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AccueilDroit européen52022BP1829
Acte préparatoire52022BP1829

Acte préparatoire — 52022BP1829

CELEX52022BP1829
TypeActe préparatoire
Datemercredi 4 mai 2022

Texte intégral

5.10.2022

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 258/483


RÉSOLUTION (UE) 2022/1829 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 4 mai 2022

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’entreprise commune européenne pour ITER et le développement de l’énergie de fusion (F4E) pour l’exercice 2020

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’entreprise commune européenne pour ITER et le développement de l’énergie de fusion pour l’exercice 2020,

—

vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0076/2022),

A.

considérant que l’entreprise commune européenne pour ITER et le développement de l’énergie de fusion (ci-après «l’entreprise commune») a été créée en mars 2007 pour une période de 35 ans par la décision 2007/198/Euratom du Conseil (1) du 27 mars 2007;

B.

considérant que les membres de l’entreprise commune sont Euratom, représentée par la Commission, les États membres d’Euratom et les pays tiers qui ont conclu un accord de coopération avec Euratom dans le domaine de la fusion nucléaire contrôlée;

C.

considérant que l’entreprise commune a pour objectifs d’apporter la contribution de l’Union au projet international ITER pour l’énergie de fusion, de mettre en œuvre l’accord relatif à l’approche élargie entre Euratom et le Japon, et de préparer la construction d’un réacteur à fusion de démonstration et des installations correspondantes;

D.

considérant que la décharge pour l’exercice 2020 concerne Fusion for Energy (F4E), étant donné qu’ITER est un mégaprojet international de recherche et d’ingénierie dans le domaine de la fusion nucléaire et que F4E est l’organisation qui gère la contribution de l’Union à ITER;

E.

considérant que l’entreprise commune est devenue autonome en mars 2008;

Généralités

1.

fait observer que la Cour des comptes (ci-après «la Cour») établit, dans son rapport sur les comptes annuels de l’entreprise commune pour l’exercice 2020 (ci-après «le rapport de la Cour»), que les comptes annuels présentent fidèlement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de l’entreprise commune au 31 décembre 2020, ainsi que les résultats de ses opérations, ses flux de trésorerie et les variations de ses actifs nets pour l’exercice clos à cette date, conformément aux dispositions de son règlement financier et aux règles comptables adoptées par le comptable de la Commission; constate en outre la légalité et la régularité, dans tous leurs aspects significatifs, des opérations sous-jacentes aux comptes relatifs à l’exercice 2020;

2.

note avec préoccupation que, dans son rapport, la Cour attire l’attention sur l’estimation du coût total des éléments qu’elle doit livrer dans le cadre du projet ITER en 2042, évaluée par l’entreprise commune à 17 968 050 000 EUR (aux prix de 2020), et sur le fait que des changements dans les hypothèses clés concernant l’estimation et l’exposition au risque pourraient entraîner une augmentation sensible des coûts ou de nouveaux retards dans la mise en œuvre du projet ITER; note que, parmi les hypothèses clés, la feuille de route d’ITER approuvée en novembre 2016 par le conseil de l’organisation ITER, qui prévoit le premier plasma en décembre 2025 et le début de la phase «deutérium-tritium» en décembre 2035, est maintenue; fait observer, en revanche, que la feuille de route de 2010 prévoyait la réalisation de la phase de construction en 2020, et que la feuille de route actuelle d’ITER, approuvée en 2016, est considérée comme la date la plus proche qui puisse être envisagée du point de vue technique; invite l’entreprise commune à informer l’autorité de décharge de toute évolution de la situation à cet égard; souligne que, dans son rapport, la Cour fait notamment référence à des modifications des exigences en matière de sûreté nucléaire qui relèvent en dernier ressort de l’Autorité de sûreté nucléaire française, à l’estimation du coût de la cellule chaude qui n’a pas été révisée, ainsi qu’à des modifications des exigences;

3.

suggère que l’entreprise commune contrôle mieux les coûts du projet et communique de manière plus transparente sur toutes les dépenses liées à l’ensemble de l’opération;

4.

rappelle que le conseil ITER a décidé de maintenir temporairement cette feuille de route, le premier plasma étant prévu pour décembre 2025, malgré le retard de huit mois prévu dû à l’accumulation des retards dans la livraison des éléments, au démarrage des activités d’installation sur le site de Cadarache et aux conséquences de la pandémie de COVID-19; relève que l’organisation ITER a reconnu l’existence d’un dérapage irréversible du calendrier du premier plasma; regrette que ce retard soit estimé au total à environ 17 mois et qu’il ne soit pas seulement dû à la pandémie, mais aussi au retard de livraison de certains éléments, notamment la chambre à vide, et en particulier de ses secteurs sous responsabilité européenne, ainsi qu’au ralentissement général des travaux d’assemblage effectués par l’organisation internationale; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge; note, par ailleurs, l’absence d’imprévus dans le calendrier et constate que la proposition de la Commission et du département de l’énergie des États-Unis n’a pas été retenue et prise en considération au niveau européen; note que, selon le 9e rapport d’évaluation annuel, la réserve pour imprévus devrait être intégrée dans la planification des activités de l’entreprise commune concernée et qu’elle devrait faire partie de la feuille de route; prend note, en outre, des recommandations formulées par le panel d’évaluateurs sur les réserves de gestion; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

5.

fait observer que l’organisation ITER devrait présenter un calendrier actualisé de la construction du site ITER au printemps 2022 en vue de son adoption en novembre 2022, sous réserve d’une évaluation par un panel d’experts indépendants; invite l’entreprise commune à signaler d’urgence toute évolution de la situation à cet égard et notamment à communiquer la date de démarrage de la phase «deutérium-tritium»;

6.

fait observer que le Royaume-Uni a quitté l’Union et Euratom le 31 janvier 2020; relève qu’à la suite de l’accord de retrait, le Royaume-Uni s’est engagé à s’acquitter de toutes ses obligations au titre de l’actuel cadre financier pluriannuel (CFP) et des perspectives financières antérieures découlant de son appartenance à l’Union, et qu’il a contribué au budget 2020 de l’Union au cours de l’année, et a reçu des paiements, comme s’il était un État membre; relève que le Royaume-Uni deviendra un État associé d’Euratom, dans des conditions équivalentes à celles des États membres à part entière, en attendant la ratification du protocole sur l’association du Royaume-Uni aux programmes de l’Union; invite l’entreprise commune à rendre compte à l’autorité de décharge de toute évolution de la situation en la matière;

7.

est conscient qu’au terme de la phase de construction, l’entreprise commune devra également contribuer à la phase d’exploitation d’ITER après 2035, puis à ses phases de désactivation et de démantèlement telles que spécifiées dans l’accord sur l’établissement de l’organisation internationale ITER pour l’énergie de fusion en vue de la mise en œuvre conjointe du projet ITER (2); relève que les contributions aux phases de désactivation et de démantèlement ont été estimées à 95 540 000 EUR et 180 200 000 EUR respectivement (aux prix de 2001);

8.

note que, pour la prochaine période du CFP 2021-2027, le Conseil européen a approuvé un budget pour la contribution Euratom à ITER d’une valeur totale de 5 614 000 000 EUR (aux prix actuels), dont 5 560 000 000 EUR (aux prix actuels) de contribution directe au projet;

Gestion budgétaire et financière

9.

fait observer que le budget définitif disponible pour l’exercice 2020 comprenait des crédits d’engagement à hauteur de 885 669 069 EUR et des crédits de paiement à hauteur de 816 458 884 EUR; relève que les taux d’exécution des crédits d’engagement et des crédits de paiement se sont respectivement établis à 100 % et à 98 % (contre 99,8 % et 97,1 % en 2019);

10.

fait observer que, sur les 885 669 069 EUR de crédits d’engagement disponibles, 100 % ont été utilisés sous la forme d’engagements individuels (soit 885 349 020 EUR);

11.

relève que, selon le rapport de la Cour, la méthode de calcul de l’entreprise commune pour les cotisations annuelles de 2020 n’était pas conforme aux dispositions respectives de son règlement financier et qu’au lieu d’utiliser les estimations des cotisations telles qu’adoptées par le conseil de direction, l’entreprise commune a perçu les cotisations sur la base d’un projet d’estimation qui devait encore être adopté; invite l’entreprise commune à se conformer aux dispositions de son règlement financier et à présenter, de manière exhaustive et transparente, à l’autorité de décharge les raisons pour lesquelles elle a dérogé à l’utilisation de l’estimation du conseil de direction; fait observer, dans la réponse de l’entreprise commune, que celle-ci a adopté la mesure consistant à faire approuver le projet de document unique de programmation pour l’année suivante par le dernier conseil de direction de l’année afin d’éviter qu’un tel problème ne se reproduise;

Performance

12.

note que l’entreprise commune a atteint l’objectif fixé par le conseil ITER/conseil de direction pour l’accès par grue entre le hall d’assemblage et le bâtiment tokamak, ce qui a permis de commencer l’assemblage d’ITER en juillet 2020 et de livrer les premiers éléments importants à l’organisation ITER; fait également observer que, selon le rapport d’avancement, l’organisation ITER a annoncé en 2020 que l’ensemble du projet avait atteint 72,1 % de l’étendue totale des travaux de construction jusqu’au premier plasma, contre un pourcentage prévu de 77,3 %, et qu’en tenant compte de tous les travaux de construction postérieurs au premier plasma destinés à la phase «deutérium-tritium», l’exécution du projet ITER a atteint 57,7 %;

13.

constate, avec préoccupation, que la 9e évaluation annuelle a révélé l’absence d’une identité de projet commune et d’un objectif commun, en particulier au niveau de la gestion entre l’entreprise commune F4E et l’organisation ITER, et que ces éléments plus abstraits de la gestion de projet sont d’une importance capitale; se demande si cette situation ne peut pas nuire à l’efficacité du projet et invite l’entreprise commune à en informer l’autorité de décharge; constate en outre que, selon l’évaluation annuelle, l’entreprise commune doit renforcer son expertise technique de base dans les domaines concernant les activités critiques en cours et futures en lien avec les exigences fonctionnelles de l’organisation ITER et les spécifications techniques et la conformité des contractants industriels; invite l’entreprise commune à suivre les recommandations contenues dans l’évaluation annuelle et à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

14.

note que, selon le rapport de la Cour, l’entreprise commune a estimé que les incidences de la pandémie de COVID-19 ont été graves mais non significatives et que la pandémie avait entraîné, en avril 2021, des retards allant jusqu’à quatre mois pour certaines livraisons, avec pour conséquence une augmentation des coûts d’environ 47 000 000 EUR (aux prix de 2008) pour l’ensemble du projet ITER, et que d’autres répercussions sont possibles si la pandémie venait à s’aggraver en 2021; invite l’entreprise commune à tenir l’autorité de décharge informée de tout retard supplémentaire et de toute augmentation des coûts liés à la pandémie;

Prévention de la fraude et des conflits d’intérêts

15.

prend acte du plan d’action de lutte contre la fraude de l’entreprise commune couvrant la période 2020-2023, qui fait suite à sa stratégie adoptée en 2019, ainsi que des manifestations de sensibilisation et des formations organisées pour le personnel et la direction; relève également que 33 actions de lutte contre la fraude ont été mises en œuvre en 2020; invite l’entreprise commune à rendre compte de l’issue de ces actions à l’autorité de décharge;

16.

fait observer que, dans le but de prévenir et de gérer les conflits d’intérêts, le responsable de la lutte contre la fraude et de l’éthique a organisé une formation pour les nouveaux membres du personnel et une formation particulière pour les directeurs de l’entreprise commune F4E; demande instamment à l’entreprise commune de poursuivre et d’améliorer ses actions visant à prévenir la fraude;

Personnel et recrutement

17.

relève avec inquiétude que, selon le rapport de la Cour, les procédures de recrutement appliquées par l’entreprise commune en 2020 manquaient de transparence lors de l’établissement de la liste restreinte finale des candidats à inviter pour la phase d’évaluation suivante (entretiens et épreuves écrites), et que la manière dont le comité de sélection a tenu compte des critères avantageux pour la présélection des candidats n’est pas claire; prend acte de la réponse de l’entreprise commune selon laquelle elle a commencé, en 2021, à procéder à des évaluations entièrement quantitatives des candidatures; invite l’entreprise commune à revoir avec diligence et à continuer d’améliorer sa politique de recrutement afin d’accroître la transparence et l’équité du processus ainsi qu’à informer l’autorité de décharge de toute évolution à cet égard;

18.

relève qu’une enquête préliminaire interne n’a pas établi de lien clair entre le suicide d’un employé et son environnement de travail, mais souligne que ce même employé a laissé des lettres dans lesquelles il justifie clairement son geste comme étant lié à un «effondrement au travail» et qu’un précédent courriel adressé à un représentant de l’administration en date du 22 janvier 2020 faisait état de «l’exposition à une situation de harcèlement grave»; il est donc jugé nécessaire de mener une enquête indépendante sur ces faits, comme l’a également souhaité le directeur de F4E;

19.

note qu’en 2020, un accent particulier a été placé sur la mise en œuvre d’un nouveau programme de formation et de qualification pour le personnel de l’entreprise commune exerçant des activités de protection importantes, en application de la nouvelle politique de l’entreprise commune relative aux compétences et à la qualification en matière de sûreté nucléaire, et que, fin 2020, 92 % des personnes exerçant des activités de protection importantes étaient formées et qualifiées, ce qui correspond à l’objectif de l’entreprise;

20.

relève avec inquiétude que, dans la suite donnée à ses observations de 2019, la Cour a constaté que les actions correctives relatives aux problèmes et aux risques recensés par un groupe d’experts externes au niveau de l’encadrement supérieur et de la culture d’entreprise sont en cours; rappelle que si aucune solution n’est trouvée, cette situation pourrait nuire à la performance des agents; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge; note qu’en 2020, la politique relative aux contrats de travail dans l’entreprise commune a été modifiée;

21.

constate avec inquiétude que le personnel a continué de diminuer légèrement, de 0,9 % en 2020; rappelle que les ressources humaines problématiques de l’entreprise commune ont également été signalées par la Cour des comptes lors de précédents audits; insiste sur le fait que le nombre insuffisant d’agents statutaires dans les entreprises communes entraîne un recours accru à des agents intérimaires ou à l’internalisation contractuelle de travailleurs; estime que cette situation engendre des risques particuliers, qui pourraient se répercuter sur la performance globale de l’entreprise commune, comme la perte de compétences clés, des chaînes de responsabilités mal définies et une diminution de l’efficience des agents;

22.

est conscient du fait que, le 17 janvier 2022, les chefs des trois principaux syndicats ont envoyé, au nom du personnel de F4E, une lettre aux commissaires Hahn et Simson au sujet de la situation critique de F4E, dans laquelle ils demandaient à la Commission de soutenir une enquête de l’OLAF sur l’environnement professionnel de F4E; note en outre qu’ils demandent également à la Commission de procéder à «une évaluation approfondie de l’encadrement supérieur actuel de F4E, notamment en ce qui concerne sa crédibilité et sa capacité à mettre en œuvre, dans le contexte actuel, un programme de changement capable de rétablir la confiance et de transformer l’environnement de travail de F4E et la culture d’entreprise»; invite l’entreprise commune à informer l’autorité de décharge de toute évolution de la situation à cet égard;

23.

rappelle que le rapport de décharge 2019 a mis en évidence plusieurs problèmes et risques au niveau de l’encadrement supérieur et de la culture d’entreprise qui, s’ils n’étaient pas résolus, pourraient avoir une incidence négative sur les performances du personnel de l’entreprise commune; note que plusieurs mesures ont été adoptées pour tenter de résoudre ces problèmes, notamment la nomination d’un nouveau chef d’administration, la mise en place d’un programme d’accompagnement et la conclusion d’un accord avec trois syndicats; demeure toutefois vivement préoccupé par le fait que l’environnement de travail et le bien-être du personnel n’ont pas été suffisamment améliorés;

24.

note que l’entreprise commune a adopté une stratégie en faveur de la diversité afin de soutenir et de rechercher l’équilibre entre les hommes et les femmes et en matière de représentation géographique du personnel; observe qu’en 2020, 14 % des cadres supérieurs de l’entreprise commune F4E étaient des femmes et 86 % des hommes, et que 16 % de ses cadres intermédiaires étaient des femmes et 84 % des hommes; se félicite du fait que F4E ait nommé une femme à la tête de l’administration; invite instamment l’entreprise commune à continuer d’améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes et à œuvrer en faveur d’un équilibre géographique équilibré à cet égard;

25.

note qu’en 2020, l’entreprise commune a adopté sa première stratégie sur la diversité, l’égalité des chances et la non-discrimination visant à promouvoir l’égalité et la diversité sur le lieu de travail, qui s’étend sur trois ans;

26.

fait observer que l’entreprise commune a lancé sa première enquête sur les effets de la pandémie de COVID-19 en juin 2020 et qu’à la suite des résultats de cette enquête, les ressources humaines ont décidé de se concentrer sur des actions de prévention psychosociale dans le domaine du bien-être émotionnel et de la gestion du stress; est préoccupé par le fait qu’une évaluation récente des risques psychosociaux a révélé que 54,2 % des membres du personnel étaient préoccupés par leur charge de travail;

27.

constate que F4E reconnaît la nécessité d’améliorer encore «les ressources, les valeurs, la confiance et la culture» en son sein et a lancé des actions pour atteindre son objectif général, à savoir «faire de F4E un meilleur lieu de travail»; demande que l’entreprise commune fasse rapport sans délai à l’autorité de décharge sur ces actions;

Contrôle interne

28.

relève qu’il a été conclu, dans l’évaluation annuelle 2020 du système de contrôle interne, que tous les éléments fonctionnent ensemble de manière intégrée, malgré un contrôle qui a révélé une insuffisance critique liée à la formalisation des engagements juridiques pour les dépenses opérationnelles dans l’outil de gestion des contrats de l’entreprise commune (DACC); relève toutefois que, selon le rapport de la Cour, le DACC et l’application informatique pour la gestion des documents (IDM) ne sont pas applicables aux systèmes et au flux de travail du système central d’information financière de la Commission (ABAC) et qu’en mars 2020, le directeur exécutif de l’entreprise commune a décidé que les signatures électroniques avancées du DACC devaient être utilisées non seulement pour la gestion et la signature des avenants aux contrats, mais aussi pour les contrats initiaux, à titre de mesures administratives temporaires, pendant la pandémie de COVID-19; note que l’entreprise commune n’a pas entièrement adapté ses applications informatiques locales aux processus internes de délégation et que des insuffisances importantes doivent encore être corrigées, notamment en ce qui concerne les aspects juridiques, techniques et de contrôle interne; constate en outre avec préoccupation que l’application DACC ne permet pas de prouver que le salarié a bien compris le contenu d’un document et a accepté d’y apposer sa propre signature; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

29.

fait observer que, selon la réponse donnée par l’entreprise commune, au début de l’année 2021, dans le cadre de l’évaluation annuelle du système de contrôle interne de l’entreprise commune, des erreurs ont été décelées par son coordinateur du contrôle interne concernant la phase de signature de certains contrats opérationnels dans l’application DACC, qui n’étaient donc pas conformes au règlement financier de l’entreprise commune, et que, même si les contrats sont toujours considérés comme légaux au regard du droit espagnol et français, cette question a révélé de graves lacunes dans les systèmes de contrôle interne de l’entreprise commune; note que le directeur exécutif de l’entreprise commune a émis à cet égard une réserve non quantifiée pour des raisons d’atteinte à la réputation dans sa déclaration annuelle d’assurance pour l’année 2020; constate par ailleurs que, selon la réponse de l’entreprise commune, sa structure d’audit interne étendra, à partir de 2021, la portée de son examen annuel des droits d’accès au système ABAC pour y intégrer également le DACC; fait observer que le service d’audit interne a lancé en juin 2021 un audit sur les délégations et l’efficacité de la prise de décision dans l’entreprise commune F4E et les mécanismes de coopération avec la DG ENER; invite l’entreprise commune à rendre compte à l’autorité de décharge des conclusions à cet égard;

30.

relève que, selon le rapport de la Cour, l’entreprise commune a créé, outre des comptes d’utilisateurs individuels, des comptes de groupes d’utilisateurs avec des identités virtuelles pour faciliter la gestion de ses applications informatiques locales (DACC, IDM) et que, jusqu’à la fin de 2020, le compte de groupe fonctionnel créé pour le directeur de l’entreprise commune était toutefois également utilisé pour approuver et signer divers documents importants, ce qui est contraire aux principes de base de la politique de gestion de l’accès aux technologies de l’information et de la communication de l’entreprise commune — qui exige que les comptes d’utilisateurs soient uniques et liés à un seul utilisateur — et permet donc à toutes les personnes faisant partie du compte de groupe d’effectuer des actions réservées exclusivement à l’ordonnateur compétent; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

31.

constate, à la lecture du 9e rapport d’évaluation annuel, que le processus de gestion des risques de l’entreprise commune peut être amélioré, notamment en ce qui concerne les imprévus en matière de coûts et de calendrier, les niveaux de vulnérabilité et de confidentialité et le respect des lignes directrices de l’Organisation internationale de normalisation; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge; note avec préoccupation que, selon les conclusions du rapport 2020 sur l’évaluation de la maturité du risque, l’entreprise commune n’a tiré aucun enseignement en matière de gestion des risques; invite l’entreprise commune à suivre les recommandations découlant de l’évaluation et à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

32.

fait observer qu’à la suite d’un audit réalisé en 2019 par la structure d’audit interne sur la sûreté nucléaire, et notamment sur les aspects de la gestion et de la conformité de la gestion de la sûreté nucléaire de l’entreprise commune, la structure d’audit interne a effectué un suivi en mai 2020 et que, fin 2020, 22 des 23 actions du plan d’action avaient déjà été mises en œuvre, la dernière action étant en cours de réalisation; invite l’entreprise commune à rendre compte à l’autorité de décharge de toute évolution de la situation en la matière;

33.

note, selon le rapport de la Cour, que fin 2020, le cadre des délégations au sein du DACC et de l’IDM de l’entreprise commune ne prévoyait pas automatiquement des délégations techniques, mais laissait à chaque ordonnateur responsable le soin de choisir la bonne personne à qui déléguer le pouvoir, sur la base du cadre approuvé par le directeur de l’entreprise commune, et que, par ailleurs, les pouvoirs de délégation prévus par les contrats sont accordés à des agents autres que l’ordonnateur compétent, ce qui n’apparaît pas dans le cadre des délégations de l’entreprise commune; relève que, selon la réponse de l’entreprise commune, les pouvoirs de délégation correspondent exclusivement aux activités de gestion quotidienne du contrat, et ne modifient pas le contrat en tant que tel, et que l’entreprise commune mettra à jour la disposition correspondante dans le contrat type; invite l’entreprise commune à rendre compte à l’autorité de décharge de toute évolution de la situation en la matière;

34.

constate avec inquiétude que, selon le rapport de la Cour, l’application DACC de l’entreprise commune n’a jamais fait l’objet d’un audit interne pour s’assurer de la conformité des droits d’utilisateur permettant d’autoriser des transactions avec les délégations attribuées au personnel, et qu’il existe donc un risque élevé que des cas de non-conformité dus à des violations de la politique de délégation de l’entreprise commune n’aient pas été décelés ni limités; prend acte de la réponse de l’entreprise commune selon laquelle une validation du droit d’utilisation est actuellement effectuée par un tiers pour fournir une assurance; invite l’entreprise commune à rendre compte de la situation en la matière à l’autorité de décharge;

35.

prend note du rapport de la Cour selon lequel, bien que l’entreprise commune ait commencé en 2016 à utiliser le DACC pour l’engagement juridique ou la gestion des contrats (ainsi que pour les contrats initiaux à partir de 2020), et donc comme source supplémentaire de données comptables et financières, aucune validation de son système comptable n’a été effectuée depuis 2013, ce qui est contraire au règlement financier de l’entreprise commune; relève que, dans sa réponse, l’entreprise commune indique qu’une validation des systèmes comptables sera lancée en 2021, que le DACC n’est pas automatiquement synchronisé avec le système ABAC et que les données saisies dans le système comptable sont validées en adéquation avec le système de contrôle interne; invite l’entreprise commune à rendre compte de toute évolution à ce sujet;

36.

note qu’au fil des ans, l’entreprise commune a réalisé des efforts considérables pour mettre en œuvre un système électronique de gestion des documents, et qu’au cours de la pandémie de COVID-19, les signatures électroniques avancées du DACC étaient utilisées non seulement pour la gestion et la signature des avenants aux contrats mais aussi pour les contrats initiaux, à titre de mesures administratives temporaires; invite l’entreprise commune à continuer d’utiliser cet instrument et à l’étendre à d’autres caractéristiques;

Passation de marchés et subventions

37.

relève que, au cours de l’année 2020, 42 procédures de marchés relatifs à des activités opérationnelles ont été lancées, que 47 marchés relatifs à de telles activités ont été attribués et que 55 ont été conclus, qu’une seule procédure d’octroi de subvention a été lancée et qu’aucune convention de subvention n’a été signée;

38.

fait observer que, selon le rapport de la Cour, l’entreprise commune utilise son propre portail de passation de marchés en ligne, qui n’est pas entièrement synchronisé avec la solution de passation de marchés en ligne de la Commission et qui pourrait à l’avenir faire double emploi avec les efforts de développement et les investissements de la Commission; rappelle que cette pratique n’est pas conforme au principe d’un «espace d’échange de données informatisées» unique pour les participants, tel que prévu par le règlement financier; prend acte de la réponse de l’entreprise commune selon laquelle, lorsque l’outil proposé par la Commission couvrira tous les types de procédures de passation de marchés utiles à l’entreprise commune et que le taux d’incidents signalés diminuera, l’entreprise commune évaluera la possibilité de migrer vers les outils de la Commission et prendra une décision sur la base de ses besoins opérationnels; invite l’entreprise commune à harmoniser sa solution en matière de marchés publics avec celle de la Commission.


(1) Décision 2007/198/Euratom du Conseil du 27 mars 2007 instituant une entreprise commune pour ITER et le développement de l’énergie de fusion et lui conférant des avantages (JO L 90 du 30.3.2007, p. 58).

(2) JO L 358 du 16.12.2006, p. 62: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A22006A1216%2803%29


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