| CELEX | 52022IP0420 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 24 novembre 2022 |
| 11.5.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 167/57 |
P9_TA(2022)0420
Future architecture financière européenne pour le développement
Résolution du Parlement européen du 24 novembre 2022 sur la future architecture financière européenne pour le développement (2021/2252(INI))
(2023/C 167/09)
Le Parlement européen,
| — | vu la déclaration conjointe du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres réunis au sein du Conseil, du Parlement européen et de la Commission européenne du 30 janvier 2008 intitulée «Consensus européen sur l’aide humanitaire» (1), |
| — | vu le document de travail des services de la Commission du 30 avril 2014 sur une stratégie fondée sur les droits, englobant tous les droits de l’homme aux fins de la coopération au développement de l’Union européenne (SWD(2014)0152), |
| — | vu la résolution du 21 octobre 2015 des Nations unies intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030, lors du sommet sur le développement durable des Nations unies, le 25 septembre 2015 à New York, et ses 17 objectifs de développement durable (ODD), |
| — | vu la troisième conférence internationale sur le financement du développement, organisée à Addis-Abeba (Éthiopie) du 13 au 16 juillet 2015, et le Programme d’action d’Addis-Abeba, |
| — | vu l’accord adopté lors de la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris le 12 décembre 2015 («l’accord de Paris»), |
| — | vu la déclaration conjointe du 30 juin 2017 du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres réunis au sein du Conseil, du Parlement européen et de la Commission intitulé «Nouveau consensus européen pour le développement: notre monde, notre dignité, notre avenir» (2), |
| — | vu le rapport d’octobre 2019 intitulé «Europe in the World — The Future of the European Financial Architecture for Development» (L’Europe dans le monde — L’avenir de l’architecture financière européenne pour le développement), élaboré par le groupe de sages de haut niveau sur l’architecture financière européenne pour le développement, |
| — | vu l’étude de faisabilité du Conseil du 14 avril 2021 sur les possibilités de renforcer la future architecture financière européenne pour le développement, |
| — | vu les conclusions du Conseil du 10 juin 2021 sur le renforcement de l’architecture financière européenne pour le développement, |
| — | vu la feuille de route de la Commission du 24 mars 2022 pour une meilleure architecture financière européenne pour le développement et le rapport d’avancement 2021 (COM(2022)0139), |
| — | vu le rapport conjoint de la BEI et de la BERD du 25 novembre 2021 sur les actions entreprises dans le cadre des conclusions du Conseil de l’architecture financière européenne pour le développement (AFED), |
| — | vu l’avis no 7/2020 de la Cour des comptes européenne du 11 septembre 2020 accompagnant le rapport de la Commission sur la mise en œuvre du Fonds européen pour le développement durable, |
| — | vu sa résolution du 25 mars 2021 intitulée «Une nouvelle stratégie UE-Afrique — un partenariat pour un développement durable et inclusif» (3), |
| — | vu sa résolution du 7 octobre 2021 sur le rapport d’exécution sur les fonds fiduciaires de l’Union et la facilité en faveur des réfugiés en Turquie (4), |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 1er décembre 2021 sur la stratégie «Global Gateway» (JOIN(2021)0030), |
| — | vu le règlement (UE) 2021/947 du Parlement européen et du Conseil du 9 juin 2021 établissant l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde, modifiant et abrogeant la décision no 466/2014/UE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant le règlement (UE) 2017/1601 du Parlement européen et du Conseil et le règlement (CE, Euratom) no 480/2009 du Conseil (5), |
| — | vu le 6e sommet Union européenne-Union africaine des 17 et 18 février 2022 et la déclaration finale connexe intitulée «Une vision commune pour 2030», |
| — | vu l’article 209 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et les statuts de la Banque européenne d’investissement (BEI), annexés aux traités, qui disposent que la BEI est l’institution financière de l’Union européenne, qu’elle est détenue exclusivement par les 27 États membres de l’Union et qu’elle a pour mission de contribuer à la mise en œuvre de la politique de développement de l’Union, |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission des budgets et de la commission des affaires étrangères, |
| — | vu le rapport de la commission du développement (A9-0270/2022), |
| A. | considérant que la pandémie de COVID-19 a aggravé le déficit de financement déjà important des ODD et a entraîné une diminution globale des ressources de 700 milliards de dollars et, dans le même temps, une augmentation des besoins de 1 000 milliards de dollars, ce qui a causé un effet ciseaux, de sorte que le déficit de financement annuel des ODD dans les pays en développement, qui s’élevait à 2 500 milliards de dollars avant la pandémie, devrait augmenter de 70 % après la COVID-19, pour atteindre 4 200 milliards de dollars (3 700 milliards d’euros) (6); |
| B. | considérant qu’il existe un déficit de financement annuel de 148 milliards de dollars dans les pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure en ce qui concerne la réalisation de l’ODD 4 d’ici à 2030; que les coûts supplémentaires dus aux fermetures d’écoles liées à la COVID-19 risquent d’accroître ce déficit de financement d’un tiers; |
| C. | considérant que l’agression militaire menée par la Russie en Ukraine a considérablement aggravé la situation en ce qui concerne les ODD en Ukraine et dans les pays voisins; que l’actuelle agression militaire de l’Ukraine par la Russie aura une incidence sur la mise en œuvre des ODD dans le monde entier, notamment en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et la faim, et fait courir le risque de troubles civils croissants, de conflits et de migrations irrégulières; que les conséquences destructrices de la guerre criminelle menée par Poutine ont dévié en grande partie les ressources déjà limitées de l’aide au développement; que les conséquences à long terme de cette guerre ne sont pas encore connues; que le manque important de financement des ODD et les conséquences de la pandémie de COVID-19, qui a eu des effets dévastateurs dans les pays en développement, exigent une réaction massive et soutenue de la part de tous les acteurs de l’Union et une révision systémique de l’AFED; |
| D. | considérant que la direction politique et financière actuelle de l’Union et les efforts qu’elle déploie ne sont pas suffisants pour atteindre les ODD et les objectifs de l’accord de Paris ni pour aborder d’autres grands enjeux mondiaux, en particulier l’aggravation du changement climatique, l’augmentation spectaculaire de la charge de la dette des pays partenaires, les conséquences de la COVID-19 et les conflits violents, et que des efforts conjoints au niveau international sont donc nécessaires pour que l’AFED puisse relever ces nouveaux défis; |
| E. | considérant que, pour réaliser effectivement les ODD et surmonter la pandémie de COVID-19, il existe un besoin urgent de cohérence politique et de coopération étroite entre toutes les institutions officielles de financement du développement, leurs actionnaires gouvernementaux, les institutions de l’Union et tous les partenaires existants, afin de faire en sorte que les fonds publics limités soient utilisés de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible; qu’il est essentiel de réussir à mobiliser de nouveaux capitaux, tant privés que publics, en plus de l’aide publique au développement (APD) et des autres formes existantes de financement du développement, mais que cette mobilisation doit s’aligner sur les objectifs stratégiques de développement, notamment en vue de réduire les inégalités et la pauvreté, ce qui constitue le premier objectif du programme à l’horizon 2030; |
| F. | considérant qu’il est primordial que les flux énergétiques mondiaux soient réorganisés à l’avenir et que le continent africain joue un rôle important, en vue de permettre également le développement durable du sud de la planète; que le renforcement de son rôle en matière de production, d’utilisation et d’exportation d’énergie durable ouvrira la voie à un développement économique durable et tourné vers l’avenir et pourrait améliorer les conditions de vie de la grande majorité de la population; |
| G. | considérant que l’insécurité alimentaire constitue un obstacle important à la réalisation des ODD, en particulier en Afrique, où deux personnes sur dix sont sous-alimentées; que ce problème ne fera que s’aggraver en raison de la croissance démographique; que la coopération de l’Union avec les pays partenaires doit permettre de s’attaquer à ce problème de manière efficace et durable; |
| H. | considérant que les institutions de l’Union et les 27 États membres de l’Union constituent ensemble le principal bailleur de fonds pour les pays en développement et qu’ils représentent environ 46 % du total de l’APD fournie par l’ensemble des membres de l’OCDE à l’APD aux pays en développement; |
| I. | considérant que la mise en place de l’approche de l’Équipe Europe en tant que réponse mondiale de l’Union à la COVID-19 pourrait contribuer à la création d’un cadre de coordination stratégique unique pour la réponse extérieure de l’Union à la pandémie et à d’autres enjeux majeurs, tels que les conséquences de l’agression militaire menée par la Russie contre l’Ukraine, en soutien aux pays partenaires; que cette approche est prometteuse en ce qu’elle permet de renforcer la coopération entre les institutions de l’Union, les États membres et les institutions européennes bilatérales et multilatérales de financement du développement, la BEI et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), et ainsi d’accroître constamment l’efficacité collective et la visibilité de l’Union; |
| J. | considérant que l’entrée en vigueur de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) — Europe dans le monde, doté d’un budget global de 79,5 milliards d’euros, marque un changement historique dans les politiques extérieures et de développement de l’Union, qui doit conduire à la rationalisation et à la consolidation des dépenses de l’Union en matière de développement et donner un nouvel élan à un renforcement de la coopération entre les acteurs européens du développement; que l’IVCDCI — Europe dans le monde modifie considérablement le cadre des investissements extérieurs, en regroupant des financements mixtes et des garanties au titre de la garantie pour l’action extérieure du Fonds européen pour le développement durable Plus (FEDD+); que le FEDD+ élargit considérablement la portée géographique et l’enveloppe financière de son prédécesseur, le FEDD, et sera en mesure de garantir des opérations pouvant atteindre 53,4 milliards d’euros par le biais de la garantie pour l’action extérieure; que le principe de la primauté des politiques qui est au cœur de l’IVCDCI — Europe dans le monde représente une évolution vers une coopération axée sur les objectifs stratégiques et assure que l’utilisation des garanties budgétaires de l’Union est couverte par le processus de programmation; |
| K. | considérant que le FEDD+, établi dans le cadre de l’instrument IVCDCI — Europe dans le monde, finance les opérations de mixage et les opérations de garantie budgétaire, qui doivent être mises en œuvre par les partenaires éligibles dans le cadre d’une approche ouverte et collaborative; |
| L. | considérant que l’article 36 du règlement IVCDCI — Europe dans le monde définit le rôle spécifique de la BEI dans le cadre de cet instrument; |
| M. | considérant que les entreprises et les institutions financières de l’Union qui ont opéré dans les pays en développement au cours de la dernière décennie ont été confrontées à une concurrence déloyale de la part d’acteurs mondiaux qui agissent en dehors du système multilatéral de financement du développement, lequel prévoit un ensemble de règles et de réglementations internationales, telles que des exigences spécifiques pour l’APD, les crédits bénéficiant d’un soutien public, les prêts durables et la soutenabilité de la dette, les subventions aux exportations interdites ou les normes internationales de lutte contre la corruption; |
| N. | que le bon fonctionnement du principe de cohérence des politiques au service du développement et le soutien à la mobilisation des ressources nationales font partie intégrante de la bonne gestion financière et visent à accroître l’efficacité de l’aide au moyen d’initiatives concrètes, telles que le soutien à la lutte contre la corruption et le développement de systèmes fiscaux progressifs ainsi que la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales; |
| O. | considérant que le rapport du groupe de sages de haut niveau publié en octobre 2019 comprenait, parmi ses recommandations, la création d’une banque européenne pour le climat et le développement durable, une possibilité qui a été immédiatement rejetée par les États membres au motif qu’elle était trop coûteuse et trop longue pour être mise en œuvre au cours de la nouvelle période budgétaire; qu’au lieu de cela, le Conseil a opté pour une autre solution que celle suggérée par le groupe de sages de haut niveau, appelé Status Quo +, laquelle ne modifie pas fondamentalement les structures existantes mais demande leur amélioration; que la solution «Status Quo+» prévoit les améliorations suivantes, sans frais supplémentaires pour les États membres: amélioration de la présence de la BEI sur le terrain et modification de son modèle économique en faveur d’un modèle plus axé sur les banques de développement, extension progressive du champ d’action de la BERD à l’Afrique subsaharienne, et renforcement des capacités de la Commission, du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et des délégations de l’Union; |
| P. | considérant que les États membres ont invité les banques et institutions financières européennes de développement à accroître leur collaboration et leur coordination, aussi bien entre elles qu’avec d’autres institutions financières multilatérales et internationales, en tirant parti des atouts et de l’expertise de chaque institution, et ainsi à améliorer l’efficacité, la visibilité et l’impact de l’architecture financière européenne pour le développement, en encourageant une plus grande mobilisation du secteur privé tout en continuant à compléter et à soutenir la participation du secteur public; |
Principes et objectifs de l’architecture financière européenne pour le développement
| 1. | prend acte des conclusions du Conseil sur le renforcement de l’AFED ainsi que de la feuille de route de la Commission pour une meilleure architecture financière européenne et du rapport d’avancement 2021 du 24 mars 2022 (COM(2022)0139); insiste sur le rôle clé que jouent l’IVCDCI — Europe dans le monde, le FEDD+ et la garantie pour l’action extérieure, lesquels fixent un cadre stratégique pour les financements mixtes, pour la réduction des risques associés aux investissements ainsi que pour les garanties et mobilisent des ressources du secteur privé avec le soutien du budget de l’Union, compte tenu notamment de la concurrence géopolitique et économique de plus en plus marquée; |
| 2. | souligne que l’AFED devrait prévoir une architecture efficiente, efficace, cohérente et inclusive, fondée sur le principe de primauté des politiques — épine dorsale de la structure AFED –, et conforme aux intérêts stratégiques et aux valeurs de l’Union; insiste pour que tous les partenaires chargés de la mise en œuvre qui participent à l’AFED et ont accès aux fonds du budget de l’Union au titre du FEDD+ respectent l’ensemble des normes, politiques et procédures de l’Union en matière sociale ainsi qu’en matière de droits de l’homme, de marchés publics, de transparence, d’environnement et d’état de droit; demande à la Commission d’évaluer et de contrôler le respect de ces règles de l’Union et d’en faire rapport; souligne que l’AFED, dictée par les politiques, devrait être guidée par les principes et les objectifs énoncés dans le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, l’accord de Paris et le programme d’action d’Addis-Abeba, et qu’elle contribue à la réalisation des ODD; réaffirme que les projets associant des acteurs de l’AFED doivent être évalués du point de vue de leur durabilité climatique, environnementale et sociale, afin de réduire au minimum toute incidence négative éventuelle et de générer un maximum d’avantages climatiques, environnementaux et sociaux, conformément aux engagements pris par l’Union et ses États membres au titre de l’article 2, paragraphe 1, point c), de l’accord de Paris; insiste fortement pour que les opérations menées dans le cadre de la nouvelle AFED contribuent à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci; demande en outre, à cet égard, que les opérations impliquant des acteurs de l’AFED ne financent pas des secteurs qui alimentent la crise climatique, mais contribuent au contraire à la transition vers une production d’énergie durable; rappelle que l’engagement politique de l’Union devrait être inscrit dans son cadre financier pluriannuel et pleinement reflété dans son architecture financière européenne pour le développement; |
| 3. | insiste vivement sur le fait que l’architecture financière européenne pour le développement doit renforcer les partenariats stratégiques entre l’Union européenne et ses partenaires mondiaux de développement; rappelle que ces partenariats devraient toujours être fondés sur le respect mutuel et la dignité, les intérêts et les valeurs communs, en particulier les droits de l’homme, l’égalité entre les hommes et les femmes, la responsabilité environnementale, sociale et climatique, la santé et la sécurité, afin de réduire les inégalités et la pauvreté; rappelle que ces partenariats devraient toujours être établis conformément aux ODD et dans le but de les atteindre; souligne à cet égard l’influence multidimensionnelle du régime de Poutine sur le continent africain et le soutien dont il bénéficie sur ce continent et invite l’Union et ses États membres à se concentrer sur ces pays partenaires africains et à créer des partenariats fiables; demande à la Commission d’associer les organisations de la société civile et les ONG, y compris les organisations locales, à la création et à la mise en œuvre de tels partenariats; souligne qu’une condition préalable aux projets de partenariat financés par l’AFED est de garantir l’additionnalité du développement et l’additionnalité financière, ainsi que la participation des pays et l’efficacité du développement; estime que les politiques et initiatives de l’Union doivent soutenir la coordination et la coopération entre les États membres dans le domaine de la politique de développement et que les actions de l’Union doivent compléter et soutenir les initiatives des États membres; souligne que l’élimination de la pauvreté (ODD no 1), la promotion de la bonne santé et du bien-être (ODD no 3), l’accès à un enseignement de qualité pour tous (ODD no 4), la réduction des inégalités (ODD no 10) et la promotion de l’action pour le climat (ODD no 13) constituent des défis majeurs dans le monde actuel et qu’il convient d’accorder une attention particulière aux groupes les plus marginalisés et de ne laisser personne de côté; souligne en outre que davantage de mesures devraient être prises pour répondre aux besoins d’investissements en faveur d’industries maritimes durables, étant donné que l’ODD no 14 relatif à la «vie aquatique» reste l’un des plus sous-financés de tous les ODD; |
| 4. | souligne l’interconnexion entre l’aide humanitaire, le développement, la coopération et la paix; souligne le rôle que joue le développement dans la prévention des conflits, la garantie d’une sortie durable des conflits et le renforcement de la gestion des crises; insiste sur l’importance de continuer à développer un triple lien sur mesure, axé sur une reprise à long terme structurelle, durable et centrée sur les personnes, afin de faire face à la complexité des crises prolongées et prévisibles et des situations de violence; rappelle que rappelle que sans paix et sécurité, il ne peut y avoir de développement et d’élimination de la pauvreté, tandis que sans développement et élimination de la pauvreté, il ne peut y avoir de paix durable ni de sécurité humaine ou nationale; note en outre que le manque de sécurité exacerbe les vulnérabilités existantes dans les pays en développement, ce qui creuse le déficit de financement pour la réalisation des ODD; relève que la sécurité, l’état de droit et la résilience des institutions sont essentiels pour les investissements et le développement durable; prend acte des activités menées par des acteurs locaux, y compris des pouvoirs publics locaux, des organisations de la société civile, des partenaires sociaux et des organisations confessionnelles dans le domaine de la résolution et de la gestion des conflits, contribuant ainsi à la paix et à la sécurité; rappelle que l’APD devrait toujours être utilisée conformément aux objectifs de développement convenus au niveau international et à l’IVCDCI — Europe dans le monde; |
| 5. | souligne le rôle d’une approche européenne collective, cohérente, bien conçue sur le plan politique et adaptée aux spécificités du pays partenaire, qui pourrait contribuer efficacement à favoriser l’expansion des systèmes de protection sociale conformes aux conventions pertinentes de l’OIT et des services publics essentiels dans les pays en développement; souligne qu’une telle approche de l’Union contribuerait à faire de la protection sociale l’un des fondements du contrat social, ouvrant ainsi la voie à une plus grande résilience; estime que le financement mixte fait partie des instruments de financement du développement qui pourraient compléter les investissements publics dans un contexte de restrictions budgétaires; demande que les opérations de mixage soient limitées aux régions où elles peuvent apporter une valeur ajoutée à l’économie locale et, à cet égard, qu’elles fassent l’objet d’une évaluation minutieuse, en particulier lorsqu’elles ciblent les pays les moins avancés, afin de limiter la charge de la dette, de préserver les services publics essentiels tels que la santé, l’éducation et la protection sociale, et de ne pas creuser les inégalités existantes; |
| 6. | souligne que la cohérence entre tous les politiques, stratégies, initiatives et instruments de financement de l’Union, notamment le nouvel instrument IVCDCI — Europe dans le monde, l’initiative «Équipe d’Europe» et la nouvelle stratégie «Global Gateway», ainsi qu’un alignement étroit sur la stratégie de l’Union en matière de CPD et de cohérence des politiques au service du développement durable (CPDD), sont essentiels pour maximiser la réponse globale de l’Union à la croissance durable, au développement et à la paix; estime que l’architecture financière européenne pour le développement devrait améliorer la visibilité de l’Union et les retombées du financement qu’elle réserve au développement dans le monde, afin de garantir que la manière dont le rôle de l’Union est perçu dans le monde corresponde à l’ampleur du soutien qu’elle offre; |
| 7. | s’inquiète de la manière dont la pandémie de COVID-19 a mis en lumière les facteurs structurels persistants des inégalités en matière de santé; estime que l’AFED devrait contribuer aux investissements dans le développement de systèmes de santé publique résilients, les soins et les services de santé, et la recherche et le développement de nouvelles technologies de la santé, de vaccins et de traitements, et qu’elle devrait se concentrer sur les maladies récurrentes dans les pays en développement; demande d’étudier la possibilité de créer une plateforme de partage de l’innovation, des connaissances et de l’expertise, de soutenir les partenariats multipartites, de favoriser le dialogue public-privé et d’étudier des solutions commerciales innovantes pour accélérer le développement durable; souligne le rôle des investissements publics et privés et des partenariats public-privé, ainsi que l’importance de la mobilisation des ressources nationales dans les pays partenaires et d’une utilisation plus efficace des fonds de l’Union pour combler le déficit de financement de 2,5 milliards d’USD constaté pour atteindre les ODD d’ici à 2030, tout en renforçant la bonne gouvernance et en luttant contre la corruption; |
Problèmes à résoudre
| 8. | souligne que les pays en développement et les pays développés ont une responsabilité partagée dans la réalisation des ODD; souligne que la contribution financière de l’Union au développement durable dans les pays partenaires doit permettre aux pays partenaires de contribuer à leur propre développement économique et social et d’atteindre les ODD; souligne l’importance capitale de la participation des pays dans ce contexte; souligne que l’architecture financière européenne pour le développement et la stratégie de l’Union en matière d’ODD, tant attendue, doivent refléter et faciliter un ensemble coordonné et cohérent de politiques et d’engagements internes et externes de l’Union, y compris au moyen des instruments existants en matière de politique de développement; souligne que les financements publics et privés doivent être alignés sur les cibles des ODD et l’accord de Paris; regrette à cet égard que la Commission n’ait pas encore élaboré de stratégie intégrée et globale de mise en œuvre des objectifs de développement durable, ce qui constitue un défi majeur eu égard à la volonté d’assurer la cohérence des politiques, en raison de l’absence d’objectifs clairs, mesurables et assortis d’échéances à l’échelle de l’Union qui permettraient de faire rapport sur les ODD; |
| 9. | estime que l’AFED devrait se fonder sur l’expertise et les réseaux existants de tous ses différents acteurs (à savoir la BEI, la BERD, les institutions européennes de financement du développement (IFD) et d’autres); reconnaît les avancées et les améliorations réalisées en ce qui concerne la future AFED depuis que le Conseil a rendu ses conclusions, mais constate que le statu quo actuel se caractérise toujours par un manque d’orientation stratégique et de coordination, une fragmentation, des doubles emplois et une mise en concurrence inutile entre les acteurs susmentionnés; demande davantage d’efforts pour améliorer la coordination et la coopération, afin de rendre le système actuel plus efficace, plus collaboratif et plus ciblé sur la garantie d’une utilisation optimale des ressources, qui tire parti des compétences géographiques, sectorielles et financières pertinentes des principaux partenaires pour garantir un meilleur retour sur l’argent des contribuables de l’Union et une incidence accrue sur le développement; |
| 10. | reconnaît la nécessité de renforcer et d’améliorer le cadre institutionnel de l’Union, de remédier au «déficit d’efficacité du développement», de réduire la lourdeur de la coordination bureaucratique et d’accroître la flexibilité institutionnelle, afin d’exploiter au maximum le potentiel de l’architecture financière européenne pour le développement et d’accroître ainsi son impact sur le développement; |
| 11. | invite la Commission à œuvrer à une gouvernance efficace de la stratégie «Global Gateway», qui doit être promue sous la direction générale de la présidente de la Commission, et à coordonner de près son action à cet égard avec le vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le SEAE, le Conseil et le Parlement; souligne que la stratégie devrait être cohérente avec l’AFED et qu’il n’est pas approprié de recourir à la réserve de financement de l’IVCDCI — Europe dans le monde; prie instamment la Commission de fournir des informations supplémentaires sur son calcul du ratio de levier pour les opérations d’investissement de la stratégie de l’Union annoncée récemment, «Global Gateway»; |
| 12. | s’inquiète du fait que les principales caractéristiques du principe de CPDD sont systématiquement absentes des initiatives réglementaires de l’Union; souligne que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour se conformer pleinement aux principes de la CPDD afin d’atteindre les objectifs d’efficacité de l’aide; insiste sur le fait que les mécanismes visant à assurer la CPDD doivent être inscrits dans l’AFED; demande davantage d’analyses d’impact ex ante et la mise en place un système d’alerte précoce en cas d’incohérence des politiques au sein des délégations de l’Union; recommande que la CPDD soit utilisée de manière plus systématique et plus efficace par toutes les institutions de l’Union et les États membres concernés, y compris au plus haut niveau politique, et qu’elle soit intégrée dans la conception et la mise en œuvre de toutes les politiques de l’Union afin de garantir que celles-ci n’aient pas d’incidence négative sur la réalisation des ODD; rappelle que les mécanismes de la CPDD devraient également être mis en œuvre par la BEI, la BERD, les institutions de financement du développement et leurs intermédiaires; souligne que la CPDD doit être intégrée en particulier dans les politiques extérieures de l’Union et être abordée pour atteindre les ODD; |
| 13. | prend acte des efforts déployés par la Commission pour améliorer la réglementation dans le but de créer des investissements durables à long terme qui favorisent la santé et le bien-être des personnes et de la planète et qui protègent les droits de l’homme; demande que l’AFED soit compatible avec la future législation de l’Union en matière de devoir de diligence et de responsabilité des entreprises et qu’elle garantisse le respect des normes en matière de droits de l’homme et de l’évolution de la réglementation par les entreprises, le devoir de diligence obligatoire et les engagements internationaux relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme; souligne que l’AFED doit respecter les normes les plus élevées en matière de transparence et de responsabilité; invite les membres de l’AFED à renforcer la diligence raisonnée dans leurs opérations, à garantir une véritable consultation de la population locale tout au long de la mise en œuvre des projets, à développer leur expertise en matière de développement, ainsi que leurs capacités spécifiques et leurs ressources humaines sur le terrain, à mettre en œuvre l’intégration de la dimension de genre et à protéger les droits de l’homme dans toutes les opérations, à se doter de solides mécanismes de responsabilisation pour les communautés touchées et à suivre de près les lacunes en ce qui concerne leur participation et le rôle de leurs intermédiaires dans les projets qui ont eu une incidence négative sur les populations locales des pays en développement, et à en faire rapport; |
| 14. | réaffirme que tous les partenaires chargés de la mise en œuvre et les intermédiaires financiers participant à des projets liés aux garanties de l’Union ou financés par le budget de l’Union doivent respecter pleinement les normes, politiques, règles et procédures de l’Union en matière sociale, environnementale, fiscale, de transparence, de lutte contre la fraude et de lutte contre la corruption; invite la Cour des comptes européenne à contrôler intégralement les opérations couvertes par des garanties provenant du budget de l’Union et à en rendre compte régulièrement, ainsi qu’à remédier aux éventuelles lacunes dans ses méthodes de travail qui l’en empêchent actuellement; souligne qu’il importe de procéder à une évaluation indépendante du FEDD+ et de l’approche «Équipe Europe» en temps utile pour évaluer leur efficacité, leurs performances et leurs effets sur le développement; |
| 15. | note que l’approche de l’Équipe d’Europe est apparue comme une réponse à la pandémie de COVID-19; estime que l’approche de l’Équipe Europe devrait jouer un rôle clé dans l’amélioration de la coopération stratégique, de la coordination mondiale et de la cohérence et de l’efficacité des efforts de développement, en particulier au niveau des pays partenaires, mais aussi au niveau de l’Union et des États membres, y compris au niveau régional; attend une orientation et une orientation politiques plus fortes, ainsi que des mécanismes de communication et de visibilité plus solides en ce qui concerne l’instrument FEDD+/IVCDCI — Europe dans le monde; insiste en outre sur la nécessité de mettre en œuvre le mécanisme de contrôle du Parlement européen de manière appropriée, afin de garantir la légitimité démocratique des activités de l’Équipe Europe; |
| 16. | invite la Commission à présenter une orientation politique forte de l’Union pour les politiques de développement et à coordonner l’AFED d’une manière qui permettrait d’aligner plus étroitement les activités des institutions européennes de financement du développement sur la nouvelle architecture ouverte, collaborative, transparente et inclusive afin d’atteindre les objectifs de la politique de développement de l’Union, de renforcer les partenariats étroits avec les régions et de contribuer à leur développement; |
| 17. | souligne que le processus de programmation de l’IVCDCI — Europe dans le monde offre l’occasion de renforcer l’utilisation des garanties budgétaires de l’Union, notamment le FEDD+; souligne que la future architecture financière devrait permettre la participation de tous les acteurs du financement du développement intéressés, y compris les acteurs de petite taille ou de taille moyenne ainsi que les banques de développement et les acteurs extérieurs à l’Union; demande, dans ce contexte, que des conditions identiques strictes s’appliquent à la gouvernance du FEDD+ et à l’accès aux ressources de l’Union; souligne l’importance d’un cadre approprié de gestion des risques, d’une gestion efficace et d’un contrôle de la mise en œuvre des instruments de financement du développement; invite la Commission à faire un usage plus efficace de ses ressources existantes en matière d’expertise bancaire ainsi que de ses capacités financières et techniques; |
| 18. | se félicite de la publication de la première feuille de route de la Commission pour une meilleure architecture financière européenne pour le développement et du rapport d’avancement 2021; rappelle que l’IVCDCI — Europe dans le monde impose à la Commission de communiquer au Conseil et au Parlement la composition, le mandat et le règlement intérieur du groupe d’évaluation technique et de veiller à l’impartialité et à l’absence de conflits d’intérêts de ses membres; demande instamment à la Commission de prendre des mesures similaires pour garantir la transparence et l’impartialité au sein du groupe d’experts de haut niveau, qui fournira à la Commission des recommandations sur l’accélération des flux de capitaux privés vers les pays à revenu faible et intermédiaire; |
| 19. | invite la Commission à veiller à ce que l’architecture financière européenne pour le développement cherche à restaurer le système multilatéral de financement du développement, afin de contribuer à mettre un terme aux pratiques de prêt non viables de certains pays opérant en dehors de ce système, qui non seulement menacent l’égalité des conditions de concurrence pour l’Union et d’autres pays respectueux de ce système, mais augmentent également de manière spectaculaire la dette extérieure déjà élevée de nombreux pays en développement que la pandémie de COVID-19 a rendus encore plus vulnérables; souligne dans ce contexte que l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine continue d’aggraver la charge de la dette dans de nombreux pays en développement; souligne que les pays les moins avancés ne sont pas en mesure de mettre en œuvre les ODD sans soutien financier et demande dès lors instamment que des mesures d’allègement de la dette soient prises conformément aux engagements en matière de durabilité; |
| 20. | estime que la taxonomie de l’Union devrait contribuer à la réorientation des flux de capitaux vers des investissements durables et introduire la durabilité parmi les critères à prendre en compte dans la gestion des risques; invite la Commission à poursuivre le développement de la taxonomie de l’Union et à encourager les institutions de financement du développement, tant au niveau de l’Union que des États membres, ainsi que les acteurs privés actifs dans le domaine du développement, à aligner leurs activités, en particulier celles des pays en développement, sur les ODD et les objectifs de l’accord de Paris; |
Institutions financières européennes et nationales
| 21. | réaffirme le rôle spécifique de la BEI, au sein de l’Union et à l’échelle mondiale, tel qu’il est défini à l’article 209 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et à l’article 36 de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde; souligne le rôle important de la BEI dans la réalisation des investissements de l’Union et dans le partenariat avec la Commission pour la mise en œuvre de la stratégie «Global Gateway»; |
| 22. | reconnaît le rôle phare de la BEI dans le pacte vert pour l’Europe et l’économie bleue durable, ainsi que sa contribution substantielle à la réponse économique de l’Union à la pandémie de COVID-19; demande à l’Union d’exploiter davantage le potentiel de la BEI pour qu’elle serve à tirer parti de l’autonomie stratégique de l’Union et à promouvoir ses intérêts et priorités en matière de politique extérieure dans ses relations avec les pays tiers; invite la BEI à améliorer ses politiques et ses pratiques ainsi que sa transparence, notamment en mettant en œuvre les recommandations formulées par la Médiatrice européenne, qui demandait à la BEI de prendre plusieurs mesures de transparence pour permettre au public de mieux comprendre l’impact environnemental potentiel des projets qu’elle finance, comme indiqué dans les affaires 1065/2020/PB, 1251/2020/PB et 1252/2020/PB; |
| 23. | se félicite de la création de BEI Monde, défini par la BEI, une branche du Groupe BEI dédiée au développement, qui est opérationnelle depuis le 1er janvier 2022; invite la BEI à renforcer sa présence sur le terrain tout en tirant parti des synergies possibles avec le SEAE, les délégations de l’Union, la BERD et les autres institutions européennes de financement du développement; souligne que le manque d’informations sur le mode de financement de BEI Monde compromet son mandat dès le départ, compte tenu également des engagements de cette nouvelle entité en matière d’objectifs de développement; demande, par conséquent, un mandat de développement concret et fort pour la nouvelle branche BEI Monde; s’attend à une transparence totale de cette nouvelle structure et de son conseil consultatif, de ses objectifs et dispositions budgétaires, de son fonctionnement organisationnel et de ses objectifs spécifiques, ainsi que de ses mécanismes de coordination avec d’autres institutions de financement du développement, notamment par la publication proactive des documents, une représentation significative des pays bénéficiaires, des échanges réguliers avec le Parlement européen et un dialogue ouvert avec les parties prenantes, en particulier les organisations de la société civile et les acteurs locaux; |
| 24. | encourage la BEI à continuer de participer activement au développement de la planification, du suivi et de l’évaluation au niveau national, en collaboration avec les délégations de l’Union et à travers un cofinancement avec les institutions de financement du développement; demande une coordination plus forte entre la Commission, le SEAE et les délégations de l’Union, afin de faciliter les discussions et la coopération avec les acteurs pertinents sur le terrain et d’identifier ainsi les projets qui répondent le mieux aux objectifs d’efficacité du développement; |
| 25. | encourage la BEI et la BERD à renforcer encore leur complémentarité et leurs modèles d’entreprise par des initiatives de renforcement de la confiance mutuelle, étant donné que les besoins sont plus importants que leurs ressources communes; invite la BEI et la BERD à coordonner leurs travaux sur les différents volets du développement et à clarifier leur répartition des tâches afin d’aider chaque banque à se concentrer sur ses compétences de base respectives et d’éviter ainsi les doubles emplois et la sous-cotation; note qu’il est nécessaire d’adapter les méthodes de travail et les outils de la BEI et de la BERD aux besoins d’investissements en Afrique, notamment afin de faciliter les investissements à grande échelle tout en maintenant le soutien de l’Union aux projets locaux à plus petite échelle; souligne qu’il est essentiel que les investissements européens s’accompagnent d’une présence visible de l’Union et d’un dialogue politique continu; relève que l’architecture financière européenne pour le développement doit maximiser les avantages des différents contextes structurels et modes de fonctionnement des banques et institutions financières européennes de développement existantes afin d’accroître l’efficacité de la contribution de l’Union au développement durable; attend de la BEI, de la BERD et des autres institutions européennes de financement du développement qu’elles garantissent et prouvent, par des évaluations d’impact ex ante, que tous les projets, et notamment les projets de financement mixte, contribuent aux objectifs de développement de l’Union, y compris ceux qui concernent les pays les moins avancés, et respectent les normes internationales en matière de droits de l’homme; invite la Commission, la BEI, la BERD et les institutions européennes de financement du développement à veiller à ce que leurs services de conseil et d’assistance technique soient dotés des moyens permettant de faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes et le développement inclusif; |
| 26. | invite la Commission, les États membres, la BEI, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et les autres banques et institutions financières européennes de développement, y compris les IFD de plus petite taille, à renforcer leur coopération, notamment dans le cadre de l’IVCDCI — Europe dans le monde et ses objectifs, ainsi qu’à atteindre au niveau mondial les objectifs du programme de développement durable à l’horizon 2030, et à les encourager à mettre en commun leurs ressources et leurs financements, ainsi qu’à renforcer la coordination et la communication dans le cadre de projets communs, en s’appuyant sur leur expertise financière respective; invite la Commission à jouer un rôle plus important en fournissant une assistance technique aux projets et en aidant les IFD et les autres acteurs du développement à se coordonner; demande qu’une approche inclusive soit adoptée en ce qui concerne l’accès au financement des IFD de plus petite taille des États membres dans le cadre de l’architecture européenne de financement du développement; |
| 27. | souligne qu’il importe d’exploiter plus efficacement les synergies et de mieux harmoniser les initiatives de financement de la BERD, de la BEI et d’autres instruments de financement du développement qui ciblent les pays du voisinage européen, en accordant une importance particulière aux pays candidats à l’adhésion à l’Union; rappelle, dans le contexte de la guerre en cours en Ukraine, que le financement européen dans les pays voisins et les pays candidats est une composante indispensable des réformes nécessaires pour satisfaire aux critères d’adhésion, conformément aux intérêts de l’Union en matière de politique étrangère; |
| 28. | invite la BEI à collaborer plus étroitement avec la Banque africaine de développement et à évaluer les avantages de la création d’une filiale commune à la suite de la mise en œuvre de l’actuel plan d’action pour le partenariat entre la BEI et la Banque africaine de développement; invite la BEI à faire rapport au Parlement sur les prochaines mesures prises; souligne la nécessité de financer des investissements à long terme qui favorisent le développement durable et de s’appuyer sur la coopération à ce jour, afin de développer de nouvelles possibilités de développement durable pour le continent africain; encourage la création de pôles de projet et de conseil, gérés conjointement par la BEI et la Banque africaine de développement, afin de créer des points de contact efficaces en matière de conseil et de lancement de projets pour les acteurs locaux, de mieux répondre aux besoins de développement sur le terrain et d’améliorer l’appropriation locale des projets communs de développement; demande, à cet égard, de soutenir le développement du secteur privé local en Afrique, notamment grâce à l’octroi de fonds supplémentaires aux micro, petites et moyennes entreprises africaines; |
| 29. | souligne à cet égard que l’appropriation locale et une approche collaborative et inclusive sont généralement nécessaires et qu’elles devraient se fonder sur un cadre solide de consultations locales systématiques des parties prenantes et des bénéficiaires si l’on veut parvenir à un impact durable sur le développement; invite la Commission à évaluer la façon dont le cadre de consultations locales systématiques des parties prenantes et des bénéficiaires est susceptible d’être encore amélioré; |
| 30. | invite les institutions de financement du développement des États membres à développer davantage l’inclusion financière afin de soutenir l’accès au financement durable pour les personnes qui en ont le plus besoin, notamment les femmes, étant donné que cela contribue à leur autonomisation économique; invite dans ce contexte l’AFED à contribuer à la pleine mise en œuvre du troisième plan d’action de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes; rappelle l’objectif d’au moins 85 % d’actions ayant pour objectif principal ou significatif l’égalité des sexes, dont au moins 5 % devraient avoir pour objectif principal l’égalité des sexes ainsi que les droits et l’émancipation des femmes et des filles; demande que toutes les opérations de l’AFED soient tenues de collecter des données ventilées par sexe et de procéder à des évaluations ex ante et ex post des incidences sur l’égalité entre les hommes et les femmes; |
| 31. | encourage toutes les banques et institutions de développement à prendre des engagements durables et à réaliser des investissements audacieux conformes aux objectifs de la politique de développement, en particulier la réduction des inégalités et l’éradication de la pauvreté, plutôt que de chercher à assurer un retour sur investissement; reconnaît par conséquent qu’il importe d’encourager des investissements plus risqués dans des contextes de développement plus difficiles, tels que les pays fragiles ou touchés par des conflits, et dans des secteurs en mal d’investissements tels que le climat, la biodiversité, l’éducation et la santé; souligne, dans le même temps, qu’il convient de limiter tout risque associé pour le budget de l’Union, tel qu’une demande accrue de garanties budgétaires de l’Union, et de préserver la notation de crédit élevée dont bénéficie la BEI; encourage les IFD à prendre davantage de risques dans leurs programmes d’investissement par l’intermédiaire du FEDD+ afin d’atteindre également les économies les plus fragiles; invite la Commission, à cet égard, à jouer un rôle plus important pour garantir des effets mesurables et supplémentaires sur le développement sans fausser le marché local ni concurrencer injustement les acteurs économiques locaux, et en contribuant au développement de l’offre des projets en soutenant la préparation des projets et en aidant les IFD à coordonner leurs activités, tout en assurant l’intégration des IFD de petite taille; |
| 32. | reconnaît l’importance et le potentiel des banques de développement des États membres au sein de l’architecture financière européenne pour le développement; s’inquiète toutefois du rôle des intermédiaires qui collaborent avec des IFD, notamment en ce qui concerne les cas signalés de violations des droits de l’homme; souligne le rôle important que le développement du secteur privé local en Afrique subsaharienne peut jouer pour donner aux pays partenaires les moyens de s’engager sur la voie du développement durable; |
| 33. | invite la Commission à rendre compte chaque année des initiatives de l’Équipe Europe, sur la base d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs dans le cadre de l’IVCDCI — Europe dans le monde, en évaluant les ressources mobilisées, la planification et l’impact du développement, l’harmonisation et l’application des normes de l’Union, la perspective d’intégration européenne et la participation des États membres; insiste pour que ces rapports soient partagés avec le Parlement et rendus publics; souligne que le Parlement a un rôle essentiel à jouer dans le contrôle des objectifs politiques et des résultats escomptés des initiatives de l’Équipe Europe, à un niveau général et au niveau des projets, en veillant à ce que ces initiatives fonctionnent parallèlement aux mécanismes existants et complètent les programmes indicatifs pluriannuels plutôt que de s’y ajouter; |
| 34. | rappelle que la surveillance et le contrôle institutionnels sur le financement de l’Union favorisent le débat démocratique et contribuent à renforcer la crédibilité et la transparence de l’Union; souligne le rôle important du Parlement et son rôle de contrôle dans le cadre de l’IVCDCI — Europe dans le monde à cet égard; demande que des obligations soient imposées afin de garantir une bonne visibilité de la mise en œuvre de l’EFAD; invite la Commission à prendre des mesures appropriées en temps utile en cas de non-respect de ces obligations; invite la Cour des comptes européenne à établir des rapports réguliers sur la mise en œuvre de l’architecture financière européenne pour le développement, qui seront rendus publics et déboucheront sur des recommandations politiques, y compris sur les mesures à prendre en vue d’améliorations; déplore que le grand public soit mal informé du rôle de l’Union dans l’aide fournie aux communautés locales et encourage une meilleure communication avec le public; |
| 35. | demande à la Commission et aux institutions de l’AFED d’encourager la transparence dans leurs procédures de marchés publics; rappelle que la concurrence entre les entreprises de l’Union et les entreprises établies dans des pays tiers devrait avoir lieu dans des conditions identiques; |
| 36. | souligne qu’il est essentiel d’obtenir des informations pertinentes, systématiques et comparables en temps utile pour pouvoir mesurer les progrès et les résultats réels et pour pouvoir déterminer si le financement du développement par l’Union a été efficace et a complété d’autres financements; déplore l’absence de cadre unifié de compte rendu et de mesure des résultats assorti d’indicateurs comparables pour le FEDD+; encourage la Commission à définir un tel cadre de manière à permettre d’harmoniser la gestion des résultats; invite la Commission à informer régulièrement le Parlement sur le contenu et la mise en œuvre de ce cadre; |
| 37. | attend avec intérêt le rapport spécial de la Cour des comptes européenne sur la programmation de l’aide au développement, lequel évaluera si l’aide au développement fournie par l’Union européenne au cours de la période 2021-2027 a été allouée selon une stratégie bien définie; souligne qu’il importe d’évaluer l’additionnalité du financement mixte pour pouvoir déterminer si ces instruments sont utiles pour atteindre les résultats de développement et les objectifs stratégiques fondés sur les valeurs de l’Union; invite la Cour des comptes européenne à envisager de procéder à une telle évaluation; |
Financement du développement
| 38. | insiste pour que les États membres honorent leur engagement de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut (RNB) à l’APD; s’inquiète du fait qu’en 2020, l’APD des économies avancées ne représentait en moyenne que 0,32 % de leur RNB, soit moins de la moitié de l’engagement de 0,7 %, qui n’a été atteint que par quatre États membres; souligne que l’impact de l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine sur les dépenses publiques dans le monde entier exercera une pression supplémentaire sur les budgets d’aide, qui sont déjà faibles; note que les États membres qui ont adhéré à l’Union après 2002 se sont engagés à faire en sorte de porter à 0,33 % la part de leur RNB consacrée à l’APD; salue les efforts que ces États membres et d’autres ont déployés jusqu’à présent pour augmenter progressivement leurs dépenses en matière d’APD; les encourage à poursuivre sur cette voie; met l’accent sur le rôle important de l’APD en tant que catalyseur du changement et levier pour la mobilisation d’autres ressources; estime que l’Union devrait s’efforcer de maintenir sa position d’acteur mondial de premier plan en ce qui concerne l’APD; rappelle qu’au moins 93 % des dépenses au titre de l’IVCDCI — Europe dans le monde doivent remplir les critères de l’APD; |
| 39. | souligne l’importance de l’engagement de l’Union à mobiliser des ressources pour l’action pour le climat et le rôle de la BEI et des autres membres de l’architecture financière européenne pour le développement pour progresser dans ce domaine; salue l’engagement du Conseil visant à axer l’AFED sur la réalisation du programme de développement durable à l’horizon 2030, des ODD et de l’accord de Paris afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 oC; rappelle l’objectif global de dépenses de 30 % en faveur du climat dans le cadre de l’IVCDCI — Europe dans le monde et l’objectif de dépenses de 7,5 % du PIB en faveur de la biodiversité pour 2024 fixé dans le cadre financier pluriannuel; déplore que, dans sa feuille de route, la Commission ne prévoie pas d’engagements plus spécifiques en faveur des objectifs de la politique climatique et espère qu’il y sera remédié dans un prochain document de programmation; demande l’interdiction de tous les secteurs qui financent des opérations contribuant à la crise climatique, principalement le secteur des combustibles fossiles; reconnaît que l’AFED devrait être ouvert à toutes les régions et tous les pays partenaires, tout en admettant qu’une part considérable des investissements est destinée aux Balkans occidentaux et aux pays du voisinage oriental et méridional; |
| 40. | reconnaît le rôle, à l’échelon local, des microentreprises et des PME, des coopératives, des modèles d’entreprise inclusifs et des instituts de recherche en tant que moteurs de la croissance, de l’emploi et de l’innovation locale, lesquels contribueront à leur tour à la réalisation des ODD; souligne la nécessité de simplifier l’accès au financement, de renforcer l’inclusivité et de soutenir les petits acteurs, notamment en améliorant l’accessibilité aux données pertinentes qui sont à disposition du public; souligne que les PME locales doivent donc avoir facilement accès aux services financiers dans le cadre de l’architecture financière européenne pour le développement; note que les politiques de l’Union doivent encourager les entreprises, en particulier les PME, à coopérer afin de jouer un rôle actif dans les initiatives contribuant au développement durable dans les pays en développement; |
| 41. | invite la Commission à établir un lien entre les activités possibles de réduction des risques et le soutien financier à l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, notamment aux fins de la mise en place d’infrastructures et d’une formation adéquates pour les enseignants, dans le cadre de l’IVCDCI — Europe dans le monde, afin de faciliter la réalisation de l’ODD no 4; |
| 42. | note l’importance particulière des investissements de l’Union dans le domaine de l’agriculture durable, y compris les pratiques agroécologiques, où les investissements privés et publics font défaut; souligne que les agriculteurs locaux, les petits exploitants et les exploitations familiales doivent avoir accès aux services financiers et, en particulier, au microfinancement; |
| 43. | constate que le manque d’accès au marché en raison des problèmes de connectivité est l’un des principaux obstacles à la sécurité alimentaire dans de nombreuses régions d’Afrique; estime que les investissements de l’Union dans ce domaine pourraient avoir des retombées importantes; |
| 44. | prend acte de la solution à deux piliers pour relever les défis fiscaux découlant de la numérisation et de la mondialisation de l’économie, comme convenu par les membres du cadre inclusif de l’OCDE et du G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices; demande à l’Union et à ses États membres de veiller à ce que le taux minimal d’imposition des entreprises multinationales, fixé à 15 % au niveau mondial, soit effectivement appliqué; souligne que, selon les estimations, cet impôt minimum devrait générer chaque année environ 150 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires dans le monde; |
| 45. | invite la Commission à promouvoir la coopération internationale en matière fiscale afin de lutter contre l’évasion fiscale, les flux financiers illicites et la corruption et de favoriser un financement ciblé et durable du développement qui contribue à réduire les inégalités et la pauvreté; |
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| 46. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à l’Organisation de coopération et de développement économiques ainsi qu’aux Nations unies. |
(1) JO C 25 du 30.1.2008, p. 1.
(2) JO C 210 du 30.6.2017, p. 1.
(3) JO C 494 du 8.12.2021, p. 80.
(4) JO C 132 du 24.3.2022, p. 88.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022