| CELEX | 52022IP0445 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 15 décembre 2022 |
| 17.5.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 177/95 |
P9_TA(2022)0445
Répressions exercées par le gouvernement chinois sur les protestations pacifiques en République populaire de Chine
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2022 sur la répression des protestations pacifiques en République populaire de Chine par le gouvernement chinois (2022/2992(RSP))
(2023/C 177/10)
Le Parlement européen,
| — | vu ses résolutions antérieures sur la Chine, en particulier celle du 9 juin 2022 sur la situation des droits de l’homme au Xinjiang, y compris les fichiers de la police du Xinjiang (1), du 20 janvier 2022 sur les violations des libertés fondamentales à Hong Kong (2), du 16 septembre 2021 sur une nouvelle stratégie UE-Chine (3), du 20 mai 2021 sur les contre-sanctions chinoises à l’encontre d’entités de l’UE, de députés au Parlement européen et de députés nationaux (4), du 21 janvier 2021 sur la répression de l’opposition démocratique à Hong Kong (5), du 12 septembre 2018 sur l’état des relations entre l’Union européenne et la Chine (6) et du 16 décembre 2015 sur les relations UE-Chine (7), |
| — | vu le sommet UE-Chine du 1er avril 2022, |
| — | vu les observations finales du Comité des droits de l'homme des Nations unies sur la région administrative chinoise spéciale de Hong Kong et la région administrative chinoise spéciale de Macao concernant la mise en œuvre du pacte international relatif aux droits civils et politiques, adoptées le 27 juillet 2022, |
| — | vu la déclaration commune sino-britannique de 1984 et la déclaration commune sino-portugaise de 1987, |
| — | vu la communication conjointe de la Commission et de la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 12 mars 2019 sur les relations UE-Chine — Une vision stratégique (JOIN(2019)0005), |
| — | vu le prix Sakharov 2019 décerné à Ilham Tohti, économiste ouïgour qui se bat pacifiquement pour les droits de la minorité ouïgoure de Chine, |
| — | vu la décision du Conseil de l’Union européenne du 5 décembre 2022 de proroger les mesures prises en vertu du règlement (UE) 2020/1998 du Conseil du 7 décembre 2020 concernant des mesures restrictives en réaction aux graves violations des droits de l’homme et aux graves atteintes à ces droits (8), |
| — | vu les observations du président du Conseil Charles Michel à l’issue de la rencontre avec le président chinois Xi Jinping du 1er décembre 2022, |
| — | vu le communiqué de presse du Service européen pour l’action extérieure du 2 décembre 2022 intitulé «Union européenne — États-Unis: Consultations entre le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Wendy Sherman, et le secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, Stefano Sannino», |
| — | vu le 11e dialogue stratégique UE-Chine du 28 septembre 2021 entre le vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) Josep Borrell et le conseiller d’État/ministre des affaires étrangères de la Chine Wang Yi, |
| — | vu l’article 35 de la Constitution de la République populaire de Chine, qui dispose que les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté d'expression, de la presse, de réunion, d'association, de défiler et de manifestation, |
| — | vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, que la Chine a signé en 1998 sans jamais le ratifier, |
| — | vu le plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024 et les orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme, |
| — | vu le rapport sur le Xinjiang du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 31 août 2022, |
| — | vu la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, |
| — | vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, de son règlement intérieur, |
| A. | considérant que la défense et le respect des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit devraient être au cœur des relations de l’Union européenne avec la Chine, conformément à l’engagement pris par l’Union de respecter ces valeurs dans son action extérieure et à l’engagement pris par la Chine d’y adhérer dans le cadre de sa coopération au développement et de sa coopération internationale; |
| B. | considérant que, depuis 2020, la Chine mène une politique «zéro COVID» très stricte, prévoyant des dépistages de masse et des confinements ponctuels et de longue durée qui restreignent gravement la liberté et les droits des personnes; |
| C. | considérant que ces restrictions sévères ont entraîné des confinements fréquents et prolongés, des obligations de dépistages massifs et systématiques et de mises en quarantaine ainsi que des restrictions disproportionnées et graves de la liberté de circulation à l’intérieur de la Chine; que ces restrictions ont également mené à des pénuries de biens essentiels, y compris de denrées alimentaires, ont restreint l’accès aux soins de santé et ont entraîné une augmentation du chômage des jeunes en République populaire de Chine; |
| D. | considérant que pendant les jours et les semaines qui ont précédé l’éclatement des protestations de grande ampleur, il y avait eu de fortes tensions dans certaines usines, comme dans celle de Foxconn, où de nombreux de travailleurs ont fui pour échapper au confinement total et radical de l’usine à la suite de l’apparition de foyers de COVID-19 sur les sites de production et pour protester contre le non-paiement récurrent de primes pendant les confinements; que les protestations dans l’usine ont été violentes et que des vidéos sur les médias sociaux ont montré des travailleurs battus par la police; |
| E. | considérant qu’en raison de l’application stricte des confinements, des bâtiments entiers, y compris les issues de secours, ont parfois été condamnés; que, le 24 novembre 2022, un incendie a éclaté dans un bâtiment résidentiel de Ürümqi (Xinjiang), une ville où un confinement était en place sans interruption depuis plus de 100 jours, dans lequel au moins dix personnes ont perdu la vie; que des sources locales et de nombreux posts sur les médias sociaux ont fait état d’un nombre de décès bien plus élevé (9), pouvant aller jusqu’à 40; que les habitants de ce bâtiment auraient été bloqués dans leurs appartements et les pompiers retardés, probablement en raison des restrictions imposées par la politique «zéro COVID»; |
| F. | considérant que le 26 novembre 2022, pour la première fois depuis les manifestations de la place Tiananmen, en 1989, des personnes sont descendues dans les rues de Pékin, de Shanghai et dans d’autres grandes villes et municipalités chinoises et, selon des informations, dans plus de 100 universités pour protester contre la politique «zéro COVID» de la Chine et dénoncer le régime autoritaire du parti communiste chinois; que les manifestants ont rapidement adopté une feuille de papier blanc comme symbole pour exprimer leur colère face à la répression de la liberté d’expression; |
| G. | considérant que les forces de police, après avoir fait preuve de retenue dans un premier temps, ont rapidement commencé à briser les foules et à procéder à de nombreuses arrestations dans plusieurs villes; qu’à Shanghai, par exemple, la police a utilisé du gaz poivré pour disperser environ 300 manifestants qui s’étaient rassemblés; que des posts relatifs aux manifestations sur les plateformes chinoises de médias sociaux ont été immédiatement supprimés dans le but de faire taire les critiques; que, jusqu’à présent, les médias publics chinois ont simplement évité de couvrir les manifestations; |
| H. | considérant que certains manifestants demandent la démission du président Xi Jinping, ce qui constitue un défi sans précédent pour les dirigeants actuels du pays; |
| I. | considérant que les femmes ont été à l’avant-garde de ces manifestations; que les droits des femmes en Chine se sont détériorés ces dernières années; que des études ont montré que les confinements augmentent le risque de violence domestique sexiste; |
| J. | considérant que des informations font état d’une forte présence policière et d’interventions qui ont conduit à de nombreuses arrestations de manifestants pacifiques; que, selon diverses organisations de défense des droits de l’homme, les autorités ont également porté atteinte au droit des manifestants à une représentation légale, certains avocats ayant été avertis par les autorités locales de ne pas traiter les affaires; |
| K. | considérant que l’article 35 de la Constitution de la République populaire de Chine proclame que «les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté d'expression, de la presse, de réunion, d'association, de défiler et de manifestation»; que les libertés consacrées par cet article sont constamment violées; |
| L. | considérant que depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en mars 2013, la situation des droits de l’homme en Chine s’est considérablement détériorée; que le gouvernement chinois a accru son hostilité à l’égard des droits de l’homme et de l’état de droit; que la surveillance de masse illégale pratiquée par la Chine et le contrôle de ses citoyens se sont étendus; |
| M. | considérant qu’au cours des dernières années, les autorités chinoises ont durci la censure en ligne, en particulier depuis la pandémie de COVID-19; que les autorités et la police chinoises ont mis en place l’un des systèmes de surveillance les plus sophistiqués au monde en obtenant un accès à de puissants logiciels et technologies de reconnaissance faciale pour restreindre fortement les libertés fondamentales de manière généralisée, voire violer massivement les droits de l’homme; qu’il existe des inquiétudes quant au fait qu’en raison de ces technologies de surveillance de masse et de reconnaissance faciale, l’appareil de sécurité poursuivra ultérieurement les manifestants; |
| N. | considérant que, selon de récentes informations, les autorités chinoises ont mis en œuvre le niveau de censure le plus élevé dans les médias, correspondant à la «réaction d’urgence», dans le contexte de la récente flambée de manifestations; que les plateformes de médias sociaux ont joué un rôle actif et déterminant dans la diffusion du contenu dans tout le pays; que les forces de sécurité ont également arrêté les citoyens dans la rue, ont inspecté leurs appareils électroniques et les ont contraints à supprimer certaines applications, contenus et photos liés aux manifestations; qu’à la suite de la flambée de manifestations, les autorités chinoises ont immédiatement commencé à surveiller, de façon massive, les applications de messagerie, les médias sociaux et les données des téléphones portables considérés comme suspects ainsi que l’utilisation de réseaux privés virtuels pour identifier, intimider et harceler les personnes accusées d’organiser les manifestations et d’y participer; |
| O. | considérant que, ces dernières années, les autorités chinoises ont démantelé des groupes de la société civile et emprisonné de nombreux militants indépendants, ce qui a rendu extrêmement difficile la tenue de manifestations à grande échelle; qu’au cours des derniers mois, des manifestations sporadiques ont eu lieu en réaction à la politique menée en matière de COVID-19, aux difficultés économiques, à la censure et aux pouvoirs élargis du président Xi et qu'elles se sont déroulées à l’intérieur de la Chine ou ont été menées par des ressortissants chinois en dehors du pays; |
| P. | considérant que la Chine se livre à une répression et à une surveillance transfrontières au moyen de diverses activités allant de l’espionnage, des cyberattaques, des attaques physiques, de la publication de notices rouges par l’intermédiaire d’Interpol aux «postes de police à l’étranger» sur le territoire de l’Union; |
| Q. | considérant que, d’une manière coordonnée au niveau national, les universités ont renvoyé les étudiants un mois plus tôt dans leurs foyers afin de les empêcher de continuer à participer à des manifestations organisées; |
| R. | considérant que certains diplomates chinois se sont livrés à des violences et à des menaces à l’encontre d’étudiants et d’opposants chinois à l’étranger, en exigeant qu’ils «s’abstiennent de déformer et de discréditer les politiques chinoises de prévention et de contrôle de l’épidémie»; |
| S. | considérant que la Chine persévère dans la persécution systématique du peuple ouïgour et d’autres minorités ethniques, des défenseurs des droits de l’homme, des militants sociaux, des groupes religieux, des journalistes et des personnes qui manifestent contre les injustices, ainsi que dans la répression de plus en plus forte de toutes les voix dissidentes et de l’opposition; que la perte de vies humaines dans l’incendie d’Ürümqi ajoute une nouvelle tragédie aux atrocités en matière de droits de l’homme qui ont lieu dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang; |
| 1. | condamne fermement la réaction du gouvernement chinois aux manifestations pacifiques et à la persécution des manifestants pacifiques dans toute la République populaire de Chine; présente ses condoléances et fait part de sa solidarité aux victimes de l’incendie d’Ürümqi et aux membres de leurs familles; invite le gouvernement chinois à faire preuve de transparence quant au nombre de victimes et aux circonstances dans lesquelles elles sont décédées; demande une enquête rapide, efficace et approfondie sur l’incendie d’Ürümqi; |
| 2. | exprime sa solidarité avec le peuple chinois dans sa lutte pour les libertés fondamentales; condamne la persécution des manifestants pacifiques; prie instamment toutes les forces de police de se conformer aux normes internationales, y compris aux principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois; |
| 3. | se déclare vivement préoccupé par les violations des droits de l’homme en Chine, y compris dans le cadre de sa politique «zéro COVID»; |
| 4. | observe que toutes les victimes de l’incendie d’Ürümqi sont de l’ethnie ouïgoure (10), ce qui aggrave les souffrances de ce groupe ethnique victime des atrocités systématiques en matière de droits de l’homme qui ont lieu dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang et dont le Parlement européen a reconnu qu’elles constituaient des crimes contre l’humanité et représentaient un risque grave de génocide (11); |
| 5. | condamne avec la plus grande fermeté la restriction sévère de la liberté d’expression, de la liberté de réunion et de la liberté de la presse et des médias sociaux en Chine; invite le gouvernement chinois à garantir la liberté d’expression, d’association, de réunion, de la presse et des médias, telle qu’elle est consacrée par la Constitution chinoise et le droit international relatif aux droits de l’homme; |
| 6. | condamne fermement l’agression violente et la détention d’un journaliste étranger qui couvrait ces manifestations; rappelle que la liberté de la presse est un principe fondamental et un pilier essentiel de toute démocratie; prie la Chine de veiller à ce que tous les journalistes puissent exercer leur métier librement, sans entraves ni crainte de représailles, comme le prévoit la loi chinoise; souligne que la liberté de la presse et des médias doit être garantie; prie instamment les autorités chinoises de cesser de contrecarrer, de harceler et d’intimider les avocats et les professionnels du droit, les défenseurs des droits de l’homme et d’autres personnes qui expriment ouvertement leurs préoccupations à l’égard des manifestants ou qui défendent le droit de manifester pacifiquement; |
| 7. | prie instamment la Chine de mettre immédiatement un terme à la répression et à l’intimidation des manifestants pacifiques et de garantir les droits fondamentaux de tous; invite les autorités chinoises à libérer immédiatement tous les manifestants détenus à tort; demande que toutes les données recueillies récemment sur les manifestants pacifiques soient effacées et ne soient pas utilisées à l’avenir; demande que les membres de la famille de toutes les personnes privées de liberté soient informés du lieu où elles se trouvent et des accusations portées contre elles; |
| 8. | reconnaît le défi que représente l’élaboration d’une politique en matière de COVID-19 qui respecte le juste équilibre entre la protection de la santé publique et la protection des droits et des libertés; rappelle l’importance de la proportionnalité; prend acte de la récente levée de certaines des restrictions les plus lourdes liées à la COVID-19 en Chine; |
| 9. | prend acte du fait que le mouvement de protestation a uni des personnes d’horizons très différents et s’est déroulé à l’échelle nationale; souligne le fait remarquable de l’expression d’une solidarité interethnique avec les victimes de l’incendie au Xinjiang, étant donné que, par le passé, la population han de Chine n’avait pas réagi de manière significative au sort terrible des Ouïgours au cours des six dernières années; |
| 10. | invite les autorités chinoises et locales à mettre un terme à la répression des Ouïgours et rappelle que les Ouïgours de la région ont été soumis à une surveillance intense, au travail forcé, à des stérilisations non voulues et à des mesures de prévention des naissances, entre autres violations des droits, qui constituent des crimes contre l’humanité et représentent un risque grave de génocide; se félicite, à cet égard, de la proposition de la Commission visant à interdire l’entrée sur le marché de l’Union de produits issus du travail forcé; |
| 11. | condamne fermement le recours généralisé à la surveillance de masse et la censure actuelle des réseaux sociaux; prie instamment les autorités chinoises de mettre un terme à ces violations des droits fondamentaux à la vie privée et à la liberté d’expression ainsi qu’à la manipulation de l’information sur les réseaux sociaux; |
| 12. | condamne le fait que les entreprises technologiques chinoises TikTok et Tencent collaborent avec le gouvernement chinois pour recueillir des preuves sur l’identité des manifestants afin de permettre leur arrestation et de censurer l’internet; invite les fonds de pension européens à se séparer des entreprises chinoises qui portent atteinte aux droits de l’homme; |
| 13. | se déclare profondément préoccupé par le comportement d’Apple Inc. en Chine pendant les manifestations, étant donné qu’Apple Inc. a effectivement travaillé main dans la main avec le parti communiste chinois pour supprimer la diffusion d’images des manifestations pacifiques contre le confinement en désactivant la fonction AirDrop sur ses appareils en Chine; relève que cette fonction a permis aux manifestants de partager des images et d’organiser les manifestations sans utiliser le Wi-Fi, qui est constamment surveillé et contrôlé par le parti communiste chinois; souligne que le fait que les entreprises puissent être prises en otage par le parti communiste chinois et permettre des violations impitoyables des droits de l’homme devrait être un signal d’alarme pour les gouvernements occidentaux et les amener à proposer une législation qui encouragerait les entreprises occidentales à redoubler d’efforts pour relocaliser la production de Chine; |
| 14. | se dit une nouvelle fois préoccupé par le fait que les autorités chinoises n’ont pas permis à la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de sa visite en Chine, d’avoir pleinement accès aux organisations indépendantes de la société civile et aux défenseurs des droits de l’homme; demande une nouvelle fois aux autorités chinoises d’accorder le même accès libre, significatif et sans entrave aux journalistes indépendants, aux observateurs internationaux et aux organes d’enquête, y compris, en particulier, aux titulaires de mandat au titre des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et au représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme; soutient l’appel lancé par 50 experts des droits de l’homme des Nations unies en vue d’établir un mandat spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour surveiller et rendre compte de la situation des droits de l’homme en Chine; demande à l’Union et à ses États membres de continuer à collaborer avec des partenaires partageant les mêmes valeurs en vue de la mise en place d’un mécanisme d’enquête au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies afin de surveiller, d’évaluer et de rendre compte publiquement des violations graves des droits de l’homme en Chine; |
| 15. | prie instamment l’Union et les États membres d’apporter protection et soutien aux militants des droits de l’homme et de la démocratie en Chine, notamment en s’adressant aux autorités locales et nationales et en appliquant pleinement les orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme et les autres politiques pertinentes de l’Union, y compris le nouveau plan d’action de l’Union en faveur des droits de l’homme et de la démocratie; se félicite de la poursuite du dialogue bilatéral entre l’Union européenne et les États-Unis sur la Chine, en particulier de la déclaration selon laquelle «les États-Unis et l’Union européenne n’ont jamais été plus alignés sur leurs perspectives stratégiques»; |
| 16. | invite l’Union et les autres organisations internationales à surveiller et à évaluer la manière dont la Chine, dans sa réaction à ces manifestations, respecte les normes internationales en matière de droits de l’homme et les obligations qui lui incombent en vertu du droit international en matière de droits de l’homme; souligne qu’il importe que la délégation de l’Union européenne à Pékin continue de surveiller la détention de manifestants pacifiques et tout procès des personnes poursuivies pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion pacifique et d’expression, en appliquant pleinement les orientations de l’Union concernant les défenseurs des droits de l’homme et d’autres politiques pertinentes de l’Union; |
| 17. | invite le VP/HR Josep Borrell à donner suite, par des mesures concrètes, aux récentes discussions du Conseil européen en intensifiant les discussions au niveau des ministres des affaires étrangères des États membres; invite le SEAE et la Commission à engager une discussion permanente sur la Chine dans le cadre du groupe de travail Asie-Océanie; se félicite de la décision de prolonger les sanctions en réponse aux violations des droits de l’homme au Xinjiang jusqu’au 8 décembre 2023; répète son appel en faveur de sanctions supplémentaires de l’Union à l’encontre des fonctionnaires et entités chinois responsables de crimes contre l’humanité; encourage les autorités des États membres de l’Union à envisager de poursuivre les fonctionnaires chinois jugés responsables de crimes contre l’humanité, sur la base du principe de compétence universelle; |
| 18. | exprime sa profonde inquiétude face aux récentes révélations concernant la présence de postes de police chinois à l’étranger dans de nombreux États membres de l’Union et dans le monde; invite la Commission, le Conseil et les services répressifs nationaux à assurer d’urgence une bonne coordination afin de mettre en lumière ces pratiques, de prendre les mesures appropriées et de fermer tous les postes de police chinois à l’étranger; invite l’Union et ses États membres, en coordination avec les partenaires partageant les mêmes valeurs, à identifier et à fermer toute voie facilitant les campagnes de répression transnationale de la Chine, en particulier contre les membres de sa diaspora; |
| 19. | prie instamment les États membres de mettre fin à tous leurs accords d’extradition avec la Chine et Hong Kong; prie en outre instamment les États membres de faire preuve de prudence lorsqu’ils coopèrent dans des enceintes internationales telles qu’INTERPOL et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime; invite en outre les États membres à garantir comme il se doit la sécurité des réfugiés chinois qui relèvent de leur juridiction afin d’éviter qu’ils ne soient capturés ou «persuadés de rentrer» ou attirés dans un pays non membre de l’UE à partir duquel ils pourraient facilement être rapatriés vers la Chine; |
| 20. | invite tous les membres de la communauté internationale et toutes les parties prenantes à aborder la question de la liberté d’expression lorsqu’ils dialoguent avec la République populaire de Chine; se félicite que le président du Conseil européen, Charles Michel, ait soulevé la question des manifestations avec Xi Jinping; appelle de ses vœux une volonté inconditionnelle de reprendre le dialogue UE-Chine sur les droits de l’homme, qui n’a pas eu lieu depuis plus de trois ans; note également que tous les dirigeants européens devraient faire savoir clairement aux autorités chinoises que l’Union est déterminée à réagir à une escalade de la répression à l’encontre des manifestants en soulevant la question au sein d’organisations internationales et à éventuellement imposer des sanctions supplémentaires, si nécessaire; |
| 21. | charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission / haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au secrétaire général des Nations unies, à la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, au gouvernement et au Parlement de la République populaire de Chine, ainsi qu’à tous les ambassadeurs de la République populaire de Chine dans les États membres de l’UE. |
(1) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0237.
(2) JO C 336 du 2.9.2022, p. 2.
(3) JO C 117 du 11.3.2022, p. 40.
(4) JO C 15 du 12.1.2022, p. 170.
(5) JO C 456 du 10.11.2021, p. 242.
(6) JO C 433 du 23.12.2019, p. 103.
(7) JO C 399 du 24.11.2017, p. 92.
(8) JO L 410 I du 7.12.2020, p. 1.
(9) https://edition.cnn.com/2022/12/01/china/china-protests-urumqi-fire-deaths-covid-dst-intl-hnk/index.html.
(10) https://www.rfa.org/english/news/uyghur/urumqi-fire-12022022172846.html.
(11) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2022)0237.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022