COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.6.2023
COM(2023) 308 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur l’application du règlement (UE) nº 549/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans l’Union européenne
1. Introduction
L’article 12 du règlement (UE) nº 549/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans l’Union européenne (ci-après le «règlement SEC 2010» ou le «règlement») prévoit qu’un rapport sur l’application dudit règlement doit être présenté tous les cinq ans au Parlement européen et au Conseil.
Le système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC 2010) est le cadre comptable de l’Union européenne, compatible au plan international, permettant de décrire une économie de façon systématique et détaillée. Il est la source d’une multitude d’indicateurs économiques essentiels à l’élaboration des politiques et à l’analyse économique par les gouvernements, les institutions internationales et les universitaires, dont le produit intérieur brut (PIB).
Le présent rapport entend répondre à l’obligation de présenter un rapport sur l’application du règlement SEC 2010 en 2023.
2. Mise en œuvre du règlement
a) Qualité des données SEC 2010 relatives aux comptes nationaux et régionaux
La Commission (Eurostat) évalue régulièrement si la qualité des données des États membres est conforme aux exigences du SEC 2010.
Cette section présente l’évaluation faite par Eurostat de la qualité des données relatives aux comptes nationaux et régionaux envoyées par les États membres de l’UE, l’Islande, la Norvège et la Suisse en 2021.
L’évaluation de la qualité a été réalisée conformément à l’article 4 du règlement SEC 2010, en vertu duquel la qualité des données relatives aux comptes nationaux et régionaux envoyées à Eurostat doit être évaluée selon les critères de qualité du système statistique européen établi par le règlement (CE) nº 223/2009 relatif aux statistiques européennes. Le règlement d’exécution (UE) 2016/2304 de la Commission définit les modalités, la structure, la périodicité et les indicateurs du processus d’évaluation.
Les données envoyées en 2021 étaient généralement conformes aux normes de qualité du système statistique européen et du règlement SEC 2010. En général, les États membres ont été en mesure de respecter les exigences en matière de données et la méthode. Les résultats globaux concernant les différents critères de qualité sont fournis ci-après.
Pertinence et disponibilité des données SEC 2010
En 2021, les données obligatoires communiquées, tant trimestrielles qu’annuelles, sur les comptes nationaux, étaient très complètes. Les taux d’exhaustivité moyens de l’Union pour chaque domaine des comptes nationaux oscillaient entre 96 % et 100 %.
La part de tableaux complets est passée de 86 % en 2018 à 92 % en 2021. L’expiration de la dérogation en cours et l’exhaustivité du cycle de révisions de benchmark de 2019 ont, de manière générale, amélioré la disponibilité globale des données. Le nombre de tableaux communiqués avec des lacunes a également diminué.
Dans un souci permanent de répondre aux besoins changeants des utilisateurs, Eurostat a entamé le réexamen à mi-parcours du règlement SEC 2010 en 2018. L’un des principaux objectifs du projet était d’améliorer la «cohérence entre les domaines» des données de comptabilité nationale (sur la base des travaux réalisés au sein d’une task force spécialisée), afin de réduire au minimum les incohérences entre les différentes parties des comptes ou les données administratives dérivées. Les nouvelles demandes relatives aux politiques, principalement liées aux interactions (des administrations publiques) avec les institutions et organes de l’Union, ont également été prises en considération, de façon à garantir une base juridique solide pour les données trimestrielles sur les recettes, les dépenses et le déficit publics, une amélioration de l’actualité des données de la classification des fonctions des administrations publiques (CFAP) et des comptes annuels du secteur financier, et la révision de la classification des fonctions de consommation des ménages (COICOP).
Précision
La précision des données SEC 2010 est garantie grâce à la validation régulière des données par a) l’analyse des valeurs aberrantes, b) l’analyse des révisions et c) la vérification du respect de la méthode. L’analyse des taux de révision des principaux agrégats européens a indiqué que les États membres fournissaient des données de bonne qualité, permettant à Eurostat de publier des estimations précoces et fiables du PIB et de l’emploi tant pour les agrégats de l’UE que pour ceux de la zone euro. La plupart des États membres de l’UE, l’Islande, la Norvège et la Suisse publient des informations en ligne sur leurs politiques nationales de révision. La couverture des informations sur les révisions s’améliore constamment au fil des ans également pour les comptes financiers, les comptes régionaux et les tableaux des ressources, des emplois et des entrées-sorties.
Actualité et ponctualité
En 2021, la ponctualité des transmissions était élevée, la plupart des pays ayant envoyé leurs comptes trimestriels obligatoires à la date limite officielle de transmission ou peu avant. En ce qui concerne les tableaux SEC 2010 transmis chaque année, 11 États membres ont envoyé tous les tableaux des comptes nationaux et régionaux annuels dans les délais.
Accessibilité et clarté
Tous les États membres de l’UE et les pays de l’AELE publient des documents en ligne sur la méthode d’établissement des comptes nationaux et les méthodes de calcul. Un ensemble complet de documents est accessible en ligne pour la plupart des États membres de l’UE. Le contenu des informations disponibles varie selon les pays; pour certains domaines, il peut être développé et enrichi à l’aide de détails pertinents.
Cohérence
En 2021, la cohérence interne globale dans les tableaux et entre ceux-ci était très élevée pour tous les pays. En ce qui concerne la cohérence entre les domaines, la plupart des pays sont parvenus à maintenir les différences entre les domaines en dessous de 0,3 % du PIB. Les écarts verticaux absolus entre les comptes annuels des secteurs financier et non financier dans les domaines des sociétés non financières et des ménages étaient respectivement de 1,5 et 2 % du PIB, et inférieurs à 0,1 % du PIB pour le secteur des administrations publiques.
Mesures prises pour améliorer la qualité des données
Les États membres ont fait des efforts significatifs afin d’améliorer la qualité des données conformément aux exigences du SEC 2010. La Commission (Eurostat) soutient ces efforts au moyen de réunions, d’ateliers, de formations, de manuels d’orientation et de documents. La coopération technique est réalisée dans le cadre des groupes de travail sur les statistiques des comptes nationaux et de la procédure concernant les déficits excessifs, sous la houlette des directeurs des statistiques macroéconomiques des instituts nationaux de statistique.
L’aide financière de la Commission aux États membres est un outil important pour continuer à améliorer l’exhaustivité, la comparabilité et la cohérence des données SEC 2010. Entre 2018 et 2022, les États membres ont bénéficié de subventions afin d’améliorer les données SEC 2010 dans certains domaines, notamment en instaurant des données volontaires telles que les estimations rapides et en rassemblant des données encore couvertes par des dérogations (jusqu’en 2020).
Conclusion
La qualité des données s’est considérablement améliorée entre janvier 2019 et février 2022. Cette amélioration peut être attribuée aux facteurs suivants: a) l’expiration de toutes les dérogations provisoires le 1er janvier 2020; et b) la révision de benchmark qui a été coordonnée pour de nombreux pays en 2019, d’autres ayant suivi en 2020 et 2021.
La crise de la COVID‑19 a soulevé de nouvelles difficultés pour l’établissement des comptes nationaux. Eurostat a aidé les instituts nationaux de statistique (INS) à y remédier en publiant des notes d’orientation dans de nombreux domaines et en encourageant l’échange régulier d’expériences entre les États membres dans différentes instances.
b) Efficacité du règlement et de la procédure de suivi
Efficacité du règlement
Plusieurs initiatives en matière d’établissement des comptes nationaux ont été lancées, ont progressé ou ont été achevées depuis la publication, en 2018, du premier rapport sur la qualité et des deux documents de travail des services de la Commission qui l’accompagnent.
Concernant la mondialisation, les initiatives les plus pertinentes incluent le lancement du système d’alerte rapide, le développement des comptes mondiaux intégrés, la consolidation du répertoire EuroGroups, l’exercice pilote sur le revenu national brut généré par les multinationales, le profilage des grands groupes de multinationales, la création d’unités chargées des grandes entreprises dans la plupart des États membres de l’Union, et la création d’un réseau de multinationales qui englobe à présent également le système d’alerte rapide. À la suite de la conférence des directeurs généraux des instituts nationaux de statistiques (conférence des DGINS) de 2019 et du «rapport de Bratislava», le document qui en a découlé, toutes les initiatives du système statistique européen (SSE) en matière de mondialisation ont été intégrées dans une approche systématique afin de relever les défis statistiques liés à la mondialisation.
En outre, en 2021, Eurostat a mis en production régulière un nouvel ensemble de tableaux des ressources, emplois, et entrées-sorties interpays de l’Union (les tableaux FIGARO). Le principal objectif des tableaux FIGARO est de permettre de lier les économies de l’Union les unes aux autres ainsi qu’aux pays tiers partenaires et de fournir aux organisations nationales et internationales un point de référence pour analyser les échanges, la mondialisation, les politiques socioéconomiques, macroéconomiques et environnementales pour les pays de l’Union.
Au cours de la même période, Eurostat a également contribué de manière substantielle à l’élaboration d’un cadre approuvé au niveau international, sous la forme de tableaux des ressources et des emplois numériques, afin de mesurer et d’analyser l’économie numérique, et encourage actuellement sa mise en œuvre auprès des INS du SSE. En outre, des travaux sont en cours en vue d’améliorer les sources de données sur la production et l’utilisation des services numériques, y compris le commerce électronique, l’informatique en nuage et l’intelligence artificielle.
Concernant son projet de comptes de croissance et de productivité (GPA), Eurostat a publié le 15 décembre 2021 un ensemble d’indicateurs de productivité supplémentaires. Les objectifs spécifiques de cette démarche étaient d’élargir la publication par Eurostat d’indicateurs de la productivité de la main-d’œuvre (LPI) et de préparer et publier des indicateurs de la productivité du capital (CAPI) afin de mieux répondre aux besoins stratégiques du Semestre européen et de la stratégie numérique de l’UE. L’indicateur de productivité multifactorielle (MFP), fondé sur des données relatives aux heures travaillées et aux stocks de capital dans les comptes nationaux, a également été publié. Un indice de la main-d’œuvre ajusté sur la qualité (QALI) est publié depuis 2018. Celui-ci mesure la main-d’œuvre employée dans la production économique, en tenant compte de la composition des effectifs et du nombre d’heures travaillées. En outre, la task force sur les actifs immobilisés et l’estimation de la consommation de capital fixe au titre du SEC 2010 (TF FIXCAP) a formulé une série de recommandations dans l’objectif d’accroître l’harmonisation dans le calcul des stocks d’actifs immobilisés et de la consommation de capital fixe dans tous les pays.
Eurostat a également progressé dans l’établissement des estimations des comptes de distribution des ménages (HDA) en ventilant les variables des comptes nationaux avec des indicateurs dérivés de microdonnées. En décembre 2020, Eurostatet l’OCDEont pour la première fois publié les résultats expérimentaux de la distribution des revenus et de la consommation des ménages en vis-à-vis des totaux macroéconomiques. En 2022, Eurostat a lancé une nouvelle task force sur les comptes de distribution des ménages (TF HDA) qui constitue un espace de partage d’expériences et de connaissances et permet d’aider les pays à estimer leurs propres comptes de distribution ou à améliorer la qualité des résultats obtenus jusqu’ici.
Efficacité de la procédure de suivi du SEC 2010
La mise en œuvre du SEC 2010 dans les États membres est suivie de différentes manières.
Eurostat, en coopération avec les producteurs nationaux de données, s’efforce en permanence d’améliorer la disponibilité des données pour ses utilisateurs. La disponibilité des données fait l’objet d’un suivi régulier au cours de la période de production des données. Il existe un nombre limité de cas dans lesquels le défaut de présentation des données conformément aux obligations du SEC 2010 nuit à la disponibilité des données. Dans ces cas, Eurostat rappelle les obligations de transmission aux États membres concernés en contrôlant périodiquement s’ils respectent le règlement SEC 2010.
La qualité des données SEC 2010 fournies par les États membres est systématiquement contrôlée à chaque étape de la procédure de validation et pour chaque domaine des comptes nationaux, ainsi que pendant l’exercice annuel d’établissement de rapports sur la qualité. Dans le cadre de ce dernier, Eurostat préremplit les rapports de qualité par pays avec les indicateurs quantitatifs pour chaque critère de qualité prévu dans le règlement (CE) nº 223/2009 relatif aux statistiques européennes. Les pays vérifient alors que les indicateurs sont corrects puis complètent et commentent leur rapport par pays. Eurostat prépare une évaluation générale et des recommandations individuelles pour les rapports par pays, qui sont finalement établis d’un commun accord avec les pays et validés par Eurostat. Les résultats de l’exercice d’établissement de rapports nationaux sur la qualité sont résumés dans le rapport sur la qualité des comptes nationaux et régionaux qui est publié sur le site internet d’Eurostat en décembre de chaque année.
Les données communiquées pour le revenu national brut (RNB) sont suivies selon une procédure spécifique aux ressources propres, régie par le règlement (UE) 2019/516 (ci-après le «règlement RNB»). Un mécanisme de transition est en place selon lequel les estimations du RNB fondées sur le SEC 2010 pour les années 2010 à 2013 sont converties en chiffres SEC 95 à l’aide d’une méthode convenue. À partir de l’année de déclaration 2014, le calcul des ressources propres fondées sur le RNB s’appuie sur des données SEC 2010.
En vertu du règlement RNB, la Commission (Eurostat) vérifie les sources et les méthodes utilisées par les États membres pour calculer le RNB, et ce à l’aide de mécanismes de vérification annuelle et pluriannuelle.
Le processus de vérification annuelle repose sur les données transmises par l’intermédiaire des questionnaires RNB et des rapports sur la qualité des données RNB qui les accompagnent, envoyés chaque année avant le 1er octobre.
La vérification pluriannuelle est principalement axée sur l’inventaire des sources et des méthodes utilisées pour produire les agrégats RNB et leurs composantes (inventaire RNB), présenté par chaque État membre et passé en revue lors des visites d’Eurostat dans les pays concernés. Si la Commission estime qu’il convient de modifier la méthode employée pour établir les chiffres du RNB, elle peut émettre des points d’intervention et des réserves, qui auront pour effet d’améliorer les chiffres si nécessaire. Le rapport de la Commission de 2022 relatif à l’application du règlement RNB résume les progrès accomplis par la Commission et le groupe d’experts sur le revenu national brut en ce qui concerne l’harmonisation du RNB.
Les données relatives à la dette et au déficit publics sont suivies et vérifiées dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs (PDE). Cela implique également de valider les données sous-jacentes relatives aux statistiques de finances publiques (SFP) en lien avec la PDE. La base juridique pour le suivi des données PDE est le règlement (CE) nº 479/2009 du Conseil. Le règlement (UE) nº 220/2014 de la Commission prévoit que le SEC 2010 doit être utilisé aux fins de la PDE et des SFP à partir du 1er septembre 2014.
L’évaluation d’Eurostat se concentre sur les facteurs qui expliquent la capacité ou le besoin de financement, la dette brute des administrations publiques (en pourcentage du PIB) et les changements dans le ratio de la dette publique par rapport au PIB. Les États membres communiquent ces informations à Eurostat deux fois par an par l’intermédiaire des tableaux de notification PDE, du questionnaire relatif aux tableaux de notification PDE, d’autres questionnaires connexes et de clarifications bilatérales.
La base juridique de la PDE prévoit que des rapports approfondis sont présentés régulièrement au Conseil et au Parlement européen, y compris sur les aspects relatifs aux SFP. Eurostat établit également à intervalles réguliers des rapports sur la cohérence des données SFP sous-jacentes avec la PDE, ainsi que sur des aspects concernant la comparabilité, la précision, la disponibilité/l’actualité et la diffusion (et sur toute une série d’indicateurs de qualité supplémentaires).
Le détail des sources et des méthodes employées pour établir les comptes des administrations publiques est publié dans les inventaires PDE.
Le souci permanent de garantir la comparabilité et l’harmonisation avec les règles du SEC 2010 transparaît dans la publication de versions actualisées du manuel sur le déficit et la dette des administrations publiques en 2019 et 2022, qui servent, entre autres, à faciliter les révisions de benchmark harmonisées.
Dans l’ensemble, la qualité des rapports sur les données budgétaires a continué de s’améliorer. De manière générale, les États membres ont fourni des données de meilleure qualité, des informations plus complètes dans les tableaux de notification PDE, et d’autres informations statistiques pertinentes.
Les indicateurs de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM) sont calculés à partir de statistiques sous-jacentes produites par les instituts nationaux de statistique et les banques centrales, tirées de différents domaines parmi lesquels les comptes nationaux et la balance des paiements. Eurostat surveille activement la qualité de ces statistiques sous-jacentes, et notamment la cohérence entre les statistiques de la balance des paiements et celles des comptes nationaux, en se concentrant sur les comptes non financiers. Pour le suivi des comptes financiers et de la balance des paiements, Eurostat coopère avec la Banque centrale européenne.
Depuis le début de l’exercice PDM, les indicateurs PDM tirés des comptes nationaux satisfont aux exigences pertinentes en matière de couverture et d’actualité. La qualité fait l’objet d’un suivi continu.
L’introduction du SEC 2010 a garanti la cohérence du calcul du PIB avec les normes internationales applicables aux comptes nationaux, ce qui contribue à améliorer la comparabilité non seulement entre les États membres de l’UE, mais également au niveau mondial.
Une politique de révision européenne commune et harmonisée (HERP) pour les statistiques relatives à la balance des paiements et aux comptes nationaux couvrant les révisions de benchmark et de routine a été élaborée et sa mise en œuvre volontaire par les États membres a progressé. Cette politique vise à améliorer le respect du double principe d’alignement entre les domaines statistiques au niveau national et d’alignement coordonné entre les États membres au niveau européen. Eurostat vérifie l’application de l’HERP par les États membres de l’Union et les pays de l’AELE. En 2019, a été publié le manuel sur les orientations pratiques pour réviser les données SEC 2010. Celui-ci fournit de bonnes pratiques pour les révisions de routine et de benchmark, ainsi que pour les révisions non planifiées.
Le manuel sur la cohérence des comptes nationaux fondés sur le SEC 2010, publié en 2020, vise à contribuer aux efforts des producteurs de données en vue d’améliorer la cohérence des comptes nationaux. Il contient des définitions, des explications, des recommandations et des exemples de bonnes pratiques au titre du règlement SEC 2010, qui visent à garantir que le résultat l’établissement des comptes nationaux est numériquement cohérent.
Compte tenu de ce qui précède, la Commission considère que le règlement SEC 2010, associé à diverses activités de suivi fondées sur d’autres cadres juridiques (décrits ci-dessus), permet de garantir que les États membres fournissent des données de grande qualité, comparables, à jour et fiables pour éclairer les politiques de l’UE ainsi qu’à d’autres fins.
c) Progrès en matière d’engagements conditionnels
Les données relatives aux engagements conditionnels sont collectées par Eurostat dans le cadre de la directive 2011/85/UE du Conseil. L’article 14, paragraphe 3, de ladite directive définit de nouvelles obligations statistiques pour les États membres:
Le règlement SEC 2010 tient compte de celles-ci (dans ses considérants 19, 20 et 22) et prévoit que la Commission soumet au Parlement et au Conseil un rapport sur la disponibilité des informations correspondantes à des intervalles spécifiés (voir articles 11 et 12). En février 2019, la Commission a donc publié le deuxième «Rapport sur les passifs implicites susceptibles d’avoir un impact sur les budgets publics».
Les données collectées par Eurostat dans le contexte de la directive susmentionnée constituent la principale source d’informations relatives aux engagements conditionnels publics dans les États membres. Des modèles pour la collecte de données et des lignes directrices sur la mise en œuvre ont été établis dans la décision d’Eurostat du 22 juillet 2013 sur la dette et le déficit publics — Supplement on contingent liabilities and potential obligations to the EDP related questionnaire (Supplément au questionnaire relatif à la PDE concernant les engagements conditionnels et les obligations potentielles).
Cette décision précise qu’Eurostat collecte et publie certains indicateurs relatifs aux engagements conditionnels suivants: garanties publiques, partenariats public-privé (PPP) hors bilan, passifs des entités contrôlées par l’État classées hors secteur des administrations publiques (sociétés publiques) et prêts improductifs (actifs publics).
Les États membres ont publié des données au niveau national et les ont communiquées à Eurostat pour la première fois à la fin du mois de décembre 2014. Depuis, une collecte annuelle de données a lieu pour être ensuite publiée par Eurostat à la fin du mois de janvier (T+13 mois) de chaque année. Dans sa base de données, Eurostat publie les chiffres en millions d’unités monétaires nationales et en pourcentage du PIB, ainsi que les métadonnées et les notes par pays correspondantes. Un communiqué de presse à ce sujet ainsi qu’un article de Statistics Explained sont également publiés.
Les États membres ont continué de faire des progrès significatifs en matière d’exhaustivité (inclusion de tous les engagements) et de couverture des données (couverture de tout ce qui concerne les administrations publiques). Tous les États membres ont fourni les données requises et certains d’entre eux ont revu et révisé leurs chiffres pour mieux se conformer aux lignes directrices convenues.
L’exhaustivité et la couverture des données varient selon les indicateurs et selon les États membres. Dans le cadre de la collecte d’Eurostat, des données complètes et présentant une bonne couverture sont disponibles pour la plupart des États membres pour tous les indicateurs. Toutefois, pour certains États membres, les données ne sont pas encore totalement complètes, en particulier au regard des administrations locales. De nouvelles améliorations sont notamment requises en ce qui concerne les données sur les prêts improductifs. Pour plusieurs États membres, des progrès restent à accomplir en matière de disponibilité rapide des données sur les passifs des entités contrôlées par l’État classées hors secteur des administrations publiques.
4. Conclusions
Le présent rapport analyse la qualité des données SEC 2010, l’efficacité du règlement SEC 2010 et des procédures de suivi, ainsi que les progrès accomplis en matière d’engagements conditionnels, conformément à l’article 12 du règlement SEC 2010.
Le SEC 2010 a été mis en œuvre pour la première fois dans les États membres en septembre 2014. Sa mise en œuvre se poursuit depuis lors, notamment en réglant les questions à l’origine des dérogations accordées à certains États membres. Depuis son introduction, l’exhaustivité des données s’est considérablement améliorée. La disponibilité des données sur les engagements conditionnels, en partie fournies au titre d’un acte législatif distinct, s’est également améliorée.
Le processus de vérification RNB a permis d’améliorer la fiabilité, la comparabilité et l’exhaustivité des données RNB, les États membres ayant mis en œuvre une série de révisions en réponse aux points d’intervention relevés et aux réserves RNB.
À la suite des premières révisions de benchmark des données SEC 2010 introduites par la plupart des pays en 2019 ou aux environs de 2019, la prochaine révision de benchmark coordonnée des comptes nationaux et de la balance des paiements est prévue pour 2024. Depuis 2014, les États membres ont amélioré les sources de données et les méthodes harmonisées, à la faveur des révisions de benchmark et d’autres grandes révisions ponctuelles. Eurostat a pris des mesures pour se préparer à la révision de benchmark de 2024 et pour communiquer efficacement à ce sujet. À cet effet, de bonnes pratiques conformes à la politique de révision européenne commune et harmonisée (HERP) et à la communication officielle convenue sont mises en évidence.
Le réexamen à mi-parcours du programme de transmission SEC 2010 a débuté en 2018. La proposition de la Commission en vue de modifier le règlement (UE) nº 549/2013 a été examinée par le Conseil et le Parlement européen en 2022. Les négociations interinstitutionnelles entre les trois institutions se sont déroulées en octobre de la même année. À la suite de son adoption par le Parlement européen le 2 février 2023, le règlement a été publié au Journal officiel le 15 mars 2023 et s’appliquera aux transmissions de données à partir de septembre 2024.
La Commission considère que le règlement SEC 2010, associé à diverses activités de suivi fondées sur d’autres cadres juridiques, permet de garantir efficacement que les États membres fournissent des données de grande qualité, comparables, à jour et fiables pour éclairer les politiques de l’UE et à d’autres fins.