| CELEX | 52022BP1771 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/321 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1771 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) pour l’exercice 2020
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Agence européenne pour la sécurité maritime pour l’exercice 2020, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu l’avis de la commission des transports et du tourisme, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0100/2022), |
| A. | considérant que, selon l’état de ses recettes et de ses dépenses (1), le budget définitif de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (ci-après l’«Agence») pour l’exercice 2020 était de 96 724 337,95 EUR, ce qui représente une légère baisse de 0,07 % par rapport à 2019; que le budget de l’Agence provient intégralement du budget de l’Union; |
| B. | considérant que, dans son rapport sur les comptes annuels de l’Agence pour l’exercice 2020 (ci-après «le rapport de la Cour»), la Cour des comptes (ci-après «la Cour») affirme avoir obtenu l’assurance raisonnable que les comptes annuels de l’Agence sont fiables et que les opérations sous-jacentes sont légales et régulières; |
Gestion budgétaire et financière
| 1. | note avec satisfaction que les efforts de suivi du budget au cours de l’exercice 2020 se sont traduits par un taux d’exécution budgétaire de 98,89 %, ce qui représente une légère baisse de 0,33 % par rapport à 2019, et que le taux d’exécution des crédits de paiement s’est établi à 96,08 %, soit également une légère baisse de 0,36 %; |
| 2. | relève, à la suite des observations de la Cour, que l’Agence a présenté un pourcentage élevé de retards de paiement au cours des quatre dernières années et dans 11 % des paiements en 2020; note que les retards de paiement pour 2020 ont enregistré une amélioration de 7 %, contre 18 % de retards de paiement en 2019; observe que le chiffre des retards de paiement pour 2020 inclut encore l’arriéré de retards de paiement qui a été «reporté» de 2019; constate que, sans l’accumulation de retards de paiement mentionnée précédemment, les paiements effectués au-delà des délais légaux et en lien avec les activités de 2020 atteignaient 3 %; constate que la plupart des retards de paiement concernaient le remboursement de frais de déplacement de participants à des ateliers; prend acte de la réponse de l’Agence indiquant que des effectifs supplémentaires ont été employés pour le traitement des paiements et l’apurement complet de l’arriéré de 2019 au cours de l’année 2020; relève que l’Agence a également décidé d’étudier la possibilité d’externaliser les remboursements des frais des experts et des participants aux ateliers auprès de l’Office de gestion et de liquidation des droits individuels de la Commission; réaffirme la nécessité de remédier à la situation des retards de paiement et d’atténuer le risque financier et de réputation décrit par la Cour; |
Performance
| 3. | salue la stratégie de l’Agence pour la période 2020-2024, qui lui permettra d’accomplir ses missions de sûreté, de sécurité et de surveillance maritime tout en contribuant de manière efficiente aux priorités numériques et environnementales de l’Union; salue notamment l’élaboration par l’Agence, avec l’Agence européenne pour l’environnement, du premier rapport environnemental sur le transport maritime européen, qui rassemble des informations vérifiées sur l’empreinte environnementale du trafic maritime; salue l’amélioration constante du système THETIS-MRV par l’Agence et souligne qu’il importe de doter l’Agence des compétences et des ressources nécessaires pour surveiller les déclarations des émissions des navires; salue notamment le fait que, pour la deuxième année consécutive, l’Agence ait recueilli des données sur les émissions de CO2 des navires de plus de 5 000 Gt présents dans les eaux de l’Union et publié les informations relatives à 12 000 navires en juin 2020 grâce au système THETIS-MRV; souligne en outre que des capacités supplémentaires permettraient à l’Agence de jouer un rôle encore plus important pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre du secteur ainsi que d’autres risques pour l’environnement liés au transport maritime; |
| 4. | note que l’Agence utilise des indicateurs de performance clés pour mesurer la mise en œuvre de son programme de travail annuel; observe que l’évaluation périodique de l’Agence est le principal outil permettant d’évaluer la valeur ajoutée de ses activités; |
| 5. | salue les actions menées par l’Agence pour contribuer aux objectifs environnementaux européens du transport maritime par le renforcement de la capacité de l’Union à protéger le milieu marin et à gérer le changement climatique, notamment par le passage à une mobilité durable grâce à la contribution du transport maritime figurant dans la stratégie de mobilité durable et intelligente adoptée en décembre 2020, laquelle a annoncé la révision du mandat de l’Agence dans le plan d’action qui l’accompagne; souligne que la mise à jour de la législation relative à la sécurité maritime et à l’environnement se fait parallèlement au lancement de la révision du mandat de l’Agence; souligne par ailleurs le rôle que l’Agence pourrait jouer afin de renforcer les capacités d’analyse des risques dans le domaine de la sécurité, notamment pour le déploiement des infrastructures destinées aux carburants alternatifs; souligne dès lors qu’il faudra peut-être adapter le mandat de l’Agence en conséquence, et éventuellement prévoir des moyens budgétaires, pour que l’Agence puisse accroître son soutien; |
| 6. | salue notamment l’élargissement, au fil des ans, du rôle de l’Agence pour aider à évaluer et à vérifier la mise en œuvre de la législation européenne sur la sécurité maritime, suivant en cela la demande d’aide de plus en plus importante de la Commission et de l’Autorité de surveillance AELE, laquelle devrait continuer d’augmenter en raison de la priorité de plus en plus grande qui lui est donnée au niveau de l’Union; |
| 7. | salue l’expansion rapide des services de surveillance maritime de Copernicus, aussi bien du point de vue du nombre d’organisations qui en bénéficient que des produits de surveillance de la Terre proposés; |
| 8. | salue l’aide apportée par l’Agence à la Commission et aux États membres pour faire progresser la simplification, l’harmonisation et la rationalisation des formalités de déclaration; |
| 9. | se réjouit du fait que, pour la troisième année complète d’exploitation des systèmes d’aéronefs télépilotés (RPAS) proposés par l’Agence, cette dernière ait porté ses services relatifs aux RPAS à 944 jours d’exploitation (1 372 heures de vol) dans le cadre des fonctions de garde-côtes et de soutien aux États membres et aux agences de l’Union dans les opérations de surveillance maritime; |
| 10. | note que l’Agence a connu certaines limitations dans ses activités prévues en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19; relève que l’Agence n’a pas été en mesure d’organiser la participation de ses moyens de lutte contre la pollution aux exercices, en recourant à la procédure de mobilisation du Centre de coordination de la réaction d’urgence; note que l’Agence n’a pas pu organiser une formation pratique sur l’utilisation du service d’assistance matérielle pour les opérateurs des États membres; observe que l’Agence n’a pas réussi à organiser des réunions du groupe des utilisateurs CleanSeaNet de l’Agence; note qu’en dépit de la pandémie de COVID-19, l’Agence a été en mesure d’atteindre avec succès la plupart des objectifs fixés dans son plan de performance pour l’exercice 2020; |
| 11. | note que l’Agence coopère étroitement avec l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et l’Agence européenne de contrôle des pêches (AECP) en ce qui concerne les fonctions de garde-côtes, conformément à son plan stratégique annuel 2020; salue les efforts déployés par l’Agence pour collaborer avec les États membres et d’autres agences en ce qui concerne l’échange d’informations opérationnelles, la surveillance, les services de communication et le recensement de possibilités spécifiques de partage des capacités; |
| 12. | se félicite du bon fonctionnement, depuis 2017, de l’accord de travail tripartite entre l’Agence, l’AECP et Frontex; considère cet accord comme un exemple de travail en synergie entre agences européennes qui devrait constituer une source d’inspiration pour d’autres agences dans d’autres domaines; |
| 13. | note que l’Agence européenne de la sécurité aérienne n’a pas signé l’accord de niveau de service avec l’Agence en 2020 en ce qui concerne des services télépilotés sûrs et efficaces; invite l’Agence à informer l’autorité de décharge de l’état d’avancement des travaux et à indiquer les conséquences qui en résultent pour l’exécution du budget de l’Agence; |
Politique du personnel
| 14. | note qu’au 31 décembre 2020, 97,64 % du tableau des effectifs étaient pourvus avec 207 fonctionnaires ou agents temporaires engagés sur les 212 fonctionnaires et agents temporaires autorisés au titre du budget de l’Union (comparés aux 212 postes autorisés en 2019); note qu’en 2020, outre les 30 agents contractuels financés sur le budget de l’Agence, cette dernière a employé 3 agents contractuels sur le budget Copernicus et 14 experts nationaux détachés; |
| 15. | prend acte de la répartition hommes-femmes parmi les membres de l’encadrement supérieur de l’Agence, avec 3 postes sur 5 (soit 60 %) occupés par des femmes; constate le déséquilibre hommes-femmes parmi les membres du conseil d’administration de l’Agence, 46 postes sur 61 (soit 75,41 %) étant occupés par des hommes; prend également acte du déséquilibre hommes-femmes au sein du personnel de l’Agence, où, sur 253 postes, 159 (soit 62,85 %) sont occupés par des hommes; invite la Commission et les États membres à tenir compte de l’importance de l’équilibre hommes-femmes lors de la nomination de leurs membres du conseil d’administration de l’Agence; |
| 16. | note que l’Agence a signé un nouveau contrat-cadre pour la prestation de services intérimaires en mai 2020, lequel est pleinement conforme à la législation nationale transposant la directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil (2); |
Marchés publics
| 17. | note que les trois navires ayant fait l’objet d’un contrat à la fin de 2019 pour remplacer la capacité de réaction pour la mer Adriatique, la Méditerranée occidentale et la Méditerranée centrale ont achevé avec succès la phase de préparation et sont entrés en service opérationnel à la mi-2020, et qu’en outre, un navire faisant l’objet d’un contrat en cours dans la région Atlantique Nord a été remplacé; relève que l’Agence, à la suite d’une procédure de passation de marchés publics, a attribué des marchés pour trois navires en vue de remplacer la capacité de réaction pour la façade de l’Atlantique Sud, la Méditerranée occidentale et la Méditerranée centrale, les trois navires devenant opérationnels à la fin de 2021; note en outre que les contrats couvrant la mer Baltique, les îles Canaries et Madère ont été renouvelés pour une période supplémentaire de quatre ans; |
Prévention et gestion des conflits d’intérêts et transparence
| 18. | note, à la suite des observations de la Cour, que l’Agence a revu sa procédure et ses lignes directrices relatives à la détection et à la gestion des conflits d’intérêts des membres du comité de sélection; observe que la nouvelle procédure a été mise en œuvre au début de 2020 et qu’elle garantit un signalement et une gestion appropriés des conflits d’intérêts potentiels ainsi qu’une procédure de recrutement équitable et transparente; |
| 19. | constate que l’Agence utilise et publie des déclarations de conflits d’intérêts concernant les membres de son conseil d’administration et les membres de son équipe de direction, et qu’elle a publié des lignes directrices sur les conflits d’intérêts et a mis en place des dispositions en matière de dénonciation, qui constituent un outil important pour la détection des cas de fraude, de corruption et d’irrégularités graves; |
Contrôle interne
| 20. | observe que l’Agence a versé des indemnités journalières et des indemnités d’installation à tous les membres de son personnel recrutés en tant qu’agents temporaires immédiatement après leur détachement auprès de l’Agence; note que l’Agence n’a pas pris de mesures suffisantes pour vérifier les droits à ces indemnités et conclut que cette pratique constitue une faiblesse en matière de contrôle interne; |
| 21. | relève que cinq membres du personnel occupant des postes d’encadrement au sein de l’Agence disposaient de délégations de pouvoir qui leur ont permis d’exercer exactement les mêmes pouvoirs que la directrice exécutive pour tous les postes budgétaires; observe que cette situation elle-même constitue un risque et n’est pas propice à une hiérarchisation claire en matière d’autorité, de responsabilité et d’obligation de rendre compte au sein de l’Agence; |
| 22. | constate que la directrice exécutive de l’Agence a signé une décision portant nomination, pendant son congé annuel, de directeurs exécutifs faisant fonction et d’autorités investies du pouvoir de nomination par délégation et faisant fonction et qu’elle a ainsi entièrement délégué l’exercice de ces deux rôles durant cette période; relève que cette décision dépassait les pouvoirs attribués à la directrice exécutive en vertu de l’article 15 du règlement fondateur de l’Agence; |
| 23. | prend acte de l’augmentation des exceptions enregistrées qui, selon l’Agence, étaient directement liées à la pandémie de COVID-19; se félicite du rapport de l’Agence sur ces exceptions, qui montre que celle-ci a mis en place des procédures de contrôle interne et prend également des décisions motivées pour s’en écarter, lorsque les circonstances l’exigent; |
| 24. | prend acte de l’évaluation annuelle du système de contrôle interne réalisée par l’Agence et de sa conclusion selon laquelle tous les principes de contrôle interne et les cinq composantes du contrôle interne ont été correctement mis en œuvre et sont globalement efficaces, que seules des améliorations mineures sont nécessaires et qu’aucune faiblesse significative n’a été signalée en matière de contrôle; invite l’Agence à tenir compte des faiblesses relevées par la Cour, étant donné qu’elles semblent indiquer que certains principes de contrôle interne doivent être renforcés; |
| 25. | se félicite du fait qu’en 2020, le service d’audit interne de la Commission et la Cour n’ont formulé aucune recommandation ou observation essentielle susceptible de conduire à une réserve dans la déclaration annuelle d’assurance; souligne néanmoins qu’il faut limiter autant que possible (3) tout risque de lacunes dans le contrôle budgétaire interne, mais salue les mesures prises par l’Agence en juin 2021 pour y répondre; |
Mesures destinées à faire face à la COVID-19 et continuité des activités
| 26. | salue la rapidité d’adaptation de l’Agence à la crise de la COVID-19 et le fait qu’elle ait été en mesure de fournir à ses parties prenantes l’éventail et la qualité des services qu’elles attendent d’elle; |
| 27. | relève qu’à la lumière de l’évolution de la pandémie de COVID-19, le personnel de l’Agence a reçu des ordinateurs pour travailler à distance et que les travaux se sont poursuivis comme prévu en 2020; note que l’Agence a accru le recours à la visioconférence pour les réunions internes, les comités de sélection chargés du recrutement et les réunions avec les parties prenantes externes; relève en outre que l’Agence a adapté ses méthodes de travail afin de garantir d’autres formes de fourniture du plus grand nombre possible de services et qu’elle a mis au point de nouvelles méthodes et de nouveaux outils qui pourraient continuer à être utiles à l’avenir, tels que des ateliers de diffusion en direct et des modules de formation en ligne; encourage l’Agence à continuer à tenir compte des enseignements tirés pendant la pandémie et à utiliser les méthodes de travail mises au point par nécessité pendant la pandémie, si elles apportent une valeur ajoutée à l’ère de l’après-pandémie; |
| 28. | note que l’Agence a adapté son budget et ses activités à la pandémie de COVID-19 au moyen d’une analyse interne de l’évolution de la pandémie et de son incidence sur le programme de travail de l’Agence; observe que l’excédent total de l’Agence à la suite de la reprogrammation de ses activités au cours de cette période a été estimé à 1 379 110 EUR en crédits d’engagement et à 1 602 088 EUR en crédits de paiement, qui ont été restitués à la Commission européenne dans le cadre du virement global; |
| 29. | relève, à la lecture du rapport de la Cour, que l’Agence a organisé le télétravail pour l’ensemble du personnel, à partir du 16 mars 2020, et qu’elle a été immédiatement opérationnelle; prend acte de la déclaration de l’Agence selon laquelle, au 3 juin 2020, ses agents avaient tenu 68 000 réunions en tête-à-tête sur Skype, organisé 3 444 conférences sur Skype, 2 203 réunions en tête-à-tête sur Teams et 287 réunions de groupe sur Teams; |
Autres observations
| 30. | relève que l’Agence progresse dans la mise en œuvre du système de management environnemental et d’audit de l’Union, qui soutient l’engagement de l’Agence à créer et à maintenir un lieu de travail respectueux de l’environnement et à améliorer ses performances environnementales en général; demande à l’Agence d’informer l’autorité de décharge des progrès réalisés en la matière au cours de 2021; |
| 31. | invite une nouvelle fois l’Agence à accroître la disponibilité de son site internet dans d’autres langues que l’anglais; estime qu’une plus grande diversité linguistique facilitera l’accès des citoyens européens à l’information et renforcera ainsi leur compréhension et leur connaissance de l’action de l’Union européenne en matière de sécurité maritime; |
| 32. | renvoie, pour d’autres observations de nature horizontale accompagnant la décision de décharge, à sa résolution du 4 mai 2022 (4) sur la performance, la gestion financière et le contrôle des agences. |
(1) JO C 114 du 31.3.2021, p. 75.
(2) Directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative au travail intérimaire (JO L 327 du 5.12.2008, p. 9).
(3) Rapport annuel de la Cour des comptes européenne sur les agences de l’Union relatif à l’exercice 2020, p. 130.
(4) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0196.