| CELEX | 52022IR0136 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 1 décembre 2022 |
| 2.3.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 79/44 |
Avis du Comité européen des régions — Les petites zones urbaines: des acteurs clés pour gérer une transition juste
(2023/C 79/08)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | affirme que, pour parvenir à une croissance intelligente, durable et inclusive dans toute l’Europe, il est nécessaire d’agir à tous les niveaux dans les zones rurales, périurbaines et urbaines. La population de l’Union européenne vit à raison de 43 % dans des petites zones urbaines, et environ 66 % des habitants des villes européennes résident dans des zones de moins de 500 000 habitants. L’Union compte environ 14 000 petites zones urbaines dont la population est comprise entre 5 000 et 50 000 habitants; |
| 2. | fait observer que les petites zones urbaines d’Europe sont, à la base, hétérogènes, leurs caractéristiques et les défis auxquelles elles sont confrontées variant fortement selon leur emplacement géographique, leur contexte territorial ou encore la structure de leur économie et de leur marché du travail (1). On constate néanmoins qu’en raison d’une densité de population plus faible, les communes de moindre taille rencontrent souvent des problèmes qui affectent également les zones rurales; |
| 3. | relève que la double transition écologique et numérique, la reprise engagée après la pandémie et l’intégration des migrants, en particulier à la suite de la guerre en Ukraine, entraînent des difficultés supplémentaires pour les petites zones urbaines, s’ajoutant aux défis globaux que rencontrent les villes de toutes tailles lors de leur développement, notamment la mise à disposition de logements abordables, la mobilité durable, la fourniture de services, l’évolution démographique, la fuite des cerveaux, la santé urbaine, la ségrégation sociale, l’empreinte environnementale, l’action pour le climat, etc.; |
| 4. | fait valoir que la véritable solution pour une croissance intelligente, durable et inclusive dans toute l’Europe réside dans la promotion de l’emploi privé dans les zones rurales, que ce soit dans le secteur agricole ou dans d’autres secteurs; insiste sur le fait que l’absence de services publics dans les zones rurales, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la connectivité ou de la mobilité, entraîne un exode rural; souligne, par conséquent, que de tels services constituent un besoin fondamental auquel il convient de répondre dans les zones rurales, sachant que sans eux, toutes les autres politiques sectorielles se révéleront inefficaces; |
| 5. | rappelle que la nouvelle charte de Leipzig dispose que les municipalités urbaines doivent être en mesure de remplir leurs missions de promotion du bien commun et que la marge de manœuvre financière, les profils de tâches multifonctionnels, la légitimité politique, le bien-être public local et la viabilité territoriale sont essentiels pour qu’elles puissent remplir leurs fonctions de service public. L’un des principaux objectifs de cette charte est la réduction globale des émissions de gaz à effet de serre, et les villes doivent, par les moyens les plus appropriés, apporter leur contribution aux objectifs nationaux et européens en la matière; |
| 6. | prend acte de la définition proposée de la «petite zone urbaine» (2), qui est fondée sur des méthodes et des indicateurs harmonisés permettant de délimiter ces zones et vise à donner la possibilité d’effectuer des comparaisons au niveau international, conformément aux demandes déjà formulées précédemment par plusieurs programmes européens et mondiaux, tels que le Nouveau Programme pour les villes d’ONU-HABITAT, les objectifs de développement durable à l’horizon 2030, la charte de Leipzig, l’Agenda territorial 2030, etc. Si cette définition est utilisée pour répartir les financements, le risque existe que les petites communes de moins de 5 000 habitants en subissent des effets dommageables; |
Défis liés au déclin
| 7. | souligne que, selon les estimations, on peut prévoir qu’en 2040, 51 % de la population de l’Union vivra dans des régions en déclin, contre 34 % en 2020, et que des réductions rapides de la population sont plus probables dans les zones rurales que dans les régions urbaines (11 % contre 1 %); |
| 8. | fait observer que de nombreuses petites zones urbaines sont exposées à un risque de déclin démographique et pourraient devenir des sites souffrant de déclassement, ne profitant pas des avantages qu’offriront les transitions écologique et numérique de l’Europe; |
| 9. | déplore de constater que lorsqu’elle a formulé une définition des «zones urbaines» dans le cadre du règlement dit «Tercet», la Commission n’a pas jugé indispensable de la soumettre à une analyse d’impact, alors même que des effets considérables en résultent pour ce qui est de la répartition des fonds; |
| 10. | rappelle que le huitième rapport sur la cohésion montre que le déclin démographique a une incidence directe sur la fourniture de services publics; les villes et municipalités de petite et de moyenne taille des zones rurales ainsi que les entreprises qui y sont implantées rencontrent de sérieuses difficultés; |
| 11. | demande en conséquence qu’avant d’instaurer des définitions supplémentaires, la Commission réalise une analyse d’impact, notamment à l’égard des objectifs de l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ainsi que du point de vue de la répartition des fonds; |
| 12. | souligne que l’allocation des Fonds structurels et d’investissement européens devrait dépendre de critères allant au-delà des chiffres de population ou du PIB, et que les problèmes à régler sur le terrain devraient également être pris en compte; il faut éviter toute catégorisation statistique rigide entre zones urbaines et rurales lors de l’octroi de ces Fonds; |
| 13. | fait valoir que le déclin de certaines zones, telles que les petites zones urbaines, est exacerbé par une multitude de facteurs, y compris, sans que cette liste soit limitative, le vieillissement de la population, les déficiences de la gouvernance locale et du renforcement des capacités, la stagnation en matière d’autosuffisance, la baisse des indicateurs relatifs au bien-être individuel et à la qualité de vie, les migrations au sein des régions, des pays et de l’Union ou dans le monde, la décroissance intelligente («smart shrinkage») et le manque d’investissements dans les écosystèmes numériques, la fuite des cerveaux, l’abandon des terres, l’aggravation des inégalités sociales, la baisse de la qualité de vie, les transitions industrielles et la fragilité de la croissance économique, ou encore l’urbanisation en expansion dans les grands centres régionaux; |
| 14. | observe que les habitants des zones rurales sont souvent contraints de faire des trajets plus longs que les habitants des villes pour accéder à de nombreux services publics et privés, et qu’ils sont tributaires de la voiture ou du bus pour ces services. Les centres régionaux offrent davantage de services aux personnes vivant dans leur voisinage. La politique de mobilité doit s’étendre à un niveau territorial plus large, et des réflexions communes doivent être menées par delà les limites des zones urbaines, rurales et périurbaines. Plus un noyau d’habitat est réduit, plus grande est l’incidence de l’absence ou de la présence d’un centre régional; |
| 15. | note que les villes et villages sont au cœur de l’économie locale, dans la mesure où ils assurent d’importantes fonctions administratives, sociales, récréatives ou civiques. Ils soutiennent des grappes de services locaux et offrent une part importante des logements et des emplois tout en jouant le rôle de pôles de transport (3); |
| 16. | réaffirme que de nombreuses régions périphériques, y compris les petites zones urbaines, sont actuellement désavantagées du point de vue de la concurrence en raison de l’absence de connexions numériques, qui a pour effet de rendre plus difficile l’exploitation du potentiel de développement, la préservation ou la création d’emplois, ou encore la réduction des migrations; |
| 17. | est d’avis que, dans le contexte de la configuration du marché, il convient d’accorder une attention particulière aux moyens par lesquels les organismes du secteur public pourraient veiller à soutenir ou à subventionner des services qui, à défaut, ne seraient pas commercialement viables alors même qu’ils sont essentiels pour les petites zones urbaines (4); |
| 18. | estime que, souvent, les petites zones urbaines ne disposent pas de capacités ou de connaissances suffisantes pour relever les défis qui se présentent à elles. Leurs ressources financières et administratives sont souvent restreintes, elles font fréquemment face à des problèmes de collaboration ou se heurtent à des limites en ce qui concerne leur pouvoir décisionnel et leurs capacités de gestion, d’adaptation et de résilience. Tous ces aspects peuvent représenter des défis majeurs et, à cet égard, la réflexion stratégique prospective et les solutions innovantes sont essentielles; |
| 19. | se déclare préoccupé par la carte du mécontentement politique: la fracture entre zones urbaines et rurales et la mauvaise articulation de l’action en faveur des villes et des campagnes peuvent alimenter la polarisation en la matière; |
Établir une transition juste
Renforcer les capacités vertes
| 20. | fait observer que les petites zones urbaines sont des moteurs de la transition écologique, numérique et juste dont l’Europe a besoin pour réussir sa relance. L’impulsion en faveur de zones fonctionnelles respectueuses du climat est largement liée à la capacité des collectivités urbaines à s’adapter aux conditions économiques en constante évolution et à rétablir la confiance; |
| 21. | considère, en conséquence, qu’il est nécessaire d’adopter une approche ciblée, qui offre aux populations locales une perspective positive pour l’avenir. La vision à long terme de la Commission pour les zones rurales à l’horizon 2040 pourrait s’avérer utile à cet égard, et il conviendrait aussi que le pacte rural tienne pleinement compte des petites villes en milieu rural; |
| 22. | constate qu’un manque de sensibilisation et de soutien social fort pour contrebalancer les conséquences de la transition écologique peut nuire aux changements en cours. Bien que la transition écologique s’accompagne d’une transition juste, ces deux dimensions doivent opérer de manière équilibrée et coordonnée; |
| 23. | reconnaît que les zones urbaines, y compris de petite taille, contribueront de manière substantielle à l’atténuation du changement climatique en investissant des ressources pour les actions de transition écologique, la rénovation urbaine, la vague de rénovations, les initiatives d’économie circulaire, la mobilité, les bâtiments économes en énergie, l’amélioration de la gestion des déchets, la mobilisation des citoyens et la sensibilisation aux actions respectueuses de l’environnement; |
| 24. | fait toutefois valoir que le succès de la transition écologique dans les petites zones urbaines nécessitera un effort de perfectionnement et de reconversion en matière professionnelle et une expertise technique, de même qu’une connaissance des approches d’adaptation au changement climatique. Les collectivités locales des petites zones urbaines doivent disposer d’un personnel doté d’un niveau de qualification supérieur à celui des administrations locales ordinaires. Des échanges de bonnes pratiques entre les petites zones urbaines pourraient être utiles au processus de transition; |
| 25. | estime que les programmes nationaux et européens soutiennent le développement des compétences dans les petites zones urbaines, lesquelles doivent également pouvoir s’appuyer sur des personnels, en nombre suffisant, disposant de la formation et des qualifications requises pour appréhender les nouveaux processus de transition. Elles pourraient bénéficier du partage des connaissances tirées des programmes de financement de l’Union tels que les actions innovatrices urbaines, les partenariats du programme urbain de l’Union, Interreg, Urbact et TAIEX, car nous savons qu’ils ne sont pas répartis de manière égale entre les petites villes d’Europe; |
| 26. | préconise que les États membres encouragent une modification substantielle des infrastructures d’approvisionnement énergétique et des normes de construction pour permettre la production d’énergie renouvelable dans les villes de petite et de moyenne taille, étant donné qu’elles contribueront de manière substantielle à l’atténuation du changement climatique; |
| 27. | est d’avis qu’il est essentiel de donner aux régions et aux villes les moyens de renforcer leur capacité à construire des communautés résilientes pour limiter la dépendance de l’Union à l’égard des combustibles fossiles. L’adoption de plans de production décentralisée d’énergie, d’efficacité énergétique et d’économies d’énergie au niveau local et régional garantira la concrétisation du plan REPowerEU; |
| 28. | rappelle que lorsqu’ils déploient des stations publiques de recharge destinées aux véhicules utilitaires légers et qu’ils en font la promotion, les États membres doivent également tenir compte des objectifs de l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et garantir que ces infrastructures soient disponibles dans les zones moins densément peuplées; |
Mettre en place des mécanismes de transition juste
| 29. | réclame que dans sa mise en œuvre, le Fonds pour une transition juste (FTJ) soit tenu de cibler ses aides sur les petites zones urbaines au sein des régions déjà prédéfinies, afin de soutenir les communes les plus touchées par la transition vers la neutralité climatique; |
| 30. | demande que le Fonds pour une transition juste apporte un appui aux petites et moyennes entreprises afin qu’elles puissent développer leurs activités et contribuer ainsi à bâtir des lieux attrayants et vivants; |
| 31. | appelle à dispenser également un soutien aux projets d’inclusion sociale et aux actions en faveur des catégories vulnérables ou des populations en difficulté, sachant que dans les petites zones urbaines, elles peuvent avoir des besoins plus importants et être moins connectées; |
Mener à bien la transition numérique
| 32. | réitère que les politiques conçues pour les villes, telles que la charte de Leipzig, devraient inclure des aspects liés à la transition numérique, étant donné que la numérisation constitue un élément majeur et transsectoriel qui influe sur le développement durable des villes en ce qui concerne la mobilité urbaine, l’efficacité énergétique, le télétravail et le logement durable, ainsi que le commerce de détail ou les services publics; |
| 33. | rappelle qu’il existe dans tous les États membres de l’Union une fracture numérique non négligeable entre les zones urbaines et rurales, dont les raisons doivent être rapportées en grande partie aux rentrées plus modestes que les fournisseurs de services haut débit prévoient en rapport avec le déploiement des infrastructures numériques dans les zones moins bâties. Toutefois, la vague récente du télétravail et du travail mobile fondée sur les technologies de l’information et de la communication pourrait constituer l’une des clés du développement futur des zones rurales. Le Comité souligne à cet égard que la mise à disposition d’une connectivité à haut débit dans toute l’Union, y compris dans les zones rurales et reculées, est indispensable pour que les citoyens soient à même d’utiliser les services numériques; |
| 34. | recommande aux États membres d’investir dans des projets de villages intelligents, en mettant en œuvre, dans le cadre des plans nationaux pour la reprise et la résilience ainsi que des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI), des démarches numériques qui optimisent la connectivité, la vie quotidienne et les services dans les petites zones urbaines; |
| 35. | fait valoir que le renforcement des liens entre les zones urbaines et rurales est nécessaire pour un développement harmonieux de tous les types d’aires urbaines et peut servir de catalyseur pour un développement territorial plus cohérent; |
| 36. | préconise d’étudier les possibilités de synchroniser les services publics au niveau municipal, de soutenir la gouvernance en ligne pour réduire les démarches liées à l’administration publique et de numériser les services afin de les rendre plus conviviaux pour les citoyens; |
Renforcer les capacités de logement
| 37. | rappelle qu’il existe actuellement d’importantes inégalités en matière de logements adéquats dans les villes et les petites zones urbaines, du point de vue de leur disponibilité et de leur accessibilité, en particulier pour les jeunes, les familles avec enfants, y compris monoparentales, les migrants et les personnes handicapées; |
| 38. | demande aux États membres de promouvoir des mesures incitatives d’ordre fiscal concernant les habitations inoccupées, afin de favoriser l’accès à un logement abordable et d’encourager des citoyens à s’installer et dans des localités de petite taille qui sont en déclin et à y mener leur existence; |
Nouveau Bauhaus européen (NEB)
| 39. | reconnaît les efforts déployés par la Commission pour mettre particulièrement l’accent sur les petites zones urbaines et les villes de taille moyenne dans le cadre de l’appel à propositions pour les initiatives locales relevant du nouveau Bauhaus européen, et souhaite par ailleurs réitérer sa proposition d’instaurer un système de «coupons NEB Lab» dans le futur appel à propositions concernant l’initiative urbaine européenne; |
Une vision à long terme pour les zones rurales
| 40. | rappelle que l’Union peut parvenir à un développement territorial plus équilibré en soutenant et en favorisant une collaboration accrue entre les zones urbaines et rurales, transcendant les différences qui les divisaient autrefois au lieu de les relier; |
| 41. | souligne qu’il est nécessaire de fonder le programme rural sur le modèle du programme urbain pour l’Union, qui a pour principes fondateurs «un meilleur financement, une meilleure réglementation et de meilleures connaissances», ainsi que de le mettre en œuvre au moyen de partenariats thématiques à niveaux multiples et à caractère intersectoriel; |
| 42. | signale qu’il s’impose clairement d’améliorer la coordination entre les domaines d’action liés aux zones rurales, périurbaines et urbaines: cette approche mieux coordonnée devrait explorer, de manière volontariste, les synergies et la valeur ajoutée qui pourraient être obtenues grâce à une coopération et une coordination entre les acteurs ruraux et urbains, étant donné qu’elles constituent le facteur essentiel pour soutenir efficacement l’innovation et l’expérimentation à base territoriale; |
| 43. | recommande à la Commission d’intégrer les petites zones urbaines comme composante des exercices d’analyse de l’impact rural, et réitère sa proposition de coopérer avec elle dans ce domaine. L’examen des incidences territoriales et rurales devrait devenir une étape obligatoire du processus d’élaboration des politiques; |
| 44. | conseille d’examiner plus avant les possibilités de coopération dans le cadre des stratégies territoriales existantes de l’Union, telles que l’agenda territorial à l’horizon 2030, la charte de Leipzig rénovée et la mise en œuvre d’une nouvelle génération de partenariats dans le cadre du programme urbain de l’Union, qui donnent lieu à une mise en évidence d’une stratégie concernant les rapports entre le rural et l’urbain; |
| 45. | entend promouvoir les partenariats entre aires urbaines et rurales: les petites zones urbaines peuvent encourager les relations partenariales et réaliser des objectifs communs, dans des secteurs tant traditionnels qu’à caractère novateur, en mutualisant leurs ressources, développant des stratégies et concluant des accords à l’échelle métropolitaine; |
Financement et relance
| 46. | rappelle que l’autonomie budgétaire et les capacités financières des collectivités locales sont des facteurs essentiels pour garantir l’efficacité des investissements publics et façonner les politiques de développement régional. Elles permettent aux zones urbaines de mieux orienter leur propre développement. Si des contraintes étaient imposées de façon centralisée, l’autonomie administrative locale courrait le risque de devenir inopérante; |
| 47. | souligne que la taille des communes exerce souvent une influence sur leurs capacités financières. Les localités de moindre envergure risquent souvent de ne pas pouvoir mobiliser suffisamment de fonds pour mener à bien les tâches qu’elles souhaitent entreprendre; |
| 48. | fait valoir que la politique de cohésion devrait être considérée comme un instrument essentiel d’investissement sur le terrain, qui encourage un effet de levier pour les fonds publics et privés; |
| 49. | demande aux États membres de veiller à ce que les pouvoirs publics des petites villes puissent également accéder, au niveau national, aux 8 % des fonds du FEDER qui sont réservés au financement de projets de développement urbain durables et intégrés, en s’abstenant de fixer des seuils supplémentaires en rapport avec le nombre d’habitants; |
| 50. | préconise l’utilisation d’outils territoriaux intégrés au niveau des unités administratives locales, tels que ceux financés par la politique de cohésion et d’autres fonds de l’Union, afin de concentrer les investissements et de les adapter aux réalités du terrain; |
| 51. | déplore une fois de plus l’absence de participation des collectivités locales et régionales à la conception des plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), qui entraîne un effet de rebond au cours de la phase de mise en œuvre. Le Comité exprime à cet égard son désaccord avec la proposition de la Commission de transférer des ressources des Fonds structurels et d’investissement européens vers la facilité pour la reprise et la résilience afin de financer le plan REPowerEU. Il s’oppose à toute initiative qui priverait les régions de moyens pour les transférer au niveau national sans condition aucune, sachant qu’une telle décision irait à l’encontre des principes de l’Union européenne et des accords relatifs à la gestion partagée; |
| 52. | recommande de tirer parti des plans nationaux pour la reprise et la résilience afin de recueillir des données qui pourraient être utilisées dans la mise en œuvre des politiques publiques au niveau de gouvernance inférieur; |
Renforcer les capacités territoriales
| 53. | encourage les États membres à intégrer la nouvelle définition des territoires touchés par le déclin démographique et le changement démographique, figurant dans le règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil (5) relatif au FEDER, en tant que question transversale de leurs politiques publiques et, à cette fin, à mener des actions intégrées et territorialisées; |
| 54. | recommande à la Commission de promouvoir les investissements territoriaux intégrés (ITI) et le développement local participatif grâce à diverses activités entre pairs qui s’inscrivent dans le cadre de l’initiative urbaine européenne, car elles constituent des outils appropriés pour aider les collectivités urbaines petites et moyennes à faire face aux défis territoriaux, comme le dépeuplement; |
| 55. | invite instamment la Commission à mettre sur pied une campagne de communication visant à mettre en avant l’impact de l’action de l’Union européenne sur la vie des habitants des noyaux de peuplement de petite taille, urbains et ruraux, afin de contrebalancer la diffusion géographique du mécontentement à son encontre; |
| 56. | demande de réduire au minimum la complexité que l’accès aux différents fonds européens et la gestion des projets afférents revêt pour les petites zones urbaines, ainsi que de promouvoir une approche intégrée pour articuler les différents fonds de l’Union. À cet égard, il conviendrait de décentraliser véritablement les programmes de gestion partagée, en renforçant le rôle des autorités gestionnaires au niveau régional, pour garantir qu’ils puissent soutenir, en matière de financement, une approche procédant du terrain dans les petites villes et les zones rurales; |
| 57. | adresse à la Commission la demande d’aider l’ensemble des administrations publiques des petites zones urbaines à s’informer sur les moyens de relever les défis liés aux transitions écologique, numérique ou démographique, ainsi que de renforcer l’assistance directe qu’elle fournit aux structures supralocales qui existent dans les États membres, tels que les départements français, les arrondissements ruraux allemands, les districts polonais ou les judets roumains, afin que dans l’esprit du principe de subsidiarité, elles puissent développer leurs propres capacités de conseil aux petites communes. En soutien à cette activité, toutes les collectivités locales devraient effectivement être dotées de responsables des affaires et financements de l’Union; |
| 58. | réclame que la Commission et les États membres prennent des dispositions pour qu’une assistance technique soit d’usage à l’intention des municipalités tout au long du cycle de vie des projets; |
| 59. | appelle la Commission à envisager la possibilité de proposer, dans le cadre de la nouvelle initiative urbaine européenne, un accompagnement sur place aux petites zones urbaines, et préconise que les futurs points de contact nationaux de l’initiative servent d’interlocuteurs pour soutenir les petites zones urbaines; |
| 60. | fait observer que participer aux prises de décisions stratégiques peut être une gageure pour les petites zones urbaines, eu égard à leurs ressources administratives limitées et aux difficultés éprouvées pour se frayer un chemin dans des processus complexes de gouvernance à plusieurs niveaux, comme ceux qui régissent les financements fournis par l’Union européenne; |
| 61. | note que la coopération revêt une importance essentielle pour les petites zones urbaines et qu’elle passe notamment par celle qui est menée avec des zones voisines pour traiter d’enjeux imbriqués ou par une union des forces, visant à créer une «masse critique territoriale»; |
| 62. | souligne que, pour les grandes transitions sociétales comme celles de l’écologie et du numérique, les zones urbaines de petite taille sont souvent tributaires du soutien de leurs habitants et de leurs entreprises, dans la mesure où elles ne disposent pas des moyens nécessaires pour gérer et financer de tels processus d’innovation sociale; |
| 63. | rappelle qu’outre leur rôle de renforcement des identités locales, de l’innovation sociale et de la cohésion, les collectivités locales stimulent également la collaboration en période de déclin économique ou de transition; |
Conclusions
| 64. | affirme en conclusion que les petites zones urbaines ont besoin de bénéficier d’une définition claire, acceptée et reconnue, ainsi que de disposer des capacités administratives voulues pour pouvoir mener à bien leurs transitions multidimensionnelles et développer des perspectives à long terme. Par ailleurs, elles doivent pouvoir s’appuyer sur les connaissances, la coordination des politiques et l’autonomisation qui sont requises pour mobiliser les populations, les ressources et les programmes de financement de l’Union. |
Bruxelles, le 1er décembre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Une définition détaillée des zones urbaines de petite et de moyenne taille se base sur une combinaison des conclusions du projet ESPON TOWN (2014) et de la classification du degré d’urbanisation établie par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne, laquelle se fonde sur un rapport entre densité de population et taille de l’agglomération urbaine. Les petites et moyennes zones urbaines sont définies comme des groupements urbains continus de 5 000 à 50 000 habitants d’une densité supérieure à 300 habitants/km2 qui ne sont pas considérés comme des pôles urbains à haute densité (high density urban clusters, HDUC) au sens de la classification du degré d’urbanisation pour les unités administratives locales (DEGURBA) (ESPON, 2014).
(2) Telle qu’adoptée le 5 mars 2020 par la Commission de statistique des Nations unies, «A recommendation on the method to delineate cities, urban and rural areas for international statistical comparisons», prepared by the European Commission — Eurostat and DG for Regional and URBAN Policy — ILO, FAO, OECD, UN-Habitat, World Bank» («Recommandation sur la méthode à utiliser pour opérer la distinction entre les villes, les zones urbaines et les zones rurales aux fins de comparaisons statistiques internationales», document élaboré par la Commission européenne, en l’occurrence Eurostat et la direction générale de la politique urbaine et régionale, et par l’Organisation internationale du travail, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Programme des Nations unies pour les établissements humains et la Banque mondiale).
(3) Rapport de l’OCDE intitulé Access and COST of Education and Health Services: Preparing regions for demographic change («L’accès aux services d’éducation et de santé et leurs coûts: préparer les régions aux évolutions démographiques»).
(4) Voir le projet ROBUST du programme Horizon 2020, www.rural-urban.eu
(5) Règlement (UE) 2021/1058 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2021 relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion (JO L 231 du 30.6.2021, p. 60).
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022