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Acte préparatoire52022SC0322

Acte préparatoire — 52022SC0322

CELEX52022SC0322
TypeActe préparatoire
Datejeudi 29 septembre 2022

Texte intégral

Résumé de l’analyse d’impact (2 pages maximum)

Analyse d’impact accompagnant les lignes directrices relatives aux conventions collectives pour les travailleurs indépendants sans salariés

A. Nécessité d’une action

Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’UE?

Du point de vue du droit de la concurrence de l’Union, les travailleurs sont considérés comme intégrés dans l’entreprise avec laquelle ils ont une relation de travail. Par conséquent, l’article 101 du traité ne s’applique pas à eux, mais uniquement à l’entreprise qui les emploie. Les travailleurs indépendants sont en principe considérés comme des «entreprises» exerçant leur activité sur le marché en tant qu’opérateurs économiques indépendants par rapport à leur commettant. Par conséquent, ils relèvent du champ d’application de l’article 101 du TFUE.

La distinction binaire entre travailleurs salariés et travailleurs indépendants sur laquelle repose l’application des règles de concurrence signifie que les travailleurs indépendants peuvent enfreindre les règles de concurrence de l’UE s’ils négocient collectivement leurs conditions de travail. Ce problème d’insécurité juridique touche particulièrement certains travailleurs indépendants qui travaillent seuls, c’est-à-dire sans salariés, et qui dépendent de leur travail personnel pour gagner leur vie (ci-après les «travailleurs indépendants sans salariés»). Ils éprouvent le plus de difficultés à influencer leurs conditions de travail. À la lumière de ces considérations, le principal problème que la présente initiative vise à résoudre réside dans le fait qu’il existe une insécurité juridique quant à l’application du droit de la concurrence de l’UE aux conventions collectives relatives aux conditions de travail de certains travailleurs indépendants sans salariés, dont l’influence sur leurs conditions de travail peut être limitée.

Quels sont les objectifs à atteindre?

L’objectif général de l’initiative est de veiller à ce que le droit de la concurrence de l’UE ne fasse pas obstacle aux négociations et conventions collectives relatives aux conditions de travail des travailleurs indépendants sans salariés ayant peu d’influence sur celles-ci. Pour atteindre cet objectif, l’initiative i) identifiera les travailleurs indépendants sans salariés ayant peu d’influence sur leurs conditions de travail qui ne devraient pas être empêchés de négocier et conclure collectivement une convention sur leurs conditions de travail; et ii) clarifiera l’application du droit de la concurrence de l’UE en ce qui concerne les conventions collectives relatives aux conditions de travail des travailleurs indépendants.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’UE (subsidiarité)?

Le principe de subsidiarité ne s’applique pas car la Commission dispose d’une compétence exclusive dans ce domaine. Une action de l’UE est essentielle pour remédier à l’incertitude entourant l’application des règles de concurrence de l’UE aux conventions collectives relatives aux conditions de travail des travailleurs indépendants sans salariés. En l’absence d’intervention de l’UE, l’insécurité juridique, les risques d’infraction et l’effet dissuasif qui en découle subsisteront.

B. Les solutions

Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option privilégiée?

À la lumière des objectifs de l’initiative et de la marge d’appréciation dont dispose la Commission pour atteindre ces objectifs, deux options initiales ont été évaluées. L’option 1 exclut de l’article 101 du traité les négociations/conventions collectives conclues par des travailleurs indépendants sans salariés qui ne disposent pas d’un pouvoir de négociation suffisant parce qu’ils ne sont pas suffisamment indépendants de leur contrepartie. Ceux-ci se trouvent donc dans une situation comparable à celle des travailleurs salariés. Les catégories considérées comme comparables aux travailleurs salariés sont les suivantes: i) les travailleurs indépendants sans salariés économiquement dépendants; ii) les travailleurs indépendants sans salariés travaillant côte à côte avec des travailleurs salariés et iii) les travailleurs indépendants sans salariés travaillant par l’intermédiaire de plateformes de travail numériques. L’option 2 exclut également de l’article 101 du traité les conventions conclues par des personnes comparables aux travailleurs salariés. En outre, elle donne l’assurance que la Commission n’interviendra pas en ce qui concerne les conventions collectives d’autres travailleurs indépendants sans salariés qui se trouvent dans une position de négociation déséquilibrée (même s’ils ne sont pas comparables à des travailleurs salariés) en exploitant les pouvoirs de fixation des priorités dont elle dispose. Un déséquilibre du pouvoir de négociation est présumé exister lorsque les travailleurs indépendants sans salariés: i) traitent avec des contreparties d’une certaine puissance économique, ou ii) ont le droit de négocier collectivement en vertu de la législation nationale ou de l’UE.

Une comparaison des deux options révèle que l’option 2 est celle à privilégier.

Quelle est la position des différentes parties intéressées? Qui soutient quelle option?

D’une manière générale, les parties prenantes de l’UE considèrent la présente initiative comme une évolution positive. La majorité des parties prenantes (y compris les citoyens, les syndicats et les plateformes numériques de l’UE) étaient favorables à l’option la plus large.

C. Incidence de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (le cas échéant, sinon des options principales)?

L’option privilégiée a pour avantage direct de renforcer la sécurité juridique pour les travailleurs indépendants et leurs contreparties, ainsi que pour les États membres. De manière indirecte, cette option devrait également: i) augmenter d’ici 2030 le nombre de travailleurs indépendants sans salariés qui seraient couverts par des conventions collectives; ii) augmenter la rémunération moyenne des personnes bénéficiant de telles conventions collectives; et iii) réduire le nombre des travailleurs indépendants sans salariés et des membres de leur famille qui sont exposés au risque de pauvreté.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée (le cas échéant, sinon des options principales)?

L’augmentation prévue du recours aux conventions collectives pourrait, à son tour, entraîner une augmentation de la rémunération des travailleurs indépendants sans salariés et, en fin de compte, une augmentation du prix du service final. La répercussion d’une telle augmentation sur les consommateurs dépendrait toutefois d’un certain nombre de facteurs, tels que les effets sur les coûts variables des services fournis et la structure du marché. Les bénéfices des entreprises qui dépendent de travailleurs indépendants sans salariés devraient également être affectés, bien que cette incidence soit atténuée par la répercussion sur les consommateurs et, éventuellement, par l’accroissement de la productivité des travailleurs indépendants sans salariés, qui bénéficieraient d’une rémunération plus élevée.

Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité?

L’option privilégiée contribuerait à l’égalité des conditions en matière de compétitivité en corrigeant le déséquilibre entre les entreprises qui s’appuient sur le modèle des indépendants sans salariés et celles qui s’appuient sur un modèle de travail salarié. Les PME ont néanmoins tendance à s’appuyer plus lourdement sur les services fournis par des indépendants sans salariés que d’autres entreprises de l’économie hors ligne et pourraient donc être plus touchées par l’augmentation de leurs coûts que les grandes entreprises. Toutefois, l’option privilégiée prend en compte et évite le risque de charge disproportionnée pour les PME.

Grâce à l’amélioration des conditions de rémunération et de travail, la productivité des travailleurs indépendants sans salariés pourrait augmenter, favorisant ainsi la croissance globale de la productivité des entreprises. Aucun effet sensible sur le marché intérieur et la compétitivité n’est attendu. La possibilité d’un impact sur la compétitivité internationale est négligeable. Si une augmentation du coût du «travail» pour les travailleurs indépendants sans salariés dans l’UE pourrait rendre certaines activités plus attrayantes en dehors de l’Union, cela ne concernerait que les activités entièrement effectuées en ligne et cela existe déjà sous la forme d’une relocalisation du travail vers des pays tiers.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

L’augmentation de la rémunération des travailleurs indépendants sans salariés travaillant pour des clients professionnels pourrait également avoir un effet positif sur le budget de l’État, grâce à une diminution des dépenses consacrées aux aides au revenu minimum et aux prestations liées à l’emploi, ainsi qu’à une augmentation des revenus provenant des recettes fiscales. La clarification selon laquelle le droit de la concurrence ne fera pas obstacle à la conclusion de conventions collectives par des groupes bien définis de travailleurs indépendants sans salariés est plus susceptible d’éliminer les coûts d’application des règles de concurrence. Les coûts administratifs relatifs aux conventions collectives qui seraient à la charge des entreprises et des travailleurs indépendants sans salariés devraient également être limités.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Au-delà de l’incidence directe d’une suppression de l’effet dissuasif pour les travailleurs indépendants sans salariés et leurs contreparties, l’option privilégiée devrait produire, principalement, des incidences indirectes. Sur le plan économique, l’option privilégiée aurait une incidence limitée sur l’emploi et la création d’emplois dans l’ensemble, malgré l’augmentation des coûts de main-d’œuvre qui pourrait accompagner la conclusion de conventions collectives pour les travailleurs indépendants sans salariés (incidence économique indirecte). D’un point de vue social, l’option privilégiée pourrait encourager les États membres à instaurer un dialogue social plus inclusif.

Proportionnalité

L’option privilégiée serait proportionnée dans la mesure où elle couvrirait des «travailleurs indépendants sans salariés» définis comme des personnes qui: i) n’ont pas de contrat de travail ni de relation de travail salarié; ii) n’ont pas de salariés; et iii) dépendent principalement de leur propre travail personnel pour la fourniture des services concernés. En outre, elle ne couvrirait que les négociations/conventions collectives i) entre les (représentants de) travailleurs indépendants sans salariés et les (représentants des) plateformes numériques/clients professionnels auxquels ou par l’intermédiaire desquels le service a été fourni; ii) limitées à une amélioration des conditions de travail des travailleurs indépendants sans salariés, y compris de leurs tarifs. Les négociations/conventions collectives sur les prix et conditions applicables au consommateur final ne seraient toutefois pas couvertes.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

La présente initiative sera évaluée en permanence sur la base d’un état des lieux périodique fondé sur les renseignements internes dont disposera la Commission et sur les contacts étroits qu’elle entretiendra avec les autorités nationales de concurrence («ANC»), les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes. Une évaluation qualitative sera réalisée sur la base notamment des actions menées par les ANC, des modifications législatives apportées par les États membres, du recours des travailleurs indépendants aux conventions collectives, lorsqu’elles sont disponibles, et des avis des parties prenantes concernées. À la lumière de ce qui précède, la Commission examinera, après les 8 premières années d’application (ou plus tôt, si le suivi révèle la nécessité d’intervenir d’urgence), s’il y a lieu de modifier la présente initiative.

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