| Résumé de l’analyse d’impact |
| Analyse d’impact concernant une proposition établissant des règles en vue de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants |
| A. Nécessité d’une action |
| Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’UE? |
| Les abus sexuels sur enfants, en ligne et hors ligne, constituent une criminalité particulièrement grave qui affecte la sécurité publique dans l’UE et viole les droits fondamentaux des enfants. Ils ont des conséquences graves et de grande ampleur, qui durent toute la vie pour les victimes. Certaines infactions sexuelles contre des enfants ne sont pas correctement combattues dans l’UE, en raison de problèmes rencontrés par les fournisseurs de services concernés pour les détecter, les signaler et prendre des mesures à leur sujet, ainsi que de l’insuffisance de la prévention et de l’assistance aux victimes. Les réponses divergentes adoptées au niveau national ont une incidence négative sur le marché intérieur. Les enfants sont de plus en plus exposés à des risques et à des préjudices en ligne, et le matériel relatif à des abus sexuels sur enfants se propage sur l’internet dans des proportions toujours plus importantes. L’analyse d’impact a mis au jour trois principaux moteurs de cette criminalité: 1.bien que certains fournisseurs de services prennent des mesures volontaires pour détecter les abus sexuels sur enfants en ligne, ces efforts se sont avérés insuffisants; 2.les insuffisances relevées dans la coopération public-privé entre les fournisseurs de services en ligne, les organisations de la société civile et les autorités publiques nuisent à une lutte efficace contre les abus sexuels sur enfants. En particulier, les États membres prennent de plus en plus de mesures au niveau national afin d’imposer des obligations spécifiques concernant ces contenus manifestement illicites, en créant ainsi une fragmentation dans le marché intérieur; 3.les efforts des États membres visant à prévenir les abus sexuels sur les enfants et à fournir une assistance aux victimes sont limités et divergents, manquent de coordination et leur efficacité n’est pas claire. |
| Quels sont les objectifs à atteindre? |
| L’objectif général est d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur en introduisant des règles de l’UE claires, uniformes et équilibrées afin de prévenir et de combattre les abus sexuels sur enfants, notamment en clarifiant les rôles et responsabilités des fournisseurs de services en ligne. Les objectifs spécifiques sont les suivants: 1.assurer la détection, le retrait et le signalement efficaces des abus sexuels sur enfants en ligne là où les efforts en ce sens laissent actuellement à désirer; 2.améliorer la sécurité juridique, la transparence et la responsabilité, et garantir la protection des droits fondamentaux; et 3.réduire la prolifération et les effets des abus sexuels sur enfants grâce à une harmonisation des règles et à une meilleure coordination des efforts. |
| Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’Union (subsidiarité)? |
| Compte tenu du caractère transfrontière et transsectoriel de la lutte contre les abus sexuels sur enfants et de la fragmentation actuelle, une amélioration satisfaisante ne peut être obtenue par des États membres agissant seuls ou de manière non coordonnée. En outre, pour faciliter les efforts des États membres, une action de l’UE réduirait les coûts de mise en conformité/opérationnels, en particulier pour les fournisseurs de services en ligne, en améliorant le fonctionnement du marché intérieur grâce à une réduction de la fragmentation. Une action de l’UE contribuerait à diffuser dans l’UE les bonnes pratiques et enseignements tirés au niveau national et réduirait la dépendance vis-à-vis des pays tiers tout en facilitant la coopération avec ceux-ci. |
| B. Solutions |
| Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option privilégiée? |
| Option A: adoption de mesures pratiques afin d’améliorer la prévention, la détection, le signalement et le retrait, ainsi que l’assistance aux victimes, et création d’un centre de l’UE pour la prévention et l’assistance aux victimes. Option B: option A + adoption d’une législation 1) précisant les conditions de la détection volontaire, 2) imposant des obligations de signalement et de retrait des abus sexuels sur enfants en ligne et 3) élargissant le centre de l’UE afin qu’il soutienne également la détection, le signalement et le retrait. Option C: option B + obligation de détection du matériel connu relatif à des abus sexuels sur enfants. Option D: option C + obligation de détection du matériel nouveau relatif à des abus sexuels sur enfants. Option E: option D + obligation de détection du pédopiégeage. Il s’agit de l’option privilégiée. |
| Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option? |
| Les parties prenantes sont convenues, en général, de l’importance d’intensifier les efforts dans la lutte contre les abus sexuels sur enfants, en ligne et hors ligne, sans dupliquer ou perturber inutilement les efforts en cours, et ont salué la possible création du centre de l’UE. Les autorités publiques et les ONG de défense des droits de l’enfant ont soutenu les obligations de détection, de signalement et de retrait des abus sexuels sur enfants en ligne, tandis que les fournisseurs de services ont préconisé une approche volontaire favorisant les efforts actuels et l’innovation. Les ONG de défense des droits liés au respect de la vie privée ont souligné l’importance de ne pas affaiblir le chiffrement et la nécessité de respecter l’interdiction de la surveillance généralisée. |
| C. Incidences de l’option privilégiée |
| Quels sont les avantages de l’option privilégiée (le cas échéant; à défaut, des options principales)? |
| L’initiative devrait réduire la fragmentation sur le marché unique, renforcer la sécurité juridique, améliorer l’identification, la protection et le soutien apporté aux victimes d’abus sexuels sur enfants, assurer une prévention efficace et faciliter les enquêtes. Combattre et prévenir les abus sexuels sur enfants en ligne permettrait d’améliorer la protection des droits de l’enfant, en réduisant la prolifération et les effets des abus sexuels sur enfants, y compris la charge économique liée aux coûts de santé, d’emploi et autres coûts directs, ainsi que la perte de productivité. |
| Quels sont les coûts de l’option privilégiée (le cas échéant; à défaut, des options principales)? |
| Les principaux coûts de l’option privilégiée sont ceux exposés par: ·les fournisseurs de services, afin de se conformer aux obligations de détection, de signalement et de retrait des abus sexuels sur enfants en ligne (coûts ponctuels estimés à 1,6 milliard d’EUR et coûts annuels estimés à 1,5 milliard d’EUR); ·les autorités publiques, afin de gérer l’augmentation du nombre de signalements (coûts ponctuels estimés à 5,4 millions d’EUR et coûts annuels estimés à 825,6 millions d’EUR); ·le centre de l’UE (coûts ponctuels estimés à 5 millions d’EUR et coûts annuels estimés à 25,7 millions d’EUR). |
| Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité? |
| Les principales incidences sur les PME proviennent de l’obligation de détecter, de signaler et de retirer les abus sexuels sur enfants en ligne constatés sur leurs services. L’incidence économique sera atténuée par l’accès gratuit à la technologie nécessaire pour détecter, signaler et retirer les abus, que le centre de l’UE facilitera. Des règles uniformes en matière de lutte contre les abus sexuels sur enfants aideront les PME à exercer leurs activités sur le marché unique, en aidant les entreprises en expansion et les innovateurs, tout en facilitant un environnement en ligne plus sûr pour les enfants. |
| Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales? |
| Le nombre de signalements d’abus sexuels sur enfants devrait augmenter à la suite de cette initiative, ce qui générera des coûts pour les autorités publiques, notamment pour mener des enquêtes. Le centre de l’UE soutiendra cependant les autorités publiques dans leurs efforts d’établissement de priorités en matière d’enquêtes, en améliorant la qualité des signalements et en permettant d’utiliser de manière plus rentable les ressources et l’expertise disponibles dans l’UE, également à des fins de prévention et d’assistance aux victimes. Dans ces domaines, le centre facilitera la coordination entre États membres, ce qui évitera la duplication des efforts. |
| Y aura-t-il d’autres incidences notables? |
| L’option privilégiée vise à protéger tous les droits fondamentaux en jeu, y compris les droits fondamentaux à la dignité humaine et à l’intégrité de la personne, l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants, ainsi que les droits de l’enfant (y compris les droits des enfants au respect de leur vie privée et familiale et à la protection de leurs données à caractère personnel). Parallèlement, l’option privilégiée aurait une incidence sur les droits fondamentaux de tous les utilisateurs des services concernés, en particulier les droits au respect de la vie privée (y compris des communications, dans le cadre du droit plus large au respect de la vie privée et familiale), à la protection des données à caractère personnel et à la liberté d’expression et d’information. La législation devrait inclure des garanties tenant compte du fait que le degré de caractère intrusif varie en fonction de la nature des services en ligne, afin d’atteindre un juste équilibre entre les différents droits fondamentaux et de pouvoir réagir de manière plus adéquate aux abus sexuels sur enfants en fonction des risques existants et de leur évolution, en particulier les risques émergents dans un environnement numérique hautement dynamique. |
| Proportionnalité? |
| La législation poursuit l’objectif légitime de lutter plus efficacement contre les abus sexuels sur enfants en ligne, y compris en protégeant mieux les enfants victimes grâce à une détection, un signalement et un retrait plus efficaces, et inclut les conditions et garanties nécessaires. L’option privilégiée n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs généraux et spécifiques définis pour l’intervention de l’UE. En particulier, elle garantit le respect de l’interdiction de la surveillance généralisée ainsi qu’un juste équilibre entre les différents droits en jeu. |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| Les résultats de la mise en œuvre de l’option privilégiée feront l’objet d’un suivi au moyen d’indicateurs de performance recueillis par les autorités publiques, les fournisseurs de services et le centre de l’UE. Sur la base de ces indicateurs, la Commission préparera un rapport de mise en œuvre, tous les cinq ans, et une évaluation tous les cinq ans. |