, 1 900 000 000 EUR (16,9 %) à l’instrument d’aide de préadhésion, 1 900 000 000 EUR (16,8 %) à l’aide humanitaire, et le reste à d’autres actions et programmes; relève que certaines méthodes de mise en œuvre et certaines dispositions en matière de flexibilité des FED ont été incorporées dans le règlement (UE) 2021/947; rappelle que la budgétisation des FED est une demande formulée de longue date par le Parlement;

34.

se félicite que le financement de cette coopération ne fera donc plus l’objet d’un accord intergouvernemental entre les États membres, mais passera plutôt par le système des ressources propres du budget de l’Union; fait toutefois remarquer que les projets en cours financés au titre des FED précédents, y compris le onzième FED, dans les pays ACP continueront d’être mis en œuvre conformément à leurs règles spécifiques jusqu’à leur achèvement complet et espère que l’incidence de ce chevauchement normatif sera limitée;

35.

souligne que cette nouvelle organisation implique de nouvelles responsabilités et missions institutionnelles, en particulier pour le Parlement en sa qualité de branche de l’autorité budgétaire pour le budget annuel; espère que ces nouvelles dispositions seront profitables à la transparence budgétaire, à la cohérence des politiques et à la responsabilité démocratique; note l’accroissement du rôle du Parlement dans le domaine des partenariats internationaux au titre de «L’Europe dans le monde», notamment grâce au dialogue géopolitique de haut niveau; invite la Commission, en ce qui concerne le nouvel instrument financier IVCDCI — Europe dans le monde, qui succède aux FED, à publier pays par pays et dès le début de la mise en œuvre des actions de l’instrument IVCDCI — Europe dans le monde, des informations sur toutes les actions financées par cet instrument, cofinancées ou non au moyen de subventions ou de prêts de quelque acteur que ce soit, à propos du montant du financement de l’Union et des résultats sous une forme standardisée et harmonisée entre les États membres ainsi que d’une façon aisément compréhensible pour les citoyens de l’Union et les citoyens des pays partenaires;

36.

rappelle la nécessité de garantir, conformément à la législation en vigueur de l’Union, l’entière transparence des données en ce qui concerne les projets mis en œuvre par des organisations internationales et des organisations de la société civile ainsi que l’accès à ces données, et d’énoncer des règles claires régissant le contrôle et le suivi;

37.

souligne de nouveau qu’il incombe, de manière générale, aux entités chargées d’exécuter les fonds de l’Union de respecter les principes de bonne gestion financière et de transparence; souligne que toute entité doit contribuer pleinement à la protection des intérêts financiers de l’Union et, avant de pouvoir recevoir les fonds, accorder à l’ordonnateur compétent, à la Cour et à l’OLAF les droits et accès nécessaires;

38.

constate qu’une communication plus systématique du soutien de l’Union à ses partenaires et de ses efforts pour relever les défis mondiaux demeure nécessaire afin de renforcer la visibilité de l’Union et d’accroître la transparence, la responsabilité et la diligence appropriée en matière de droits de l’homme tout au long de la chaîne de financement; relève l’importance de l’approche «Équipe d’Europe» en ce qui concerne l’efficacité et la visibilité de l’aide de l’Union; invite la Commission à redoubler d’efforts pour réaliser des contrôles sur place fondés sur des échantillons plusieurs années après l’achèvement des projets cofinancés, et ce afin de vérifier que les retombées des interventions des FED continuent à se faire sentir et de vérifier leur performance, et de prendre les mesures nécessaires pour garantir les retombées à long terme de leurs actions;

Appui budgétaire de l’Union

39.

relève que le cadre général de l’appui budgétaire, en vertu duquel l’appui budgétaire peut être utilisé comme méthode de mise en œuvre dans le domaine de l’action extérieure, est complété par un ensemble de lignes directrices complètes fournissant des orientations détaillées (5) sur les procédures visant à garantir une bonne gestion des risques et à mettre en place un suivi, un contrôle et une information de qualité par les délégations de l’Union et par les services centraux de la Commission; se félicite de l’amélioration au fil du temps des lignes directrices sur l’appui budgétaire et des dispositions internes, notamment sur la base des recommandations de la Cour et du Parlement;

40.

note que l’appui de l’Union couvre un large éventail de secteurs, 228 contrats ayant été exécutés dans 95 pays ou territoires en 2020, ce qui représente, en moyenne, environ 40 % des programmes nationaux de coopération avec les pays partenaires; relève, en outre, que, si les paiements se situaient entre 1 600 000 000 et 1 800 000 000 EUR par an entre 2014 et 2019, les décaissements au titre de l’appui budgétaire de l’Union ont avoisiné les 3 000 000 000 EUR en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19; estime que ce soutien a été essentiel pour favoriser la résilience des pays, car il leur a permis de se concentrer sur les réformes dans différents secteurs et d’éviter de nouveaux revers économiques et sociaux;

41.

note que la contribution des FED à l’appui budgétaire représentait 39 % du montant total de l’appui budgétaire de l’Union versé en 2020 (1 164 000 000 EUR sur 2 986 000 000 EUR); relève que 40 pays ACP et 8 PTOM ont bénéficié d’un appui budgétaire en 2020;

42.

constate que la contribution des FED aux opérations d’appui budgétaire s’est établie en 2020 à 1 240 600 000 EUR (contre 790 300 000 EUR en 2019), dont 552 300 000 EUR au titre de nouveaux engagements (contre 366 800 000 EUR en 2019), avec une couverture géographique de 60 pays partenaires (5 de plus qu’en 2019), soit 102 contrats d’appui budgétaire (20 de plus qu’en 2019); fait observer que les PTOM ont bénéficié de 82 800 000 EUR (contre 70 000 000 EUR en 2019) au titre des FED, soit 12 pays et 13 contrats d’appui budgétaire (ce qui est resté inchangé par rapport à l’exercice 2019);

43.

relève avec satisfaction qu’en 2020, l’Afrique subsaharienne demeure, avec une part de 38 % (36 % en 2019), le principal bénéficiaire de l’appui budgétaire; observe en outre que les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure représentaient 52,4 % (47 % en 2019) de l’ensemble des engagements en cours; constate que les pays à faible revenu représentaient 29,4 % de l’ensemble des engagements, ce qui confirme la tendance à la baisse observée en 2019 (32 % contre 38 % en 2018); observe qu’au total, 47 % des programmes d’appui budgétaire en cours sont mis en œuvre dans les pays les moins avancés;

44.

rappelle que l’appui budgétaire vise à renforcer le partenariat avec les pays partenaires de l’Union, à promouvoir le développement durable, à éradiquer la pauvreté, à réduire les inégalités et à consolider la paix et la démocratie, en vue, à terme, de contribuer à la réalisation des ODD; relève que l’appui budgétaire de l’Union doit être guidé par les principes d’efficacité de Busan, convenus au niveau international, tels que l’appropriation par les pays partenaires, la concentration sur les résultats, le caractère inclusif et la responsabilité; souligne que, étant donné qu’il favorise la transparence et la bonne gouvernance, l’appui budgétaire contribue également à la lutte contre la corruption et la fraude; rappelle que l’appui budgétaire doit correspondre aux besoins des pays partenaires ainsi qu’aux principales politiques de l’Union; rappelle qu’il est également nécessaire de mesurer la performance des programmes et leurs effets dans les pays partenaires et sur les populations civiles;

45.

note qu’en termes de contribution relative aux ODD, les programmes d’appui budgétaire concourent avec force à l’ODD 16 (paix, justice et institutions efficaces), à l’ODD 17 (partenariats), à l’ODD 5 (égalité entre les sexes) et à l’ODD 1 (pas de pauvreté); se félicite de la portée multidimensionnelle marquée des programmes d’appui budgétaire et estime qu’ils devraient soutenir l’esprit d’entreprise et l’initiative privée en tant que moteurs du développement économique et social, comme le préconisent l’ODD 9 (bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation) et l’ODD 17 (renforcer les moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial pour le développement et le revitaliser);

46.

souligne que l’entrepreneuriat et le secteur privé jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté en créant des emplois, une économie durable et de la croissance durable; fait valoir que le fait de proposer des formations à la gestion d’entreprise peut aider les petits entrepreneurs à créer des entreprises et à améliorer les pratiques commerciales dans les pays partenaires; fait observer que, pour améliorer l’efficacité de tels programmes, ces formations devraient s’accompagner de services de soutien et de suivi sur mesure; invite, en outre, à poursuivre l’autonomisation tant des femmes que des hommes, ainsi qu’à renforcer les politiques nécessaires pour relever les défis pertinents à cet égard;

47.

prend acte du remodelage des programmes par la Commission en réaction à la pandémie de COVID-19, dans le cadre duquel des indicateurs (qui ne sont plus pertinents ou plus valables en raison de la crise) ont été neutralisés et des tranches variables ont été converties en tranches fixes; prend acte, en outre, des dates limites de certains indicateurs et objectifs et de leur report à 2021; constate, par conséquent, l’évolution du rapport entre tranches fixes et tranches variables en 2020, la part moyenne des tranches fixes s’établissant à 84 % (44 % en 2019) et celle des tranches variables à 16 % (56 % en 2019); rappelle à cet égard qu’il estime que le recours à des tranches variables permettrait de mieux approfondir la stratégie et le dialogue politique avec les pays partenaires sur les grandes réformes à mener à bien; demande par conséquent à être informé des effets et des résultats du remodelage de ces programmes; constate, en outre, que seuls les Caraïbes, l’Afrique centrale, l’Amérique latine et les Balkans occidentaux ont conservé des tranches variables relativement plus importantes sur l’ensemble de leurs paiements;

48.

demande une nouvelle fois aux services de la Commission de continuer d’évaluer de manière rigoureuse, dans son dialogue stratégique, les risques liés à l’évasion fiscale des entreprises, à la fraude fiscale et aux flux financiers illicites qui touchent particulièrement les pays en développement; souligne qu’il importe de tenir compte de la mobilisation des recettes nationales et de la gestion des finances publiques en général, qui font partie des critères d’appui budgétaire; encourage la Commission à évaluer les incidences budgétaires et à contribuer à la mise en place d’objectifs axés sur les investissements;

49.

estime que, lors de la programmation de l’IVCDCI — Europe dans le monde, l’évaluation des besoins devrait tenir compte de la dette des pays et du rôle qu’elle joue sur leur capacité à atteindre les ODD;

50.

souligne qu’il importe que les donateurs ne contribuent pas à l’augmentation de la charge de la dette; invite instamment l’Union et les États membres à mettre sur pied, dans un premier temps et outre la promesse d’un moratoire sur la dette, une nouvelle initiative de réduction de la dette pour les pays pauvres fortement endettés; appelle, de façon plus générale, à la création d’un mécanisme multilatéral d’allègement de la dette, tant pour faire face aux incidences de la crise de la dette que pour tenir compte des besoins de financement du programme 2030;

Performance

51.

relève que le soutien de l’Union est mis en œuvre dans le cadre du programme 2030, ce qui nécessite une approche globale du développement social, économique et environnemental, fondée sur les ODD;

52.

encourage la Commission à poursuivre ses efforts pour réduire les taux d’erreur en prenant des mesures proportionnées en réponse aux domaines à haut risque déjà recensés;

53.

reconnaît qu’en 2020, l’Europe et le reste du monde ont été fortement touchés par la pandémie de COVID-19 et se félicite de la réponse coordonnée apportée par la Commission à la crise sanitaire ainsi qu’à son incidence sur l’économie et la société européennes; observe que la pandémie de COVID-19 a également posé des problèmes en matière de performance, de contrôle, d’audit et d’assurance en ce qui concerne le budget de l’Union pour 2020; prend acte, en outre, des efforts déployés par tous les services de la Commission pour promouvoir une protection cohérente et rigoureuse du budget de l’Union, en veillant à ce que des mesures d’atténuation appropriées soient mises en place; note que l’approche «Équipe Europe» a été lancée dans le cadre d’une réponse commune de tous les acteurs européens du développement à la pandémie de COVID-19 afin de soutenir la promotion des priorités stratégiques et des normes européennes;

54.

prend acte de l’avis de la Commission sur la grande efficacité de la mise en œuvre de l’action déployée par l’Équipe Europe dans le cadre de la pandémie de COVID-19, qui a permis la pleine exécution des ressources des FED disponibles pour 2020; prend acte de la réduction du nombre de visites de projets, qui ont été remplacées par des audits à distance en raison de la pandémie de COVID-19; estime que les audits à distance ne sauraient soutenir la comparaison avec de véritables contrôles sur place et invite la Commission à reprendre ses visites dès que possible en tenant compte des enseignements tirés de la pandémie de COVID-19 en ce qui concerne l’utilisation des technologies et des instruments pour compléter les visites;

55.

reconnaît et salue l’incidence mondiale globalement positive du mécanisme pour un accès mondial aux vaccins contre la COVID-19 (COVAX), qui s’est heurté à un certain nombre de difficultés de mise en œuvre et de faiblesses tout au long du processus; constate qu’à la mi-mars 2022, le mécanisme COVAX avait livré plus de 1,3 milliard de doses, desquelles plus de 500 millions étaient des dons, à 144 pays; relève qu’à la mi-mars 2022, les États membres avaient partagé plus de 400 millions de doses; relève que des pénuries ont empêché le mécanisme COVAX de produire tous ses effets et de remplir son objectif pour 2021 (6);

56.

souligne qu’au cours des prochaines années, les États membres devront continuer d’investir dans les vaccins contre la COVID-19 et dans d’autres vaccins pour les pays en développement et contribuer à améliorer les canaux de distribution;

57.

relève l’importance particulière que revêt la DG INTPA en ce qui concerne l’éducation, compte tenu de son rôle essentiel dans le développement humain et de sa forte capacité à faire avancer toutes les priorités de l’Union; se félicite, à cette fin, de l’augmentation des dépenses consacrées à l’éducation en 2020, qui sont passées de 7 à 10 % du portefeuille total de la DG INTPA; constate avec satisfaction qu’en réaction à la pandémie de COVID-19, la DG INTPA a soutenu les populations les plus vulnérables des pays partenaires, y compris par des initiatives mondiales en matière d’éducation, afin d’éviter de voir émerger une génération perdue; rappelle qu’il importe de veiller, dans tous les pays partenaires, à ce que les filles et les garçons aient le même accès à l’éducation et à l’école; estime que l’égalité des chances est une priorité en matière de développement; est d’avis que l’accès des jeunes femmes aux projets et aux fonds européens doit être encouragé dans les pays partenaires;

58.

rappelle qu’il convient d’accorder une attention particulière aux populations vulnérables, étant donné qu’elles connaissent plus de difficultés en matière d’accessibilité; demande l’élaboration de mesures et de programmes concrets ainsi que l’affectation de plus de moyens, notamment pour les personnes handicapées;

59.

prend acte de l’évaluation de la Commission selon laquelle les FED ont contribué positivement aux résultats en matière de développement au niveau national, mais s’inquiète du fait que les résultats au niveau régional aient été moins facilement repérables; souligne le constat selon lequel les principes d’appropriation, de gestion axée sur les résultats et de responsabilité mutuelle ont été mis en œuvre de façon moins cohérente dans le cadre du onzième FED; constate avec inquiétude, dans le même temps, que l’évaluation menée par la Commission a montré que les rapports sur l’efficacité des FED devaient être améliorés afin d’en accroître la redevabilité; se félicite que ces enseignements aient été très soigneusement pris en compte par la Commission lors de la conception de l’IVCDCI — Europe dans le monde et qu’ils se reflètent dans le choix des indicateurs;

60.

demande un suivi attentif et un dialogue politique approfondi avec les pays partenaires et les ONG en matière d’objectifs, de progrès dans la réalisation des résultats convenus et d’indicateurs de performance; demande une fois de plus à la Commission de mieux définir et de mieux mesurer l’incidence escomptée sur le développement et, notamment, d’améliorer le mécanisme de contrôle en ce qui concerne la conduite des pays bénéficiaires dans les domaines de la corruption, de l’état de droit, du respect des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et de la démocratie; insiste sur la nécessité d’associer le secteur privé à ce dialogue stratégique; souligne l’importance du contrôle démocratique de l’utilisation de l’appui budgétaire de l’Union dans les pays bénéficiaires;

61.

demande de nouveau à la Commission de procéder à une évaluation de la performance, pays par pays, des projets à long terme en cours financés par les FED afin de montrer quelles sont les retombées réelles dans chaque pays des investissements réalisés sur le terrain depuis des décennies par l’Union et comment ceux-ci ont concrètement contribué au développement économique, social et durable des pays bénéficiaires; invite la Commission à s’appuyer sur les enseignements tirés en ce qui concerne les projets qui n’ont pas été mis en œuvre de manière efficace ou efficiente et à prendre des mesures décisives à l’avenir;

62.

constate que, comme mentionné dans le rapport concernant l’exercice 2019, la Cour n’a pas inclus la performance des FED dans le chapitre 6, intitulé «L’Europe dans le monde», de son rapport sur la performance du budget de l’Union; constate, en outre, que la Cour n’a pas encore procédé à une évaluation transversale et détaillée des performances des FED; reconnaît qu’avec la budgétisation du FED, la Cour contrôlera également le nouveau FED dans le cadre du budget à long terme de l’Union;

63.

prend acte de la contribution des FED aux objectifs 14 (développement humain) et 12 (emplois durables) de la DG INTPA; rappelle que la santé, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’éducation, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie sont au cœur de l’action extérieure de l’Union, en particulier pour les populations vulnérables, y compris les migrants et les réfugiés; reconnaît que la pandémie de COVID-19 a perturbé les sociétés à bien des égards, en ce sens qu’elle a ruiné les progrès réalisés ces dernières années en matière de développement humain, qu’elle a mis sous pression les populations vulnérables, qu’elle a accentué les inégalités et qu’elle a réduit l’espace civil et démocratique dans les démocraties fragiles;

64.

constate que l’exécution budgétaire des FED se limite désormais aux paiements relatifs aux engagements effectués avant l’échéance du 31 décembre 2020 et que ce sont désormais les règles de l’IVCDCI — Europe dans le monde et du budget général de l’Union qui s’appliquent; demande l’application stricte d’une approche fondée sur les droits de l’homme, ceux-ci devant être au centre de toutes les actions, conformément à la boîte à outils de la Commission en la matière; se dit préoccupé, à cet égard, par la possibilité d’utiliser de manière abusive les fonds de développement, notamment le fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, et par les violations signalées des droits de l’homme liées à ce fonds en Libye, en Éthiopie, en Érythrée et au Niger;

Contribution de la BEI

65.

note que la politique de développement de l’Union sera appliquée au moyen de l’IVCDCI — Europe dans le monde, dont la BEI est un acteur clé de la mise en œuvre;

66.

rappelle que les opérations extérieures de la BEI devraient contribuer à la réalisation des objectifs stratégiques de l’Union, en favorisant le développement économique, social et environnemental durable des pays en développement, en particulier pour les plus défavorisés d’entre eux, ainsi que le respect des objectifs approuvés par l’Union; reconnaît que l’éradication de la pauvreté, la mobilisation des ressources nationales et les droits de l’homme sont des thèmes centraux de l’architecture de financement du développement de l’Union; rappelle que l’engagement des parties prenantes est la pierre angulaire d’un développement durable et inclusif;

67.

fait observer que la BEI est liée par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; souligne que les principes relatifs aux droits de l’homme sont intégrés dans ses procédures et normes de diligence raisonnable, à l’échelon des projets, y compris en permettant la suspension des décaissements en cas de violations graves des droits de l’homme ou des normes environnementales et sociales; constate que le mécanisme de traitement des plaintes a été renforcé fin 2018; invite la BEI à veiller à ce que son mécanisme de traitement des plaintes soit facilement accessible, rapide et efficace, afin de détecter et corriger les éventuelles violations des droits de l’homme dans les projets auxquels elle est associée; demande à la BEI de faire rapport au Parlement et au conseil des gouverneurs à ce sujet;

68.

invite la BEI à continuer de soutenir la réalisation des ODD par l’intermédiaire de ses activités dans le cadre de missions spécifiques attribuées par le Conseil et le Parlement;

69.

soutient les conclusions du Conseil adoptées le 14 juin 2021, invitant la BEI à renforcer sa contribution aux efforts de développement de l’Union au moyen de stratégies spécifiques, d’une présence accrue sur le terrain à l’échelle mondiale et d’une meilleure coordination avec les partenaires dans le cadre d’une véritable approche «Équipe d’Europe», en vue de développer des actions conjointes innovantes et d’assurer la visibilité du financement de l’action extérieure de l’Union;

70.

réfléchit au processus relatif à l’obligation de rendre des comptes, pour lequel le Parlement est l’autorité de décharge, à l’exception de la facilité d’investissement, qui est gérée par la BEI et n’entre donc pas dans le cadre de l’audit de la Cour (7);

Fonds fiduciaires d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique

71.

rappelle que deux fonds fiduciaires d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique ont été créés dans le cadre des FED, à savoir le fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique (le «fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique») et le fonds fiduciaire Bêkou de l’Union européenne pour la République centrafricaine (le «fonds fiduciaire Bêkou de l’Union»); rappelle la position constante du Parlement selon laquelle la Commission veille à ce que tout fonds fiduciaire créé en tant qu’outil de développement s’inscrive dans la stratégie globale et les objectifs stratégiques de développement de l’Union, à savoir la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté, telle qu’inscrite à l’article 208 du traité FUE, et, en particulier, garantisse que les pays bénéficiaires reçoivent un soutien non seulement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration, dont le flux migratoire irrégulier, mais aussi pour favoriser la résilience, les perspectives économiques, l’égalité des chances, la sécurité des populations ainsi que le développement humain et social;

72.

note que les contributions des FED aux fonds fiduciaires de l’Union sont passées de 600 000 000 EUR en 2019 à 800 000 000 EUR en 2020, et que des ressources supplémentaires des FED destinés au fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique ont été utilisées pour prendre des mesures dans des domaines de préoccupation spécifiques dans les régions du Sahel et du lac Tchad et dans la Corne de l’Afrique, notamment les défis en matière de sécurité, les efforts de stabilisation essentiels et la réaction à la pandémie de COVID-19; invite la Commission à continuer de suivre les projets des fonds fiduciaires de l’Union portant sur la migration et, comme l’a récemment demandé le Parlement (8), à mettre en place un mécanisme de contrôle efficace et indépendant permettant d’évaluer la destination de ces projets en cas de violation des droits fondamentaux et à informer l’autorité de décharge de leurs résultats;

73.

prend acte de la contribution financière des FED au fonds fiduciaire Bêkou de l’Union pour soutenir la sortie de la République centrafricaine de la crise de la COVID-19 ainsi que sa reconstruction et son développement; se déclare préoccupé par l’influence du groupe Wagner sur les forces armées centrafricaines; rappelle sa résolution du 25 novembre 2021 sur les violations des droits de l’homme commises par des entreprises militaires et de sécurité privées, en particulier le groupe Wagner; invite de nouveau la Commission à veiller à ce que les pays bénéficiaires de fonds de l’Union ne puissent en aucun cas utiliser ces derniers pour financer des entreprises militaires privées présentant un tel passif en matière de violations des droits de l’homme; prend acte de la décision de la Commission de suspendre temporairement sa mission de formation militaire en raison de préoccupations liées aux activités du groupe Wagner; note, à cet égard, qu’en décembre 2021, l’Union a décidé d’imposer des mesures restrictives à l’encontre du groupe Wagner; demande à la Commission de veiller à ce qu’aucune somme ne soit versée directement ou indirectement à des contractants ou à des sous-traitants russes, en particulier dans le contexte de la guerre actuelle en Ukraine; invite en outre la Commission à aborder cette question dans le cadre de son dialogue bilatéral avec tous les pays concernés et incite les pays à faire preuve d’une transparence totale dans la passation de marchés relatifs à des services de soutien militaire, en particulier en ce qui concerne le nombre d’entreprises militaires et de sécurité privées présentes sur leur territoire, les tâches qu’elles accomplissent, leurs chaînes de commandement et les équipements qu’elles utilisent pour remplir leurs contrats;

74.

note que l’évaluation à mi-parcours du fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique s’est achevée en 2020; prend acte des principales conclusions du rapport d’évaluation selon lesquelles le mandat du fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique, en tant qu’instrument à court terme, est trop large pour s’attaquer aux causes profondes de la migration, et fait part de ses préoccupations quant à certains des aspects critiques qui sont mis en évidence dans ce rapport; relève qu’il est nécessaire de mieux répondre aux défis liés aux migrations intra-africaines, qui représentent près de 90 % des flux migratoires en Afrique; demande à la Commission de veiller à davantage concentrer ses activités sur l’éradication de la pauvreté, conformément à l’objectif principal des FED, de manière à s’attaquer aux causes profondes de la migration; note que le fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique a apporté une contribution modeste à l’augmentation des perspectives économiques et d’emploi; soutient la recommandation, formulée dans le rapport d’évaluation, de demander que le soutien de l’Union aux perspectives économiques et à la création d’emplois soit intégré, dans la mesure du possible, à la dynamique du marché du travail local et à ses acteurs, ainsi qu’aux investissements du secteur privé (9); soutient fermement la demande de réaliser une évaluation ex post, y compris de la performance, au moins un an après l’achèvement de toutes les activités du fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique;

75.

invite une nouvelle fois la Commission à présenter une étude étayée visant à évaluer les risques et les effets que tous les projets destinés à former et équiper les forces de sécurité des pays africains peuvent avoir sur les droits de l’homme;

76.

salue la décision de la Commission de désengager les fonds provenant du fonds fiduciaire de l’Union pour l’Afrique initialement alloués à l’Érythrée, en particulier en ce qui concerne la passation de marchés pour la rénovation de routes recourant au travail forcé;

77.

rappelle que la création de nouveaux fonds fiduciaires devrait être subordonnée à la pleine participation du Parlement au processus décisionnel et à l’octroi à celui-ci d’un pouvoir de contrôle approprié; rappelle, à cet égard, la demande de révision du règlement financier afin de permettre au Parlement d’exercer efficacement son rôle de contrôle et de surveillance démocratiques;

Risques et difficultés liés à la mise en œuvre de l’aide des FED

78.

rappelle une fois de plus que la bonne gouvernance, l’état de droit et le respect des droits de l’homme sont des conditions sine qua non de l’efficacité de l’aide; demande à la Commission de suivre attentivement la situation de l’état de droit, le respect des traités internationaux et des accords bilatéraux et le respect des droits de l’homme dans les pays bénéficiaires lorsqu’elle approuve l’aide financière; invite la Commission à faire un usage plus strict de la clause figurant dans les accords financiers conclus avec les pays partenaires qui lui permet de suspendre ou de résilier l’accord en cas de violation d’une obligation relative au respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’état de droit;

79.

s’inquiète du rejet par la Commission de la recommandation du Parlement d’inclure dans le prochain rapport annuel d’activité une évaluation structurée de l’aide et des informations communiquées sur les résultats et l’incidence des activités des FED; relève que la Commission considère que l’impact des activités des FED a déjà été évalué au moyen de l’élaboration et de la transmission au Parlement du rapport annuel sur la mise en œuvre des instruments de l’Union pour le financement de l’action extérieure, mais rappelle que la première partie du rapport annuel d’activité de la DG INTPA ne fait pas de distinction entre les activités au titre du budget général et des FED, ce qui permet difficilement d’évaluer la déclaration de la Commission selon laquelle les FED ont obtenu des résultats importants dans la lutte contre la pauvreté; estime que pour pouvoir exercer son rôle d’autorité de décharge, le Parlement a besoin de toutes les données utiles possibles pour évaluer les FED et leur impact; invite la Commission à revoir sa position et à répondre favorablement à cette demande spécifique du Parlement;

80.

reconnaît que les FED se concentrent principalement sur les pays d’Afrique continentale et estime que les pays insulaires, certains pays ACP et, en particulier, les petits États insulaires en développement ne devraient pas être mis à l’écart en ce qui concerne les objectifs politiques et les projets; invite la Commission à mettre en place davantage de synergies et une plus grande cohérence avec les politiques internes et horizontales de l’Union relatives aux petits États insulaires en développement, aux pays et territoires ultrapériphériques de l’Union et aux régions ultrapériphériques de l’Union;

81.

demande à la Commission de veiller à ce que les financements profitent de manière juste et équitable à l’ensemble des PTOM; invite la Commission à continuer de soutenir les administrations des PTOM dans la mise en œuvre des projets FED, notamment au moyen de la formation et de l’assistance technique;

82.

fait observer qu’avec le nouveau mécanisme de financement de la coopération au développement, l’IVCDCI — Europe dans le monde, toutes les options de financement antérieures sont consolidées en un seul instrument et relèvent du budget annuel de l’Union et de la période couverte par le CFP 2021-2027; rappelle que l’intégration des FED dans le budget de l’Union était une demande de longue date du Parlement et que les principes budgétaires, en particulier ceux de l’unité et de l’annualité du budget, ont été renforcés; relève que l’IVCDCI — Europe dans le monde est actuellement le principal instrument financier de l’action extérieure de l’Union et est doté d’un budget total de 79 500 000 000 EUR (aux prix courants) pour la période 2021-2027; note que l’IVCDCI — Europe dans le monde simplifie le financement extérieur de l’Union et couvre la coopération avec tous les pays tiers, à l’exception des pays liés à l’instrument de préadhésion de l’Union (dans les Balkans occidentaux) et de la Turquie; relève, en outre, que le contrôle démocratique du Parlement portera donc aussi sur l’ensemble des dépenses de développement; se félicite également du fait qu’au titre de l’IVCDCI — Europe dans le monde, les PTOM bénéficieront de crédits supplémentaires du budget de l’Union;

83.

note que la Commission s’est engagée à renforcer la cohérence entre l’action intérieure et l’action extérieure; souligne la nécessité d’une plus grande cohérence de l’action de l’Union dans la région ACP et demande de veiller à ce que la priorité soit donnée aux objectifs de développement et à ce que les politiques à l’égard des PTOM soient liées au développement de leurs régions frontalières et alignées sur les priorités de l’Union;

84.

constate que 73,3 % des contrats avec les États membres ont été signés avec seulement deux agences nationales de développement des États membres (à savoir celles de France et d’Allemagne), l’Agence française de développement représentant 67 % des contrats signés avec les agences françaises et la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit représentant 72 % des contrats signés avec les agences allemandes; estime, tout en reconnaissant leur expertise, que davantage d’efforts sont nécessaires pour promouvoir la vision d’un plus grand nombre d’agences nationales de développement; salue les efforts déployés par la Commission à cet égard, notamment la préparation d’une étude visant à comprendre la force de chaque partenaire dans les États membres afin d’évaluer comment, à l’avenir, ils pourraient apporter une meilleure contribution; demande à la Commission de communiquer le rapport de cette étude à l’autorité de décharge dès qu’il sera disponible;

85.

rappelle que des informations relayées par des médias ont souligné que des fonds alloués au titre des FED et utilisés pour des projets d’infrastructures publiques en République démocratique du Congo ont été versés à une entreprise liée à un pourvoyeur de fonds bien connu du Hezbollah; note que la Commission ne disposait d’aucune information sur les liens allégués entre cette société et ce bailleur de fonds au moment de l’attribution de ces contrats et que tous les contrats, à l’exception d’un seul, ont été exécutés de manière satisfaisante; rappelle toutefois l’engagement de l’Union en faveur de la tolérance zéro à l’égard des soupçons de fraude, de corruption et de financement d’activités liées au terrorisme, ainsi que l’obligation d’éviter que des financements européens profitent indirectement à des activités criminelles ou terroristes; demande à la Commission de mettre à jour ses règles en matière de marchés publics et de contrôles ex ante et ex post afin de renforcer la vérification des antécédents des bénéficiaires et des liens qu’ils entretiennent avec d’autres acteurs;

Suivi de la décharge 2019

86.

relève que le rapport sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2019 a été dûment publié en juillet 2021; relève le retard dans la transmission des réponses détaillées aux demandes spécifiques formulées par le Parlement dans la résolution sur la décharge, mais se félicite que, dans une réponse aux questions écrites, la Commission ait accepté de fournir à l’avance une copie du suivi de la décharge du FED; rappelle l’importance de disposer en temps utile d’informations de suivi détaillées, élément essentiel de la procédure de décharge;

87.

attire l’attention sur le contexte dans lequel l’aide publique au développement est désormais proposée, lequel se caractérise par un manque de financement constant, la pandémie de COVID-19, l’aggravation de la crise climatique et de la crise de la biodiversité, l’augmentation ininterrompue des besoins d’aide humanitaire et le manque de moyens pour y répondre comme il se doit, le manque criant de ressources financières et techniques pour permettre aux pays les moins développés, et aux autres pays en développement, de faire face à leurs problèmes, le recul des progrès enregistrés dans la réalisation d’ODD clés et de l’accord de Paris sur le changement climatique (ci-après: «l’accord de Paris»), dont ceux concernant l’éradication de la pauvreté et de la faim, et l’incapacité persistante du monde à renforcer l’action pour le climat face à l’urgence de parvenir aux objectifs de l’accord de Paris au moyen d’une trajectoire compatible avec l’objectif visant à limiter le réchauffement de la planète à moins de 1,5 °C ainsi qu’à améliorer la résilience face aux effets négatifs du changement climatique;

88.

se dit déçu par l’absence persistante d’action majeure de la part de la Commission pour donner suite aux recommandations de l’évaluation extérieure de la cohérence des politiques au service du développement (10), commandée par la Commission et reçue en 2018; déplore le manque de transparence dans les procédures de marchés publics;

89.

déplore qu’aucune suite n’ait été donnée à certaines demandes du Parlement au cours de la procédure de décharge 2019 et invite la Commission à fournir une analyse plus approfondie des recommandations du Parlement.


(1) Règlement (UE) 2018/1877 du Conseil du 26 novembre 2018 portant règlement financier applicable au 11e Fonds européen de développement, et abrogeant le règlement (UE) 2015/323 (JO L 307 du 3.12.2018, p. 1).

(2) https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/annualreports-2020/annualreports-2020_FR.pdf, point 32.

(3) Règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde, modifiant et abrogeant la décision no 466/2014/UE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant le règlement (UE) 2017/1601 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (CE, Euratom) no 480/2009 du Conseil (JO L 209 du 14.6.2021, p. 1).

(4) https://ec.europa.eu/info/system/files/annual-activity-report-2020-international-partnerships-annexes_en.pdf, p. 446-447.

(5) https://ec.europa.eu/international-partnerships/system/files/budget-support-guidelines-2017fr.pdf

(6) Tableau de bord du marché des vaccins COVID-19, Division de l’approvisionnement de l’Unicef, https://www.unicef.org/supply/covid-19-vaccine-market-dashboard

(7) Voir articles 43, 48 à 50 et 58 du règlement (UE) 2015/323 du Conseil du 2 mars 2015 portant règlement financier applicable au 11e Fonds européen de développement (JO L 58 du 3.3.2015, p. 17). En 2012, un accord tripartite entre la BEI, la Commission et la Cour [article 134 du règlement (CE) no 215/2008 du Conseil du 18 février 2008 portant règlement financier applicable au 10e Fonds européen de développement (JO L 78 du 19.3.2008, p. 1)] a défini les règles en matière d’audit de ces opérations par la Cour.

(8) Résolution du Parlement européen du 7 octobre 2021 sur le rapport d’exécution sur les fonds fiduciaires de l’Union et la facilité en faveur des réfugiés en Turquie [2020/2045(INI)].

(9) https://ec.europa.eu/info/system/files/annual-activity-report-2020-international-partnerships-annexes_en.pdf, p. 731.

(10) https://ec.europa.eu/international-partnerships/system/files/pcd-main-report_en.pdf


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