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AccueilDroit européen52022DC0417
Acte préparatoire52022DC0417

Acte préparatoire — 52022DC0417

CELEX52022DC0417
TypeActe préparatoire
Datevendredi 26 août 2022

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 26.8.2022

COM(2022) 417 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

Rapport annuel sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer pour l’année 2020
















RAPPORT DE LA COMMISSION

Rapport annuel de la Commission européenne sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer pour l’année 2020



Table des matières

1. INTRODUCTION

2. BASE JURIDIQUE

3. MÉTHODOLOGIE ET INFORMATIONS REÇUES

4. LE SECTEUR PÉTROLIER ET GAZIER EN MER DE L’UE

4.1 Installations et production

4.2 Inspections en mer, enquêtes, mesures d’exécution et cadre réglementaire

5. INCIDENTS ET PERFORMANCES EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ

6. CONCLUSION

1. INTRODUCTION

Depuis 2016, la Commission européenne publie un rapport annuel sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer de l’UE.

La base juridique de ce rapport est la directive 2013/30/UE 1 du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 relative à la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer et modifiant la directive 2004/35/CE (ci-après la «directive sur la sécurité en mer»), qui vise à atteindre un niveau élevé de sécurité pour les opérations pétrolières et gazières en mer, dans l’intérêt:

I.des travailleurs;

II.de l’environnement;

III.des plateformes et équipements en mer;

IV.des activités économiques telles que la pêche et le tourisme.

La directive, telle que mise en œuvre par les États membres, contribue à:

I.prévenir les accidents et incidents majeurs;

II.réduire le nombre d’incidents;

III.assurer un suivi efficace des accidents et incidents afin de réduire la gravité de leurs conséquences.

Comme le font les rapports précédents, le présent rapport annuel:

I.fournit des données sur le nombre et le type d’installations dans l’UE;

II.donne des informations sur les incidents de sécurité dans ces installations;

III.évalue la performance en matière de sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer.

À chaque nouveau rapport, l’analyse des tendances gagne en importance. Les rapports documentent également l’évolution des performances en matière de sécurité des activités pétrolières et gazières en mer des États membres.

Le présent rapport se fonde sur les rapports annuels et les données communiqués par les États membres conformément à la directive sur la sécurité en mer.

On compte 187 installations situées en mer du Nord et dans l’océan Atlantique 2 , tandis que 165 installations se trouvent en mer Méditerranée, 9 en mer Noire et 2 en mer Baltique. En 2020, les autorités compétentes des États membres ont inspecté 141 installations en mer relevant de leur juridiction. Les pays ont signalé 2 accidents majeurs: 1 en Croatie et 1 au Danemark.

Le nombre d’incidents a fortement diminué, passant de 34 en 2019 à 16 en 2020. Cela reflète des améliorations majeures dans la sécurité des installations.

2. BASE JURIDIQUE

En vertu de l’article 25 de la directive sur la sécurité en mer, la Commission doit publier un rapport annuel sur les incidences en matière de sécurité et d’environnement des opérations pétrolières et gazières en mer. Ce rapport se fonde sur les rapports annuels individuels que les États membres doivent soumettre à la Commission. L’annexe IX, point 3, de la directive définit les informations minimales que les rapports annuels doivent contenir:

a) le nombre, l’ancienneté et l’implantation des installations;

b) le nombre et le type d’inspections et d’enquêtes réalisées, les mesures coercitives éventuellement prises ou les condamnations éventuelles;

c) les incidents qui se sont produits;

d) toute modification importante du cadre réglementaire relatif aux activités en mer;

e) les résultats obtenus dans le cadre des opérations pétrolières et gazières en mer.

Les États membres doivent publier et soumettre les informations requises au plus tard le 1er juin qui suit la période de référence (par exemple, le 1er juin 2021 pour l’année 2020).

Les États membres doivent soumettre les informations en utilisant les modèles fournis dans le règlement d’exécution (UE) nº 1112/2014 de la Commission du 13 octobre 2014 3 . Les modèles permettent:

I.aux exploitants et propriétaires d’installations pétrolières et gazières en mer, de partager des informations sur les indicateurs des dangers majeurs;

II.Les États membres publient des informations sur les indicateurs des dangers majeurs.

Un document d’orientation 4 fournit des informations supplémentaires spécifiques sur le règlement d’exécution et explique comment utiliser les modèles de communication des données.

3. MÉTHODOLOGIE ET INFORMATIONS REÇUES

Les États membres doivent fournir des informations clairement définies sur les incidents de sécurité dans le secteur pétrolier et gazier en mer en utilisant les modèles. Les données doivent inclure des informations sur les installations pétrolières et gazières en mer dans l’UE, telles que le nombre, le type, l’implantation et l’ancienneté. Les rapports des États membres doivent également fournir des informations sur le nombre i) d’inspections en mer, d’enquêtes et de mesures d’exécution prises; ii) d’incidents par catégorie et iii) de blessures.

Pour le présent rapport annuel, la Commission a utilisé les informations fournies par la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et l’Espagne. Les autres États membres n’ont pas exercé d’activités dans le secteur des opérations pétrolières et gazières en mer ou n’ont pas soumis d’informations pertinentes.

Tous les États membres ayant effectué des opérations pétrolières et gazières en mer ont déclaré avoir fourni toutes les informations requises sur l’ensemble des installations.

4. LE SECTEUR PÉTROLIER ET GAZIER EN MER DE L’UE

4.1 Installations et production

Les États membres ont déclaré 363 installations dans les eaux de l’UE en 2020 (voir tableau 1):

·La plupart des installations en mer 5 se trouvent en mer du Nord et dans l’Atlantique.

·Environ 42 % se trouvent dans la partie néerlandaise de la mer du Nord (connue sous le nom de zone économique exclusive des Pays-Bas).

·En Méditerranée, l’Italie est l’État membre le plus actif (38 % de l’ensemble des installations dans les eaux de l’Union), suivi de la Croatie.

·En mer Noire, la Roumanie possède une industrie pétrolière et gazière en mer bien établie. La Bulgarie a poursuivi l’exploration des hydrocarbures en mer, mais ne dispose que d’une seule installation et produit donc très peu de pétrole et de gaz.

·En mer Baltique, seule la Pologne possède des installations en mer.


Tableau 1. Installations au 1er janvier 2020 : type d’installation, par région et par État membre

Région

Pays

Type d’installation(*)

FMI

NUI

FNP

FPI

Total (région/pays)

Mer Baltique

1

1

0

0

2

Pologne

3

1

0

0

4

Mer Noire

6

3

0

0

9

Bulgarie

0

1

0

0

1

Roumanie

6

2

0

0

8

Mer Méditerranée

16

147

0

2

165

Croatie

2

18

0

0

20

Grèce

1

1

0

0

2

Italie

12

126

0

2

140

Espagne

1

2

0

0

3

Mer du Nord et Atlantique

59

127

1

0

187

Danemark

10

19

1

0

30

Allemagne

2

0

0

0

2

Irlande

1

1

0

0

2

Pays-Bas

46

105

0

0

151

Total (type d’installation)

84

276

1

2

363

(*) FMI: unité fixe avec équipage; FNP: unité fixe non destinée à la production; FPI: unité de production flottante; NUI: unité normalement sans équipage.

Plus de la moitié des installations en mer sont entrées en service entre 1980 et 2000; aucune nouvelle installation fixe n’a été mise en service en 2020. Depuis 2010, la construction de nouvelles installations de production a sensiblement chuté dans la région «mer du Nord et Atlantique».

Environ 81 % de la production intérieure de pétrole et de gaz de l’UE (18 795 kilotonnes équivalent pétrole) provient de la mer du Nord et de l’Atlantique (voir tableau 2). Les principaux contributeurs sont les Pays-Bas et le Danemark. L’Italie et la Croatie sont des producteurs actifs en Méditerranée. En mer Noire, seule la production de la Roumanie est significative.

Tableau 2. Production de pétrole et de gaz en mer dans l’UE en kilotonnes équivalent pétrole (ktep) en 2020

Région

Pays

ktep

% du total UE

Mer Baltique

249

1,3 %

Pologne

249

1,3 %

Mer Noire

1 179

5,9 %

Bulgarie

30

0,1 %

Roumanie

1149

5,8 %

Mer Méditerranée

2 790

13,9 %

Croatie

241

1,2 %

Grèce

97

0,5 %

Italie

2422

12,1 %

Espagne

30

0,1 %

Mer du Nord et Atlantique

157 233

78,9 %

Danemark

4 917

24,6 %

Allemagne

890

4,5 %

Irlande

90

0,5 %

Pays-Bas

9 826

49,2 %

Total

19 941

100 %

À la suite de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’UE a perdu environ 80 % de sa production pétrolière et gazière en mer. La production a légèrement augmenté en Pologne, en Bulgarie et en Allemagne, mais elle a diminué dans tous les autres États membres, en particulier au Danemark. Par rapport à la production des États membres en 2019, on a enregistré une perte de production de 18 % (environ 4 317 kilotonnes équivalent pétrole) en 2020.

Sur la base de la production totale de l’UE mesurée en kilotonnes équivalent pétrole (ktep), 70 % étaient du gaz et seulement 30 % du pétrole. Avec 3619 ktep, le Danemark est le principal producteur de pétrole, suivi de l’Allemagne (867 ktep), des Pays-Bas (451 ktep) et de l’Italie (440 ktep).

4.2 Inspections en mer, enquêtes, mesures d’exécution et cadre réglementaire

Les autorités compétentes des États membres ont régulièrement inspecté les installations en mer relevant de leur juridiction en 2020 (voir tableau 3) — plus un pays dispose d’installations, plus les inspections qu’il effectue habituellement sont nombreuses.

Par rapport à 2019 6 , le nombre d’inspections, le nombre de jours de travail consacrés aux inspections dans les installations et le nombre d’installations inspectées ont diminué. En particulier, les inspecteurs ont passé beaucoup moins de temps dans les installations qu’en 2019.

Tableau 3. Nombre d’inspections en mer par région et par État membre en 2020

Région

Pays

Inspections

Jours de travail passés sur les installations (temps de déplacement non compris)

Nombre d’installations concernées

Mer Baltique

2

7

4

Pologne

2

7

4

Mer Noire

10

60

7

Bulgarie

0

0

0

Roumanie

10

60

7

Mer Méditerranée

181

175

80

Croatie

13

13

6

Chypre

0

0

0

Grèce

1

5

2

Italie

164

156

69

Espagne

3

1

3

Mer du Nord et Atlantique

62

89

50

Danemark

12

53

10

Allemagne

2

3

2

Irlande

2

12

2

Pays-Bas

46

21

36

Total

255

331

141

L’article 18 de la directive sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer confère certains droits et certains pouvoirs aux autorités nationales compétentes sur les opérations et les installations relevant de leur juridiction. Ces pouvoirs comprennent le droit d’interdire les opérations et de demander des mesures garantissant à la fois la conformité de la gestion des risques et la sécurité des opérations.

En 2020, le Danemark a enquêté sur un accident majeur et la Croatie a mené une enquête à la suite de préoccupations en matière de sécurité et d’environnement signalées par la main-d’œuvre. En 2019, l’Italie et la Roumanie ont chacune mené une enquête.

En 2020, seul le Danemark a pris des mesures coercitives. La seule mesure coercitive en 2019 (à l’exclusion du Royaume-Uni) a été prise par les Pays-Bas.

5. INCIDENTS ET PERFORMANCES EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ

Les exploitants et propriétaires d’installations ainsi que les autorités nationales doivent signaler un accident ou une situation de danger grave (ci-après dénommé «événement»). Toutefois, un seul événement peut être classé en fonction d’un ou de plusieurs incidents. par exemple, deux catégories d’incidents doivent être indiquées pour un même événement s’il y a eu a) un rejet involontaire de gaz, qui b) a nécessité l’évacuation du personnel.

Les États membres ont signalé 15 événements 7 en 2020, contre 30 en 2019 (à l’exclusion du Royaume-Uni):

-Danemark — 8 événements (6 en 2019), dont 1 accident majeur.

-Croatie — 3 événements (0 en 2019), dont 1 accident majeur.

-Pays-Bas — 4 événements mais pas d’accidents majeurs (18 événements en 2019, dont 1 accident majeur).

Les accidents majeurs comprennent les incidents susceptibles de causer des décès ou des blessures graves (même si aucun accident n’a eu lieu).

Parmi les incidents survenus en 2020, 69 % appartiennent à la catégorie des rejets involontaires de gaz et/ou de pétrole, 25 % concernaient des défaillances d’éléments critiques pour la sécurité et l’environnement et 6 % concernaient la perte d’intégrité structurelle. Sur une note positive, aucune collision de navire ni aucun accident d’hélicoptère n’a été signalé, et aucun des incidents n’a entraîné la perte de vies humaines.

Tableau 4. Incidents par catégorie (annexe IX de la directive sur la sécurité en mer) en 2020

Catégorie

Total

Pourcentage du total de la catégorie

Pourcentage du total des événements

a)

Rejets involontaires — Total

11

100 %

68,75 %

Incendies provoqués par du pétrole ou du gaz enflammé

1

9,09 %

6,25 %

Explosions provoquées par du pétrole ou du gaz enflammé

0

0 %

0 %

Gaz non enflammé

5

45,45 %

31,25 %

Pétrole non enflammé

5

45,45 %

31,25 %

Substances dangereuses

0

0 %

0 %

b)

Perte de contrôle de puits — Total

0

0 %

0 %

Éruptions

0

0 %

0 %

Éruption/activation du déflecteur

0

0 %

0 %

Défaillance d’une barrière de puits

0

0 %

0 %

c)

Défaillance d’éléments critiques pour la sécurité et l’environnement

4

100 %

25 %

d)

Perte d’intégrité structurelle — Total

1

100 %

6,25 %

Perte d’intégrité structurelle

1

100 %

6,25 %

Perte de stabilité/flottabilité

0

0 %

0 %

Déplacement involontaire

0

0 %

0 %

e)

Collisions impliquant des navires

0

f)

Accidents d’hélicoptère

0

g)

Accidents mortels (*)

0

h)

Cinq blessés graves ou plus dans le même accident

0

i)

Évacuations du personnel

0

j)

Accidents environnementaux (**)

0

Total

16

100 %

(*) Uniquement en lien avec un accident majeur.

(* *) Selon les États membres, les accidents majeurs signalés n’ont pas été considérés comme des accidents environnementaux.

Dans l’UE, le nombre total d’incidents signalés est passé de 34 en 2019 (Royaume-Uni exclu) à 16 en 2020 (voir plus bas). Cela équivaut presque à 2016.

Cette baisse s’explique en grande partie par une diminution du nombre de rejets involontaires de pétrole et de gaz. Il n’y a eu aucun incident relevant des catégories «perte de contrôle d’un puits» et «rejet de substances dangereuses» en 2020. Toutefois, les défaillances d’éléments critiques pour la sécurité et l’environnement sont passées de deux à quatre entre 2019 et 2020. En 2019, deux incidents ont été classés parmi les accidents majeurs, étant donné qu’ils auraient pu causer des décès ou des dommages corporels graves.

6. CONCLUSION

En 2020, l’UE comptait 363 installations pétrolières et gazières en mer. Le niveau global de production de pétrole et de gaz a sensiblement diminué, passant de 24 258 kilotonnes équivalent pétrole en 2019 à 19 941 kilotonnes équivalent pétrole en 2020. Le Danemark et les Pays-Bas ont assuré 74 % de la production de pétrole et de gaz en mer de l’UE.

La Commission a évalué la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer dans l’UE sur la base des informations communiquées par les États membres conformément aux dispositions du règlement d’exécution sur la communication des informations. L’exactitude de l’analyse de la Commission dépend donc de l’exactitude de ces informations.

En 2020, les autorités nationales ont poursuivi leurs efforts pour garantir un niveau élevé de sécurité dans les opérations pétrolières et gazières en mer en inspectant 141 installations (contre 170 en 2019). Le Danemark est le seul pays à avoir signalé une action coercitive.

Deux accidents majeurs ont eu lieu en 2020, comme en 2019. Le nombre total d’incidents (tels que classés dans le tableau 4) est passé de 34 en 2019 à 16 en 2020, principalement grâce à une diminution du nombre d’incidents aux Pays-Bas (de 18 à 4). Comme en 2019, aucun accident mortel n’a été signalé, mais 24 blessés et 10 blessés graves ont été signalés.

En conclusion, grâce aux inspections obligatoires et aux mesures correctives prises, conformément à la directive sur la sécurité en mer, les travaux des autorités des États membres ont permis de rendre les opérations pétrolières et gazières en mer nettement plus sûres par rapport à 2019.

Pour maintenir ce niveau élevé de sécurité, la Commission continue de travailler en étroite collaboration avec le groupe des autorités pour les opérations en mer de l’Union européenne (EUOAG). Un des objectifs est d’insister sur l’importance d’appliquer les meilleures pratiques dans tous les États membres et d’aider les autorités nationales représentées au sein du groupe.

(1)

JO L 178 du 28 juin 2013, p. 66.

(2)

Après le départ du Royaume-Uni de l’UE, le nombre d’installations en mer du Nord et dans l’océan Atlantique a diminué de 176.

(3)

JO L 302 du 22 octobre 2014, p. 2.

(4)

https://euoag.jrc.ec.europa.eu/files/attachments/2015_11_25_implementing_regulation_guidance_document_final.pdf

(5)

Les unités mobiles de forage au large ne font pas partie de l’analyse du point 4.1.

(6)

Pour comparer 2020 à 2019, nous n’incluons pas les données relatives au Royaume-Uni pour 2019.

(7)

L’obligation de déclaration ne couvre pas certains événements (par exemple, ceux qui ne sont pas liés aux opérations).

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