COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 1.3.2022
COM(2022) 75 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience
| CELEX | 52022DC0075 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mardi 1 mars 2022 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 1.3.2022
COM(2022) 75 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience
Table des matières
1. Introduction
2. Où en est la mise en œuvre de la facilité?
2.1. État d’avancement du processus de mise en œuvre
2.2. État d’avancement du financement de la facilité
3. Que contiennent réellement les plans pour la reprise et la résilience?
3.1. PRR présentés - Aperçu préliminaire
3.2. Contribution de la facilité à la transition verte (pilier 1)
3.3 Contribution de la facilité à la transformation numérique (pilier 2)
3.4 Contribution de la facilité à une croissance intelligente, durable et inclusive (pilier 3)
3.5. Contribution de la facilité à la cohésion sociale et territoriale (pilier 4)
3.6. Contribution de la facilité à la santé et à la résilience économique, sociale et institutionnelle dans le but, entre autres, d'augmenter la préparation aux crises et la capacité de réaction aux crises (pilier 5)
3.7. Contribution de la facilité aux politiques pour la prochaine génération, les enfants et les jeunes, tels que l'éducation et les compétences (pilier 6)
3.8. Autoévaluations de sécurité
4. Cadre de mise en œuvre de la FRR
4.1. Contribution de la FRR à la mise en œuvre des réformes et des autres politiques de l’UE
4.2. Contribution de la FRR à des projets portant sur plusieurs pays
4.3. Mise en œuvre de la FRR et participation de toutes les parties prenantes concernées
4.4. Système de contrôle et protection des intérêts financiers de l’Union
4.5. Complémentarité avec d’autres financements de l’UE
5. Conclusion
Tableaux et graphiques
Tableau 1: état d’avancement de la mise en œuvre de la FRR
Graphique 1: principales étapes de l’évaluation des PRR et du préfinancement
Tableau 2: Traitement des demandes de paiement
Graphique 2: calendrier prévisionnel pour la réalisation des jalons et cibles
Graphique 3: Part des fonds de la FRR contribuant à chaque pilier
Graphique 4: balise climatique et balise environnementale supplémentaire par État membre
Graphique 5: ventilation des dépenses d’appui à la transition verte (pilier 1)
Graphique 6: Contribution aux objectifs numériques en pourcentage du PRR
Graphique 7: Ventilation des dépenses en faveur de la transformation numérique (pilier 2)
Graphique 8: Ventilation des dépenses visant à soutenir une croissance intelligente, durable et inclusive (pilier 3)
Graphique 9: ventilation des dépenses d’appui à la cohésion sociale et territoriale par domaine d’action (pilier 4)
Graphique 10: ventilation des dépenses en faveur de la santé et de la résilience par domaine d’action (pilier 5)
Graphique 11: nombre de mesures en faveur de la santé et de la résilience par domaine d’action (pilier 5)
Graphique 12: Ventilation des dépenses d’appui aux politiques pour la prochaine génération, par domaine d'action (pilier 6)
Graphique 13: Nombre de réformes par pilier
Graphique 14: Réformes/investissements par État membre
Graphique 15: Parts des recommandations par pays couvertes par les PRR, par domaine d’action (conformément à la définition dans CeSaR)
Graphique 16: Effet de NextGenerationEU sur le PIB (%) dans les simulations QUEST, pays de l’UE
Graphique 17: Effet de NextGenerationEU sur le PIB (%) dans les simulations QUEST
Tableau 3: Projets verts portant sur plusieurs pays dans les PRR adoptés
Tableau 4: Projets numériques portant sur plusieurs pays
1.Introduction
La facilité pour la reprise et la résilience, établie par le règlement (UE) 2021/241 le 19 février 2021, est la pièce maîtresse de «Next Generation EU», la réponse de l’UE pour sortir plus forte de la pandémie due au coronavirus. Un an après, l’objectif du présent rapport est de faire le point sur la mise en œuvre de ce programme exceptionnel de réformes et d’investissements. En un an, des étapes majeures ont été franchies et la mise en œuvre est fermement engagée.
Les États membres ont commencé à présenter leurs plans pour la reprise et la résilience en avril 2021, après des mois de préparation intense en raison de l’ampleur et de la portée sans précédent de ces plans. La Commission a mené la phase d’évaluation avec diligence et le Conseil a adopté ses premières décisions d’exécution en juillet 2021. À ce jour, presque tous les États membres ont présenté leur plan pour la reprise et la résilience. 22 d’entre eux ont fait l’objet d’une évaluation positive par la Commission avant d’être adoptés par le Conseil. La Commission a également entamé des discussions avec les États membres en vue de convenir de modalités opérationnelles fixant le cadre du suivi de la mise en œuvre des plans. La Commission a levé des fonds sur les marchés des capitaux et émis ses premières obligations vertes, versant à ce jour 66,6 milliards d’EUR, dont 56,6 milliards d'EUR de préfinancement, soutenant ainsi l’Union et les États membres, dont les économies continuent de subir les effets de la pandémie due au coronavirus.
La facilité est entrée dans la phase de mise en œuvre, progressant rapidement conformément au calendrier des réformes et des investissements fixé par les États membres. La première demande de paiement a été entièrement traitée en 2021, avec un versement de 10 milliards d’EUR en faveur de l’Espagne en décembre 2021. Plus de 30 demandes de paiement devraient être présentées en 2022. Le calendrier des paiements est conforme à la phase de mise en œuvre prévue de la facilité. La Commission et les États membres ont collaboré étroitement pour parvenir à ce résultat. Les progrès accomplis dans la mise en œuvre des plans peuvent être suivis en direct sur une plateforme, le «tableau de bord de la reprise et de la résilience», mis en place par la Commission en décembre 2021.
Le présent rapport est le premier d’une série de rapports annuels sur la mise en œuvre de la facilité 1 . Il donne un aperçu de l’état actuel de la mise en œuvre de la facilité et des plans adoptés, et détaille la contribution de la facilité aux objectifs climatiques et numériques, conformément à l’article 31 du règlement. À ce stade, étant donné que la facilité en est encore à un stade précoce de mise en œuvre, le présent rapport décrit la contribution attendue de la facilité aux six piliers en fonction des mesures prévues dans les plans, qui seront progressivement mises en œuvre tout au long de la durée de vie de la facilité. Il examine ensuite les performances de la facilité, en tenant compte de l’engagement en faveur des investissements et des réformes inscrit dans cet instrument unique, ainsi que la participation de toutes les parties prenantes concernées. Il décrit également les mécanismes mis en place pour protéger les intérêts financiers de l’Union et articuler la facilité avec d’autres sources de fonds de l’UE afin d’éviter les doubles financements. Les informations fournies dans le présent rapport se fondent sur le contenu des plans adoptés, tels qu’évalués par la Commission, sur les données communiquées par les États membres jusqu’à la fin du mois de novembre 2021 dans le cadre de leur obligation de rapport semestriel, et sur l’évolution de la mise en œuvre de la facilité jusqu’à la fin janvier 2022. Le présent rapport ne traite pas en détail de l’état d’avancement de la mise en œuvre des plans individuels, ni des indicateurs communs, étant donné que la mise en œuvre de la facilité en est encore à ses débuts. Les exemples donnés, notamment les encadrés de la section 3, sont donnés à titre d’illustration mais ne se veulent pas exhaustifs.
2.Où en est la mise en œuvre de la facilité?
2.1.État d’avancement du processus de mise en œuvre 2
Adoption des plans pour la reprise et la résilience
La majorité des États membres ont présenté leur plan pour la reprise et la résilience (PRR) à l’été 2021. Afin de les aider à préparer leurs plans, la Commission a établi des contacts informels avec les États membres à partir d’octobre 2020 et a publié, en janvier 2021, des orientations 3 sur les informations à fournir dans les plans. Afin d’accéder au soutien financier au titre de la facilité, les États membres ont dû préparer des PRR définissant un programme national de réformes et d’investissements à mettre en œuvre d’ici le 31 août 2026. Le règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience 4 est entré en vigueur le 19 février 2021. À ce jour, la Commission a officiellement reçu 26 PRR (voir tableau 1 et annexe 1).
La Commission a évalué chaque plan rapidement, de manière cohérente et transparente, en tenant compte des 11 critères énoncés à l’article 19, paragraphe 3, du règlement FRR 5 . La Commission a entretenu des contacts étroits avec les États membres pour procéder à une évaluation complète. Elle a aidé les États membres à présenter des plans ambitieux assortis de jalons et de cibles clairs et réalistes afin de suivre leurs progrès durant la mise en œuvre.
La Commission a rendu une évaluation positive pour 22 PRR et présenté des propositions de décisions d’exécution du Conseil pour chacun eux, accompagnées d’un document de travail de ses services analysant le contenu des plans respectifs. Les décisions d’exécution du Conseil et les documents de travail des services de la Commission figurent sur le site web de la Commission 6 . Quatre plans sont en cours d’évaluation par la Commission, en coopération avec les États membres concernés (Bulgarie, Hongrie, Pologne et Suède), conformément à l’article 19, paragraphe 1, du règlement FRR.
Dans l’ensemble, le processus d’adoption des 22 décisions d’exécution du Conseil s’est déroulé rapidement et sans heurts. À la suite d’intenses discussions avec les États membres lors de la phase d’élaboration des plans, la Commission a procédé rapidement à l’évaluation. Pour la plupart des plans, la Commission a adopté une évaluation positive dans un délai plus court que celui des 2 mois prévu par l’article 19, paragraphe 1, du règlement à compter de la présentation officielle des plans (voir tableau 1). Le Conseil a ensuite été en mesure d’approuver l’évaluation de la plupart des PRR dans un délai inférieur à un mois (voir tableau 1). À la suite de l’adoption des plans, la Commission a conclu un accord de financement et, le cas échéant, un accord de prêt avec l’État membre concerné, qui définit les droits et obligations des parties, y compris en ce qui concerne la protection des intérêts financiers de l’Union et les exigences applicables au système de contrôle des États membres, ainsi que l’engagement concernant le montant disponible de la contribution financière.
Tableau 1: état d’avancement de la mise en œuvre de la FRR
| BE | CY | DE | DK | EL | ES | FR | IT | LU | LT | LV | PT | SI | CZ | HR | AT | IE | SK | MT | RO | FI | EE | PL | HU | SE | BG | NL | |
| 26 plans soumis à la Commission | |||||||||||||||||||||||||||
| 22 plans approuvés par la Commission | |||||||||||||||||||||||||||
| 22 décisions d’exécution adoptées par le Conseil | |||||||||||||||||||||||||||
| 21 versements de préfinancement | * 7 | ||||||||||||||||||||||||||
| 5 demandes de paiement soumises à la Commission | |||||||||||||||||||||||||||
| 1 paiement effectué par la Commission | 10 Mrd |
Préfinancement
La Commission a effectué un versement de préfinancement d'un montant maximal de 13 % de la contribution financière et du prêt aux 21 États membres l’ayant demandé, à la suite de la signature de l’accord de financement et, le cas échéant, de l’accord de prêt. Conformément à l’article 13, paragraphe 1, le versement de préfinancement ne concerne que les États membres dont les PRR ont été approuvés par le Conseil en 2021.
Au total, la Commission a versé 56,6 milliards d’EUR de préfinancement. Les versements de préfinancement ont été effectués dans les 6 jours ouvrables suivant la signature des accords de financement (et/ou de prêt) (le cas échéant), bien avant la période de 2 mois prévue dans le règlement FRR (voir tableau 1). Étant donné que la FRR est un instrument fondé sur les performances, tout versement ultérieur est subordonné au respect des jalons et cibles pertinents des réformes et des investissements définis au moment de la demande de paiement.
Modalités opérationnelles
Comme l’exige le règlement FRR, la Commission a ensuite examiné, avec chacun des 22 États membres concernés, des modalités opérationnelles définissant les modalités de suivi et de coopération et couvrant les aspects essentiels de la mise en œuvre. Les modalités opérationnelles prévoient des échanges réguliers entre la Commission et les États membres, sur une base au moins trimestrielle pour faire le point sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des PRR. Elles prévoient également l’organisation d’un événement annuel pour examiner la mise en œuvre des PRR et d’autres programmes de l’Union qui pourrait servir de plateforme horizontale pour discuter de la mise en œuvre des plans et assurer une coopération étroite entre tous les acteurs concernés. Elles précisent par ailleurs le mécanisme de vérification pour chaque jalon et cible et, le cas échéant, introduisent des mesures de suivi de la mise en œuvre du plan. À ce jour, huit modalités opérationnelles ont été conclues (Espagne, France, Slovaquie, Grèce, Italie, Portugal, Croatie, Lettonie; voir annexe 1). La signature des modalités opérationnelles est une étape essentielle, car elle est requise pour que l’État membre puisse présenter sa première demande de paiement.
Graphique 1: principales étapes de l’évaluation des PRR et du préfinancement
Procédure de versement
Une fois qu’un État membre a atteint tous les jalons et cibles pertinents pour débloquer un versement, comme indiqué dans la décision d’exécution du Conseil correspondante, et qu’il a présenté une demande de paiement dûment justifiée, la Commission dispose de 2 mois pour évaluer si les jalons et cibles pertinents ont été atteints de façon satisfaisante, et examiner les informations rendant compte de leur réalisation, communiquées par l’État membre concerné. Pour conclure cette évaluation, la Commission transmet son évaluation préliminaire positive au Comité économique et financier. Dans les quatre semaines, le Comité économique et financier doit émettre un avis sur ces conclusions, après quoi la décision d’exécution de la Commission autorisant le versement est adoptée, conformément à la procédure d’examen décrite dans le règlement de comitologie. À cette fin, un comité FRR a été institué, conformément à l’article 35 du règlement FRR, pour examiner le projet de décision d’exécution de la Commission concernant les demandes de paiement des États membres 8 . Ce comité est composé de représentants de tous les États membres. À l’issue de la procédure de comitologie, la Commission adopte une décision d’exécution de la Commission tenant compte des avis exprimés par les membres.
Demandes de paiement
À ce jour, la Commission a reçu cinq demandes de paiement. Le tableau ci-dessous présente la situation actuelle.
Tableau 2: Traitement des demandes de paiement
| Demande de paiement Date | Nombre de jalons et cibles (J&C) | Montant net de préfinancement 9 | État d'avancement | |
| Espagne | 11/11/2021 | 52 J&C | 10 Mrd EUR | ·Évaluation préliminaire positive de la Commission: 3/12/2021 ·Avis positif du CEF: 21/12/2021 ·Avis positif du comité FRR: 22/12/2021 ·Versement de la Commission: 27/12/2021 |
| France | 26/11/2021 | 38 J&C | 7,4 Mrd EUR | ·Évaluation préliminaire positive de la Commission: 26/1/2022 ·Avis positif du CEF: 11/2/2022 ·Avis positif du comité FRR: 21/2/2022 |
| Grèce | 29/12/2021 | 15 J&C | 3,6 Mrd EUR | ·Évaluation préliminaire positive de la Commission: 28/2/2022 |
| Italie | 30/12/2021 | 51 J&C | 21 Mrd EUR | ·Évaluation préliminaire positive de la Commission: 28/2/2022 |
| Portugal | 25/1/2022 | 38 J&C | 1,16 Mrd EUR | Évaluation de la Commission en cours |
À ce jour, la Commission a versé un premier paiement à l’Espagne. L’Espagne a été le premier État membre à présenter une demande de paiement, le 11 novembre 2021, à la suite de la signature des modalités opérationnelles. La première demande de paiement de l’Espagne porte sur 52 jalons atteints de façon satisfaisante, concernant principalement les réformes qui avaient déjà été mises en œuvre au deuxième trimestre de 2021. Compte tenu de la nature rétrospective de la plupart des jalons et du fait que l’Espagne avait communiqué à la Commission la plupart des informations nécessaires à l'évaluation avant la présentation officielle de la demande de paiement, la Commission a été en mesure d'évaluer rapidement la demande de paiement 10 , et a versé 10 milliards d’EUR de la contribution financière (net de préfinancement) à l’Espagne le 27 décembre 2021.
Prenant acte du respect des jalons et des cibles sous-tendant les différentes mesures du PRR, le premier versement à l’Espagne met en lumière les progrès déjà accomplis dans la mise en œuvre de la FRR. Les jalons auxquels se rapporte le versement montrent que l'Espagne a franchi des étapes significatives dans la mise en œuvre de son plan pour la reprise et la résilience et de son vaste programme de réformes. On y trouve des mesures importantes telles que la loi sur le changement climatique et la transition énergétique (consacrant la neutralité climatique d’ici à 2050), la réforme de l’allocation de revenu minimal, des mesures visant à soutenir la transformation numérique des PME et à stimuler les compétences numériques, ainsi que des réformes renforçant la capacité à mener des réexamens des dépenses et à en assurer le suivi. Cet exemple montre comment la facilité a déjà des effets tangibles sur le terrain, en soutenant la mise en œuvre de réformes importantes.
Cadre pour l'établissement de rapports par les États membres sur la mise en œuvre des PRR
La FRR est entrée dans la phase de mise en œuvre et les États membres ont commencé à rendre compte de la mise en œuvre de leur PRR. Les actes délégués complétant certaines des obligations de déclaration des États membres sont entrés en vigueur le 2 décembre 2021. Le premier acte délégué (UE) 2021/2106 11 définit les indicateurs communs pour l'établissement de rapports, ainsi que les éléments détaillés du tableau de bord pour la reprise et la résilience. Il précise que les États membres feront rapport, au plus tard en avril et à la mi-octobre de chaque année, sur les progrès accomplis dans la réalisation de leurs plans pour la
reprise et la résilience. Ce rapport semestriel doit fournir des informations concises sur la réalisation des jalons et cibles fixés pour le trimestre précédant le rapport, ainsi que sur l'état d'avancement de ceux fixés pour les quatre trimestres suivant la période couverte par le rapport. Les États membres doivent fournir des informations indiquant si la réalisation des jalons et cibles pertinents est achevée, en bonne voie ou retardée. Ils doivent également faire rapport sur les indicateurs communs définis deux fois par an (en février et en août). Les premiers rapports seront transmis en février 2022. Le deuxième acte délégué (UE) 2021/2105 12 définit la méthode de déclaration des dépenses sociales figurant dans les plans pour la reprise et la résilience des États membres. Cet acte délégué est important pour définir une méthode commune pour fournir des informations sur les dépenses sociales, y compris celles en faveur des enfants et des jeunes et celles en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, financées par la facilité. Cette méthode se base sur les dépenses estimées figurant dans les plans pour la reprise et la résilience approuvés. Chaque réforme et chaque investissement revêtant essentiellement une dimension sociale sont rattachés à l’un des neuf domaines spécifiques de la politique sociale 13 définis dans l’acte délégué, chacun de ces domaines relevant de quatre grandes catégories sociales (emploi et compétences, éducation et accueil de la petite enfance, soins de santé et soins de longue durée et politiques sociales). Une balise est attribuée à chaque mesure de nature sociale mettant l’accent sur les enfants et les jeunes, ou sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
La Commission a mis en place un système informatique, dénommé FENIX, permettant aux États membres de communiquer les informations pertinentes sur la mise en œuvre des plans. Dans le cadre des rapports semestriels 14 , les États membres ont communiqué les informations requises dans FENIX pour la première fois à la fin du mois de novembre 2021 (étant donné qu’il s’agissait du premier exercice de rapport semestriel pour les États membres, le délai a été exceptionnellement prolongé d’un mois). Ce système permet aux États membres de mettre à jour à tout moment les informations relatives à la réalisation des jalons et cibles et d’éviter de fournir plusieurs fois des informations similaires aux fins du rapport semestriel ou de la présentation d’une demande de paiement. La communication d'informations au titre de la facilité pour la reprise et la résilience est désormais pleinement opérationnelle.
L’examen des informations présentées dans les rapports semestriels révèle déjà une image positive de la mise en œuvre des jalons et cibles. Cet exercice d’établissement de rapports concernait l’ensemble des jalons et cibles à atteindre entre le premier trimestre 2020 et le troisième trimestre 2022. Sur l'ensemble des jalons et cibles rétrospectifs fixés pour le troisième trimestre 2021 (trimestre de référence le plus récent), 91 % (266) ont été déclarés comme atteints, et 9 % (25) comme non atteints. Parmi les jalons et cibles prospectifs à atteindre entre le quatrième trimestre 2021 et le troisième trimestre 2022, 4,4 % (41) ont été déclarés comme retardés, 79,7 % (741) comme en bonne voie et 14,9 % (139) comme déjà atteints. Le prochain exercice de rapport semestriel aura lieu en avril 2022. Les données relatives aux rapports semestriels sont communiquées par les États membres eux-mêmes et ne préjugent pas de l’évaluation par la Commission, dans le cadre des demandes de paiement, du respect des jalons et cibles.
La Commission a mis en place le tableau de bord de la reprise et de la résilience 15 , qui est une plateforme publique en ligne, pour qu'il serve d'outil de déclaration de performance de la facilité, affichant de façon transparente les informations disponibles sur la mise en œuvre de la FRR. Chaque citoyen(ne) peut suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience ainsi que les progrès pour chaque PRR, présentés en détail sur le site web de la Commission, d’une manière aisément accessible. Le tableau de bord présente l’impact de la facilité sur les six piliers. Il comprend également des données sur les indicateurs communs et les informations communiquées sur les dépenses sociales. Une première version du tableau de bord a été publiée le 15 décembre 2021, contenant des données sur les 22 PRR approuvés par le Conseil à cette date.
2.2.État d’avancement du financement de la facilité
État d'avancement du financement de NextGenerationEU
Le nouveau rôle de la Commission en tant qu'émetteur actif 16 sur le marché des capitaux marque une étape importante pour la mise en œuvre de la FRR. La décision relative aux ressources propres est entrée en vigueur le 1er juin 2021, ce qui a permis à la Commission de commencer à emprunter des ressources pour l’instrument de relance temporaire «NextGenerationEU» (la première transaction a eu lieu en juin 2021). La Commission a été habilitée à emprunter jusqu’à 806,9 milliards d’EUR au cours de la période 2021-2026 (prix courants). Ce montant implique l'émission annuelle d'obligations à hauteur d'environ 150 milliards d'EUR en moyenne entre la mi-2021 et 2026, ce qui fait de l'UE l'un des principaux émetteurs d'obligations libellées en euros. Sur le montant indiqué, jusqu'à 250 milliards d'EUR seront émis sous la forme d'obligations vertes (voir ci-dessous).
Jusqu’à présent, la Commission a levé 78,5 milliards d'EUR de financements à long terme au moyen d’obligations et 33 milliards d’EUR de financements à court terme au moyen de titres de créances de l’UE à 3 et à 6 mois (desquels 12 milliards d’EUR sont déjà arrivés à échéance). Sur la base de la note de crédit élevée de l'UE, la Commission est en mesure d'emprunter à des conditions avantageuses et donc de réduire au minimum le coût de la dette liée au fonds pour la relance. Les volumes de financement au titre de NextGenerationEU ont été bien absorbés et une forte demande a été enregistrée pour les nouvelles émissions.
La Commission a pu financer l’ensemble des paiements prévus/demandes reçues, et ce, de manière très avantageuse. À ce jour, 66,6 milliards d’EUR ont été versés à 21 États membres au titre de la FRR. Les versements de préfinancement ont été effectués quelques jours après la signature des conventions de financement et/ou des accords de prêt correspondants, bien avant les délais prévus dans le règlement FRR. Le premier versement à l’Espagne a également été effectué rapidement (trois jours ouvrables après l’avis favorable du comité FRR).
Cadre pour les obligations vertes
La Commission a mis en place un cadre complet et moderne pour les obligations vertes aux fins de leurs émissions au titre de NextGenerationEU et prévoit d’émettre jusqu’à 30 % des fonds destinés à NextGenerationEU sous la forme d’obligations vertes, confirmant ainsi l’engagement de l’UE en faveur de la finance durable. Le cadre est axé sur les normes du marché et fournit des obligations vertes crédibles aux investisseurs. Toutes les mesures prévues dans les plans pour la reprise et la résilience doivent respecter le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» en ce qui concerne les autres objectifs environnementaux. Pour parvenir à ce résultat, les États membres ont accepté, dans les conventions de financement et les accords de prêt signés dans le cadre de la mise en œuvre de la FRR, de rendre compte régulièrement de leurs dépenses relatives aux investissements contribuant aux objectifs liés au changement climatique. La Commission a levé 14,5 milliards d’EUR au moyen de sa toute première émission d’obligations vertes qui a eu lieu le 12 octobre 2021.
3.Que contiennent réellement les plans pour la reprise et la résilience?
3.1.PRR présentés - Aperçu préliminaire
Vue d’ensemble
À ce jour, les 22 PRR approuvés par le Conseil représentent une enveloppe totale de 291 milliards d’EUR sous la forme de financements non remboursables et 154 milliards d’EUR sous la forme de prêts. Six États membres disposent d’un plan comprenant un prêt (Chypre, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie).
Ces 22 PRR comportent environ un tiers de réformes et deux tiers d’investissements ainsi que 5 155 jalons et cibles au total à atteindre à l’horizon 2026.
Graphique 2: calendrier prévisionnel pour la réalisation des jalons et cibles
Contribution aux six piliers: Introduction sur la méthodologie
Conformément à l’article 3 du règlement FRR, les réformes et les investissements prévus dans les PRR devraient contribuer aux six piliers 17 qui définissent le champ d’application de la facilité, tout en tenant compte de la situation et des défis spécifiques de l'État membre concerné.
La Commission a élaboré une méthodologie pour rendre compte de la contribution de chaque plan aux six piliers de la facilité, dans laquelle chaque (sous-)mesure est balisée sous un domaine d’action primaire et un domaine d’action secondaire (selon une liste de domaines d’action établie par la Commission 18 ) qui sont associés à l’un des six piliers, en tenant compte du fait qu’une réforme ou un investissement peut se rapporter à plusieurs piliers. Dans la mesure du possible et comme cela est décrit ci-dessous, l’établissement de rapports sur les piliers est compatible avec d’autres exercices de balisage (dépenses liées au climat, numériques et sociales). Étant donné que chaque mesure contribue donc à deux des six piliers, la contribution totale estimée à l’ensemble des piliers présentée dans le graphique 2 s’élève à 200 % des fonds de la FRR alloués aux États membres.
Graphique 3: Part des fonds de la FRR contribuant à chaque pilier
Légende: Les parties plus foncées des colonnes représentent les mesures qui ont été balisées et attribuées au pilier en tant que domaine d’action primaire, tandis que les parties plus claires représentent des mesures balisées en tant que domaine d’action secondaire.
De plus, la Commission a adopté une méthode de déclaration des dépenses sociales dans le règlement délégué (UE) 2021/2105 (voir la section 1). Les réformes et investissements ayant une dimension sociale ont été associés à l’un des neuf domaines de la politique sociale, chacun lié à l’une des quatre catégories sociales (à savoir, l’emploi et les compétences, l’éducation et l’accueil de la petite enfance, les soins de santé et les soins de longue durée, et les politiques sociales) conformément à l’annexe du règlement délégué. À cela s’ajoute le balisage des mesures mettant l’accent sur les enfants et les jeunes ou sur l’égalité entre les femmes et les hommes qui figurent dans les plans approuvés. Toutefois, afin de préserver la cohérence entre tous les domaines d’action soutenus par les PRR (au-delà des domaines de la politique sociale), le présent rapport expose les mesures et les dépenses selon la méthodologie fondée sur les piliers.
Le règlement FRR exige en outre que chaque État membre consacre au moins 37 % de la dotation totale de son plan pour la reprise et la résilience à des mesures contribuant aux objectifs climatiques et au moins 20 % de la dotation totale aux objectifs numériques. Les PRR ont précisé et justifié la mesure dans laquelle chaque mesure contribue en tout (100 %) ou partie (40 %) aux objectifs climatiques et/ou numériques ou est sans incidence (0 %) sur ceux-ci. Les contributions aux objectifs climatiques et numériques ont été calculées respectivement sur la base des annexes VI (suivi de l'action pour le climat) et VII (étiquetage numérique) du règlement FRR, qui prévoient un «domaine d’intervention» pertinent ainsi qu’un coefficient pour le calcul du soutien aux objectifs climatiques ou numériques (0 %, 40 % ou 100 %). Chaque mesure des PRR a été balisée conformément à ces domaines d’intervention. La combinaison des coefficients avec les estimations de coûts de chaque mesure permet de calculer dans quelle mesure les plans contribuent aux objectifs climatiques et numériques.
3.2.Contribution de la facilité à la transition verte (pilier 1)
Objectif climatique
Environ 40 % de la dotation totale des plans se rapportent à des mesures de soutien aux objectifs climatiques et un certain nombre de PRR dépassent de manière substantielle l’objectif climatique de 37 % fixé dans le règlement (voir le graphique 4). Le montant total des dépenses consacrées au climat dans les 22 plans adoptés s’élève à 177,4 milliards d’EUR. Par ailleurs, les plans prévoient un montant de 16,3 milliards d’EUR pour les dépenses environnementales supplémentaires 19 , ce qui porte à 193,7 milliards d’EUR 20 (soit 43,5 % de la dotation totale) le montant total des dépenses balisées comme une contribution à la réalisation des objectifs climatiques ou environnementaux, tel qu’il a été calculé selon la méthode de suivi de l’action pour le climat.
Graphique 4: balise climatique et balise environnementale supplémentaire par État membre
Dépenses globales en faveur de la transition verte prévues dans tous les PRR
La FRR contribuera à la réalisation des objectifs de l’UE consistant à réduire d’au moins 55 % les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. Outre leur contribution à la réalisation de l’ambition climatique, les mesures soutenues par la FRR permettront également de progresser vers d’autres objectifs environnementaux tels que la réduction de la pollution atmosphérique, la promotion de l’économie circulaire ou la restauration et la protection de la biodiversité, la promotion de l’efficacité énergétique et l’accroissement du déploiement des sources d’énergies renouvelables. Conformément à la méthode d’établissement des rapports sur les piliers, il est estimé qu’un montant total de 224,1 milliards d’EUR de dépenses devrait être imputé au pilier de la transition verte (ce qui équivaut à 50 % des dépenses totales prévues dans les 22 plans).
Sous l’angle de l’approche fondée sur les six piliers, le montant global des dépenses au titre du pilier vert peut être ventilé en 11 domaines d’action, comme le montre le graphique 5 ci-dessous. Dans l’ensemble, les mesures figurant dans les PRR portent sur un large éventail de domaines allant, par exemple, de la mobilité durable, de l’efficacité énergétique, de l’énergie renouvelable et des réseaux à l’adaptation au changement climatique en passant par la biodiversité, l’économie circulaire et les compétences et emplois verts.
Graphique 5: ventilation des dépenses d’appui à la transition verte (pilier 1)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, selon une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond aux dépenses globales balisées sous chaque domaine d’action en tant que part du pilier de la transition verte.
Mobilité durable
La mobilité durable représente 32 % des dépenses totales au titre du pilier de la transition verte (coût total de 71,3 milliards d’EUR). D’importants investissements sont réalisés pour moderniser et étendre l’infrastructure ferroviaire, en particulier sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), et pour acquérir du matériel roulant moderne. Ces investissements constituent un vecteur essentiel pour réaliser un transfert modal vers un mode de transport respectueux de l’environnement et un soutien tant pour le transport de passagers que pour celui de marchandises. Sont également prévues, en nombre plus limité, d’autres mesures pour rendre plus verts les secteurs du transport par voie d’eau et de l’aviation, avec des investissements en faveur de l’écologisation des ports, par exemple avec l’installation d’une alimentation électrique à quai, et des aéroports, avec l’électrification des systèmes d’assistance au sol.
Le PRR de l’Italie prévoit de déployer 3 400 km dans le cadre du système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS). Le déploiement de l’ERTMS permettra d’assurer la fluidité des opérations transfrontalières de fret ferroviaire et de transport de voyageurs. Les investissements dans l’ERTMS contribuent à la fois aux transitions verte et numérique.
Des investissements significatifs visent également à améliorer la durabilité du transport routier, notamment en soutenant le déploiement d’infrastructures et de véhicules utilisant des carburants alternatifs et le développement de transports publics verts. Certains de ces investissements ont pour objectif principal d’aider les consommateurs à acheter des véhicules à émissions nulles, grâce à des incitations financières leur permettant de faire face au coût initial élevé que représente l’achat d’un véhicule électrique.
| Le plan pour la reprise et la résilience de l’Allemagne aidera les citoyens à passer à des véhicules électriques propres grâce à un soutien financier destiné à l’achat de 560 000 véhicules décarbonés. Cette mesure aura pour effet de réduire les prix d’achat des véhicules électriques et de stimuler le marché. Elle est complétée par d’autres projets, tels que le financement de l’installation de 50 000 points de recharge publics et de 400 000 points de recharge supplémentaires dans les bâtiments résidentiels. |
Les réformes du secteur des transports constituent un volet important de la plupart des PRR. Ces réformes portent sur le cadre réglementaire global et prévoient des stratégies visant à favoriser la mobilité urbaine et les transports en commun durables, ainsi que des mesures permettant de soutenir le déploiement des infrastructures de recharge ou l’acquisition de véhicules propres. Les plans incluent également des réformes ayant pour objectif d’ouvrir les services portuaires à la concurrence et de réformer le secteur maritime et celui de la navigation intérieure.
| Le PRR de la Roumanie prévoit des modifications réglementaires essentielles visant à encourager le transport routier à émissions nulles, des incitations en faveur des véhicules à émissions nulles et à faibles émissions, des programmes de primes à la casse pour remplacer les véhicules les plus polluants, des améliorations en matière de gouvernance et d’efficacité des entreprises publiques dans les secteurs des transports, l’adoption de règles de sécurité routière plus strictes et de mesures d’exécution, ainsi que des mesures incitatives en faveur du transport urbain durable. Il indique également que des investissements importants seront réalisés en vue de l’acquisition de matériel roulant à émissions nulles et modernisé, de la modernisation et du renouvellement des infrastructures ferroviaires, en particulier le long des corridors du RTE-T, de l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des infrastructures routières sur des tronçons spécifiques du réseau central RTE-T et du renforcement de la sécurité routière, ainsi que du développement du réseau de transport souterrain dans les municipalités de Bucarest et de Cluj-Napoc. |
Efficacité énergétique
L’efficacité énergétique représente 29 % des dépenses totales au titre du pilier de la transition verte (coût total de 64,4 milliards d’EUR). La majorité des investissements dans ce domaine concernent l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels (coût total de 28,4 milliards d’EUR) et ont généralement pour objectif de réduire la demande énergétique primaire de 30 % ou plus. Certains de ces investissements comprennent également des mesures qui visent à lutter contre la précarité énergétique, en ciblant les groupes vulnérables qui ne peuvent pas se permettre, en raison des coûts initiaux élevés, d’investir pour rendre leurs logements énergétiquement efficaces. Les rénovations de bâtiments publics sont bien représentées dans la majorité des plans (coût total de 20,2 milliards d’EUR), par exemple en ce qui concerne les écoles, les infrastructures sportives et les bâtiments historiques. Enfin, des investissements sont également réalisés pour la construction de nouveaux bâtiments publics et privés à haute efficacité énergétique. Outre les bâtiments, les investissements en matière d’efficacité énergétique dans d’autres secteurs contribueront à la décarbonation des processus de production dans les PME, les grandes entreprises et les installations de chauffage urbain, par exemple en promouvant l’intégration de technologies plus propres et plus économes en énergie dans les procédés de fabrication et la production centralisée de chaleur, pour un coût total de 6,5 milliards d’EUR.
| L’Espagne soutiendra plus d’un demi-million d’actions de rénovation énergétique dans les bâtiments résidentiels d’ici à 2026. Ces rénovations permettront d’atteindre en moyenne une réduction de la demande énergétique primaire d’au moins 30 %. Les investissements sont complétés par un ensemble cohérent de réformes, incluant la mise en place d’incitations fiscales et la création de bureaux de rénovation («guichets uniques») afin de faciliter les rénovations. Le PRR de la Belgique prévoit de stimuler la rénovation à visée d'efficacité énergétique des bâtiments en octroyant un soutien d’un montant total de plus de 1 milliard d’EUR. La vague de rénovation concernera plus de 200 000 logements privés et sociaux et couvrira plus d’un million de mètres carrés de bâtiments publics. Les besoins en matière de rénovation sont particulièrement importants en Belgique pour que le pays puisse atteindre les objectifs climatiques. Les rénovations à visée d'efficacité énergétique de logements privés et sociaux contribueront également à lutter contre la précarité énergétique. |
Les PRR prévoient plusieurs réformes visant à encourager la rénovation des bâtiments dans tous les secteurs: bâtiments privés et publics, logements et entreprises. Les réformes visent à mettre à disposition un soutien financier permettant d’effectuer des rénovations plus efficaces (par exemple, au moyen d’un guichet unique) et plus respectueuses de l’environnement. Elles prévoient notamment des mesures pour remplacer les systèmes de chauffage obsolètes et encourager l’utilisation d’énergies renouvelables ou de chauffage urbain.
Énergies renouvelables et réseaux
Dans l’ensemble, les dépenses totales estimées en énergie propre (énergies renouvelables et réseaux) représentent 12% des dépenses totales au titre du pilier de la transition verte (coût total de 26,7 milliards d’EUR) 21 . Environ deux tiers de l’investissement global dans ce domaine seront consacrés aux technologies liées aux énergies renouvelables, le montant restant étant alloué aux investissements dans les réseaux et infrastructures énergétiques (tels que le déploiement de solutions de stockage de l’énergie et de réseaux intelligents). Les mesures sont axées sur la création de parcs éoliens en mer ou terrestres (et d’infrastructures connexes telles que des îlots énergétiques), l’installation de panneaux photovoltaïques et la construction de sites industriels utilisant des énergies renouvelables.
| Le plan de la Lituanie vise à soutenir les entreprises privées, les agriculteurs et les communautés d’énergie renouvelable pour l’acquisition et l’installation de centrales solaires et éoliennes terrestres, ainsi que d’infrastructures de stockage. Il prévoit également le lancement de programmes de production d’énergie renouvelable issue la biomasse, ainsi que la création d’installations de production de biocarburants et de biométhane. |
Les 15 PRR comprennent des mesures consacrées, en partie ou exclusivement, à l’hydrogène, lequel devrait jouer un rôle important pour parvenir, à long terme, à la neutralité climatique. Dans ce contexte, les PRR des États membres contribueront à accroître d’au moins 9,3 milliards d’EUR les investissements dans l’hydrogène renouvelable et à faible intensité de carbone (incluant l’utilisation de l’électricité provenant du réseau, qui devrait en parallèle être décarbonée). De nombreux investissements dans les PRR portent sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, de la production au transport, du stockage jusqu’à l’utilisation finale dans les secteurs industriels et les transports où il est difficile de réduire les émissions.
Les PRR prévoient également de réformer le cadre d’action en faveur des énergies renouvelables, notamment en adoptant de nouveaux régimes d’aide ou en prolongeant ceux existants, ou encore en simplifiant les procédures administratives telles que les modalités d’autorisation ou d’aménagement du territoire pour faciliter le déploiement de ces énergies. Les réformes incluses dans les PRR visent généralement à créer un environnement réglementaire stable et à mettre en place des synergies appropriées entre les investissements publics et privés.
Les PRR envisagent également la mise en œuvre de réformes spécifiques visant à rationaliser le fonctionnement efficace des marchés de l’électricité et le développement de nouvelles installations de production d’énergie renouvelable afin d’atteindre les cibles fixées dans les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC). Les réformes prévues dans les PRR accéléreront le développement de nouvelles installations permettant d’atteindre les cibles fixées dans le PNEC, notamment en facilitant l’autorisation des projets dans le domaine des énergies renouvelables et en renforçant les mécanismes de soutien financier. Les PRR comprennent également des réformes spécifiques visant à rationaliser le fonctionnement efficace des marchés de l’électricité, en particulier dans le but de faciliter le développement d’un système énergétique plus flexible. Ces changements sont essentiels pour soutenir la part élevée que les énergies renouvelables devraient représenter à l’avenir. Des réformes de la législation relative au marché de l’électricité sont incluses dans plusieurs PRR afin de permettre, en particulier, le déploiement de réseaux, la mise en place de solutions de stockage de l’énergie et la participation active de la demande afin d’accroître la fiabilité du système. Les réformes amélioreront également la concurrence sur le marché et aideront à créer un environnement réglementaire stable. En fin de compte, ces réformes contribueront à l’établissement d’un marché de l’énergie plus fiable et plus autosuffisant en Europe, capable de répondre à la demande énergétique croissante.
| Afin de soutenir et de faciliter le déploiement de l’hydrogène renouvelable, la Roumanie modifiera le cadre législatif et réglementaire existant, en particulier pour les secteurs des transports et de l’énergie (gaz et électricité). La réforme qui prévoit l’adoption d’une stratégie et d’un plan d’action nationaux pour l’hydrogène éliminera les obstacles législatifs et administratifs au développement de la technologie de l’hydrogène renouvelable et contribuera à la réalisation des futurs objectifs ciblés nationaux et européens en matière de production, de stockage, de transport et d’utilisation de l’hydrogène renouvelable d’ici à 2030. |
Biodiversité, économie circulaire, ressources aquatiques durables, prévention et réduction de la pollution
Les PRR prévoient des mesures pertinentes pour les politiques environnementales, principalement dans quatre domaines: biodiversité et écosystèmes; économie circulaire, prévention et recyclage des déchets; ressources hydriques et marines; et prévention et réduction de la pollution. Ces quatre politiques représentent 13 % des dépenses totales au titre du pilier de la transition verte (dépenses totales de 28,8 milliards d’EUR).
En ce qui concerne la biodiversité, les mesures ciblent la conservation de la biodiversité terrestre et marine, la restauration des écosystèmes et des infrastructures vertes, la connectivité écologique reposant sur des solutions fondées sur la nature, la gestion durable des forêts ainsi que la lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
L’Irlande prévoit par exemple de soutenir la restauration des tourbières, une mesure susceptible de favoriser le retour de la flore et de la faune dans ces zones. D’après les estimations, le plan irlandais devrait permettre, sur une période de 30 ans, d’éviter 3,3 millions de tonnes d’émissions de CO2 grâce à la mise en œuvre des mesures de réhabilitation renforcées.
En ce qui concerne l’économie circulaire et la gestion des déchets, les PRR comprennent des investissements liés à la fois à des actions à court terme et à des activités de R&D: par exemple, certains investissements ont pour but d’accroître la circularité de secteurs spécifiques, tels que le plastique, la construction ou le textile, tandis que les activités de R&D visent à élaborer des solutions à plus long terme en matière de réduction de déchets plastiques et de promotion de la bioéconomie. De nombreux investissements et réformes ont pour objectif d’améliorer la gestion des déchets en modernisant les installations de tri et de gestion et en accordant une attention particulière au traitement des biodéchets. Par exemple, plusieurs États membres se sont engagés à améliorer leur cadre législatif national afin de promouvoir une économie plus circulaire en taxant la mise en décharge ou l’incinération des déchets et en encourageant la réutilisation d’équipements électriques ou de récipients alimentaires en plastique.
La Belgique soutiendra la minimisation des déchets radioactifs générés lors du démantèlement des centrales nucléaires belges par l’utilisation de techniques de décontamination.
L’Italie entend adopter un programme national pour l’économie circulaire et un programme pour la gestion des déchets. Afin de soutenir et d’encourager les pratiques de recyclage, l’Italie prévoit de mettre en place un nouveau système numérique de traçabilité des déchets et de réviser la fiscalité environnementale afin de rendre le recyclage moins coûteux que la mise en décharge. Le plan introduit également un soutien technique aux autorités locales afin de les aider à passer des marchés publics dans le domaine de la gestion des déchets, par exemple en ce qui concerne l’élaboration de plans de gestion des déchets ou la transparence des procédures de passation.
Pour ce qui est de l’utilisation durable et de la protection des ressources hydriques, une part importante des mesures est axée sur la gestion de l’eau, y compris en incluant des dispositifs de mesure pour le captage d’eau, ce qui permet de combiner des objectifs climatiques et numériques. Le plan prévoit également d’autres types de mesures en rapport avec la gestion de l’eau portant sur l’approvisionnement en eau potable sûre, propre et abondante, ainsi que sur le traitement de la collecte des eaux usées. Certaines mesures ont également trait à l’amélioration de l’efficacité de l’irrigation. Les mesures de prévention et de réduction de la pollution concernent la mise en place de zones à faibles émissions ou la diminution de la pollution dans les ports.
Adaptation au changement climatique
L’adaptation au changement climatique dans les activités vertes représente environ 6 % des dépenses totales au titre du pilier de la transition verte (dépenses totales estimées de 12,5 milliards d’EUR). Les mesures prévues dans les plans concernent principalement l’atténuation des risques d’inondation, la gestion des forêts et la prévention des incendies.
Étant un pays particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, Chypre a prévu des mesures de protection et de prévention contre les inondations et les incendies de forêt. Un plan d’action sur la gestion des ressources aquatiques assorti de mesures d’adaptation y est inclus. Les mesures relatives à la lutte contre les inondations et à la collecte de l’eau visent à améliorer les infrastructures anti-inondations existantes ou à en créer de nouvelles. Dans l’ensemble, le plan a pour but de promouvoir une meilleure utilisation de l’eau et de renforcer la sécurité et l’exploitation durable des infrastructures hydrauliques. Sont également prévues des mesures permettant d’accroître la capacité de réaction du pays face aux incendies de forêt, au moyen de la fourniture de véhicules et d’équipements anti-incendies dans le but de réduire le risque et la propagation des feux, et de renforcer la protection contre les risques auxquels sont confrontés les citoyens, les infrastructures et les forêts en raison de ces incidents.
La Grèce inclut une mesure spécifique qui vise à protéger certains sites et monuments du patrimoine culturel par la mise en œuvre de projets ciblés et la construction d’infrastructures adaptées à la prévention des risques climatiques spécifiques et des dangers associés au changement climatique.
Autres investissements liés au climat (R&D&I, compétences vertes et emplois verts, décarbonation de l’industrie)
De nombreux PRR comprennent des mesures en faveur de la R&D&I au titre des activités vertes, qui représentent 6 % du total des dépenses relevant du pilier de la transition écologique (total estimé à 13,4 milliards d’EUR), notamment en liaison avec la production d’énergie verte à l’hydrogène, le captage et au stockage du carbone, l’économie circulaire et le secteur aérospatial, en mettant l’accent sur des émissions faibles et nulles.
Les PRR prévoient en outre des réformes liées aux compétences vertes et aux emplois verts (1,5 milliard d’EUR). Ils couvrent les investissements contribuant aux initiatives de reconversion et de perfectionnement professionnels, ainsi que les réformes visant à élaborer et à mettre en œuvre de nouvelles mesures ciblées de politique active de l’emploi en vue de répondre aux besoins de la transition écologique. Au nombre de ces mesures figurent notamment le soutien à l’emploi, les politiques éducatives et d’autres politiques actives du marché du travail.
La Croatie a l’intention d’adopter de nouveaux cadres pour stimuler l’emploi lié à la transition écologique, grâce à des subventions aux stages verts et des subventions au travail indépendant dans le secteur des emplois verts, et établira des chèques compétences destinés aux chômeurs de longue durée et aux personnes moins employables appartenant à des groupes vulnérables, de manière à leur apporter des compétences vertes.
L’Espagne entend adopter un plan d’action contre le chômage des jeunes, qui introduira trois programmes innovants ciblant les jeunes demandeurs d’emploi, notamment des formations en milieu professionnel dans le cadre d’ateliers scolaires publics, une première expérience professionnelle dans les administrations publiques et des possibilités professionnelles pour les jeunes chercheurs.
Les PRR comprennent également d’autres investissements qui visent à atténuer le changement climatique (5,4 milliards d’EUR), mais qui ne sont pas pris en compte dans les catégories énumérées ci-dessus, tels que l’introduction de taxes sur les émissions dans l’industrie, l’entrée en vigueur de vastes plans d’action nationaux pour le climat, la conception de cadres réglementaires pour les marchés de l’hydrogène et du CO2 et la promotion de l’agriculture biologique.
Principe consistant à ne pas causer de préjudice important (DNSH)
Le principe DNSH est une caractéristique essentielle du règlement FRR qui garantit que la FRR débouche sur des plans ambitieux contribuant à la transition écologique et à une reprise durable, tout en évitant le verrouillage d’actifs et d’activités non durables. Le règlement FRR prévoit qu’aucune mesure incluse dans un PRR ne devrait causer de préjudice important à l’un des six objectifs environnementaux au sens de l’article 17 du règlement Taxonomie. Ces six objectifs environnementaux sont les suivants: l’atténuation du changement climatique, l’adaptation au changement climatique, l’utilisation durable et la protection des ressources hydrologiques et marines, la transition vers une économie circulaire, la prévention et le contrôle de la pollution, la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.
Pour chaque mesure, l’État membre concerné a réalisé et présenté dans le plan une autoévaluation DNSH détaillée, fondée sur les orientations techniques DNSH 22 publiées par la Commission , de manière à faire en sorte que les mesures prévues dans le plan ne causent pas de préjudice important à aucun des six objectifs environnementaux. L’autoévaluation a servi de base à l’évaluation DNSH des plans par la Commission. Pour plusieurs mesures, la Commission a mené des discussions approfondies avec les États membres afin de déterminer et d’évaluer le respect du principe DNSH avant l’approbation des plans et d’identifier les conditions spécifiques requises pour assurer le respect du principe DNSH.
La décision d’exécution du Conseil approuvant les plans nationaux pour la reprise et la résilience comporte des valeurs intermédiaires et des valeurs cibles détaillées destinées à vérifier la mise en œuvre du plan. Les décaissements effectués au titre de la facilité seront liés à la réalisation satisfaisante de ces mesures de mise en œuvre. Les décisions d’exécution du Conseil comportent des dispositions spécifiques en matière de DNSH dans les jalons et les cibles de plusieurs mesures (par exemple, mesures dans les domaines de la rénovation énergétique; la production d’énergie; la gestion de l’eau; les transports; l’aide à la décarbonation; les régimes horizontaux et instruments financiers). Ces dispositions permettent de faire en sorte que les États membres fournissent les éléments nécessaires au respect des conditions DNSH pour une cible ou un jalon donné.
3.3Contribution de la facilité à la transformation numérique (pilier 2)
Objectif numérique
Le règlement FRR exige qu’au moins 20 % de la dotation totale de chaque PRR soutienne les objectifs numériques. Les réformes et les investissements proposés par les États membres ont dépassé l’objectif des 20 %: le total des dépenses numériques dans les plans adoptés s’élève à 117 milliards d’EUR, soit environ 26 % de l’enveloppe totale du plan, calculée selon la méthode de marquage numérique. 23 .
Graphique 6: Contribution aux objectifs numériques en pourcentage du PRR
Transformation numérique
Les PRR comprennent une série de mesures soutenant le pilier de la transformation numérique, telles que le déploiement de la 5G et de réseaux de très hautes capacités, le développement des compétences numériques de la population en général et des travailleurs en particulier, l’intégration des technologies numériques dans les processus administratifs, le soutien à la numérisation des PME ainsi que la R&D et le déploiement de technologies de pointe. Selon la méthode d’établissement des rapports sur les piliers, un total de près de 130 milliards d’EUR de dépenses est alloué au pilier de la transformation numérique (29 % du total des dépenses dans les 22 plans). Plus d’un tiers des dépenses numériques est consacré à la numérisation des services publics, y compris la numérisation des transports (36 %, soit 47 milliards d’EUR), qui devance les mesures de soutien à la numérisation des entreprises (20 %, soit 26 milliards d’EUR) et au capital humain (20 %, soit 26 milliards d’euros), voir graphique 7 ci-dessous.
Graphique 7: Ventilation des dépenses en faveur de la transformation numérique (pilier 2)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, en fonction d'une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond au total des dépenses affectées à chaque domaine d’action au titre du pilier «transformation numérique».
Administration en ligne et services publics numériques
Les mesures de soutien à la numérisation des services publics et à l’administration en ligne représentent plus d’un tiers des dépenses numériques financées par la facilité pour les 22 PRR adoptés (47 milliards d’EUR, soit 36 % du pilier de la transformation numérique). Ces mesures visent à moderniser et à améliorer les processus d’administration publique, afin de les rendre plus conviviaux, plus axés sur les citoyens et plus interopérables, et de favoriser l’accès aux services publics numériques ainsi que leur adoption par les particuliers et les entreprises. De nombreux PRR prévoient des réformes visant à introduire ou à améliorer des solutions d’administration en ligne, telles que le déploiement de l’identification électronique, à garantir l’interopérabilité des plateformes publiques numériques et à améliorer la collecte et la gestion des données.
| Le plan de la Croatie prévoit un investissement en vue de permettre aux citoyens d’utiliser facilement les services publics en ligne sur leur smartphone, en créant une plateforme de services numériques mobiles en ligne. Ce plan encourage l’utilisation de signatures électroniques dans les interactions entre les citoyens et les administrations publiques et prévoit un investissement pour le déploiement de la carte d’identité numérique croate, afin que les utilisateurs des identifiants électroniques puissent signer des documents sur des plateformes mobiles. Le PRR croate comprend également une mesure visant à mettre en place un «guichet unique» harmonisant et centralisant le helpdesk des services en ligne de l’ensemble des administrations publiques, de façon à assurer une meilleure communication avec les administrations publiques, un accès plus rapide à l’information et des possibilités de transmettre des retours d’information ou d’évaluer la qualité des interactions avec les fonctionnaires. |
Un certain nombre de PRR comprennent des investissements visant à intégrer des technologies avancées dans les processus gouvernementaux (telles qu’une infrastructure en nuage pour les administrations publiques), ainsi qu’à renforcer les capacités du secteur public en matière de cybersécurité. Les infrastructures en nuage des administrations publiques devraient simplifier l’interaction des citoyens avec les autorités publiques en diminuant le temps de traitement des informations, en réduisant le coût des services publics et en renforçant la sécurité des données sensibles. Un certain nombre de plans visant à renforcer la capacité de l’État en matière de cybersécurité sont également dûment pris en considération, étant donné que la cybercriminalité a démontré son potentiel de blocage de services publics essentiels.
| Le plan de la Grèce comporte un volet consacré à la transformation numérique des entités publiques, qui englobe des stratégies de grande envergure en matière de cybersécurité et de gouvernance des données, ainsi qu’une utilisation étendue des technologies avancées, telles que l’informatique en nuage et les mégadonnées. Le PRR de Malte prévoit un investissement visant à numériser davantage la direction maltaise de la marine marchande en développant un certain nombre d’outils et de systèmes informatiques (tels que le système de gestion des documents, y compris la numérisation de 15 000 dossiers de transport physiques, le système de gestion des navires, une interface maritime numérique, le système de gestion des gens de mer et l’outil d’analyse maritime). L’investissement dans les services numériques et dans une infrastructure en nuage contribuera à assurer des pratiques réglementaires plus efficaces et à améliorer le fonctionnement interne, les relations avec la clientèle et la bonne administration au sein de la direction, dans un secteur qui revêt une importance capitale pour l’économie maltaise. |
De nombreux PRR comprennent des mesures visant à numériser les systèmes nationaux de soins de santé, notamment par l’extension du champ des services de télémédecine, la consolidation des registres nationaux fragmentés de la santé et la garantie de l’interopérabilité et de la sécurité des plateformes numériques de santé.
| Le plan slovène prévoit des mesures visant à intégrer de nouveaux services numériques dans le secteur de la santé, à promouvoir l’utilisation des technologies de l’information pour communiquer avec les patients et les parties prenantes, à introduire un suivi de la qualité fondé sur des données en temps réel, à améliorer la gestion des capacités et des patients et à améliorer la planification des installations hospitalières, des services médicaux et des exigences matérielles. |
La numérisation des services publics concerne plusieurs domaines d’action et crée des synergies avec les cinq autres piliers soutenus par la facilité. Par exemple, à travers le soutien apporté au pilier vert, certains investissements reflètent le rôle clé de la numérisation dans la durabilité et la résilience des systèmes de transport de l’UE, notamment à travers des systèmes de transport intelligents (STI), par la mise en place d’outils de gestion de la mobilité urbaine, la billetterie multimodale et les systèmes d’information multimodale des passagers ainsi que l’extension de la couverture du système européen de gestion du transport ferroviaire.
| Le PRR de la Finlande soutient le projet Digirail visant à introduire le système européen de gestion du trafic ferroviaire sur l’ensemble du réseau ferroviaire national d’ici à 2040, ainsi que le futur système de communication mobile ferroviaire fondé sur la 4G et la 5G. |
Le capital humain dans la numérisation
Les PRR comportent un large éventail de mesures visant à soutenir le développement des compétences numériques, pour un coût total estimé à 26 milliards d’EUR, ce qui représente 20 % du pilier de la transformation numérique. La plupart des plans comprennent des mesures visant à accroître les niveaux de compétences numériques au sein de la population générale et parmi les travailleurs. Certains plans prévoient également des mesures visant à favoriser les compétences numériques avancées et à former les professionnels des TIC, moyennant l’élaboration de modules de formation aux technologies numériques avancées dans l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la nécessité d’une numérisation de l’éducation, et un certain nombre de plans pour la reprise et la résilience comprennent des mesures pertinentes.
| Le PRR du Portugal comprend un investissement – l’«Académie numérique» – qui offrira une formation sur mesure à la population active portugaise afin d’accroître le nombre de travailleurs ayant des compétences numériques. Au total, 800 000 participants bénéficieront d’un bilan personnalisé de leurs besoins en compétences numériques et suivront une formation ciblée dans ce domaine. Le PRR de la Lettonie comporte une mesure visant à accroître sensiblement le nombre de spécialistes possédant des compétences numériques avancées. La mesure consiste à développer environ 20 modules de formation aux compétences numériques avancées pour des technologies de pointe telles que le calcul quantique, le calcul à haute performance et les technologies linguistiques. Les modules de formation seront inclus dans des programmes d’enseignement supérieur (licence, master et doctorat) ainsi que dans des programmes éducatifs destinés aux professionnels des entreprises. L’investissement permettra d’apporter un soutien aux 3 000 participants aux modules de formation avancés. Le PRR de l’Irlande prévoit une mesure qui vise à soutenir la transformation numérique de l’éducation et de la formation à tous les niveaux (écoles, enseignement supérieur, apprentissage tout au long de la vie), à intégrer les compétences numériques essentielles dans tous les contextes et à lutter contre le risque de fracture numérique. |
Numérisation des entreprises
L’ensemble des PRR adoptés comprennent des mesures de soutien à la numérisation des entreprises, pour un montant total de 26 milliards d’EUR, ce qui représente 20 % du pilier de la transformation numérique. Au nombre des mesures prévues dans ce domaine figurent des réformes essentielles, les plus importantes étant celles qui visent à simplifier les procédures administratives pour les entreprises et à créer les bases d’un environnement numérique des entreprises, avec des actions dans le domaine de la création et de l’enregistrement des entreprises numériques, de la confiance et de la cybersécurité. Ces mesures devraient accroître la confiance dans l’adoption des technologies numériques, ce qui aura un effet positif tant sur leur application que sur l’intensité de leur utilisation. Les réformes liées à la numérisation de la facturation devraient également avoir une incidence positive sur la numérisation des entreprises.
| L’Allemagne mettra en œuvre la loi sur l’accès en ligne et la modernisation des registres, ce qui devrait réduire la charge administrative pesant sur les entreprises, et notamment les PME. Ces réformes ouvrent la voie à l’introduction et à l’application effective du principe de la transmission unique d'informations par des moyens numériques. L’Espagne adoptera des sas réglementaires pour réglementer l’utilisation de l’intelligence artificielle, y compris des mesures législatives relatives à l’utilisation des données, au respect de la vie privée et aux questions éthiques. |
Un certain nombre de plans prévoient des investissements destinés à soutenir l’intégration des technologies numériques avancées dans les processus de production des entreprises (automatisation, intelligence artificielle, etc.). Ce type de soutien peut prendre plusieurs formes, telles que des services d’accompagnement et de conseil (y compris par l’intermédiaire de pôles d’innovation numérique), des prêts, des subventions ou des crédits d’impôt pour l’achat de biens corporels (machines/équipements techniques) et incorporels (logiciels/formations) ou encore des mesures structurelles (y compris sas réglementaires 24 ). En outre, plusieurs plans incluent des investissements spécifiques à un domaine donné (par exemple, pour de nouveaux procédés dans le cadre d’activités commerciales) ainsi que des investissements spécifiques à une branche d’activité (par exemple, pour le secteur du tourisme ou les constructeurs/fournisseurs de véhicules).
| Le plan autrichien prévoit un solide ensemble de mesures visant à soutenir et à faciliter la numérisation des entreprises. Il comprend notamment des investissements ciblés pour aider les PME à adopter les technologies numériques, dont le niveau d’utilisation avait été un frein à la croissance de la productivité. Le plan du Danemark contient des mesures qui doivent favoriser la numérisation des PME en étendant le dispositif «SME: Digital», qui existe déjà et qui accorde des subventions aux PME afin qu’elles numérisent leurs activités et qu’elles étendent l’utilisation de nouvelles technologies avancées ainsi que de solutions de commerce en ligne. L’Italie a réorganisé et remanié un certain nombre de mesures existantes dans le cadre de son régime «Transition 4.0», qui prévoit un crédit d’impôt pour les entreprises investissant dans des biens matériels (machines numériques et automatisées) et immatériels (logiciels) de l’industrie 4.0, le but étant de favoriser la modernisation et la numérisation du secteur de la production. |
Dans l’ensemble, les grandes comme les petites entreprises bénéficient d’investissements favorisant la numérisation des entreprises. Toutefois, la plupart des plans comprennent également des mesures ciblant spécifiquement les PME, étant donné que les petites entreprises sont confrontées à des défis plus importants en matière d’adoption des technologies numériques.
Connectivité
La grande majorité des PRR prévoient des investissements dans la connectivité, ce qui représente un coût estimé à 13 milliards d’EUR correspondant à 10 % du pilier de la transformation numérique. Ce volet couvre un large éventail d’actions dont les objectifs contribuent au déploiement de réseaux fixes et sans fil à très haute capacité, conformément aux objectifs de l’UE pour la décennie numérique, consistant à faire en sorte que l’ensemble des ménages européens aient accès à une couverture internet à haut débit d’ici à 2025 ainsi qu’à une connectivité en gigabit d’ici à 2030. De nombreux PRR comprennent des investissements soutenant le déploiement de la 5G ou de réseaux fixes à très haut débit ou à très haute capacité afin de réduire la fracture numérique.
| À travers le programme «Broadband Austria 2030», le PRR de l’Autriche inclut des investissements dans les réseaux gigabit qui visent la moitié des ménages autrichiens disposant de connexions de ce type, en offrant une vitesse de téléchargement descendant et ascendant d’au moins 100 Mbit/s ainsi que le déploiement d’une nouvelle connectivité gigabit symétrique, qui profitera en particulier aux régions rurales. Le PRR de la Croatie financera le développement d’infrastructures à haut débit dans les zones où l’intérêt commercial est insuffisant, ce qui contribuera à réduire la fracture numérique dans le pays, l’objectif étant d’atteindre 700 000 habitants dans les régions concernées. |
Certains PRR prévoient également des investissements en vue de l’installation d’infrastructures à fibre optique dans les bâtiments, ainsi que des investissements qui peuvent également avoir une dimension transfrontière, tels que les couloirs 5G et les câbles sous-marins à fibre. En outre, plusieurs PRR comprennent des réformes d’accompagnement conformes aux bonnes pratiques pour le déploiement en temps utile de la 5G et du haut débit rapide, comme le prévoit la «boîte à outils pour la connectivité» 25 : ces réformes devraient faciliter les investissements des opérateurs privés dans les réseaux à très haute capacité, notamment en supprimant les obstacles administratifs inutiles aux investissements dans les réseaux, en accélérant les procédures d’autorisation pour les investissements visant au déploiement de réseaux sans fil et de réseaux VHCN fixes, en réduisant les coûts de déploiement et en facilitant les processus de déploiement des réseaux.
| Le PRR de Chypre financera l’installation de nouveaux câbles sous-marins permettant de relier Chypre au système grec, grâce auxquels le pays aura accès à certains des principaux échanges internet de la région et améliorera la connectivité sur l’île. Le PRR de l’Italie financera cinq mesures qui devraient contribuer au réseau national de télécommunications ultrarapides et 5G sur l’ensemble du territoire: Italia 1 Giga, Italia 5G, écoles connectées, infrastructures de soins de santé connectées et petites îles connectées. En ce qui concerne les réformes d’accompagnement, les plans de l’Autriche et de la Grèce respectent les principes de la «boîte à outils pour la connectivité» et prévoient, par exemple, des réformes visant à simplifier les procédures de déploiement du haut débit, notamment en supprimant les obstacles administratifs inutiles, en accélérant les procédures d’octroi de licences et en réduisant les coûts de déploiement. |
R&D dans le numérique, capacités numériques et déploiement de technologies avancées
La plupart des PRR comprennent des mesures soutenant la recherche et le développement dans le domaine des technologies numériques et/ou des investissements dans les capacités numériques et le déploiement de technologies avancées, pour un montant total d’environ 18 milliards d’EUR, ce qui représente environ 14 % de la contribution totale au pilier de la transition numérique. Ces mesures correspondent principalement à des investissements dans des activités de R&D&I dans des domaines tels que la microélectronique, l’informatique en nuage, la cybersécurité et l’intelligence artificielle, ainsi que dans les infrastructures, notamment les supercalculateurs et les réseaux de communication quantique. Ces investissements seront parfois réalisés dans le cadre de projets plurinationaux (voir partie ci-dessous). Certains PRR prévoient également des réformes visant à compléter ces investissements, dans le but d’adapter les outils stratégiques de R&I afin de mieux soutenir le développement de ces domaines technologiques, ou le cadre juridique et administratif (notamment en ce qui concerne la gouvernance et la gestion des données) afin de permettre l’adoption des technologies correspondantes.
| Le plan de l’Allemagne comporte une initiative européenne transfrontière à grande échelle qui vise à investir dans la prochaine génération de services et d’infrastructures en nuage, afin de favoriser le déploiement industriel de solutions intelligentes en nuage et en périphérie qui soient hautement innovantes, très sûres, économes en énergie et pleinement conformes aux dispositions relatives à la protection des données. Le PRR autrichien financera des infrastructures de recherche et des collaborations visant, entre autres, à élargir la base de connaissances pour le développement (ultérieur) de concepts technologiques ainsi que de matériel et de logiciels pour l’informatique quantique, la simulation et la communication. La Belgique, l’Espagne et la Slovénie soutiendront la numérisation des secteurs de la culture et des médias. Des investissements importants permettront de doter les opérateurs de la culture et des médias d’outils technologiques pour la numérisation et de soutenir et de promouvoir la transformation numérique des grandes institutions culturelles, améliorant ainsi l’accessibilité du patrimoine culturel. |
3.4Contribution de la facilité à une croissance intelligente, durable et inclusive (pilier 3)
Les mesures contribuant au pilier «croissance intelligente, durable et inclusive» concernent plus d’un millier de mesures des 22 PRR, pour un montant total d’environ 223 milliards d’EUR. Ces mesures concernent des domaines très divers, allant du soutien aux PME en matière de recherche, de développement et d’innovation, jusqu’aux réformes visant à améliorer l’environnement des entreprises et la compétitivité. Elles couvrent également d’importants investissements destinés à soutenir une croissance intelligente et durable, tels que le soutien de l’Espagne à la numérisation et à l’innovation (3 milliards d’EUR), la «Transizione 4.0» de l’Italie (10,8 milliards d’EUR), ou la capitalisation par le Portugal de sa «Banco Nacional de Fomento» (1,5 milliard d’EUR). Ces mesures couvrent également un large éventail de réformes, notamment dans des domaines essentiels du marché unique, tels que les professions réglementées (Portugal, Croatie), le statut des artistes et des travailleurs culturels (République tchèque, Grèce, Espagne, Roumanie) la propriété intellectuelle (Italie, Grèce), la surveillance du marché (Italie), l’insolvabilité (Italie, Slovaquie) et les marchés publics (Italie, Grèce, Slovaquie, Roumanie et Lettonie).
Graphique 8: Ventilation des dépenses visant à soutenir une croissance intelligente, durable et inclusive (pilier 3)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, en fonction d'une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond au total des dépenses affectées à chaque domaine d’action au titre du pilier «croissance intelligente, durable et inclusive».
R&D&I
L’ensemble des PRR comprennent des mesures liées à la recherche, au développement et à l’innovation, pour un montant total de 44 milliards d’euros 26 . Le montant des investissements dans la R&I représente généralement entre 4 % et 13 % des subventions allouées au titre de la FRR d’un pays, avec quelques valeurs aberrantes inférieures ou supérieures à cette fourchette et une moyenne d’environ 10 %.
Plusieurs PRR comprennent des investissements et des réformes susceptibles d’avoir un réel effet transformateur sur la physionomie du système de R&I des États membres, ce qui permettra de le développer sur une durée de plusieurs années. Par exemple, dans plusieurs États membres d’Europe de l’Est et du Sud, qui associent à la fois une forte ventilation de subventions au titre de la FRR et une faible intensité de R&D, les investissements inclus dans les PRR représentent plus d’un an d’investissements publics dans la R&I (valeurs pré-COVID). En outre, dans certains de ces pays, ces investissements sont liés à d’importantes réformes politiques en matière de R&I. Les réformes proposées visent souvent à réduire la fragmentation du système de recherche scientifique par la consolidation des instituts de recherche ou à accroître l’attrait des carrières dans la recherche au sein des institutions publiques en modifiant les politiques de recrutement, de rémunération et de gestion des carrières.
Le PRR slovaque prévoit une réforme qui favorisera la concentration d’excellentes capacités d’enseignement et de recherche en réunissant les universités au sein d’entités plus vastes. La réforme devrait également permettre d’accroître la coopération entre les organismes de recherche universitaire et les entreprises.
Le PRR croate comprend un programme de réformes visant à renforcer la base scientifique publique en introduisant un nouveau système de financement fondé sur les performances des universités et des organismes publics de recherche, en renforçant l’attrait des carrières dans la recherche et en révisant le cadre d’avancement des chercheurs.
Les réformes visent également à alléger la charge administrative liée à l’accès au financement public pour les activités de R&I et à soutenir le transfert de connaissances et de technologies (des instituts de recherche publics vers le secteur privé) par la création d’entités appropriées (bureaux, agences) ainsi que la suppression des obstacles à la collaboration entre les universités et les entreprises. Dernier point, mais non des moindres, les réformes incluses dans les PRR visent également à améliorer la coordination entre les différents niveaux de gouvernance des politiques de R&I et d’éducation, de manière à répondre aux besoins en compétences et à améliorer l’employabilité, en particulier celle des jeunes.
Un grand nombre de PRR contiennent des investissements thématiques dans le domaine de la R&I, qui permettront de mobiliser les capacités de R&I en vue d’accélérer les transitions écologique et numérique et de renforcer la résilience, conformément aux programmes de l’UE (environ 37 % et 22 % du coût estimé des mesures liées à la R&D&I ont effectivement été identifiés comme contribuant respectivement aux objectifs écologique et numérique). Ces investissements thématiques consisteront principalement à fournir un soutien financier aux activités et aux infrastructures de R&I. Certains États membres ont également prévu des investissements visant à soutenir les partenariats Horizon Europe et le financement de projets d’excellence ayant bénéficié du «label d’excellence» au titre d’Horizon Europe.
Le PRR du Danemark vise à inciter les secteurs public et privé à stimuler la R&D, en particulier dans le domaine des technologies vertes innovantes, grâce à la mise en place de quatre partenariats public-privé appelés «partenariats verts», le but étant d’élaborer des solutions permettant de réduire les émissions dans les quatre domaines que constituent les transports, l’agriculture, l’alimentation et les déchets.
Soutien aux entreprises (y compris les PME, accès au financement et instruments financiers)
La plupart des PRR (19 sur 22) comprennent des mesures qui apportent un soutien direct aux PME, pour un montant de 44 milliards d’EUR, ce qui représente environ 22 % de l’estimation totale des dépenses pour le pilier 3 27 . Toutefois, les PME bénéficieront également d’un éventail plus vaste de mesures axées sur une politique aux visées étendues (par exemple, un appel à projets en faveur de la R&I dans les domaines vert et numérique, des instruments financiers ouverts à toutes les entreprises, des réformes de l’environnement des entreprises ayant une incidence sur les PME ainsi que sur les grandes entreprises, ou encore des mesures générales telles que la numérisation des services de l’administration publique, qui auront une incidence positive sur le fonctionnement des PME et sur les coûts qu’elles supportent, mais qui ne seront pas exclusivement destinées aux PME). Si l’on tient compte de ces mesures supplémentaires, tous les PRR comprennent des mesures pertinentes en ce qui concerne les PME, les dépenses concernées étant estimées à environ 109 milliards d’euros, soit près de 24 % du total. 28 .
Dans l’ensemble, le champ d’application des mesures en faveur des PME incluses dans les PRR couvre un large éventail de domaines, allant de l’amélioration de l’environnement des entreprises et de l’accès aux marchés publics à la numérisation des PME et à l’amélioration de leur durabilité environnementale. Un certain nombre de mesures visent également à améliorer la croissance et la résilience des PME en améliorant l’accès au financement, la reconversion et le perfectionnement professionnels des salariés ou le renforcement des capacités de recherche et de développement. Outre les mesures qui ciblent explicitement — et, dans certains cas, exclusivement — les PME, un certain nombre de mesures des PRR devraient également bénéficier indirectement aux PME. C’est le cas des investissements d’envergure soutenus par les PRR dans des secteurs à forte proportion de PME, tels que la construction et le tourisme ou l’appel à projets pour des activités de R&D auxquelles peuvent participer les PME innovantes.
| La Croatie mettra en place un certain nombre d’instruments financiers afin d’offrir des conditions de financement plus favorables, l’objectif étant d’allouer 1 300 prêts/bonifications d’intérêts aux PME. La Croatie investira également dans la capacité de gestion des PME en leur fournissant des conseils spécialisés. La Lettonie soutiendra les PME au moyen d’actions en matière de compétences numériques, de reconversion et de perfectionnement professionnels, ainsi que de soutien aux infrastructures numériques innovantes comme les solutions de l’industrie 4.0. Le PRR de la France soutiendra la rénovation énergétique des PME au moyen d’une mesure de crédit d’impôt et d’un régime spécifique pour soutenir les artisans, les petits commerçants et les travailleurs indépendants dans leurs travaux de rénovation énergétique. Le plan de la Finlande cible spécifiquement les PME en mettant l’accent sur l’accélération de la croissance des micro-entreprises et des petites entreprises, et en insistant sur le renforcement de leurs capacités d’internationalisation par l’octroi de subventions au développement. Dans le plan de l’Espagne, le soutien aux PME est fortement axé sur la numérisation, avec un vaste dispositif (3 milliards d’EUR) visant à fournir des mesures de base et des mesures plus avancées en matière de numérisation à une proportion significative de PME (boîte à outils numérique). Le plan de la Grèce prévoit également plusieurs investissements visant à promouvoir l’accès au financement pour les entreprises grecques, y compris les PME, au moyen d’un ambitieux mécanisme de prêt. Ces investissements seront alignés sur les cinq piliers stratégiques définis pour la facilité de prêt, à savoir la transition écologique, la numérisation, l’extroversion, les économies d’échelle grâce aux fusions et acquisitions et l’innovation (R&D). |
Dans le cadre du déploiement de leur PRR, les États membres disposent également d’une grande marge de manœuvre pour encourager la participation des PME à des projets de grande envergure ainsi que la coopération entre les petites et les grandes entreprises ou avec le monde universitaire.
| Le projet stratégique pour le véhicule électrique et connecté envisagé dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience de l’Espagne, PERTE, prévoit la mise en œuvre de plusieurs vastes projets intégrés, couvrant toute la chaîne de valeur pour le véhicule électrique et connecté, appelés «projets tracteurs». Il exige qu’au moins 40 % des participants à ces projets soient des PME et qu’au moins 30 % de l’ensemble des aides bénéficient aux PME. La mesure devrait contribuer au maintien et au développement de la participation des PME dans la chaîne de valeur de l’industrie automobile et créer de nouveaux débouchés commerciaux pour les jeunes pousses et les PME. |
Environnement des entreprises
La plupart des PRR comprennent des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, les réformes et les investissements représentant 17,2 milliards d’EUR et 8,5 % de l’estimation des dépenses dans ce domaine. En particulier, les mesures visent à faciliter les affaires en réduisant les formalités administratives pour les entreprises et les entrepreneurs, en libéralisant la réglementation des entreprises et en réduisant les restrictions dans les professions hautement réglementées. Les mesures visent également à attirer les investissements et les talents étrangers ou à développer des secteurs clés tels que la culture et le tourisme. Certains PRR introduisent des trains de réformes visant à accroître la compétitivité des concessions publiques et des marchés publics.
| Le PRR de la Grèce comprend une réforme visant à réduire la charge administrative et réglementaire pesant sur les entreprises. La réforme comprend une série d’interventions visant à simplifier les procédures telles que l’obtention de crédits, l’obtention d’une connexion électrique, l’enregistrement des biens immobiliers et l’obtention d’un permis de construire. L’Espagne prévoit d’adopter une nouvelle loi sur les jeunes pousses qui favorisera la création et la croissance de jeunes pousses innovantes. L’Autriche prévoit également un train de mesures d’aide au démarrage, adapté aux besoins des jeunes pousses, des PME innovantes et de l’entrepreneuriat social. |
La majorité des PRR comprennent des mesures dans le domaine de l’infrastructure des entreprises, de l’industrialisation et de la réindustrialisation, pour un montant total de 26 milliards d’EUR dans ces domaines. Ces mesures concernent notamment l’amélioration des liaisons ferroviaires et routières avec les ports, les parcs industriels et le développement de plateformes de transport multimodal; la remise en état de sites industriels, y compris la gestion de l’eau et des déchets; les mesures visant à soutenir l’économie circulaire sur des sites industriels, y compris les pôles de recyclage; les pôles logistiques destinés à soutenir l’industrie agroalimentaire; la connectivité à large bande et la 5G pour les sites industriels et les districts commerciaux; la création d’espaces de données pour des applications industrielles ou pour des secteurs industriels spécifiques.
3.5. Contribution de la facilité à la cohésion sociale et territoriale (pilier 4)
Les mesures de soutien à la cohésion sociale et territoriale représentent 193 milliards d’euros de dépenses estimées. Les mesures en faveur de la cohésion territoriale comprennent en particulier de grands investissements dans les infrastructures, de sorte qu’elles comptent pour plus de la moitié des dépenses contribuant au pilier 4 (72 %). Dans le cadre du pilier 4, les dépenses en matière de cohésion sociale sont réparties de manière sensiblement égale entre les politiques sociales (protection sociale et logement social) et les mesures contribuant à l’emploi et aux compétences (soutien à l’emploi hors emploi des jeunes, modernisation des institutions du marché du travail et éducation des adultes).
Graphique 9: ventilation des dépenses d’appui à la cohésion sociale et territoriale par domaine d’action (pilier 4)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, en fonction d'une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond au total des dépenses balisées sous chaque domaine d’action en tant que part du pilier consacré à la cohésion sociale et territoriale.
Infrastructures et services territoriaux, développement des zones rurales et isolées (y compris les îles)
Un grand nombre de réformes et d’investissements visent à améliorer les infrastructures et les services territoriaux fournis au niveau local, ainsi qu’à combler le fossé existant entre les zones urbanisées et les zones rurales. Il s’agit notamment de mesures visant à soutenir le secteur agricole, à améliorer les infrastructures susceptibles de stimuler l’économie locale et la compétitivité nationale (telles que les chemins de fer et les ports) et à fournir des services ayant une incidence directe sur la qualité de la vie au quotidien. Bon nombre des mesures relatives aux infrastructures et services territoriaux visent à renforcer la mobilité et les transports ainsi qu’à innover dans ce domaine en améliorant les systèmes de gestion du trafic aérien, en investissant dans la construction, dans la modernisation et dans l’électrification des chemins de fer, en modernisant les infrastructures portuaires et en soutenant les projets de mobilité urbaine durable, au moyen, par exemple, de services de transport public à grande capacité et de la construction de pistes cyclables.
Les PRR comprennent également un certain nombre de mesures visant à améliorer l’utilisation des ressources naturelles et à préserver l’environnement au niveau local. C’est le cas des réformes en matière d’assainissement et de gestion des déchets dans les îles, d’investissements visant à étendre les systèmes de traitement des eaux dans les grandes agglomérations ainsi que les réseaux d’irrigation dans les zones rurales, de mesures visant à accroître la durabilité de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche et à soutenir la création de consortiums dans les zones rurales fonctionnelles. En ce qui concerne les services territoriaux, les PRR prévoient des mesures visant à renforcer la capacité des municipalités à fournir des services de qualité grâce à des réformes de décentralisation et à des investissements destinés à améliorer les performances de l’administration publique au niveau local.
| Les projets de la Belgique, du Danemark et de l’Italie prévoient des investissements visant à soutenir la construction de pistes cyclables sur les routes nationales. Ces investissements contribueront à mettre à la disposition des citoyens et des touristes un réseau de pistes cyclables plus cohérent et leur offriront ainsi davantage de possibilités d’opter pour le vélo plutôt que d’autres modes de transport. En outre, les mesures soutiendront un régime ciblant les projets de construction de vélos municipaux. Chypre mettra en œuvre des mesures de lutte contre les inondations et de collecte d’eau ciblant Livadia, Kladeri et le centre de Nicosie. Plus précisément, cet investissement soutiendra la modernisation des canaux d’inondation à Livadia, la construction d’un réseau de collecte des eaux pluviales d’une longueur de 4 600 mètres à Kladeri et d’un réseau d’égouts à Nicosie, y compris la reconstruction de rues et de trottoirs et l’extension du réseau des eaux pluviales. Le PRR de la Lettonie prévoit une réforme territoriale administrative visant à améliorer la qualité des services au moyen de la réduction du nombre d’unités administratives et de l’amélioration de l’efficacité et de l’accessibilité des services. La mesure comprend l’adoption d’une nouvelle loi municipale révisant les fonctions et les tâches des administrations locales. La nouvelle loi garantit une meilleure gouvernance au niveau municipal, une séparation et une répartition plus claires des compétences entre le pouvoir décisionnel et le pouvoir exécutif, et une participation accrue des citoyens au processus décisionnel des communautés locales. |
Protection sociale, inclusion, logement social et infrastructures sociales
Les PRR couvrent un large éventail de réformes et d’investissements qui renforcent les systèmes de protection sociale des États membres. Ces mesures sont axées sur l’efficacité, la qualité et la résilience des systèmes de protection sociale en fonction des besoins propres à chaque pays, comme souligné dans les recommandations par pays 2019/2020. La majorité des investissements dans la protection sociale au titre de la FRR portent sur la modernisation, l’extension ou l’amélioration des réseaux et équipements de services sociaux fournis par les institutions sociales publiques et privées. Les PRR comprennent également des mesures spécifiques concernant, par exemple, l’inclusion des personnes handicapées, le renforcement de l’adéquation et de la viabilité des prestations sociales et l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées nécessitant des soins. Un certain nombre d’États membres prévoient également de réaliser des investissements importants en vue d’accroître l’offre de logements sociaux et d’infrastructures sociales en faveur des groupes vulnérables. Certains États membres ont également inclus dans leurs PRR des mesures de réforme du revenu minimum et des régimes de retraite afin d’accroître leur adéquation et leur viabilité. Les mesures relatives à la protection sociale et aux logements sociaux représentent environ 27 milliards d’euros de dépenses estimées.
| Portugal: le «programme de soutien en faveur de l’accès au logement» est un investissement visant à garantir l’accès à un logement décent et adéquat pour les familles les plus nécessiteuses et les groupes les plus vulnérables, l’objectif étant essentiellement d’aider à fournir un logement social à au moins 26 000 ménages dans le besoin d’ici à 2026. Les investissements prévoient la construction de nouveaux bâtiments, la rénovation de logements existants ainsi que, le cas échéant, l’acquisition et la location de bâtiments supplémentaires pour fournir des logements sociaux. Lituanie: réforme visant à accroître la couverture du régime d’assurance chômage, en introduisant des prestations supplémentaires pour les personnes âgées isolées et les personnes handicapées, et en améliorant le mécanisme d’indexation des retraites afin de réduire la pauvreté des personnes âgées. Croatie: le PRR prévoit une réforme du tutorat social et un investissement y afférent, afin de mettre en place un service de tutorat individualisé dans les centres d’assistance sociale ciblant les personnes en situation précaire ou en situation marginalisée. Ce nouveau service sera axé sur l’intégration des personnes handicapées, des victimes de violences, des sans-abri, des migrants, des Roms, des jeunes, des personnes purgeant des peines d’emprisonnement et des membres d’autres groupes socialement vulnérables. Espagne: réforme visant à protéger les familles et à reconnaître leur diversité afin de reconnaître juridiquement les différents types de structures familiales et de déterminer les prestations et les services auxquels elles ont droit en fonction de leurs caractéristiques et de leurs niveaux de revenus. |
Soutien à l’emploi, modernisation des institutions du marché du travail et éducation et formation des adultes pour des groupes cibles autres que les jeunes
Presque tous les États membres ont inclus dans leurs PRR une série de réformes et d’investissements visant à soutenir la création d’emplois, le renforcement des compétences et la modernisation de leur marché du travail. Ces mesures répondent à la recommandation par pays relative au soutien à l’emploi et au marché du travail au cours des deux dernières années, qui a été adressée à presque tous les États membres. En particulier, en 2020, il a été demandé à la majorité d’États membres d’«atténuer les effets de la crise sur l’emploi et à renforcer le soutien à l’emploi», tandis que divers défis structurels plus spécifiques ont également été recensés.
Les politiques en faveur de l’emploi et les politiques actives du marché du travail constituent un aspect essentiel de la quasi-totalité des PRR, ce qui correspond également à la recommandation de la Commission concernant un soutien actif et efficace à l’emploi (EASE) à la suite de la crise de la COVID-19. Ces plans prévoient des investissements et des réformes visant à accroître la participation des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables au marché du travail, à soutenir la création d’emplois et la transition vers de nouveaux secteurs et professions, à stimuler l’emploi et à améliorer les performances, le fonctionnement et la résilience des marchés du travail. Au total, les mesures de soutien à l’emploi et à la modernisation des institutions du marché du travail représentent quelque 11,3 milliards d’euros, ce qui correspond à 6 % de la dotation au titre du pilier 4.
La formation des adultes sera essentielle pour renforcer la résilience sociale et économique. Les plans nationaux comprennent des réformes visant à améliorer l’apprentissage tout au long de la vie, l’évaluation et la reconnaissance des compétences, le perfectionnement et la reconversion afin de renforcer les parcours professionnels, ainsi que des investissements visant à encourager les formations dans le secteur privé (environ 16,4 milliards d’euros).
| Italie: investissement visant à soutenir la participation des femmes au marché du travail, en particulier investissement dans les structures d’accueil des enfants et les mesures de promotion de l'entrepreneuriat des femmes. Ce dernier investissement apportera un soutien aux femmes entrepreneurs, favorisera la création et l’expansion de projets d’entreprise innovants, offrira des possibilités de tutorat et de formation, et lancera des actions de communication. France: le dispositif FNE-Formation aidera les entreprises à investir dans la formation des salariés occupant un emploi à temps partiel, ce qui profitera à la fois au salarié dont l’employabilité sera renforcée et à l’entreprise, dont la compétitivité sera améliorée. Grèce: des programmes horizontaux visant à renforcer les compétences numériques, les compétences vertes et la culture financière de plus d’un demi-million de bénéficiaires au total soutiendront l’employabilité de la main-d’œuvre grecque dans le cadre des transitions écologique et numérique. L’investissement sera précédé d’une réforme du système d’apprentissage tout au long de la vie qui garantira la qualité et la pertinence des formations sur le marché du travail. Slovénie: le PRR comprend une mesure de soutien à l’entrée des jeunes travailleurs sur le marché du travail, laquelle prévoit des incitations financières pour les employeurs à l’embauche des jeunes jusqu’à 25 ans sous contrat à durée indéterminée, sous réserve d’un tutorat et d’une formation spécifique au poste, notamment en mettant l’accent sur les compétences numériques. Irlande: soutien à l’activation des chômeurs de longue durée afin de fournir une expérience professionnelle de qualité à au moins 10 000 personnes au chômage depuis six mois ou plus. Les stages subventionnés temporaires sont combinés à un tutorat, à l’accès à la formation et au soutien des services publics et privés de l’emploi afin d’améliorer l’employabilité à long terme. Espagne: réforme des contrats de travail aux fins de la modification de la réglementation existante en matière de recours aux contrats temporaires afin de promouvoir le recours aux contrats à durée indéterminée. La réforme simplifiera et réduira les types de contrats de travail disponibles (à durée indéterminée, temporaire et de formation/apprentissage) et limitera les conditions dans lesquelles les contrats temporaires peuvent être utilisés. Elle fournira un cadre adéquat permettant aux apprentis d’entrer sur le marché du travail, encouragera le recours aux contrats à durée indéterminée pour les activités saisonnières, renforcera les contrôles visant à prévenir les horaires de travail irréguliers et à lutter contre le travail en noir, notamment en actualisant le système de sanctions. Les PRR comprennent également des mesures visant à renforcer et à moderniser les services publics de l’emploi et à fournir un soutien plus efficace et ciblé aux demandeurs d’emploi, notamment par la numérisation, l’optimisation des processus, la formation du personnel et le recrutement de personnel temporaire pour faire face aux effets de la crise. |
3.6. Contribution de la facilité à la santé et à la résilience économique, sociale et institutionnelle dans le but, entre autres, d'augmenter la préparation aux crises et la capacité de réaction aux crises (pilier 5)
Les 22 PPR adoptés prévoient des mesures de soutien au titre du pilier 5 pour un montant total de 78 milliards d’euros. Le financement est axé sur le renforcement des soins de santé et la réforme de l’administration publique mais le nombre de mesures est réparti de manière plus régulière entre les domaines d’action. Le pilier 5 peut être ventilé en 14 domaines d’action, comme le montre le graphique n° 10 ci-dessous. Les soins de santé et l’administration publique sont manifestement les domaines les plus bénéficiaires, les soins de santé se trouvant en tête en termes de dépenses et l’administration publique en ce qui concerne le nombre de mesures. Certains domaines tels que la politique budgétaire, la prévention de la fraude ou l’état de droit ne bénéficient que de très faibles montants de dépenses globales, mais font l’objet de réformes ciblées.
Graphique 10: ventilation des dépenses en faveur de la santé et de la résilience par domaine d’action (pilier 5)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, en fonction d'une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond au total des dépenses balisées sous chaque domaine d’action en tant que part du pilier consacré à la santé et à la résilience économique, sociale et institutionnelle.
Graphique 11: nombre de mesures en faveur de la santé et de la résilience par domaine d’action (pilier 5)
Soins de santé et soins de longue durée
Tous les PRR comprennent des mesures liées aux soins de santé, ce qui témoigne de la ferme volonté des États membres d’améliorer les systèmes de santé dans l’ensemble de l’Union. Les dépenses totales liées à ces mesures s’élèvent à environ 37 milliards d’euros, ce qui représente 49,15 % de la dotation totale au titre du pilier 5. Les plans des PRR prévoient un large éventail d’investissements dans le domaine de la santé. En premier lieu, quelque 25 milliards d’euros sont consacrés à la construction de nouvelles infrastructures sanitaires ou à leur modernisation, y compris les équipements médicaux connexes.
| Le plan de la Slovénie prévoit d’importants investissements dans les infrastructures hospitalières afin d’améliorer l’efficacité du traitement des maladies transmissibles. Le plan belge prévoit des investissements importants dans des initiatives de médecine nucléaire visant à construire un prototype d’installation de production durable de radio-isotopes médicaux et à développer un programme de recherche pour la prochaine génération de radio-isotopes thérapeutiques dans le traitement du cancer. |
En outre, environ 15 milliards d’euros d’investissements sont spécifiquement consacrés à l’amélioration des soins primaires et de la prévention, en particulier dans les zones rurales et défavorisées.
| Le plan de la Grèce prévoit la mise en œuvre d’un système global de prévention primaire, secondaire et tertiaire afin d’améliorer l’accès de tous les citoyens à des services de santé de qualité. |
En synergie avec le deuxième pilier, de nombreux PRR comprennent des mesures visant à numériser les systèmes nationaux de soins de santé, notamment l’extension du champ d’application des services de télémédecine, la consolidation des registres nationaux fragmentés de la santé et la garantie de l’interopérabilité et de la sécurité des plateformes numériques de santé. Les dépenses totales dans les investissements contribuant à la transition numérique dans le domaine des soins de santé s’élèvent à 12 milliards d’euros pour l’ensemble des plans.
| Le PRR de la Roumanie soutiendra le développement d’un système intégré de santé en ligne reliant plus de 25 000 prestataires de soins de santé et systèmes de télémédecine. Le plan finlandais aidera les acteurs nationaux et régionaux à développer des services numériques ciblant les citoyens (par exemple, services de prévention, évaluations de symptômes, services d’auto-assistance, services numériques de santé mentale , etc.), des systèmes professionnels (par exemple, des modèles de services numériques fondés sur l’analyse des données des patients) et des solutions de gestion (par exemple, des solutions avancées en matière de gestion des connaissances et d’analyse). |
Pour compléter les investissements, les États membres prévoient également d’adopter et de mettre en œuvre un programme de réformes ambitieux. Les réformes clés sont axées sur i) la réorganisation des systèmes de santé afin de renforcer leur capacité; ii) l’amélioration de la gouvernance des systèmes de santé afin d’accroître leur viabilité et iii) la mise en place de mécanismes permettant d’attirer et de retenir les professionnels de la santé dans des régions spécifiques. C’est particulièrement le cas pour les médecins généralistes et les infirmiers de proximité, eu égard aux sévères pénuries de personnel de santé disponible qui sont signalées dans certains pays. À titre d’exemple, le plan de l’Espagne prévoit une réforme visant à remédier aux pénuries d’infirmiers et de médecins, à réduire le recours aux contrats temporaires, à améliorer les conditions de travail et à améliorer la formation et le développement professionnel dans certaines zones géographiques.
15 PRR comprennent des mesures liées aux soins de longue durée. Au total, les plans prévoient 43 mesures, pour un montant total de dépenses d’environ 4,2 milliards d’euros. Les investissements dans les maisons d’accueil, les maisons de soins et dans les infrastructures et services de soins de longue durée connexes qui figurent dans les 15 plans visent à soutenir les stratégies nationales de désinstitutionnalisation en promouvant un modèle axé sur les soins de proximité et les solutions de soins à domicile. À titre d’exemple, la France consacre un investissement important à la rénovation, la transformation et l’équipement de son secteur médico-social, en particulier des établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) au cours de la période 2021-2025.
Efficacité de l’administration publique
Plus d’un tiers des mesures et environ deux tiers des dépenses liées à l’efficacité de l’administration publique et à la continuité des activités et du service public sont liées à la transformation numérique. Les mesures visant à favoriser la transformation numérique de l’administration publique auxquelles sont alloués les montants de dépenses les plus importants en pourcentage de la dotation totale du PRR sont celles prévues dans les plans de l’Allemagne et de Malte. En effet, 10 % de la dotation totale de l’Allemagne au titre du PRR sont consacrés à une réforme visant à rendre les services publics accessibles en ligne d’ici à 2022. De même, le plan maltais prévoit un investissement représentant près de 6 % de la dotation totale du PRR afin d’améliorer l’expérience des clients dans le domaine des services en ligne.
Dans l’ensemble des PRR, des mesures visant à renforcer la fonction publique, à réduire les charges réglementaires et administratives et à améliorer les marchés publics contribuent à renforcer l’efficacité de l’administration publique. 10 PRR contiennent des mesures visant à améliorer la formation, le développement et les conditions de travail des fonctionnaires par la mise en place de formules de travail flexibles, d’un meilleur système de rémunération dans la fonction publique ou de la modernisation des procédures de recrutement, entre autres. 5 PRR prévoient quant à eux des réformes de l’administration publique visant à alléger ou à réduire la charge réglementaire et administrative pesant sur les entreprises au moyen de la simplification des procédures et des exigences relatives à l’activité des entreprises, de la simplification des exigences réglementaires applicables aux services professionnels ou de la mise en œuvre du «test PME». Enfin, 10 PRR visent à améliorer la passation de marchés publics en mettant au point la passation électronique des marchés ou en rationalisant le processus d’attribution.
| Le PRR roumain comprend des mesures visant à améliorer la qualité et l’efficacité de l’administration publique, notamment grâce à des mesures destinées à renforcer l’efficacité du système judiciaire et à lutter contre la corruption. Le PRR letton prévoit des réformes et des investissements visant à moderniser l’administration publique, à centraliser les fonctions d’appui administratif et à investir dans la formation du personnel de l’administration publique. Le PRR de la Croatie contient une réforme visant à fournir de manière continue des formations en matière de marchés publics. Cette réforme contribuera à renforcer la prévention de la corruption et à améliorer la capacité et l’efficacité de l’administration publique croate. |
Efficacité des systèmes judiciaires
13 PRR prévoient des mesures visant à améliorer l’efficacité des systèmes judiciaires. Plus de la moitié de ces mesures prennent la forme d’investissements, lesquels ont une valeur de 3,75 milliards d’euros. En particulier, 75 % des dépenses totales dans ce domaine sont alloués au PRR italien, qui consacre un montant global de 2,268 milliards d’euros à l'investissement dans le capital humain afin de renforcer la fonction juridictionnelle et de remédier aux disparités existant entre les différentes fonctions judiciaires.
Un tiers de ces mesures et près de la moitié de leurs dépenses totales sont liées à la transformation numérique. Les investissements dans les PRR de Chypre, de la Grèce, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Croatie sont axés sur l’amélioration des infrastructures judiciaires. 3 PRR (Chypre, Croatie et Italie) prévoient également des réformes visant à réduire l’arriéré judiciaire. Certains PRR (Chypre, Lettonie, Croatie et Roumanie) prévoient des mesures visant à améliorer la qualité des systèmes judiciaires au moyen de la formation des employés.
| Le PRR roumain prévoit un investissement visant à soutenir la préparation et la transition du système judiciaire roumain vers un système électronique centralisé de gestion des affaires. Il décrit également une réforme visant à renforcer l’indépendance des magistrats, qui prévoira, entre autres, l’admission à la profession et la progression de carrière des magistrats sur la base du mérite. Le plan de Malte prévoit de nombreuses réformes visant à lutter contre les insuffisances relatives à l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’absence d’un ministère public distinct de la division chargée des enquêtes et les problèmes liés à la détection et à la poursuite efficaces de la corruption. Pour citer quelques exemples, le plan contient des mesures visant à réformer la méthode de nomination et de révocation au sein du pouvoir judiciaire, à créer un ministère public distinct et à réformer la commission permanente contre la corruption. Le plan slovaque prévoit une réforme comportant un ensemble de modifications législatives destinées à renforcer davantage l’efficacité, l’intégrité et l’indépendance du système judiciaire et à lutter plus efficacement contre la corruption et le blanchiment de capitaux. Concrètement, ce plan prévoit quatre investissements visent à étendre, moderniser, construire ou acquérir de nouveaux locaux adaptés pour les principaux tribunaux dans la nouvelle carte judiciaire introduite au titre du PRR ainsi qu’à moderniser l’équipement informatique des tribunaux. Le plan de la Croatie prévoit une réforme visant à établir un cadre juridique, organisationnel et technologique qui contribuera à réduire l’arriéré judiciaire et à raccourcir les procédures judiciaires et mettra l’accent sur une administration transparente et efficace du système judiciaire. L’objectif de cette réforme est de renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire. Le plan de l’Italie comprend diverses mesures visant à réduire l’arriéré judiciaire des tribunaux civils de droit commun, des tribunaux administratifs régionaux, de la Cour civile d’appel et du Conseil d’État. Ces mesures visent à rendre le système judiciaire plus efficace en réduisant la durée des procédures et en rapprochant l’Italie de la moyenne de l’UE en termes de durée des procédures. Le plan chypriote prévoit un investissement visant à former les juges dans divers domaines juridiques et compétences judiciaires afin de remédier au faible niveau de formation et d’apprentissage tout au long de la vie pour les juges. Le plan de la Lettonie prévoit un investissement visant à créer un centre de formation unique pour le développement des qualifications des juges, du personnel judiciaire, des procureurs, des procureurs adjoints et des enquêteurs spécialisés. |
Prévention de la fraude/surveillance anti-blanchiment de capitaux
17 PRR contiennent des mesures liées à la lutte contre la fraude et le blanchiment de capitaux et la plupart des mesures prévues dans les plans sont des réformes.
| Le plan de l’Estonie prévoit un investissement visant à établir l’analyse stratégique du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme en Estonie. Cette mesure a pour but de renforcer la capacité de la cellule de renseignement financier à détecter les mécanismes et canaux de blanchiment de capitaux à un stade précoce. Le plan slovaque prévoit un investissement visant à fournir les outils et les capacités nécessaires à la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux. Le plan croate prévoit également de nombreuses mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux, parmi lesquelles une réforme visant à renforcer la coopération entre l’Office de lutte contre le blanchiment de capitaux et les autorités de surveillance. La Finlande a l’intention de mettre en œuvre une réforme visant à faciliter la collecte et l’échange d’informations entre les autorités compétentes aux fins de la prévention et de la détection du blanchiment d’argent, notamment par l’automatisation du traitement et de l’analyse des données. Le système de contrôle des comptes bancaires et des comptes de paiement sera modifié afin de le rendre plus efficace et de prévenir, détecter et poursuivre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le plan de la Grèce prévoit une réforme visant à mettre en place une plateforme numérique pour la collecte de données statistiques détenues par les autorités judiciaires, de contrôle et répressives et à améliorer le registre spécial pour la tenue de registres des informations sur les bénéficiaires effectifs. Le plan irlandais prévoit quant à lui une réforme introduisant la publication d’une évaluation sectorielle des risques de blanchiment de capitaux des prestataires de services aux entreprises et fiducies et en l’augmentation du nombre d’inspections auprès de ces derniers. En outre, un groupe de travail sera chargé du réexamen des outils d’application de la réglementation au titre de la loi de 2010 sur la justice pénale (blanchiment de capitaux et financement du terrorisme), notamment d’une recommandation sur l’extension de la boîte à outils pour y inclure un régime de sanctions financières administratives. Le Luxembourg a également introduit une réforme de son plan visant deux objectifs principaux. La réforme prévoit premièrement de renforcer le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme qui est applicable aux professionnels fournissant des services aux entreprises et fiducies ainsi qu’aux services d’investissement au moyen du renforcement des dispositions nationales. Deuxièmement, il prévoit de mieux identifier, évaluer et comprendre le fonctionnement du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. En outre, le registre du commerce luxembourgeois, en tant qu’organisme gérant le registre des bénéficiaires effectifs et le registre du commerce et des sociétés, fera l’objet d’une profonde transformation en vue d’étendre ses pouvoirs de sanction, de contrôle et d’exécution et de faciliter l’utilisation de ses données aux fins de l’évaluation des risques de blanchiment de capitaux. |
Quelques PRR comprennent également des mesures liées à la prévention de la fraude, par exemple pour lutter contre la cybercriminalité ou l’évasion fiscale.
| Le plan de la Croatie prévoit un investissement visant à renforcer la capacité de la police à lutter contre la cybercriminalité. Le plan de l’Espagne prévoit une réforme en vue de l’adoption d’une loi antifraude, qui vise à renforcer les règles de lutte contre les pratiques d’évasion fiscale qui ont une incidence directe sur le fonctionnement du marché unique. |
Mesures fiscales
Plus de la moitié des PRR (14 sur 22) comprennent des réformes liées aux taxes environnementales visant à mettre en œuvre la transition écologique. La plupart de ces mesures constituent des réformes fiscales spécifiques à mettre en place pendant la durée du plan. Certaines concernent également des actions préparatoires (analyses, appréciations, évaluations, examens ou études concernant l’introduction éventuelle de nouvelles taxes). Les taxes couvrent une série de secteurs ciblés qui peuvent être énumérés comme suit 29 : 24 mesures concernent les taxes sur l’énergie (dont 6 liées à des actions préparatoires), 15 mesures sont des taxes sur les transports (dont 3 liées aux actions préparatoires), 9 mesures sont des taxes anti-pollution 30 (dont 2 liées aux actions préparatoires), 4 mesures sont des taxes sur les ressources (dont 2 liées aux actions préparatoires). Outre les mesures en matière de fiscalité verte, plusieurs PRR (9) comprennent des mesures fiscales liées aux réformes de la politique fiscale, des mesures visant à lutter contre la planification fiscale agressive et des mesures visant à moderniser l’administration fiscale.
| Le PRR du Portugal comprend également une mesure visant à évaluer les incitations fiscales afin d’encourager le remplacement des ressources naturelles non renouvelables par des solutions biosourcées. Il s’agit notamment d’évaluer d’éventuelles réformes fiscales visant à soutenir la transition vers une bioéconomie durable et circulaire (c’est-à-dire une taxe sur les ressources). L’objectif est d’aider les producteurs à opter pour des processus de production utilisant des ressources biologiques plutôt que pour les options alternatives non renouvelables. Le plan de la France prévoit également des mesures d’accompagnement des petites et micro-entreprises dans le cadre de la transition écologique et de la rénovation énergétique, qui comprennent un crédit d’impôt pouvant représenter jusqu’à 30 % des dépenses liées aux actions éligibles (isolation des toits, des murs, des greniers, chauffe-eau solaires ou pompes à chaleur). En ce qui concerne les réformes de la politique fiscale, le plan de l’Espagne, par exemple, propose des réformes du système fiscal visant à mieux répondre aux besoins en matière de dépenses et d’investissements. Outre les effets de redistributions, l’objectif est d’adapter le système fiscal aux défis posés par la numérisation et la transition écologique. Des actions supplémentaires sont prévues pour prévenir la fraude fiscale, accroître l’efficacité du contrôle fiscal et encourager les contribuables à se conformer volontairement à leurs obligations fiscales. Le plan de la Lituanie comprend également des mesures visant à élargir l’assiette fiscale à des sources moins préjudiciables à la croissance, ainsi que des mesures juridiques et techniques visant à améliorer le respect des obligations fiscales et la conception du système d’imposition et de prestations afin de contribuer à réduire les inégalités de revenus et la pauvreté. L’objectif général des mesures contenues dans le plan chypriote est d’accroître l’efficacité, l’efficience et l’équité du système fiscal en luttant contre l’évasion fiscale et la planification fiscale agressive des entreprises multinationales. Entre autres choses, une réforme imposera une retenue à la source sur les intérêts, les dividendes et les redevances versés à l'étranger, vers les pays et territoires figurant à l’annexe I des conclusions du Conseil sur la liste révisée de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales, dans un premier temps et, dans un deuxième temps, vers les pays et territoires où le droit des sociétés est peu développé. Chypre introduira également un nouveau critère relatif à la résidence fiscale fondé sur la constitution en société de chaque entité ainsi que la numérisation de l’administration fiscale afin d’accroître l’efficience, l’efficacité et l’équité du système fiscal et d’améliorer le respect des obligations fiscales. L’Irlande a inclus dans son plan une réforme axée sur des mesures préventives visant à limiter les possibilités de planification fiscale agressive et, en particulier, de double non-imposition au moyen de paiements sortants. La réforme consiste en une modification de la législation sur les déductions de capital pour actifs incorporels, l’achèvement d’une réforme des règles en matière de résidence fiscale des sociétés et l’entrée en vigueur de règles renforcées concernant les sociétés étrangères contrôlées. S’agissant des paiements sortants, la réforme comprend également la publication d’une analyse économique sur l’incidence des réformes récentes sur les flux de paiements; une consultation publique sur la possibilité d’introduire des mesures concernant les paiements sortants; et l’entrée en vigueur d’une législation visant à prévenir la double non-imposition s’appliquant aux paiements sortants vers les pays et territoires figurant sur la liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales, ainsi que les pays et territoires à fiscalité nulle et sans imposition. Plusieurs réformes sont prévues dans le plan de Malte. L’objectif de la première réforme est de supprimer la possibilité d’exonérer de l’imposition à Malte les dividendes provenant d’organismes de personnes résidant dans des pays et territoires figurant sur la liste des pays et territoires non coopératifs établie par le groupe «Code de conduite». La deuxième réforme vise à fournir des orientations au gouvernement pour l’élaboration d’une politique visant à atténuer les risques de planification fiscale agressive dans le domaine des paiements de dividendes, d’intérêts et de redevances entrants et sortants. La troisième réforme est axée sur l’atténuation des risques de planification fiscale agressive découlant du régime de citoyenneté par investissement. Le plan de la Grèce prévoit des réformes de la politique fiscale axées sur la codification de la législation fiscale, ainsi que sur des mesures d’incitation visant à encourager les transactions électroniques. D’autres réformes visent à transformer l’administration des recettes publiques au moyen de la numérisation des processus, et à introduire des initiatives législatives pour lutter contre la contrebande et promouvoir l’accélération des remboursements de TVA. |
Finances publiques
Plusieurs PRR prévoient aussi des réformes visant à améliorer l’efficience de leurs finances publiques. Ces réformes sont une réponse aux défis que certains États membres rencontrent en matière de viabilité et consistent par exemple à instaurer une meilleure utilisation des réexamens des dépenses, établir des règles de dépenses pluriannuelles ou étendre les prérogatives des organismes budgétaires indépendants. Certains États membres ont également inclus des réformes liées à la budgétisation verte, afin de mieux intégrer les considérations climatiques et environnementales dans le processus budgétaire.
À titre d’exemple, le PRR de la France comprend une réforme visant à établir une règle de dépenses pluriannuelles applicable aux dépenses publiques et à étendre les prérogatives du Haut Conseil des finances publiques. Le plan de la France comporte également une réforme liée à l’évaluation de la qualité des dépenses publiques. Cette évaluation des dépenses publiques devrait recenser les dépenses les plus efficientes lorsqu'il s'agit de favoriser la croissance, l’inclusion sociale et la transition écologique et numérique.
La Belgique a inscrit dans son plan des mesures visant à rendre les dépenses publiques plus efficientes et plus durables. L’intégration systématique de réexamens des dépenses dans les cycles de planification budgétaire à tous les niveaux de gouvernement contribuera à améliorer la qualité et l’efficience des dépenses publiques de la Belgique, ce qui permettra de les réorienter vers des dépenses plus favorables à la croissance et à l’environnement.
En ce qui concerne la budgétisation verte, la France prévoit une mesure visant à introduire une méthodologie du budget vert dans laquelle chaque dépense du budget de l’État est classée en fonction de son impact sur chacun des six objectifs définis dans le règlement Taxinomie.
3.7.Contribution de la facilité aux politiques pour la prochaine génération, les enfants et les jeunes, tels que l'éducation et les compétences (pilier 6)
Les PRR comportent diverses mesures visant à améliorer la résilience des systèmes éducatifs des États membres et à soutenir l’emploi des jeunes. Certains PRR comprennent également des mesures ciblées visant à compenser la perte d’apprentissage résultant de la pandémie. Les investissements et les réformes concernent tous les niveaux de l’éducation et de la formation (préscolaire, primaire, secondaire et supérieur), avec des variations propres à chaque pays en fonction des priorités et des particularités nationales.
Au total, les mesures liées au pilier 6 représentent 49 milliards d’EUR, soit environ 11 % du budget total des 22 PRR. Les investissements et les réformes couvrent l’éducation et l’accueil de la petite enfance (environ 7 milliards d’EUR), l’enseignement primaire et secondaire général, l’enseignement et la formation professionnels initiaux et l’enseignement supérieur (38,26 milliards d’EUR).
Graphique 12: Ventilation des dépenses d’appui aux politiques pour la prochaine génération, par domaine d'action (pilier 6)
Ce graphique présente une ventilation de la contribution estimée au pilier, en fonction d'une liste de domaines d’action établie par la Commission européenne. Le pourcentage correspond au total des dépenses balisées en fonction de chaque domaine politique en tant que part dans le pilier des politiques pour la prochaine génération.
Les PRR comprennent diverses mesures visant à accroître la participation à l’éducation et à l’accueil de la petite enfance, en particulier parmi les groupes défavorisés, en vue de réduire les inégalités. Environ la moitié des PRR comptent des mesures visant à améliorer l’accès à l’éducation et à l’accueil de la petite enfance en renforçant les capacités, le caractère inclusif et la qualité du secteur.
De nombreux PRR comportent également des mesures de soutien à l’amélioration de la qualité et de l’inclusion dans l’enseignement scolaire général. Certaines mesures offrent un soutien individualisé aux écoles défavorisées et aux élèves, notamment du tutorat, le but étant aussi de combler les lacunes en matière d’apprentissage et les éventuels décrochages scolaires causés par la fermeture partielle des écoles. D’autres investissements visent à augmenter le nombre d’heures d’enseignement et à permettre une scolarisation à temps plein. Plusieurs mesures portent sur des sujets tels que la mise en œuvre d’une réforme des programmes scolaires, la réforme des mécanismes de recrutement des enseignants, la lutte contre le décrochage scolaire, l’amélioration de l’enseignement pour élèves à besoins spécifiques, le soutien aux élèves peu performants, l’amélioration de l’évaluation externe des écoles ou le soutien à la déségrégation.
La moitié des PRR prévoit des mesures visant à soutenir la transformation de l’enseignement supérieur grâce à un large éventail de mesures, telles que la modernisation des programmes d’études, la création de nouvelles places pour étudier, le lancement de nouveaux cursus, la révision du modèle de financement des établissements, le développement de mécanismes d’assurance de la qualité et de gouvernance, l’introduction de systèmes de suivi des diplômés et l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Bon nombre de PRR soutiennent également l’accès à l’enseignement supérieur.
La majorité des PRR comprend des investissements dans l'infrastructure éducative, destinés à moderniser les bâtiments existants, améliorer l’efficacité énergétique ou construire de nouvelles installations pour tous les niveaux d’éducation. Ces investissements contribueront à l’amélioration de la qualité, de l’équité et de l’efficacité dans le domaine de l’éducation, ainsi qu'à la transition verte. Des investissements dans les infrastructures sont prévus dans le domaine de l’éducation et de l’accueil de la petite enfance ainsi que des écoles dans presque tous les États membres et, pour neuf d'entre eux, dans celui de l’enseignement supérieur aussi. Certains PRR envisagent aussi la rénovation ou la construction de campus d’étudiants au niveau du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ou de l’enseignement supérieur.
Sur les 22 PRR, 18 comprennent des réformes ou des investissements dans l’éducation numérique, ce qui représente environ 30 % du total des dépenses consacrées au pilier 6 (13,8 milliards d’EUR). La plupart des PRR font état d'investissements dans les infrastructures numériques et la connectivité des écoles, souvent en mettant l’accent sur les écoles défavorisées et rurales. Ces investissements visent, entre autres, à transformer les salles de classe en environnements d’apprentissage flexibles et connectés et à doter les apprenants et les enseignants de dispositifs numériques, afin de réduire la fracture numérique. Les compétences numériques des élèves seront améliorées grâce à l’adaptation des programmes scolaires et au développement des ressources et contenus numériques. Environ la moitié des États membres prévoient, dans leurs plans, de former les enseignants à l’éducation numérique. La transition numérique de l’enseignement supérieur sera soutenue par le développement d’infrastructures numériques, des ressources pédagogiques numériques, l’adaptation des cursus et de la formation, la formation numérique du personnel universitaire, le développement de cours en ligne et le renforcement de l’enseignement mixte. Ces mesures amélioreront les compétences numériques des élèves, la qualité et l’excellence dans l’enseignement supérieur et la disponibilité des compétences numériques sur le marché du travail.
Les mesures de soutien à l’emploi des jeunes comprennent des subventions favorisant les contrats d’apprentissage, des investissements visant à adapter les services publics de l’emploi aux jeunes, une amélioration de l'accompagnement des jeunes et de l’orientation individuelle vers l’emploi et l’autonomie, ainsi que des programmes visant à encourager l’embauche de jeunes par le secteur privé, pour un total d'environ 6 milliards d’EUR.
| La Croatie mettra en œuvre une réforme globale de l’éducation et de l’accueil des jeunes enfants (EAJE) dans le but d’améliorer l’accès à l’EAJE, avec une place garantie dès l’âge de 4 ans dans une structure d’éducation et d’accueil de la petite enfance. La réforme est complétée par des investissements dans les infrastructures, avec pour objectif la création de 22 500 nouvelles places dans ce secteur. La Slovaquie a prévu dans son plan une réforme des programmes scolaires dans l’enseignement primaire et secondaire inférieur, qui vise à créer de nouveaux contenus d’apprentissage afin d’améliorer les compétences des élèves et des enseignants et de mettre en place un écosystème numérique favorable. D’ici la fin de 2023, au moins 60 % des enseignants de l’enseignement primaire et secondaire inférieur devraient recevoir une formation. Grâce à des investissements complémentaires, le pourcentage d'écoles disposant de salles de classe hautement équipées et connectées devrait passer de 30 % à au moins 90 %. La Lettonie prévoit de mener à bien une réforme structurelle modifiant le système de gouvernance, de financement et de ressources humaines de l’enseignement supérieur. La réforme permettra une allocation des fonds en fonction des résultats obtenus et l'élaboration d’un nouveau modèle de carrière unifié pour le personnel universitaire et scientifique, conformément aux bonnes pratiques établies, afin d'attirer et de fidéliser le personnel. Simultanément, le PRR soutiendra la consolidation du réseau d’universités et d’instituts scientifiques grâce à des subventions. La France a inscrit dans son plan une aide financière aux employeurs d’apprentis pour la première année d’exécution des contrats, d’un montant total maximal de 8 000 EUR pour les plus de 18 ans, et de 5 000 EUR pour les mineurs. Toutes les entreprises sont éligibles à l’aide, mais les entreprises de 250 salariés ou plus doivent respecter l’une des conditions suivantes: atteindre 5 % de contrats favorisant l’insertion professionnelle en 2021 (contrat d’apprentissage et de professionnalisation, VIE, CIFRE); ou au moins 3 % d’alternants (contrat d’apprentissage et de professionnalisation) dans leur effectif en 2021 et avoir connu une progression d’au moins 10 % par rapport à 2020. Pour tout contrat d’apprentissage déposé par l’opérateur de compétences (OPCO), l’aide est versée chaque mois par anticipation de la rémunération par l’Agence de services et de paiement (ASP) et à compter du début d’exécution du contrat. Chypre a prévu dans son plan une stratégie visant à améliorer la culture financière, dans le but d'améliorer l’éducation financière au sein de la population en général et la prise de décisions financières. |
3.8.Autoévaluations de sécurité
Le règlement FRR invite les États membres à inscrire dans leurs plans, lorsque c'est approprié, une autoévaluation de sécurité pour les investissements dans les capacités numériques et la connectivité. Ils sont 14 à avoir fourni une telle autoévaluation de sécurité (sur un total de 22 pour lesquels des plans pour la reprise et la résilience ont été soumis et approuvés jusqu’à présent): la Croatie, Chypre, la Tchéquie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie et l’Espagne. Ces autoévaluations de sécurité ont porté sur des investissements dans les infrastructures de télécommunications, en particulier en ce qui concerne les communications mobiles, et s'appuient sur la «boîte à outils de l’UE sur la cybersécurité des réseaux 5G» 31 , qui définit un certain nombre de mesures stratégiques, techniques et de soutien visant à garantir un déploiement sûr des réseaux 5G. D’autres types d’investissements, notamment dans les infrastructures et les services numériques qui sous-tendent la modernisation de l’administration publique et des services publics (tels que les nuages gouvernementaux), ont également été couverts par les autoévaluations de sécurité fournies par plusieurs pays.
Plusieurs des PRR envisagent des actions de suivi au cours de la phase de mise en œuvre afin de veiller à ce que les aspects liés à la sécurité soient dûment pris en compte. En outre, dans quelques cas, ils contiennent des mesures spécifiques axées sur les questions de sécurité liées aux infrastructures de connectivité ou à la transformation numérique de l’administration publique.
La Grèce a présenté une autoévaluation de sécurité qui recense les problèmes de sécurité liés aux investissements dans les réseaux 5G. Elle détaille la manière dont ces questions seront traitées, sur la base des critères objectifs communs fixés dans la «boîte à outils de l’UE sur la cybersécurité des réseaux 5G».
Le plan de la Lituanie comprend une autoévaluation de sécurité relative aux investissements dans les réseaux 5G, qui cite et décrit la législation nationale mettant en œuvre les mesures clés recommandées dans la «boîte à outils de l’UE sur la cybersécurité des réseaux 5G». En ce qui concerne le développement et l’extension d’un nuage gouvernemental, les aspects liés à la sécurité occupent une place de choix dans l’approche esquissée au sujet de la mesure correspondante dans le plan.
Pour les investissements dans les infrastructures de connectivité, les environnements de développement pour la 6G, l’intelligence artificielle et les calculs quantiques, ainsi que les investissements dans les exercices et les formations en matière de cybersécurité, le plan de la Finlande indique qu’une évaluation et un plan de gestion des risques sont élaborés pour chaque projet et qu'il est tenu compte des risques en matière de sécurité tout au long du cycle de vie des projets. En ce qui concerne les investissements en matière de connectivité, le plan décrit le cadre législatif national, qui tient compte de la «boîte à outils de l’UE sur la cybersécurité des réseaux 5G». Par exemple, les dispositifs susceptibles de mettre en danger la sécurité nationale ne peuvent pas être utilisés dans des parties critiques des réseaux de communication. Il est également prévu que les exigences en matière de sécurité soient respectées dans les procédures de passation de marchés publics et des procédures d’habilitation de sécurité du personnel et des entreprises seront appliquées si nécessaires.
4.Cadre de mise en œuvre de la FRR
4.1.Contribution de la FRR à la mise en œuvre des réformes et des autres politiques de l’UE
Un engagement en faveur de réformes importantes dans chaque PRR
Les PRR adoptés comportent un large éventail de réformes et d’investissements qui relèvent efficacement l’ensemble ou une partie non négligeable des défis recensés dans les recommandations par pays pertinentes, adressées aux États membres dans le cadre du Semestre européen en 2019 et 2020, y compris les défis qui sous-tendent les recommandations budgétaires. Pour être évalué positivement, chaque plan pour la reprise et la résilience devait obtenir la note «A» et donc contribuer à relever les principaux défis économiques grâce à des réformes et des investissements.
L’engagement des États membres à mener des réformes est spécifique à la conception de la FRR et les réformes représentent près d’un tiers de toutes les mesures incluses dans les PRR. Conformément au champ d'application de la FRR, les PRR comprennent des réformes et des investissements visant à traiter les lacunes et les défis existants dans six domaines d’action, à savoir la transition verte; la transformation numérique; la cohésion économique, la productivité et la compétitivité; la cohésion sociale et territoriale; la santé, et la résilience économique, sociale et institutionnelle; les politiques pour la prochaine génération. Dans leur majorité, les réformes portent sur le pilier 5, relatif à la santé et à la résilience, suivi du pilier 3 sur la croissance intelligente, durable et inclusive.
Graphique 13: Nombre de réformes par pilier
Graphique 14: Réformes/investissements par État membre
Les réformes proposées dans les PRR contribuent à relever efficacement l'ensemble ou une partie non négligeable des défis recensés dans les recommandations par pays pertinentes, adressées aux États membres dans le cadre du Semestre européen en 2019 et 2020, comme exigé dans le règlement FRR (souligné dans le graphique 15). Les recommandations par pays qui ne sont pas systématiquement abordées dans les PRR concernent les finances publiques, la fiscalité, la concurrence dans les services et le marché du logement.
Graphique 15: Parts des recommandations par pays couvertes par les PRR, par domaine d’action (conformément à la définition dans CeSaR)
Perspectives macroéconomiques et impact de la FRR
La FRR soutient des investissements et des réformes qui devraient avoir un effet positif notable et persistant sur le PIB global de l’UE. La Commission a procédé à des simulations simplifiées avec le modèle QUEST afin d’évaluer l’impact macroéconomique potentiel des investissements au titre de la FRR et de NextGenerationEU (Pfeiffer et al. 2021). 32 Dans le cadre d'une mise en œuvre mettant surtout l'accent sur les projets de grande qualité et sur une forte «additionnalité», NextGenerationEU peut augmenter le PIB réel dans l’EU-27 de 1,3 à 1,5 % entre 2021 et 2026 33 .
La mise en œuvre des PRR déclenche des effets d'entraînement positifs. La simulation montre que tous les États membres bénéficient d’effets d'entraînement transfrontières considérables, en raison de l’augmentation de la demande au sein de l’économie intégrée de l’UE: l’action commune génère des effets en matière de croissance qui sont supérieurs à la somme des effets individuels des PRR des États membres. Ce canal de transmission des effets d'entraînement représente environ un tiers de l’incidence moyenne sur le PIB et est nettement plus important pour les économies hautement exportatrices recevant des subventions peu élevées (voir graphique 16). En outre, l’analyse n’a pas tenu compte des réformes, qui sont susceptibles de renforcer considérablement ces effets en matière de croissance à moyen et à long terme.
Graphique 16: Effet de NextGenerationEU sur le PIB (%) dans les simulations QUEST, pays de l’UE
Remarques: Le graphique montre les effets de pointe sur le PIB réel en 2026, exprimés sous la forme d'une variation en pourcentage par rapport à un scénario de référence où les politiques restent inchangées, pour un profil linéaire de dépenses au titre de NextGenerationEU (2021 à 2026) et dans l’hypothèse d’une productivité élevée. Les barres sombres présentent les résultats de la simulation en cas de stimulation des investissements dans chaque État membre pris séparément (NextGenerationEU). L'effet d’entraînement (barres claires) est défini comme la différence entre la stimulation simultanée et coordonnée dans tous les États membres grâce à NextGenerationEU et les simulations séparées à travers les plans nationaux. Source: Pfeiffer et al. (2021).
La FRR contribue à remettre l’UE sur la voie de la convergence économique. L'enveloppe de la FRR est la plus importante, en termes de PIB, pour les États membres qui en ont le plus besoin, contribuant ainsi à la convergence au sein de l’UE. La clé de répartition 34 de la FRR reflète le fait que les États les plus durement touchés par la pandémie ont souvent des structures économiques plus fragiles et des contraintes budgétaires plus strictes. En classant les États membres en trois groupes en fonction de leur PIB et de leur endettement public, le graphique 17 souligne que NextGenerationEU devrait fortement contribuer à la convergence au sein de l’économie de l’UE. Compte tenu de la clé de répartition de la FRR, on estime que les États membres dont le PIB par habitant est inférieur à la moyenne devraient connaître la plus forte augmentation du PIB. À la fin de la période de mise en œuvre de la FRR, l’augmentation de la production s’élève en 2026 à environ 1¾ % pour le groupe des États faiblement endettés et à 2½ % pour le groupe fortement endetté, selon les simulations modélisées Les pays à revenu élevé dont le PIB par habitant est supérieur à la moyenne devraient bénéficier d'effets sur le PIB plus faibles mais néanmoins notables au cours de la même période. Par conséquent, si la FRR imprime un élan considérable à la reprise dans l’UE tout entière, la répartition du soutien financier garantit que les fonds iront là où ils sont le plus nécessaires.
Graphique 17: Effet de NextGenerationEU sur le PIB (%) dans les simulations QUEST 35
Même si les projections annoncent que le rythme de croissance devrait rester inégal d’un pays à l'autre et d’un secteur à l’autre, l’UE est prête à reprendre le chemin de la convergence économique. Dans l’ensemble, la croissance devrait être soutenue par une amélioration du marché du travail, le niveau élevé de l’épargne des ménages, des conditions de financement favorables – et le plein déploiement de la FRR.
Perspectives sociales et impact de la FRR
La facilité soutient des mesures qui visent à résister aux effets immédiats de la crise liée à la COVID-19, mais aussi des mesures à moyen terme qui favorisent la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. Les PRR sont dotés d'une dimension sociale et de l’emploi importante, conforme aux défis nationaux recensés dans les recommandations par pays. En tout, les dépenses sociales prévues dans les plans nationaux dans le contexte de la FRR représentent environ 30 % de l’enveloppe totale prévue par l’UE 36 (voir section 3). S’il est trop tôt pour voir l’effet positif de la FRR se refléter dans les indicateurs en matière sociale et d’emploi, la mise en œuvre des réformes et des investissements conséquents relevant de la dimension sociale qui sont prévus dans la FRR, en particulier les réformes et investissements ambitieux ciblant l'emploi, les compétences et le social, permettra, conjointement avec les fonds de la politique de cohésion, de promouvoir une reprise équitable, inclusive et durable. Ils contribueront également de manière essentielle à la réalisation des grands objectifs de l'UE pour 2030, en matière d’emploi, d’éducation des adultes et de réduction de la pauvreté, dont l'annonce avait été saluée lors du sommet de Porto.
La contribution de la facilité à la résilience dans l’Union
Les PRR adoptés sont conçus de façon à avoir une incidence positive sur la résilience 37 de l’économie de l’UE, en renforçant la capacité des États membres à se rétablir rapidement et à remédier à leurs vulnérabilités. Le tableau de bord de la résilience mis à jour (2021) 38 , élaboré par la Commission européenne dans le cadre du suivi du rapport de prospective stratégique 2020 39 , présente des indicateurs traduisant les vulnérabilités et les capacités de résilience des États membres examinées sous quatre angles: socio-économique, vert, numérique et géopolitique. Ces domaines s’inscrivent dans le prolongement des piliers correspondant, relevant de la FRR: les transitions verte et numérique, la croissance intelligente, durable et inclusive, la cohésion sociale et territoriale, les politiques pour la prochaine génération, et en particulier la santé et la résilience économique, sociale et institutionnelle.
Contribution de la FRR aux politiques de l’UE
Les mesures énumérées dans les PRR contribueront à l'ambitieux programme d’action de l'Union visant à piloter une reprise durable, équitable et inclusive et à rendre l’économie de l’UE plus résiliente face aux chocs futurs tout en transformant les économies et sociétés de l'UE de manière conforme aux ambitions de la double transition. Introduites au début du mandat de l’actuelle Commission, les quatre dimensions complémentaires du programme de l’UE en matière de durabilité compétitive (à savoir la durabilité environnementale, la productivité, l’équité et la stabilité macroéconomique) figurent en bonne place parmi les objectifs de la FRR et ont guidé les programmes de réforme et d’investissement des États membres présentés dans leurs PRR.
En ce qui concerne la dimension écologique, les mesures incluses dans les PRR contribueront directement à l’objectif d'une réduction d’au moins 55 % des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2030, qui est ancré dans la loi européenne sur le climat et soutenu par les propositions du paquet «Ajustement à l’objectif 55» 40 adoptées en juillet 2021 afin d'adapter les politiques en matière de climat, d’énergie, d’utilisation des sols, de transport et de fiscalité.
En ce qui concerne la dimension numérique, les mesures incluses dans les PRR contribueront également directement à la réalisation des objectifs de l’UE en matière de transformation numérique de la société et de l’économie européennes. Les PRR englobent un soutien aux objectifs dans tous les domaines de la politique numérique: le développement des compétences numériques de la population et de la main-d’œuvre, la connectivité numérique dans les zones mal desservies, le développement et le déploiement de technologies de pointe, ainsi que la transformation numérique des secteurs privé et public. En outre, de nombreux États membres participent, par l’intermédiaire de leurs PRR, à des projets portant sur plusieurs pays qui soutiendront le développement de capacités numériques essentielles de l’UE, y compris la microélectronique, l’informatique en nuage et les technologies de périphérie. Dans son ensemble, la FRR devrait concourir de manière importante à la réalisation des objectifs de la décennie numérique 41 . En ce qui concerne la dimension sociale et la transition équitable, les PRR contribueront aussi directement à poursuivre la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux ainsi que des nouveaux grands objectifs de l’UE en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté, présentés lors du sommet social de Porto de mai 2021. Il soutiendra également la reprise des marchés du travail, conformément à la recommandation concernant un soutien actif et efficace à l’emploi (EASE) à la suite de la crise de la COVID-19.
Dans l'immédiat, de même que pour les années à venir, la FRR sera au cœur du processus du cadre de surveillance du Semestre européen pour la coordination des politiques économiques et de l’emploi des États membres et continuera à jouer ce rôle dans la phase de reprise et durant la progression sur la voie de la double transition. Comme le souligne l’examen annuel 2022 de la croissance durable 42 , compte tenu de la nécessité d'une adaptation, le Semestre européen évoluera en 2022 pour s'aligner sur la mise en œuvre de la FRR. La Commission mettra tout en œuvre pour garantir la mise en place de synergies et d’obligations rationalisées en matière d’établissement de rapports entre la FRR et le Semestre européen. Un dialogue constructif avec les États membres sera au cœur du nouveau Semestre européen et sera intégré au dialogue sur la mise en œuvre des PRR.
4.2.Contribution de la FRR à des projets portant sur plusieurs pays
La FRR favorise la participation des États membres à des projets transfrontaliers, la planification des réformes et des investissements pour les cinq prochaines années se déroulant en même temps de manière coordonnée. Si chaque PRR reflète la situation spécifique de chaque État membre, il existe aussi des défis communs, réclamant des réformes et des investissements coordonnés. Grâce à la collaboration plurinationale, il est possible de soutenir de grands projets qu’un État membre isolé ne pourrait pas réaliser seul, de mettre les ressources en commun, d’accroître l’impact et de permettre des économies d’échelle et des synergies.
Au cours de l’élaboration des plans, la Commission a activement encouragé les États membres à participer à des projets clés portant sur plusieurs pays, qui renforceraient la coordination des investissements critiques dans des secteurs stratégiques - et apporteraient des avantages tangibles au marché unique. En janvier 2021 par exemple, la Commission a organisé un atelier sur les projets numériques portant sur plusieurs pays, auquel des États membres ont participé, et elle a facilité ultérieurement les échanges avec les États membres sur ces projets. En conséquence, de nombreux PRR comprennent des mesures participant à un certain nombre de projets portant sur plusieurs pays, comme indiqué ci-dessous.
Transition verte
Plus de la moitié des PRR comprennent des mesures contribuant à des projets portant sur plusieurs pays ou à des initiatives transfrontalières en lien avec la transition verte: 12 sur les 22 plans adoptés. Au total, plus de 37 mesures (ou sous-mesures) concernent des projets verts transfrontaliers ou portant sur plusieurs pays, pour un montant total supérieur à 271 milliards d'EUR.
·Les projets portant sur plusieurs pays qui sont le plus souvent incorporés dans les PRR sont les onze PIIEC potentiels sur l’hydrogène (qui figurent dans 8 PRR). Les projets verts portant sur plusieurs pays comprennent également une interconnexion électrique (0,1 milliard d’EUR) et l’interconnexion ferroviaire entre Vérone et le Brenner (0,9 milliard d’EUR).
·Les projets transfrontaliers favoriseront l’interopérabilité des chemins de fer à l’échelle de l’UE, avec une dimension transfrontalière importante. Ils concernent d’abord le déploiement du système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS) (3 PRR, 5 projets, 3,1 milliards d’EUR). L’ERTMS vise l’interopérabilité, la numérisation et la sécurité des services ferroviaires et est essentiel pour transférer le trafic de la route vers le rail pour le fret ferroviaire sur les itinéraires transfrontaliers. Les besoins d’investissement en matière de signalisation ferroviaire dans l’ensemble de l’UE (ERTMS) sont importants, étant donné que seuls 11 % des corridors du RTE-T sont correctement équipés. En outre, la FRR financera le déploiement de corridors ferroviaires du RTE-T [par exemple, RailBaltica, Méditerranée (Espagne-France), Scandinavie-Méditerranée (section italienne), mer du Nord - Méditerranée (Belgique - Luxembourg)] pour un montant supérieur à 22,9 milliards d’EUR (environ 6 PRR, 23 projets).
Tableau 3: Projets verts portant sur plusieurs pays dans les PRR adoptés
| AT | BE | BG | CY | CZ | DE | DK | EE | EL | ES | FI | FR | HR | HU | IE | IT | LT | LU | LV | MT | NL | PL | PT | RO | SE | SI | SK | Total | |
| PIIEC Hydrogène | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 8 | |||||||||||||||||||
| Interconnexion électrique | ● | 1 | ||||||||||||||||||||||||||
| Interconnexion ferroviaire | ● | 1 | ||||||||||||||||||||||||||
| ERTMS | ● | ● | ● | 3 | ||||||||||||||||||||||||
| Corridors RTE-T | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 6 |
Transition numérique
La grande majorité des PRR comprennent des mesures contribuant à des projets portant sur plusieurs pays ou à des initiatives transfrontalières en lien avec la transition numérique: 20 des 22 plans adoptés, à l’exception des plans du Danemark et de Malte. Au total, plus de 60 mesures (ou sous-mesures) concernent des projets numériques transfrontaliers ou portant sur plusieurs pays, pour un montant total d'environ à 5 milliards d'EUR.
Les deux PIIEC potentiels sur la microélectronique (12 PRR) et les technologies en nuage (6 PRR) figurent parmi les projets portant sur plusieurs pays qui sont le plus souvent incorporés dans les PRR. Plusieurs PRR comportent également des investissements dans des projets portant sur plusieurs pays en rapport avec les pôles d’innovation numérique européens (8 PRR), les corridors 5G (4 PRR) et la communication quantique (4 PRR). Le tableau 4 résume l'incorporation des projets numériques portant sur plusieurs pays dans les PRR adoptés.
Tableau 4: Projets numériques portant sur plusieurs pays
| AT | BE | BG | CY | CZ | DE | DK | EE | EL | ES | FI | FR | HR | HU | IE | IT | LT | LU | LV | MT | NL | PL | PT | RO | SE | SI | SK | Total | |
| Microélectronique | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 12 | |||||||||||||||
| Pôles européens d’innovation numérique | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 8 | |||||||||||||||||||
| Corridors 5G | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 7 | ||||||||||||||||||||
| Informatique en nuage | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 6 | |||||||||||||||||||||
| Infrastructure européenne de communication quantique | ● | ● | ● | ● | 4 | |||||||||||||||||||||||
| Calcul à haute performance européen | ● | ● | ● | 3 | ||||||||||||||||||||||||
| Administration publique connectée | ● | ● | ● | 3 | ||||||||||||||||||||||||
| Génome Europe | ● | ● | ● | 3 | ||||||||||||||||||||||||
| Câbles sous-marins | ● | ● | 2 | |||||||||||||||||||||||||
| Chaîne de blocs (EBSI) | ● | ● | 2 | |||||||||||||||||||||||||
| Centres d’opérations de sécurité | ● | ● | 2 | |||||||||||||||||||||||||
| Compétences + éducation | 0 | |||||||||||||||||||||||||||
| Autres | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | ● | 9 |
4.3. Mise en œuvre de la FRR et participation de toutes les parties prenantes concernées
Consultation des partenaires sociaux et des autorités locales et régionales
Les États membres ont adopté des approches différentes en ce qui concerne la consultation des parties prenantes dans le cadre de l’élaboration de leurs PRR respectifs. Le règlement FRR prévoit l’obligation, pour les États membres, de fournir, dans le cadre de leur plan, une synthèse des consultations menées auprès des parties prenantes, y compris les partenaires sociaux et les autorités locales et régionales, au cours de l’élaboration de leurs PRR. Il appartenait à chaque État membre de déterminer comment organiser son processus de consultation conformément à ses traditions nationales et à son cadre juridique, et les États membres ont adopté des approches différentes. Par exemple, si certains d’entre eux ont mené des consultations sur le plan pris dans son ensemble, d’autres ont procédé aux niveaux sectoriel ou régional. Durant la pandémie, les partenaires sociaux ont soutenu l’élaboration et la mise en œuvre de mesures d’urgence et de relance, ainsi que des plans pour la reprise et la résilience de tous les États membres. Toutefois, leur consultation et leur participation ont varié considérablement d’un État membre à l’autre et, dans l’ensemble, les partenaires sociaux ont fourni à la Commission un retour mitigé sur le processus de consultation au niveau national, allant d’une consultation régulière et détaillée à des processus de consultation plus limités. Les autorités locales et régionales ont également souvent fait part de leur avis selon lequel elles auraient dû davantage être associées à l’élaboration des plans.
La Commission, en s’adressant aux États membres, souligne régulièrement l’importance de la participation des parties prenantes, et ce, tant à l’élaboration qu’à la mise en œuvre des plans. Pour ce qui est de la mise en œuvre des plans, la Commission encourage régulièrement les États membres à coopérer activement avec les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les autres parties prenantes au moyen de réunions régulières spécifiques. Ces échanges pourraient aussi être l’occasion de dialoguer sur le programme plus large de coordination des politiques dans les domaines économique et social et en matière d’emploi et de durabilité et contribueront à recenser les défis conjointement, à perfectionner les solutions stratégiques et à mettre en œuvre avec succès la facilité pour la reprise et la résilience. Au-delà des structures et des procédures mises en place par les États membres au niveau national pour associer les autorités locales et régionales, la Commission et les États membres organiseront une manifestation annuelle avec la participation des responsables de la mise en œuvre des plans pour la reprise et la résilience. Cette manifestation annuelle réunira toutes les parties prenantes concernées, y compris les autorités locales et régionales. Elle servira également de plateforme horizontale pour échanger des points de vue sur la mise en œuvre des plans et garantir une coopération étroite entre tous les acteurs concernés.
Dialogue interinstitutionnel et responsabilité démocratique
La Commission coopère étroitement avec le Parlement européen et le Conseil sur la FRR et a fait preuve de sa ferme volonté de garantir un flux d’informations transparent. Au cours de la phase d’évaluation des plans, la Commission a fourni des informations au Parlement européen par voies orale et écrite. Conformément au règlement FRR, la Commission a communiqué sans retard injustifié tous les plans pour la reprise et la résilience présentés officiellement par les États membres. Pour faciliter leur lecture, la Commission a également fourni des traductions automatiques en anglais de tous les plans présentés. La Commission a publié et transmis immédiatement au Parlement européen et au Conseil chaque proposition de décision d’exécution du Conseil le jour de son adoption, ainsi qu’un document de travail de ses services qui expose l’analyse, par la Commission, du plan pour la reprise et la résilience concerné. En outre, la Commission a fourni au Parlement européen et au Conseil un tableau récapitulatif des informations essentielles ainsi que d’autres informations relatives à la mise en œuvre de la facilité, y compris les stratégies de communication. Tous les documents et informations pertinents ont été communiqués simultanément et dans les mêmes conditions au Parlement européen et au Conseil, conformément à l’article 25 du règlement FRR.
En ce qui concerne la mise en œuvre du plan, la Commission a mis en place un processus permettant de partager un aperçu des conclusions préliminaires quant au respect satisfaisant des jalons et cibles pertinents. Cet outil s’est déjà avéré utile pour partager les conclusions relatives à la première demande de paiement présentée par l’Espagne à la fin de 2021. La Commission continuera de coopérer étroitement avec le Parlement européen et de garantir un flux d’informations transparent en maintenant un niveau élevé de disponibilité et d’engagement tout au long de la phase de mise en œuvre au cours des années à venir.
La Commission a procédé à des échanges réguliers avec le Parlement européen pour aborder des questions horizontales concernant la FRR. Cinq «dialogues sur la reprise et la résilience» se sont tenus en 2021 dans le but d’un échange de vues sur la FRR comme le prévoit le règlement FRR. En outre, la Commission a été invitée à se réunir régulièrement avec le groupe de travail permanent des commissions conjointes ECON-BUDG et a participé à 15 réunions en 2021. Ces enceintes ont permis de partager oralement des informations agrégées sur les PRR sur la base de présentations partagées dans les mêmes conditions avec le Parlement européen et le Conseil et publiées sur le site web de la Commission 43 . Ce dialogue se poursuivra conformément à l’engagement de la Commission en faveur de la responsabilité démocratique de la facilité.
La mise en œuvre de la FRR fait également l’objet de discussions dans le cadre du dialogue interinstitutionnel renforcé au niveau européen, tant avec le Parlement européen qu’avec le Conseil. Un échange continu sur les évolutions sociales et économiques dans l’Union européenne est assuré dans le cadre du dialogue macroéconomique semestriel aux niveaux politique et technique entre le Conseil, la Commission et les représentants des partenaires sociaux européens. Cette formule a déjà été utilisée pour mener des discussions sur la mise en œuvre de la facilité et elle fournira à l’avenir d’autres occasions d’aborder ce sujet.
Communication sur la FRR
Dans le cadre de la FRR, les bénéficiaires du soutien financier font état de l’origine du financement de l’Union et en assurent la visibilité 44 , en particulier lorsqu’il s’agit de promouvoir les actions et leurs résultats, en fournissant des informations ciblées, cohérentes, efficaces et proportionnées à divers groupes, notamment aux médias et au grand public.
Les États membres ont mis en place des sites web nationaux et ont publié leurs plans pour la reprise et la résilience. Ceux-ci sont également disponibles sur le site web de la Commission consacré à la facilité pour la reprise et la résilience 45 . De plus, comme mentionné à la section 1, la Commission a mis en place un tableau de bord dont les sections présentent un aperçu des pays, des piliers, du calendrier, des jalons et cibles, des versements, des indicateurs communs et des analyses thématiques 46 .
Les États membres ont également présenté, dans leurs PRR, les grandes lignes de leurs stratégies de communication, qui satisfont aux exigences minimales en matière de visibilité et de communication applicables aux fonds de l’UE telles que définies dans le règlement FRR et à l’article 34 du règlement (UE) 2021/241. Les travaux portant sur ces stratégies avancent au gré des progrès accomplis par les États membres dans la mise en œuvre de leurs plans nationaux. La Commission conseille régulièrement les États membres dans ce domaine.
Afin d’accroître encore la visibilité de la FRR et de collaborer étroitement avec les États membres, la Commission a élargi le réseau INFORM UE aux communicateurs de la FRR 47 . Ce réseau rassemble les communicateurs des États membres et de la Commission pour l’ensemble des fonds de l’UE. La participation de la FRR permet de dégager des synergies avec les fonds de la politique de cohésion et d’autres fonds de l’UE en ce qui concerne la communication sur l’UE. Au sein de ce réseau, la Commission a mis en place des réunions régulières avec les coordinateurs des États membres chargés de la communication sur la FRR. Lors de ces réunions, la Commission fournit des conseils aux États membres sur les exigences en matière de visibilité et de communication dans le cadre de la FRR, dont l’élaboration d’une stratégie de communication, la mise en place d’un site web national consacré à la FRR et la garantie de la visibilité du soutien de l’UE pour les bénéficiaires finaux. Le réseau constitue également un forum d’échange de bonnes pratiques et d’apprentissage par les pairs entre les États membres.
Les responsables du Semestre européen en poste dans représentations de la Commission jouent un rôle important dans la promotion de la coopération en matière de communication au sein de chaque État membre. Ils ont pris contact avec leurs homologues des administrations nationales chargées de la communication afin de veiller à ce que les efforts de communication soient déployés conjointement. Cette coopération accroît la visibilité de la FRR, par exemple au moyen de manifestations conjointes avec des représentants de haut niveau des États membres et de la Commission qui mettent en évidence la dimension européenne des projets bénéficiant du soutien de la FRR. Une coopération avec les bureaux de liaison du Parlement européen est également en cours de mise en place afin que ceux-ci soient informés par la Commission des activités pertinentes et, le cas échéant, y soient associés.
Appui technique aux États membres
Certains États membres ont demandé un appui technique pour la mise en œuvre de leurs plans, au titre de l’instrument d’appui technique de la Commission, qui fournit aux États membres un soutien au renforcement des capacités. En 2021, plus de 140 projets contribuaient à la mise en œuvre des PRR. Les projets portent sur l’appui à la mise en œuvre globale des PRR (par exemple, le suivi, l’établissement de rapports et la gestion des projets, les mécanismes d’audit et de contrôle, l’application du principe consistant à ne pas causer de préjudice important), mais aussi sur l’appui à la mise en œuvre de réformes et d’investissements thématiques (par exemple l’exécution d’une stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle en Espagne, des mesures de soutien au réexamen des dépenses en Belgique ou l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action nationaux en faveur de l’hydrogène en Roumanie).
En 2021, Chypre, la Grèce, la Croatie et la Roumanie ont intégré dans leurs plans pour la reprise et la résilience un appui technique supplémentaire pour la mise en œuvre de réformes ou d’investissements liés à ces PRR en application de l’article 7, paragraphe 2 du règlement FRR. En outre, la Croatie a également transféré des fonds nationaux en application de l’article 7 du règlement établissant un instrument d’appui technique, afin de financer un appui technique supplémentaire pour trois projets de réformes inscrits dans son PRR. Cela permettra la mise en œuvre de huit projets supplémentaires relevant de l’instrument d’appui technique qui contribueront à la mise en œuvre du PRR dans les domaines des soins de santé, de l’éducation, des marchés publics, de l’énergie, de l’amélioration de la réglementation, de la réduction de la charge administrative et de la promotion des investissements.
4.4. Système de contrôle et protection des intérêts financiers de l’Union
Étant donné qu’il s’agit un programme fondé sur les performances, les paiements de la Commission aux États membres sont fondés sur la mise en œuvre des jalons et cibles indiqués dans les plans pour la reprise et la résilience. Les États membres sont les bénéficiaires des fonds de la FRR qui, une fois versés, sont inscrits au budget national. Pour chaque PRR, la décision d’exécution du Conseil définit l’ensemble des jalons et cibles associés et le montant de chaque tranche de paiement. Lorsqu’une demande de paiement est présentée par un État membre, la Commission évalue le respect satisfaisant de chaque jalon et cible que l’État membre indique avoir atteint. Si certains des jalons et cibles ne sont pas atteints, le paiement peut être suspendu partiellement. En 2021, la Commission a mis en place un cadre de suivi et de contrôle de la FRR, notamment des unités spécialisées chargées de l’audit et des affaires juridiques, et des stratégies de contrôle et d’audit spécifiques adaptées à la facilité. La Commission a en outre établi des procédures internes rigoureuses pour l’évaluation des plans pour la reprise et la résilience et des demandes de paiement ultérieures, garantissant des contrôles ex ante et ex post effectifs et efficaces.
Chaque État membre doit mettre en place un système de contrôle effectif et efficace. Cette obligation est prévue à l’article 22, paragraphe 1, du règlement FRR. Chaque État membre doit décrire en détail son système de contrôle national dans son PRR national, système qui est évalué par la Commission comme étant «adéquat» (A) ou «insuffisant» (C) 48 . Si les dispositions proposées par l’État membre sont jugées insuffisantes, le plan ne peut pas être approuvé. S’il incombe au premier chef aux États membres de protéger les intérêts financiers de l’Union, la Commission est cependant également habilitée à recouvrer les fonds et/ou à appliquer des corrections financières dans les cas de fraude, de corruption et de conflits d’intérêts n’ayant pas donné lieu à un recouvrement par les États membres, ou en cas de manquement grave aux obligations prévues par les accords de financement et de prêt.
Après avoir procédé à leur évaluation, la Commission a conclu que les 22 PRR adoptés en 2021 étaient tous assortis d’un système de contrôle adéquat. Toutefois, la Commission a également relevé des lacunes dans 16 d’entre elles et a demandé aux États membres concernés de prendre des mesures correctives supplémentaires avant de présenter leur première demande de paiement régulier. Les États membres concernés ont consenti à ajouter les mesures nécessaires à leurs PRR respectifs 49 . Les jalons et cibles correspondants figurent en annexe de la décision d’exécution du Conseil et doivent être atteints avant la première demande de paiement régulier (c’est-à-dire à l’exclusion des paiements de préfinancement). Ainsi, l’adéquation des systèmes de contrôle est garantie avant tout paiement régulier en faveur d’un État membre.
La Commission examine les «déclarations de gestion» 50 et les «résumés d’audit» 51 accompagnant chaque demande de paiement des États membres et procède à des audits ex post concernant les jalons et cibles. Afin de vérifier si les jalons et cibles ont été atteints de manière satisfaisante, les éléments de preuve fournis par les États membres (conformément à la décision d’exécution de la Commission et aux arrangements opérationnels) sont évalués par des équipes par pays spécialisées associant plusieurs DG. En outre, une unité d’audit spécialisée examine les déclarations de gestion et les résumés des audits accompagnant chaque demande de paiement des États membres. Des audits ex post fondés sur les risques fourniront une assurance supplémentaire quant à l’exactitude des informations fournies par les États membres. La Commission est habilitée à recouvrer des fonds si elle constate a posteriori qu’un jalon ou une cible n’a pas été atteint de manière satisfaisante.
À ce jour, l’examen, par la Commission, des déclarations de gestion et des résumés d’audit est achevé ou en cours pour les cinq demandes de paiement présentées par l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie et le Portugal. Du fait de la brièveté du délai entre l’approbation des plans et la présentation de ces demandes de paiement, les travaux d’audit réalisés par les autorités nationales ont généralement eu une portée limitée. La Commission a demandé des informations supplémentaires aux autorités nationales, notamment pour déterminer si les données mentionnées à l’article 22 du règlement ont effectivement été recueillies et stockées dans le système national, et elle a recensé un certain nombre de points devant faire l’objet d’un suivi au niveau national en 2022, ainsi qu’il ressort des évaluations préliminaires, par la Commission, des demandes de paiement concernées.
Si la protection des intérêts financiers incombe au premier chef aux États membres, la Commission s’attachera, tout au long de la mise en œuvre du plan, à effectuer des audits de système portant sur les systèmes de suivi et de contrôle de ces États membres. En particulier, la Commission procédera à l’audit des mesures mises en œuvre par les États membres pour prévenir, détecter et corriger les cas de fraude, de corruption, de conflits d’intérêts et de double financement. Cela s’étendra également aux systèmes destinés à recueillir et à stocker les données concernant les bénéficiaires, les contractants, les sous-traitants et les bénéficiaires effectifs. La Commission peut en outre procéder à des audits aléatoires et ciblés, et enquêter sur les éventuels cas de fraude, de corruption et de conflit d’intérêts. La Commission est habilitée à recouvrer des fonds ou à engager des procédures de correction financière lorsque des faits de fraude, de corruption ou de conflit d’intérêts ont été constatés sans que les États membres ne prennent des mesures correctives, ou en cas de manquement grave des États membres aux obligations prévues par les accords de financement et de prêt.
4.5.Complémentarité avec d’autres financements de l’UE
Aux fins de l’élaboration des plans, des principes ont été énoncés dans le règlement FRR et dans les orientations fournies par la Commission 52 aux États membres pour éviter tout double financement des mêmes coûts par la FRR et d’autres fonds de l’UE. En particulier, les PRR décrivent en détail les processus et les structures qui ont été mises en place aux niveaux national et régional afin de garantir la complémentarité et la coordination de la gestion des diverses sources de financement de l’UE. Ils devraient garantir que le soutien apporté par la FRR sera complémentaire par rapport au soutien fourni au titre d’autres fonds et programmes de l’Union et qu’il ne couvrira pas les mêmes coûts. Les PRR devraient également préciser quels sont les projets pour lesquels un cofinancement avec d’autres programmes de l’Union est envisagé, et ce qui sera couvert par chacune des sources de financement.
Au cours de la phase de mise en œuvre, les États membres sont tenus de suivre la situation et de fournir l’assurance de l’absence de double financement. Lorsqu’ils présentent leur demande de paiement, les États membres fournissent une déclaration de gestion comprenant un engagement à éviter tout double financement et la mention des systèmes de suivi et de contrôle qui sont en place. De plus, dans le cadre du rapport semestriel, les États membres présenteront toute mise à jour, s’il y a lieu, concernant l’utilisation d’autres programmes de l’UE aux fins des réformes et investissements couverts au titre du PRR approuvé, y compris l’indication des coûts couverts par ces programmes en cas de cofinancement. La Commission est habilitée à procéder à des contrôles et audits de système appropriés sur la base des informations fournies par les États membres.
Au cours de la phase préparatoire des PRR, la Commission a fourni un appui aux États membres pour identifier des instruments qui, au niveau de l’Union, sont adaptés à la création de synergies avec les mesures financées au titre de la FRR. Le soutien apporté au titre de l’instrument d’appui technique et de son prédécesseur, le programme d’appui à la réforme structurelle, constitue un exemple éloquent. Ces instruments seront notamment utiles aux États membres lors de la préparation et de la mise en œuvre des PRR. Un soutien sectoriel sera également mis à la disposition des États membres, par l’intermédiaire du mécanisme de soutien aux politiques d’Horizon, pour la mise en œuvre de réformes en matière de politique de recherche et d’innovation. Par exemple, dans le contexte du projet «Rail Baltica», le financement au titre de la FRR a été combiné avec d’autres types de soutien, dont le mécanisme pour l’interconnexion en Europe 2.0. Les projets de grande ampleur en matière d’infrastructure ferroviaire restent inchangés, et les divers fonds contribueront à des types de dépense différents. Pour ce qui est de l’avenir, la Commission continuera, tout au long de la mise en œuvre de la facilité, d’encourager les États membres à accorder une attention particulière aux futures possibilités de synergies avec d’autres programmes de l’Union.
Le soutien au titre de la facilité pour la reprise et la résilience arrivant à son terme en 2026, la Commission aide à identifier d’autres mesures de financement couvrant les différentes périodes ou étapes des projets. Cela permettra de continuer à garantir un financement au-delà du cycle de vie actuel de la FRR, qui est limité dans le temps. En outre, la Commission a contribué à recenser les fonds et les programmes de l’Union qui poursuivent le même objectif mais porteraient sur des types de mesures différents. Par exemple, dans le domaine de l’enseignement et de la formation professionnels, les mesures au titre de la FRR apporteront un soutien à la création d’infrastructures numériques, tandis que le financement au titre des fonds de la politique de cohésion pour la période 2021-2027 serait ciblé sur les investissements complémentaires, par exemple en faveur de programmes de formation professionnelle destinés à des groupes défavorisés.
La Commission veillera à la complémentarité de la FRR avec les fonds de la politique de cohésion au titre de la programmation 2021-2027. Tandis que la période de préparation de la FRR touche à sa fin, la programmation au titre du CFP 2021-2027 est en cours. La Commission accorde une attention particulière au lien entre la FRR et les fonds relevant des accords de partenariat conclus avec les États membres, et le chevauchement des calendriers de négociation a permis d’établir des synergies entre ces différents instruments de l’Union. En particulier, la plupart des États membres ont, à ce stade, une vision claire des mesures inscrites dans leurs PRR et peuvent en tenir compte dans leur programmation des fonds de la politique de cohésion. Cela garantira la complémentarité des mesures.
5.Conclusion
Dans le contexte de la crise liée à la COVID-19, la FRR a été créée en février 2021 dans le but d’apporter aux États membres un soutien financier substantiel permettant d’accélérer la mise en œuvre de réformes et d’investissements durables et de promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union. D’ici à 2026, la facilité mettra à la disposition des États membres 672,5 millions d’EUR sous forme de prêts et de soutien non remboursable afin de soutenir leurs réformes et leurs investissements visant à atténuer les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 et à rendre les économies et les sociétés européennes plus fortes, plus résilientes et mieux préparées aux défis des transitions verte et numérique.
Un an après la création de la facilité, d’importants progrès ont été accomplis et la mise en œuvre est assurément en bonne voie. Le Conseil a approuvé 22 plans pour la reprise et la résilience, qui représentent une enveloppe totale de 445 milliards d’EUR (dont 291 milliards d’EUR sous la forme de financements non remboursables et 154 milliards d’EUR sous la forme de prêts). La Commission a versé des préfinancements à hauteur 56,6 milliards d’EUR et un premier paiement de 10 milliards d’EUR en 2021. La mise en œuvre de la facilité suit à présent résolument son cours; quelque 30 demandes de paiement sont ainsi attendues en 2022. Le succès de l’émission d’obligations et de titres de créance «NextGenerationEU» constitue également une étape décisive pour l’Union; l’UE dispose ainsi d’un outil puissant pour financer la relance et devenir plus résiliente, plus juste et plus verte au lendemain de la crise.
La FRR est un outil innovant: c’est un instrument unique, tourné vers la demande et «fondé sur les performances», qui fournit un soutien financier direct aux États membres en lien avec l’obtention de résultats. Les fonds sont versés en contrepartie de la mise en œuvre, d’ici à 2026, de réformes et d’investissements destinés à relever les défis auxquels les États membres sont confrontés. Le versement des fonds de la FRR est subordonné au respect satisfaisant de jalons et cibles, préalablement convenus avec les États membres et approuvés par le Conseil, qui concernent la mise en œuvre des mesures proposées par les États membres dans leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience. Le versement du premier paiement à l’Espagne à la fin de 2021 témoigne déjà de l’incidence qu’exerce la facilité en soutenant la mise en œuvre d’importantes réformes. Comme le montre le présent rapport, les réformes et les investissements bénéficiant du soutien de la facilité répondent à des défis spécifiques des États membres et contribuent à des domaines d’action d’une pertinence fondamentale pour l’avenir de l’Union (les «six piliers»). Ils contribueront à l’ambitieux programme d’action de l’Union visant à piloter une reprise durable, équitable et inclusive et à rendre l’économie de l’UE plus résiliente face aux chocs futurs tout en transformant les économies et sociétés de l’UE de manière conforme aux ambitions de la double transition et au socle européen des droits sociaux.
La valeur ajoutée apportée par l’instrument est d’ores et déjà tangible. La mise en œuvre des PRR déclenche également des effets d’entraînement positifs dans l’ensemble de l’Union et favorise la convergence économique. Enfin, et surtout, la facilité soutient la mise en œuvre de projets portant sur plusieurs pays qui sont d’une pertinence fondamentale pour l’Union, témoignant également de l’«additionnalité» des fonds de l’UE. Les progrès accomplis dans la mise en œuvre des plans pour la reprise et la résilience et la mise à disposition des fonds de la facilité peuvent être suivis en direct sur le tableau de bord de la reprise et de la résilience, une plateforme publique en ligne qui présente les progrès accomplis en ce qui concerne chaque jalon et cible.
La Commission est déterminée à faire de la mise en œuvre de la FRR un succès partagé par l’ensemble des Européens. À cette fin, la Commission continuera de tout mettre en œuvre pour associer l’ensemble des parties prenantes concernées afin de garantir le succès de la mise en œuvre des plans, et poursuivra sa collaboration étroite avec le Parlement européen et le Conseil tout au long de la mise en œuvre de la facilité.
ANNEXE
Aperçu de l’état d’avancement
| Présentation officielle | Évaluation positive rendue par la Commission | Adoption par le Conseil | 1er versement de préfinancement | Signature des modalités opérationnelles | Présentation de la demande de paiement | Versement | |
| Autriche | 30 avril | 21 juin | 13 juillet | 28 septembre (450 millions d’EUR) | |||
| Belgique | 30 avril | 23 juin | 13 juillet | 3 août (770 millions d’EUR) | |||
| Bulgarie | 15 octobre | ||||||
| Chypre | 17 mai | 8 juillet | 28 juillet | 9 septembre (157 millions d’EUR) | |||
| Tchéquie | 1er juin | 19 juillet | 8 septembre | 28 septembre (915 millions d’EUR) | |||
| Danemark | 30 avril | 17 juin | 13 juillet | 2 septembre (201 millions d’EUR) | |||
| Allemagne | 28 avril | 22 juin | 13 juillet | 26 août (2,25 milliards d’EUR) | |||
| Estonie | 18 juin | 5 octobre | 29 octobre | 17 août (126 millions d’EUR) | |||
| Grèce | 27 avril | 17 juin | 13 juillet | 9 août (4 milliards d’EUR) | 21 décembre | 29 décembre | |
| Espagne | 30 avril | 16 juin | 13 juillet | 17 août (9 milliards d’EUR) | 10 novembre | 11 novembre | 27 décembre (10 milliards d’EUR) |
| Finlande | 27 mai | 4 octobre | 29 octobre | 21 janvier 2022 (271 millions d’EUR) | |||
| France | 28 avril | 23 juin | 13 juillet | 19 août (5,1 milliards d’EUR) | 25 novembre | 26 novembre | |
| Croatie | 14 mai | 8 juillet | 28 juillet | 28 septembre (818 millions d’EUR) | 9 février | ||
| Hongrie | 11 mai | ||||||
| Irlande | 28 mai | 16 juillet | 8 septembre | Préfinancement non demandé | |||
| Italie | 30 avril | 22 juin | 13 juillet | 13 août (24,9 milliards d’EUR) | 22 décembre | 30 décembre | |
| Lettonie | 30 avril | 22 juin | 13 juillet | 10 septembre (237 millions d’EUR) | 16 février | ||
| Lituanie | 14 mai | 2 juillet | 28 juillet | 17 août (289 millions d’EUR) | |||
| Luxembourg | 30 avril | 18 juin | 13 juillet | 3 août (12,1 millions d’EUR) | |||
| Malte | 13 juillet | 16 septembre | 5 octobre | 17 août (41,1 millions d’EUR) | |||
| Pays-Bas | |||||||
| Pologne | 3 mai | ||||||
| Portugal | 22 avril | 16 juin | 13 juillet | 3 août (2,2 milliards d’EUR) | 18 janvier | 25 janvier | |
| Roumanie | 31 mai | 28 septembre | 29 octobre | 2 décembre (1,8 milliard d’EUR) | |||
| Slovaquie | 29 avril | 21 juin | 13 juillet | 13 octobre (823 millions d’EUR) | 16 décembre | ||
| Slovénie | 30 avril | 1er juillet | 28 juillet | 17 septembre (231 millions d’EUR) | |||
| Suède | 28 mai |
Conformément à l’article 31 du règlement FRR.
Aux fins du présent rapport, l’ensemble des chiffres et des données sont présentés avec une date butoir fixée au 28 février 2022.
SWD(2021) 12 final
Règlement (UE) 2021/241 du 12 février 2021.
https://ec.europa.eu/economy_finance/recovery-and-resilience-scoreboard/index.html .
Facilité pour la reprise et la résilience | Commission européenne (europa.eu) .
Aucun préfinancement demandé
Conformément à l’article 35 du règlement FRR, ce comité de comitologie est institué au sens du règlement (UE) n° 182/2011.
Le montant net de préfinancement tient compte des montants de préfinancement versés, avec une réduction au prorata.
La Commission a adopté une évaluation préliminaire positive le 3 décembre 2021. À la suite de l’avis favorable émis rapidement par le Comité économique et financier (CEF), le 21 décembre, et le comité FRR, le 22 décembre, la Commission a été en mesure d’exécuter le paiement le 27 décembre 2021.
Règlement délégué (UE) 2021/2106 de la Commission du 28 septembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil établissant la facilité pour la reprise et la résilience en vue de définir les indicateurs communs et les éléments détaillés du tableau de bord de la reprise et de la résilience, JO L 429/83.
Règlement délégué (UE) 2021/2105 de la Commission du 28 septembre 2021 complétant le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil établissant la facilité pour la reprise et la résilience par la définition d’une méthode de déclaration des dépenses sociales, JO L 429/79.
i) Éducation et formation des adultes, ii) Soutien à l’emploi et création d’emplois, iii) Modernisation des institutions du marché du travail, iv) Éducation et accueil de la petite enfance, v) Enseignement général, enseignement professionnel et enseignement supérieur, vi) Soins de santé, vii) Soins de longue durée, viii) Logement social et autres infrastructures sociales, ix) Protection sociale.
L'article 27 du règlement (UE) 2021/241 établissant la facilité pour la reprise et la résilience, qui porte sur les rapports établis par les États membres dans le cadre du Semestre européen, dispose que les États membres sont tenus de faire rapport deux fois par an sur les progrès accomplis dans la réalisation de leur plan pour la reprise et la résilience.
Tableau de bord de la reprise et de la résilience (europa.eu) .
Pour alimenter un programme de dépenses de l’Union.
Les six piliers sont les suivants: i) la transition verte, ii) la transformation numérique, iii) la croissance intelligente, durable et inclusive, y compris la cohésion économique, l'emploi, la productivité, la compétitivité, la recherche, le développement et l'innovation, ainsi que le bon fonctionnement du marché intérieur, avec des petites et moyennes entreprises (PME) solides, iv) la cohésion sociale et territoriale, v) la santé et la résilience économique, sociale et institutionnelle dans le but, entre autres, d'augmenter la préparation aux crises et la capacité de réaction aux crises, et vi) les politiques pour la prochaine génération, les enfants et les jeunes, telles que l'éducation et les compétences.
Pour de plus amples informations, voir le tableau de bord de la FRR disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/economy_finance/recovery-and-resilience-scoreboard/index.html .
Cela comprend les investissements qui disposent d’un suivi environnemental de 40 ou 100 % au titre de l’annexe VI du règlement FRR et qui ne sont pas déjà inclus dans la contribution aux objectifs climatiques.
Ce montant est inférieur aux dépenses globales imputées au pilier «transition verte», étant donné que ce dernier englobe l’ensemble des coûts liés à l’investissement, et pas uniquement les dépenses balisées [par exemple, un investissement présentant un coefficient climatique de 40 % serait généralement inclus, avec l’ensemble (100 %) des coûts y afférents, dans le pilier de la transition verte].
De plus amples informations sur cette initiative figurent dans la fiche «Énergie propre» publiée dans le tableau de bord de la FRR .
COM(2021) 1054 final
Dans les PRR, il a fallu préciser et justifier dans quelles proportions chaque mesure contribuait pleinement (100 %), partiellement (40 %) ou pas du tout (0 %) aux objectifs numériques, en utilisant l’annexe VII du règlement FRR. En associant les coefficients aux estimations de coûts de chaque mesure, il est possible de calculer dans quelle mesure les plans contribuent à la réalisation de l’objectif numérique.
Un sas réglementaire est un cadre mis en place par une autorité de régulation du secteur financier pour permettre aux entreprises privées de tester en direct, à petite échelle, des innovations dans un environnement contrôlé, sous la supervision de l’autorité de régulation.
Voir la Recommandation de la Commission du 18 septembre 2020 concernant une boîte à outils commune au niveau de l’Union en vue de réduire les coûts de déploiement de réseaux à très haute capacité et de garantir un accès rapide au spectre radioélectrique 5G dans un climat propice aux investissements, pour favoriser la connectivité et soutenir la reprise économique au sortir de la crise de la COVID-19 dans l’Union [C(2020) 6270 final].
Il s’agit notamment de mesures portant sur la recherche, le développement et l’innovation en général, ainsi que de mesures portant spécifiquement sur la recherche, le développement et l’innovation en lien avec les transitions écologique ou numérique.
Cette estimation se fonde sur la méthode du balisage des piliers dans le tableau de bord pour la reprise et la résilience et correspond aux mesures allouées aux domaines d’action «Soutien aux PME» en tant que domaines d’action primaires ou secondaires.
Ces chiffres sont basés sur la méthode du balisage des piliers et sont fondés sur les mesures allouées aux domaines d’action «Soutien aux PME» en tant que domaines d’action primaire ou secondaire, en tenant compte également de mesures supplémentaires, incluses dans d’autres piliers ou domaines d’action, qui présentent également un intérêt pour les PME. Des mesures de soutien exclusif aux PME ont été définies sur la base de leur description dans les annexes CID correspondantes.
Suivant la classification des taxes environnementales d’Eurostat dans EUROSTAT (2013), «Environmental taxes – A statistical guide» pour une définition des taxes environnementales (disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/eurostat/documents/3859598/5936129/KS-GQ-13-005-EN.PDF ).
La taxation fondée sur les émissions de CO2 est considérée comme une taxation de l’énergie. La taxation fondée sur les émissions de NOx ou de SOx est considérée comme une taxation de la pollution.
Voir la Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions, Sécurité du déploiement de la 5G dans l’UE – Mise en œuvre de la boîte à outils de l’UE, COM(2020) 50 final, du 29 janvier 2020.
Voir Pfeiffer P., Varga J. et in ’t Veld J. (2021), «Quantifying Spillovers of NGEU investment», European Economy Discussion Papers, n° 144, et Afman et al. (2021), «An overview of the economics of the Recovery and Resilience Facility», Rapport trimestriel sur la zone euro, vol. 20, n° 3, pages 7 à 16. Les deux études mettent également en évidence la sensibilité des résultats aux hypothèses fondamentales.
En fonction du profil des dépenses, sur six et sur quatre ans respectivement. L’additionnalité se réfère ici à des fonds qui ne se substituent pas aux dépenses nationales récurrentes ni à d’autres fonds de l’UE [voir règlement FRR (texte de compromis final), considérant 10 bis, article 4 bis et article 8].
La contribution financière de la FRR par État membre est calculée en tenant compte, pour chaque État membre, i) de la population, ii) du PIB par habitant, iii) du taux de chômage et iv) de la baisse du PIB réel en 2020 et 2021. Une mise à jour aura lieu à l’été 2022 sur la base des données les plus récentes d’Eurostat.
Le graphique montre les effets de pointe sur le PIB réel, exprimés sous la forme d'une variation en pourcentage par rapport à un scénario de référence où les politiques restent inchangées, pour un profil linéaire de dépenses au titre de NextGenerationEU (2021 à 2026) et une productivité élevée. Les blocs comprennent les États membres suivants: PIB par habitant supérieur à la moyenne: AT, BE, DE, DK, FR, FI, IE, LU, NL, SE; PIB par habitant inférieur à la moyenne de l’UE (endettement élevé): CY, EL, ES, IT, PT; et PIB par habitant inférieur à la moyenne de l’UE (endettement faible): Tous les États membres de l’EU-27 non inclus dans les groupes précédents. Source: Agrégation fondée sur Pfeiffer et al. (2021).
Les dépenses sociales sont calculées en prenant pour base les neuf domaines de la politique sociale, regroupés en quatre catégories sociales (emploi et compétences, éducation et accueil de la petite enfance, soins de santé et soins de longue durée et politiques sociales), conformément au règlement délégué (UE) 2021/2105.
Le règlement FRR définit la résilience à l’article 2, paragraphe 5 comme «la capacité à faire face à des chocs économiques, sociaux et environnementaux ou à des changements structurels persistants d’une manière équitable, durable et inclusive».
Rapport sur les tableaux de bord de la résilience et annexe Commission européenne (europa.eu) .
Le rapport de prospective stratégique 2020 ( https://ec.europa.eu/info/strategy/strategic-planning/strategic-foresight/2020-strategic-foresight-report_fr ) définit la résilience comme «l'aptitude non seulement à faire face à des défis et à les relever, mais aussi à se soumettre à des transitions de manière durable, équitable et démocratique».
COM(2021) 550 final
Décennie numérique de l’Europe: Objectifs numériques pour2030 | Commission européenne (europa.eu)
COM(2021) 740 final
Y compris, le cas échéant, en apposant l’emblème de l’Union et une déclaration de financement appropriée portant la mention «financé par l’Union européenne – NextGenerationEU».
Facilité pour la reprise et la résilience | Commission européenne (europa.eu) .
Tableau de bord de la reprise et de la résilience (europa.eu) .
Le réseau INFORM EU est un réseau qui rassemble, à l’échelle de l’UE, les responsables de la communication chargés de communiquer sur les investissements de l’UE et des États membres relevant de la gestion partagée et ce, pour les fonds de l’UE suivants: politique régionale: Fonds européen de développement régional (FEDER), Fonds pour une transition juste (FTJ) et Fonds de cohésion (FC); politique sociale: Fonds social européen (FSE+); affaires intérieures: Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI), instrument relatif à la gestion des frontières et aux visas (IGFV) et Fonds pour la sécurité intérieure (FSI); affaires maritimes: Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa). En outre, le réseau comprend la FRR.
Elle évalue notamment si le système de contrôle repose sur des processus et des structures solides, identifie clairement les acteurs, ainsi que leurs rôles et responsabilités, et assure une séparation appropriée des fonctions. Ces acteurs doivent disposer de l’habilitation juridique et de la capacité administrative nécessaires pour exercer les rôles et tâches qui leur sont assignés au cours de la mise en œuvre du plan. La Commission examine également les dispositions décrites dans le plan qui ont pour objet la collecte et la mise à disposition des données sur les destinataires finaux et visent à prévenir, à détecter et à corriger la corruption, la fraude et les conflits d’intérêts lors de l’utilisation des fonds. La Commission se penche également sur les dispositions décrites dans le plan pour la reprise et la résilience qui ont pour objet d’éviter un double financement, afin de déterminer si elles sont adéquates.
Les lacunes mises en évidence dans les systèmes de contrôle des États membres comprenaient l’absence d’un système de référentiel de données permettant de recueillir et de stocker les données conformément au règlement FRR, l’absence de mandats légaux conférés aux différents organismes chargés de la mise en œuvre et de l’audit des fonds, l’insuffisance des capacités administratives des organismes de mise en œuvre et d’audit chargés de la mise en œuvre du PRR et l’absence de stratégie claire pour l’audit des mesures de lutte contre la fraude. Il est nécessaire de remédier à ces lacunes avant qu’un État membre puisse recevoir son premier paiement régulier, c’est-à-dire le premier paiement au titre du FRR hormis le paiement de préfinancement.
Dans la déclaration de gestion accompagnant leur demande de paiement, les États membres doivent mentionner le fait que les systèmes de contrôle mis en place donnent l’assurance nécessaire que les fonds ont été gérés conformément à toutes les règles applicables, notamment les règles visant à éviter les conflits d’intérêts et à prévenir les fraudes, la corruption et un double financement au titre de la facilité et d’autres programmes de l’Union, conformément au principe de bonne gestion financière.
Résumé des audits effectués au niveau national au cours de la période de mise en œuvre.
SWD(2021) 12 final