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AccueilDroit européen52022DC0614
Acte préparatoire52022DC0614

Acte préparatoire — 52022DC0614

CELEX52022DC0614
TypeActe préparatoire
Datelundi 23 mai 2022

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 23.5.2022

COM(2022) 614 final

Recommandation de

RECOMMANDATION DU CONSEIL

concernant le programme national de réforme de la Hongrie pour 2022 et portant avis du Conseil sur le programme de convergence de la Hongrie pour 2022

{SWD(2022) 614 final} - {SWD(2022) 640 final}


Recommandation de

RECOMMANDATION DU CONSEIL

concernant le programme national de réforme de la Hongrie pour 2022 et portant avis du Conseil sur le programme de convergence de la Hongrie pour 2022

LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 121, paragraphe 2, et son article 148, paragraphe 4,

vu le règlement (CE) n° 1466/97 du Conseil du 7 juillet 1997 relatif au renforcement de la surveillance des positions budgétaires ainsi que de la surveillance et de la coordination des politiques économiques 1 , et notamment son article 9, paragraphe 2,

vu la recommandation de la Commission européenne,

vu les résolutions du Parlement européen,

vu les conclusions du Conseil européen,

vu l’avis du comité de l’emploi,

vu l’avis du comité économique et financier,

vu l’avis du comité de la protection sociale,

vu l’avis du comité de politique économique,

considérant ce qui suit:

(1)Le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil 2 , qui a établi la facilité pour la reprise et la résilience, est entré en vigueur le 19 février 2021. La facilité pour la reprise et la résilience apporte un soutien financier à la mise en œuvre des réformes et des investissements, créant ainsi une impulsion budgétaire financée par l’Union. Elle contribue à la reprise économique et à la réalisation d’investissements et de réformes durables et propices à la croissance, favorisant en particulier la transition écologique et numérique, tout en renforçant la résilience et le potentiel de croissance des économies des États membres. Elle contribue également à renforcer la viabilité des finances publiques et à stimuler la croissance et la création d’emplois à moyen et à long terme. La contribution financière maximale par État membre au titre de la facilité pour la reprise et la résilience [a] été actualisée le [XX] juin 2022, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/241.

(2)Le 24 novembre 2021, la Commission a adopté l’examen annuel de la croissance durable, qui marque le lancement du Semestre européen 2022 pour la coordination des politiques économiques. Elle a dûment tenu compte de la volonté commune, réaffirmée lors du sommet social de Porto de mai 2021, de poursuivre la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux proclamé par le Parlement européen, le Conseil et la Commission le 17 novembre 2017. Le Conseil européen a validé les priorités de l’examen annuel 2022 de la croissance durable le 25 mars 2022. Le 24 novembre 2021, la Commission a également adopté, sur la base du règlement (UE) nº 1176/2011, le rapport sur le mécanisme d’alerte, dans lequel la Hongrie n’est pas mentionnée parmi les États membres devant faire l’objet d’un bilan approfondi 3 . Le même jour, la Commission a également adopté la proposition de rapport conjoint sur l’emploi pour l’année 2022, analysant la mise en œuvre des lignes directrices pour l’emploi et des principes du socle européen des droits sociaux, que le Conseil a adoptée le 14 mars 2022.

(3)L’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a suivi la pandémie mondiale, a bouleversé le contexte géopolitique et économique. L’impact de l’invasion sur les économies des États membres se fait par exemple sentir par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires et par des perspectives de croissance plus faibles. La hausse des prix de l’énergie pèse particulièrement sur les ménages les plus vulnérables qui vivent dans des conditions de précarité énergétique ou sont exposés à un tel risque. L’UE connaît également un afflux sans précédent de personnes fuyant l’Ukraine. Dans ce contexte, le 4 mars 2022, la directive relative à la protection temporaire a été activée 4 pour la première fois, ce qui a permis d’accorder aux personnes déplacées d’Ukraine le droit de séjourner légalement dans l’UE et de leur octroyer l’accès à l’éducation et à la formation, au marché du travail, aux soins de santé, au logement et à la protection sociale. Un soutien exceptionnel est mis à la disposition de la Hongrie dans le cadre de l’initiative «Action de cohésion en faveur des réfugiés en Europe» (CARE) et au moyen du préfinancement supplémentaire au titre du programme de soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU) afin de répondre d’urgence aux besoins d’accueil et d’intégration des personnes qui fuient l’Ukraine.

(4)Compte tenu de l’évolution rapide de la situation économique et géopolitique, le Semestre européen reprend sa vaste coordination des politiques économiques et de l’emploi en 2022, tout en évoluant conformément aux exigences concernant la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience, comme décrit dans l’examen annuel 2022 de la croissance durable. La mise en œuvre des plans pour la reprise et la résilience adoptés est essentielle à la réalisation des priorités stratégiques définies dans le cadre du Semestre européen, étant donné que les plans portent sur l’ensemble ou une partie non négligeable des recommandations par pays pertinentes émises au cours des cycles 2019 et 2020 du Semestre. Les recommandations par pays pour 2019 et 2020 restent également pertinentes pour les plans pour la reprise et la résilience révisés, actualisés ou modifiés conformément aux articles 14, 18 et 21 du règlement (UE) 2021/241, en plus de toute recommandation par pays émise jusqu’à la date de présentation du plan modifié.

(5)La clause dérogatoire générale est activée depuis mars 2020 5 . Dans sa communication du 3 mars 2021 6 , la Commission a estimé que la décision relative à la désactivation ou au maintien en vigueur de la clause dérogatoire générale devrait s’inscrire dans le cadre d’une évaluation d’ensemble de l’état de l’économie, dont un critère quantitatif essentiel serait le niveau de l’activité économique dans l’Union ou la zone euro par rapport aux niveaux atteints avant la crise (fin 2019). Il est justifié, compte tenu du climat d’incertitude grandissant et des lourds risques de dégradation des perspectives économiques dans le contexte de la guerre en Europe, des hausses sans précédent des prix de l’énergie et des perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement, d’étendre la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance jusqu’en 2023.

(6)Conformément à l’approche exposée dans l’avis du Conseil du 18 juin 2021 sur le programme de convergence pour 2021, à l’heure actuelle, la meilleure façon de mesurer l’orientation budgétaire passe par la variation des dépenses primaires (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes), à l’exclusion des mesures d’urgence temporaires liées à la crise de la COVID-19, mais en tenant compte des dépenses financées au moyen d’une aide non remboursable (subventions) au titre de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’UE, par rapport à la croissance potentielle à moyen terme 7 . Au-delà de l’orientation budgétaire globale, afin d’évaluer si la politique budgétaire nationale est prudente et si sa composition favorise une reprise durable compatible avec les transitions écologique et numérique, une attention particulière est également accordée à l’évolution des dépenses primaires courantes financées au niveau national 8 (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes et à l’exclusion des mesures d’urgence temporaires liées à la crise de la COVID-19) et des investissements.

(7)Le 2 mars 2022, la Commission a adopté une communication fournissant des orientations générales en matière de politique budgétaire pour 2023, visant à soutenir la préparation des programmes de stabilité et de convergence des États membres et à renforcer ainsi la coordination des politiques 9 . La Commission a observé que, sur la base des perspectives macroéconomiques des prévisions d’hiver 2022, le passage d’une orientation budgétaire générale favorable en 2020-2022 à une orientation budgétaire générale globalement neutre semble approprié en 2023, tout en se tenant prête à réagir à l’évolution de la situation économique. La Commission a annoncé que les recommandations budgétaires pour 2023 devraient continuer de différencier les États membres et tenir compte des éventuelles retombées transnationales. La Commission a invité les États membres à tenir compte des orientations dans leurs programmes de stabilité et de convergence. La Commission s’est engagée à suivre de près l’évolution de la situation économique et à adapter ses orientations politiques en fonction des besoins et au plus tard dans son paquet du printemps du Semestre, fin mai 2022.

(8)En ce qui concerne les orientations budgétaires fournies le 2 mars 2022, les recommandations budgétaires pour 2023 tiennent compte de la détérioration des perspectives économiques, de l’incertitude accrue et de nouveaux risques à la baisse, ainsi que de la hausse de l’inflation par rapport aux prévisions d’hiver. Compte tenu de ces considérations, la réponse budgétaire doit accroître les investissements publics en faveur de la transition écologique et numérique et de la sécurité énergétique, et soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables afin d’amortir l’impact de la hausse des prix de l’énergie et de contribuer à limiter les pressions inflationnistes liées aux effets secondaires au moyen de mesures ciblées et temporaires; la politique budgétaire doit rester souple afin de s’adapter à l’évolution rapide de la situation et être différenciée selon les pays en fonction de leur situation budgétaire et économique, y compris en ce qui concerne l’exposition à la crise et l’afflux de personnes déplacées en provenance d’Ukraine.

(9)Le 29 avril 2022, la Hongrie a présenté son programme national de réforme pour 2022 et son programme de convergence pour 2022. Afin de tenir compte de l’interdépendance des deux programmes, ils ont été évalués conjointement.

(10)La Commission a publié le rapport 2022 pour la Hongrie 10 le 23 mai 2022. Dans celui-ci, elle a évalué les progrès accomplis par la Hongrie dans la mise en œuvre des recommandations par pays pertinentes adoptées par le Conseil en 2019, 2020 et 2021. Y ont également été évalués les progrès accomplis par la Hongrie dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et dans la réalisation des grands objectifs de l’UE en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté, ainsi que les progrès dans la réalisation des objectifs de développement durable de l’ONU.

(11)Le 29 avril 2022, la Hongrie a présenté son programme de convergence pour 2022, dans le délai fixé à l'article 4 du règlement (CE) n° 1466/97.

(12)Le 23 mai 2022, la Commission a publié un rapport au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE. Ce rapport a examiné la situation budgétaire de la Hongrie, dont le déficit public a dépassé en 2021 la valeur de référence de 3 % du PIB prévue par le traité, tandis que sa dette publique s’est établie au-dessus de la valeur de référence de 60 % du PIB prévue par le traité et n’a pas suivi la référence d'ajustement du ratio de la dette. Les conclusions dudit rapport étaient que les critères du déficit et de la dette n’étaient pas remplis. Conformément à la communication du 2 mars 2022, la Commission a considéré, dans le cadre de son évaluation de tous les facteurs pertinents, que le respect de la référence d’ajustement du ratio de la dette impliquerait un effort budgétaire concentré en début de période trop contraignant, au risque de compromettre la croissance. Par conséquent, de l’avis de la Commission, le respect de la référence d’ajustement du ratio de la dette n’est pas justifié dans la situation économique exceptionnelle actuelle. Comme annoncé, la Commission n’a pas proposé d’ouvrir de nouvelles procédures pour déficit excessif au printemps 2022, dont elle réévaluera l’opportunité à l’automne 2022.

(13)Le 20 juillet 2020, le Conseil a recommandé à la Hongrie de prendre, en 2020 et 2021, conformément à la clause dérogatoire générale, toutes les mesures nécessaires pour combattre efficacement la pandémie, soutenir l’économie et soutenir la reprise qui s’ensuivra. Il a également été recommandé aux autorités hongroises, lorsque les conditions économiques le permettront, de mener des politiques budgétaires visant à parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes et à garantir la soutenabilité de la dette, tout en renforçant les investissements. En 2021, sur la base des données validées par Eurostat, le déficit public de la Hongrie est passé de 7,8 % du PIB en 2020 à 6,8 % en 2021. La réponse de la Hongrie en matière de politique budgétaire s’est inscrite au soutien de la reprise économique en 2021, tandis que les mesures d’aide d’urgence temporaires sont tombées de 4,0 % du PIB en 2020 à 0,8 % en 2021. Les mesures prises par la Hongrie en 2021 sont conformes à la recommandation du Conseil du 20 juillet 2020. Les mesures budgétaires discrétionnaires adoptées par le gouvernement en 2020 et 2021 ont été pour la plupart temporaires ou contrebalancées par des mesures de compensation. Dans le même temps, certaines des mesures discrétionnaires adoptées par le gouvernement au cours de la période 2020-2021 n’étaient pas temporaires ou assorties de mesures compensatoires, consistant principalement en une réduction des cotisations patronales de sécurité sociale, une suppression de la taxe de formation professionnelle, une exonération de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les salariés âgés de moins de 25 ans, une réintroduction du 13e mois de retraite et une augmentation des salaires des médecins. D’après les données validées par Eurostat, la dette publique s’élevait à 76,8 % du PIB en 2021.

(14)Le scénario macroéconomique sur lequel se fondent les projections budgétaires contenues dans le programme de convergence pour 2022 est favorable. Le gouvernement prévoit une croissance du PIB réel de 4,3 % en 2022 et de 4,1 % en 2023. À titre de comparaison, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur une croissance du PIB réel plus faible, de l’ordre de 3,6 % en 2022 et de 2,6 % en 2023, principalement en raison de l’hypothèse d’une persistance accrue des conséquences macroéconomiques de l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Les prévisions de la Commission misent sur une croissance plus faible de la consommation privée, en particulier en 2023, et sur une croissance plus lente de l’investissement, tant en 2022 qu’en 2023. Dans son programme de convergence pour 2022, le gouvernement prévoit que le déficit nominal diminuera pour s’établir à 4,9 % du PIB en 2022 et à 3,5 % en 2023. La baisse enregistrée en 2022 reflète principalement la poursuite de la croissance dynamique du PIB nominal. Selon le programme, le ratio de la dette publique devrait descendre à 76,1 % en 2022 et poursuivre sa baisse pour atteindre 73,8 % en 2023. Sur la base des mesures connues à la date de clôture des prévisions, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur un déficit public de, respectivement, 6,0 % et 4,9 % du PIB pour 2022 et 2023. Ce déficit est plus élevé que celui prévu dans le programme de convergence pour 2022, principalement en raison des perspectives macroéconomiques moins favorables, en particulier en 2023, et de la croissance plus forte des dépenses, qui tient compte des injections de capitaux dans les entreprises de services publics, se chiffrant à 1,1 % du PIB en 2022 et à 0,7 % supplémentaire en 2023. Les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur un ratio de la dette publique plus élevé, de 76,4 % en 2022 et de 76,1 % en 2023. Cette différence est due à un solde primaire plus élevé et à une dynamique du PIB nominal moins favorable.

Sur la base des prévisions du printemps 2022 de la Commission, la croissance du PIB potentielle à moyen terme (moyenne sur 10 ans) est estimée à 3,2 %. Toutefois, cette estimation ne tient pas compte de l’incidence des réformes qui font partie du plan pour la reprise et la résilience et qui peuvent stimuler la croissance potentielle de la Hongrie.

(15)En 2022, le gouvernement a progressivement supprimé les mesures prises en réponse à la crise de la COVID-19, de sorte que les mesures d’aide d’urgence temporaires devraient passer de 0,8 % du PIB en 2021 à 0,0 % en 2022. Le déficit public est affecté par les mesures adoptées pour contrer l’incidence économique et sociale de la hausse des prix de l’énergie, qui, selon les prévisions du printemps 2022 de la Commission, sont estimées à 1,2 % du PIB en 2022 et à 0,7 % du PIB en 2023 11 . Ces mesures consistent en des compensations accordées par le gouvernement aux entreprises de services publics, sous la forme de transferts en capital pour les pertes attendues résultant de la régulation des prix de l’énergie, une réduction temporaire des droits d’accises sur les carburants et des compensations pour les petites stations-service. Toutes les mesures autres que les plafonds tarifaires permanents sur les prix de détail du gaz et de l’électricité ont été annoncées comme temporaires. Toutefois, si les prix de l’énergie devaient rester élevés en 2023 également, certaines de ces mesures pourraient être maintenues. Certaines de ces mesures ne sont pas ciblées par nature, notamment les plafonds tarifaires généraux sur les prix de détail de l’énergie et la réduction des droits d’accises. Le déficit public est lui aussi affecté par les coûts liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine, qui, selon les prévisions du printemps 2022 de la Commission, devraient se chiffrer à 0,2 % du PIB en 2022 et à 0,3 % en 2023 12 .

(16)Le 18 juin 2021, le Conseil a recommandé qu’en 2022, la Hongrie 13 maintienne une orientation budgétaire propre à soutenir l’activité économique, notamment grâce à l’impulsion fournie par la facilité pour la reprise et la résilience, et qu’elle préserve les investissements financés au niveau national. Il a également été recommandé aux autorités hongroises, lorsque les conditions économiques le permettront, de mener une politique budgétaire visant à parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes et à assurer la viabilité budgétaire à moyen terme, ainsi que, dans le même temps, à accroître les investissements afin de stimuler la croissance potentielle.

(17)En 2022, sur la base des prévisions du printemps 2022 de la Commission et des informations figurant dans le programme de convergence de la Hongrie pour 2022, l’orientation budgétaire devrait être globalement neutre, à -0,1 % du PIB, tandis que le Conseil a recommandé une orientation budgétaire favorable 14 . La Hongrie prévoit d’apporter un soutien continu à la reprise en recourant à la facilité pour la reprise et la résilience pour financer des investissements supplémentaires, comme le recommande le Conseil. La contribution positive à l’activité économique des dépenses financées par les subventions au titre de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’Union devrait diminuer de 1,0 point de pourcentage du PIB par rapport à 2021, en raison du ralentissement attendu de l’absorption des fonds de l’UE 15 . Les investissements financés au niveau national devraient avoir un effet expansionniste sur l’orientation budgétaire de 0,2 point de pourcentage en 2022 16 . Par conséquent, la Hongrie prévoit de préserver les investissements financés au niveau national, comme le recommande le Conseil. Parallèlement, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des nouvelles mesures en matière de recettes) en 2022 devrait avoir un effet expansionniste de 0,4 point de pourcentage sur l’orientation budgétaire globale. Il est tenu compte de l’incidence supplémentaire des mesures visant à faire face aux conséquences économiques et sociales de la hausse des prix de l’énergie (0,1 % du PIB) ainsi qu’aux coûts liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine (0,2 % du PIB). Plusieurs mesures discrétionnaires contribuent également à la croissance des dépenses courantes primaires financées au niveau national (déduction faite des nouvelles mesures en matière de recettes), telles que la réintroduction du 13e mois de retraite, les compléments de salaire pour les agents de la force publique et les officiers de l’armée, la réduction des cotisations sociales patronales et la taxe de formation professionnelle.

(18)En 2023, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur une orientation budgétaire de 1,9 % du PIB, dans l’hypothèse de politiques inchangées 17 . Il est attendu que la Hongrie continue d’utiliser les subventions au titre de la facilité pour la reprise et la résilience en 2023 pour financer des investissements supplémentaires en faveur de la reprise. La contribution positive à l’activité économique des dépenses financées par les subventions au titre de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’Union devrait augmenter de 0,3 point de pourcentage du PIB en 2023. Les investissements financés au niveau national devraient avoir un effet expansionniste sur l’orientation budgétaire de 0,4 point de pourcentage en 2023 18 . Parallèlement, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des nouvelles mesures en matière de recettes) en 2023 devrait apporter une contribution restrictive de 1,9 point de pourcentage à l’orientation budgétaire globale. Il est tenu compte de l’incidence de la sortie progressive des mesures visant à faire face à la hausse des prix de l’énergie (0,1 % du PIB) ainsi qu’aux coûts liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine (0,1 % du PIB).

(19)Dans le programme de convergence pour 2022, le déficit public devrait enregistrer une baisse progressive pour s’établir à 2,5 % du PIB en 2024 et à 1,5 % en 2025. Par conséquent, il est prévu que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB d’ici 2024. Selon le programme, le ratio de la dette publique devrait décroître d’ici 2025, plus particulièrement pour descendre à 70,4 % en 2024, avant de s'établir à 66,9 % en 2025. Sur la base de l’analyse de la Commission, les risques pesant sur la soutenabilité de la dette semblent modérés à moyen terme.

(20)Les effets du vieillissement de la population et l’augmentation de la dette publique pendant la crise de la COVID-19 devraient intensifier les défis à long terme en matière de viabilité budgétaire en Hongrie. Les dépenses consacrées au paiement de pensions de retraite devraient augmenter sensiblement, passant d’environ 8 % en 2019 à plus de 12 % du PIB en 2070. Les indicateurs de viabilité budgétaire font état de risques moyens en matière de viabilité à moyen terme et de risques élevés à long terme. Les mesures prises récemment exacerbent les difficultés sur le plan de la viabilité en gonflant le passif public à long terme relatif aux pensions de retraite. Le 13e mois de retraite, réintroduit en 2021 et 2022, devrait augmenter les dépenses consacrées aux pensions de retraite. Les modifications apportées aux systèmes d’imposition et de retraite au cours des dix dernières années devraient accroître les dépenses consacrées aux pensions de retraite des retraités à haut revenu et accentuer les inégalités entre retraités. Parmi ces mesures figurent la suppression du plafond des rémunérations ouvrant droit à pension et des pensions de retraite et l’introduction de l’impôt forfaitaire sur le revenu des personnes physiques, qui augmente le revenu ouvrant droit à pension des personnes à haut revenu. La pension minimale est restée inchangée en termes nominaux depuis 2008, ce qui affecte la situation des personnes qui ont connu des interruptions de carrière et ont perçu des revenus en moyenne peu élevés tout au long de leur carrière.

(21)La Hongrie a présenté les documents de programmation de la politique de cohésion 19 - l’accord de partenariat le 30 décembre 2021, ainsi que le programme de développement économique et d’innovation plus le 26 janvier 2022 [add more OPs if submitted until the publication of the Spring Package]. Conformément au règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021, la Hongrie tiendra compte des recommandations par pays pertinentes dans la programmation des fonds de la politique de cohésion pour la période 2021-2027. Il s’agit là d’une condition préalable à l’amélioration de l’efficacité et à la maximisation de la valeur ajoutée du soutien financier provenant des fonds de la politique de cohésion, tout en promouvant la coordination, la complémentarité et la cohérence de ces fonds avec les autres instruments et fonds de l’Union. La bonne mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion dépend également de la suppression des obstacles aux investissements visant à soutenir la transition écologique et numérique et un développement territorial équilibré.

(22)Dans l’ensemble, le marché du travail hongrois se porte bien, mais des difficultés subsistent en ce qui concerne le faible taux d’emploi des femmes et des groupes défavorisés. Les mères ayant de jeunes enfants ont tendance à rester éloignées du marché du travail pendant une longue période, en partie en raison de la pénurie de places d’accueil pour les enfants de moins de trois ans. Le nombre de places de garde pour enfants augmente progressivement grâce à des programmes spécifiques, mais les structures d’accueil sont également confrontées à des pénuries de personnel. Il existe une marge d’amélioration considérable du taux d’emploi de certains groupes défavorisés, tels que les personnes peu qualifiées, les chômeurs de longue durée, les personnes handicapées et les Roms. Ces groupes pourraient être mobilisés plus efficacement en les dotant de compétences et en les aidant activement à trouver un emploi. L’aide à la recherche d’un emploi est limitée et seuls la moitié des chômeurs inscrits perçoivent des prestations financières. La durée de l’allocation de chômage est parmi les plus courtes de l’UE. Le chômage se concentre dans les régions moins développées et dans les zones rurales.

(23)Le risque de pauvreté a diminué de manière notable, mais de nombreux citoyens ne parviennent toujours pas à subvenir aux besoins de base. Les taux de privation matérielle et sociale restent parmi les plus élevés de l’UE, en particulier pour les enfants. La pauvreté et l’exclusion sociale se concentrent sur des groupes et territoires spécifiques. Les taux de pauvreté sont trois à quatre fois plus élevés pour les Roms, notamment en raison de leur accès plus limité au marché du travail et aux services publics. Le filet de sécurité sociale s’est affaibli pour les familles sans emploi stable au cours des dix dernières années et l’écart de pauvreté s’est creusé récemment. Le système fiscal pèse de manière disproportionnée sur les travailleurs moins bien rémunérés. Les familles à faibles revenus sont également moins susceptibles de bénéficier de l’abattement fiscal par enfant. Leurs principales sources de revenus, telles que le salaire au titre du programme de travaux publics, le revenu minimum et les allocations familiales, n’ont pas progressé aussi vite que le coût de la vie. Les prix réglementés de l’énergie résidentielle sont restés inchangés, protégeant ainsi en partie les ménages des récentes hausses des prix des matières premières. Cela n’est toutefois d’aucun secours pour les ménages pauvres qui habitent en zone rurale et qui utilisent des combustibles solides pour se chauffer. La hausse des prix de l’immobilier représente un défi supplémentaire pour les familles à faibles revenus, qui accèdent avec difficultés aux programmes d’aide au logement public. Dans le même temps, les logements sociaux, souvent délabrés, sont devenus rares.

(24)Les résultats de la Hongrie en matière d’éducation sont inférieurs à la moyenne de l’UE. À l’âge de 15 ans, les compétences de base sont nettement inférieures aux moyennes de l’UE et des pays de la région, et ont régressé au cours des dix dernières années. Contrairement aux tendances européennes, le décrochage scolaire a augmenté au cours des dix dernières années pour atteindre 12,0 % en 2021, soit un taux supérieur à la moyenne de l’UE (9,7 %). Le décrochage scolaire est plus élevé dans les districts les moins développés et six fois plus élevé chez les Roms que dans les autres catégories de population. La proportion de personnes âgées de 25 à 34 ans titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur est en augmentation depuis 2010, mais reste parmi les plus faibles de l’UE. La participation des adultes à des programmes d’éducation et de formation est légèrement supérieure à la moitié de la moyenne de l’UE. Les compétences numériques sont lacunaires, en particulier chez les personnes plus pauvres. Dans les deux quartiles de revenus inférieurs, seuls 13 % et 18 % des Hongrois possèdent au moins des compétences numériques élémentaires, des pourcentages qui comptent parmi les plus faibles de l’UE. Les étudiants défavorisés ont peu de chances d’accéder aux filières de l’enseignement supérieur. L’éducation inégalitaire amoindrit les possibilités de mobilité sociale. Les niveaux d’efficacité et d’équité peu élevés du système scolaire sont probablement liés à la faible autonomie des établissements scolaires au niveau des programmes de cours, au manque de diversité socio-économique au sein des écoles et au niveau peu élevé des salaires des enseignants. La pénurie d’enseignants pose de plus en plus problème. Bien que les indicateurs agrégés, tels que le ratio enseignants-élèves, n’indiquent pas de pénuries aiguës, une analyse plus détaillée montre qu’il existe des pénuries pour des matières bien précises telles que les mathématiques, les sciences et les langues étrangères. Les pénuries d’enseignants sont également liées à la fragmentation du système scolaire, étant donné que la moitié des établissements de l’enseignement primaire et du premier cycle de l’enseignement secondaire comptent moins de 150 élèves. Les écoles comptant une proportion considérable d’élèves défavorisés ont tendance à particulièrement souffrir du manque d’enseignants qualifiés. Plus de la moitié des diplômés de la formation des enseignants finissent par embrasser une carrière dans un autre domaine en raison de la charge de travail élevée et de la faible rémunération des enseignants, en particulier en début de carrière. En outre, la gestion centralisée des écoles laisse aux chefs d’établissement une autonomie restreinte et des outils limités pour améliorer la qualité de l’enseignement.

(25)La situation sanitaire est moins bonne que dans la plupart des autres États membres, ce qui reflète à la fois des modes de vie néfastes pour la santé et l’efficacité limitée des prestations de soins de santé. La prévalence du tabagisme, des troubles liés à la consommation d’alcool et de l’obésité est l’une des plus élevées de l’Union. Les Hongrois sont parmi les ressortissants de l’Union les plus susceptibles de décéder prématurément du fait de la mauvaise qualité de l’air. Le nombre de décès évitables est l’un des plus élevés de l’Union, partiellement en raison de l’insuffisance du dépistage et d’une gestion inadaptée des soins de santé primaires. Il existe des disparités socio-économiques considérables en matière d’accès à des soins de qualité, en raison d’une pénurie importante de personnel de santé, en particulier de médecins généralistes et d’infirmiers. Le réseau hospitalier est fragmenté et dispose d’un grand nombre de lits d’hôpitaux. Les patients hongrois sont ceux dont la durée d’hospitalisation est la plus longue au sein de l’UE, car le recours à la chirurgie ambulatoire reste faible en comparaison avec l’ensemble de l’UE. Les récentes réformes ont encouragé les médecins généralistes à coopérer, ce qui améliorerait la prestation de services. Des mesures importantes ont été prises pour éradiquer les pots-de-vin et remédier aux pénuries de médecins.

(26)La défaillance des mécanismes de contrôle indépendants et les interconnexions étroites entre la sphère politique et certaines entreprises nationales sont propices à la corruption. En cas d’allégations graves, aucune action résolue n’est jamais entreprise pour enquêter et engager des poursuites dans des affaires de corruption impliquant des fonctionnaires de haut niveau ou leur entourage immédiat. La responsabilité quant aux décisions de clore les enquêtes reste un sujet de préoccupation, étant donné qu’il n’existe pas de voies de recours effectives pour contester les décisions du parquet de ne pas poursuivre des activités illégales présumées. La diminution des possibilités de contrôle civique dans le contexte des restrictions à la liberté des médias, un environnement hostile pour les organisations de la société civile et les défis récurrents dans l’application des règles en matière de transparence et d’accès à des informations publiques affaiblissent encore le cadre de lutte contre la corruption. En décembre 2021, le gouvernement a reporté la mise en œuvre de la plupart des mesures prévues dans sa stratégie de lutte contre la corruption pour la période 2020-2022 20 .

(27)Il est indispensable, pour attirer des entreprises et permettre la croissance économique, de disposer d’un système judiciaire indépendant, efficace et de qualité. Des préoccupations subsistent en ce qui concerne l’indépendance de la justice. Le Conseil national de la magistrature continue de peiner à contrebalancer les pouvoirs du président de l’Office national de la magistrature. Les règles relatives à l’élection du président de la Cour suprême génèrent des risques d’influence politique sur la juridiction suprême du pays. Le manque de transparence du système d’attribution des dossiers ne permet pas aux parties de vérifier si un pouvoir discrétionnaire indu n’a pas été exercé. Des questions ont été soulevées concernant le rôle de la Cour constitutionnelle, composée de membres élus par le Parlement sans l’intervention du pouvoir judiciaire, dans le contrôle des décisions des juridictions de droit commun.

(28)Parmi les États membres, la Hongrie obtient des résultats médiocres en ce qui concerne le dialogue social, la participation des parties prenantes à l’élaboration du droit primaire, la consultation des partenaires sociaux, la société civile et l’utilisation d’instruments fondés sur des observations factuelles. Les règles nationales relatives à la consultation publique obligatoire des projets d’actes juridiques et de leurs analyses d’impact ont été systématiquement ignorées. Le nombre de lois soumises à consultation a considérablement diminué ces dernières années.

(29)Des mesures ont été adoptées pour améliorer le système fiscal, mais certains défis subsistent. Bien qu’en recul, la pression fiscale sur le travail reste élevée pour les bas salaires. Les taxes sectorielles et un grand nombre de petites taxes rendent le système fiscal complexe et augmentent les coûts de mise en conformité, en particulier pour les petites entreprises.

(30)Les obstacles d’ordre réglementaire et la participation de l’État aux marchés de produits constituent un frein à la sélection d’entreprises efficaces et limitent la concurrence. Les exemptions ad hoc d’opérations commerciales de l’examen au regard du droit de la concurrence entravent le bon fonctionnement du marché et freinent les investissements. L’imprévisibilité du cadre juridique est un autre problème, notamment dans le secteur du commerce de détail, qui, ces dernières années, a dû faire face à de fréquentes modifications de la réglementation. La réglementation et la fiscalité pourraient empêcher les entreprises de se développer, en particulier dans le secteur du commerce de détail et des services d’utilité publique. La réglementation des professions demeure également restrictive. La lenteur et le coût des procédures d’insolvabilité pourraient entraver la restructuration des entreprises en difficultés. Les marchés publics demeurent vulnérables aux pratiques anticoncurrentielles. La proportion de marchés attribués dans le cadre de procédures ne comptant qu’un seul soumissionnaire demeure parmi les plus élevées de l’UE. Les autorités ont amélioré la supervision de la régularité des marchés publics à la suite des conclusions des audits successifs de la Commission dans le domaine de la gestion des fonds de l’UE, qui ont mis en évidence des déficiences et des irrégularités graves et systémiques, en particulier en ce qui concerne le recours aux accords-cadres. Il reste à voir, dans la pratique, s’il a été pleinement remédié à l’ensemble des anomalies constatées précédemment. Récemment, de nouveaux risques sont apparus du fait que les fiducies d’intérêt public ont apparemment été exclues des règles en matière de marchés publics. En février 2021, le gouvernement s’est fixé comme objectif ambitieux de faire passer sous 15 % le pourcentage de procédures de passation de marchés publics comportant une seule offre, bien qu’aucun calendrier n’ait été fixé.

(31)La transition vers une économie neutre pour le climat n’en est encore qu’à ses débuts. La moitié du territoire hongrois est fortement exposée aux risques liés au changement climatique, notamment à la sécheresse et aux inondations. Une telle situation impose de trouver des solutions durables d’adaptation au changement climatique, notamment au moyen de solutions de rétention des eaux fondées sur la nature, y compris par la restauration de l’hydrologie naturelle, l’adaptation des pratiques agricoles et le suivi attentif des prélèvements d’eaux souterraines et d’eaux de surface à des fins d’irrigation. La qualité de l’air et de l’eau reste un sujet de préoccupation. Les principales sources de pollution atmosphérique sont l’utilisation domestique de combustibles solides, l’agriculture et les émissions dues aux transports. Une grande partie du réseau de distribution d’eau potable est en mauvais état et l’environnement réglementaire crée des obstacles à l’investissement. Pour ce qui est de l’économie circulaire, le pays n’en est qu’à la phase initiale, le recyclage des déchets municipaux est trop peu développé et les instruments économiques sont insuffisants pour relever les défis environnementaux. La gestion des déchets a été réorganisée par le gouvernement en plusieurs étapes. Les changements ont limité la concurrence dans le secteur, avec à la clé une diminution de l’efficacité et des taux de recyclage. Les secteurs susceptibles de décliner ou de se transformer en raison de la transition écologique fournissent des emplois à près de 4 % de l’ensemble des travailleurs, qui pourraient avoir particulièrement besoin d’un perfectionnement et d’une reconversion professionnels. La pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de l’énergie pourrait entraver la transition vers une économie neutre pour le climat.

(32)Les infrastructures de transport se caractérisent par un réseau autoroutier et ferroviaire électrifié dense. La Hongrie a enregistré une forte hausse des émissions dans le secteur des transports, lequel est en train de rapidement devenir le secteur produisant le plus d’émissions. La Hongrie fait partie des États membres les plus encombrés, le nombre d’heures perdues par conducteur dans les zones urbaines étant à la hausse. La part des voitures particulières à émission nulle par rapport aux nouvelles immatriculations et le nombre de points de recharge sont en augmentation constante. Bien qu’il ressorte des indicateurs en la matière que la Hongrie occupe la première place parmi les pays de la région, lesdits indicateurs restent inférieurs à la moyenne de l’UE.

(33)La recherche et l’innovation sont un moteur essentiel de la croissance et de la compétitivité à long terme. La Hongrie possède le statut d’innovateur émergent. Les dépenses consacrées à la recherche et au développement, en hausse, ont atteint 1,61 % du PIB en 2020. La pénurie de travailleurs hautement qualifiés constitue un obstacle majeur à l’innovation. Les taux de diplômés de l’enseignement supérieur figurent parmi les plus faibles de l’UE. La récente exonération des jeunes travailleurs de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et d’autres changements structurels entravant la liberté académique affaiblissent l’attrait de l’enseignement supérieur. Les compétences numériques et l’utilisation des technologies numériques par les entreprises et les services publics restent inférieures à la moyenne de l’Union.

(34)Faisant suite au mandat donné par les chefs d’État ou de gouvernement de l’UE dans la déclaration de Versailles, le plan REPowerEU vise à défaire progressivement l’Union européenne de sa dépendance aux importations de combustibles fossiles à l’égard de la Russie, et ce dès que possible. À cette fin, les projets, les investissements et les réformes les plus adaptés aux niveaux national, régional et de l’UE sont recensés en dialogue avec les États membres. Ces mesures visent à réduire la dépendance globale aux combustibles fossiles et à abandonner les importations de combustibles fossiles depuis la Russie.

(35)Le secteur énergétique hongrois dépend largement de la Russie pour ce qui est des combustibles fossiles. Selon les données de 2020 21 , la quasi-totalité du gaz naturel importé provient de Russie (95 % contre 44 % en moyenne dans l’UE). La dépendance à la Russie dans le domaine du pétrole est également supérieure à la moyenne de l’UE (61 % contre 26 %), mais elle est inférieure pour le charbon (22 % contre 54 %). La part du gaz naturel dans le bouquet énergétique est supérieure à la moyenne de l’UE (35 % contre 24 %), tandis que les parts du pétrole (30 % contre 33 %) et du charbon (7 % contre 11 %) sont inférieures. La part de 13,9 % de sources renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie est l’une des plus faibles de l’UE. La Hongrie a l’intention de s’appuyer davantage sur l’énergie solaire, tandis que le potentiel en énergie éolienne et géothermique demeure sous-exploité. Le réseau électrique nécessite des investissements, tels que des compteurs intelligents, des systèmes de prosommateurs, des communautés énergétiques et une tarification dynamique pour intégrer davantage d’énergies renouvelables. En outre, les procédures d’autorisation pour la mise en place d’installations utilisant des sources d’énergies renouvelables pourraient être simplifiées. Les interconnexions gazières régionales pourraient permettre la diversification des importations. Sur le plan des investissements, il est recommandé que les nouveaux réseaux et infrastructures liés au gaz soient pérennes, afin de faciliter leur viabilité à long terme grâce à une réaffectation future en faveur des carburants durables. La poursuite de la diminution de la dépendance doit passer par l’exploitation du grand potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique identifié dans le bâti résidentiel. L’application de normes environnementales plus strictes pour les nouveaux logements a été reportée de 18 mois, à juin 2022. Le programme actuel de rénovation résidentielle ne se concentre pas sur l’efficacité énergétique et exclut, dans les faits, les familles les plus vulnérables. Le niveau uniformément bas des prix réglementés de l’énergie, quel que soit le revenu ou le niveau de consommation des ménages, creuse les inégalités de revenus et n’incite pas à réaliser des économies d’énergie. Il sera nécessaire de revoir encore à la hausse les ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’augmentation des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique pour que la Hongrie s’inscrive dans le droit fil des objectifs «Ajustement à l’objectif 55».

(36)Si l’accélération de la transition vers une économie neutre pour le climat et l’abandon des combustibles fossiles entraîneront des coûts de restructuration élevés dans plusieurs secteurs, la Hongrie peut recourir au mécanisme pour une transition juste dans le cadre de la politique de cohésion pour atténuer les conséquences socio-économiques de la transition dans les régions les plus touchées. En outre, la Hongrie peut recourir au Fonds social européen plus pour améliorer les possibilités d’emploi et renforcer la cohésion sociale.

(37)À la lumière de l’évaluation réalisée par la Commission, le Conseil a examiné le programme de convergence pour 2022 et son avis figure en particulier dans la recommandation (1) ci-dessous.

RECOMMANDE que la Hongrie s’attache, en 2022 et 2023:

1.en 2023, à veiller à ce que la croissance des dépenses courantes financées au niveau national soit conforme à une orientation politique globalement neutre, compte tenu de la poursuite du soutien temporaire et ciblé en faveur des ménages et des entreprises les plus vulnérables aux hausses des prix de l’énergie et en faveur des personnes fuyant l’Ukraine; à se tenir prête à adapter les dépenses courantes à l’évolution de la situation; à accroître les investissements publics en faveur de la transition écologique et numérique et de la sécurité énergétique, notamment en recourant à la FRR, à RePowerEU et à d’autres fonds de l’UE; pour la période postérieure à 2023, à poursuivre une politique budgétaire visant à parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes; à améliorer la viabilité à long terme du système de retraite, tout en préservant l’adéquation, notamment en luttant contre les inégalités de revenus;

2.à finaliser rapidement les négociations avec la Commission sur les documents de programmation de la politique de cohésion 2021-2027 en vue d’entamer leur mise en œuvre;

3.à poursuivre l’intégration des groupes les plus vulnérables sur le marché du travail, notamment par le renforcement des compétences, et à allonger la durée des allocations de chômage; à améliorer l’adéquation de l’aide sociale et à garantir l’accès aux services essentiels et à un logement adéquat pour tous; à améliorer les résultats dans le domaine de l’éducation et à augmenter la participation des groupes défavorisés, les Roms en particulier, à un enseignement général de qualité; à améliorer l’accès à des services de soins de santé préventifs et primaires de qualité;

4.à consolider le cadre de lutte contre la corruption, notamment en renforçant les poursuites et l’accès aux informations publiques, et à défendre l’indépendance de la justice; à améliorer la qualité et la transparence du processus décisionnel, par l'intermédiaire d'un dialogue social efficace et d’une coopération fructueuse avec d'autres parties intéressées, ainsi que par la réalisation d'analyses d'impact à intervalles réguliers; à poursuivre la simplification du système fiscal; à améliorer la prévisibilité réglementaire et la concurrence dans le secteur des services, en particulier dans le secteur du commerce de détail et des services d’utilité publique, et à appliquer systématiquement le contrôle des opérations commerciales au regard des règles de concurrence; à intensifier la concurrence dans le domaine des marchés publics;

5.à promouvoir les réformes et les investissements dans les domaines de la gestion de l’eau et des déchets et de la circularité de l’économie, de la numérisation des entreprises, des compétences vertes et numériques, ainsi que de la recherche et de l’innovation;

6.à réduire la dépendance générale à l’égard des combustibles fossiles en accélérant le déploiement des énergies renouvelables, notamment en rationalisant les procédures d’autorisation et en modernisant les infrastructures électriques; à diversifier les importations de combustibles fossiles, notamment en renforçant l’interconnexion avec d’autres pays; à réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles dans les bâtiments et les transports en intensifiant les efforts en ce qui concerne les mesures d’efficacité énergétique pour tous, en particulier dans les maisons résidentielles et l’électrification des transports.

Fait à Bruxelles, le

Par le Conseil

Le président

(1) JO L 209 du 2.8.1997, p. 1.
(2) Règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17).
(3) Règlement (UE) n° 1176/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques, JO L 306 du 23.11.2011, p. 25.
(4) Décision d’exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l’existence d’un afflux massif de personnes déplacées en provenance d’Ukraine, au sens de l’article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d’introduire une protection temporaire, JO L 71 du 4.3.2022, p. 1.
(5) Communication de la Commission au Conseil sur l'activation de la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance,
Bruxelles, 20 mars 2020, COM(2020) 123 final.
(6) Communication de la Commission au Conseil – Un an après le début de la pandémie de COVID-19: la réponse apportée en matière de politique budgétaire, Bruxelles, 3 mars 2021, COM(2021) 105 final.
(7) Les estimations concernant l’orientation budgétaire et ses composantes figurant dans la présente recommandation sont des estimations de la Commission fondées sur les hypothèses qui sous-tendent ses prévisions du printemps 2022. Les estimations de la Commission relatives à la croissance potentielle à moyen terme ne tiennent pas compte de l’incidence positive des réformes qui font partie du plan pour la reprise et la résilience et qui peuvent stimuler la croissance potentielle.
(8) Non financées par des subventions provenant de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’UE.
(9) Communication de la Commission au Conseil: orientations en matière de politique budgétaire, Bruxelles, 2 mars 2022, COM(2022) 85 final.
(10) SWD(2022) 614 final.
(11) Les chiffres représentent le niveau des coûts budgétaires annuels de ces mesures prises depuis l’automne 2021, y compris les recettes et les dépenses courantes ainsi que, le cas échéant, les mesures relatives aux dépenses en capital.
(12) Le nombre total de personnes déplacées d’Ukraine vers l’UE devrait progressivement atteindre 6 millions d’ici à la fin de 2022, et leur répartition géographique est estimée sur la base de la taille de la diaspora existante, de la population relative de l’État membre d’accueil et de la répartition réelle des personnes déplacées en provenance d’Ukraine dans l’ensemble de l’UE en mars 2022. En ce qui concerne les coûts budgétaires par personne, les estimations sont fondées sur le modèle de microsimulation Euromod du Centre commun de recherche de la Commission, en tenant compte à la fois des transferts en espèces auxquels les personnes sont susceptibles d’être éligibles et des prestations en nature dans les domaines de l’éducation et des soins de santé par exemple.
(13) Recommandation du Conseil du 18 juin 2021 portant avis du Conseil sur le programme de convergence de la Hongrie pour 2021, JO C 304 du 29.7.2021, p. 78.
(14) Un signe négatif (positif) de l'indicateur correspond à un excédent (déficit) de croissance des dépenses primaires par rapport à la croissance économique à moyen terme, ce qui indique une politique budgétaire expansionniste (restrictive).
(15) Il s’agit de projections de la Commission. La Commission n’a pas encore évalué le plan pour la reprise et la résilience de la Hongrie.
(16) D’autres dépenses en capital financées au niveau national devraient apporter une contribution expansionniste de 0,4 point de pourcentage du PIB, en grande partie sous l’effet de l’incidence budgétaire des recapitalisations en faveur des entreprises de services publics.
(17) Un signe négatif (positif) de l'indicateur correspond à un excédent (déficit) de croissance des dépenses primaires par rapport à la croissance économique à moyen terme, ce qui indique une politique budgétaire expansionniste (restrictive).
(18) D’autres dépenses en capital financées au niveau national devraient apporter une contribution restrictive de 0,6 point de pourcentage du PIB, en grande partie sous l’effet de la suppression progressive des subventions à la rénovation pour les familles, ainsi que de la baisse attendue par rapport à 2022 des recapitalisations des entreprises de services publics.
(19) Règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion, au Fonds pour une transition juste et au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds «Asile, migration et intégration», au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas. PE/47/2021/INIT. JO L 231 du 30.6.2021, p. 159.
(20) Le 27 avril, la Commission a adressé une notification à la Hongrie, conformément à l’article 6, paragraphe 1, du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020 relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union.
(21) Eurostat (2020), part des importations russes dans les importations totales de gaz naturel, de pétrole brut et de houille. Pour la moyenne de l’EU-27, les importations totales sont basées sur les importations hors EU-27. Pour la Hongrie, les importations totales incluent les échanges intra-UE. Le pétrole brut ne comprend pas les produits pétroliers raffinés. Il convient de noter que, bien que la Hongrie soit fortement dépendante des importations de gaz russe, elle exporte une quantité notable de gaz vers les pays voisins. À ce titre, sa dépendance au gaz pour la consommation intérieure est probablement inférieure aux chiffres communiqués, même si elle reste importante.

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