Acte préparatoire52022SC0020

Acte préparatoire — 52022SC0020

CELEX52022SC0020
TypeActe préparatoire
Datejeudi 27 janvier 2022

Texte intégral

Résumé de l’analyse d’impact

Analyse d’impact relative à la révision des lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et à l’énergie (LDAEE)

A. Nécessité d’une action

Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’UE?

Les problèmes ayant entraîné la révision des lignes directrices relatives à la protection de l’environnement et à l’énergie (LDAEE, les futures lignes directrices étant rebaptisées «Lignes directrices concernant les aides d’État au climat, à la protection de l’environnement et à l’énergie» ou «LDACEE») sont les suivants: i) les LDAEE ne sont pas adaptées aux nouvelles technologies, ni aux nouveaux types de mesures d’aide; ii) les LDAEE ne reflètent pas suffisamment les évolutions récentes de la politique de l’UE en matière de climat, d’environnement et d’énergie; iii) les distorsions de concurrence et les préoccupations liées au rapport coût-efficacité ne sont pas suffisamment prises en considération compte tenu de l’ampleur des dépenses nationales dans ce domaine; iv) les règles d’évaluation de la compatibilité sont parfois trop complexes ou difficiles à appliquer, ou manquent de cohérence; et v) l’efficacité des règles concernant les exemptions de taxes pour les gros consommateurs d’énergie n’est pas claire. Les parties prenantes les plus touchées par la révision des LDAEE sont les autorités chargées de l’octroi des aides dans les États membres et les entreprises dans l’ensemble de l’UE (en tant que bénéficiaires admissibles ou effectifs). Les LDAEE s’appliquent à tous les secteurs d’activité et dans l’ensemble de l’UE. Elles ont été réexaminées dans le cadre du bilan de qualité du train de mesures pour la modernisation des aides d’État de 2014 et d’une évaluation ex post.

Quels sont les objectifs à atteindre?

L’objectif général est d’adapter les LDAEE afin de permettre aux États membres d’accorder des aides qui contribuent à la réalisation des objectifs de l’UE en matière environnementale et énergétique, tout en veillant à ce que les distorsions des échanges et de la concurrence soient réduites au minimum et à ce que des industries à forte intensité énergétique compétitives, innovantes et durables se développent. À cette fin, la révision poursuivra sept objectifs spécifiques: i) assurer la cohérence entre les règles des LDAEE et les objectifs stratégiques de l’UE dans les domaines du climat, de l’énergie et de l’environnement; ii) améliorer la capacité des règles des LDAEE à s’adapter aux évolutions technologiques et financières; iii) réduire au minimum les distorsions du marché; iv) assurer la simplification administrative; v) assurer un bon rapport coût-efficacité des aides; vi) éviter les fuites de carbone dues à l’imposition de taxes élevées sur l’électricité pour financer les politiques de décarbonation; vii) préserver les incitations en faveur d’une décarbonation rentable des gros consommateurs d’énergie.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’UE (subsidiarité)?

Le principe de subsidiarité ne s’applique pas étant donné que la Commission dispose d’une compétence exclusive dans ce domaine.

B. Solutions

Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option privilégiée? Si ce n’est pas le cas, pourquoi?

Une série d’options portant sur les cinq questions stratégiques suivantes ont été examinées: A) Les règles relatives à l’octroi d’aides à la réduction des émissions de gaz à effet de serre devraient-elles être uniformisées entre les différentes technologies ou les différents secteurs? B) Comment faciliter l’octroi d’aides en faveur de mesures qui contribuent au pacte vert, tout en réduisant au minimum les distorsions du marché? C) Le recours à la mise en concurrence devrait-il être étendu et devenir l’option par défaut pour les aides à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et, dans l’affirmative, quelles devraient être la portée et l’étendue des appels d’offres? D) Les projets devraient-ils être différenciés en fonction de leurs mérites environnementaux afin de respecter le pacte vert? Si oui, comment? E) Comment trouver le juste équilibre dans des arbitrages délicats au moment d’accorder des exemptions de taxes sur l’électricité aux gros consommateurs d’énergie à titre de soutien (par exemple, risque de délocalisation contre distorsions de concurrence; électrification contre efficacité électrique)? Les options privilégiées sont les suivantes: A) harmoniser partiellement les règles relatives à l’octroi des aides en fonction des caractéristiques sectorielles; B) faciliter l’octroi d’aides en autorisant davantage de types d’aides, en comptabilisant les nouveaux coûts et en exemptant davantage d’aides par catégorie, tout en prévoyant des garde-fous pour éviter les distorsions du marché; C) exiger une procédure de mise en concurrence à technologies multiples, sauf dans des cas justifiés; D) différencier de manière générale les projets en fonction du type de carburant ou de combustible; et E) autoriser les réductions de taxes sur la base d’une liste d’admissibilité unique au niveau sectoriel.

Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option?

Les participants à la consultation publique sur le projet de lignes directrices sont généralement favorables aux objectifs des lignes directrices révisées, qui tiennent compte des options privilégiées. Le nombre important de réactions aux règles proposées concernant les gros consommateurs d’énergie a été pris en considération dans l’élaboration des options correspondantes. Les entreprises et les associations/ONG ont des avis divergents sur certaines des garanties et limitations proposées (par exemple, le niveau des exemptions pour les gros consommateurs d’énergie, la question du soutien aux carburants et combustibles fossiles, l’harmonisation avec les règles sectorielles et la taxinomie de l’UE, et les conditions de participation aux consultations publiques et aux procédures de mise en concurrence). Les États membres ont des points de vue contrastés sur certaines questions.

C. Incidences de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Les options privilégiées favoriseraient des régimes propices à la concurrence et une concurrence accrue entre les technologies à l’intérieur d’un même régime, éviteraient la duplication des règles et nécessiteraient des lignes directrices plus courtes. Elles permettraient également d’intégrer les futures innovations financières et technologiques et offriraient une approche harmonisée qui profiterait aux entreprises, en particulier aux PME. Elles faciliteraient l’octroi d’environ 32 milliards d’EUR d’aides (2022-2030), assorties de conditions de compatibilité plus souples et plus rentables, permettant de couvrir davantage de coûts admissibles au moyen à la fois d’aides à l’investissement et d’aides au fonctionnement, et permettraient d’éviter des émissions d’environ 41 MtCO2. Pour ce qui est de la simplification administrative, au cours de la période 2022-2030, entre 20 et 50 notifications seraient évitées grâce à l’élargissement des exemptions par catégorie et environ 40 notifications seraient évitées grâce à l’allégement des exigences de notification individuelle. L’obligation de procéder à des consultations publiques sur les régimes proposés renforcerait la sécurité juridique et améliorerait la transparence. Les options privilégiées entraîneraient des gains de rentabilité et éviteraient les émissions d’environ 37,5 MtCO2, et auraient une incidence neutre sur la charge administrative des autorités. Elles contribueraient à la suppression progressive des combustibles fossiles les plus polluants (par exemple, le pétrole, le charbon et le lignite), et auraient une incidence positive sur l’environnement étant donné que ces combustibles émettent environ deux fois plus de gaz à effet de serre que le gaz naturel. L’option privilégiée concernant les gros consommateurs d’énergie permettrait de renforcer la protection contre les fuites de carbone et de soutenir la décarbonation de l’industrie de l’UE sans accroître les distorsions de la concurrence. Pour ce qui est de la simplification administrative, ces règles apporteraient une plus grande clarté, réduisant ainsi la complexité, en particulier pour les PME. Néanmoins, ces estimations sont spéculatives, car ce sont les États membres, et non la Commission, qui décident des montants effectifs des aides.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Des groupes d’intérêts représentant des technologies énergétiques spécifiques ont déclaré craindre que des règles communes pour la quasi-totalité des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre entraînent une diminution des incitations à investir dans leurs technologies (incidence non quantifiable). Pour ce qui est des coûts pour les pouvoirs publics, l’obligation de quantifier le coût de la protection de l’environnement augmenterait la charge administrative (coûts estimés à 100 000 EUR par régime, pour plus de 150 millions d’EUR d’aides par an), de même que l’obligation de procéder à des consultations publiques (coûts estimés non significatifs). En ce qui concerne la procédure de mise en concurrence, l’incidence sur la charge administrative des pouvoirs publics devrait être neutre, mais la charge administrative des entreprises serait plus lourde, ce qui serait contrebalancé pour les PME par l’élargissement du champ d’application des exemptions de notification. Pour les combustibles fossiles, les coûts pour la société et pour l’environnement se manifesteraient en ce que les aides d’État en faveur de certains actifs fonctionnant au moyen de combustibles fossiles seraient encore autorisées pendant une période limitée.

Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité?

Si certaines options peuvent avoir une incidence négative sur les PME, de nombreux changements profiteront également aux PME, notamment en allégeant la charge administrative d’un plus grand nombre de régimes d’aides de taille modeste, et en facilitant les aides à l’efficacité énergétique, secteur dans lequel les PME sont bien représentées. Les options stratégiques comprennent également des mesures d’atténuation visant à alléger la charge pesant sur les PME. Les incidences spécifiques sur les PME ne peuvent être quantifiées. Tous les secteurs d’activité sont couverts par les LDAEE, et les incidences des décisions d’investissement sur le rapport coût-efficacité, ainsi que du point de vue de la préservation de la compétitivité, du soutien à l’entrée sur le marché et de l’évitement des distorsions de concurrence, devraient être très positives.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Les LDAEE révisées n’imposeront aucune dépense ni, à l’inverse, ne limiteront le niveau du soutien financier que les États membres peuvent décider d’accorder aux investissements visant des objectifs liés à l’énergie et à l’environnement. Concernant les mesures ou les projets individuels, les règles établies dans les LDACEE fixeront toutefois certaines limites en matière de montant de l’aide, d’intensité de l’aide, de type de bénéficiaires et de coûts admissibles. Les LDACEE influenceront donc la capacité des États membres à soutenir les investissements en faveur de l’atténuation du changement climatique, de la protection de l’environnement, de l’efficacité énergétique et de la sécurité d’approvisionnement, notamment pour les investissements soutenus par la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres fonds au titre de NextGenerationEU.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Les avantages environnementaux quantifiables sont présentés ci-dessus dans le cadre des avantages généraux.

Proportionnalité?

Les options privilégiées apportent une solution efficace et proportionnée aux problèmes constatés.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

Les LDACEE feront l’objet d’une évaluation ex post en vue de leur prochaine révision. La Commission a l’intention d’entamer une évaluation à mi-parcours de ces lignes directrices d’ici au 31 décembre 2027.