| CELEX | 52022IR2167 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 11 octobre 2022 |
| 30.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 498/6 |
Avis du Comité européen des régions — Vers une stratégie macrorégionale en Méditerranée
(2022/C 498/02)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
La contribution des stratégies macrorégionales à la cohésion territoriale, à la démocratie locale et à la coopération aux frontières extérieures
| 1. | considère que les macrorégions jouent un rôle essentiel pour le renforcement de la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne et de son voisinage proche en donnant les moyens à des espaces géographiques transfrontaliers de faire face à des défis spécifiques et partagés collectivement, grâce à l’échange et la coopération et la mise en œuvre; |
| 2. | souligne que cette approche permet une plus grande cohérence et complémentarité entre les politiques, actions et programmes de financement mis en œuvre par ces différents niveaux de gouvernance à l’échelle d’une zone géographique définie. Ce faisant, c’est-à-dire en favorisant la gouvernance à plusieurs niveaux, les macrorégions contribuent à renforcer l’efficacité et l’impact des politiques publiques; |
| 3. | rappelle que les stratégies macrorégionales reposent sur le principe de gouvernance à plusieurs niveaux et que les régions, qu’elles appartiennent à l’Union ou à des pays tiers, doivent jouer, aux côtés des États membres et des autres pays concernés, un rôle clé dans le développement, la construction et la définition des objectifs communs de ces stratégies; |
| 4. | note que l’aire méditerranéenne comprend plusieurs pays candidats et candidats potentiels ainsi que des pays non-membres de l’UE et souligne l’importance des macrorégions pour renforcer la collaboration entre les États membres de l’Union européenne et les États composant son voisinage proche. Cette collaboration est nécessaire pour faire face aux défis commun et faire participer les pays tiers à une coopération plus approfondie et renforcée avec l’Union; |
| 5. | rappelle l’adoption, le 3 juillet 2012, par le Parlement européen de la résolution intitulée «Évolution des stratégies macro-régionales de l’UE: pratiques actuelles et perspectives d’avenir, notamment en Méditerranée» (1); |
| 6. | rappelle le rapport de l’ARLEM sur «Une stratégie de cohésion pour la Méditerranée» (2014), qui expose les premières réflexions en vue d’un cadre de gouvernance macrorégional pour la Méditerranée fondé sur les principes de la gouvernance à plusieurs niveaux et sur une structure progressive et à géométrie variable; |
| 7. | rappelle également que le Conseil de l’Union européenne (2) a indiqué être ouvert à l’examen d’initiatives communes visant à mettre en place de nouvelles stratégies macrorégionales; |
Une macrorégion méditerranéenne, un outil essentiel pour faire face aux défis en Méditerranée
| 8. | met en évidence les ressources uniques de la Méditerranée. Riche de ses 46 000 km de littoral et de ses 22 pays riverains, le bassin méditerranéen réunit plus de 500 millions de personnes, avec un tiers de sa population concentrée sur la zone littorale et environ 150 millions d’emplois directement liés à la mer Méditerranée; |
| 9. | rappelle l’importance environnementale de la mer Méditerranée, qui représente seulement 1 % de la surface océanique mondiale, mais est à l’origine de 20 % de la production marine du monde (3). Elle constitue également l’un des réservoirs majeurs de la biodiversité marine et côtière, avec 28 % d’espèces endémiques et 7,5 % de la faune et 18 % de la flore marine mondiale; |
| 10. | souligne le potentiel que revêt le bassin méditerranéen, qui constitue un espace géographique cohérent, dont les populations partagent un patrimoine historique et culturel commun, issu d’une longue tradition de collaboration et d’échanges d’idées, de biens et de personnes entre les trois rives de la Méditerranée; |
| 11. | reconnaît que le bassin méditerranéen est confronté à des défis de gouvernance, socio-économiques, humanitaires, climatiques, sécuritaires et environnementaux, qui appellent des actions conjointes; |
| 12. | insiste sur le fait, mis en évidence dans le premier rapport d’évaluation sur la Méditerranée intitulé «Changement climatique et environnemental dans le bassin méditerranéen», publié par le réseau d’experts méditerranéens sur le changement climatique et environnemental (MedECC), que toutes les sous-régions du bassin méditerranéen sont impactées par les récents changements anthropiques dans l’environnement et que les principaux facteurs de changement incluent le climat, la croissance démographique, la pollution, les pratiques non durables d’utilisation des sols et de la mer, et les espèces non-indigènes. Dans la plupart des régions, les écosystèmes naturels et les moyens de subsistance des humains sont affectés (4); |
| 13. | rappelle qu’au rythme actuel, le réchauffement climatique atteindra 2,2 oC dans la zone méditerranéenne d’ici 2040, la région se réchauffant à un rythme de 20 % plus rapide que la moyenne mondiale. Les effets de ce dérèglement climatique sont déjà fortement visibles avec la multiplication de phénomènes naturels extrêmes. Les sociétés méditerranéennes subissent ainsi de plein fouet l’impact du changement climatique. Alors que la Méditerranée concentre déjà 50 % de la population mondiale pauvre en eau, la pénurie d’eau sera croissante avec le changement climatique et affectera la sécurité alimentaire de la population. Par ailleurs, 49 des 51 sites culturels reconnus par l’UNESCO autour de la mer Méditerranée risquent d’être endommagés. La plupart des effets du changement climatique sont amplifiés par d’autres problèmes environnementaux, tels que l’intensification excessive de l’urbanisation, de l’agriculture, de la pêche et du tourisme, la dégradation des sols, la désertification, et la pollution (de l’air, des sols, des écosystèmes d’eau douce et des océans); |
| 14. | souligne, comme l’a fait l’avis intitulé «Vers une utilisation durable des ressources naturelles dans le contexte insulaire méditerranéen», la très grande vulnérabilité environnementale dont souffrent les îles méditerranéennes dans le contexte du réchauffement climatique, qui a déjà des conséquences économiques (pêche, tourisme, etc.) et sociales (émigration, etc.), et recommande de développer une approche spécifique pour appréhender l’incidence du changement climatique au niveau macrorégional pour ce type de territoires, laquelle prendra en compte les besoins particuliers des archipels et des îles et favorisera une coopération plus étroite entre elles, les États membres et l’Union européenne pour ce qui est de faire face aux défis environnementaux et de promouvoir le développement durable; |
| 15. | rappelle que, malgré des points communs évidents, l’espace méditerranéen se caractérise par de fortes disparités en matière de niveaux de développement. Celles-ci, qui tiennent en partie à des faiblesses en matière de capacités institutionnelles, d’interconnexion des infrastructures et de relations commerciales, pèsent sur la stabilité, la prospérité et la paix des sociétés méditerranéennes; |
| 16. | considère que la crise liée à la COVID-19 vient rappeler l’urgence d’adopter une approche coordonnée et de renforcer la résilience conjointe aux épidémies, aux chocs économiques et au changement climatique; |
| 17. | soutient que la macrorégion méditerranéenne peut également être un outil de coordination pour la gestion des flux migratoires, ce qui concerne en particulier les collectivités régionales et locales qui forment la frontière extérieure de l’Union; |
| 18. | rappelle que, dans le contexte de l’agression de l’Ukraine par la Russie, la région méditerranéenne a un rôle essentiel à jouer pour atténuer les effets de la guerre et accueillir les populations déplacées, tout en poursuivant ses actions pour que progresse la construction de la paix dans les territoires riverains; |
| 19. | face à ces défis, affirme qu’il est nécessaire de rapprocher de manière plus intégrée les trois rives du bassin méditerranéen pour renforcer la cohésion, accroître le poids de la région aux niveaux européen et mondial, ainsi que son potentiel d’innovation, et contribuer au bien-être des citoyens et à la préservation de l’environnement; |
| 20. | dans ce processus, reconnaît le rôle essentiel des collectivités locales et régionales, qui sont fortement mobilisées au travers des différentes initiatives et réseaux, comme l’Union pour la Méditerranée, l’ARLEM et l’Alliance pour la coopération méditerranéenne (MedCoopAlliance), ainsi que la Commission interméditerranéenne de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM); |
| 21. | rappelle que tous les défis auxquels la région méditerranéenne est confrontée (changement climatique, érosion, désertification, pollution plastique, migration, tourisme trop important, etc.) se trouvent concentrés dans les archipels et sur les îles, et que ceux-ci constituent donc des territoires pilotes idéaux pour mettre en œuvre des politiques intégrées de développement durable en Méditerranée; partant, demande instamment à la Commission de dessiner une stratégie des îles adaptée aux différents bassins; |
| 22. | convient, avec la Commission, que les objectifs du pacte vert pour l’Europe devront s’incarner dans une étroite collaboration avec les pays de notre voisinage immédiat, qui sont confrontés aux mêmes défis climatiques et environnementaux; |
| 23. | rappelle que les collectivités locales et régionales des trois rives de la Méditerranée, qui jouent un rôle majeur dans la lutte contre les effets du changement climatique, ont appelé à un «Pacte vert méditerranéen» (5); |
| 24. | reconnaît le rôle essentiel que jouent — ou doivent jouer — les collectivités locales en tant qu’alliées des régions et des États dans la mise en œuvre des programmes mondiaux et régionaux; |
| 25. | souligne également qu’une stratégie macrorégionale apparaît, en promouvant le renforcement du dialogue politique, comme une composante essentielle pour mettre en œuvre le nouvel agenda pour la Méditerranée, tel que défini dans la communication de la Commission de février 2021 «Un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional» (6); |
Vers une stratégie intégrée pour l’ensemble du bassin méditerranéen
| 26. | salue les résultats positifs et la coopération accrue rendus possibles par la mobilisation des acteurs de l’espace méditerranéen, et notamment les collectivités locales et régionales; invite ces acteurs, et notamment les collectivités locales et régionales, à renforcer cette coopération afin de préparer le terrain pour la création d’une stratégie macrorégionale en Méditerranée; |
| 27. | apprécie les grandes avancées réalisées pour l’intégration en Méditerranée par la stratégie macrorégionale pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne (EUSAIR) et l’initiative de bassin maritime OuestMED en Méditerranée occidentale; |
| 28. | demande instamment à la Commission d’approfondir d’urgence l’initiative OuestMED en la dotant de ressources, d’une structure solide et d’une stratégie de consolidation à long terme, pour faciliter l’intégration macrorégionale en Méditerranée occidentale; |
| 29. | souligne que les initiatives, programmes et acteurs clés aux différents échelons de la gouvernance à plusieurs niveaux en matière de coopération doivent être mieux coordonnés pour éviter de diluer les efforts et leurs impacts; affirme qu’il est donc nécessaire que les territoires méditerranéens disposent enfin d’un instrument opérationnel leur permettant de développer et mettre en œuvre une stratégie intégrée, un plan d’action concret et des projets communs, en réponse aux priorités communes recensées dans les cadres institutionnels de coopération existants comme l’Union pour la Méditerranée (UpM), l’ARLEM et des initiatives telles que, parmi d’autres, l’Alliance pour la coopération méditerranéenne ou encore BlueMed; |
| 30. | considère que la stratégie macrorégionale pour la Méditerranée répondra à ces enjeux, non pas en remplaçant les stratégies existantes, mais en venant compléter leurs actions et ainsi maximiser leur impact, en mettant en œuvre des réponses aux défis communs, tels que ceux découlant de la transformation numérique et de la lutte contre le changement climatique, en les transformant en occasions majeures à saisir dans l’optique du développement durable, contribuant ainsi à une transition écologique juste et inclusive en tirant parti des possibilités partagées, et en accordant une attention particulière à la dimension humaine et aux possibilités offertes aux jeunes, libérant ainsi le potentiel économique de la région au profit des citoyens; |
| 31. | souligne qu’une stratégie macrorégionale, pour apporter de réelles solutions aux défis partagés, doit nécessairement être pensée à l’échelle du bassin méditerranéen et couvrir les trois sous-bassins, occidental, oriental et adriatique-ionien. La stratégie macrorégionale en Méditerranée doit, ainsi, être ouverte à tous dès sa création et viser, à terme, à couvrir l’ensemble du bassin méditerranéen, sur les trois rives; |
| 32. | demande que la stratégie macrorégionale méditerranéenne, comme toute stratégie macrorégionale maritime, accorde une attention particulière aux territoires insulaires, conformément à l’article 174 du TFUE; invite à prendre en compte effectivement les spécificités et les vulnérabilités de ces territoires par la mise en place d’un partenariat renforcé, assorti d’actions concrètes et coordonnées entre eux, les États membres et l’Union européenne; |
| 33. | indique que cette intégration régionale doit être construite pas à pas, sur la base d’une démarche volontaire des États et des collectivités régionales et locales du bassin méditerranéen, compte tenu des difficultés posées par certaines situations instables sur le plan de la sécurité, de la politique ou de la diplomatie; |
Les principes clés d’une gouvernance multiniveaux à l’échelle méditerranéenne
| 34. | propose que la gouvernance d’une future stratégie macrorégionale en Méditerranée reflète pleinement le principe de gouvernance multiniveaux, associant le niveau européen et les niveaux national, régional et local des trois rives de la Méditerranée ainsi que leurs associations et eurorégions respectives; |
| 35. | considère que, pour être opérationnelle, une stratégie macrorégionale en Méditerranée doit pouvoir s’appuyer sur un schéma de gouvernance solide et représentatif des territoires méditerranéens avec: i) une assemblée générale au niveau politique qui associe les niveaux européen, national et régional, ii) un conseil exécutif rassemblant un membre (issu du niveau régional ou national) de la coordination nationale de chaque État représenté dans la stratégie et favorisant la prise en compte des collectivités régionales et locales dans le processus décisionnel, ainsi que des observateurs issus des réseaux de collectivités régionales et locales et leurs associations et eurorégions respective, et iii) des groupes d’action thématiques chargés de faire émerger et mettre en œuvre des projets de coopération concrets, et qui mobiliseront les acteurs socio-économiques publics et privés, l’université et la société civile; |
| 36. | propose que, sur la base des bonnes pratiques de l’initiative OuestMED, une coprésidence tournante annuelle soit mise en place, organisée en un duo constitué d’un représentant des pays de l’Union et d’un représentant des pays partenaires, travaillant de concert avec le soutien étroit des organisations représentatives des collectivités régionales et locales. La présidence pourrait évoluer en tenant compte de la présidence sortante, de celle en cours et du pays appelé à l’exercer ensuite en maintenant un équilibre entre l’Union et les pays partenaires représentés dans la stratégie, et l’organisation représentative des collectivités régionales et locales assurant le soutien alternerait suivant le même principe. Ces dynamiques sont essentielles pour assurer la prise en compte et l’articulation des différentes enceintes de gouvernance de la stratégie macrorégionale, mais également pour assurer l’orientation stratégique de l’action de la macrorégion, grâce à des programmes de travail annuels. Il serait souhaitable qu’un secrétariat technique (secrétariat de la stratégie macrorégionale méditerranéenne) soit chargé de coordonner et d’appuyer la stratégie; |
| 37. | propose que, pour assurer la compatibilité avec les initiatives existantes, les représentants d’institutions, organismes et initiatives internationaux et euro-méditerranéens clés, tels que l’UpM, l’ARLEM et l’Alliance pour la coopération méditerranéenne, soient associés aux travaux de la stratégie, de même que des représentants de la stratégie macrorégionale EUSAIR ou encore de l’initiative OuestMED; les groupements européens de coopération territoriale (GECT) offrent également des perspectives utiles, en tant que «laboratoires» de gouvernance à multiniveaux, pour soutenir les objectifs du nouveau programme pour la Méditerranée; |
Une stratégie macrorégionale concentrée sur les défis prioritaires
| 38. | considère qu’une stratégie macrorégionale en Méditerranée devra cibler un nombre limité de défis partagés, qui seront abordés progressivement dans le temps; estime à cet égard que la double transition écologique et numérique constitue un défi majeur, qui doit être abordé en priorité; |
| 39. | appelle dans un premier temps à concentrer les efforts sur les problèmes clés: le changement climatique, la transformation numérique, les problèmes posés au niveau de l’environnement et la crise humanitaire, ainsi que la nécessaire transition écologique. Les priorités suivantes appellent urgemment à une action coordonnée à l’échelle de la Méditerranée: le futur des archipels et des îles, des zones côtières et urbaines, la pollution marine (notamment les microplastiques et les eaux usées), la préservation de la biodiversité, l’agroécologie, l’économie circulaire, la gestion et la prévention des risques naturels et la limitation des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation au changement climatique et une réponse à la crise humanitaire qui garantisse le respect des droits fondamentaux; |
| 40. | propose qu’à court terme, la Commission soutienne l’émergence en 2024 d’une action pilote portant sur l’objectif «zéro pollution marine» en Méditerranée, par l’intermédiaire du programme Interreg Euro-MED ou d’autres programmes existants pertinents, étant donné que les stratégies macrorégionales obéissent à la règle des «trois non»: ni législation ni moyens financiers ni institution supplémentaires, tout en contribuant aussi thématiquement à la mission «Océan» (7). L’objectif sera d’engager un travail commun entre les pays et territoires souhaitant porter une stratégie macrorégionale en Méditerranée et, ainsi, d’expérimenter, autour d’un objectif concret, les principes clés de cette future stratégie macrorégionale; |
| 41. | estime que les actions pourront ensuite être élargies aux enjeux suivants, en lien avec le nouveau programme pour la Méditerranée:
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Un plan d’action opérationnel qui s’appuie sur les financements existants
| 42. | considère qu’une stratégie macrorégionale en Méditerranée doit nécessairement pouvoir s’appuyer sur un plan d’action opérationnel permettant de traduire les priorités en actions concrètes à l’échelle de la Méditerranée. Afin de veiller à ce que la dimension territoriale y soit correctement prise en compte, contribuant non seulement à la concrétisation d’une vision commune d’un développement de meilleure qualité, cohérent et durable dans le bassin méditerranéen, mais aussi pour garantir la participation de la société civile des trois rives de la Méditerranée, il conviendra que les collectivités locales et régionales, qui sont les entités les plus proches des citoyens, soient associées à l’élaboration de ce plan; |
| 43. | rappelle que de nombreux financements pourront être mobilisés pour soutenir ces projets en Méditerranée, notamment 7 milliards d’EUR mobilisés par la Commission dans le cadre de l’instrument européen de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI). Les programmes de la coopération territoriale européenne actifs en Méditerranée (Next-MED, EUROMED, ADRION, Marittimo) représentent également une opportunité majeure pour faciliter des projets en mesure de contribuer aux objectifs d’une stratégie macrorégionale; |
| 44. | rappelle que de nombreux programmes mis en œuvre directement par la Commission, tels qu’Horizon Europe, LIFE ou Erasmus +, sont ouverts à la participation de pays tiers et, notamment, du sud de la Méditerranée, et constituent donc une source de financements complémentaires intéressante. En outre, certains programmes, comme par exemple le Partenariat en matière de recherche et d’innovation dans la zone méditerranéenne (PRIMA) ou encore les instruments bilatéraux mis en place par l’Union européenne dans les pays du voisinage soutiennent directement la coopération en Méditerranée; |
| 45. | indique que de nombreux bailleurs internationaux, comme la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement, et institutions, comme la Fondation Anna Lindh, sont également actifs en Méditerranée pour faciliter l’émergence de projets conjoints; |
| 46. | indique enfin que de nombreux États, régions et villes mettent en œuvre des programmes de coopération décentralisée qui peuvent également contribuer à la réalisation de projets de coopération plus larges en Méditerranée; |
| 47. | rappelle en outre que la mise en œuvre des programmes de coopération territoriale européenne 2021-2027 sera accompagnée du développement de mécanismes de gouvernance pour faciliter la coordination en Méditerranée des financements européens disponibles sur la zone. Le Comité estime que cette action pourra contribuer concrètement à l’émergence d’une stratégie macrorégionale en Méditerranée; |
Conclusions
| 48. | salue l’impulsion nouvelle donnée à la coopération méditerranéenne lors du Forum des mondes méditerranéens organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne; |
| 49. | attend avec intérêt la prochaine présidence de l’Union européenne qui sera assurée en 2023 par un pays méditerranéen, à savoir l’Espagne, en espérant que la priorité sera à nouveau accordée à la gouvernance méditerranéenne et aux potentialités de son cadre macrorégional renouvelé de gouvernance et de coopération; |
| 50. | encourage la Commission et les États membres de l’Union à soutenir l’élaboration d’une stratégie macrorégionale pour la Méditerranée, ainsi que d’autres nouvelles stratégies macrorégionales indispensables; |
| 51. | invite également le Parlement européen et le Comité économique et social européen à soutenir les mesures incitatives en faveur d’une stratégie macrorégionale pour l’ensemble de la Méditerranée, qui aille dans le sens d’une région méditerranéenne meilleure, plus intégrée et solidaire; |
| 52. | invite le Conseil européen à saisir la Commission en 2022 pour l’élaboration d’une stratégie macrorégionale en Méditerranée accompagnée d’un plan d’action, en vue d’une approbation par le Conseil et le Parlement européen pendant la présidence espagnole de l’Union européenne au second semestre 2023. |
Bruxelles, le 11 octobre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) P7_TA (2012) 0269.
(2) 13424/20. Conclusions du Conseil sur la mise en œuvre des stratégies macrorégionales, 2 décembre 2020.
(3) Randone et al.: Reviving the Economy of the Mediterranean Sea: Actions for a Sustainable Future («Revitaliser l’économie de la Méditerranée: actions pour un avenir durable»), Initiative méditerranéenne marine du WWF, 2017.
(4) MedECC (2020) Changement climatique et environnemental dans le bassin méditerranéen — Situation actuelle et risques pour le futur. Premier rapport d’évaluation sur la Méditerranée [Cramer W., Guiot J., Marini K (eds.)]. Union pour la Méditerranée, Plan Bleu, UNEP/MAP, Marseille.
(5) Réunion plénière de l’Assemblée régionale et locale euroméditerranéenne (ARLEM) du 23 janvier 2020.
(6) JOIN(2021) 2 final. Voir aussi l’avis du Comité européen des régions sur le thème «Un partenariat renouvelé avec les pays du voisinage méridional. Un nouveau programme pour la Méditerranée» (JO C 440 du 29.10.2021, p. 19).
(7) Mission de l’UE: Restaurer notre océan et notre milieu aquatique.
Initiative législative — 52022IP0451
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0450
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0449
15/12/2022
Initiative législative — 52022IP0448
15/12/2022