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Initiative législative — 52022IR2752

CELEX52022IR2752
TypeInitiative législative
Datejeudi 1 décembre 2022

Texte intégral

2.3.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 79/30


Avis du Comité européen des régions — L’avenir de la politique de la jeunesse dans l’Union européenne — Réflexion sur la politique de la jeunesse et l’intégration généralisée de cette thématique, dans le contexte de l’Année européenne de la jeunesse 2022

(2023/C 79/06)

Rapporteur:

Tine RADINJA (SI/Les Verts), maire de Škofja Loka

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

Observations préliminaires

1.

vise, au moyen du présent document, à offrir une nouvelle réflexion globale sur la politique de la jeunesse, l’intégration des questions relatives à la jeunesse dans tous les domaines d’action et la participation active des jeunes à la construction de l’avenir de l’Europe, dans le contexte de l’Année européenne de la jeunesse 2022, telle que prévue par la décision (UE) 2021/2316 du Parlement européen et du Conseil (1) et telle que recommandée par la conférence sur l’avenir de l’Europe. Le CdR propose en outre une recommandation forte sur l’intégration des questions liées à la jeunesse, dans la mesure où ce point figure parmi les objectifs de l’Année européenne de la jeunesse 2022;

2.

souligne qu’en raison de la pandémie de COVID-19, de nombreux jeunes ont perdu près de deux ans sur le plan de l’éducation, du travail, de la santé mentale et de la vie sociale. Par conséquent, l’Année européenne de la jeunesse devrait non seulement reconnaître les sacrifices que les nouvelles générations ont dû consentir pendant la pandémie, mais aussi susciter des changements durables allant au-delà de l’Année en elle-même. Alors que la société se remet des effets de la pandémie, il est essentiel, pour sortir de la crise, de faire participer les jeunes et de comprendre leurs préoccupations;

3.

signale que la politique de la jeunesse et l’intégration généralisée des questions liées à la jeunesse sont particulièrement sensibles aux dimensions territoriale et sociale, étant donné qu’il existe d’importantes inégalités en matière d’accès aux services de base, d’éducation, d’emploi, de logement et de mobilité sociale entre les différentes régions de l’Union, qui affectent les jeunes de différentes manières. Les collectivités locales et régionales possèdent d’importantes compétences dans de nombreux domaines liés à la politique de la jeunesse, tels que le logement, l’éducation, l’emploi, la lutte contre la pauvreté et la discrimination, le soutien aux étudiants, les associations de jeunesse, l’animation socio-éducative et les activités culturelles et de loisirs. Aussi les niveaux local et régional doivent-ils être mieux pris en compte à tous les stades de la coordination et de la mise en œuvre de la stratégie de l’Union en faveur de la jeunesse;

À propos de l’intégration des questions liées à la jeunesse

4.

appelle de ses vœux l’intégration des questions liées à la jeunesse ainsi que d’une perspective fondée sur les droits des jeunes dans l’élaboration des politiques aux niveaux local, régional, national et européen, en veillant systématiquement à ce que les perspectives pour la jeunesse soient prises en compte dans tous les domaines d’action. En outre, les jeunes et les organisations de jeunesse devraient être consultés dans le cadre de toutes les discussions politiques afin d’appliquer de manière cohérente une approche intégrée des questions liées à la jeunesse, y compris dans la mise en œuvre des plans nationaux en vue du déploiement du financement de l’instrument NextGenerationEU et des plans de relance;

5.

invite la Commission européenne à mettre en œuvre une évaluation d’impact du point de vue des jeunes qui permettrait d’évaluer les incidences des politiques sur les jeunes. Avant d’adopter de nouvelles politiques, quelles qu’elles soient, il convient de suivre, au moins, les trois étapes suivantes: nouer un dialogue constructif avec toutes les parties prenantes concernées, y compris des experts actifs dans le domaine de la jeunesse et des organisations de jeunesse représentatives qui travaillent sur des sujets pertinents, réaliser une analyse d’impact de l’effet des politiques sur les jeunes, et proposer des mesures susceptibles d’en atténuer les éventuels effets négatifs;

6.

demande aux institutions européennes et aux gouvernements nationaux et locaux de collecter des données qui concernent les jeunes dans tous les domaines d’action, et de les ventiler de manière cohérente par âge. Il convient de mener ces collectes en collaboration avec les organisations de jeunesse et de mettre en place des politiques visant à améliorer leurs compétences en matière de maniement des données, en leur permettant d’accéder aux informations, de les analyser et de les interpréter afin de concevoir des actions de sensibilisation fondées sur des données probantes et des projets qui favorisent le changement;

7.

réaffirme la nécessité d’une politique de la jeunesse qui soit intégrée à toutes les politiques de l’Union au moyen d’une approche horizontale et de la promotion de la coopération intersectorielle, interrégionale et transfrontière;

8.

préconise de prendre des mesures qui renforceront et autonomiseront les organisations de jeunesse européennes, dans la mesure où ces dernières, si elles sont suffisamment fortes, contribuent à assurer l’éducation civique, à accroître la connaissance de la démocratie et à rendre les citoyens plus actifs;

9.

regrette le rétrécissement, au cours de ces dernières années, de l’espace civique dévolu aux organisations de jeunesse et demande que soient mis en place des ressources plus importantes et plus durables ainsi qu’un financement opérationnel qui réponde aux besoins structurels de ces organisations. Ces moyens doivent être distribués de manière transparente et soutenir un secteur de la jeunesse fort qui garantisse que les jeunes de tous horizons puissent avoir accès à un espace sûr pour participer, s’engager et s’épanouir en tant que citoyens actifs;

10.

souligne l’importance des régions et des municipalités européennes pour la réussite de la stratégie européenne en faveur de la jeunesse et la contribution qu’elles peuvent apporter par l’éducation et la culture afin de favoriser une société inclusive pour les jeunes, et encourage le renforcement de la dimension régionale et locale du dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse;

11.

invite les collectivités locales et régionales à considérer toute question relative à la jeunesse comme une priorité constante dans l’élaboration des politiques et propose l’adoption d’une stratégie locale en faveur de la jeunesse par l’ensemble de ces collectivités;

12.

demande à la Commission européenne de renforcer la dimension de la jeunesse dans les programmes Erasmus+ et le corps européen de solidarité, de prendre des mesures supplémentaires pour que ces programmes soient accessibles à tous les groupes de jeunes et de faire en sorte que les jeunes bénéficient des moyens d’agir et soient soutenus de manière appropriée, y compris dans le cadre de leur participation aux programmes; invite les États membres et les collectivités régionales et locales à promouvoir des campagnes d’information pour montrer aux jeunes les avantages que procurent ces deux programmes, y compris sur le plan de l’enrichissement personnel et professionnel, et pour les inciter à y participer, au niveau de leur établissement scolaire ou universitaire;

À propos de l’emploi et de la protection sociale

13.

appelle de ses vœux des mesures adéquates pour garantir le droit des jeunes à un emploi stable et valorisant, assorti de conditions de travail décentes partout en Europe;

14.

souligne le rôle positif de l’éducation à l’entrepreneuriat, de l’entrepreneuriat social et de l’économie sociale dans la réduction du chômage des jeunes, et demande aux décideurs des niveaux européen et national d’œuvrer à la suppression des obstacles auxquels se heurtent les jeunes entrepreneurs, y compris ceux qu’ils rencontrent pour devenir entrepreneurs parallèlement à leurs études;

15.

invite les États membres et les collectivités régionales et locales à promouvoir le rapprochement entre les jeunes et les institutions européennes et à encourager, dans les établissements d’enseignement scolaire et universitaire, la mobilité des jeunes entre les États membres, en mettant l’accent sur les possibilités de développement professionnel et personnel qu’elle ouvre, ainsi que sur les expériences positives qu’elle peut susciter pour l’épanouissement des jeunes européens;

16.

propose à la Commission européenne de mettre en place des mesures de soutien, d’accompagnement et de coordination afin de réduire le niveau de précarité de l’emploi chez les jeunes, de faciliter l’accès à une protection sociale qui supprime toute forme de discrimination fondée sur l’âge, pour les jeunes comme pour les groupes plus âgés, et de mettre fin aux salaires minimaux spécifiques aux jeunes;

17.

recommande d’accroître la coordination de la politique relative à l’emploi des jeunes, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la garantie renforcée pour la jeunesse par les services publics locaux et régionaux de l’emploi;

18.

demande que la Commission européenne, lors de sa révision du cadre de qualité pour les stages, interdise effectivement les stages non rémunérés dans l’ensemble des États membres; préconise également que soient adoptées des mesures, y compris l’introduction d’une directive européenne, afin de garantir que les stages et les apprentissages offrent un niveau minimal de droits en ce qui concerne les conditions de travail, notamment l’accès aux salaires minimaux légaux et à la protection sociale;

19.

met en évidence l’importance de services de garde d’enfants décents et abordables pour permettre aux parents, y compris aux jeunes parents, d’entrer ou de se réinsérer sur le marché du travail;

20.

recommande à la Commission et aux États membres de proposer des mesures concrètes ayant pour but d’améliorer l’intégration des jeunes de tous horizons sur le marché du travail, de lutter contre la discrimination et de garantir l’égalité des chances. À cet égard, il est nécessaire d’intensifier la coordination afin de mieux sensibiliser les jeunes vulnérables confrontés à de multiples obstacles en raison, notamment, de la pauvreté, de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, d’un handicap, de leur faible niveau d’instruction, de leur appartenance à une minorité ethnique ou à un contexte d’immigration;

21.

réaffirme la nécessité de «[reconnaître] que les jeunes LGBTIQ en Europe sont particulièrement vulnérables: ils sont exposés à des situations de discrimination, de victimisation, de stigmatisation et de mauvais traitements dès leur plus jeune âge, rencontrent des difficultés lors de l’étape du “coming-out” auprès de leur famille et de leur entourage, se heurtent à une compréhension limitée de la part des prestataires de services professionnels et de la société en général quant aux questions relatives aux personnes LGBTIQ, et se voient confrontés à des problèmes de santé mentale, physique et sexuelle» (2); demande à cet effet que des mesures efficaces soient prises au niveau européen pour donner aux jeunes LGBTIQ tous les moyens dont ils ont besoin;

22.

souligne que la difficulté d’accès au logement et son coût élevé entravent fortement l’autonomie des jeunes, ce qui les confronte alors à des problèmes en matière d’éducation et de mobilité professionnelle tout en réduisant le pouvoir d’achat des jeunes générations. Le CdR demande dès lors d’adopter en priorité des mesures de soutien, y compris par la mobilisation de fonds de l’Union, afin de garantir des conditions de logement adéquates et abordables pour tous les jeunes en Europe;

23.

met en exergue le fait que de nombreux jeunes européens sont confrontés à un risque de pauvreté et d’exclusion sociale plus élevé en raison de la pandémie de COVID-19 et demande que l’Union européenne prenne des mesures d’aide visant à garantir un soutien suffisant aux jeunes en temps de crise;

24.

fait valoir qu’une coordination plus poussée est nécessaire pour échanger les bonnes pratiques, les objectifs et les indicateurs relatifs à la lutte contre la pauvreté, le risque d’exclusion sociale et la précarité sociale des jeunes;

25.

relève la situation critique à laquelle sont confrontés les jeunes réfugiés, en particulier les mineurs non accompagnés, et demande l’adoption de mesures de soutien visant à permettre à tous les jeunes réfugiés et à leurs familles d’avoir accès à des services de base, tels que l’éducation, le logement ou les soins de santé, et de voir leurs droits humains préservés;

À propos de la santé physique et mentale et du bien-être des jeunes

26.

met en évidence l’importance de l’accès à des services de santé universels, abordables et de qualité, tant préventifs que curatifs; insiste à cet effet sur la nécessité d’éliminer les obstacles auxquels sont confrontés les jeunes qui n’ont pas accès à la sécurité sociale;

27.

attire l’attention sur l’absolue nécessité de combattre la stigmatisation et de reconnaître les difficultés et les obstacles auxquels les jeunes sont confrontés sur le plan de la santé mentale du fait de la pandémie, et de prendre des mesures immédiates pour répondre aux besoins des jeunes dans ce domaine;

28.

préconise de mettre en œuvre une approche globale de la santé mentale en soutenant les trains de mesures axés sur la protection économique et des droits sociaux afin de s’attaquer aux déterminants socio-économiques de la santé mentale, en apportant un soutien ciblé aux jeunes victimes d’exclusion, de discrimination et de marginalisation, en leur fournissant des services de base et en leur conférant des droits fondamentaux;

29.

réclame des mesures visant à rendre le soutien à la santé mentale abordable et accessible à tous les jeunes, y compris les plus vulnérables; appelle en outre à améliorer l’accessibilité et le financement des soins de santé mentale, en veillant à ce que chacun puisse obtenir l’aide dont il a besoin;

30.

plaide en faveur d’investissements accrus dans les initiatives existantes qui visent à bâtir des communautés à partir du terrain, telles que les centres pour les jeunes ou les activités culturelles et sportives gratuites et accessibles, ainsi que dans le soutien aux organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine de la santé mentale;

31.

appelle de ses vœux une stratégie européenne en matière de santé mentale qui comprenne des mesures visant à garantir la prévention des problèmes de santé mentale, une autonomisation valorisante des jeunes européens et leur participation active aux décisions prises en ce qui concerne leur santé mentale, ainsi qu’un soutien ciblé en matière de santé mentale à tous les stades de la vie;

32.

insiste sur la nécessité de veiller à ce que les droits des jeunes en matière de sexualité et de procréation soient pleinement protégés, y compris l’accès à des produits contraceptifs et menstruels;

33.

se félicite que la Commission européenne ait mis en place un groupe de pilotage sur la promotion de la santé, la prévention des maladies et la gestion des maladies non transmissibles; demande toutefois que ce groupe accorde une plus grande attention à la situation des jeunes;

À propos de la participation constructive

34.

rappelle qu’il «est favorable à la valorisation de l’épanouissement des personnes handicapées, dont, en particulier, les enfants et les jeunes, comme de toute autre personne, par l’accès à l’art, à la culture, aux loisirs, aux divertissements, aux loisirs, au sport et au tourisme» (3), ce qui constitue un élément clé du bien-être des personnes handicapées. À cet effet, le Comité met en évidence le rôle du sport dans la promotion de l’inclusion des personnes handicapées et «invite instamment les États membres à promouvoir des programmes qui facilitent la participation à ces activités des enfants, jeunes et adultes présentant des handicaps sévères» (4);

35.

souligne que l’Année européenne de la jeunesse 2022 est une excellente occasion d’encourager la participation constructive des jeunes à la vie démocratique et que son principe directeur devrait viser à renforcer de manière structurelle la démocratie pour les jeunes, en mettant l’accent sur le rôle des organisations de jeunesse représentatives;

36.

suggère d’associer les jeunes, aux niveaux européen, national, régional et local, à la conception, à la direction, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques qui ont une incidence sur eux, ainsi qu’aux mécanismes de consultation formels connexes. En outre, le succès et la mise en œuvre de ces initiatives devraient faire l’objet d’un suivi afin de s’assurer que la participation des jeunes produise des résultats tangibles ou que les raisons de la non-concrétisation de certaines idées ou initiatives soient clairement définies;

37.

exhorte l’ensemble des autorités compétentes aux niveaux local, régional, national et européen à créer des conseils de la jeunesse afin de renforcer la confiance des jeunes dans le fonctionnement des institutions et d’encourager la réflexion, la liberté d’expression, la prise de décision et la connaissance des principes démocratiques et des libertés individuelles et collectives;

38.

demande que l’on s’appuie sur les résultats des mécanismes participatifs existants, tels que le dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse, qui offre à tous les jeunes de l’Union un espace leur permettant d’exprimer leur avis sur des sujets pertinents et d’influencer les procédures législatives en collaboration directe avec les décideurs. Ce processus devrait être développé plus avant et inclure d’autres institutions de l’Union;

39.

préconise de prendre des mesures pour soutenir les jeunes et leur donner les moyens de s’attaquer à la thématique du développement durable, de lutter contre le changement climatique et d’exploiter leur potentiel pour faire évoluer les sociétés en profondeur;

40.

invite les États membres à envisager sérieusement d’abaisser la majorité électorale à 16 ans pour toutes les élections locales et régionales en Europe et demande qu’il soit procédé à un échange de données et de connaissances relatives à l’incidence des dispositions institutionnelles sur la participation politique des jeunes, par exemple l’âge minimum requis pour voter et se présenter à une élection ou les limitations du nombre de mandats politiques;

41.

appelle de ses vœux des mesures de soutien et de coordination visant à renforcer les connaissances des jeunes en matière d’éducation civique, afin de veiller à ce que les jeunes comprennent le processus décisionnel au sein de leurs collectivités locales et qu’ils connaissent les processus démocratiques, leurs droits humains et leurs droits en tant que citoyens;

42.

souligne la nécessité de veiller à ce que tous les jeunes aient accès à des informations de qualité sur les possibilités de participation et de favoriser une participation éclairée, en particulier en ce qui concerne les processus démocratiques;

À propos d’une société inclusive

43.

soutient la coordination et l’échange de bonnes pratiques en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans les parcours de formation et d’emploi, afin de recenser les obstacles et d’améliorer l’accès des femmes et des filles à toutes les possibilités éducatives et professionnelles;

44.

encourage l’intégration de la dimension de genre dans les politiques publiques à tous les niveaux; demande une nouvelle fois, dans le même temps, que «les collectivités locales et régionales soient associées à la conception et à la mise en œuvre de la campagne de sensibilisation et de communication au niveau européen nécessaire pour lutter contre les stéréotypes de genre et insiste sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la jeunesse, qui est l’un des secteurs clés du changement» (5);

45.

est d’avis que l’intégration des jeunes issus de l’immigration dans l’éducation et la vie sociale constitue une priorité, et demande dès lors que soient amplifiés la coordination et les échanges de savoir-faire et de bonnes pratiques en matière de politiques efficaces à cet effet;

46.

estime qu’il est nécessaire de renforcer les mesures d’aide visant à garantir aux jeunes Roms l’accès aux services de base dans tous les États membres de l’Union. À cet effet, le Comité réaffirme être convaincu que «les quatre domaines thématiques clés retenus par la Commission européenne dans la définition de ses groupes d’objectifs, à savoir l’éducation, l’emploi, les soins de santé et le logement, jouent un rôle de premier plan dans le processus d’intégration des Roms, conjointement à celui joué par les services sociaux, en particulier au niveau local et régional» (6); en outre, il demande instamment qu’un large soutien soit offert aux enfants roms afin de remédier efficacement à leur faible niveau d’instruction;

47.

juge essentiel de combattre la discrimination, le racisme et d’autres formes d’intolérance pour lutter contre la radicalisation violente et éviter que les jeunes ne tombent dans l’extrémisme politique ou religieux. À cet égard, le CdR estime que l’éducation et les organisations de la société civile devraient jouer un rôle crucial dans la transmission des valeurs démocratiques et humanistes et qu’une meilleure coordination au niveau de l’Union dans ce domaine pourrait profiter à l’ensemble des États membres;

À propos de l’animation socio-éducative

48.

demande que des mesures soient prises afin de soutenir le développement d’une animation socio-éducative de qualité aux niveaux local, régional, national et européen, y compris une plus grande coordination et des mesures de soutien visant à garantir un niveau de formation de haute qualité pour les animateurs socio-éducatifs rémunérés et bénévoles et à octroyer des ressources suffisantes aux organisations d’animation socio-éducative;

49.

est d’avis que, pour garantir le succès du programme de travail européen sur l’animation socio-éducative, qui porte sur la qualité, l’innovation et la reconnaissance de l’animation socio-éducative, il est nécessaire d’associer étroitement les collectivités locales et régionales. Le CdR estime outre qu’il est indispensable de veiller à ce que suffisamment de données et d’indicateurs communs soient disponibles, y compris au niveau local et régional, afin d’assurer un suivi efficace de l’initiative;

50.

est favorable à la mise en place d’un cadre juridique pour régir la notion d’animation socio-éducative afin de mieux la définir, d’indiquer clairement ses fonctions et ses compétences et d’accorder aux animateurs socio-éducatifs une reconnaissance spécifique de leur travail;

51.

appelle à ce que le bénévolat et le volontariat soient mieux reconnus et soutenus;

À propos de l’éducation et de la formation

52.

invite les États membres et les collectivités régionales et locales à garantir l’accès universel à une éducation de qualité dès la petite enfance, en accordant une attention particulière à l’apprentissage de la langue, et propose de renforcer la coordination et les échanges de bonnes pratiques en ce qui concerne l’inclusion sociale des jeunes, et tout particulièrement de ceux qui sont vulnérables, dans le système éducatif à tous les niveaux, ainsi que la prévention du décrochage scolaire;

53.

demande que des mesures appropriées soient prises pour favoriser davantage l’acquisition de compétences par le plus grand nombre et mieux reconnaître les compétences acquises dans le cadre de l’éducation non formelle et de l’apprentissage informel dès la petite enfance, pour veiller à ce que ces compétences puissent être validées lors de l’entrée ou de la réintégration dans un parcours d’enseignement formel, un emploi, etc.; recommande en outre d’encourager le développement de compétences transversales, adaptées à l’évolution de la nature de l’emploi, et pour promouvoir les compétences linguistiques en priorité, afin d’accroître les chances des jeunes de s’intégrer sur le marché du travail;

54.

appelle à soutenir les animateurs socio-éducatifs rémunérés et bénévoles ainsi que les organisations de jeunesse en tant que principaux prestataires de services éducatifs dans le cadre de l’éducation non formelle et de l’apprentissage informel;

55.

préconise de prendre des mesures de soutien visant à garantir que tous les enseignants puissent acquérir et tenir à jour les connaissances pédagogiques nécessaires ainsi que des compétences de haut niveau, en mettant particulièrement l’accent sur les compétences numériques, et à veiller à ce que leur profession soit reconnue et valorisée dans la société, y compris en ce qui concerne la manière dont elle est valorisée économiquement sur le marché du travail;

56.

soutient la création de plateformes paneuropéennes et l’utilisation accrue de celles qui existent déjà pour diffuser des contenus et des outils éducatifs à grande échelle, de manière inclusive et dans plusieurs langues, en tenant compte des langues régionales;

À propos de la transition numérique

57.

souligne qu’il importe que tous les jeunes aient accès aux nouvelles technologies et à des équipements adéquats qui garantiront l’égalité d’accès, pour l’ensemble des jeunes, aux possibilités qui s’offrent à eux;

58.

recommande de définir les qualifications et compétences pertinentes ainsi que les normes nécessaires à la transition de l’éducation vers une forme numérique, y compris en examinant et en supprimant les nouveaux facteurs d’exclusion potentiels pour les enseignants ou les formateurs et les jeunes;

59.

encourage l’intégration, dans les systèmes éducatifs destinés à la jeunesse, de l’amélioration des compétences numériques globales, y compris les compétences en lien avec l’utilisation judicieuse de la technologie.

Bruxelles, le 1er décembre 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Décision (UE) 2021/2316 du Parlement européen et du Conseil du 22 décembre 2021 relative à l’Année européenne de la jeunesse (2022) (JO L 462 du 28.12.2021, p. 1).

(2) Avis sur le thème «Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025» (COR-2020-05861).

(3) Avis sur la «Stratégie en faveur des droits des personnes handicapées» (COR-2021-01679).

(4) Ibid.

(5) Avis sur le thème «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025» (COR-2020-02016).

(6) Avis sur le thème «Une Union de l’égalité: cadre stratégique de l’UE pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms» (COR-2020-05625).


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