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Initiative législative — 52022IP0354

CELEX52022IP0354
TypeInitiative législative
Datejeudi 6 octobre 2022

Texte intégral

14.4.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 132/99


P9_TA(2022)0354

Résultat de l’examen par la Commission du plan d’action en 15 points sur le commerce et le développement durable

Résolution du Parlement européen du 6 octobre 2022 sur le résultat du réexamen par la Commission du plan d’action en 15 points sur le commerce et le développement durable (2022/2692(RSP))

(2023/C 132/13)

Le Parlement européen,

—

vu le document informel de la Commission du 26 février 2018 intitulé «Analyse et perspectives d’amélioration de la mise en œuvre et de l’application des chapitres relatifs au commerce et au développement durable dans les accords de libre-échange de l’Union européenne» (le plan d’action en 15 points),

—

vu la communication de la Commission du 22 juin 2022 intitulée «La force des partenariats commerciaux: ensemble pour une croissance économique verte et juste» (COM(2022)0409) (communication sur le réexamen du commerce et du développement durable),

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies,

—

vu les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail décent,

—

vu la déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale (déclaration sur les EMN),

—

vu la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, et notamment l’accord de Paris de 2015,

—

vu les rapports d’évaluation du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat,

—

vu la convention de 1992 sur la diversité biologique et ses protocoles,

—

vu la convention de 1975 sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction,

—

vu la communication de la Commission du 11 décembre 2019 intitulée «Le pacte vert pour l’Europe» (COM(2019)0640),

—

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020, intitulée «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030: Ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380),

—

vu la communication de la Communication du 23 février 2022 sur le travail décent dans le monde pour une transition juste à l’échelle mondiale et une reprise durable (COM(2022)0066),

—

vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Une stratégie “De la ferme à la table” — pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381),

—

vu sa résolution du 26 novembre 2020 sur le réexamen de la politique commerciale de l’Union (1) et la communication de la Commission du 18 février 2021 intitulée «Réexamen de la politique commerciale — Une politique commerciale ouverte, durable et ferme» (COM(2021)0066),

—

vu la question de la commission du commerce international du 16 janvier 2018 à la Commission sur les chapitres sur le commerce et le développement durable dans les accords commerciaux de l’Union (O-000098/2017 — B8-0617/2017),

—

vu le document informel des Pays-Bas et de la France du 8 mai 2020 sur le commerce et ses effets socioéconomiques et en matière de développement durable;

—

vu sa résolution du 17 février 2022 sur le rapport annuel 2021 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière (2),

—

vu sa résolution du 13 mars 2018 sur l’égalité des genres dans les accords commerciaux de l’Union (3),

—

vu le plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III), publié le 25 novembre 2020 (JOIN(2020)0017), et la résolution du Parlement du 10 mars 2022 à ce sujet (4),

—

vu les rapports annuels de la Commission sur la mise en œuvre et l’application des accords commerciaux de l’Union,

—

vu l’avis du Comité économique et social européen du 20 octobre 2021 intitulé «Une approche “nouvelle génération” pour le commerce et le développement durable — Réexamen du plan d’action en 15 points»,

—

vu le document informel du Comité économique et social européen d’octobre 2021 intitulé «Renforcer et améliorer le fonctionnement des groupes consultatifs internes sur les échanges commerciaux de l’Union européenne»,

—

vu la publication de l’OIT et de la Commission de 2017 intitulée «Handbook on assessment of labour provisions in trade and investment arrangements» (Manuel de l’OIT et de la Commission sur l’évaluation des dispositions en matière de travail dans les accords de commerce et d’investissement),

—

vu le manuel, publié en 2019, sur la mise en œuvre du chapitre sur le commerce et le développement durable de l’accord commercial entre l’Union européenne et l’Équateur,

—

vu le rapport de mai 2022 sur les résultats finaux de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, notamment, en particulier la proposition 19.4 de ce rapport,

—

vu la question à la Commission sur le résultat du réexamen par la Commission du plan d’action en 15 points sur le commerce et le développement durable (O-000029/2022 — B9-0021/2022),

—

vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,

—

vu la proposition de résolution de la commission du commerce international,

A.

considérant que l’Union européenne est attachée à un système commercial ouvert et fondé sur des règles, qui soit équitable, inclusif et durable; que la politique commerciale de l’Union est un outil géoéconomique important; qu’un programme commercial positif et proactif est essentiel pour la prospérité économique, la compétitivité, l’innovation et la création d’emplois nouveaux et de qualité en Europe;

B.

considérant que l’Union, en tant que plus grand bloc commercial du monde, est dans une position idéale pour coopérer et s’engager au niveau mondial et bilatéral avec les pays partenaires afin de renforcer le respect des normes internationales du travail et des règles environnementales à travers sa politique commerciale et ses accords commerciaux;

C.

considérant que tous les accords commerciaux modernes de l’Union comportent des chapitres sur le commerce et le développement durable; que, depuis 2018, le plan d’action en 15 points président à leur mise en œuvre et à leur application; que le Parlement a toujours demandé que soient améliorées la mise en œuvre et l’application effective des chapitres sur le commerce et le développement durable, et qu’il soit possible de recourir aux sanctions en dernier ressort;

D.

considérant qu’en juin 2021, la Commission a lancé un examen approfondi du plan d’action en 15 points sur le commerce et le développement durable afin que les accords commerciaux, dans leur ensemble, soient mieux à même de défendre le commerce durable en coopération avec les partenaires commerciaux;

E.

considérant que l’Union, par sa politique commerciale et son action extérieure, ainsi que le Parlement, par son activité législative et sa diplomatie parlementaire, ont renforcé l’idée que les conditions dans lesquelles les biens et les services sont produits, au regard des droits de l’homme, de l’environnement, du travail et du développement social, sont de la même importance que le commerce de ces biens et services lui-même;

1.

salue la publication des résultats du réexamen sur le commerce et le développement durable; souligne que le Parlement réclame depuis longtemps une révision complète et un renforcement de la mise en œuvre et de l’application des chapitres sur le commerce et le développement durable; prend note que la Commission a recensé des marges d’amélioration pour six priorités d’action;

2.

prend note avec satisfaction de l’intention de la Commission de renforcer les chapitres sur le commerce et le développement durable en tant qu’instruments de coopération et de tirer parti d’une analyse préalable des lacunes pour définir les priorités de mise en œuvre par pays avec la participation de la société civile; relève qu’il convient de se référer à l’OIT, au Programme des Nations unies pour l’environnement et aux accords multilatéraux sur l’environnement pour définir les écarts de mise en œuvre; considère que des feuilles de route de mise en œuvre détaillées et assorties de délais constituent un outil pratique pour atteindre les résultats visés;

3.

réaffirme qu’il est nécessaire de mener un exercice de cadrage approfondi avant l’ouverture de toute nouvelle négociation d’ALE; invite la Commission à inclure dans cet exercice de cadrage des contenus pertinents en rapport avec le chapitre sur le commerce et le développement durable;

4.

soutient le projet de la Commission qui vise à intégrer la durabilité dans l’ensemble des ALE afin de contribuer à une économie neutre en carbone, et à donner une priorité d’accès au marché aux biens et services environnementaux ainsi qu’aux matières premières et aux biens énergétiques qui sont essentiels au fonctionnement d’une économie neutre en carbone, à condition qu’ils respectent les pratiques durables et ne portent pas atteinte aux droits de l’homme, aux droits du travail et à l’environnement dans les pays tiers, et qu’ils respectent le principe des Nations unies du consentement libre, préalable et éclairé; préconise la réalisation d’évaluations complètes de l’impact sur le développement durable afin de recenser les dispositions, au-delà des chapitres sur le commerce et le développement durable qui soit ouvrent des possibilités, soit peuvent représenter des difficultés pour atteindre les objectifs de durabilité;

5.

rappelle que le Parlement a demandé que soit renforcé le rôle des délégations de l’Union européenne dans le suivi de la mise en œuvre des engagements pris en matière de commerce et de développement durable; demande que des ressources financières et humaines suffisantes soient allouées aux délégations de l’Union à cet effet et que le travail soit rationalisé dans l’ensemble des services de la Commission afin de garantir un engagement suffisant sur les questions de durabilité liées au commerce, ainsi que la coordination et la conduite de programmes de renforcement des capacités dans le but de promouvoir le développement durable; demande à la Commission aux États membres d’utiliser du mieux possible l’«Équipe Europe» afin de garantir la coordination et la cohérence dans le dialogue avec les pays partenaires sur les problèmes de durabilité liés au commerce;

6.

se félicite de la création de la fonction de responsable européen du respect des règles du commerce et de la refonte du point d’entrée unique, qui constituent des étapes importantes pour renforcer la mise en œuvre des engagements en matière de commerce et de développement durable; rappelle que la Commission s’est engagée à accorder la même importance aux violations présumées des dispositions relatives au commerce et au développement durable qu’aux violations présumées des engagements en matière d’accès au marché; relève qu’à ce jour, une seule plainte relative à des infractions au commerce et au développement durable a été déposée par l’intermédiaire du point d’entrée unique; souligne qu’il importe d’inclure des engagements clairs et précis dans les futurs chapitres sur le commerce et le développement durable;

7.

est favorable à un renforcement du rôle structuré des groupes consultatifs internes (GCI) à tous les stades du cycle de vie des accords commerciaux et demande instamment qu’un rôle de suivi leur soit attribué quant à la traduction concrète de toutes les questions touchant à la durabilité dans les ALE, y compris la supervision des feuilles de route de mise en œuvre; demande que des ressources financières et une assistance technique suffisantes soient allouées aux GCI pour leur permettre de mener à bien leurs missions; souligne que la commission du commerce international (INTA) du Parlement s’est engagée à organiser un débat annuel avec les représentants des GCI; considère qu’un échange plus étroit entre les groupes de suivi et les rapporteurs permanents du Parlement, d’une part, et les GCI, d’autre part, est d’une grande utilité pour les deux parties; demande que des GCI opérationnels soient également mis en place dans les pays et régions partenaires, conformément aux recommandations du Comité économique et social européen et aux avis des GCI de l’Union; se félicite que les GCI puissent également soumettre des plaintes collectives et qu’un plaignant établi dans l’Union puisse faire valoir, en matière de commerce et de développement durable, les préoccupations d’une entité située dans un pays partenaire; invite la Commission à veiller à ce que les organisations de la société civile, en plus des GCI, puissent également déposer des plaintes collectives;

8.

souligne que poursuivre l’alignement de l’application des règles relatives au commerce et au développement durable sur le règlement général des différends entre États et étendre la phase de conformité aux différends relevant des chapitres sur le commerce et le développement durable permettra de mieux mettre en œuvre et appliquer les recommandations des rapports du groupe d’experts; est d’avis que les contributions définies au niveau national, en tant qu’engagements tangibles des parties à l’Accord de Paris, devraient constituer un facteur essentiel permettant de conclure à une quelconque violation de l’Accord de Paris; demande que les arbitres en charge de ces litiges aient une expérience avérée dans les domaines concernés;

9.

souligne l’importance de mener des évaluations ex post des incidences environnementales et sociales de toutes les dispositions des ALE, et d’examiner l’efficacité des dispositions sur le commerce et le développement durable;

10.

se félicite que le document final reprenne l’appel lancé de longue date par le Parlement en faveur du recours à des sanctions commerciales en dernier ressort en cas de violations graves des engagements en matière de commerce et de développement durable, à savoir les principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT, et de violations substantielles de l’accord de Paris; espère que les conditions seront réunies lors de la 15e conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, en décembre 2022, pour que la convention devienne exécutoire, comme le prévoit la communication sur l’examen du commerce et du développement durable;

11.

note que la Commission n’a pas présenté de modèle de chapitre sur le commerce et le développement durable, tout en reconnaissant que tous les éléments de la communication sur le réexamen du commerce et du développement durable doivent être élaborés de manière personnalisée en fonction du partenaire commercial en question;

12.

espère que les principes découlant des résultats de l’examen du plan d’action en 15 points sur le commerce et le développement durable se retrouveront dans tous les accords commerciaux de l’Union en cours de négociation et dans les futurs accords commerciaux soumis au Parlement pour approbation, ainsi que dans les mesures de modernisation de tous les accords de libre-échange en vigueur, et ce au moyen des clauses de révision spécifiques prévues dans les accords actuels ou d’autres procédures appropriées;

13.

considère que les résultats de l’examen du commerce et du développement durable constituent une étape importante pour garantir que les accords commerciaux répondent aux demandes de longue date du Parlement et aux attentes de la société civile et des citoyens, tout en garantissant que les accords commerciaux de l’Union restent négociables et attrayants pour les partenaires;

14.

reste résolu à renforcer sans relâche le travail parlementaire de contrôle des engagements en matière de commerce et de développement durable et de leur mise en œuvre tout au long du cycle de vie des accords commerciaux, notamment par l’intermédiaire de groupes de suivi spécialisés, de missions parlementaires spéciales du Parlement européen et d’éventuelles commissions parlementaires de suivi conjointes avec les pays partenaires; demande à la Commission de rendre compte périodiquement au Parlement, par l’intermédiaire de la commission INTA ou des groupes de suivi spécialisés, des progrès réalisés en ce qui concerne les engagements en matière de commerce et de développement durable ainsi que leur mise en œuvre par les pays partenaires;

15.

souligne que, pour que les perspectives économiques générées par les accords commerciaux profitent à la fois aux femmes et aux hommes, il convient d’intégrer la dimension de genre dans l’ensemble du processus, de l’évaluation de l’impact sur la durabilité à la mise en œuvre, notamment au moyen de chapitres consacrés au genre;

16.

rappelle que, comme indiqué dans l’examen de la politique commerciale, tous les futurs accords de libre-échange de l’Union devraient comporter un chapitre sur les systèmes alimentaires durables qui soit lié au chapitre sur le commerce et le développement durable;

17.

souligne que l’Union, en tant que plus grand bloc commercial du monde, doit être ambitieuse dans ses travaux conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce lorsqu’elle conçoit des instruments autonomes supplémentaires pour favoriser l’action climatique mondiale, la lutte contre la perte de biodiversité et la déforestation, améliorer le bien-être des animaux, établir des règles sur la durabilité des entreprises, le devoir de vigilance et le travail forcé, faire progresser l’économie circulaire et la transition énergétique verte et garantir un travail décent dans le monde entier, et elle doit aussi encourager ses partenaires commerciaux à s’y conformer, en recourant au dialogue et aux préférences tarifaires; invite la Commission à s’appuyer sur les chapitres sur le commerce et le développement durable pour promouvoir la ratification des conventions de l’OIT figurant dans la déclaration sur les EMN;

18.

souligne que l’action multilatérale est le meilleur moyen de réaliser la transition mondiale vers une économie neutre en carbone, inclusive et durable, dans laquelle les droits des travailleurs sont respectés, et invite instamment l’Union à intensifier ses travaux à cet effet au niveau multilatéral, notamment au sein de l’Organisation mondiale du commerce et en favorisant une collaboration plus étroite avec l’OIT, le programme des Nations unies pour l’environnement et les parties aux accords multilatéraux sur l’environnement;

19.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution à la Commission, au Conseil, au Comité économique et social européen, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à l’Organisation internationale du travail, au Programme des Nations unies pour l’environnement et aux parties aux accords multilatéraux sur l’environnement.

(1) JO C 425 du 20.10.2021, p. 155.

(2) JO C 342 du 6.9.2022, p. 191.

(3) JO C 162 du 10.5.2019, p. 9.

(4) JO C 347 du 9.9.2022, p. 150.


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