| CELEX | 52022BP1768 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/315 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1768 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) pour l’exercice 2020
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies pour l’exercice 2020, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0118/2022), |
| A. | considérant que, selon l’état de ses recettes et de ses dépenses (1), le budget définitif de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (ci-après «l’Observatoire») pour l’exercice 2020 était de 18 048 883 EUR, soit une très légère baisse de 0,71 % par rapport à 2019; que le budget de l’Observatoire provient pour l’essentiel (90 %) du budget de l’Union; |
| B. | considérant que, dans son rapport sur les comptes annuels de l’Observatoire pour l’exercice 2020 (ci-après «le rapport de la Cour»), la Cour des comptes (ci-après «la Cour») affirme avoir obtenu l’assurance raisonnable que les comptes annuels de l’Observatoire étaient fiables et que les opérations sous-jacentes étaient légales et régulières; |
Gestion budgétaire et financière
| 1. | relève avec satisfaction que les efforts de suivi du budget déployés au cours de l’exercice 2020 se sont traduits par un taux d’exécution budgétaire de 100 %, identique à celui enregistré en 2019; note que le taux d’exécution des crédits de paiement s’élevait à 94,73 % (soit une baisse de 3,56 % par rapport à l’exercice précédent); |
Performance
| 2. | souligne l’importance du rôle joué par l’Observatoire, qui fournit aux décideurs politiques et aux praticiens un ensemble d’analyses et d’informations sur les drogues et les toxicomanies ainsi que sur les tendances à l’œuvre, dans une perspective de lutte efficace contre l’usage illicite et le trafic de drogue, et qui contribue à améliorer la santé en Europe en s’attaquant à d’importants problèmes de santé publique liés à la drogue; rappelle qu’il a été montré que le trafic de drogue représentait une source majeure de profit et une voie de recrutement pour la criminalité organisée et le terrorisme et souligne dès lors la contribution de l’Observatoire en faveur d’une Europe plus sûre; |
| 3. | prend acte avec satisfaction des 35 publications de l’Observatoire, dont des analyses stratégiques et situationnelles et des évaluations de la menace, destinées à inspirer les politiques et les pratiques; salue l’étroite collaboration entre l’Observatoire et d’autres agences compétentes en matière de justice et d’affaires intérieures (JAI), telles que l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, et Europol, ainsi que les publications communes publiées en 2020; |
| 4. | se félicite de l’organisation de l’université d’été européenne sur les drogues 2020 en format intégralement numérique, laquelle a attiré 49 participants de 30 pays; estime qu’il est essentiel de continuer à sensibiliser les citoyens à l’importance d’axer l’ensemble des politiques en matière de drogue sur la prévention et la santé mentale; |
| 5. | souligne la contribution de l’Observatoire, par ses rapports annuels, à la définition du programme et du plan d’action antidrogue de l’UE 2021-2025 ainsi que le rôle que l’Observatoire jouera dans sa mise en œuvre; |
| 6. | note que le modèle de mesure des performances de l’Observatoire recense un nombre limité (10) d’indicateurs de performance clés (IPC) composites, qui sont utilisés pour mesurer l’efficacité des réalisations et l’efficience de l’utilisation des ressources, et qui sont complétés par des IPC de plus haut niveau axés sur les résultats et les effets; observe que l’Observatoire a défini 55 objectifs pour les indicateurs de performance de plus haut niveau; relève qu’en 2020 deux objectifs se sont révélés inapplicables, 81 % ont été atteints et 19 % ont été partiellement atteints; |
| 7. | note que la plupart des travaux de l’Observatoire en 2020 ont été consacrés à l’étude de l’impact de la COVID-19 sur la situation en matière de drogue en Europe et que l’Observatoire a créé douze nouvelles ressources en 2020, notamment des rapports spéciaux et des pages web, dans le but de contribuer en temps utile, par des informations et des ressources, à la lutte contre la COVID-19; |
| 8. | relève que l’Observatoire a partiellement atteint son objectif en ce qui concerne le nombre de jours de formation par membre du personnel (1,9 jour pour un objectif de 3 jours), plusieurs formations prévues ayant dû être annulées pour des raisons de force majeure à cause de la pandémie; constate que l’objectif fixé en ce qui concerne la mise des pièces justificatives à la disposition des points focaux nationaux deux semaines avant les réunions a été partiellement atteint, en raison de l’incertitude qui a entouré bon nombre des réunions de l’Observatoire en raison du confinement imprévu et de l’incertitude quant au format des réunions; relève que les IPC concernant l’exécution du programme de travail et la mise en œuvre efficace des projets d’assistance technique avec les pays tiers n’ont tous été que partiellement réalisés en raison des conséquences de la pandémie; |
| 9. | se félicite de la coopération de l’Observatoire avec d’autres agences et de sa contribution au réseau des agences JAI; |
Politique du personnel
| 10. | relève que, au 31 décembre 2020, 93,69 % des postes du tableau des effectifs étaient pourvus, avec 7 fonctionnaires et 62 agents temporaires engagés sur les 10 fonctionnaires et 66 agents temporaires autorisés au titre du budget de l’Union (contre 76 postes autorisés en 2019); constate que, de surcroît, 34 agents contractuels, 1 expert national détaché et 3 travailleurs intérimaires et consultants ont travaillé pour l’Observatoire en 2020; |
| 11. | se dit une nouvelle fois préoccupé par le fait que la Cour a constaté une défaillance récurrente dans plusieurs agences en ce qui concerne le recrutement de personnel externe et de travailleurs intérimaires; demande que soit abordée la question de la dépendance envers un recrutement externe dans ce domaine important et que le droit du travail applicable soit respecté; prend acte de l’arrêt de la Cour de justice du 11 novembre 2021 dans l’affaire C-948/19 (2), qui estime que les travailleurs intérimaires qui travaillent pour les agences de l’Union relèvent du champ d’application de la directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil (3); invite l’Observatoire à recourir dans toute la mesure du possible à du personnel fixe et invite la Commission à veiller à le doter de ressources humaines suffisantes à cet effet; |
| 12. | note avec inquiétude le déséquilibre entre les hommes et les femmes au sein de l’encadrement supérieur de l’Observatoire, avec 2 femmes (22,2 %) et 7 hommes (77,8 %), et au sein de son conseil d’administration, avec 22 hommes (69 %) et 10 femmes (31 %); relève que le personnel est, au total, composé de 46 hommes (45,1 %) et de 56 femmes (54,9 %); demande à l’Observatoire de veiller à l’équilibre hommes-femmes aux postes d’encadrement à l’avenir; invite la Commission et les États membres à tenir compte de l’importance de garantir l’équilibre hommes-femmes lors de la nomination de leurs membres du conseil d’administration de l’Observatoire; |
Marchés publics
| 13. | se félicite que l’Observatoire ait conclu, en 2020, un accord de niveau de service avec la direction générale de l’informatique (DIGIT) de la Commission pour la fourniture de services liés aux passations de marché en ligne (services e-Prior) et hors ligne en matière de TIC; note qu’en ce qui concerne l’exécution des passations de marchés, le plan de passation des marchés pour 2020 a été mis en œuvre conformément au programme de gestion 2020 de l’Observatoire et a été mené à bien avec succès en étroite collaboration avec toutes les unités; se félicite que la Cour n’ait pas formulé d’observations sur l’application par l’Observatoire des règles en matière de marchés publics; |
Prévention et gestion des conflits d’intérêts et transparence
| 14. | prend acte des mesures prises par l’Observatoire et des efforts qu’il déploie actuellement pour garantir la transparence, prévenir et gérer les conflits d’intérêts et protéger les lanceurs d’alerte; note que l’Observatoire a publié sur son site internet les curriculum vitæ des membres de son conseil d’administration, de son directeur ainsi que des experts externes qui sont membres de son comité scientifique; se félicite que l’Observatoire publie les déclarations d’intérêt des membres de son conseil d’administration; |
| 15. | relève que l’existence d’un risque de conflit d’intérêts est évaluée sous l’autorité du directeur de l’Observatoire et que le conseil d’administration adopte, s’il y a lieu, les mesures visant à prévenir ou à éviter un conflit d’intérêts; note qu’aucun cas de conflit d’intérêts n’a été signalé, n’a fait l’objet d’une enquête ni n’a été clos en 2020; |
Mesures destinées à faire face à la COVID-19 et continuité des activités
| 16. | se félicite que l’Observatoire ait mis en place un groupe de travail chargé de coordonner la réaction en matière de santé publique face à la pandémie en mars 2020 après l’activation du plan de gestion des situations d’urgence de l’Observatoire et la mise en place de mesures visant à garantir la sécurité du personnel et la continuité des activités; relève que l’Observatoire a activé son plan de continuité des activités et que, outre le télétravail des membres du personnel, les principales mesures comprenaient des réunions hebdomadaires de l’équipe de réaction aux incidents (composée du directeur de l’Observatoire, du responsable de la continuité des activités, du conseiller médical de l’Observatoire et d’autres membres clés du personnel), l’établissement de protocoles et de procédures clairs pour l’accès aux locaux de l’Observatoire et la communication sur les événements liés à la COVID-19, la redéfinition des flux de travail dans certains domaines clés afin de passer de circuits de travail sur papier à des circuits de travail entièrement électroniques, et le soin de veiller à ce que l’infrastructure informatique permette et soutienne les efforts de télétravail de l’organisation; |
| 17. | se félicite de la mise en place de la page-pivot sur la COVID-19, destinée à mettre à disposition des sources d’informations et à mieux faire connaître l’impact de la maladie sur les toxicomanes et les prestataires de services de prise en charge, y compris les services pénitentiaires, ainsi que des 28 nouveaux projets conçus par l’Observatoire, dont 11 portent sur la COVID-19; |
Contrôle interne
| 18. | note que l’Observatoire a donné intégralement suite aux recommandations de l’audit 2017 du service d’audit interne (SAI) sur la gestion des données et du plan d’action y afférent; relève que le plan stratégique d’audit interne 2020-2022 du SAI comprend deux thèmes d’audit possibles pour l’Observatoire, à savoir la gestion des ressources humaines ainsi que la planification et la programmation stratégiques, et que le plan d’audit comprend également des activités de suivi et un thème d’audit de réserve sur la coopération internationale; relève que le SAI a entamé les entretiens préliminaires pour l’audit sur la gestion des ressources humaines en novembre 2020 et que le travail sur le terrain a été réalisé en janvier 2021; |
| 19. | prend acte que le rapport d’audit sur la gestion des projets informatiques au sein de l’Observatoire comportait deux recommandations «très importantes», à savoir la définition et l’adoption d’un processus de gestion des besoins et l’adoption d’une méthode pour le développement des systèmes; relève que ces deux recommandations ont été appliquées en 2019 et officiellement closes par le SAI en 2020; relève que le rapport d’audit sur la gestion de la collecte, de la validation et de l’assurance de la qualité des données au sein de l’Observatoire comportait une recommandation «très importante» visant à améliorer la définition des besoins opérationnels de l’Observatoire et à recenser les fonctionnalités informatiques connexes pour soutenir la collecte, la validation et le processus d’assurance de la qualité des données; se félicite que l’Observatoire ait convenu avec le SAI d’un plan d’action pour donner suite à cette recommandation, qui a été mis en œuvre de manière adéquate et efficace, et que la recommandation ait été officiellement close par le SAI en janvier 2020; |
| 20. | relève qu’à la suite de l’adoption, en 2017, du nouveau cadre de contrôle interne et de la création, en 2018, d’un répertoire reprenant l’état d’avancement de la mise en œuvre, la version définitive du répertoire pour le nouveau cadre de contrôle interne a été approuvée par le directeur de l’Observatoire en mars 2019; note que l’Observatoire a réalisé une évaluation de son système de contrôle interne en 2020 et qu’il a conclu que tous les éléments étaient en place et fonctionnaient correctement, et que deux principes de contrôle interne nécessitaient certaines améliorations en ce qui concerne les activités de contrôle, l’information et la communication, mais que cela n’avait pas d’incidence sur l’efficacité globale du système de contrôle interne; se félicite que l’Observatoire prenne les mesures correctives nécessaires pour remédier aux lacunes constatées; |
| 21. | constate que la stratégie antifraude de l’Observatoire remonte à août 2016 et que, selon le rapport annuel d’activités consolidé de l’Observatoire, elle a été pleinement mise en œuvre; note que l’Observatoire a entamé la procédure de révision de la stratégie antifraude, qui devait être entièrement réactualisée d’ici juin 2021; demande à l’Observatoire d’accélérer cette mise à jour et de rendre compte à l’autorité de décharge des progrès accomplis; |
Autres observations
| 22. | note que l’Observatoire a surveillé activement ses performances environnementales et son empreinte carbone, à l’aide de cycles d’amélioration continue réduisant son empreinte carbone au fil des ans par rapport au niveau de référence établi en 2014, son empreinte étant passée de 9,99 tonnes par membre du personnel à 5,66 tonnes en 2019; prend acte de la baisse considérable de cette empreinte en 2020, puisqu’elle est passée à 0,82 tonne par membre du personnel, en raison de la réduction des missions et des déplacements liée à la COVID-19, ainsi que du passage de l’Observatoire à l’électricité neutre en CO2 produite à partir de sources d’énergie renouvelables; invite l’Observatoire à continuer de surveiller sa consommation d’énergie et à poursuivre ses mesures pour réduire son empreinte carbone, tout en reconnaissant que l’Observatoire a mis en place un système exemplaire; |
| 23. | renvoie, pour d’autres observations de nature horizontale accompagnant la décision de décharge, à sa résolution du 4 mai 2022 (4) sur la performance, la gestion financière et le contrôle des agences. |
(1) JO C 114 du 31.3.2021, p. 32.
(2) Arrêt de la Cour de justice du 11 novembre 2021, UAB «Manpower Lit»/E.S. e.a., C-948/19, ECLI:EU:C:2021:906.
(3) Directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative au travail intérimaire (JO L 327 du 5.12.2008, p. 9).
(4) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0196.