| CELEX | 52022BP1812 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 4 mai 2022 |
| 5.10.2022 | FR | Journal officiel de l’Union européenne | L 258/425 |
RÉSOLUTION (UE) 2022/1812 DU PARLEMENT EUROPÉEN
du 4 mai 2022
concernant la décharge sur l’exécution du budget des agences de l’Union européenne pour l’exercice 2020: performance, gestion financière et contrôle
LE PARLEMENT EUROPÉEN,
| — | vu ses décisions concernant la décharge sur l’exécution du budget des agences de l’Union européenne pour l’exercice 2020, |
| — | vu le rapport de la Commission sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2019 [COM(2021) 405], |
| — | vu le rapport annuel de la Cour des comptes sur les agences de l’UE relatif à l’exercice 2020, accompagné des réponses des agences (1), |
| — | vu le règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (2), et notamment ses articles 68 et 70, |
| — | vu les articles 32 et 47 du règlement délégué (UE) no 1271/2013 de la Commission du 30 septembre 2013 portant règlement financier-cadre des organismes visés à l’article 208 du règlement (UE, Euratom) no 966/2012 du Parlement européen et du Conseil (3), |
| — | vu le règlement délégué (UE) 2019/715 de la Commission du 18 décembre 2018 portant règlement financier-cadre des organismes créés en vertu du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et du traité Euratom et visés à l’article 70 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (4), et notamment son article 105, |
| — | vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission de l’emploi et des affaires sociales et de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0104/2022), |
| A. | considérant que la présente résolution comprend, pour chaque organisme visé à l’article 70 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046, les observations transversales accompagnant les décisions de décharge conformément à l’article 262 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 et à l’article 3 de l’annexe V du règlement intérieur du Parlement; |
| B. | considérant que la présente résolution comprend également, pour l’Agence d’approvisionnement d’Euratom, les observations transversales accompagnant la décision de décharge conformément à l’article 262 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 et à l’article 3 de l’annexe V du règlement intérieur du Parlement; |
| C. | considérant que les agences de l’Union devraient se concentrer sur des missions présentant une valeur ajoutée européenne claire et que l’organisation de ces missions devrait être optimisée de manière à éviter les chevauchements, dans l’intérêt des contribuables de l’Union; |
| 1. | salue les efforts déployés par les agences pour maintenir leurs normes de travail élevées et leurs rendements de haute qualité en dépit des limitations imposées par la pandémie de COVID-19; |
| 2. | souligne que la pandémie a démontré une fois de plus que les agences jouent un rôle essentiel dans la politique de l’Union, en contrôlant le nombre d’infections à travers les États membres, en autorisant les vaccins et les traitements, en publiant des lignes directrices relatives à l’adaptation des lieux de travail et à la protection des travailleurs, en publiant des recommandations relatives au télétravail, aux achats en ligne et aux services de santé en ligne, en remédiant à la volatilité engendrée par la pandémie sur les marchés qui se trouvent sous leur supervision ainsi qu’en faisant preuve d’énormément de résilience, de flexibilité et d’adaptabilité; |
| 3. | relève que le total cumulé des budgets 2020 des 32 agences décentralisées de l’Union s’élevait à environ 3 040 millions d’EUR en crédits d’engagement, ce qui représente une hausse d’environ 6,55 % par rapport à 2019, et à 2 888 millions d’EUR en crédits de paiement, soit une augmentation de 19,59 % par rapport à 2019; constate au surplus que sur les 2 888 millions d’EUR en crédits de paiement, quelque 2 253 millions d’EUR ont été financés par le budget général de l’Union, ce qui représente 74,1 % du financement total des agences en 2020, contre 74,8 % en 2019; prend également acte du fait que quelque 786 millions d’EUR ont été financés par des redevances et des droits, ainsi que par des contributions directes des pays participants, soit une baisse de 21,0 % par rapport à 2019; |
| 4. | salue la conclusion de la Cour des comptes européenne (ci-après la «Cour») dans son rapport annuel sur les agences de l’Union relatif à l’exercice 2020 (ci-après le «rapport de la Cour») selon laquelle, globalement, l’audit de la Cour concernant les comptes annuels des agences pour l’exercice clos au 31 décembre 2020 ainsi que les recettes sous-jacentes à ces comptes a confirmé les résultats positifs dont elle avait fait état les années précédentes; signale néanmoins que, selon la Cour, des améliorations sont nécessaires dans le domaine des paiements sous-jacents aux comptes; |
Principaux risques recensés par la Cour
| 5. | relève que, selon le rapport de la Cour, le risque global pour la fiabilité des comptes des agences, tels qu’établis conformément aux règles comptables adoptées par le comptable de la Commission et fondées sur les normes comptables internationales, est généralement faible, comme c’était le cas en 2019; |
| 6. | relève que, selon le rapport de la Cour, le risque global pour la légalité et la régularité des recettes sous-jacentes aux comptes des agences est faible pour la plupart des agences et moyen pour les agences partiellement autofinancées, auxquels cas des règlements spécifiques sont applicables à la perception des redevances et autres contributions, comme c’était le cas en 2019; |
| 7. | note que la Cour fait état d’un risque jugé globalement moyen pour la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes des agences, bien que ce risque varie de faible à élevé d’un titre du budget à l’autre; note que la Cour fait état d’un risque jugé généralement faible pour le titre I (dépenses de personnel), moyen pour le titre II (dépenses administratives) et faible à élevé pour le titre III (dépenses opérationnelles) selon l’agence considérée et la nature de ses dépenses opérationnelles; souligne que la Cour fait état d’un risque pour le titre III comparable à celui pour le titre II mais que, le titre III portant sur des montants bien plus élevés, les répercussions sont considérées comme étant plus importantes; |
| 8. | note que la Cour fait état d’un risque jugé moyen pour la bonne gestion financière, ce risque étant principalement associé à des procédures de marchés publics qui n’ont pas permis d’assurer une utilisation optimale des ressources; |
| 9. | souligne que la Cour fait état d’un risque jugé faible pour la gestion budgétaire, l’audit de la Cour faisant apparaître des reports élevés de crédits engagés, qui étaient toutefois justifiés par le caractère pluriannuel des opérations ou par des raisons échappant au contrôle des agences; |
| 10. | souligne que la Cour fait référence à un «autre risque» lié à la pandémie de COVID-19, qui a eu des répercussions sur ses travaux, étant donné que les restrictions en matière de déplacements l’ont empêchée de réaliser des contrôles sur place, d’obtenir des documents originaux et de procéder à des entretiens en face à face avec des agents des entités auditées; note avec satisfaction que la Cour a néanmoins effectué ses travaux au moyen de contrôles documentaires et d’entretiens à distance avec des agents des entités auditées; note que la Cour a estimé que, malgré le risque plus élevé de non-détection dû à l’absence de contrôles sur place, les éléments probants qu’elle a obtenus auprès de ses entités auditées lui ont malgré tout permis de terminer ses travaux et de formuler des conclusions à leur sujet; prend acte de l’observation de la Cour selon laquelle, pour organiser leur travail, les agences ont également dû relever plusieurs défis liés à la COVID-19, qui ont eu des implications sur les procédures de marchés publics des agences, sur la gestion et sur l’exécution des contrats, les procédures de recrutement, l’exécution budgétaire ainsi que sur les contrôles internes; salue les observations spécifiques de la Cour à cet égard; |
| 11. | se félicite que la Cour ait déclaré que la plupart des agences ont pris des mesures correctives pour donner suite aux observations des audits des années précédentes et invite les agences JAI à poursuivre leurs efforts pour répondre aux observations de la Cour, en particulier dans les domaines du contrôle interne, des procédures de marchés publics et de la gestion budgétaire; |
Gestion budgétaire et financière
| 12. | note avec satisfaction que, selon le rapport annuel de la Cour, une opinion d’audit sans réserve sur la fiabilité des comptes a été émise pour toutes les agences; constate en outre que la Cour a émis une opinion sans réserve sur la légalité et la régularité des recettes sous-jacentes aux comptes de l’ensemble des agences; constate que la Cour a émis une opinion sans réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes pour toutes les agences, à l’exception de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), de l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) et de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA); |
| 13. | relève que, pour ce qui est de la fiabilité des comptes, la Cour a rédigé un paragraphe d’observations relatif à l’Agence européenne des médicaments au sujet du contrat de bail pour ses anciens locaux à Londres, qui court jusqu’en 2039 et ne prévoit pas de résiliation anticipée; note que, d’après le rapport de la Cour, cette agence a sous-loué ses anciens bureaux dans des conditions conformes aux dispositions du bail principal et que le montant des loyers, redevances de service et frais d’assurance «propriétaire» restant à payer par l’Agence jusqu’à la fin du bail a été estimé à 377 millions d’EUR; souligne qu’il s’agit d’une somme importante qui pourrait mettre en péril la continuité financière de l’Agence; |
| 14. | souligne que, pour ce qui est de la légalité et de la régularité des recettes sous-jacentes aux comptes des agences, la Cour a rédigé deux paragraphes intitulés «autres commentaires» relatifs à l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), l’un au sujet des redevances perçues auprès des agences de notation de crédit et l’autre au sujet des redevances facturées aux référentiels centraux; note que la Cour a observé que les redevances facturées aux agences de notation de crédit sont fondées sur les recettes perçues par elles en tant qu’entité juridique, mais pas en tant que groupe d’entités apparentées, ce qui leur donne l’occasion quasi légitime d’éviter les redevances en transférant les recettes des agences de notation de crédit relevant de la juridiction de l’Union vers leurs entités apparentées établies hors de l’Union; souligne que l’AEMF examine ce risque, par l’intermédiaire de la publication d’un document de consultation, qui a donné lieu à la présentation à la Commission d’un avis technique sur la modification du règlement fondateur de l’AEMF destinée à atténuer le risque identifié; souligne que les redevances des référentiels centraux sont calculées par l’AEMF sur la base du chiffre d’affaires applicable de chaque référentiel central, tel qu’indiqué dans leurs états financiers, pour lesquels des auditeurs indépendants émettent une opinion indiquant s’ils donnent une image fidèle de la situation; note que la Cour a constaté que le nombre de transactions déclarées aux référentiels centraux et le nombre de transactions enregistrées comme en cours au 31 décembre 2019, sur lesquelles se fonde le calcul du chiffre d’affaires pour les redevances, n’ont fait l’objet que d’un examen limité par des auditeurs indépendants et que l’AEMF a publié un document de consultation en mars 2021 dans lequel elle propose une simplification de la méthode utilisée pour déterminer le chiffre d’affaires afin de s’attaquer au problème décelé; |
| 15. | constate que la Cour a émis une opinion vérifiant la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes des Agences pour toutes les agences, à l’exception de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), de l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) et de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA); signale que l’opinion avec réserve relative à l’ACER résultait de plusieurs contrats spécifiques relevant d’un contrat-cadre de services informatiques, que les paiements connexes au cours de l’exercice 2020 se sont élevés à 752 654 EUR (soit 3,7 % de l’ensemble des paiements disponibles en 2020) et que l’ACER a pris des mesures pour prévenir la mauvaise utilisation du contrat-cadre; note que l’opinion avec réserve relative à l’eu-LISA résultait principalement d’un contrat concernant un logiciel, différent de celui offert par le contrat-cadre associé, qui a donné lieu à un écart par rapport au contrat-cadre, une erreur à laquelle l’eu-LISA a déclaré avoir remédié; note que l’opinion avec réserve relative à l’ENISA résultait d’une absence de délégation formelle à un agent qui a ordonnancé des paiements et que l’ENISA a pris des mesures pour garantir que les paiements ne sont effectués qu’avec les délégations nécessaires en place; |
| 16. | note l’observation de la Cour relative aux contributions versées par les pays associés, pour lesquelles l’existence de différentes méthodes de calcul dans les conventions entraîne un risque de mauvaise exécution de ces conventions de contribution; note que la Cour a invité les agences concernées à consulter la Commission pour évaluer si, pour les contributions des pays associés, elles doivent s’aligner sur les conventions de contribution et méthodes de calcul de la Commission; souligne la nécessité pour les organismes de l’Union de recevoir des orientations transversales de la part de la Commission concernant la méthode de calcul des contributions de pays tiers; |
| 17. | note l’observation de la Cour relative aux niveaux excessifs de reports, en particulier pour l’ACER, l’eu-LISA, l’Agence d’approvisionnement d’Euratom (AAE), l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), ainsi que la recommandation de la Cour selon laquelle les agences concernées devraient encore améliorer leur planification budgétaire et leurs cycles de mise en œuvre; |
| 18. | déplore les autres lacunes mises en lumière par la Cour concernant plusieurs agences au regard de différents aspects, de la gestion des redevances aux retards de paiement, à la publication des contributions reçues et au calcul des contributions des pays tiers au budget des agences; |
| 19. | note que la pandémie de COVID-19 a engendré une volatilité accrue des redevances facturées et perçues par plusieurs agences qui perçoivent des redevances, ce qui a eu des répercussions sur la planification budgétaire et la stabilité financière découlant de fortes baisses des recettes liées aux redevances en 2020; constate que cela a notamment eu des répercussions sur les recettes de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) (7 millions d’EUR de recettes liées aux redevances en moins par rapport au montant inscrit au budget) et de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) (3,2 millions d’EUR de recettes liées aux redevances en moins par rapport à 2019); |
| 20. | relève que la Cour n’a pas contrôlé les comptes du Parquet européen pour l’exercice 2020, celui-ci n’ayant commencé ses activités que le 1er juin 2021; |
| 21. | rappelle qu’il importe d’établir et de maintenir un dialogue actif entre la Commission et les agences sur les ressources appropriées qu’il convient de leur allouer et sur la conception de leurs tableaux d’effectifs respectifs, notamment en ce qui concerne le grade auquel les postes sont attribués; |
Performance
| 22. | souligne le rôle précieux que jouent les agences de l’Union en aidant les institutions de l’Union à concevoir et à mettre en œuvre les politiques, en particulier pour ce qui est des tâches techniques, scientifiques, opérationnelles ou réglementaires spécifiques; salue l’importance et la qualité du travail effectué par les agences qui œuvrent dans le domaine de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, à savoir le Cedefop, Eurofound, l’EU-OSHA, l’ETF et l’Autorité européenne du travail; rappelle à cet égard qu’il est nécessaire de leur affecter des moyens humains et financiers suffisants pour qu’elles puissent continuer à mettre en œuvre leurs programmes de travail avec un taux d’achèvement très élevé; insiste sur l’importance, l’autonomie et la valeur ajoutée de chaque agence dans son domaine d’expertise; |
| 23. | rappelle que l’Autorité européenne du travail a été créée en mars 2018 et qu’elle a commencé à fonctionner en octobre 2019; se félicite que les locaux de l’Autorité aient été inaugurés le 9 novembre 2021; |
| 24. | fait observer que l’Autorité européenne du travail contribuera à garantir que les règles de l’Union sur la mobilité de la main-d’œuvre et la coordination des systèmes de sécurité sociale sont appliquées de manière efficace et équitable, aidera les autorités nationales à coopérer pour faire respecter ces règles et fera en sorte qu’il soit plus facile pour les citoyens et les entreprises de tirer parti du marché intérieur; |
| 25. | rappelle que l’Autorité européenne du travail n’a pas fait l’objet d’un audit en 2020 parce que, selon la Cour, elle n’a pas atteint son autonomie financière; |
| 26. | fait ressortir combien il est important de rendre l’Autorité européenne du travail pleinement opérationnelle sans retard injustifié et insiste sur la nécessité de mettre à disposition des ressources financières suffisantes à cet égard; |
| 27. | souligne qu’en dépit du fait que la Cour a conclu que les constats de son audit pour l’exercice 2020 confirmaient les résultats positifs dont elle avait fait état les années précédentes, en raison de la pandémie de COVID-19, l’année 2020 n’a pas été une année comme les autres; souligne, dans ce contexte, que la Cour a également conclu que, pour ce qui est des programmes de travail et des activités, la pandémie de COVID-19 a entraîné des redéfinitions significatives des priorités en matière de ressources et d’actions planifiées, les exemples les plus notables se trouvant dans le domaine d’action de la santé [le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Agence européenne des médicaments (EMA)]; relève que d’autres domaines ont également été touchés, que Frontex n’a par exemple pas été à même de mener à bien des activités programmées en raison des restrictions de déplacement imposées partout dans le monde et que les travaux de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) prévus sur le terrain pour la 7e enquête européenne sur les conditions de travail ont considérablement changé, ce qui a notamment perturbé une analyse des tendances des conditions de travail portant sur plus de 20 ans; souligne que les agences ont relevé ces défis au moyen de mesures pertinentes et d’une adaptation de leurs travaux, en accélérant les mesures de passage au numérique ainsi qu’en améliorant leur collaboration et leur manière d’échanger des informations; |
| 28. | note la réponse du réseau des agences de l’Union à l’observation de la décharge de 2019 sur les difficultés à susciter la confiance des citoyens; note que, malgré l’hétérogénéité de l’audience cible des agences, des mesures ont été prises en vue d’accroître les interactions avec les citoyens par l’intermédiaire des canaux de diffusion disponibles, tels que les médias sociaux et la presse; note qu’avec l’aide du réseau des agences de l’Union, un groupe de travail ad hoc a été mis en place pour étudier les caractéristiques principales d’un cadre de communication et définir des piliers stratégiques; admet que les ressources financières et humaines disponibles pour réaliser cette tâche sont limitées et salue les agences pour les progrès qu’elles parviennent malgré tout à accomplir à cet égard; |
| 29. | souligne, sur la base de l’étude intitulée «COST of Non-EU Agencies Focusing on the Health and Safety Cluster of the EU Decentralised Agencies» (5), que les sept agences de l’Union du domaine de la santé et de la sécurité ont apporté une importante valeur ajoutée au niveau européen et que les États membres et les autres parties prenantes, y compris les entreprises, en sont pleinement conscients; indique plus particulièrement que les agences du domaine de la santé et de la sécurité ont joué un rôle important dans la réaction de l’Union à la pandémie de COVID-19; souligne que l’ECDC et l’EMA ont directement participé à la lutte contre les problèmes dus à la crise par le contrôle des données épidémiologiques et l’approbation des vaccins tandis que d’autres agences ont rédigé des lignes directrices pour la limitation des risques de contracter le virus dans des secteurs spécifiques, telles que le protocole COVID-19 sur la sécurité sanitaire dans l’aviation de l’AESA, les communiqués de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur le risque de contracter la COVID-19 à travers la nourriture et les rapports de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) sur l’incidence de la COVID-19 sur le transport; note que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière l’ampleur de la collaboration entre les agences; |
| 30. | estime qu’il conviendrait, lors de la création de futures agences, d’accorder davantage d’attention à la pertinence et à la cohérence, en particulier dans le cadre de domaines de compétence qui se recoupent; est d’avis qu’il conviendrait de définir des règles claires en ce qui concerne l’évolution et la cessation des missions des agences; |
| 31. | prend acte avec satisfaction de la poursuite de la bonne coopération entre les agences relevant de la compétence de la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion de la Commission, y compris des échanges d’information réguliers au stade de la planification des programmes de travail respectifs et du partage d’informations continu concernant les évolutions et les observations pertinentes; |
| 32. | est convaincu de la nécessité d’un renforcement du rôle des agences en tant que centres d’expertise ainsi que de la numérisation de ces agences et de leur interopérabilité afin d’atteindre un degré élevé de transparence; |
| 33. | réaffirme l’importance du rôle joué par les agences compétentes de l’Union en matière de justice et d’affaires intérieures (JAI) et du Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) et le soutien utile qu’ils apportent aux institutions, organes et organismes de l’Union ainsi qu’aux États membres dans les domaines des droits fondamentaux, de la sécurité et de la justice en assurant des missions opérationnelles, d’analyse, de gestion et de suivi; réaffirme donc la nécessité de garantir aux agences JAI et au CEPD des ressources financières et humaines suffisantes pour leur permettre de mener à bien les missions qui leur sont confiées en toute transparence et dans le respect intégral des droits fondamentaux; |
| 34. | rappelle que l’échange de vues annuel sur les programmes de travail annuels et les stratégies pluriannuelles des agences au sein de la commission EMPL est essentiel pour garantir que les programmes et stratégies s’inscrivent dans le cadre des véritables priorités politiques, notamment dans le contexte de la mise en œuvre des principes inscrits dans le socle européen des droits sociaux, et contribuent à l’aboutissement du plan d’action relatif à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux; |
| 35. | salue dès lors la coopération approfondie entre les agences dans le cadre du réseau des agences de l’Union européenne, qui est une plateforme majeure de coopération entre agences visant à renforcer la visibilité des agences, à recenser et à promouvoir d’éventuels gains d’efficacité, à apporter une valeur ajoutée et à permettre une communication efficace entre les agences et les parties prenantes concernées, dans le but de partager des services, des connaissances et de l’expertise, et réclame des consultations régulières entre toutes les agences coordonnées par le réseau des agences de l’Union européenne; |
| 36. | salue particulièrement et encourage la collaboration étroite entre les agences dont l’action relève de la compétence de la commission de l’emploi et des affaires sociales en vue de garantir les synergies, la complémentarité et le partage des ressources; |
Politique du personnel
| 37. | note qu’en 2020, les 32 agences décentralisées déclaraient employer un personnel de 9 001 agents (fonctionnaires, agents temporaires et contractuels et experts nationaux détachés compris), contre 7 880 en 2019, ce qui constitue une augmentation importante de 14,23 % par rapport à 2019; |
| 38. | prend acte de l’arrêt de la Cour de justice du 11 novembre 2021 (6) sur le recours aux travailleurs intérimaires, qui répond à plusieurs questions relatives à l’application de la directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil (7) sur les travailleurs intérimaires dans les agences de l’Union; invite ces agences à redoubler d’efforts pour réduire le nombre de travailleurs intérimaires remplaçant des membres du personnel; |
| 39. | note que la Cour a observé une augmentation des insuffisances concernant la gestion des ressources humaines, en particulier sur le plan des procédures de recrutement, où la Cour a mis en évidence différents types de lacunes dans six des 22 agences auditées, telles que des mesures insuffisantes pour vérifier le droit aux indemnités des agents temporaires au moment de la prise de fonctions (AESM), des postes d’encadrement vacants pendant trop longtemps (EASO et EFSA), l’absence d’application de contrôles internes efficaces au cours des procédures de recrutement (ACER), des faiblesses dans la désignation des comités de sélection pour les procédures de recrutement (EMA) ainsi que des insuffisances dans la gestion des grades des nouveaux agents (Frontex); |
| 40. | relève dans le rapport de la Cour que les agences ont connu des perturbations des procédures de recrutement et de sélection en raison des mesures de confinement et des restrictions de déplacement dues à la pandémie de COVID-19; note cependant que les agences ont fait preuve de résilience à cet effet à compter de la mi-avril 2020 et que la plupart d’entre elles ont été en mesure de redémarrer et de continuer les recrutements grâce à des procédures de sélection en ligne et à des procédures d’entrée en service à distance; souligne les difficultés signalées par les agences, telles que les problèmes de connexion pendant les entretiens à distance ou l’indisponibilité soudaine des candidats, ainsi que la difficulté pour les candidats de démontrer certaines compétences en ligne; ajoute que le ralentissement des recrutements a créé un risque de futurs goulets d’étranglement en matière de ressources humaines étant donné qu’il faudra mettre en place des procédures adéquates d’entrée en service, créer des dossiers personnels et organiser des formations et des évaluations pour un nombre croissant de futurs agents; demande aux agences de tenir l’autorité de décharge informée de l’augmentation de ces risques ainsi que des mesures d’atténuation adoptées; demande aux agences de partager leur expérience de la gestion de ces risques avec d’autres agences; |
| 41. | souligne qu’il faut éviter la surcharge numérique et que le personnel ne devrait travailler que pendant les heures de travail; accueille favorablement les nouveaux outils que la Fondation européenne pour la formation (ETF) a récemment mis en ligne en vue de l’envoi de messages pendant les heures de travail; engage les autres agences à suivre le bon exemple donné par l’ETF; |
| 42. | constate avec préoccupation le déséquilibre entre les sexes qui existait en 2020 au sein du personnel, avec un déséquilibre hommes-femmes caractérisé par 74,6 % d’hommes et 25,4 % de femmes au niveau de l’encadrement supérieur, 52,7 % d’hommes et 47,3 % de femmes au sein du personnel en général et 63,4 % d’hommes et 36,6 % de femmes au sein des conseils d’administration des agences; rappelle l’ambition des agences de s’aligner sur la Commission en vue d’atteindre un strict équilibre hommes-femmes à tous les niveaux de leur encadrement d’ici la fin de l’année 2024; |
| 43. | souligne, pour ce qui est des observations de suivi relatives à l’équilibre hommes-femmes, que les agences n’ont d’influence ni sur la désignation des membres de leur conseil d’administration ou de leur directeur exécutif et qu’elles n’ont donc pas d’influence sur l’équilibre hommes-femmes qui en résulte; souligne que plusieurs agences ont déclaré qu’elles prendraient des mesures pour améliorer l’équilibre hommes-femmes au sein de leur personnel d’encadrement supérieur lorsque des postes se libèreront; s’inquiète cependant du fait qu’en 2020, l’équilibre hommes-femmes n’était pas atteint dans l’encadrement supérieur et que ces mesures ne semblent donc pas avoir eu d’incidence positive; rappelle avoir demandé aux agences de s’employer à améliorer l’équilibre hommes-femmes au sein de leur personnel d’encadrement supérieur; |
| 44. | observe que l’équilibre géographique du personnel des agences de l’Union suit de légèrement plus près la population des États membres en pourcentage de l’Union des vingt-sept que l’équilibre géographique du personnel de la Commission; constate une sous-représentation pour huit États membres, une surreprésentation pour dix-sept États membres et un équilibre approximatif pour deux États membres; déplore l’absence de mesures visant à améliorer la diversité au sein du personnel dans les différentes agences; invite les agences, ainsi que le réseau, à présenter des plans en vue d’atteindre cet objectif; |
| 45. | relève que les agences de l’Union ont un rôle crucial à jouer en assurant le dialogue social au sein de leurs propres organisations et engage la Commission à les épauler financièrement aux fins de la tenue de ce dialogue social; |
| 46. | demande que soit élaborée une démarche générale visant à empêcher le remplacement du personnel permanent des agences par des consultants externes plus coûteux, et ce afin de garantir de bonnes conditions de travail et d’éviter la perte de connaissances et d’expérience; |
| 47. | demande que les membres du personnel qui déménagent dans le pays où se situe l’agence bénéficient d’un soutien plus important; suggère, à cet égard, qu’une personne de contact assure, notamment, la mise en relation entre le personnel et les autorités locales; |
| 48. | invite le réseau des agences de l’Union européenne à définir des règles précises pour l’affiliation des membres du personnel au système national de soins de santé; recommande que ces règles mentionnent explicitement l’étendue et la durée de la couverture d’assurance-santé; |
| 49. | note, en se basant sur l’étude intitulée «The Management Boards of the Decentralised Agencies» (8), que les conseils d’administration des agences jouent un rôle clé dans l’instauration d’une bonne gouvernance et la réalisation de solides performances et qu’ils assument une responsabilité essentielle dans la désignation des directeurs exécutifs des agences; note que, selon les conclusions de l’étude, la diversité des dispositifs de gouvernance des agences constitue une expression de leurs mandats divergents; souligne que l’étude a conclu que, de manière générale, les conseils d’administration jouent leur rôle de manière effective et efficiente et qu’aucun changement fondamental n’est nécessaire; constate que l’étude révèle que certaines améliorations sont possibles, telles qu’une augmentation du nombre de réunions, une réorientation de l’attention des enjeux administratifs vers des enjeux plus stratégiques et le renforcement de la représentation des parties prenantes et des procédures de travail de l’agence; |
| 50. | encourage les agences à poursuivre l’élaboration d’un cadre d’action à long terme en matière de ressources humaines qui porte sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, sur l’orientation tout au long de la vie et l’évolution de carrière, sur l’équilibre hommes-femmes, sur le télétravail, sur l’équilibre géographique et sur le recrutement et l’intégration des personnes en situation de handicap; souligne l’effet important de la rotation du personnel des agences de l’Union et demande que des politiques sociales et de ressources humaines adéquates soient mises en œuvre pour y remédier; |
| 51. | exprime son inquiétude quant à la taille importante du conseil d’administration de certaines agences, qui rend difficile la prise de décisions et entraîne des coûts administratifs considérables; |
| 52. | invite toutes les agences JAI à encourager et à garantir la diversité dans leur politique de recrutement; prie instamment toutes les agences JAI de définir des politiques et des pratiques internes afin de garantir l’inclusivité et la diversité et de prévenir tout type de discrimination; invite la Cour à rendre systématiquement compte de ces questions dans ses rapports futurs; demande instamment aux agences JAI de mettre en place une politique claire de lutte contre le harcèlement afin de prévenir et de condamner avec force les harcèlements en leur sein; souligne l’effet délétère du taux élevé de rotation du personnel dans certains organes, organismes et agences de l’Union et demande que des politiques sociales et de ressources humaines soient mises en œuvre pour y remédier; souhaite que des solutions soient apportées au problème de la dépendance envers le recrutement externe; prend acte de l’arrêt rendu dans l’affaire C-948/19 (9) par la Cour de justice de l’Union européenne; |
Marchés publics
| 53. | prend acte de la recommandation de la Cour selon laquelle l’exécution budgétaire par les agences devrait faire l’objet de contrôles internes efficaces et efficients et que ceux-ci devraient comporter des contrôles ex ante rigoureux destinés à éviter les erreurs et les irrégularités avant l’ordonnancement des opérations; relève que la Cour a également recommandé que, dans le but d’optimiser l’utilisation des deniers au titre des contrats-cadres signés par la Commission européenne sans liste de prix pour l’acquisition de licences de logiciels et de services informatiques, les agences devraient systématiquement effectuer, avant la signature de tout bon de commande, une étude de marché qui devrait comporter une évaluation détaillée des produits et services nécessaires, une analyse des solutions disponibles sur le marché ainsi qu’une estimation des prix pour les éléments en question; |
| 54. | note que la Cour a indiqué que les observations relatives aux procédures de marchés publics étaient presque toutes liées à des paiements irréguliers; note la recommandation de la Cour selon laquelle les agences concernées devraient améliorer encore leurs procédures de marchés publics en garantissant le plein respect des règles applicables; |
| 55. | se réjouit de l’observation de la Cour selon laquelle les agences sont parvenues à maintenir leur fonction de passation des marchés publics tout au long de la pandémie sans recours excessif aux attributions de marchés par entente directe sans mise en concurrence; |
| 56. | se réjouit que les agences de l’Union utilisent de plus en plus les outils de marchés publics en ligne et salue le rôle important que ces outils ont joué pour garantir la continuité des activités liées aux marchés publics dans le cadre du télétravail; relève que les modules e-PRIOR les plus couramment utilisés par les agences sont la publication des appels d’offres par voie électronique, la soumission par voie électronique et la facturation électronique, et que plusieurs agences ont instauré l’utilisation de ces modules au cours de l’année 2020; |
Prévention et gestion des conflits d’intérêts et transparence
| 57. | note que la plupart des agences demandent aux membres de leur conseil d’administration et à leur personnel d’encadrement supérieur de leur fournir des déclarations d’intérêts, qu’elles publient sur leur site web; indique que deux agences, le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) et l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), ont déclaré être encore en train de demander des déclarations et de les publier sur leur site web, mais que la plupart des déclarations sont déjà disponibles en ligne; |
| 58. | souligne que la plupart des agences publient sur leur site web les curriculums vitæ (CV) des membres de leur conseil d’administration, de leur personnel d’encadrement ainsi que des experts internes et externes; constate l’absence des CV des experts internes de l’ECDC, de l’ECHA et de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE); constate l’absence des CV des experts externes de l’Agence européenne de contrôle des pêches (AECP); constate l’absence des CV des experts internes et externes de Frontex, de l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (AFE) et de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF); rappelle aux agences qu’il est important d’accroître la transparence en ce qui concerne l’expérience des membres de leur conseil d’administration, de leur personnel d’encadrement et de leurs experts internes et externes; |
| 59. | invite toutes les agences à participer au nouvel accord interinstitutionnel sur un registre de transparence obligatoire pour les représentants d’intérêts, signé par la Commission, le Conseil et le Parlement; |
| 60. | note que l’étude intitulée «The Management Boards of the Decentralised Agencies» souligne l’importance de la gestion des conflits d’intérêts actuels et potentiels ainsi que l’importance de cette gestion pour l’obligation de rendre compte, la transparence et la bonne gouvernance des agences; relève que les politiques relatives aux conflits d’intérêts de certaines agences sont plus sophistiquées, car elles établissent une distinction entre différents types d’intérêts, déterminent les responsabilités en matière de filtrage des déclarations d’intérêts et indiquent la manière d’assurer un suivi lorsqu’un conflit survient; note que l’étude recommande l’élaboration, à l’intention des conseils d’administration, d’un code de conduite définissant des principes, des procédures et des mécanismes spécifiques pour traiter les conflits d’intérêts des membres; relève également que l’étude suggère d’élaborer un code de bonne gouvernance qui servirait de cadre général pour les activités des conseils d’administration; |
| 61. | note que la plupart des agences ont déclaré ne pas avoir enquêté et/ou rendu de conclusion sur des cas de conflits d’intérêts en 2020; relève qu’un cas a été signalé pour Frontex et qu’il a été conclu qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts; constate cependant que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) enquête toujours sur ce cas; constate également que six experts de l’EMA ont annoncé à celle-ci qu’ils avaient l’intention de devenir salariés d’une entreprise pharmaceutique; note qu’en vertu de sa politique de prévention et de gestion des conflits d’intérêts, l’EMA a mis en application les mesures nécessaires pour limiter tout risque d’apparition de cas de conflits d’intérêts potentiels; |
| 62. | note que 13 agences ont déclaré avoir des affaires ouvertes auprès de l’OLAF; note également que les agences ont signalé 34 affaires de harcèlement en cours ou closes en 2020; |
| 63. | prie toutes les agences JAI de prendre des mesures pour respecter pleinement la réglementation de l’Union en matière de transparence, les droits fondamentaux et les normes relatives à la protection des données; demande aux agences JAI de se conformer aux règlements financiers et d’adopter des normes élevées en matière de gestion; estime que la publicité des réunions et des relations entre les agences JAI et les tiers permettrait d’améliorer la transparence des agences JAI, à condition que celle-ci ne compromette pas les opérations; encourage les agences JAI à intensifier leurs efforts dans ce sens; |
Contrôle interne
| 64. | relève que la Cour a rédigé des paragraphes intitulés «autres commentaires» relatifs à l’ACER et à l’ENISA pour attirer l’attention sur le fait que ces agences n’ont adopté aucune règle interne pour assurer la continuité des délégations lorsque des ordonnateurs délégués ou délégant quittent leurs fonctions; demande à toutes les agences de faire attention à ce problème spécifique de manière générale, et plus particulièrement lorsqu’un nouveau directeur (exécutif) prend les rênes de l’agence; rappelle la recommandation de la Cour selon laquelle les agences devraient adopter des règles internes qui contribuent utilement à la gestion des systèmes de contrôle, à la transparence et à l’obligation de rendre compte; souligne l’exemple de l’EMA cité par la Cour comme référence pour ces règles internes; |
| 65. | prend acte de la recommandation de la Cour selon laquelle l’exécution budgétaire par les agences devrait faire l’objet de contrôles internes efficaces et efficients, y compris des contrôles ex ante destinés à éviter les erreurs et les irrégularités avant l’ordonnancement des opérations; |
| 66. | constate que, fin 2020, toutes les agences ont indiqué avoir adopté le cadre de contrôle interne (CCI) révisé, fondé sur le COSO, et avoir réalisé une évaluation annuelle, et que certaines agences ont indiqué que l’évaluation du CCI a été effectuée dans le cadre de l’exercice annuel de gestion des risques; admet qu’il existe des similarités entre l’évaluation annuelle des risques et l’évaluation du CCI; invite néanmoins les agences à réaliser tous les ans une évaluation indépendante du CCI afin d’évaluer l’intégration de la gestion des risques dans les processus de contrôle interne et de rendre compte des résultats dans le rapport annuel d’activités; demande à toutes les agences de mettre à disposition, au minimum, les résultats de l’évaluation sur le plan des composantes, mais les encourage néanmoins à fournir des informations plus détaillées, notamment par principe de contrôle interne; |
| 67. | observe qu’en 2020, selon la section du rapport de la Cour consacrée au suivi des observations des années précédentes, 71 observations ont été closes, 86 observations étaient toujours en cours ou en attente et quatre observations en attente étaient considérées comme ne dépendant pas (uniquement) des agences, ce qui signifie que des décisions importantes concernant ces quatre observations doivent être prises par la Cour de justice de l’Union européenne, la Commission ou les États membres; invite les agences à donner suite avec diligence aux observations et à continuer d’améliorer leurs cadres de contrôle interne; |
Réaction à la COVID-19 et continuité des activités
| 68. | salue et rappelle l’observation de la Cour selon laquelle les agences se sont bien adaptées à la situation sans précédent causée par la pandémie de COVID-19; souligne que la Cour est parvenue à cette conclusion en se fondant sur une évaluation complémentaire spécifique de la manière dont les agences de l’Union ont géré et organisé leur réaction à la crise de la COVID-19; salue cette analyse complémentaire de la Cour et lui demande de maintenir cette pratique lorsque surviennent des événements susceptibles d’avoir de graves répercussions sur les travaux des agences de l’Union; |
| 69. | note que l’évaluation de la Cour a porté sur trois domaines principaux, à savoir la mise en place de mesures assurant la continuité des activités, la capacité de prise de décisions, les opérations quotidiennes et les procédures de recrutement, ainsi que les mesures prises par les agences pour apporter un soutien en faveur du bien-être et de la résilience de leurs agents; |
| 70. | salue l’observation de la Cour selon laquelle les agences ont activé leurs plans de continuité des activités en temps utile pour garantir la poursuite des principaux processus de gouvernance clés et le bien-être de leurs agents; regrette néanmoins que quatre agences, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), l’Autorité bancaire européenne (ABE), l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) et l’Agence du GNSS européen [devenue l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial (EUSPA)], ne possédaient pas de plan de continuité des activités et de rétablissement après sinistre approuvé au début de la pandémie, et que trois agences, l’AECP, l’Agence de soutien à l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (Office de l’ORECE) et le Centre de traduction, n’ont pas activé leurs plans car cela n’était pas nécessaire dans le cadre de leurs premières mesures de réaction; note que les agences ont mis en place des activités de riposte telles que la désignation d’équipes chargées spécifiquement de mener l’organisation et la gestion de la réaction à la COVID-19 par des réunions de coordination organisées quotidiennement au départ, puis deux ou trois fois par semaine ou selon les besoins; |
| 71. | est vivement préoccupé par le fait que certaines agences, comme le Cedefop, ne font pas partie de l’équipe de gestion des crises; souligne qu’il importe d’associer le personnel à la gestion des crises; recommande dès lors de se fonder sur la bonne pratique appliquée par l’ETF et de donner aux membres du personnel la possibilité de signaler les problèmes et d’être en contact avec la direction, en particulier pendant les périodes de télétravail lié à la COVID-19; |
| 72. | note que toutes les agences étaient passées à des modalités de télétravail étendu et avaient demandé à l’ensemble des agents dont la présence au bureau n’était pas indispensable de travailler à domicile à partir du 16 mars 2020; note que même si certaines possibilités de travail à distance étaient déjà en place dans la plupart des agences, ces dernières ont dû renforcer les systèmes de TIC existants, l’analyse de la Cour indiquant qu’aucune agence n’avait fait état de problèmes graves en matière de capacité (largeur de bande passante), de connectivité ou de sécurité des données; note également que six agences, l’ACER, l’Office de l’ORECE, l’ECDC, l’ECHA, l’EFSA et l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP), ont réalisé des tests de résistance de leurs systèmes de TIC avant le lancement, ce qui a donné une assurance supplémentaire concernant le fonctionnement de ceux-ci avant le passage au télétravail généralisé; |
| 73. | note que, selon le rapport de la Cour, pour les agences, la décision de passer au télétravail intégral visait principalement à protéger les agents; salue l’observation de la Cour selon laquelle la priorité accordée au bien-être du personnel figurait dans de nombreux documents internes consultés et a été confirmée lors des entretiens avec des membres de la direction des agences; se réjouit du rôle majeur du groupe consultatif du réseau des agences de l’Union sur les nouvelles méthodes de travail; relève l’observation de la Cour selon laquelle la plupart des membres du personnel des agences avaient généralement bien géré la situation difficile due à la pandémie; s’inquiète du fait que les statistiques sur la gestion du temps établies par les agences ont montré que les agents ont travaillé pendant un plus grand nombre d’heures qu’avant pour réaliser les nouvelles activités qui leur étaient confiées; salue les mesures prises par les agences pour aider les membres de leur personnel pendant cette période; |
| 74. | note que la Cour a conclu que les agences étaient parvenues à assurer la continuité opérationnelle de leurs principales fonctions pendant la pandémie car, à la suite de l’annulation des réunions de conseil d’administration en présentiel, les réunions ont été remplacées par des procédures écrites ou organisées en mode virtuel; note que les processus de prise de décision, tels que les débats et les votes, se sont poursuivis, afin de garantir que les budgets, les amendements et même les désignations, entre autres, continuent d’être adoptés et exécutés; |
| 75. | note que la Cour a conclu que, bien qu’il soit difficile d’isoler totalement l’effet de la pandémie, celle-ci a touché à des degrés divers tous les domaines d’activité essentiels des agences; relève l’observation générale de la Cour selon laquelle la pandémie a accéléré les changements dans les méthodes de travail, ce qui a permis de réaliser des économies budgétaires dans plusieurs domaines étant donné que, dans toutes les agences, les budgets pour les frais de missions et de déplacement n’ont pas été intégralement utilisés et ont diminué de près de 90 % dans certaines d’entre elles, des économies ont été réalisées grâce aux retards ou aux annulations de procédures de recrutement, d’examens médicaux préalables à l’embauche et de réunions en présentiel, ainsi qu’à l’organisation en ligne des formations, et les besoins en matière de cantine, de nettoyage, de commodités sur place telles que l’eau et l’électricité, ainsi que de services de sécurité, ont considérablement diminué; |
| 76. | insiste sur l’importance des protocoles sanitaires pour toutes les agences, comprenant les comités internes d’hygiène et de sécurité, une ventilation adaptée et les protocoles de sécurité en cas de pandémie, qui doivent être discutés et mis en œuvre collectivement avec le personnel; |
Autres commentaires
| 77. | salue les mesures prises par les agences pour divulguer et publier les résultats de leurs travaux par l’intermédiaire de différents canaux, y compris sur leurs sites web et sur les médias sociaux; encourage les agences à poursuivre dans ce sens et à continuer de dialoguer avec le public dans le but de diffuser les résultats de leurs travaux; |
| 78. | estime qu’une analyse d’impact devrait être réalisée pour chaque agence et qu’une clause de réexamen relative à l’intérêt de l’agence devrait être ajoutée systématiquement; invite les agences à poursuivre l’élaboration et le réexamen d’indicateurs permettant de mesurer leurs performances annuelles et l’incidence de leurs travaux sur la mise en œuvre des politiques de l’Union; estime que les ressources financières devraient être allouées de manière plus souple, sur la base des besoins ou de l’urgence de la situation; |
| 79. | se félicite que le réseau des agences de l’Union européenne ait adopté en 2020 sa deuxième stratégie pluriannuelle (2021-2027); |
| 80. | rappelle que, depuis l’exercice 2014, l’audit des comptes des agences de l’Union organisé par la Cour est réalisé par des cabinets d’audit externes du secteur privé, les coûts associés étant supportés par les agences, tandis que la Cour est restée responsable à part entière de tous les aspects de ces audits externalisés; rappelle que le fait de faire intervenir des auditeurs du secteur privé a entraîné un accroissement significatif de la charge administrative pesant sur les agences, à la fois sur le plan du temps consacré aux audits et aux marchés publics et sur le plan de la gestion des contrats d’audit, et a occasionné des dépenses supplémentaires; |
| 81. | rappelle qu’il a été estimé que les coûts associés s’élevaient à 447 000 EUR en 2014 et à 424 000 EUR en 2015, et que la charge administrative associée était de 1,5 ETP pour toutes les agences réunies; souligne que, pour l’année 2020, les agences ont indiqué que leurs coûts associés pour les audits des comptes étaient estimés à 566 000 EUR (soit une augmentation de 33,4 % par rapport à 2015) et ont déclaré avoir passé un nombre d’heures équivalent à s’occuper de la charge administrative supplémentaire; |
| 82. | relève que la Cour a testé des procédures automatisées dans le domaine de l’audit des paiements, des salaires, des marchés publics, du budget, des recrutements et des comptes annuels des agences exécutives de l’Union; note que la Cour a également mis en place cinq nouvelles procédures automatisées dans le domaine de l’audit des comptes, notamment des vérifications automatisées ainsi que le rapprochement entre les informations figurant dans les états financiers adoptés et les données sous-jacentes présentées dans le grand livre général et dans la balance générale; note que la Cour a déclaré qu’il s’agissait d’un exemple typique d’activité d’audit à faible risque, qui doit être réalisée afin de garantir que les tests ultérieurs sont réalisés sur la population appropriée à examiner; relève que des gains de temps considérables peuvent être obtenus si davantage de procédures sont automatisées et utilisées pour d’autres activités d’audit; demande à la Cour d’étendre ces pratiques à toutes les agences, étant donnant que l’audit des comptes des agences décentralisées est confié à des cabinets d’audit externes du secteur privé et que le temps gagné permettra donc de faire d’importantes économies; |
| 83. | souligne que 30 agences ont déclaré participer à l’initiative d’écologisation du réseau des agences de l’Union, dont le but est de réduire l’empreinte des activités des agences sur l’environnement; souligne que les agences ont déclaré avoir généralement négocié des contrats avec des fournisseurs d’électricité afin d’obtenir de l’énergie venant de sources renouvelables, mis en place des systèmes financiers sans papier, encouragé, auprès de leur personnel, l’utilisation de moyens de transport respectueux de l’environnement, et mis en place des systèmes pour la publication électronique des appels d’offres, la soumission des appels d’offres par voie électronique et la facturation électronique, tout en améliorant continuellement la gestion de leurs déchets et la modernisation de leur matériel informatique; encourage les agences à poursuivre leurs efforts et à utiliser activement le réseau des agences de l’Union pour partager leurs expériences et unir leurs forces en vue d’améliorer les résultats; |
| 84. | invite toutes les agences JAI à tenir compte de la durabilité dans leurs procédures opérationnelles globales afin d’améliorer la performance environnementale desdites agences, ainsi qu’à rendre compte à l’autorité de décharge des mesures prises et des progrès accomplis à cet égard; |
| 85. | souligne qu’en 2020, sur le plan de la durabilité, toutes les agences sauf une ont déclaré s’employer à améliorer la durabilité de l’organisation et à rendre compte des résultats; souligne que les rapports relatifs à la durabilité, lorsqu’ils sont rédigés par les agences, sont souvent établis dans le cadre du rapport annuel d’activités, et que six agences ont indiqué rédiger un rapport séparé sur ce sujet, dans le cadre de leur système de management environnemental et d’audit (EMAS); souligne que quatre agences ont déclaré avoir adopté et mis en place la passation de marchés publics écologiques, ce qui leur offre des critères qui facilitent l’inclusion de critères écologiques dans les documents de marchés publics; |
| 86. | souligne que l’étude intitulée «Locations of the EU Decentralised Agencies» (10) indique que le choix actuel de l’emplacement des agences décentralisées de l’Union est principalement motivé par des besoins politiques et des critères prédéfinis; relève l’observation du rapport selon laquelle le choix du siège d’une agence devrait faire partie de la procédure législative ordinaire et tenir compte des éventuelles répercussions financières sur le budget de l’Union; relève également que les conclusions de ce rapport indiquent que l’emplacement d’une agence est l’un des éléments qui ont le plus d’influence sur le recrutement de personnel spécialisé; note que l’étude suggère d’inclure dans la proposition de règlement fondateur d’une agence une méthode permettant d’estimer un coefficient correcteur plus proche du coût réel de la vie au lieu d’installation de l’agence; note que le rapport indique qu’une meilleure coopération entre les agences pourrait réduire les incidences négatives de la décentralisation et suggère que le rôle du réseau des agences de l’Union devrait être formalisé et étendu davantage afin de favoriser une meilleure représentation à Bruxelles et d’offrir des services transversaux tels que l’organisation de réunions, de formations ou de passations de marchés publics présentant un intérêt commun; salue le fait que toutes les agences ont assuré la continuité de leurs activités en réponse à la pandémie de COVID-19 en passant à un environnement de travail hybride; note que l’étude suggère que les budgets des agences pour les années à venir devraient continuer d’appuyer le développement des systèmes de communication informatiques afin de faciliter l’organisation de réunions en ligne et le télétravail; |
| 87. | invite les agences à poursuivre le développement de leurs synergies et à élargir la coopération et l’échange de bonnes pratiques avec les autres agences de l’Union afin d’améliorer l’efficience (ressources humaines, gestion immobilière, services informatiques et sécurité); |
| 88. | rappelle qu’il importe d’améliorer la numérisation des agences au regard de leur fonctionnement et de leur gestion internes, également pour accélérer la numérisation des procédures; souligne qu’il faut que les agences continuent de faire preuve d’anticipation à cet égard afin d’éviter à tout prix l’apparition d’un fossé numérique entre elles; attire néanmoins l’attention sur l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’éviter tout risque de sécurité en ligne quant aux informations traitées; |
| 89. | salue la coopération mise en place au sein du réseau des agences JAI; prie les agences JAI de continuer de dégager des synergies et d’élargir la coopération et les échanges de bonnes pratiques entre elles, afin d’améliorer leur efficacité; |
| 90. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution aux agences soumises à la présente procédure de décharge, au Conseil, à la Commission et à la Cour des comptes, et d’en assurer la publication au Journal officiel de l’Union européenne (série L). |
(1) JO C 439 du 29.10.2021, p. 3. Rapport annuel de la Cour des comptes européenne sur les agences de l’UE relatif à l’exercice 2020.
(2) JO L 193 du 30.7.2018, p. 1.
(3) JO L 328 du 7.12.2013, p. 42.
(4) JO L 122 du 10.5.2019, p. 1.
(5) Étude intitulée «COST of Non-EU Agencies Focusing on the Health and Safety Cluster of the EU Decentralised Agencies, PE 699.399, octobre 2021.
(6) Arrêt de la Cour du 11 novembre 2021, UAB «Manpower Lit»/E.S. e.a., C-948/19, ECLI:EU:C:2021:906.
(7) Directive 2008/104/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre 2008 relative au travail intérimaire (JO L 327 du 5.12.2008, p. 9).
(8) Étude intitulée «The Management Boards of the Decentralised Agencies», PE 699.400, octobre 2021.
(9) Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 11 novembre 2021, UAB «Manpower Lit»/E.S. e.a., C-948/19, ECLI:EU:C:2021:906.
(10) Étude intitulée «Locations of the EU Decentralised Agencies», PE 700.320, novembre 2021.