| CELEX | 52022IR1229 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 30 novembre 2022 |
| 2.3.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 79/99 |
Avis du Comité européen des régions — La prochaine génération de ressources propres pour le budget de l’UE
(2023/C 79/12)
|
I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Proposition de décision du Conseil modifiant la décision (UE, Euratom) 2020/2053 relative au système des ressources propres de l’Union européenne
COM(2021) 570
Amendement 1
Considérant 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE, établi par la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil (*), est un élément central de la politique climatique de l’Union. Compte tenu du lien étroit entre l’échange de quotas d’émission et les objectifs de la politique climatique de l’Union, il est approprié d’affecter une part des recettes concernées au budget de l’Union. | Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE, établi par la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil (*), est un élément central de la politique climatique de l’Union. Compte tenu du lien étroit entre l’échange de quotas d’émission et les objectifs de la politique climatique de l’Union ainsi que de la nature transfrontière des émissions de carbone , il pourrait être approprié d’envisager d’affecter une part des recettes concernées au budget de l’Union , à la stricte condition que cela n’ait pas d’incidence négative sur la capacité financière des autorités nationales à remplir les objectifs du pacte vert; |
Exposé des motifs
Le transfert des recettes du SEQE du niveau des États membres vers celui de l’UE pourrait réduire la capacité des États membres à investir dans des mesures relatives au changement climatique, en raison de recettes moindres.
Amendement 2
Considérant 5
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Afin d’éviter un effet excessivement régressif sur les contributions provenant de l’échange de quotas d’émission, il y a lieu de fixer une contribution maximale pour les États membres éligibles. Pour la période allant de 2023 à 2027, les États membres sont éligibles si leur revenu national brut par habitant, mesuré en standard de pouvoir d’achat et calculé sur la base des chiffres de l’Union pour 2020, est inférieur à 90 % de la moyenne de l’UE. Pour la période allant de 2028 à 2030, il conviendra d’utiliser le revenu national brut par habitant de 2025. Il convient d’établir la contribution maximale en comparant la part des États membres dans le montant total de la ressource propre fondée sur les échanges de quotas d’émission avec la part de ces États membres dans le revenu national brut de l’Union. Il y a lieu d’établir une contribution minimale pour tous les États membres si leur part dans le montant total de la ressource propre fondée sur le SEQE est inférieure à 75 % de leur part dans le revenu national brut de l’Union. | Afin d’éviter un effet excessivement régressif sur les contributions provenant de l’échange de quotas d’émission, il y a lieu de fixer une contribution maximale pour les États membres éligibles. Pour la période allant de 2023 à 2027, les États membres sont éligibles si leur revenu national brut par habitant, mesuré en standard de pouvoir d’achat et calculé sur la base des chiffres de l’Union pour la période allant de 2018 à 2020, est inférieur à 90 % de la moyenne de l’UE. Pour la période allant de 2028 à 2030, il conviendra d’utiliser le revenu national brut par habitant de la période allant de 2023 à 2025. Il convient d’établir la contribution maximale en comparant la part des États membres dans le montant total de la ressource propre fondée sur les échanges de quotas d’émission avec la part de ces États membres dans le revenu national brut de l’Union. Il y a lieu d’établir une contribution minimale pour tous les États membres si leur part dans le montant total de la ressource propre fondée sur le SEQE est inférieure à 75 % de leur part dans le revenu national brut de l’Union. |
Exposé des motifs
La pratique courante dans le cadre de la politique de cohésion est d’utiliser les chiffres du revenu national brut pour une moyenne de trois ans pour classer les régions et les États membres dans les catégories «plus développés», «moins développés» ou «en transition». Nous proposons d’adopter cette méthode pour calculer le mécanisme de rabais appliqué à la ressource propre fondée sur le SEQE.
Amendement 3
Considérant 6
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Le règlement (UE) [XXX] du Parlement européen et du Conseil15 établit un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières afin de compléter le système d’échange de quotas d’émission de l’Union et d’assurer l’efficacité de la politique climatique de l’Union. Compte tenu du lien étroit entre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et la politique climatique de l’Union, il convient qu’une partie des recettes provenant de la vente des certificats soit transférée au budget de l’Union en tant que ressource propre. | Le règlement (UE) [XXX] du Parlement européen et du Conseil15 établit un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières afin de compléter le système d’échange de quotas d’émission de l’Union et d’assurer l’efficacité de la politique climatique de l’Union. Compte tenu du lien étroit entre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et la politique climatique de l’Union , ainsi que de la nature transfrontière des émissions de carbone et des chaînes de valeur industrielles , il convient qu’une partie des recettes provenant de la vente des certificats soit transférée au budget de l’Union en tant que ressource propre. |
Exposé des motifs
Du fait de la nature transfrontière des émissions de carbone et des chaînes de valeur industrielles, il est difficile d’attribuer les recettes du MACF à chaque État membre à titre individuel, ce qui constitue un solide argument en faveur de l’allocation des recettes au niveau de l’Union.
Amendement 4
Considérant 7
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| En octobre 2021, il a été convenu au sein du Cadre inclusif Organisation de coopération et de développement économiques/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices d’attribuer aux juridictions de marché participantes 25 % des bénéfices résiduels des grandes entreprises multinationales dont la rentabilité est supérieure à 10 % («accord du Cadre inclusif OCDE/G20 concernant le Pilier Un»). La ressource propre devrait consister en l’application d’un taux d’appel uniforme à la part des bénéfices résiduels des entreprises multinationales qui est réattribuée aux États membres [conformément à la directive relative à la mise en œuvre de l’accord mondial sur la réattribution des droits d’imposition]. | En octobre 2021, il a été convenu au sein du Cadre inclusif Organisation de coopération et de développement économiques/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices d’attribuer aux juridictions de marché participantes 25 % des bénéfices résiduels des grandes entreprises multinationales dont la rentabilité est supérieure à 10 % («accord du Cadre inclusif OCDE/G20 concernant le Pilier Un»). La ressource propre devrait consister en l’application d’un taux d’appel uniforme à la part des bénéfices résiduels des entreprises multinationales qui est réattribuée aux États membres [ à la suite de l’entrée en vigueur de la convention multilatérale et conformément à la directive relative à la mise en œuvre de l’accord mondial sur la réattribution des droits d’imposition]. |
Exposé des motifs
Il y a lieu de préciser que la mise en place de cette nouvelle ressource propre dépend de la conclusion de la convention multilatérale visant à mettre en œuvre le Pilier Un de l’accord OCDE/G20.
Amendement 5
Article premier
Modifier le point 1) d)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
| «2 bis. Par dérogation au paragraphe 1, point e), les dispositions suivantes s’appliquent jusqu’à l’exercice 2030: | «2 bis. Par dérogation au paragraphe 1, point e), les dispositions suivantes s’appliquent jusqu’à l’exercice 2030: | ||||
|
| ||||
|
|
Exposé des motifs
La pratique courante dans le cadre de la politique de cohésion est d’utiliser les chiffres du revenu national brut pour une moyenne de trois ans pour classer les régions et les États membres dans les catégories «plus développés», «moins développés» ou «en transition». Nous proposons d’adopter cette méthode pour calculer le mécanisme de rabais appliqué à la ressource propre fondée sur le SEQE.
Proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (UE, Euratom) 2020/2093 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027
COM(2021) 569
Amendement 6
Considérant 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| L’introduction du système d’échange de quotas d’émission de l’UE pour les secteurs du bâtiment et du transport routier, tel qu’établi par la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil14, est susceptible d’avoir des conséquences sociales à court terme. Afin d’en tenir compte, le règlement (UE) [XXX] final du Parlement européen et du Conseil15 a établi un Fonds social pour le climat qui sera financé par le budget général de l’Union conformément au cadre financier pluriannuel. Il convient donc d’ajuster le plafond des crédits d’engagement de la rubrique 3 «Ressources naturelles et environnement» et le plafond des crédits de paiement pour les années 2025, 2026 et 2027. | L’introduction du système d’échange de quotas d’émission de l’UE pour les secteurs du bâtiment et du transport routier, tel qu’établi par la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil14, est susceptible d’avoir des conséquences sociales à court terme. Afin d’en tenir compte, le règlement (UE) [XXX] final du Parlement européen et du Conseil15 a établi un Fonds social pour le climat qui sera financé par le budget général de l’Union conformément au cadre financier pluriannuel. Il convient donc d’ajuster le plafond des crédits d’engagement de la rubrique 3 «Ressources naturelles et environnement» et le plafond des crédits de paiement pour les années 2024, 2025, 2026 et 2027. |
Exposé des motifs
Le Fonds social pour le climat devrait démarrer un an avant l’extension du SEQE aux secteurs des transports et de la construction afin de donner aux ménages vulnérables, aux microentreprises et petites entreprises et aux utilisateurs de la mobilité suffisamment de temps pour s’adapter.
Amendement 7
Nouveau considérant après le considérant 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
|
| Il conviendrait d’introduire un «ajustement automatique à la fluctuation des prix du carbone» pour le plafond de la rubrique 3 afin de permettre des renforcements annuels des crédits du Fonds social pour le climat en cas de hausse des prix du carbone dans les secteurs de la mobilité et de la construction. |
Exposé des motifs
Il est nécessaire de veiller à ce que le budget du Fonds social pour le climat soit revu à la hausse si le prix du carbone dans les secteurs relevant du nouveau SEQE (SEQE2) excède les estimations initiales de la Commission.
Amendement 8
Article 1er, nouveau point 3) visant à insérer un article 4 ter
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
|
| L’article 4 ter suivant est inséré: «Article 4 ter Mécanisme d’ajustement des prix du carbone 1. À partir de 2024, après la présentation des comptes provisoires de l’exercice n-1 conformément à l’article 245, paragraphe 3, du règlement financier, il est procédé à un ajustement à la hausse du plafond des dépenses pour les crédits d’engagement de la sous-rubrique 3 et du plafond des crédits de paiement pour l’exercice en cours, si le prix du carbone dans les secteurs relevant du nouveau SEQE (SEQE2) excède les estimations initiales de la Commission. 2. L’ajustement annuel sera calculé sur la base de la moyenne du prix du carbone observé dans les secteurs relevant du SEQE2 dans les 27 États membres de l’UE pour l’exercice n-1.» |
Exposé des motifs
Il est nécessaire de veiller à ce que le budget du Fonds social pour le climat soit revu à la hausse si le prix du carbone dans les secteurs relevant du nouveau SEQE (SEQE2) excède les estimations initiales de la Commission.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | prend acte de la proposition de la Commission d’introduire trois nouvelles ressources propres dans le budget de l’Union, mais demeure toutefois profondément préoccupé par l’absence d’analyse d’impact crédible quant aux coûts que ces mesures entraîneront pour les entreprises et les consommateurs européens; |
| 2. | souligne la nécessité de mettre en place de nouvelles ressources non seulement pour rembourser la dette contractée au titre de l’instrument NextGenerationEU, mais aussi pour accroître l’autonomie financière du budget de l’Union de manière permanente et pour que les États membres soient moins encouragés à adopter un état d’esprit fondé sur la logique du «juste retour»; les ressources propres devraient être établies d’une manière qui soit durable pour les budgets des États membres; |
| 3. | fait observer que la première ressource propre relative aux déchets d’emballages non recyclés, introduite le 1er janvier 2021, n’est pas spécifiquement destinée à être investie directement dans la réutilisation et le recyclage des déchets en plastique; demande que l’UE revoie à la hausse son ambition visant à réduire l’usage du plastique et à encourager son recyclage; |
| 4. | fait valoir que l’introduction d’un premier panier de nouvelles ressources propres en 2023, conformément à la feuille de route établie dans l’accord interinstitutionnel du 16 décembre 2021, enverra un message positif aux investisseurs sur les marchés financiers ainsi qu’aux agences de notation; rappelle qu’un produit suffisant tiré des nouvelles ressources propres est essentiel pour garantir le remboursement de la dette contractée au titre de l’instrument NextGenerationEU sans compromettre les programmes de l’UE dans le prochain CFP; |
Un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
| 5. | souscrit à la proposition relative à la création d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) afin de stimuler l’action mondiale en faveur du climat; ce mécanisme devrait être intégré dans une stratégie industrielle plus large de l’Union en matière de transition; |
| 6. | souligne que les revenus provenant du marché du carbone et d’une taxe carbone aux frontières peuvent diminuer au fil du temps, à mesure que l’économie européenne se décarbone et que d’autres pays tiers adoptent progressivement des mécanismes similaires d’ajustement des prix du carbone; |
| 7. | reconnaît que ce mécanisme constitue un outil utile qui aidera l’UE à réduire les émissions de CO2 à l’échelle mondiale, mais soulève un certain nombre de préoccupations, telles que l’incidence imprévisible du mécanisme sur les marchés de l’UE, y compris les PME et l’agriculture. La Commission européenne doit renforcer le suivi et mieux rendre compte au Parlement et au Conseil de la mise en œuvre du mécanisme et de son incidence sur les marchés; |
| 8. | fait valoir que les quotas alloués au titre du SEQE (1) devraient être progressivement supprimés pour les secteurs couverts par le MACF et remplacés par la mise aux enchères de tous les quotas d’émission de manière à garantir la compatibilité avec les règles de l’OMC à long terme; |
Une nouvelle ressource propre fondée sur le SEQE
| 9. | est favorable à la proposition de créer de nouvelles ressources propres fondées sur une réforme du système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’Union européenne; souligne que la nature transfrontière des émissions de carbone, associées à des externalités négatives qui ne se limitent pas aux pays émetteurs, justifie largement l’affectation au niveau de l’Union des recettes tirées des mises aux enchères des quotas d’émission relevant du SEQE; fait valoir que cela ne doit pas avoir d’incidence négative sur la capacité des États membres à financer leurs programmes nationaux en matière de changement climatique; |
| 10. | fait observer qu’il est essentiel d’atténuer les effets négatifs sociaux et territoriaux de l’extension du SEQE aux secteurs de la construction et des transports (nouveau système appelé SEQE2); estime toutefois que la proposition de la Commission de créer un Fonds social pour le climat (SCF) financé par un montant équivalent à 25 % des recettes provenant du SEQE2 serait clairement insuffisante pour compenser l’ampleur considérable des rénovations des logements et de l’électrification du transport routier; insiste sur l’importance d’associer pleinement les collectivités locales et régionales à la gestion des ressources du SEQE et du Fonds social pour le climat; recommande d’intégrer le Fonds social pour le climat dans le règlement portant dispositions communes de la politique de cohésion afin de simplifier sa gestion sur le terrain pour les autorités de gestion et les bénéficiaires; estime que la priorité devrait être donnée à l’amélioration de l’efficacité et de la rapidité du fonctionnement des instruments d’investissement et de cohésion existants plutôt qu’à la mise en place de nouveaux fonds qui font double emploi avec les mécanismes et objectifs existants et obéissent à des règles différentes, présentant ainsi le risque de contourner les règles actuelles en matière d’éligibilité des sources d’énergie; |
| 11. | estime que, pour faire face aux changements technologiques, réglementaires et de marché, le MACF devrait être dynamique, et que son champ d’application sectoriel et le type d’émissions qu’il couvre devraient être régulièrement revus, en tenant compte de l’impact local et régional du mécanisme; se tient prêt à apporter son concours à l’évaluation des incidences territoriales du MACF; |
| 12. | soutient l’idée de financer le Fonds social pour le climat au moyen de ressources propres plutôt que d’attribuer le produit du SEQE2 par un système de recettes affectées; fait observer qu’un mécanisme d’affectation rendrait difficile la planification à long terme, dans la mesure où les montants annuels seraient imprévisibles et volatils; |
| 13. | attire l’attention sur le fait que la ressource propre fondée sur le SEQE représentera 71 % du produit total de ce premier panier de nouvelles ressources propres, et qu’il est dès lors essentiel, pour garantir la crédibilité du train de mesures, de maintenir une ressource propre fondée sur le SEQE; |
| 14. | s’inquiète toutefois du fait que les ressources allouées au Fonds social pour le climat pourraient être insuffisantes en cas de prix du carbone très élevés; souscrit par conséquent à l’idée (2) de créer un «ajustement automatique à la fluctuation des prix du carbone» afin de renforcer le budget annuel du Fonds social pour le climat en cas de hausse des prix du carbone dans les secteurs relevant du SEQE2; |
| 15. | estime que le Fonds social pour le climat devrait démarrer en 2024, un an avant l’extension du SEQE aux secteurs des transports et de la construction afin de donner aux ménages vulnérables, aux microentreprises et petites entreprises et aux utilisateurs de la mobilité suffisamment de temps pour s’adapter, et porter une attention toute particulière à la précarité en matière de mobilité; |
Une ressource propre fondée sur l’accord OCDE/G20 concernant le «Pilier Un»
| 16. | se félicite de la proposition de la Commission de créer une nouvelle ressource propre fondée sur le «Pilier Un» de l’accord fiscal international OCDE/G20; fait toutefois observer que l’établissement de cette nouvelle ressource propre dépend de la réussite de la finalisation la convention multilatérale OCDE/G20 au cours de l’année 2022; |
| 17. | invite instamment la Commission à se préparer à l’éventualité que les grandes juridictions, en particulier les États-Unis, ne ratifient pas la convention; estime que, dans un tel cas, l’Union européenne devrait aller de l’avant et proposer une taxe européenne sur les services numériques qui ferait office de solution intermédiaire en attendant qu’une solution plus globale d’imposition des grandes entreprises multinationales ne soit mise en place; |
| 18. | rappelle que l’accord OCDE/G20 de 2021 relatif à la fiscalité mondiale prévoyait la clôture des travaux préparatoires sur la convention multilatérale au début de l’année 2022; fait observer que la progression de la mise en œuvre de l’accord est au point mort, étant donné que l’OCDE n’a pas encore finalisé le texte de la convention multilatérale; s’inquiète de ce qu’un changement politique découlant des élections de mi-mandat aux États-Unis pourrait nuire à la capacité de ce pays à signer et ratifier la convention multilatérale; |
Autres ressources propres envisageables
| 19. | relève que, selon les estimations de la Commission, les trois nouvelles ressources propres proposées généreront au total jusqu’à 17 milliards d’euros par an entre 2026 et 2030; indique que ce montant ne suffira pas à financer à la fois le remboursement de la dette liée au programme NextGenerationEU (qui s’élève à 15 milliards d’euros par an) et le Fonds social pour le climat (qui nécessitera 9,7 milliards d’euros par an); souligne dès lors que des ressources propres supplémentaires seront nécessaires; insiste sur l’importance des analyses d’impact territorial et demande à la Commission d’en tenir compte lorsqu’elle propose de nouvelles ressources propres; |
| 20. | est préoccupé par la proposition de la Commission européenne selon laquelle les États membres pourraient rediriger les fonds inutilisés provenant des Fonds structurels et d’investissement européens ou de la PAC vers le plan REPowerEU, car elle risquerait de faire obstacle à la cohésion au sein de l’Union; réaffirme que de nouvelles politiques doivent être financées par de nouveaux moyens financiers; |
| 21. | note que la future réforme du système budgétaire de l’UE nécessite des ressources propres de l’UE qui soutiennent la transition juste vers des économies circulaires compétitives; demande à la Commission européenne d’examiner les propositions formulées par la fondation Ex’tax visant à opérer un déplacement de la fiscalité pour imposer la pollution et l’utilisation des ressources plutôt que le travail, comme indiqué dans le pacte vert pour l’Europe; cette proposition de «glissement fiscal» se base sur les principes du pollueur-payeur ainsi que sur les volontés de rendre le travail financièrement attrayant et de ne laisser personne de côté; l’application de ces principes permettrait d’aligner les politiques fiscales sur les objectifs du pacte vert pour l’Europe et du plan d’action relatif au socle européen des droits sociaux, entre autres; |
| 22. | prie instamment la Commission de se pencher sans délai sur des propositions de nouvelles ressources propres; juge très prometteuse l’idée de créer une ressource propre liée aux grandes entreprises, en s’appuyant sur la proposition intitulée «Entreprises en Europe: cadre pour l’imposition des revenus» (BEFIT) prévue pour 2023; fait valoir que, selon certaines études, la mise en œuvre de l’accord OECD/G20 pourrait entraîner une augmentation du produit de l’impôt sur les sociétés de plus de 80 milliards d’euros par an en Europe (3); |
| 23. | souligne que la Commission européenne entend créer une facilité «RebuildUkraine», qui a pour vocation d’être le principal instrument juridique permettant à l’Union européenne d’apporter son soutien à la reconstruction de l’Ukraine; fait observer que de nouvelles tâches nécessitent de nouvelles sources de financement, et acquiesce, dans ce contexte, à l’affirmation de la Commission européenne selon laquelle les besoins supplémentaires engendrés par la guerre dépassent largement les moyens disponibles au titre du CFP actuel, ainsi qu’à son engagement à trouver de nouvelles sources de financement; |
| 24. | se félicite vivement que la Commission ait assorti de grilles de la subsidiarité sa proposition d’un nouveau dispositif d’échange de quotas d’émission et sa proposition de règlement établissant un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières; le raisonnement touchant à la valeur ajoutée européenne des propositions et au déploiement de mesures qui découlent de compétences de l’Union européenne dans le domaine du changement climatique, telles que définies par les articles 191 à 193 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, concorde avec l’appréciation du CdR constatant la pleine conformité desdites propositions au principe de subsidiarité. |
Bruxelles, le 30 novembre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, les entreprises doivent obtenir des quotas d’émission couvrant leurs émissions de carbone. L’allocation à titre gratuit est une méthode transitoire d’allocation des quotas qui diffère de la méthode par défaut (mise aux enchères). Toutefois, les quotas alloués à titre gratuit continuent de représenter plus de 40 % de l’ensemble des quotas disponibles.
(2) Projet d’avis de la commission des budgets sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un Fonds social pour le climat [COM(2021) 568 — C9-0324/2021 — 2021/206 (COD)], 9 février 2022.
(3) Barake, Mona et al., «Effets de l’impôt minimum mondial sur les recettes: estimations pays par pays», note no 2 de l’Observatoire européen de la fiscalité, octobre 2021.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022