| CELEX | 52022BP1717 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/184 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1717 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) pour l’exercice 2020
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie pour l’exercice 2020, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0097/2022), |
| A. | considérant que, selon l’état de ses recettes et de ses dépenses (1), le budget définitif de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ci-après l’«Agence») pour l’exercice 2020 était de 17 297 383 EUR, ce qui représente une augmentation de 7,12 % par rapport à 2019, et que le taux d’inflation dans l’Union en 2020 s’élevait à 0,7 %; que le budget de l’Agence provient intégralement du budget de l’Union; |
| B. | considérant que, dans son rapport sur les comptes annuels de l’Agence relatifs à l’exercice 2020 (ci-après le «rapport de la Cour»), la Cour des comptes (ci-après la «Cour») affirme avoir obtenu des assurances raisonnables que les comptes annuels de l’Agence étaient fiables et que les opérations sous-jacentes relatives aux recettes étaient légales et régulières; que la Cour a identifié un montant total de paiements de 752 654 EUR qu’elle considérait comme entaché d’irrégularités, soit 3,71 % des crédits de paiement disponibles, donnant lieu à une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes; |
Gestion budgétaire et financière
| 1. | relève avec satisfaction que les efforts de suivi du budget au cours de l’exercice 2020 se sont traduits par un taux d’exécution budgétaire de 98,83 %, ce qui dépasse l’objectif de 95 % que s’était fixé l’Agence et représente une baisse de 0,44 % par rapport à 2019; constate que le taux d’exécution des crédits de paiement s’élevait à 83,35 %, ce qui représente une augmentation de 0,09 % par rapport à 2019; |
| 2. | relève que la Cour a émis une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes concernant la conclusion figurant dans son rapport d’audit pour l’exercice 2019, selon laquelle plusieurs contrats spécifiques relevant d’un contrat-cadre pour des services informatiques étaient irréguliers, du fait qu’aucune procédure de marché concurrentielle n’avait été organisée; relève en particulier que certains éléments et services commandés ne figuraient pas sur les listes de prix présentées par les soumissionnaires et que la Cour a constaté que les paiements effectués en 2020 pour des éléments non repris sur les listes de prix relevant de ce contrat-cadre s’élevaient à 752 654 EUR (soit 3,71 % du total des crédits de paiement disponibles en 2020); relève par ailleurs que la Cour reconnaît qu’à la suite de ses observations relatives à l’exercice 2019, l’Agence a élaboré un plan d’action, dont la mise en œuvre fait l’objet d’un suivi régulier par la direction; |
Performance
| 3. | relève que l’Agence continue à utiliser certaines mesures comme indicateurs de performance clés pour évaluer la performance de ses activités; note que chaque tâche de l’Agence se voit attribuer un niveau de priorité (critique, important, etc.) et est assortie d’objectifs définis dans le plan de travail annuel et d’indicateurs de performance; note avec satisfaction que l’Agence indique qu’en dépit de la pandémie de COVID-19, les objectifs du programme de travail 2020 ont été largement atteints, à l’exception de certains objectifs liés au règlement (UE) no 1227/2011 du Parlement européen et du Conseil (2) qui ont été réalisés dans une moindre mesure en raison de contraintes en matière de ressources humaines; |
Politique du personnel
| 4. | note que 100 % des postes du tableau des effectifs étaient pourvus au 31 décembre 2020, avec 71 agents temporaires engagés sur les 71 autorisés au titre du budget de l’Union (il y avait 67 postes autorisés en 2019); note, de surcroît, que 30 agents contractuels et 4 experts nationaux détachés ont travaillé pour l’Agence en 2020, avec respectivement 33 et 4 postes autorisés; |
| 5. | fait part une nouvelle fois de sa préoccupation quant à l’absence d’équilibre entre les hommes et les femmes dans l’encadrement supérieur de l’Agence, qui compte une femme (16,7 %) et cinq hommes (83,3 %); note que le personnel de l’Agence compte au total 68 hommes (67,3 %) et 33 femmes (32,7 %) et encourage l’Agence à prendre des mesures pour parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes; relève que le conseil d’administration de l’Agence se compose de quatre hommes (44,4 %) et de cinq femmes (55,6 %); invite de nouveau la Commission et les États membres à tenir compte de l’importance qu’il y a à garantir l’équilibre hommes-femmes lors de la nomination de leurs membres au conseil d’administration de l’Agence; |
| 6. | salue les efforts déployés par l’Agence dans sa politique du personnel pour favoriser le télétravail et une vie saine, et continue de l’encourager à poursuivre l’élaboration d’un cadre d’action à long terme en matière de ressources humaines, axé sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l’orientation tout au long de la vie et l’évolution de carrière, l’équilibre hommes-femmes, le télétravail, l’équilibre géographique ainsi que le recrutement des personnes en situation de handicap et leur intégration; |
| 7. | note que l’Agence a été réorganisée à la suite de l’arrivée du nouveau directeur, dans le but d’accroître les synergies en créant des pôles (excellence en matière de données, service juridique) et en renforçant encore la coopération entre le département «Surveillance du marché et comportement sur le marché», et les équipes de surveillance du marché dans les départements de l’électricité et du gaz; |
| 8. | note que l’Agence a besoin de davantage de personnel et de ressources, principalement pour s’acquitter de ses tâches liées à l’intégrité et à la transparence du marché de gros de l’énergie et pour surveiller l’augmentation sans précédent des transactions sur le marché de l’énergie; |
| 9. | relève, à la lecture du rapport annuel de l’Agence, que l’augmentation des pouvoirs qui lui ont été conférés ces dernières années s’est accompagnée d’une hausse du nombre de recours contre les décisions de l’Agence, d’où un besoin fortement accru de soutien juridique pour défendre ces décisions; invite l’Agence à tenir compte de la nécessité d’un appui juridique suffisant dans sa structure organisationnelle et à garantir une dotation appropriée en personnel; se félicite, à cet égard, du virement de crédits, sous la forme d’une subvention d’un montant de 429 000 EUR, destiné à répondre à son besoin sans précédent de soutien juridique pour défendre les décisions qu’elle prend; invite l’Agence à tenir compte dans le cadre de la procédure relative aux futurs budgets de l’Agence du fait qu’un soutien juridique pourrait continuer à être nécessaire; |
Passation de marchés
| 10. | relève que 185 procédures de passation de marchés ont été conclues en 2020, contre 79 en 2019; relève qu’à la suite de la mise en œuvre des appels d’offres électroniques en 2019, l’Agence a mis en place la soumission électronique pour toutes les procédures ouvertes en 2020, poursuivant ainsi la mise en œuvre de la passation électronique des marchés publics au sein de l’Agence; |
| 11. | souligne avec préoccupation que la Cour des comptes a émis une opinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes pour l’exercice 2019; relève avec préoccupation que, pour l’exercice 2019, la Cour a conclu que plusieurs contrats spécifiques au titre d’un contrat-cadre de services informatiques étaient irréguliers parce qu’aucune procédure de passation de marché concurrentielle n’avait été suivie par l’Agence et, plus précisément, que certains articles et services commandés n’étaient pas couverts par les listes de prix des offres soumises pour le marché; note que les paiements effectués en 2020 pour des éléments non repris sur les listes de prix relevant de ce contrat-cadre s’élevaient à 752 654 EUR (soit 3,71 % de l’ensemble des crédits de paiement disponibles en 2020); prend acte des déclarations du directeur de l’Agence lors de l’audition de décharge avec les agences du 29 novembre 2021, ainsi que de la réponse de l’Agence aux questions écrites, selon laquelle la conclusion de la Cour était liée à un recours excessif à l’option des «éléments hors liste de prix» et que l’Agence a pris des mesures pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir; invite l’Agence à faire rapport à la Cour et à l’autorité de décharge en ce qui concerne les contrats-cadres susmentionnés ainsi que les mesures prises; |
Prévention et gestion des conflits d’intérêts et transparence
| 12. | prend acte des mesures prises par l’Agence et des efforts qu’elle déploie actuellement pour garantir la transparence, la prévention et la gestion des conflits d’intérêts ainsi que la protection des lanceurs d’alerte; prend acte des efforts continus déployés par l’Agence pour mettre en œuvre sa politique globale de prévention et de gestion des conflits d’intérêts et du fait que l’Agence a continué à recueillir les déclarations d’intérêts annuelles de son personnel d’encadrement, des membres et suppléants de son conseil d’administration, de son conseil des régulateurs et de sa chambre de recours, ainsi que des présidents et vice-présidents des groupes de travail de l’Agence et des coordinateurs des groupes de travail de l’Agence; note que l’Agence a indiqué que ces déclarations ont été examinées conformément à la politique en vigueur et publiées sur son site internet, accompagnées des CV des personnes en question, et que l’Agence n’a signalé aucun cas de conflit d’intérêts potentiel en 2020; |
Contrôle interne
| 13. | note que le service d’audit interne (SAI) a réalisé en 2020 un audit sur la mise en œuvre du règlement (UE) no 1227/2011, qui a débouché sur deux recommandations très importantes et quatre recommandations importantes qui sont actuellement mises en œuvre sur la base d’un plan d’action approuvé par le SAI; relève que trois recommandations très importantes et quatre recommandations importantes découlant d’audits réalisés précédemment, les audits sur «la sécurité informatique au sein de l’Agence et la sécurité de l’information dans le domaine du règlement REMIT» et sur la «gestion des ressources humaines», ont été clôturées en 2020, et que quatre recommandations importantes doivent encore être mises en œuvre; note également que deux recommandations importantes précédemment clôturées par l’Agence ont été rouvertes, après que le SAI a estimé que les efforts déployés par l’Agence pour les mettre en œuvre étaient insuffisants, mais qu’elles ont été à nouveau clôturées plus tard en 2020; invite l’Agence à ne pas clôturer trop rapidement les recommandations et invite le SAI à poursuivre ses travaux de suivi des recommandations clôturées afin de veiller à ce qu’elles soient mises en œuvre comme prévu; |
| 14. | note qu’une évaluation des risques a été réalisée en 2020, ce qui a donné lieu à un nouveau plan d’audit stratégique du SAI pour l’Agence pour la période 2021-2023; invite le SAI et l’Agence à surveiller les risques recensés et à prendre des mesures d’atténuation appropriées, ainsi qu’à évaluer les mesures prises en réalisant des audits sur les risques recensés; |
| 15. | prend acte de la déclaration de l’Agence dans son rapport annuel, selon laquelle les délégations et subdélégations de pouvoirs d’exécution budgétaire pour l’exercice 2020 ont été signées en novembre 2019 par le directeur sortant, qu’elles n’ont pas été révoquées par le nouveau directeur et sont restées valables en tant que telles, et qu’elles ont été reconfirmées par le directeur de l’Agence en décembre 2020; prend toutefois acte de la conclusion de la Cour selon laquelle l’actuel directeur est entré en fonction le 1er janvier 2020 et qu’il a confirmé rétroactivement le 18 décembre 2020 les délégations octroyées à deux membres du personnel, ce qui signifie que, pendant près d’un an, les membres du personnel en question ont autorisé des opérations sur la base des délégations octroyées par le directeur exécutif précédent; prend acte avec inquiétude de la conclusion de la Cour selon laquelle cette situation constitue une faiblesse importante du contrôle interne et est en particulier préoccupé par le fait que cette faiblesse n’a pas été relevée par l’Agence elle-même; invite l’Agence à évaluer comme il se doit son cadre de contrôle interne conformément aux orientations fournies par la direction générale du budget de la Commission; |
Mesures destinées à faire face à la COVID-19 et continuité des activités
| 16. | relève que l’Agence a fait du télétravail son mode de fonctionnement normal, dans le sillage des mesures visant à contenir la propagation de la COVID-19; note que l’Agence, conformément à son plan de continuité des activités, a mis en place un groupe de gestion de la continuité comprenant des cadres supérieurs et quelques membres du personnel, qui a pris des décisions et fourni des orientations au personnel de l’Agence sur les modalités de travail, les mesures de sécurité connexes ainsi que les questions de ressources humaines et informatiques; note que le groupe de gestion de la continuité a également régulièrement informé les membres du personnel des mesures en vigueur en Slovénie, qui n’étaient pas toujours facilement disponibles en anglais; |
| 17. | prend acte des difficultés rencontrées par l’Agence pour appliquer un régime de télétravail et traiter un nombre croissant de données confidentielles dans le cadre de son mandat de surveillance, passant de plus de 3 millions de relevés collectés en 2019 à une moyenne de plus de 6,8 millions de relevés de transactions et d’ordres par jour en 2020; invite l’Agence à informer l’autorité de décharge des mesures prises pour assurer la continuité des activités, tout en respectant les exigences en matière de sécurité et de confidentialité des données; |
| 18. | relève que l’Agence a fait état d’économies importantes pour ce qui est des crédits alloués aux missions et événements; invite l’Agence à maintenir (une partie de) ces économies lorsque les restrictions sanitaires auront été levées et à intégrer dans ses procédures opérationnelles un nouveau mode de travail à distance plus économique; |
Autres observations
| 19. | note que l’Agence a mis en place une politique de sécurité et de sécurité de l’information, en plus de l’ensemble de règles relatives à l’utilisation des moyens informatiques publié par l’équipe informatique, afin de mettre en œuvre la politique de sécurité et de sécurité de l’information, en accord avec le service chargé de la sécurité; |
| 20. | rappelle qu’il importe d’accroître la numérisation du fonctionnement et de la gestion internes de l’Agence, mais également d’accélérer la numérisation des procédures; souligne qu’elle doit continuer de faire preuve d’anticipation à cet égard afin d’éviter à tout prix l’apparition d’un fossé numérique entre les agences; attire néanmoins l’attention sur la nécessité de prendre toutes les mesures de sécurité qui s’imposent afin d’éviter tout risque pour la sécurité en ligne des informations traitées; invite l’Agence à accélérer l’élaboration de sa politique de cybersécurité et à informer l’autorité de décharge dès qu’elle sera prête; |
| 21. | renvoie, pour d’autres observations de nature horizontale accompagnant sa décision de décharge, à sa résolution du 4 mai 2022 (3) sur la performance, la gestion financière et le contrôle des agences. |
(1) JO C 114 du 31.3.2021, p. 245.
(2) Règlement (UE) no 1227/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (JO L 326 du 8.12.2011, p. 1).
(3) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0196.