Avis institutionnel — 52023AE2432
| CELEX | 52023AE2432 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 21 septembre 2023 |
Texte intégral
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2023/881 | 8.12.2023 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2001/110/CE du Conseil relative au miel, la directive 2001/112/CE du Conseil relative aux jus de fruits et à certains produits similaires destinés à l’alimentation humaine, la directive 2001/113/CE du Conseil relative aux confitures, gelées et marmelades de fruits, ainsi qu’à la crème de marrons, destinées à l’alimentation humaine, et la directive 2001/114/CE du Conseil relative à certains laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés destinés à l’alimentation humaine
[COM(2023) 201 final — 2023/0105 (COD)]
(C/2023/881)
| Rapporteure: | Kerli ATS |
| Consultation | Parlement européen, 8.5.2023 Conseil, 4.5.2023 |
| Base juridique | Article 43, paragraphe 2, et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en commission | 7.9.2023 |
| Adoption en session plénière | 21.9.2023 |
| Session plénière no | 581 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 170/0/03 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) a déjà déclaré qu’il est essentiel de promouvoir des régimes alimentaires sains et durables (1) afin d’améliorer la santé des personnes, le bien-être des écosystèmes et de la société dans son ensemble, et plus particulièrement la vitalité des zones rurales. À cette fin, il est nécessaire d’accroître la disponibilité et la consommation de produits durables, d’informer la population sur les régimes alimentaires plus sains, d’encourager la reformulation des produits et d’étendre l’étiquetage obligatoire de l’origine à des denrées spécifiques. Il importe de tenir compte de ces changements et de mettre à jour les règles pour répondre aux préoccupations actuelles de la société et aux demandes des consommateurs, tout en préservant la compétitivité et de bonnes conditions de travail dans le secteur agroalimentaire. |
| 1.2. | Les apiculteurs européens tout comme les autres opérateurs de la chaîne d’approvisionnement du miel sont confrontés à des difficultés en ce qui concerne la transparence de l’origine des mélanges de miel, lesquelles ont une incidence sur leurs revenus et sur la situation générale du marché en Europe. Des efforts sont en train d’être déployés pour lutter contre la fraude et la concurrence déloyale. Le CESE accueille favorablement la proposition de révision de la directive relative au miel, qui introduit une indication obligatoire de l’origine afin d’accroître la transparence pour les consommateurs; il regrette néanmoins son manque d’ambition concernant la mise en œuvre et la promotion de mesures supplémentaires visant à lutter contre la fraude. |
| 1.3. | Le CESE demande instamment l’adoption de mesures plus ambitieuses visant à protéger les producteurs européens de miel, à faire appliquer des normes de commercialisation strictes, à réaliser systématiquement des tests et des contrôles de traçabilité du miel importé dans l’Union, et à exiger un étiquetage mentionnant les pays d’origine pour les mélanges de miel, qui devrait indiquer aussi le pourcentage respectif de chaque origine, présenté par ordre décroissant. |
| 1.4. | Il conviendrait d’agir avec davantage de détermination pour surmonter les difficultés liées à l’analyse et à la quantification du pourcentage respectif de chaque origine dans les mélanges de miel. Le CESE insiste avec force sur la nécessité d’agir rapidement pour trouver une méthode analytique fiable et accessible, ce qu’il considère comme une condition préalable à la mise en œuvre de l’étiquetage obligatoire de l’origine afin de protéger les consommateurs contre la fraude. |
| 1.5. | Il convient de s’employer à mettre au point un système de traçabilité dans lequel tout miel commercialisé, qu’il soit produit ou importé dans l’Union, se voie attribuer un code d’identification permettant de remonter jusqu’à l’apiculteur ayant effectué la récolte. Le CESE estime qu’un tel dispositif faciliterait les contrôles administratifs visant à vérifier les pourcentages des différents miels contenus dans les mélanges, mais considère qu’il importe de veiller à ce que les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, ne soient pas confrontées à des coûts excessifs. |
| 1.6. | Le CESE insiste sur la nécessité de prévoir des exigences spécifiques en matière d’étiquetage pour le miel transformé industriellement, afin de sensibiliser davantage les consommateurs et de promouvoir des choix plus sains. Il convient d’introduire un étiquetage portant la mention «ultrafiltré» ou «pasteurisé», qui indiquera clairement les transformations que le miel a subies à travers ces processus spécifiques, lesquels réduisent les propriétés et avantages naturels du miel. Un étiquetage précis est essentiel pour orienter la prise de décision des consommateurs, stimuler la demande de produits répondant à des pratiques apicoles durables et soutenir les apiculteurs qui accordent la priorité au bien-être des abeilles et à la préservation de leurs habitats. |
| 1.7. | Le CESE demande qu’une évaluation soit menée pour établir dans quelle mesure l’apposition de la mention «pas de jus de fruits additionnés de sucres» à côté de la dénomination du produit pourrait favoriser une plus grande consommation de jus de fruits, au détriment de celle de fruits frais entiers. Pour y remédier, le CESE propose, d’une part, que les producteurs de nectar soient tenus de faire figurer la mention «contient des sucres ajoutés», le cas échéant, et, d’autre part, de supprimer progressivement la mention «sans sucres ajoutés». Cette mesure favorise la transparence et donne aux consommateurs les moyens de faire des choix éclairés en ce qui concerne leurs préférences alimentaires. |
| 1.8. | Le CESE estime, concernant la «confiture extra», que porter la teneur minimale générale en fruits au-delà du seuil actuel de 450 g/1 000 g ne permettra pas d’obtenir un produit final avec une teneur totale en sucres qui soit moindre. En revanche, il est favorable à une augmentation de la teneur en fruits des confitures standard à 400 g/1 000 g. Cette proposition de compromis est non seulement propre à encourager des choix plus sains, mais contribue également au maintien de la compétitivité de l’industrie alimentaire. |
| 1.9. | Le CESE estime que les modifications proposées à la directive 2001/114/CE sont raisonnables et fondées. |
2. Contexte
| 2.1. | Le 22 mars 2023, la Commission européenne, le Centre commun de recherche (JRC) et l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) ont présenté un rapport sur les fraudes concernant le miel importé dans l’Union (2). Ce document conclut que 46 % du miel importé de pays tiers et mis sur le marché de l’Union est soupçonné d’être non conforme à la directive relative au miel, et il souligne qu’il est urgent de faire des progrès sur la voie d’une révision ambitieuse de la directive afin d’imposer des pratiques loyales dans le commerce international et de protéger les apiculteurs européens. |
| 2.2. | Le 21 avril 2023, la Commission européenne a publié une proposition visant à modifier les directives suivantes:
Les directives dites «petit-déjeuner» sont un ensemble de sept directives qui établissent des règles communes concernant la composition, la dénomination de vente, l’étiquetage et la présentation de certaines denrées alimentaires afin de protéger les intérêts des consommateurs et d’assurer la libre circulation de ces produits dans le marché intérieur. |
| 2.3. | Les principales modifications proposées sont les suivantes: |
| 2.3.1. | Miel
|
| 2.3.2. | Jus de fruits
|
| 2.3.3. | Confitures
|
| 2.3.4. | Laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés
|
| 2.4. | Il est prévu une période transitoire de 24 mois à compter de l’adoption de la directive. |
3. Observations générales
| 3.1. | La promotion de régimes alimentaires sains et durables est un aspect fondamental de la politique alimentaire, car il est essentiel de réorienter nos choix alimentaires d’une façon qui améliore tout à la fois la santé des personnes, le bien-être des écosystèmes et de la société et la vitalité des zones rurales (8). Pour y parvenir, il est nécessaire d’accroître la disponibilité et la consommation de produits durables, d’informer la population sur les régimes alimentaires plus sains, d’encourager la reformulation des produits et d’étendre à de nouvelles denrées l’étiquetage obligatoire de l’origine. |
| 3.2. | La stratégie «De la ferme à la table» a prévu des plans de révision des normes de commercialisation, qui devaient englober les directives «petit-déjeuner», en raison de leur similitude avec lesdites normes. La proposition de révision à l’examen vise à promouvoir l’adoption et la disponibilité de produits durables. Des informations et des orientations nutritionnelles fiables sont essentielles, et le CESE recommande l’élaboration de nouvelles lignes directrices en faveur d’une alimentation durable qui prendraient en compte les différences culturelles et géographiques. Elles fourniraient des orientations plus claires pour le système agroalimentaire, contribuant ainsi à produire, transformer, distribuer et vendre des denrées alimentaires plus saines et plus durables, à un prix plus juste (9). |
| 3.3. | Le CESE accueille favorablement la proposition visant à réviser les directives «petit-déjeuner» entrées en vigueur il y a plus de vingt ans, qui ont été modifiées pour la dernière fois il y a plus de dix ans et sont susceptibles d’entraver l’innovation ou de ne pas répondre aux attentes des consommateurs. Il reconnaît qu’au cours de la dernière décennie, les marchés des denrées alimentaires se sont transformés, sous l’effet de l’innovation et des évolutions législatives, mais aussi des changements en matière de préoccupations sociétales et de demande des consommateurs. Par conséquent, il est opportun de procéder à une révision de certaines règles. |
| 3.4. | Selon la Commission, l’un des principaux objectifs de la directive «petits-déjeuners» est de permettre aux consommateurs de faire des choix alimentaires éclairés et durables. Dans son avis antérieur sur le thème «Vers un cadre pour l’étiquetage des denrées alimentaires durables afin de donner aux consommateurs les moyens de faire des choix alimentaires durables» (10), le CESE a proposé de mettre en place, aux fins de l’étiquetage de la durabilité des denrées alimentaires, un cadre transparent et fondé sur des données scientifiques. L’objectif était de créer un cadre simple et pragmatique, afin d’aider les opérateurs économiques à évaluer et à améliorer la durabilité des produits, tout en fournissant aux consommateurs des indications utiles qui leur permettent de prendre des décisions d’achat en toute connaissance de cause. La Commission et le CESE partagent ainsi l’objectif de donner aux consommateurs les moyens de faire des choix alimentaires éclairés et durables. |
| 3.5. | Le système alimentaire de l’Union est actuellement confronté à divers défis liés à la santé, à la société, au climat et à l’environnement, qui ont atteint un niveau critique. Pour les relever efficacement, il est urgent d’encourager un changement du comportement des consommateurs. En promouvant la création d’un «Conseil européen de la politique alimentaire», le CESE plaide en faveur d’une approche plus intégrée et participative de l’élaboration des politiques en matière d’alimentation. Cet organe faciliterait l’alignement des politiques aux niveaux européen, national et local, en assurant davantage de cohérence et d’homogénéité. La politique alimentaire de l’Union s’en trouverait renforcée sur le plan de la qualité et de la légitimité, ce qui la rendrait plus efficace pour résoudre les problèmes auxquels est confronté le système alimentaire. Le conseil offrirait une plateforme pour la tenue de discussions et de processus décisionnels complets. Le CESE estime qu’en tenant compte des facteurs environnementaux, climatiques, sanitaires et sociétaux, ce Conseil européen de la politique alimentaire contribuerait à l’élaboration de réglementations et de lignes directrices qui soutiennent les pratiques de production durables, protègent la santé des consommateurs et répondent aux préoccupations sociales (11). De manière générale, ledit Conseil serait aligné sur les objectifs plus larges de promotion d’un système alimentaire durable et équilibré. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le CESE reconnaît et apprécie le caractère proactif de l’initiative de la Commission, dans sa recherche de moyens de faciliter l’adoption de régimes alimentaires sains et d’encourager la reformulation des produits, notamment pour les denrées alimentaires riches en matières grasses, en sucres et en sel. De plus, il soutient la mise en œuvre d’une réglementation transparente et obligatoire en matière d’étiquetage de l’origine, qui vise à mieux informer les consommateurs sur le ou les pays d’origine des produits qu’ils acquièrent. |
| 4.2. | Directive 2001/110/CE relative au miel: |
| 4.2.1. | Les apiculteurs européens tout comme les autres opérateurs de la chaîne d’approvisionnement du miel sont réellement préoccupés par la question de la transparence concernant l’origine des mélanges de miel. Alors qu’ils sont fortement tributaires de la production de miel pour leur revenu, ils sont confrontés actuellement à une situation difficile sur le marché dans toute l’Europe. Des efforts sont en train d’être déployés pour atténuer les difficultés et améliorer les conditions du marché, lesquels consistent à combattre la fraude sur le miel, à lutter contre la concurrence déloyale, à faire appliquer des clauses miroirs et à promouvoir la transparence dans le secteur alimentaire (12). Toutefois, des mesures supplémentaires sont nécessaires, raison pour laquelle le CESE accueille favorablement la proposition de révision de la directive relative au miel, qui introduit l’indication obligatoire de chacun des pays d’origine (États membres et pays tiers) sur l’étiquette, dans le cas des mélanges de miel. Le CESE insiste avec force sur la nécessité d’agir rapidement pour trouver une méthode analytique fiable et accessible, ce qu’il considère comme une condition préalable à la mise en œuvre de l’étiquetage obligatoire de l’origine afin de protéger les consommateurs contre la fraude. |
| 4.2.2. | Le CESE demande instamment que soient mises en œuvre des mesures plus ambitieuses pour protéger les producteurs européens de miel. Si la Commission a répondu à certaines demandes du secteur, il est néanmoins nécessaire qu’elle s’engage plus résolument à le protéger contre les pratiques frauduleuses. Le CESE est fermement convaincu que les normes de commercialisation devraient imposer des exigences strictes pour les produits du miel entrant sur le marché de l’Union, avec un étiquetage approprié pour les produits similaires au miel. Un tel dispositif permettra aux consommateurs de prendre des décisions d’achat éclairées sur la base d’informations précises concernant les produits. |
| 4.2.3. | Face aux problèmes de fraude et de concurrence déloyale résultant du frelatage de produits dérivés du miel importés, les apiculteurs européens ainsi que les autres opérateurs de la chaîne d’approvisionnement du miel se tiennent prêts et disposés à prendre des mesures supplémentaires. Ils se sont engagés à faire figurer sur l’étiquetage des mélanges de miel, des informations complètes répondant aux attentes des consommateurs et propres à garantir la pérennité de leur propre miel de première qualité. |
| 4.2.4. | Le CESE soutient la demande des apiculteurs de mettre en place un étiquetage obligatoire du pays d’origine pour les mélanges de miel, qui devrait indiquer aussi le pourcentage respectif de chaque origine, présenté par ordre décroissant. |
| 4.2.5. | Le CESE reconnaît qu’il est difficile d’analyser et de quantifier la part en pourcentage de chaque origine dans les mélanges de miel, et salue néanmoins les efforts déployés pour trouver des solutions à ce problème et essayer de le surmonter. Il s’agit notamment de réaliser des tests de laboratoire sur le miel, de mettre en place un centre communautaire de référence pour le miel et de mettre à jour la liste des méthodes de laboratoire pour détecter les pratiques frauduleuses, comme indiqué dans la directive 2001/110/CE. |
| 4.2.6. | Il y a lieu de fixer le calendrier pour la création d’un centre communautaire de référence et la mise à jour des méthodes de laboratoire. Il convient de s’efforcer de mettre en place des méthodes d’analyse officielles permettant d’indiquer avec précision le pourcentage respectif des différentes origines du miel. En outre, jusqu’à ce que des méthodes d’analyse officielles soient disponibles, le fait de rendre obligatoire l’indication des pourcentages ne devrait pas être considéré comme une exigence officielle. |
| 4.2.7. | Le CESE souligne la nécessité d’améliorer la traçabilité au sein de la chaîne d’approvisionnement du miel, y compris grâce aux technologies de la chaîne de blocs. Il recommande que tout miel commercialisé, qu’il soit produit ou importé dans l’Union, se voie attribuer un code d’identification relié à un système de traçabilité permettant de remonter jusqu’à l’apiculteur ayant effectué la récolte. Un tel dispositif faciliterait les contrôles administratifs visant à vérifier les pourcentages des différents miels contenus dans les mélanges. Le Comité estime qu’il importe de veiller à ce que les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, ne soient pas confrontées à des coûts excessifs. Tout en reconnaissant que le point mentionné est conforme au règlement (UE) no 1169/2011, le CESE insiste avec force sur le fait que tous les produits similaires au miel doivent être clairement étiquetés de manière à préciser qu’ils ne sont pas du miel, conformément à la directive 2001/110/CE relative au miel. Il est impératif que la directive ne laisse aucune place à des ambiguïtés ou à des interprétations erronées. Cette position est particulièrement importante dans le contexte de la lutte contre la fraude dans le secteur du miel. |
| 4.2.8. | L’un des principaux objectifs de la directive étant de sensibiliser davantage les consommateurs et de les orienter vers des choix plus sains, il est impératif d’introduire des exigences spécifiques en matière d’étiquetage pour le miel transformé industriellement. Le CESE demande que soit prévu un étiquetage portant la mention «ultrafiltré» ou, compte tenu de certaines valeurs de temps et de température qu’il conviendra de définir, «pasteurisé», indiquant clairement les transformations que le miel a subies à travers ces processus spécifiques. Il est important de noter que ces traitements entraînent une réduction de certaines propriétés et avantages naturels qui sont généralement associés au miel. Il est donc nécessaire de représenter visuellement ces méthodes de transformation et d’informer des effets qu’elles ont sur le produit final. Le CESE estime qu’un étiquetage précis permet aux consommateurs de faire des choix éclairés qui correspondent à leurs préférences et de soutenir les apiculteurs qui accordent la priorité au bien-être des abeilles et de leurs habitats. |
| 4.2.9. | Le CESE estime que l’exception proposée pour les emballages d’une contenance égale ou inférieure à 25 g devrait passer à 30 g afin d’inclure les pots en verre généralement proposés dans les hôtels. Les produits concernés pourraient porter un code QR facultatif menant aux informations sur les pays d’origine du mélange de miel. |
| 4.3. | Directive 2001/112/CE relative aux jus de fruits et à certains produits similaires destinés à l’alimentation humaine |
| 4.3.1. | De manière générale, le CESE considère que les modifications proposées à la directive sont raisonnables et nécessaires. |
| 4.3.2. | Toutefois, le CESE demande qu’une évaluation soit menée pour établir dans quelle mesure les personnes risquent d’être incitées à augmenter leur consommation de jus de fruits, au détriment de celle de fruits frais entiers, si la mention «aucun jus de fruits ne contient de sucres ajoutés» devait figurer sur l’étiquette dans le même champ visuel que la dénomination du produit. Il est de la plus haute importance de renforcer l’éducation et la sensibilisation des consommateurs. Par conséquent, le CESE recommande que les producteurs de nectar soient tenus de faire figurer la mention «contient des sucres ajoutés», le cas échéant. La mention «sans sucres ajoutés» serait progressivement supprimée pour les nectars qui l’utilisent actuellement, et il ne serait plus nécessaire de fournir une indication similaire pour les jus de fruits. Cette mesure favorise la transparence et donne aux consommateurs les moyens de faire des choix éclairés en ce qui concerne leurs préférences alimentaires. |
| 4.4. | Directive 2001/113/CE relative aux confitures, gelées et marmelades de fruits, ainsi qu’à la crème de marrons, destinées à l’alimentation humaine |
| 4.4.1. | Le CESE estime, concernant la «confiture extra», que porter la teneur minimale générale en fruits au-delà du seuil actuel de 450 g/1 000 g ne permettra pas d’obtenir un produit final avec une teneur totale en sucres qui soit moindre: il contiendra un peu plus de fructose et un peu moins de glucose, ce qui ne fait aucune différence du point de vue de la santé. En effet, la confiture doit atteindre une teneur en sucre équivalente à 60 degrés Brix pour atteindre le «point de consigne» qui garantit sa conservation. Ajouter un surcroît de fruits en début de processus équivaut simplement à augmenter la quantité d’eau qui devra être évaporée au cours d’un processus de cuisson plus long, qui consomme davantage d’énergie et finit par nuire à la qualité organoleptique de la confiture, perdant ainsi le goût, la couleur et la texture du fruit. En revanche, le Comité est favorable à une augmentation de la teneur en fruits des confitures standard à 400 g/1000 g. Cela permettra d’offrir un produit plus sain aux segments de la population qui en ont le plus besoin, tout en maintenant un marché viable pour l’industrie. |
| 4.4.2. | Le CESE prend acte de l’objectif d’encourager une consommation accrue de fruits dans les régimes alimentaires quotidiens, et l’approuve. Toutefois, il s’interroge sur le caractère pragmatique et efficace du recours à la production de confitures pour atteindre cet objectif. Comme indiqué précédemment, la mise en œuvre d’un tel changement au sein du secteur peut avoir des conséquences négatives sur l’environnement, en entraînant une utilisation accrue de ressources et une plus grande empreinte environnementale du produit. De plus, elle est susceptible d’avoir un certain nombre de répercussions économiques, notamment une hausse des coûts de production, une diminution éventuelle de la satisfaction des consommateurs et une baisse de la compétitivité. Elle pourrait en outre avoir des conséquences sociales, telles que la perte possible d’emplois bien rémunérés. |
| 4.5. | Le CESE considère que les modifications apportées à la directive 2001/114/CE relative à certains laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés destinés à l’alimentation humaine sont raisonnables et fondées. Au vu de l’évolution de la situation sanitaire de la population de l’Union, il est bienvenu que les produits laitiers concentrés sans lactose soient désormais pris en considération. |
| 4.6. | Étant donné que les modifications proposées aux directives devraient entraîner des coûts supplémentaires pour les entreprises du fait de l’investissement dans de nouveaux processus d’étiquetage et d’emballage afin de répondre aux modifications proposées, le CESE estime que la période transitoire prévue de 24 mois à compter de l’entrée en vigueur de la directive est raisonnablement brève. |
| 4.6.1. | Ces ajustements devraient tenir compte des conditions de travail et des droits des travailleurs pendant la transition. |
| 4.6.2. | Afin d’éviter le gaspillage alimentaire, les produits déjà mis sur le marché avant cette date butoir ne devraient pas être retirés. |
Bruxelles, le 21 septembre 2023.
Le président du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Avis du Comité économique et social européen sur la «Promotion de régimes alimentaires sains et durables dans l’Union européenne» (avis d’initiative) (JO C 190 du 5.6.2019, p. 9).
(2) https://food.ec.europa.eu/safety/eu-agri-food-fraud-network/eu-coordinated-actions/honey-2021-2022_fr#qapdf
(3) JO L 10 du 12.1.2002, p. 47.
(4) JO L 10 du 12.1.2002, p. 58.
(5) JO L 10 du 12.1.2002, p. 67.
(6) JO L 15 du 17.1.2002, p. 19.
(7) Règlement (UE) no 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, modifiant les règlements (CE) no 1924/2006 et (CE) no 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 87/250/CEE de la Commission, la directive 90/496/CEE du Conseil, la directive 1999/10/CE de la Commission, la directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le règlement (CE) no 608/2004 de la Commission (JO L 304 du 22.11.2011, p. 18).
(8) Avis du Comité économique et social européen sur la «Promotion de régimes alimentaires sains et durables dans l’Union européenne» (avis d’initiative) (JO C 190 du 5.6.2019, p. 9).
(9) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une stratégie «De la ferme à la table» pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement (JO C 429 du 11.12.2020, p. 268).
(10) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Vers un cadre pour l’étiquetage des denrées alimentaires durables afin de donner aux consommateurs les moyens de faire des choix alimentaires durables» (avis d’initiative) (JO C 75 du 28.2.2023, p. 97).
(11) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Vers un Conseil européen de la politique alimentaire en tant que nouveau modèle de gouvernance dans le futur cadre de l’Union pour des systèmes alimentaires durables» (avis d’initiative) (JO C 293 du 18.8.2023, p. 1).
(12) Association européenne des apiculteurs professionnels (EPBA), 2023.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/881/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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