Recommandation de
RECOMMANDATION DU CONSEIL
concernant le programme national de réforme de la Slovaquie pour 2022 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la Slovaquie pour 2022
LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 121, paragraphe 2, et son article 148, paragraphe 4,
vu le règlement (CE) nº 1466/97 du Conseil du 7 juillet 1997 relatif au renforcement de la surveillance des positions budgétaires ainsi que de la surveillance et de la coordination des politiques économiques, et notamment son article 5, paragraphe 2,
vu la recommandation de la Commission européenne,
vu les résolutions du Parlement européen,
vu les conclusions du Conseil européen,
vu l’avis du comité de l’emploi,
vu l’avis du comité économique et financier,
vu l’avis du comité de la protection sociale,
vu l’avis du comité de politique économique,
considérant ce qui suit:
(1)Le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil établissant la facilité pour la reprise et la résilience est entré en vigueur le 19 février 2021. La facilité pour la reprise et la résilience apporte un soutien financier à la mise en œuvre des réformes et des investissements, créant ainsi une impulsion budgétaire financée par l’Union. Elle contribue à la reprise économique et à la mise en œuvre de réformes et d’investissements durables et propices à la croissance, favorisant en particulier la transition écologique et numérique, tout en renforçant la résilience et le potentiel de croissance des économies des États membres. Elle contribue également à renforcer la viabilité des finances publiques et à stimuler la croissance et la création d’emplois à moyen et à long terme. La contribution financière maximale par État membre au titre de la facilité pour la reprise et la résilience [a été] actualisée le [XX] juin 2022, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2021/241.
(2)Le 24 novembre 2021, la Commission a adopté l’examen annuel de la croissance durable, qui marque le lancement du Semestre européen 2022 pour la coordination des politiques économiques. Elle a dûment tenu compte de la volonté commune, réaffirmée lors du sommet social de Porto de mai 2021, de poursuivre la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux proclamé par le Parlement européen, le Conseil et la Commission le 17 novembre 2017. Le Conseil européen a validé les priorités de l’examen annuel 2022 de la croissance durable le 25 mars 2022. Le 24 novembre 2021, la Commission a également adopté, sur la base du règlement (UE) nº 1176/2011, le rapport sur le mécanisme d’alerte, dans lequel la Slovaquie n’était pas mentionnée parmi les États membres qui devraient faire l’objet d’un bilan approfondi. Le même jour, la Commission a aussi adopté une recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro, adoptée par le Conseil le 5 avril 2022, ainsi que la proposition de rapport conjoint sur l’emploi 2022, qui analyse la mise en œuvre des lignes directrices pour l’emploi et des principes du socle européen des droits sociaux, adoptée par le Conseil le 14 mars 2022.
(3)L’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a suivi la pandémie mondiale, a fortement dégradé la situation géopolitique et économique. L’impact de l’invasion sur les économies des États membres se fait sentir notamment par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires et par des perspectives de croissance plus faibles. La hausse des prix de l’énergie pèse particulièrement sur les ménages les plus vulnérables qui sont en situation de précarité énergétique ou qui sont exposés au risque de précarité énergétique. L’UE connaît également un afflux sans précédent de personnes fuyant l’Ukraine. Dans ce contexte, le 4 mars 2022, la directive relative à la protection temporaire a été activée pour la première fois, ce qui a permis d’accorder aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine le droit de séjourner légalement dans l’UE et de leur conférer l’accès à l’éducation et à la formation, au marché du travail, aux soins de santé, au logement et à la protection sociale. Un soutien exceptionnel est mis à disposition de la Slovaquie dans le cadre de l’initiative «Action de cohésion en faveur des réfugiés en Europe» (CARE) et au moyen d’un préfinancement supplémentaire au titre du programme de soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU) afin de répondre d’urgence aux besoins d’accueil et d’intégration des personnes qui fuient l’Ukraine.
(4)Compte tenu de l’évolution rapide de la situation économique et géopolitique, le Semestre européen reprend sa vaste coordination des politiques économiques et de l’emploi en 2022, tout en évoluant conformément aux exigences de mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience, comme décrit dans l’examen annuel 2022 de la croissance durable. La mise en œuvre des plans pour la reprise et la résilience adoptés est essentielle à la réalisation des priorités stratégiques dans le cadre du Semestre européen, étant donné que ces plans portent sur toutes les recommandations par pays émises lors des cycles 2019 et 2020 du Semestre ou sur une partie non négligeable de celles-ci. Les recommandations par pays pour 2019 et 2020 restent également tout aussi pertinentes pour les plans pour la reprise et la résilience révisés, mis à jour ou modifiés conformément aux articles 14, 18 et 21 du règlement (UE) 2021/241, en plus des recommandations par pays émises jusqu’à la date de présentation du plan modifié.
(5)La clause dérogatoire générale est active depuis mars 2020. Dans sa communication du 3 mars 2021, la Commission a indiqué que la décision relative à la désactivation ou au maintien en vigueur de la clause dérogatoire générale devrait s’inscrire dans le cadre d’une évaluation d’ensemble de l’état de l’économie, dont un critère quantitatif essentiel serait le niveau de l’activité économique dans l’UE ou la zone euro par rapport aux niveaux atteints avant la crise (fin 2019). La montée des incertitudes et les risques élevés de dégradation des perspectives économiques dans le contexte de la guerre en Europe, les augmentations sans précédent des prix de l’énergie et la persistance de perturbations au niveau de la chaîne d’approvisionnement justifient l’extension de la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance jusqu’en 2023.
(6)Selon l’approche adoptée par le Conseil dans son avis du 18 juin 2021 sur le programme de stabilité pour 2021, l’orientation budgétaire est actuellement mesurée au mieux par la variation des dépenses primaires (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes), en excluant les mesures d’urgence temporaires liées à la crise de la COVID-19, mais en incluant les dépenses financées par des aides non remboursables (subventions) au titre de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’UE, par rapport à la croissance potentielle à moyen terme. Au-delà de l’orientation budgétaire générale, pour évaluer si la politique budgétaire nationale est prudente et si sa composition est propice à une reprise durable compatible avec la transition écologique et numérique, une attention particulière est également accordée à l’évolution des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes et en excluant les mesures d’urgence temporaires liées à la crise de la COVID-19) et des investissements.
(7)Le 2 mars 2022, la Commission a adopté une communication énonçant des orientations générales pour la conduite de la politique budgétaire en 2023 visant à soutenir l’élaboration des programmes de stabilité et de convergence des États membres et, ce faisant, à renforcer la coordination des politiques. La Commission a constaté que, sur la base des perspectives macroéconomiques figurant dans les prévisions de l’hiver 2022, le passage d’une orientation budgétaire générale favorable en 2020-2022 à une orientation budgétaire générale globalement neutre semble approprié en 2023, tout en se tenant prête à réagir à l’évolution de la situation économique. La Commission a annoncé que les recommandations budgétaires pour 2023 devraient continuer à être différenciées d’un État membre à l’autre et prendre en considération les effets d’entraînement éventuels entre les pays. La Commission a invité les États membres à tenir compte de ces orientations dans leurs programmes de stabilité et de convergence. Elle s’est engagée à suivre de près l’évolution de la situation économique et à adapter ses orientations politiques en fonction des besoins et, au plus tard, dans son paquet de printemps du Semestre européen de fin mai 2022.
(8)En ce qui concerne les orientations budgétaires fournies le 2 mars 2022, les recommandations budgétaires pour 2023 tiennent compte de la détérioration des perspectives économiques, de l’incertitude accrue et de nouveaux aléas baissiers, ainsi que de la hausse de l’inflation par rapport aux prévisions de l’hiver. Compte tenu de ces considérations, la réponse en matière de politique budgétaire doit consister à augmenter les investissements publics dans la transition écologique et numérique et la sécurité énergétique et à soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables afin d’atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie et de contribuer à limiter les pressions inflationnistes résultant des effets de second tour au moyen de mesures ciblées et temporaires; la politique budgétaire doit demeurer souple, de façon à s’adapter à l’évolution rapide de la situation, et être différenciée d’un pays à l’autre en fonction de la situation budgétaire et économique de chacun, y compris en ce qui concerne l’exposition à la crise et l’afflux de personnes déplacées en provenance d’Ukraine.
(9)Le 29 avril 2021, la Slovaquie a présenté à la Commission son plan national de relance et de résilience, conformément à l’article 18, paragraphe 1, du règlement (UE) 2021/241. Conformément à l’article 19 du règlement (UE) 2021/241, la Commission a évalué la pertinence, l’efficacité, l’efficience et la cohérence du plan pour la reprise et la résilience, conformément aux lignes directrices concernant l’évaluation figurant à l’annexe V dudit règlement. Le 13 juillet 2021, le Conseil a adopté sa décision relative à l’approbation de l’évaluation du plan pour la reprise et la résilience de la Slovaquie. La libération des tranches est subordonnée à une décision de la Commission, prise conformément à l’article 24, paragraphe 5, du règlement (UE) 2021/241, indiquant que la Slovaquie a atteint de manière satisfaisante les jalons et cibles pertinents établis dans la décision d’exécution du Conseil. Le fait d’avoir atteint les jalons et cibles de manière satisfaisante présuppose que les mesures liées aux jalons et cibles précédemment atteints de manière satisfaisante n’ont pas été annulées.
(10)Le 29 avril 2022, la Slovaquie a présenté son programme national de réforme pour 2022 et, le 28 avril 2022, son programme de stabilité pour 2022, respectant les délais fixés à l’article 4 du règlement (CE) nº 1466/97. Afin de tenir compte de l’interdépendance des deux programmes, ils ont été évalués conjointement. Conformément à l’article 27 du règlement (UE) 2021/241, le programme national de réforme pour 2022 tient également compte des rapports semestriels de la Slovaquie sur les progrès accomplis dans la réalisation de son plan pour la reprise et la résilience.
(11)La Commission a publié le rapport 2022 pour la Slovaquie le 23 mai 2022. Dans ce rapport, elle a évalué les progrès accomplis par la Slovaquie dans les suites données aux recommandations par pays pertinentes adoptées par le Conseil en 2019, 2020 et 2021 et dressé le bilan de la mise en œuvre, par la Slovaquie, du plan pour la reprise et la résilience, en se fondant sur le tableau de bord de la reprise et de la résilience. Sur la base de cette analyse, le rapport par pays a mis en évidence des lacunes en ce qui concerne les défis qui ne sont pas abordés par le plan pour la reprise et la résilience ou qui ne le sont que partiellement, ainsi que les nouveaux défis et ceux qui émergent, notamment à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il a également évalué les progrès réalisés par la Slovaquie dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et dans la réalisation des grands objectifs de l’UE en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté, ainsi que dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies.
(12)Le 23 mai 2022, la Commission a publié un rapport au titre de l’article 126, paragraphe 3, du TFUE. Ce rapport examinait la situation budgétaire de la Slovaquie, dont le déficit public a dépassé en 2021 la valeur de référence de 3 % du PIB prévue par le traité, tandis que sa dette publique s'établissait au-dessus de la valeur de référence de 60 % du PIB prévue par le traité. Le rapport a conclu que le critère du déficit n'était pas rempli, tandis que le critère de la dette était respecté. Conformément à la communication du 2 mars 2022, la Commission a considéré, dans le cadre de son évaluation de tous les facteurs pertinents, que le respect de la référence d’ajustement du ratio de la dette impliquerait un effort budgétaire concentré en début de période trop contraignant, qui risque de compromettre la croissance. Par conséquent, de l’avis de la Commission, le respect de la référence d’ajustement du ratio de la dette n’est pas justifié dans la situation économique exceptionnelle actuelle. Ainsi que cela a été annoncé, la Commission n’a pas proposé l’ouverture de nouvelles procédures concernant les déficits excessifs au printemps 2022, et elle réexaminera s’il convient de proposer l’ouverture d’une telle procédure à l’automne 2022.
(13)Le 20 juillet 2020, le Conseil a recommandé à la Slovaquie de prendre en 2020 et 2021, conformément à la clause dérogatoire générale, toutes les mesures nécessaires pour combattre efficacement la pandémie, soutenir l’économie et favoriser la reprise. Il a également recommandé aux autorités slovaques, lorsque les conditions économiques le permettraient, de mener des politiques budgétaires visant à parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes et à garantir la soutenabilité de la dette, tout en renforçant les investissements. Sur la base des données validées par Eurostat, le déficit public de la Slovaquie est passé de 5,5 % du PIB en 2020 à 6,2 % en 2021. Les mesures budgétaires prises par la Slovaquie ont soutenu la reprise économique en 2021, tandis que les mesures d’aide d’urgence temporaires sont passées de 2,3 % du PIB en 2020 à 3,3 % en 2021. Les mesures prises par la Slovaquie en 2021 sont conformes à la recommandation du Conseil du 20 juillet 2020. Les mesures budgétaires discrétionnaires adoptées par le gouvernement en 2020 et 2021 sont, pour la plupart, temporaires ou accompagnées de mesures de compensation. Par ailleurs, certaines des mesures discrétionnaires adoptées par le gouvernement au cours de la période 2020-2021 n’étaient ni temporaires, ni accompagnées de mesures de compensation; il s’agissait principalement de l’augmentation du 13e mois de retraite, de la modification de l’âge du départ à la retraite pour les parents, d’une réduction de la taxe sur les véhicules à moteur et de l’annulation du prélèvement sur les banques. Sur la base de données validées par Eurostat, la dette publique représentait 63,1 % du PIB en 2021.
(14)Le scénario macroéconomique sous-tendant les projections budgétaires du programme de stabilité pour 2022 est réaliste pour 2022 et optimiste pour la suite. Le gouvernement prévoit une progression du PIB réel de 2,1 % en 2022 et de 5,3 % en 2023. À titre de comparaison, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur une croissance du PIB réel plus élevée en 2022, soit 2,3 %, et plus faible en 2023, soit 3,6 %, en raison principalement de l’incidence plus grande escomptée de l’inflation sur la consommation privée et d’un rebond plus lent des exportations. Dans son programme de stabilité pour 2022, le gouvernement estime que le déficit nominal tombera à 5,1 % du PIB en 2022 et à 2,4 % du PIB en 2023. La baisse enregistrée en 2022 reflète principalement la levée de la plupart des mesures d’urgence et une croissance forte du PIB nominal. Selon le programme, le ratio de la dette publique au PIB devrait diminuer pour s’établir à 61,6 % en 2022 avant de passer à 58 % en 2023. Sur la base des mesures stratégiques connues à la date butoir des prévisions, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur un déficit public de 3,6 % du PIB en 2022 et de 2,6 % du PIB en 2023. Ce déficit est inférieur à celui que prévoit le programme de stabilité pour 2022 en ce qui concerne l’année 2022 et plus élevé pour ce qui est de l’année 2023, en raison principalement de prévisions plus optimistes quant à l’évolution du marché du travail en 2022. Les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur un ratio de la dette publique au PIB de 61,7 % en 2022 et de 58,3 % en 2023.
Sur la base des prévisions du printemps 2022 de la Commission, la croissance potentielle de la production à moyen terme (sur dix ans) est estimée à 2,0 %. Toutefois, cette estimation ne tient pas compte de l’incidence des réformes s’inscrivant dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience, qui sont susceptibles de stimuler le potentiel de croissance de la Slovaquie.
(15)En 2022, le gouvernement a progressivement supprimé la majorité des mesures prises en réaction à la crise de la COVID-19, de sorte que les mesures d’aide d’urgence temporaires devraient passer de 3,3 % du PIB en 2021 à 1,0 % en 2022. Le déficit public est affecté par les coûts liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine. Ces coûts devraient représenter, selon les prévisions du printemps 2022 de la Commission, 0,1 % du PIB en 2022 et 0,2 % du PIB en 2023.
(16)Le 18 juin 2021, le Conseil a recommandé que la Slovaquie maintienne en 2022 une orientation budgétaire favorable, notamment grâce à l’impulsion fournie par la facilité pour la reprise et la résilience, et qu’elle préserve les investissements financés au niveau national. Il a également recommandé aux autorités slovaques de mener, lorsque les conditions économiques le permettraient, des politiques budgétaires visant à atteindre des positions budgétaires prudentes à moyen terme et à garantir la viabilité budgétaire à moyen terme, tout en renforçant les investissements afin de stimuler le potentiel de croissance.
(17)En 2022, sur la base des prévisions du printemps 2022 de la Commission et des informations figurant dans le programme de stabilité de la Slovaquie pour 2022, l’orientation budgétaire devrait être restrictive, soit + 0,3 % du PIB, alors que le Conseil a recommandé une politique budgétaire moins favorable. La Slovaquie prévoit de continuer à soutenir la reprise en utilisant la facilité pour la reprise et la résilience pour financer des investissements supplémentaires, conformément à la recommandation du Conseil. La contribution positive à l’activité économique des dépenses financées par les subventions de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’Union devrait augmenter de 0,7 point de pourcentage du PIB par rapport à 2021. Les investissements financés au niveau national devraient avoir un effet expansionniste sur l’orientation budgétaire de 0,4 point de pourcentage en 2022. La Slovaquie prévoit par conséquent de préserver les investissements financés au niveau national, conformément à la recommandation du Conseil. Par ailleurs, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des nouvelles mesures en matière de recettes) en 2022 devrait avoir un effet restrictif de 1,6 point de pourcentage sur l’orientation budgétaire globale. Il s’agit notamment de l’incidence supplémentaire des coûts liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine (0,1 % du PIB). En raison du décalage entre l’indexation et l’inflation, les principales dépenses publiques, telles que les avantages sociaux autres que les prestations en nature ou la rémunération des salariés, affichent un taux de croissance inférieur à l’inflation en 2022 et contribuent à la politique restrictive.
(18)Pour 2023, les prévisions du printemps 2022 de la Commission tablent sur une orientation budgétaire de - 0,8 % du PIB, dans l’hypothèse de politiques inchangées. Selon les projections, la Slovaquie devrait continuer à utiliser les subventions octroyées au titre de la facilité pour la reprise et la résilience en 2023 pour financer des investissements supplémentaires favorisant la reprise. La contribution positive à l’activité économique des dépenses financées par les subventions de la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds de l’UE devrait augmenter de 1,0 point de pourcentage du PIB par rapport à 2022. Les investissements financés au niveau national devraient avoir un effet expansionniste sur l’orientation budgétaire de 0,1 point de pourcentage en 2023. Par ailleurs, la croissance des dépenses primaires courantes financées au niveau national (déduction faite des nouvelles mesures en matière de recettes) en 2023 devrait avoir un effet globalement neutre, de 0,2 point de pourcentage, sur l’orientation budgétaire globale. Il s’agit notamment des coûts supplémentaires liés à l’offre d’une protection temporaire aux personnes déplacées en provenance d’Ukraine (0,1 % du PIB).
(19)Le programme de stabilité pour 2022 prévoit une diminution progressive du déficit public, qui devrait s’établir à 2,3 % en 2024 et à 2,0 % en 2025. Le déficit public devrait donc passer sous la barre des 3 % du PIB d’ici à 2023 et rester à ce niveau au cours de la période couverte par le programme. Ces projections tablent sur une limitation de la croissance des dépenses publiques - y compris la rémunération des salariés et les transferts sociaux en nature - moins rapide que celle des recettes et inférieure à la croissance vigoureuse du PIB nominal. Conformément au programme, le ratio de la dette publique au PIB devrait baisser d’ici à 2025, après avoir augmenté pour s’établir à 58,2 % en 2024, avant de passer à 57,3 % en 2025. Selon l’analyse de la Commission, les risques pesant sur la viabilité de la dette semblent élevés à moyen terme.
(20)Le système fiscal slovaque pourrait faire l’objet de réformes visant à renforcer l’efficacité économique, à favoriser la viabilité environnementale et budgétaire et à renforcer l’équité, tout en encourageant la réalisation d’objectifs stratégiques plus vastes. La pression fiscale sur le travail est particulièrement élevée pour les travailleurs à bas salaire par rapport à d’autres pays de l’UE. En revanche, la fiscalité environnementale et immobilière n’est pas exploitée pleinement. Une modification du bouquet fiscal pourrait soutenir la croissance et contribuer également à favoriser la transition écologique et la durabilité environnementale. L’intensité énergétique de l’économie est nettement supérieure à la moyenne de l’UE, mais les recettes provenant des taxes environnementales s’élevaient à 2,4 % en 2020, soit un niveau proche de la moyenne de l’UE. Les redevances environnementales liées à la gestion des déchets et à la pollution atmosphérique ne favorisent pas suffisamment une utilisation efficiente des ressources et une réduction des coûts pour l’environnement et la société. Les taxes de circulation et les taxes d’immatriculation des véhicules ne reflètent pas bien l’intensité des émissions. Les taxes et redevances environnementales ne sont pas indexées, ce qui, avec le temps, conduit à une réduction des recettes «vertes» en raison de l’inflation. En ce qui concerne la fiscalité immobilière, les recettes provenant des taxes récurrentes sur les biens immobiliers étaient relativement faibles en 2020 (0,5 % du PIB, contre 1,2 % en moyenne dans l’UE). Actuellement, la Slovaquie ne dispose pas de données suffisantes pour pouvoir actualiser et indexer l’assiette de la taxe foncière en fonction des valeurs du marché, ce qui pourrait également atténuer en partie la vigueur persistante de la demande de logements et la forte croissance des prix de l’immobilier qui en découle. En outre, de nouveaux efforts visant à simplifier la fiscalité et à améliorer le respect des règles peuvent conduire à une augmentation des recettes publiques et, partant, soutenir la viabilité budgétaire et améliorer l’équité. Malgré des améliorations, l’écart national de TVA est resté élevé en 2019 (16,1 %, contre 10,4 % dans l’UE). De nouvelles améliorations concernant l’administration fiscale, comme la facturation électronique, des déclarations fiscales préremplies et la poursuite de la numérisation, notamment, pourraient contribuer à une nouvelle diminution des fuites au sein du système fiscal.
(21)Conformément à l’article 19, paragraphe 3, point b), et au critère 2.2 de l’annexe V du règlement (UE) 2021/241, le plan pour la reprise et la résilience comprend un vaste ensemble de réformes et d’investissements se renforçant mutuellement, qui doivent mis en œuvre d’ici à 2026 et qui permettront de relever l’ensemble, ou une partie non négligeable, des défis économiques et sociaux recensés dans les recommandations par pays qui ont été adressées à la Slovaquie par le Conseil dans le cadre du Semestre européen en 2019 et 2020 et qui viennent s’ajouter aux éventuelles recommandations par pays émises jusqu’à la date d’adoption d’un plan. En particulier, la place importante accordée par le plan à l’éducation inclusive, à la gouvernance publique et à la réalisation d’investissements favorisant des gains de productivité en faveur de la transition écologique et numérique, ainsi que sa contribution escomptée en termes de réduction des disparités régionales peuvent être considérées comme constituant une réponse complète et adéquate aux défis auxquels la Slovaquie est confrontée. Le défi lié à l’accélération de la transition écologique et numérique est relevé avec détermination au moyen d’un large éventail de mesures. Les problèmes existant de longue date dans les domaines de l’éducation, de la garde d’enfants, des soins de santé et de la recherche et innovation (R&I) sont également traités au moyen de mesures globales visant à remédier aux lacunes les plus graves, comme la faible qualité et le caractère peu inclusif de l’éducation, la fragmentation de la coordination des politiques en matière de R&I, la coopération insuffisante entre le secteur public et le secteur privé et les faibles résultats obtenus dans le domaine de la R&I. Les mesures supplémentaires proposées dans le plan afin d’améliorer le système judiciaire, les marchés publics et la lutte contre le blanchiment de capitaux pourraient permettre de relever de nombreux défis sous-jacents, à condition d’être adoptées et mises en œuvre conformément aux exigences découlant du droit de l’UE en matière de garanties appropriées et d’indépendance du pouvoir judiciaire et de bénéficier d’une participation des parties prenantes en bonne et due forme. Enfin, plusieurs réformes devraient améliorer la viabilité à long terme des finances publiques. Globalement, le plan prévoit par conséquent des réformes et des investissements ambitieux, en particulier dans les secteurs de la santé, de la transition écologique et numérique et de l’administration publique, qui visent en outre à renforcer davantage la convergence dans la zone euro et à stimuler la croissance économique.
(22)La mise en œuvre du plan pour la reprise et la résilience de la Slovaquie devrait contribuer à la réalisation de nouvelles avancées en matière de transition écologique et numérique. Les mesures mises en place en vue de la réalisation des objectifs climatiques en Slovaquie représentent 45 % de la dotation totale du plan, contre 21 % pour ce qui est des mesures de soutien aux objectifs numériques. La mise en œuvre complète du plan pour la reprise et la résilience, conformément aux jalons et cibles pertinents, aidera la Slovaquie à se remettre rapidement des conséquences de la crise de la COVID-19, tout en renforçant sa résilience. La participation systématique des partenaires sociaux et d’autres parties prenantes demeure importante pour la réussite de la mise en œuvre du plan pour la reprise et la résilience, ainsi que d’autres politiques économiques et en matière d’emploi allant au-delà du plan, afin de garantir une large appropriation du programme d’action global.
(23)La Slovaquie a présenté l’accord de partenariat le 8 avril 2022, mais n’a pas encore soumis d’autres documents de programmation de la politique de cohésion. Conformément au règlement (UE) 2021/1060 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021, la Slovaquie doit tenir compte des recommandations par pays dans la programmation des fonds de la politique de cohésion pour la période 2021-2027. Il s’agit là d’une condition préalable à l’amélioration de l’efficacité et à la maximisation de la valeur ajoutée du soutien financier provenant des fonds de la politique de cohésion, tout en promouvant la coordination, la complémentarité et la cohérence de ces fonds avec les autres instruments et fonds de l’Union. La réussite de la mise en œuvre de la facilité pour la reprise et la résilience et des programmes de la politique de cohésion dépend également de la suppression des obstacles à l’investissement, de façon à soutenir la transition écologique et numérique et un développement territorial harmonieux. Il convient en particulier de remédier aux disparités régionales en matière de compétitivité et d’indicateurs sociaux en combinant les différents fonds disponibles.
(24)Faisant suite au mandat donné par les chefs d’État ou de gouvernement de l’UE dans la déclaration de Versailles, le plan REPowerEU vise à défaire progressivement l’Union européenne de sa dépendance aux importations de combustibles fossiles à l’égard de la Russie, et ce dès que possible. À cette fin, il est actuellement procédé au recensement des projets, investissements et réformes les plus adaptés aux niveaux des États membres, des régions et de l’UE, en concertation avec les États membres. Ces mesures visent à permettre une diminution de la dépendance globale aux combustibles fossiles et l’abandon des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie.
(25)Depuis 2015, les progrès en matière de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre ont été minimes. L’économie slovaque se caractérise par une forte intensité énergétique, en partie due à la forte dépendance du secteur industriel à l’égard des importations de combustibles fossiles. Selon les données de 2020, la Slovaquie est particulièrement dépendante de la Russie pour ce qui est du gaz naturel (85 %, contre 44 % en moyenne dans l’UE) et du pétrole brut (100 %, contre 26 % en moyenne dans l’UE). Toutefois, la dépendance envers la Russie en ce qui concerne la houille est inférieure à la moyenne de l’UE (35 %, contre 54 % dans l’UE). La part du gaz naturel dans le bouquet énergétique est légèrement supérieure à la moyenne de l’UE (24,9 %, contre 24,4 % pour l’UE) et à celle des combustibles fossiles solides (14 %, contre 10,8 % pour l’UE), la part du pétrole étant moins élevée (21,9 %, contre 32,7 % pour l’UE). L’énergie nucléaire représentait 24,6 % du bouquet numérique en 2020 (contre 13,1 % pour l’UE). Une accélération de l’adoption des énergies renouvelables contribuerait à réduire la dépendance de la Slovaquie à l’égard des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie et à limiter le risque de précarité en matière d’énergie dans un contexte de hausse des prix de l’énergie. De nouvelles réformes concernant l’organisation du marché et le soutien aux énergies renouvelables doivent être exécutées en 2022 dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience. Le relèvement des seuils d’exonération appliqués aux permis de construire délivrés pour de petites unités à énergie renouvelable, la simplification des procédures administratives et des procédures d’octroi de permis grâce à la mise en place d’un guichet unique, la réduction des redevances de raccordement au réseau et l’amélioration de l’accès à la capacité disponible du réseau pourraient également contribuer à une adoption plus rapide des énergies renouvelables. La Slovaquie a mis fin au moratoire sur le raccordement de nouvelles énergies renouvelables au réseau en avril 2021. Toutefois, un mécanisme prospectif fournissant des informations transparentes et fiables sur la capacité de raccordement de nouvelles énergies renouvelables intermittentes au réseau doit encore être mis en œuvre. Pour s’adapter au volume croissant d’électricité renouvelable, la Slovaquie devrait moderniser les réseaux de transport et de distribution, créer de nouvelles installations de stockage d’énergie et compléter le cadre réglementaire applicable à l’hydrogène vert. Des investissements supplémentaires dans l’énergie géothermique, des stations de biométhane durable et des solutions à base d’hydrogène respectant les critères de durabilité pertinents permettraient de remédier à la forte consommation de gaz naturel en Slovaquie. Il est également possible d’accroître l’efficacité énergétique des systèmes de chauffage urbain et de déployer rapidement des sources de chaleur renouvelables remplaçant le gaz naturel. Les efforts de décarbonation peuvent aussi être intensifiés au niveau régional au moyen de la mise en place de centres régionaux pour l’énergie durable.
(26)Des efforts supplémentaires devront être déployés en matière d’efficacité énergétique. Il est nécessaire, en particulier, de mettre l’accent sur des rénovations en profondeur et écologiques, de réduire la consommation de chaleur et d’accroître les investissements dans les sources de chaleur renouvelables, y compris les pompes à chaleur. La Slovaquie pourrait encore accélérer les rénovations de bâtiments en attirant davantage d’investissements privés, y compris pour les bâtiments publics, en fournissant une assistance technique, en améliorant les capacités de mise en œuvre, en mettant en place une approche de «guichet unique» et en investissant dans les compétences écologiques. En outre, les niveaux élevés d’inadéquation des compétences au sein de l’économie nécessitent un renforcement des politiques en matière d’éducation et de formation des adultes, notamment dans le domaine de la transition écologique. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour lutter contre la précarité énergétique et procéder à une réforme concernant les investissements réalisés dans le secteur des logements sociaux. En outre, plusieurs mesures réglementaires et administratives devraient être mises en place pour accélérer la procédure de délivrance des permis de construire, simplifier les règles de mise en œuvre, adapter les projets de rénovation et améliorer la coordination entre les différentes autorités publiques et les programmes de financement. Des mesures et des incitations supplémentaires, telles que des programmes d’investissement visant à améliorer l’efficacité énergétique sur la base d’audits énergétiques, pourraient remédier à la forte intensité énergétique dans l’industrie, y compris dans les petites et moyennes entreprises. Les régimes d’aide devraient être complémentaires (par exemple, avec le régime de décarbonation) et bénéficier de financements et d’instruments financiers privés. La Slovaquie devra encore revoir à la hausse ses ambitions en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’augmentation de la part des énergies renouvelables, ainsi que ses objectifs concernant l’efficacité énergétique, pour se conformer aux objectifs du paquet «Ajustement à l’objectif 55».
(27)Alors que l’accélération de la transition vers la neutralité climatique et l’abandon des combustibles fossiles engendrera des coûts de restructuration très élevés dans plusieurs secteurs, la Slovaquie peut recourir au mécanisme pour une transition juste dans le contexte de la politique de cohésion pour atténuer l’incidence socio-économique de la transition dans les régions les plus touchées. La Slovaquie peut également avoir recours au Fonds social européen plus pour améliorer les possibilités d’emploi et renforcer la cohésion sociale.
(28)À la lumière de l’évaluation de la Commission, le Conseil a examiné le programme de stabilité pour 2022, et son avis est exprimé dans la recommandation figurant au point 1 ci-dessous.
(29)Compte tenu de la forte interdépendance entre les économies des États membres de la zone euro et de leur contribution collective au fonctionnement de l’Union économique et monétaire, le Conseil a recommandé que les États membres de la zone euro prennent des mesures, notamment dans le cadre de leurs plans pour la reprise et la résilience, pour mettre en œuvre la recommandation concernant la politique économique de la zone euro. Pour la Slovaquie, cela se traduit en particulier dans les recommandations mentionnées aux points 1 et 2 ci-dessous,
RECOMMANDE que la Slovaquie s’attache, en 2022 et 2023:
1.à veiller à ce que la croissance des dépenses courantes financées au niveau national soit conforme à une orientation politique globalement neutre, compte tenu de la poursuite du soutien temporaire et ciblé accordé aux ménages et aux entreprises les plus vulnérables face aux hausses des prix de l’énergie, ainsi qu’aux personnes fuyant l’Ukraine; à être prête à adapter les dépenses courantes en fonction de l’évolution de la situation; à accroître les investissements publics en faveur de la transition écologique et numérique et de la sécurité énergétique, notamment en recourant à la facilité pour la reprise et la résilience, au plan REPowerEU et à d’autres fonds de l’UE; à poursuivre au-delà de 2023 une politique budgétaire visant à parvenir à des positions budgétaires prudentes à moyen terme; à rendre le bouquet fiscal plus efficient et plus favorable à une croissance inclusive et durable, notamment en exploitant les possibilités offertes par la fiscalité environnementale et immobilière; à continuer à renforcer le respect des obligations fiscales, notamment en poursuivant le passage de l’administration fiscale au numérique;
2.à procéder à la mise en œuvre de son plan pour la reprise et la résilience, conformément aux jalons et cibles figurant dans la décision d’exécution du Conseil du 13 juillet 2021; à présenter les documents de programmation de la politique de cohésion 2021-2027 en vue de conclure les négociations avec la Commission avant de les mettre en œuvre;
3.à réduire la dépendance globale à l’égard des combustibles fossiles et à diversifier les importations de combustibles fossiles; à accélérer le déploiement des énergies renouvelables en facilitant davantage l’accès au réseau, en introduisant des mesures visant à simplifier les procédures d’autorisation et les procédures administratives, ainsi qu’en modernisant le réseau d’électricité; à réduire la dépendance à l’égard du gaz naturel à des fins de chauffage et dans l’industrie; à adapter les politiques en matière de rénovation des bâtiments afin d’accélérer et d’encourager des rénovations en profondeur.
Fait à Bruxelles, le
Par le Conseil
Le président