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Initiative législative — 52022IR3942

CELEX52022IR3942
TypeInitiative législative
Datemercredi 30 novembre 2022

Texte intégral

2.3.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 79/59


Avis du Comité européen des régions — Migration légale — Attirer des compétences et des talents dans l’UE

(2023/C 79/10)

Rapporteur:

Giuseppe VARACALLI (IT/Renew Europe), membre du conseil municipal de Gerace

Textes de référence:

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée

COM(2022) 650

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État membre

COM(2022) 655

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Attirer des compétences et des talents dans l’UE

COM(2022) 657

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée

COM(2022) 650

Amendement 1

Considérant 8

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de prévenir le risque d’acquisition abusive du statut de résident de longue durée — UE, les États membres devraient veiller à ce que le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue soit dûment contrôlé pour toutes les catégories de ressortissants de pays tiers. Ce risque est particulièrement important pour les ressortissants de pays tiers qui sont titulaires d’un titre de séjour délivré sur le fondement d’un quelconque type d’investissement réalisé dans un État membre, étant donné que la délivrance de cette catégorie de titres de séjour n’est pas toujours subordonnée à l’exigence d’une présence physique ininterrompue dans l’État membre ou n’est subordonnée qu’à l’exigence d’une présence des investisseurs dans l’État membre pour une durée limitée. Pour prévenir ce risque, les États membres devraient renforcer les vérifications portant sur l’obligation de résidence légale et ininterrompue, en particulier en ce qui concerne les demandes d’acquisition du statut de résident de longue durée — UE introduites par des ressortissants de pays tiers qui résident dans un État membre en échange d’un quelconque type d’investissement, tel que les transferts de capitaux, l’achat ou la location de biens immobiliers, les investissements en obligations d’État, les investissements dans des sociétés privées, le don ou la dotation d’une activité contribuant au bien public et les contributions au budget de l’État.

Afin de prévenir le risque d’acquisition abusive du statut de résident de longue durée — UE, les États membres devraient veiller à ce que le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue soit dûment contrôlé pour toutes les catégories de ressortissants de pays tiers. Ce risque est particulièrement important pour les ressortissants de pays tiers qui sont titulaires d’un titre de séjour délivré sur le fondement d’un quelconque type d’investissement réalisé dans un État membre, étant donné que la délivrance de cette catégorie de titres de séjour n’est pas toujours subordonnée à l’exigence d’une présence physique ininterrompue dans l’État membre ou n’est subordonnée qu’à l’exigence d’une présence des investisseurs dans l’État membre pour une durée limitée. Pour prévenir ce risque, les États membres devraient , en étroite coopération avec les collectivités locales ou régionales compétentes, renforcer les vérifications portant sur l’obligation de résidence légale et ininterrompue, en particulier en ce qui concerne les demandes d’acquisition du statut de résident de longue durée — UE introduites par des ressortissants de pays tiers qui résident dans un État membre en échange d’un quelconque type d’investissement, tel que les transferts de capitaux, l’achat ou la location de biens immobiliers, les investissements en obligations d’État, les investissements dans des sociétés privées, le don ou la dotation d’une activité contribuant au bien public et les contributions au budget de l’État.

Exposé des motifs

Étant donné qu’il appartient aux collectivités locales et régionales de contrôler et surveiller le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue (par exemple, en enregistrant le lieu de résidence), il y a lieu d’opérer toute modification de la procédure ou tout «renforcement» des contrôles en coopération avec lesdites collectivités. Cette approche permet d’éviter des charges administratives disproportionnées et de disposer d’une expérience «de terrain».

Amendement 2

Considérant 20

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les qualifications professionnelles acquises par un ressortissant de pays tiers dans un autre État membre devraient être reconnues au même titre que celles d’un citoyen de l’Union. Les qualifications acquises dans un pays tiers devraient être prises en considération conformément à la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil (*). La présente directive devrait s’entendre sans préjudice des conditions fixées par le droit national pour l’exercice des professions réglementées.

Les qualifications professionnelles acquises par un ressortissant de pays tiers dans un autre État membre devraient être reconnues au même titre que celles d’un citoyen de l’Union. Les qualifications acquises dans un pays tiers devraient être prises en considération conformément à la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil (*) , tandis que des dispositions spécifiques prévoyant une certaine souplesse pourraient s’appliquer aux réfugiés, lesquels peuvent ne pas être en mesure de fournir les preuves et justificatifs pertinents en matière qualifications . La présente directive devrait s’entendre sans préjudice des conditions fixées par le droit national pour l’exercice des professions réglementées. Les États membres devraient rester soumis à l’obligation d’accorder aux enfants mineurs des migrants, indépendamment de leur statut juridique, l’accès à un système éducatif dans des conditions analogues à celles qui sont prévues pour leurs ressortissants nationaux, étant entendu qu’il convient d’accorder une attention particulière aux jeunes filles migrantes, qui sont davantage susceptibles d’être laissées pour compte dans le système éducatif.

Exposé des motifs

Conformément à la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l’accueil des personnes demandant la protection internationale (JO L 180 du 29.6.2013, p. 96), les États membres accordent aux enfants mineurs des demandeurs et aux demandeurs mineurs l’accès au système éducatif dans des conditions comparables à celles de leurs ressortissants. Il est dès lors proposé de conserver ce paragraphe étant donné qu’il a été réaffirmé à plusieurs occasions que les droits étaient essentiels pour une intégration réussie: s’ils doivent être identiques à ceux dont bénéficient les ressortissants de l’État membre concerné, ils doivent impérativement inclure le droit à l’éducation. Il importe de rappeler les obstacles auxquels sont confrontées les jeunes filles, en particulier dans des situations de précarité et d’isolement qui peuvent découler d’expériences migratoires traumatisantes.

Amendement 3

Considérant 28

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

L’harmonisation des conditions d’acquisition du statut de résident de longue durée — UE favorise la confiance mutuelle entre États membres. La présente directive ne devrait toutefois pas porter atteinte au droit des États membres de délivrer des titres de séjour permanents ou d’une durée de validité illimitée autres que le permis de séjour de longue durée — UE. Ces titres de séjour nationaux ne devraient pas octroyer le droit de séjour dans les autres États membres.

L’harmonisation des conditions d’acquisition du statut de résident de longue durée — UE favorise la confiance mutuelle entre États membres. La présente directive ne devrait toutefois pas porter atteinte au droit des États membres de délivrer des titres de séjour permanents ou d’une durée de validité illimitée autres que le permis de séjour de longue durée — UE. Ces titres de séjour nationaux ne devraient pas octroyer le droit de séjour dans les autres États membres. Tout ressortissant de pays tiers peut être titulaire à la fois du statut de résident de longue durée — UE et d’un titre de séjour national ou d’un autre titre de séjour permanent de l’UE.

Exposé des motifs

Il y a lieu de préciser qu’un ressortissant d’un pays tiers qui dispose déjà du statut de résident de longue durée dans l’Union a droit à un permis d’établissement national car celui-ci lui conférerait des droits supplémentaires. Ni la version actuelle de la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée (JO L 16 du 23.1.2004, p. 44) ni sa refonte ne prévoient qu’une personne qui demande le statut de résident de longue durée — UE doit renoncer à son permis de séjour permanent national. En outre, en vertu du droit de l’Union, les ressortissants de pays tiers peuvent avoir deux statuts de résident différents.

Amendement 4

Article 4, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres mettent en place des mécanismes de contrôle appropriés pour veiller à ce que le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue soit dûment contrôlé, en particulier en ce qui concerne les demandes introduites par des ressortissants de pays tiers qui sont et/ou ont été titulaires d’un titre de séjour délivré sur le fondement d’un quelconque type d’investissement dans un État membre.

Les États membres , en étroite coopération avec les collectivités locales et régionales, mettent en place des mécanismes de contrôle appropriés pour veiller à ce que le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue soit dûment contrôlé, en particulier en ce qui concerne les demandes introduites par des ressortissants de pays tiers qui sont et/ou ont été titulaires d’un titre de séjour délivré sur le fondement d’un quelconque type d’investissement dans un État membre.

Exposé des motifs

Étant donné qu’il appartient aux collectivités locales et régionales de contrôler et surveiller le respect de l’obligation de résidence légale et ininterrompue (par exemple, en enregistrant le lieu de résidence), il y a lieu d’opérer toute modification de la procédure ou tout «renforcement» des contrôles en coopération avec lesdites collectivités. Cette approche permet d’éviter des charges administratives disproportionnées et de disposer d’une expérience «de terrain».

Amendement 5

Article 4, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Toute période de séjour passée par un ressortissant d’un pays tiers en tant que titulaire d’un visa de long séjour ou d’un titre de séjour délivré en vertu du droit de l’Union ou du droit national, y compris dans les cas mentionnés à l’article 3, paragraphe 2, points a), b), c) et e), est prise en compte aux fins du calcul de la durée prévue au paragraphe 1, lorsque le ressortissant de pays tiers concerné a acquis un titre de séjour qui lui permettra d’obtenir le statut de résident de longue durée — UE.

En ce qui concerne les personnes auxquelles a été accordée la protection internationale, au moins la moitié de la période comprise entre la date d’introduction de la demande de protection internationale sur la base de laquelle cette protection internationale a été accordée, et la date de la délivrance du titre de séjour visé à l’article 24 de la directive 2011/95/UE, ou la totalité de cette période si elle excède dix-huit mois, est prise en considération pour le calcul de la durée visée au paragraphe 1 .

Toute période de séjour passée par un ressortissant d’un pays tiers en tant que titulaire d’un visa de long séjour ou d’un titre de séjour délivré en vertu du droit de l’Union ou du droit national, y compris dans les cas mentionnés à l’article 3, paragraphe 2, points a), b), c) , d) et e), est prise en compte aux fins du calcul de la durée prévue au paragraphe 1, lorsque le ressortissant de pays tiers concerné a acquis un titre de séjour qui lui permettra d’obtenir le statut de résident de longue durée — UE.

Exposé des motifs

En excluant les cas visés à l’article 3, paragraphe 2, point d), le texte proposé introduit une incohérence dans le régime qui s’applique aux demandeurs d’asile. Si l’on veut garantir un traitement cohérent des demandeurs d’asile, il convient de supprimer le deuxième alinéa.

Amendement 6

Article 5, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres peuvent exiger que les ressortissants de pays tiers satisfassent à des conditions d’intégration conformément à leur droit national.

Les États membres peuvent exiger que les ressortissants de pays tiers satisfassent à des conditions d’intégration conformément à leur droit national. À cet effet, il convient de renforcer la gouvernance à acteurs multiples des migrations. Les États membres devraient octroyer aux collectivités locales et/ou régionales, aux réseaux locaux et régionaux, aux associations professionnelles et aux organismes privés accrédités qui organisent, le cas échéant, des programmes d’intégration, un soutien opérationnel et financier suffisant et adapté au service fourni. Ces programmes d’intégration devraient être placés au cœur des politiques en matière d’éducation, d’emploi, de santé, de logement et de participation.

Exposé des motifs

Étant donné que ce sont souvent les collectivités locales et régionales, mais aussi les associations à but non lucratif, les syndicats et les réseaux locaux et régionaux qui organisent des cours de langue et de citoyenneté, dans le cadre du programme d’intégration, et/ou des cours de formation professionnelle, il est essentiel que ces entités bénéficient d’un soutien adéquat de la part de l’État dans le contexte de ces activités. Placer l’intégration au cœur des politiques pertinentes accélère le processus d’intégration, est conforme aux valeurs que représentent les droits de l’homme, la solidarité et l’égalité, et constitue une approche globale de la migration qui tire parti de la diversité.

Amendement 7

Article 7

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Afin d’acquérir le statut de résident de longue durée — UE, le ressortissant de pays tiers concerné introduit une demande auprès des autorités compétentes de l’État membre dans lequel il réside. La demande est accompagnée de pièces justificatives, à déterminer par le droit national, prouvant qu’il remplit les conditions énumérées aux articles 4 et 5, ainsi que, si nécessaire, d’un document de voyage valide ou d’une copie certifiée conforme de celui-ci.

1. Afin d’acquérir le statut de résident de longue durée — UE, le ressortissant de pays tiers concerné introduit une demande auprès des autorités compétentes de l’État membre dans lequel il réside. La demande est accompagnée de pièces justificatives, à déterminer par le droit national, prouvant qu’il remplit les conditions énumérées aux articles 4 et 5, ainsi que, si nécessaire, d’un document de voyage valide ou d’une copie certifiée conforme de celui-ci. Les autorités nationales compétentes informent le ressortissant de pays tiers au sujet de la procédure de demande dans un délai de trois mois à compter de l’accomplissement de la période de résidence légale et ininterrompue requise sur le territoire de l’État membre concerné.

2. Dès que possible, et en tout état de cause au plus tard six mois après la date d’introduction de la demande complète, les autorités nationales compétentes notifient par écrit au demandeur la décision le concernant. Cette décision est notifiée au ressortissant de pays tiers concerné conformément aux procédures de notification du droit national en la matière.

2. Dès que possible, et en tout état de cause au plus tard six mois après la date d’introduction de la demande complète, les autorités nationales compétentes notifient par écrit au demandeur la décision le concernant. Cette décision est notifiée au ressortissant de pays tiers concerné conformément aux procédures de notification du droit national en la matière.

Si les documents présentés ou les informations fournies à l’appui de la demande sont insuffisants ou incomplets, les autorités compétentes indiquent au demandeur quels documents ou informations complémentaires sont requis et fixent un délai raisonnable pour leur présentation ou communication. Le délai prévu au premier alinéa est suspendu jusqu’à ce que les autorités aient reçu les documents ou informations complémentaires requis. Si les documents ou informations complémentaires requis n’ont pas été fournis dans ledit délai, la demande peut être rejetée.

Si les documents présentés ou les informations fournies à l’appui de la demande sont insuffisants ou incomplets, les autorités compétentes indiquent au demandeur quels documents ou informations complémentaires sont requis et fixent un délai raisonnable pour leur présentation ou communication. Le délai prévu au premier alinéa est suspendu jusqu’à ce que les autorités aient reçu les documents ou informations complémentaires requis. Si les documents ou informations complémentaires requis n’ont pas été fournis dans ledit délai, la demande peut être rejetée.

La personne concernée est informée de ses droits et obligations en vertu de la présente directive.

La personne concernée est informée de ses droits et obligations en vertu de la présente directive.

Toute conséquence de l’absence de décision à l’expiration du délai visé dans la présente disposition doit être réglée par la législation nationale de l’État membre concerné.

Toute conséquence de l’absence de décision à l’expiration du délai visé dans la présente disposition doit être réglée par la législation nationale de l’État membre concerné.

3. Si les conditions prévues aux articles 4 et 5 sont remplies et si la personne ne représente pas une menace au sens de l’article 6, l’État membre concerné accorde le statut de résident de longue durée — UE au ressortissant de pays tiers concerné.

3. Si les conditions prévues aux articles 4 et 5 sont remplies et si la personne ne représente pas une menace au sens de l’article 6, l’État membre concerné accorde le statut de résident de longue durée — UE au ressortissant de pays tiers concerné.

4. Lorsqu’une demande de permis de séjour de longue durée — UE concerne un ressortissant de pays tiers titulaire d’un titre de séjour national délivré par le même État membre conformément à l’article 14, ledit État membre n’exige pas du demandeur qu’il apporte la preuve du respect des conditions prévues à l’article 5, paragraphes 1 et 2, si leur respect a déjà été vérifié dans le cadre de la demande de titre de séjour national.

4. Lorsqu’une demande de permis de séjour de longue durée — UE concerne un ressortissant de pays tiers titulaire d’un titre de séjour national délivré par le même État membre conformément à l’article 14, ledit État membre n’exige pas du demandeur qu’il apporte la preuve du respect des conditions prévues à l’article 5, paragraphes 1 et 2, si leur respect a déjà été vérifié dans le cadre de la demande de titre de séjour national.

5. Toute décision visant à rejeter une demande de séjour de longue durée tient compte des circonstances propres au cas d’espèce et respecte le principe de proportionnalité.

Exposé des motifs

Il importe que les personnes qui remplissent les conditions requises pour demander un permis de séjour de longue durée soient dûment informées par les autorités compétentes de cette possibilité. En effet, les personnes qui sollicitent un titre de séjour manquent cruellement d’informations, ce qui non seulement est source de confusion, de malentendus et de faux espoirs pour elles, mais entraîne également des charges excessives et retarde la procédure administrative. Il est par ailleurs proposé d’ajouter, à l’article 7, un nouveau paragraphe 5 calqué sur le texte de l’article 7, paragraphe 3, de la directive «carte bleue» refondue afin de garantir que les autorités compétentes en matière d’immigration agissent de manière proportionnée et tiennent compte des circonstances propres au cas d’espèce.

Amendement 8

Article 9, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le résident de longue durée — UE perd le droit au statut de résident de longue durée — UE dans les cas suivants:

Le résident de longue durée — UE perd le droit au statut de résident de longue durée — UE dans les cas suivants:

a)

constatation de l’acquisition frauduleuse du statut de résident de longue durée — UE;

a)

constatation de l’acquisition frauduleuse du statut de résident de longue durée — UE;

b)

adoption d’une décision mettant fin au séjour régulier dans les conditions prévues à l’article 13;

b)

adoption d’une décision mettant fin au séjour régulier dans les conditions prévues à l’article 13;

c)

absence du territoire de l’Union pendant une période de vingt-quatre mois consécutifs.

c)

absence du territoire de l’Union pendant une période excédant vingt-quatre mois consécutifs.

Exposé des motifs

Il est proposé d’ajouter le terme «excédant» afin de s’aligner sur ce que disposent d’autres articles de la directive.

Amendement 9

Article 14

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Titres de séjour nationaux permanents ou d’une durée de validité illimitée

Titres de séjour nationaux permanents ou d’une durée de validité illimitée

La présente directive est sans préjudice du droit des États membres de délivrer des titres de séjour permanents ou d’une durée de validité illimitée autres que le permis de séjour de longue durée — UE délivré conformément à la présente directive. Ces titres de séjour n’octroient pas le droit de séjour dans les autres États membres tel que prévu au chapitre III.

La présente directive est sans préjudice du droit des États membres de délivrer des titres de séjour permanents ou d’une durée de validité illimitée autres que le permis de séjour de longue durée — UE délivré conformément à la présente directive. Ces titres de séjour n’octroient pas le droit de séjour dans les autres États membres tel que prévu au chapitre III. Lorsqu’ils délivrent des titres de séjour nationaux permanents, si les droits et avantages prévus par leurs régimes nationaux sont plus favorables, les États membres accordent aux ressortissants de pays tiers auxquels ils ont octroyé le statut de résident de longue durée — UE les mêmes droits et avantages que ceux prévus par lesdits régimes nationaux.

Exposé des motifs

Afin de mettre le permis séjour de longue durée — UE et le titre de séjour permanent national sur un pied d’égalité, les États membres doivent accorder aux ressortissants de pays tiers titulaires du statut de résident de longue durée — UE les mêmes droits et avantages que ceux prévus par les régimes nationaux. L’amendement proposé prend en compte la clause prévue à l’article 11, paragraphe 6, de la directive (UE) 2021/1883 du Parlement européen et du Conseil du 20 octobre 2021 établissant les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié, et abrogeant la directive 2009/50/CE du Conseil (refonte) (JO L 382 du 28.10.2021, p. 1), sur la carte bleue.

Amendement 10

Article 21, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le deuxième État membre délivre aux membres de la famille du résident de longue durée — UE un titre de séjour renouvelable de durée identique à celle du titre qu’il a délivré au résident de longue durée — UE.

Le deuxième État membre délivre aux membres de la famille du résident de longue durée — UE un titre de séjour renouvelable de durée identique à celle du titre qu’il a délivré au résident de longue durée — UE. Le titre de séjour est émis conformément aux règles et au modèle uniforme visés par le règlement (CE) no 1030/2002. Les États membres ajoutent le texte suivant dans la rubrique «Observations»: «En vertu des dispositions du chapitre III, le titulaire bénéficie des mêmes droits qu’un résident de longue durée — UE.».

Exposé des motifs

Le permis de séjour devrait mentionner explicitement qu’il est délivré à un résident de longue durée dans un deuxième État membre, faute de quoi les autorités publiques, organisations privées et autres personnes ne sauront pas que le ressortissant de pays tiers concerné est titulaire du permis de résidence de longue durée — UE et qu’il bénéficie des droits y afférents, tels que l’égalité de traitement.

Amendement 11

Article 24

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Traitement accordé dans le deuxième État membre

Traitement accordé dans le deuxième État membre

1. Dès qu’il obtient le titre de séjour prévu à l’article 21 dans le deuxième État membre, le résident de longue durée — UE et les membres de sa famille bénéficient, dans cet État membre, de l’égalité de traitement dans les domaines et selon les conditions prévus à l’article 12.

1. Dès qu’il obtient le titre de séjour prévu à l’article 21 dans le deuxième État membre, le résident de longue durée — UE et les membres de sa famille bénéficient, dans cet État membre, de l’égalité de traitement dans les domaines et selon les conditions prévus à l’article 12.

2. Les résidents de longue durée — UE et les membres de leur famille ont accès au marché du travail conformément au paragraphe 1.

2. Les résidents de longue durée — UE et les membres de leur famille ont accès au marché du travail conformément au paragraphe 1.

Les États membres peuvent prévoir que les résidents de longue durée — UE et les membres de leur famille qui exercent une activité économique à titre salarié ou indépendant communiquent aux autorités compétentes tout changement d’employeur ou d’activité économique. Cette exigence ne porte pas atteinte au droit des personnes concernées d’accepter et d’exercer la nouvelle activité.

Les États membres peuvent prévoir que les résidents de longue durée — UE et les membres de leur famille qui exercent une activité économique à titre salarié ou indépendant communiquent aux autorités compétentes tout changement d’employeur ou d’activité économique. Cette exigence ne porte pas atteinte au droit des personnes concernées d’accepter et d’exercer la nouvelle activité.

Les États membres peuvent décider, conformément au droit national, des conditions dans lesquelles les personnes visées à l’article 16, paragraphe 2 , points b) ou c), et les membres de leur famille peuvent avoir accès à un emploi à titre salarié ou indépendant.

Les États membres peuvent décider, conformément au droit national, des conditions dans lesquelles les personnes visées à l’article 16, paragraphe 2, point c), et les membres de leur famille peuvent avoir accès à un emploi à titre salarié ou indépendant.

3. En dehors du temps dévolu aux études et sous réserve des règles et conditions applicables à l’activité concernée dans l’État membre concerné, les personnes visées à l’article 16, paragraphe 2, point b), ont le droit d’exercer une activité salariée et peuvent être autorisées à exercer une activité économique indépendante. Chaque État membre fixe le nombre maximum d’heures de travail autorisées par semaine ou de jours ou de mois de travail autorisés par année, qui ne peut être inférieur à quinze heures par semaine ou à l’équivalent en jours ou en mois par année.

Exposé des motifs

Selon les dispositions de l’article 24, paragraphe 2, dernière phrase, l’accès à l’emploi d’un ressortissant de pays tiers résident de longue durée qui se rend dans un autre État membre en tant qu’étudiant au sens de l’article 16, paragraphe 2, point b), dépendrait entièrement des règles nationales pertinentes. Rien ne justifie qu’un ressortissant d’un pays tiers résidant légalement dans l’Union depuis au moins cinq ans dispose d’un accès à l’emploi moins favorable qu’un étudiant de pays tiers au sens de l’article 24 de la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 relative aux conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers à des fins de recherche, d’études, de formation, de volontariat et de programmes d’échange d’élèves ou de projets éducatifs et de travail au pair (JO L 132 du 21.5.2016, p. 21). Le paragraphe ajouté reprend le texte de l’article 24 de ladite directive.

Amendement 12

Article 27

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Accès à l’information

Accès à l’information

1. Les États membres mettent à la disposition des demandeurs d’un permis de séjour de longue durée — UE, de manière facilement accessible, les informations

1. Les États membres mettent à la disposition des demandeurs d’un permis de séjour de longue durée — UE, de manière facilement accessible, les informations

a)

relatives aux pièces justificatives nécessaires à une demande;

a)

relatives aux pièces justificatives nécessaires à une demande;

b)

relatives aux conditions d’acquisition du statut et aux conditions de séjour applicables aux ressortissants de pays tiers et aux membres de leur famille, y compris leurs droits et obligations et les garanties procédurales.

b)

relatives aux conditions d’acquisition du statut et aux conditions de séjour applicables aux ressortissants de pays tiers et aux membres de leur famille, y compris leurs droits et obligations et les garanties procédurales.

2. Lorsque les États membres délivrent des titres de séjour nationaux conformément à l’article 14, ils veillent à ce que les informations relatives au permis de séjour de longue durée — UE soient aussi accessibles que celles relatives à ces titres de séjour nationaux.

2. Lorsque les États membres délivrent des titres de séjour nationaux conformément à l’article 14, ils veillent à ce que les informations relatives au permis de séjour de longue durée — UE soient aussi accessibles que celles relatives à ces titres de séjour nationaux.

3. Lorsqu’un ressortissant de pays tiers a résidé de manière légale et ininterrompue pendant une période de cinq ans sur le territoire d’un État membre, cet État membre informe le ressortissant concerné que la période en question s’est écoulée et qu’il a la possibilité de demander le statut visé à l’article 7 pour autant que les conditions énoncées aux articles 3, 4 et 5 ou à l’article 26 soient remplies.

Exposé des motifs

À ce jour, le statut de résident de longue durée — UE est un instrument qui est faiblement utilisé notamment faute d’une sensibilisation et d’informations adéquates sur les droits et les avantages qu’il procure. Pour remédier à cette situation, il est recommandé d’informer les ressortissants de pays tiers qui ont séjourné de manière légale dans un État membre qu’ils peuvent prétendre à ce statut et de leur expliquer comment introduire une demande en vue de l’obtenir.

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil établissant une procédure de demande unique en vue de la délivrance d’un permis unique autorisant les ressortissants de pays tiers à résider et à travailler sur le territoire d’un État membre et établissant un socle commun de droits pour les travailleurs issus de pays tiers qui résident légalement dans un État membre

COM(2022) 655

Amendement 13

Considérant 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Il convient d’établir un ensemble de règles visant à régir la procédure d’examen d’une demande de permis unique. Cette procédure devrait être efficace et gérable par rapport à la charge de travail normale des administrations des États membres, ainsi que transparente et équitable afin d’offrir un niveau adéquat de sécurité juridique aux personnes concernées.

Il convient d’établir un ensemble de règles visant à régir la procédure d’examen d’une demande de permis unique. Cette procédure devrait être efficace et gérable ainsi que transparente et équitable afin d’offrir un niveau adéquat de sécurité juridique et de diligence aux personnes concernées.

Exposé des motifs

Compte tenu notamment de l’ampleur historique des migrations, qui ne cessent de gagner en importance, nous estimons qu’il est inapproprié de reléguer la procédure d’examen des demandes de permis unique au second plan par rapport à d’autres types de procédures, alors qu’elle nécessiterait que des services spécifiques lui soient consacrés.

Amendement 14

Considérant 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les dispositions de la présente directive devraient être sans préjudice de la compétence dont jouissent les États membres pour réglementer l’admission de ressortissants de pays tiers sur leur territoire afin d’y travailler, y compris le nombre de ces ressortissants.

Les dispositions de la présente directive devraient être sans préjudice de la compétence dont jouissent les États membres pour réglementer l’admission de ressortissants de pays tiers sur leur territoire afin d’y travailler, y compris le nombre de ces ressortissants. Dans le cadre de la détermination du nombre de ressortissants de pays tiers admis sur leur territoire, les États membres sont encouragés à consulter leurs collectivités locales et régionales ainsi que les acteurs locaux pertinents.

Exposé des motifs

Si les quotas d’admission relèvent de la compétence nationale, la situation du marché du travail au sein d’un État membre peut toutefois varier considérablement d’une région à l’autre et les moyennes nationales sont susceptibles ne pas donner une image précise des besoins en main-d’œuvre. Les collectivités locales et régionales devraient dès lors avoir la possibilité de faire en sorte que le volume d’admission national tienne compte de leurs besoins. Les acteurs locaux, tels que les associations locales et régionales, les ONG œuvrant à l’intégration des migrants et à l’accueil des réfugiés, les conseils de réfugiés, etc., peuvent en outre fournir une estimation précise du volume d’admission de ressortissants de pays tiers.

Amendement 15

Considérant 15

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

La désignation de l’autorité compétente au titre de la présente directive devrait être sans préjudice du rôle et des responsabilités des autres autorités et, le cas échéant, des partenaires sociaux en ce qui concerne l’examen de la demande et la décision à laquelle elle donne lieu.

La désignation de l’autorité compétente au titre de la présente directive devrait être sans préjudice du rôle et des responsabilités des autres autorités , y compris des collectivités locales et régionales, et, le cas échéant, des partenaires sociaux en ce qui concerne l’examen de la demande et la décision à laquelle elle donne lieu.

Exposé des motifs

Cet amendement vise à garantir que les collectivités locales et régionales conservent leurs rôles et responsabilités respectifs.

Amendement 16

Considérant 16

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Le délai dans lequel il est statué sur la demande ne devrait, toutefois, pas inclure le temps nécessaire à la reconnaissance des qualifications professionnelles . La présente directive devrait être sans préjudice des procédures nationales en matière de reconnaissance des diplômes.

Le délai dans lequel il est statué sur la demande ne devrait, toutefois, pas inclure le temps nécessaire à la reconnaissance des qualifications professionnelles et des titres et il devrait être sans préjudice des procédures nationales ou régionales relatives à la reconnaissance des diplômes.

Exposé des motifs

La reconnaissance des qualifications est effectuée par différentes autorités et peut ralentir le traitement de la demande de permis unique. Étant donné que, dans certains États membres, de nombreuses professions sont régies au niveau régional, la reconnaissance des qualifications requises implique que les régions mettre en œuvre diverses règles juridiques.

Amendement 17

Considérant 32

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Afin de garantir la bonne application de la présente directive, les États membres devraient veiller à ce qu’il existe des mécanismes appropriés de contrôle des employeurs et que, s’il y a lieu, des inspections efficaces et adéquates soient réalisées sur leurs territoires respectifs. Le choix des employeurs à inspecter devrait être principalement fondé sur une évaluation des risques que les autorités compétentes des États membres doivent effectuer en tenant compte de facteurs tels que le secteur dans lequel une société est active et tout antécédent relatif à une infraction.

Afin de garantir la bonne application de la présente directive, les États membres devraient veiller , de concert avec les collectivités locales et régionales, à ce qu’il existe des mécanismes appropriés de contrôle des employeurs et que, s’il y a lieu, des inspections efficaces et adéquates soient réalisées sur leurs territoires respectifs. Le choix des employeurs à inspecter devrait être principalement fondé sur une évaluation des risques que les autorités compétentes des États membres doivent effectuer en tenant compte de facteurs tels que le secteur dans lequel une société est active et tout antécédent relatif à une infraction.

Exposé des motifs

Étendre la responsabilité des contrôles aux collectivités locales et aux régions permettrait notamment aux services de police territoriaux de jouer un rôle dans la protection des travailleurs et, partant, dans le contrôle des lieux de travail.

Amendement 18

Article 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Autorité compétente

Autorité compétente

1. Les États membres désignent l’autorité compétente pour recevoir la demande et délivrer le permis unique.

1. Les États membres désignent l’autorité compétente pour recevoir la demande et délivrer le permis unique.

2. L’autorité compétente statue sur la demande complète dès que possible et, en tout état de cause, dans un délai de quatre mois suivant la date de dépôt de la demande.

2. L’autorité compétente statue sur la demande complète dès que possible et, en tout état de cause, dans un délai de quatre mois suivant la date de dépôt de la demande.

Le délai visé au premier alinéa englobe la vérification de la situation sur le marché du travail et la délivrance du visa requis prévue à l’article 4, paragraphe 3. Ce délai peut être prorogé dans des circonstances exceptionnelles liées à la complexité de l’examen de la demande.

Le délai visé au premier alinéa englobe la vérification de la situation sur le marché du travail et la délivrance du visa requis prévue à l’article 4, paragraphe 3. Ce délai peut être prorogé dans des circonstances exceptionnelles liées à la complexité de l’examen de la demande , ou réduit en cas de situation politique ou sociale grave ou de catastrophe naturelle, moyennant vérification ultérieure des exigences .

Toute conséquence légale de l’absence de décision dans le délai prévu au présent paragraphe est déterminée par le droit national.

Toute conséquence légale de l’absence de décision dans le délai prévu au présent paragraphe est déterminée par le droit national.

3. L’autorité compétente notifie sa décision par écrit au demandeur, selon les procédures de notification prévues par le droit national pertinent.

3. L’autorité compétente notifie sa décision par écrit au demandeur, selon les procédures de notification prévues par le droit national pertinent.

4. Si les informations ou les documents fournis à l’appui de la demande sont incomplets au regard des critères fixés dans le droit national, l’autorité compétente précise au demandeur par écrit les informations ou les documents complémentaires requis et fixe un délai raisonnable pour la communication de ces informations ou documents. Le délai visé au paragraphe 2 est suspendu jusqu’à ce que l’autorité compétente ou d’autres autorités concernées aient reçu les informations complémentaires requises. Si les informations ou documents complémentaires ne sont pas fournis dans le délai imparti, l’autorité compétente peut rejeter la demande.

4. Si les informations ou les documents fournis à l’appui de la demande sont incomplets au regard des critères fixés dans le droit national, l’autorité compétente précise au demandeur par écrit les informations ou les documents complémentaires requis et fixe un délai raisonnable pour la communication de ces informations ou documents. Le délai visé au paragraphe 2 est suspendu jusqu’à ce que l’autorité compétente ou d’autres autorités concernées aient reçu les informations complémentaires requises. Si les informations ou documents complémentaires ne sont pas fournis dans le délai imparti, l’autorité compétente peut rejeter la demande.

5. La vérification de la situation sur le marché du travail peut être omise ou accélérée si l’employeur vit dans une région ou une ville qui a signalé à l’autorité compétente de l’État membre une pénurie de main-d’œuvre ne pouvant être résorbée par la main-d’œuvre nationale.

Exposé des motifs

L’amendement proposé permettrait d’accélérer le traitement des demandes pour les travailleurs arrivant dans des régions qui mettent tout en œuvre pour résorber la pénurie de main-d’œuvre grâce à aux travailleurs étrangers.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,

1.

se félicite de l’approche stratégique dont fait l’objet la migration légale;

2.

reconnaît que les migrants légaux jouent un rôle crucial dans l’économie et les sociétés européennes et qu’ils sont en outre susceptibles de devenir des acteurs de développement lorsque des politiques adéquates sont mises en place; souligne que la migration légale est un moteur essentiel de la croissance des villes, dont elle contribue à accroître sensiblement la diversité et le dynamisme économique; met par ailleurs l’accent sur la contribution qu’a apportée, pendant la pandémie de COVID-19, le pourcentage élevé de travailleurs clés issus de la migration; souligne la nécessité de renforcer l’égalité de traitement des travailleurs ressortissants de pays tiers, notamment en ce qui concerne les conditions de travail, la liberté d’association et d’affiliation et les prestations de sécurité sociale, ainsi que l’impératif besoin d’une meilleure protection des droits des femmes et de la perspective de genre, en particulier dans les domaines où les femmes migrantes sont surreprésentées, mais aussi de protéger les personnes handicapées, en leur garantissant la protection de leurs droits et un accès aux soins;

3.

fait observer que les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour avoir une vue d’ensemble cohérente des pénuries et possibilités ponctuelles et plus structurelles que présente le marché du travail local et qu’elles devraient dès lors participer à la gouvernance à plusieurs niveaux visant à attirer et retenir des talents internationaux pour répondre aux besoins dudit marché du travail. À cette fin, il convient d’élargir les espaces de dialogue à plusieurs niveaux au sein de la structure de gouvernance aux échelons local, national et européen;

4.

souligne qu’il y a lieu d’aborder la question de l’emploi des travailleurs migrants d’une façon globale afin de couvrir tous les aspects du processus de migration, du recrutement à la liberté effective de circulation au sein du marché du travail de l’Union, en passant par l’intégration réelle; souligne de la même manière l’importance de faire coïncider les niveaux de migration économique légale avec les besoins du marché du travail des États membres et préconise d’associer également les partenaires du secteur privé et les employeurs à ce processus et de prendre en compte tous les travailleurs migrants, quel que soit leur niveau de compétences;

5.

est conscient du fait que la transition de l’Union vers une économie verte et numérique requiert des compétences spécifiques et la restructuration des économies et des marchés du travail qui, à leur tour, nécessitent de la main-d’œuvre supplémentaire et de nouvelles compétences acquises au moyen de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (EFTP); préconise que les collectivités régionales et locales, qui connaissent le mieux les besoins des marchés du travail locaux et régionaux, soient associées à ce processus;

6.

souligne que les institutions des échelons communal et régional jouent un rôle essentiel pour faciliter l’inclusion de tous les ressortissants de pays tiers, quel que soit leur statut juridique. Elles favorisent souvent la diversité et la cohésion sociale au moyen d’une série de politiques progressistes qui renforcent la confiance dans les administrations locales, l’accès équitable aux services partagés et l’inclusion socio-économique. Elles sont au centre de l’accueil et de l’aide aux réfugiés et jouent un rôle crucial pour recenser les besoins du marché du travail et définir les conditions exigeant la mise en place de procédures de sauvegarde (tests sur le marché de l’emploi), ainsi que pour garantir la reconnaissance et le respect de la diversité sur le marché du travail et l’égalité des chances pour tous;

7.

appelle de ses vœux l’adoption, au niveau de l’Union, d’une méthode globale de collecte de données concernant la demande de travailleurs hautement qualifiés dans diverses professions et sur différents marchés du travail, ce qui nécessiterait de développer davantage certaines initiatives, telles que le portail EURES, EuroPass et les actions actuellement prévues dans le cadre de la nouvelle stratégie en matière de compétences; s’associe à la demande fréquemment formulée notamment par les partenaires sociaux nationaux concernant la possibilité de mettre en place, selon des modalités simplifiées, des plateformes de coopération fondées sur les besoins réels du marché;

8.

se félicite du soutien apporté par l’Autorité européenne du travail (AET) pour garantir que les règles de l’Union en matière de mobilité de la main-d’œuvre et de coordination de la sécurité sociale soient appliquées d’une manière juste, simple et efficace, notamment grâce à la fourniture d’informations, à des inspections concertées et conjointes, à une coopération administrative renforcée et à la promotion de la mobilité professionnelle, en particulier par l’intermédiaire du réseau EURES;

9.

estime que la refonte des deux directives à l’examen est conforme aux principes de subsidiarité et de proportionnalité;

10.

se félicite des mesures supplémentaires exposées dans le paquet «Compétences et talents», y compris la création d’un projet pilote de l’Union sur les talents qui cible spécifiquement les personnes fuyant l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la proposition relative à une réserve de talents de l’Union;

11.

se réjouit de l’extension du réservoir européen de talents aux réfugiés résidant dans l’Union et dans des pays tiers annoncée par la Commission européenne en ce qu’elle ouvre la voie à une approche plus durable et inclusive de la mobilité de la main-d’œuvre et à des solutions axées sur les pays tiers; rappelle que lors de la conception de ces outils, il convient de redoubler d’efforts pour mettre en place des programmes en matière de migration de la main-d’œuvre qui soient équitables, qui garantissent des conditions de travail décentes pour tous les travailleurs, et auxquels les réfugiés, quels que soient leur nationalité et leur lieu de séjour, puissent accéder sur un pied d’égalité, en bénéficiant des garanties de protection requises. Les cadres juridiques et administratifs en vigueur restent trop complexes et ont tendance à empêcher l’obtention d’effets d’échelle. Des procédures excessivement bureaucratiques sont susceptibles d’entraver l’accès des réfugiés au marché du travail, ce qui risque de les exposer de plus en plus, au fil du temps, au travail non déclaré ainsi qu’aux abus et à l’exploitation;

12.

souligne que la mise en œuvre des projets de mobilité et des partenariats en faveur des talents devraient à l’avenir associer les collectivités locales et régionales, qui ont pour mission de contribuer à l’élaboration de futurs projets, les diasporas, dont la tâche est de recenser les besoins des migrants et de contribuer à définir des projets dans leur pays d’origine, ainsi que les associations professionnelles et patronales, qui sont chargées de recenser les besoins du marché du travail aux niveaux national et local et de contribuer à élaborer des interventions efficaces;

13.

souligne qu’il convient de tenir compte des besoins des différents acteurs concernés (migrants, diasporas, collectivités locales et régionales, employeurs et associations professionnelles) afin de garantir l’efficacité et la viabilité des futurs projets en tant qu’outils de gestion à long terme de la migration légale; préconise dès lors la création d’une plateforme de travail entre la Commission européenne, le Comité économique et social européen, le Comité européen des régions et le Parlement européen, dont les échanges devraient se baser sur les consultations et dialogues antérieurs avec les principaux acteurs concernés par l’intégration des migrants; appelle par ailleurs de ses vœux la création de synergies avec la plateforme européenne sur la migration professionnelle envisagée par la Commission européenne, et rappelle qu’il convient de prendre en compte la situation particulièrement vulnérable des réfugiés dans le cadre de projets futurs afin de garantir que les réfugiés bénéficient de l’égalité d’accès aux perspectives offertes par le marché travail et que les garanties juridiques requises soient en place;

14.

soutient la mise en place d’un programme de travail et de voyage dans l’Union pour les jeunes originaires de pays tiers, comme le prévoit la Commission dans sa communication intitulée «Attirer des compétences et des talents dans l’UE», ainsi que l’extension du programme DiscoverEU au-delà des pays tiers associés à Erasmus+, et demande d’adopter une approche similaire en ce qui concerne le corps européen de solidarité afin d’inclure dans le programme davantage de pays tiers que ceux actuellement prévus, afin de relever les défis et de saisir les possibilités offertes par la migration tout au long du cycle migratoire;

15.

estime que les propositions de directives COM(2022) 650 et 655 ne prennent pas suffisamment en compte la proposition de directive COM(2022) 657, dont l’objectif principal est d’attirer des compétences et des talents sur le territoire européen, alors même que celle-ci est un moteur important pour opérer un changement de paradigme dans l’analyse du phénomène migratoire;

16.

souligne que, parmi les ressortissants de pays tiers qui contribuent au marché du travail de l’Union, il existe des groupes spécifiques qui, en raison de l’importance croissante qu’ils prennent dans des secteurs essentiels des marchés du travail européens, devraient être pris en compte par la législation, par exemple dans le cadre des initiatives qui visent à renforcer les secteurs des soins et de la santé, notamment la garantie européenne pour l’enfance ou le livre vert sur le vieillissement; demande que les ressortissants de pays tiers fassent l’objet d’un soutien ciblé accru visant à faciliter l’acquisition du statut de résident de longue durée, leur mobilité au sein de l’Union et leur intégration, étant entendu qu’il convient d’accorder une attention particulière aux bénéficiaires d’une protection internationale, lesquels, conformément à la directive relative aux résidents de longue durée, sont assimilés aux autres ressortissants de pays tiers concernés par ladite directive, une disposition qui ne tient pas compte de leur situation spécifique de réfugiés ni de leur vulnérabilité;

17.

souligne que la mobilité de la main-d’œuvre peut constituer une voie légale complémentaire permettant aux réfugiés de rejoindre l’Europe ou d’autres destinations sans devoir emprunter des routes migratoires irrégulières, en ce qu’elle peut être un moyen sûr pour les réfugiés d’utiliser leurs compétences et de réaliser leur potentiel dans des régions qui essaient de remédier à des pénuries de compétences spécifiques; propose que les réfugiés résidant dans des pays tiers soient considérés comme une catégorie supplémentaire de travailleurs qualifiés, la mise en place de cette voie légale supplémentaire basée sur la migration de la main-d’œuvre pouvant contribuer à réduire la pression exercée sur les régimes d’asile européens;

18.

signale que, même si la migration irrégulière ne représente qu’un faible pourcentage des migrations globales vers l’Union européenne, elle continue toutefois d’exercer une pression considérable sur les régions et les villes situées aux frontières extérieures de celle-ci; demande dès lors que le principe de répartition de la charge entre les États membres de l’Union soit dûment appliqué et la migration irrégulière combattue, notamment grâce à la lutte contre les trafiquants qui exploitent les demandeurs d’asile et les migrants économiques en leur faisant entreprendre des voyages périlleux;

19.

rappelle que, pour certains métiers d’excellence (secteurs de la santé, de l’ingénierie, etc.), il convient de faciliter davantage les entrées en simplifiant les formalités administratives, tandis que pour les milliers de postes vacants dans des secteurs nécessitant une formation non pas universitaire mais technique, par exemple l’agriculture, la construction, les transports ou la mécanique, il ne faut pas se borner à faire correspondre l’offre du marché aux demandes d’emploi mais plutôt prévoir un autre type de collaboration: en plus d’assurer l’adéquation entre l’offre du marché et la demande, il convient de mener une coopération plus étroite avec les partenaires sociaux et les centres de formation concernés ainsi qu’avec les communes et les régions;

20.

invite par ailleurs les États membres à évaluer, en vue d’attirer les compétences et les talents, la possibilité de faciliter l’acquisition du statut de résident de longue durée par tous les migrants en situation régulière disposant de qualifications élevées et d’emplois hautement qualifiés, ainsi que, en établissant bien entendu des priorités, par des catégories spécifiques de ressortissants de pays tiers moyennement qualifiés qui pourraient contribuer à combler le déficit dans des secteurs qui font face à une pénurie de main-d’œuvre, comme c’est le cas, par exemple, dans les domaines de l’informatique et de la santé. Il serait donc nécessaire de créer des listes de métiers pour lesquels il existe des pénuries avérées de main-d’œuvre, mais de dissocier l’accès des travailleurs qualifiés de l’examen de la situation du marché de l’emploi;

21.

propose la mise en place d’un système de reconnaissance local des compétences (au niveau régional ou métropolitain) afin d’accélérer le processus d’inclusion socio-économique des ressortissants de pays tiers, qu’ils soient primo-arrivants ou déjà résidents, qui bénéficient de l’un des statuts prévus par la législation nationale en vigueur. Ce système de reconnaissance des compétences ne remplacerait pas le système national, mais viendrait le compléter, et garantirait une intégration plus rapide sur le marché du travail régional ou métropolitain;

22.

souligne que l’afflux récent de réfugiés hautement qualifiés en provenance d’Ukraine met en évidence la nécessité d’accélérer le processus de reconnaissance des compétences pour tous les ressortissants de pays tiers, comme le prévoit déjà la nouvelle directive relative à la carte bleue européenne. Il est essentiel de disposer d’une politique européenne régissant l’entrée et le traitement des travailleurs migrants afin de garantir un bon équilibre entre l’offre et la demande de main-d’œuvre, lequel est particulièrement perturbé en ce moment, en particulier dans certaines fonctions importantes pour la société, comme celles liées aux soins et à la santé;

23.

rappelle qu’il convient de tenir compte des artistes qui, en tant que tels, ne font pas partie des profils professionnels recherchés mais ont la capacité d’enrichir la culture de l’État d’accueil et de créer les échanges culturels dont l’histoire de nos territoires peut s’enorgueillir;

24.

recommande de mettre en œuvre des politiques à long terme qui vont au-delà des mesures axées sur la sécurité en promouvant une meilleure inclusion et en s’attaquant aux causes sous-jacentes de la migration;

25.

demande de promouvoir l’esprit d’entreprise en élargissant les voies de migration vers l’Union dans le but de créer des entreprises et des jeunes pousses et en facilitant la délivrance de permis à des ressortissants de pays tiers qui souhaitent créer une entreprise; met l’accent sur la capacité des collectivités locales et régionales à orienter les nouveaux venus et à les mettre en relation avec des entreprises locales, ainsi que sur la nécessité d’appuyer ces initiatives grâce à un soutien continu au moyen de financements de l’Union;

26.

souligne la nécessité de promouvoir une culture de la tolérance grâce à la sensibilisation interculturelle et à la construction d’un sentiment d’appartenance commun;

27.

propose qu’on intensifie la gouvernance de la migration à plusieurs acteurs, qu’on renforce la coopération entre les pouvoirs régionaux et la société civile en matière de gestion des migrations, de diversité et d’inclusion, qu’on approfondisse le dialogue et la coopération en matière de migration et qu’on élabore une approche véritablement globale de celle-ci afin de l’aborder dans toutes ses dimensions, en respectant pleinement les droits de l’homme.

Bruxelles, le 30 novembre 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


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