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Communication — 52022XE2974

CELEX52022XE2974
TypeCommunication
Datejeudi 16 juin 2022

Texte intégral

23.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 365/1


Résolution du Comité économique et social européen sur le thème «Ukraine — De l’aide à la reconstruction — Propositions de la société civile européenne»

(2022/C 365/01)

Base juridique

Article 52, paragraphe 4, du règlement intérieur

Adoption en session plénière

16.6.2022

Session plénière no

570

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

206/2/2

Messages clés

1.

Le statut de candidat à l’adhésion à l’UE pour l’Ukraine. Le CESE invite le Conseil européen à accorder à l’Ukraine le statut de pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne lors de sa réunion des 23 et 24 juin 2022. L’octroi à l’Ukraine du statut de candidat à l’adhésion ne doit pas porter préjudice au processus d’adhésion en cours des Balkans occidentaux. Le CESE est favorable à la mise en place d’un système d’intégration progressive fondé sur la conformité avec l’acquis communautaire.

2.

La société civile européenne est solidaire de l’Ukraine et du peuple ukrainien. La société civile a réagi rapidement et efficacement en suscitant une mobilisation sans précédent des citoyens sur le terrain. L’aide humanitaire doit être renforcée et devrait être décaissée de manière à soutenir directement les organisations de la société civile (OSC). Les ONG spécialisées, ainsi que les OSC, devraient être réellement associées à la planification et au suivi de l’aide humanitaire de l’UE et des États membres.

3.

Offrir une perspective aux réfugiés. Le Comité demande que les réfugiés se voient accorder les mêmes droits que les citoyens de l’UE en matière de soins de santé et d’accès au marché du travail (reconnaissance des qualifications, accès aux services des agences pour l’emploi, cours de langue, systèmes de santé et d’éducation), deux domaines où l’égalité des droits est essentielle pour éviter l’aggravation de la pauvreté parmi les réfugiés. Grâce à la négociation collective et à des mesures ad hoc, les partenaires sociaux peuvent contribuer à l’intégration des travailleurs et éviter qu’ils ne soient victimes d’exploitation et de dumping social. Le Comité met particulièrement l’accent sur le rôle des OSC dans la protection et la réintégration de certains groupes vulnérables souvent oubliés: les mineurs non accompagnés, les enfants séparés de leurs familles ou issus d'institutions, les personnes handicapées, les minorités roms et les victimes de violences sexuelles.

4.

Reconstruction. Une aide financière européenne et internationale immédiate est nécessaire pour prévenir la destruction totale de l’économie ukrainienne. Un soutien financier doit être apporté aux PME, aux agriculteurs ukrainiens en vue de la prochaine récolte et à la société civile ukrainienne, organisations patronales et syndicats compris, afin de les maintenir pleinement opérationnels en temps de guerre. Le moteur des efforts de reconstruction doit être l’innovation. Les organisations de la société civile doivent être étroitement associées afin de s’assurer que les réformes dans le domaine de l’état de droit, la lutte contre la corruption et les transitions écologique et numérique pourront être menées à bien.

5.

La crise économique. La guerre ne devrait pas compromettre la mise en œuvre des politiques de transition écologique dans l’UE. Le Comité invite les États membres et les institutions de l’UE à prendre les mesures nécessaires pour enrayer la spéculation excessive sur les produits de base, renforcer la transparence du marché et supprimer temporairement tous les obstacles aux importations de produits agricoles afin d’atténuer la crise des prix des denrées alimentaires. Il avertit que ni le fonds NextGenerationEU, ni son volet de facilité pour la reprise et la résilience, ni la flexibilité au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 actuel ne sont suffisants pour couvrir pleinement les besoins financiers dus à la guerre en Ukraine.

6.

Le rôle de la société civile. La longue histoire du CESE et ses liens avec les OSC ukrainiennes jouent un rôle important pour maintenir ouverts les canaux de communication et permettre la participation au processus d’intégration à l’UE. Le Comité invite les États membres à intensifier sensiblement le renforcement des capacités des OSC ukrainiennes, ainsi que le soutien organisationnel et financier dont elles bénéficient. Il encourage les partenariats entre les organisations de jeunesse européennes et ukrainiennes et propose d’organiser un événement consacré à l’engagement des jeunes et à son rôle dans le cadre de la future reconstruction de l’Ukraine. Le CESE s’engage pour sa part à renforcer la coopération et les échanges avec les OSC ukrainiennes et à continuer de plaider en faveur du maintien de la solidarité et de la générosité de l’UE à l’égard de l’Ukraine. À cette fin, il organisera une manifestation avec les sociétés civiles ukrainienne et européenne le 19 juillet à Cracovie.

Dans le même temps, le CESE souligne que les organisations de la société civile indépendantes qui subsistent en Russie ne doivent pas être abandonnées.

LE COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (CESE)

1.

exprime sa solidarité avec le peuple ukrainien, réitère sa ferme condamnation de l’agression injustifiée et non provoquée de l’Ukraine par la Fédération de Russie sous l’égide de son président Vladimir Poutine et attire l’attention sur sa précédente résolution intitulée «La guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, sociales et environnementales» (1), adoptée le 24 mars 2022;

2.

souligne que cette guerre tragique, qui se déroule sur le sol européen depuis près de quatre mois, a entraîné de très nombreuses pertes humaines, notamment civiles, et provoqué des destructions massives et de grandes souffrances; elle a accru les niveaux de pauvreté dans le monde, causé des dommages sociaux, économiques et environnementaux inestimables et entraîné une vague sans précédent de réfugiés et de personnes déplacées; demande que le droit humanitaire international soit respecté et que les crimes de guerre commis dans les villes et villages ukrainiens par les envahisseurs soient dûment recensés et fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites en bonne et due forme;

3.

appelle à un cessez-le-feu immédiat par toutes les parties au conflit, réaffirme la primauté ultime de la diplomatie et souligne que les efforts de recherche d’une approche en matière de maintien de la paix et la négociation en ce sens devraient être une priorité à tous les niveaux du débat politique, tout en exigeant le retrait complet des troupes russes de l’Ukraine; prie instamment l’Union européenne de continuer à apporter son aide à l’Ukraine et à sa population, comme elle l’a fait depuis le tout premier jour de la guerre; demande un suivi détaillé des incidences économiques, sociales et environnementales des sanctions adoptées à la suite de l’agression militaire commise par la Russie;

4.

constate que la guerre à la frontière orientale de l’Union est contraire à l’histoire, à la philosophie et à l’identité de l’UE; souligne que les conséquences de cette guerre constituent une menace pour les valeurs européennes, la liberté et les droits des citoyens et des autres habitants de l’Union ainsi que pour le modèle européen de l’économie sociale de marché; attire l’attention sur le fait que la paix et la prospérité constituent les fondements de l’Union européenne (UE) et que les organisations de la société civile (OSC) ont joué un rôle de premier plan au cours des dernières décennies en promouvant activement et en contribuant à établir et à maintenir une culture de la paix sur le continent européen;

5.

souligne que la Fédération de Russie et ses représentants actuels doivent être suspendus des instances et organisations internationales, en commençant par celles dont la mission consiste à maintenir la paix, protéger les droits de l’homme et garantir un développement durable et un environnement sûr;

Concernant la situation humanitaire

6.

constate que plus de 6,8 millions de personnes (2) ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre, un exode qui fait de cette crise des réfugiés celle qui a connu la croissance la plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale; ajoute que 8 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays (3), ce qui signifie qu’environ un tiers de la population ukrainienne a été contrainte de fuir son foyer;

7.

reconnaît que plusieurs pays européens, notamment la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Moldavie (4), ont été durement touchés par l’afflux de réfugiés ukrainiens et que ces pays, et en particulier leurs OSC, ont réagi rapidement et efficacement, déclenchant une mobilisation volontaire sans précédent des citoyens sur le terrain;

8.

souligne que les fonds de l’Union destinés à l’aide humanitaire doivent être revus à la hausse et devraient être décaissés, en particulier, aux niveaux régional et local, en soutenant et en associant directement les OSC actives dans l’intégration socio-économique des réfugiés;

9.

presse les États membres, les régions de l’Union européenne et les OSC de tirer parti, avec un maximum de rapidité et d’efficacité, des possibilités offertes en matière d’aide aux réfugiés venus d’Ukraine par le règlement du Parlement et du Conseil que la Commission européenne a proposé le 8 mars 2022 en ce qui concerne l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE), en articulation avec la proposition de modification du règlement REACT-EU qu’elle a présentée le 23 mars 2022; souligne que cette aide devrait en priorité être distribuée par les OSC, en ce compris les ONG, et que les organisations de la société civiles devraient également être directement associées à l’organisation et au suivi de l’aide humanitaire européenne et nationale;

10.

recommande de réaffecter, dans le respect de l’état de droit, les économies réalisées dans le cadre financier pluriannuel 2014-2021 et l’instrument REACT-EU afin de pouvoir les réorienter promptement et en souplesse au bénéfice de l’aide aux réfugiés, et encourage l’établissement d’un fonds spécifique consacré à cet objectif, pour le cas où les ressources disponibles actuellement s’avéreraient insuffisantes pour assurer l’accueil et l’intégration sociale et sur le marché du travail des réfugiés, et couvrir notamment les services de soins, le logement, l’alimentation, l’aide matérielle, les programmes de formation et l’intervention des services publics de l’emploi;

11.

souligne que, dans la réaction européenne à la crise de la COVID-19, les citoyens européens ont ressenti que l’Union les protégeait et ouvrait des perspectives, notamment grâce à la création du programme SURE et de NextGenerationEU; souligne que ni le fonds NextGenerationEU, avec son volet de facilité pour la reprise et la résilience, ni la flexibilité au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 actuel ne sont suffisants pour couvrir pleinement les besoins financiers dus à la guerre en Ukraine; note qu’en termes d’échelle, ces instruments n’ont pas été conçus pour, à la fois, relever les nouveaux défis découlant de l’agression et de l’invasion russes et maintenir les investissements dans les programmes et les politiques de l’Union, notamment en ce qui concerne des priorités de premier plan telles que les transitions juste, écologique et numérique;

12.

met en exergue l’urgence d’améliorer la cartographie de toutes les parties prenantes concernées par l’aide humanitaire et médicale, ainsi que la coordination entre elles afin de s’assurer que l’aide parvienne rapidement et efficacement à toutes les personnes touchées par la guerre;

13.

souligne que des mesures et des activités de suivi doivent être mises en œuvre dans divers domaines tels que le respect des droits de l’homme et la documentation des crimes de guerre, et se félicite de la mise en place par l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni du Groupe consultatif sur les atrocités criminelles (ACA);

14.

insiste sur le fait que les réfugiés en provenance d’Ukraine devraient avoir accès au système de soins de santé publics au même titre que les citoyens de l’Union, ainsi qu’aux soins de santé reproductive et sexuelle essentiels, à la contraception d’urgence, aux soins d’avortement et obstétriques pour les victimes de viol;

15.

invite la Commission et les États membres à accorder une attention particulière à la situation des mineurs non accompagnés, des enfants séparés et des enfants issus d'institutions arrivant d’Ukraine, afin de veiller à ce que leurs besoins immédiats soient satisfaits, à ce qu’ils soient identifiés et suivis de manière adéquate et à ce que les données de ces mineurs soient partagées entre les États membres afin de les réunir avec leur famille ou de les réintégrer ultérieurement dans la société ukrainienne, tout en garantissant leur protection contre les abus et la traite des êtres humains;

16.

attire l’attention sur la situation effroyable des personnes handicapées qui tentent de quitter les zones de guerre en Ukraine ou qui sont confrontées à des défis considérables en tant que réfugiés dans les pays d’accueil; insiste pour que tous les réfugiés soient traités sur un pied d’égalité, indépendamment de leur origine ethnique, de leur nationalité ou de leur handicap; estime que les réfugiés porteurs d’un handicap devraient bénéficier de toute l’assistance nécessaire pour pouvoir vivre de manière autonome et ne devraient pas être placés contre leur gré en institutions dans les pays d’accueil;

17.

attire l’attention sur le fait que la participation au marché du travail joue un rôle central dans l’intégration et dans la réduction des niveaux de pauvreté; met en garde contre le fait que les réfugiés en provenance d’Ukraine risquent d’être les moins protégés, de recevoir le salaire le plus bas, de travailler en-deçà de leurs qualifications et de figurer parmi les groupes les plus vulnérables sur le marché du travail s’ils ne bénéficient pas de la protection sociale ou de la liberté d’association et des droits des travailleurs; souligne, à cet égard, la nécessité de traiter de manière adéquate les cas de conditions de travail inégales et de veiller à ce que les travailleurs jouissent des mêmes droits que les citoyens de l’Union et ne soient pas victimes d’exploitation et de dumping social; demande l’élaboration de stratégies à moyen et long terme pour les Ukrainiens qui souhaitent rester dans leur pays d’accueil, afin de les intégrer pleinement sur les marchés du travail de l’UE;

18.

souligne le rôle essentiel que les partenaires sociaux peuvent jouer grâce à la négociation collective et à des mesures et accords ad hoc pour faciliter l’intégration des travailleurs en provenance d’Ukraine sur le marché du travail de l’Union; estime que les agences pour l’emploi devraient soutenir les réfugiés au moyen de toute la gamme de leurs services, y compris le conseil, la préparation des profils de demandeurs, les activités de placement et l’offre d’outils de soutien, et invite les États membres à mettre en place ou à soutenir des services de mise en relation entre les réfugiés et les employeurs potentiels;

19.

fait observer que la reconnaissance des qualifications constitue une condition préalable essentielle pour assurer l’intégration des réfugiés ukrainiens sur le marché du travail des pays d’accueil et pour leur éviter des conditions d’emploi précaires; insiste sur la nécessité d’établir des règles et des lignes directrices efficaces afin de garantir une reconnaissance rapide mais de qualité des qualifications, l’accès à des cours de langue et à l’éducation et à la formation professionnelle pour les jeunes qui fuient l’Ukraine;

20.

souligne que toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour que les adultes et les enfants qui cherchent refuge dans l’Union puissent poursuivre leur parcours éducatif et insiste pour qu’une attention particulière soit accordée, au niveau de l’école, non seulement à la suppression des barrières linguistiques, mais aussi au traitement des symptômes traumatiques, qui pourraient avoir des conséquences négatives à long terme;

21.

estime que les réfugiés en provenance d’Ukraine doivent se voir accorder le même accès aux systèmes de sécurité sociale et aux services sociaux que les citoyens de l’Union;

Concernant la reconstruction et la perspective européenne de l’Ukraine

22.

se félicite de la mise en place d’une «plateforme de reconstruction de l’Ukraine» internationale, comme le prévoit la communication de la Commission intitulée «Aide immédiate et aide à la reconstruction de l’Ukraine», ainsi que du rôle de premier plan joué par l’Union dans la mobilisation de l’aide internationale en faveur de l’Ukraine;

23.

invite l’Union européenne à fournir aux PME ukrainiennes un financement d’urgence qui devrait prioritairement contribuer à assurer leur survie et ensuite les aider à se développer. Prévenir la destruction totale de l’économie ukrainienne doit être un autre objectif clé des efforts déployés par l’UE en Ukraine;

24.

souligne que la reconstruction de l’Ukraine qui aura lieu après la guerre est une situation exceptionnelle qui devrait contribuer au développement d’une société civile plus forte et d’une nouvelle économie, fondée sur les dernières technologies vertes et numériques et dont le moteur serait l’innovation;

25.

insiste toutefois sur le fait que l’accent mis sur les réformes dans le domaine de l’état de droit, la lutte contre la corruption et les transitions écologique et numérique ne pourra se concrétiser sans un engagement véritable de la société civile, et demande que les OSC soient étroitement associées aux efforts de reconstruction, notamment à la planification et à la mise en œuvre de la facilité «Rebuild Ukraine», étant donné qu’elles sont les mieux placées pour exprimer les besoins des citoyens ukrainiens et contribuer au suivi des efforts de reconstruction et de l’alignement sur la législation de l’Union;

26.

souligne que le conflit et ses conséquences ne devraient pas compromettre les politiques de transition écologique dans l’Union, mais plutôt accélérer leur mise en œuvre;

27.

appelle avec force le Conseil et le Parlement à envisager d’utiliser les installations de stockage de gaz des pays tiers voisins, ce qui apportera une valeur ajoutée aux efforts visant à assurer la sécurité de l’approvisionnement, en particulier pour ce qui concerne l’Ukraine;

28.

attire l’attention sur la crise mondiale des prix alimentaires exacerbée par la guerre en Ukraine et invite les États membres et les institutions de l’Union à prendre les mesures nécessaires pour enrayer la spéculation excessive sur les produits de base et renforcer la transparence du marché;

29.

souligne la nécessité d’adopter dès maintenant des mesures visant à soutenir les agriculteurs ukrainiens en vue de la prochaine récolte, demande en outre la suppression immédiate et temporaire de tous les obstacles, qu’ils soient de nature administrative ou physique, à la circulation des produits agricoles, de manière à augmenter rapidement le volume des importations vers le marché intérieur de l’UE et d’autres régions du monde comme l’Afrique, dans les secteurs où l’Ukraine peut encore exporter; demande que les ports ukrainiens soient rouverts sans délai et qu’il soit procédé à un déminage de la zone sous l’égide des Nations unies pour permettre l’exportation de produits agricoles tels que le maïs, l’huile de tournesol, les graines de tournesol, les graines de soja et le miel;

30.

invite le Conseil européen à accorder à l’Ukraine le statut de pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne lors de sa réunion de juin 2022;

31.

soutient une adhésion de l’Ukraine à l’Union qui soit fondée sur le mérite et conforme aux normes convenues pour l’adhésion à l’UE, sans que cela porte atteinte au processus d’adhésion en cours des Balkans occidentaux (5); demande que dans les prochaines années, la politique de cohésion et ses instruments financiers soient dûment adaptés, de manière à ce qu’ils puissent relever les défis auxquels le pays sera confronté pour se reconstruire au sortir de la guerre; demande que le potentiel économique et social de l’intégration de l’Ukraine au marché unique fasse l’objet d’une analyse approfondie;

32.

est d’avis que l’Union européenne, tout en maintenant ses normes d’adhésion, peut définir des étapes progressives pour l’adoption de l’acquis communautaire; souligne que face à toute agression militaire, l’unité entre les États membres de l’Union doit demeurer la règle en matière de politique d’élargissement; encourage l’exploration d’autres modalités permettant à des pays tiers de rejoindre l’architecture économique, sociale et de sécurité européenne; souligne toutefois que de tels partenariats ou associations ne sauraient être considérés comme une alternative à l’adhésion à l’Union;

Concernant le soutien aux organisations de la société civile

33.

souligne le rôle que le Comité économique et social européen est en mesure de jouer en matière de liaison avec les OSC ukrainiennes et dans l’ouverture de canaux avec celles-ci grâce à sa longue histoire de contacts bilatéraux entre l’Union et la société civile ukrainienne; met, à cet égard, en évidence les résultats de mécanismes bien établis, notamment la plateforme de la société civile UE-Ukraine et les groupes consultatifs internes européens et ukrainiens, mis en place dans le cadre de l’accord d’association UE-Ukraine; demande que l’UE soutienne la participation des OSC ukrainiennes aux réseaux européens d’OSC;

34.

attire l’attention sur la nécessité de lancer le processus de renforcement des capacités des OSC ukrainiennes afin de leur permettre de participer au processus d’intégration européenne, de façonner et de suivre ce processus;

35.

souligne la nécessité de renforcer le soutien à la société civile ukrainienne, y compris les organisations patronales et les syndicats, au moyen de fonds européens spécifiques, afin de la maintenir pleinement opérationnelle en temps de guerre; met en garde contre les tentatives d’utiliser la guerre pour justifier des actions visant à réduire le niveau de protection des droits des travailleurs et de protection sociale, ce qui aggravera les conséquences économiques et sociales négatives de la guerre;

36.

insiste sur le rôle joué par les OSC européennes actives dans la recherche de solutions de maintien de la paix et dans la gestion des différentes retombées sociales, humanitaires, économiques et politiques de la crise ukrainienne, et souligne l’importance de leur apporter une assistance et un soutien complets au moyen de programmes financés par l’Union spécialement conçus à cette fin;

37.

rend hommage à la contribution qu’apportent les OSC des États membres de l’Union européenne pour ce qui est de dispenser l’aide aux réfugiés ukrainiens, laquelle dépasse celle des secours apportés par les pouvoirs publics compétents, et appelle les pays de l’Union à augmenter vigoureusement le soutien organisationnel et financier qu’ils octroient à ces organisations, notamment grâce aux fonds européens;

38.

recommande d’inclure la jeunesse fuyant l’Ukraine dans les programmes d’échanges universitaires de l’Union et souligne l’importance de mobiliser les jeunes européens, qui soutiennent les valeurs européennes, et de renforcer leurs capacités; encourage les partenariats entre les conseils nationaux de la jeunesse européens et ukrainien, ainsi que les échanges entre les jeunes et les organisations de jeunesse de l’UE et d’Ukraine; la coopération pourrait porter sur l’organisation d’une manifestation consacrée à l’engagement des jeunes et à son rôle dans le cadre de la future reconstruction de l’Ukraine;

39.

appelle de ses vœux un soutien aux banques alimentaires qui jouent un rôle crucial pour surmonter les difficultés et les obstacles liés à l’octroi de dons alimentaires, étant donné que l’aide alimentaire est devenue essentielle pour répondre aux besoins urgents de la population ukrainienne et des réfugiés en provenance d’Ukraine;

40.

insiste sur l’importance de continuer à apporter un soutien international aux OSC d’Ukraine et d’autres pays qui luttent pour la protection de l’environnement et reconnaît que le conflit aura de graves répercussions environnementales;

41.

souligne la nécessité de renforcer le soutien aux médias indépendants de qualité et aux vérificateurs de faits, y compris dans le voisinage de l’Union, étant donné leur rôle crucial dans le renforcement de la résilience face à la propagande et à la désinformation; invite l’Union à mettre en œuvre une campagne de contre-propagande plus énergique, en particulier dans les pays tiers d’Afrique et d’Asie, de manière à lutter contre la désinformation;

42.

est profondément préoccupé par la situation de la société civile indépendante en Russie et celle des médias et journalistes qui y fournissent des sources d’information alternatives aux citoyens russes afin de lutter contre la propagande de Moscou; invite l’Union à soutenir les OSC et les citoyens qui souhaitent poursuivre leurs activités en Russie et demande des visas humanitaires pour les militants de la société civile souhaitant quitter le pays; souligne qu’un certain nombre d’organisations russes aident les Ukrainiens déplacés en Russie à rejoindre l’Union européenne ou la partie occidentale de l’Ukraine et que ces organisations ont besoin d’un soutien spécifique pour obtenir des visas pour les réfugiés ukrainiens désireux de quitter la Russie;

43.

s’engage à renforcer la coopération et les échanges avec les OSC ukrainiennes, à continuer de plaider en faveur du maintien de la solidarité et de la générosité de l’UE à l’égard de l’Ukraine et est prêt à apporter à l’UE et aux autorités ukrainiennes son expertise en matière de consolidation du dialogue social et civil. À cette fin, il organisera une manifestation avec les sociétés civiles ukrainienne et européenne le 19 juillet à Cracovie.

Bruxelles, le 16 juin 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) JO C 290 du 29.7.2022, p. 1.

(2) UNHCR — au 31 mai.

(3) UNHCR — au 23 mai.

(4) UNHCR — au 31 mai.

(5) Résolution du Comité économique et social européen sur le thème «La guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, sociales et environnementales» (JO C 290 du 29.7.2022, p. 1).


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